Savoir et gouverner
Essai sur la science politique platonicienne
La seule source légitime de l’autorité politique est le savoir. Telle est l’une des thèses fondamentales de la pensée politique de Platon. Mais quel savoir l’homme politique doit-il posséder pour gouverner ? Sur qui s’exerce-t-il ? Quelles sont les modalités de son action ? Autant de questions qui occupent le Politique, dialogue où Platon élabore la notion de science politique et où il définit non seulement ce qu’elle est mais ce qu’elle fait, lui assignant par là même, pour la première fois, un...
Note de l’éditeur
Ouvrage publié avec le concours de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l’Institut Universitaire de France.
Éditeur : Vrin
Lieu d’édition : Paris
Publication sur OpenEdition Books : 31 juillet 2025
ISBN numérique : 978-2-345-00185-0
DOI : 10.4000/14gaq
Collection : Tradition de la pensée classique
Année d’édition : 2014
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7116-2586-4
Nombre de pages : 336
La seule source légitime de l’autorité politique est le savoir. Telle est l’une des thèses fondamentales de la pensée politique de Platon. Mais quel savoir l’homme politique doit-il posséder pour gouverner ? Sur qui s’exerce-t-il ? Quelles sont les modalités de son action ? Autant de questions qui occupent le Politique, dialogue où Platon élabore la notion de science politique et où il définit non seulement ce qu’elle est mais ce qu’elle fait, lui assignant par là même, pour la première fois, un rôle prescriptif, à la frontière du théorique et du pratique. Savoir prescriptif et architectonique dont le modèle est l’architecture, soin du troupeau humain sur le modèle du pastorat, production de l’unité de la cité sur le modèle du tissage : le Politique donne à la science du gouvernement des hommes son statut et sa finalité, ses modèles et ses instruments.
Lecture philosophique suivie du Politique, cet ouvrage entend montrer ce qui fait l’originalité et la profondeur de ce dialogue. Et justifier, du même coup, qu’on le lise à la même hauteur que la République ou les Lois. Car s’il n’y a pas de bonne politique sans un bon politique, quelle influence celui-ci peut-il avoir sur les bipèdes sans plumes que nous sommes, et qui ne sont pas naturellement faits pour vivre ensemble dans une cité ? Platon répond en donnant au politique une figure nouvelle : celle du royal tisserand, attentif à préserver le tissu social de la moindre déchirure, le principal risque étant l’attraction du semblable par le semblable et la haine de celui qui est différent et étranger. Rien n’est donc plus actuel que cet entrelacement que la science politique platonicienne cherche à produire, grâce auquel la cité, au-delà de ses antagonismes naturels, accède à une harmonie garantie par des valeurs partagées.
ENS de Paris
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