5. Les plantes cultivées, le jardin, le verger
p. 123-140
Texte intégral
1Outre les céréales qui occupaient la majeure part des champs de la vallée, les autres plantes cultivées se dispersaient dans quelques parcelles contiguës aux hameaux ou dans des jardins, espaces enclos attenant aux maisons. Ici, il s’agissait essentiellement du chanvre, de la pomme de terre, des raves, des choux, des fèves et d’autres légumineuses.
2La culture du chanvre se pratiquait dans des terres assez riches et profondes pour assurer la croissance de la plante. L’emplacement de ces champs de chanvre, comme celui des jardins, ne variait que fort peu au fil des générations, ce qui explique que des termes comme chènevière « champ de chanvre » ou nè « rouissoir » aient facilement pu se fixer dans la toponymie de la vallée. Le chanvre et le long travail que cette culture exige, des semailles jusqu’à la confection de la toile, ont en effet influencé les mentalités alpines à travers la dénomination des lieux réservés à son exploitation, à proximité des villages. Cette exploitation du lin et du chanvre, qui a longtemps marqué de son empreinte le paysage alpin, a rapidement disparu au cours du siècle dernier mais s’est perpétuée jusque vers 1955 aux Contamines-Montjoie. Ce qui explique que le vocabulaire recueilli sur ce sujet dans notre enquête demeure relativement riche, grâce aussi aux notes écrites fournies par les derniers témoins de cette activité.
3La pomme de terre apparaît en Savoie dès la première moitié du xviiie siècle (tartifle dans les actes notariés) ; elle prend peu à peu place dans les cycles d’assolement des cultures avant d’acquérir une place prédominante dans les champs de fond de vallée au terme du déclin de la céréaliculture. Il en était peut-être autrement avant 1900 où, aux dires de vieilles gens, la pomme de terre aurait été reléguée, faute de terres arables planes et malgré son intérêt vital, dans une zone marginale, parfois pentue, du hameau, ou encore dans l’espace des montagnettes, au-dessous des alpages. Quoi qu’il en soit, dès le xixe siècle, la récolte de pommes de terre paraît abondante : en 1835, 4 600 octanes pour la commune ; en 1836, 3 800 octanes ; en 1918 la pomme de terre représente 15 hectares et 80 ares, soit un tiers des terres cultivées (jardins et plantes sarclées inclus). Chaque famille nombreuse plantait environ deux jointes de pommes de terre (1 600 m2) jouxtant souvent un lopin de terre semé en raves ou en choux ; comme la plantation s’effectuait uniquement à la houe, elle prenait plusieurs journées de travail en avril-mai, et les enfants y participaient, munis de leurs petits paniers. La récolte intervenait en septembre-octobre, souvent en même temps que la fin des moissons et du regain ; c’est pourquoi elle occupait à nouveau plusieurs journées, voire plusieurs semaines, et qu’elle s’achevait parfois sous la neige comme en 1974.
4Toutes les familles possédaient leur corti, jardin attenant à la maison et enclos de palissades, comme l’attestent déjà les plans et les documents de la mappe sarde, à défaut des statistiques d’archives, peu loquaces sur le produit de ces jardins. Leur entretien était surtout confié aux femmes qui s’y activaient souvent dès l’aube, tant leurs journées de travail étaient chargées à la belle saison. Les fleurs cultivées n’étaient pas absentes de ces jardins mais elles ne détenaient alors qu’un espace restreint.
5Les arbres fruitiers et les arbustes cultivés étaient présents en petit nombre sur le territoire de la commune, mais le climat de la haute vallée de Montjoie, plutôt humide et froid, ne leur était guère favorable ; aussi les espèces sauvages étaient-elles plus répandues sur les coteaux les mieux exposés au soleil.
6Ce chapitre regroupe 195 entrées lexicales : ce sont les mots concernant le jardin et la pomme de terre qui ont le mieux survécu dans le français local tandis que le domaine du chanvre ne possède que quelques mots-souvenirs dont né qui se perpétue dans la microtoponymie.
5.1. Le chanvre
5.1.1. La culture du chanvre, le routoir
7shnèvo (n. m.) : 1. Chanvre (la culture a été abandonnée ici après 1955) ; 2. Tige (dite) « mâle » du chanvre, la plus grande ; i fa lo sènâ an lna krèssanta dè lo sèkon tan k eû sinkyémo zhor « il faut le semer en lune croissante entre le second et le cinquième jour ».
8shnayé (n. m.) : champ de chanvre, chènevière ; c’est un lopin de terre souvent fixe, proche du village et du routoir, qui est labouré, hersé, puis retoché « nivelé » avant les semailles ; les graines, dont les oiseaux sont friands, sont semées à petites volées ; eû mè d oktobre on tryéve lo shnayé, i sintè mâ, k on avè mâ a la téta ! « au mois d’octobre on arrachait le champ de chanvre, ça sentait mauvais, qu’on avait mal à la tête ! » ; fr. loc. : chenavier ; top. : le Chenevex.
9shnavâ (n. m.) : graine de chanvre, chènevis ; on nan balyéve a lé polalye pè lé férè klyèshi « on en donnait aux poules pour les faire couver » ; on sè tnyè d oulye dè shnavâ pè s alnâ avoué lo krouzhé « on gardait de l’huile de chanvre pour s’éclairer à la lampe à huile » (huile non comestible).
10shnavouè (n. m.) : chènevotte, tige sèche de chanvre qu’on utilise pour allumer le feu, notamment dans les alpages, ou dans les jeux d’enfants (en guise de flèches pour les arcs, de tisons, de sarbacane pour souffler les bulles d’eau savonneuse, etc.) ; fr. loc. : chnavouè « chènevotte » (au sens figuré, jambes longues et maigres, cheveux longs et raides, personne longiligne et sèche).
11pélègrélè (n. f. pl.) : fragiles constructions réalisées par les enfants en entassant des chènevottes entrecroisées pêle-mêle comme un mikado.
12danye (n. f.) : petite tige de chanvre dite « femelle » ; fr. loc. : dagne.
13fèmala (n. f.) : petite tige de chanvre dite « femelle », en fait, selon la botanique, le « mâle » (sans graines) ; la fèmala y érè d âtro shnèvo k avè pa dè gran, on tryéve la fèmala eû mè d ou « la femelle, c’était un autre chanvre qui n’avait pas de graines, on arrachait la petite tige au mois d’août » (car elle mûrit et jaunit plus vite que l’autre).
14dèlyi (v. tr.) : préparer le champ de chanvre au printemps, enlever les mauvaises herbes ; la salyèta i falè bin dèlyi lo shnayé « au printemps, il fallait bien nettoyer la chènevière ».
15tryé (v. tr.) : arracher (en parlant du chanvre, des pommes de terre) ; tryé lo shnayé « arracher les grandes tiges de chanvre » (fin septembre, début octobre) ; fr. loc. : tirer « arracher ».
16monye (n. f.) : gerbe, botte de tiges de chanvre que l’on peut prendre dans les mains ; fr. loc. : mogne.
17frotâ (v. tr.) : frotter le chanvre ; kan lé monye éran sèshè i falè frotâ lo shnèvo pè anlèvâ lo gran, dou trè kou k i sè bin to vya « quand les bottes étaient sèches, il fallait frotter le chanvre pour enlever les graines, deux trois fois pour que ce soit tout parti ».
18frotseû (n. m.) : planche munie d’encoches servant à frotter le chanvre.
19fan-na (n. f.) : fane, débris qui restent après avoir frotté le chanvre ; la fan-na i sin mâ, i fa pa la mtâ dèzo lé vashe a lashé « la fane de chanvre, ça sent mauvais, il ne faut pas la mettre comme litière sous les vaches à lait ».
20maneû, manyeû (n. m.) : paquet de bottes de chanvre qu’on emporte au routoir ; kan lou gran éran bin sè, bin vya, on fassè lou maneû, on mtâve trè katre monye, mé kè san, krèyo, ansanble « quand les graines étaient bien sèches, bien ôtées, on faisait les paquets de bottes, on mettait trois quatre gerbes, plus que ça, je crois, ensemble ».
21né (n. m.) : routoir, trou d’eau aménagé pour recevoir les bottes de chanvre dans une zone de mouilles marécageuses à proximité du village ; on kourâve lo né, on mtâve dè planshè eû fan ou bin dè pyérè poué on mtâve l éva « on nettoyait le routoir, on mettait des planches au fond ou bien des pierres puis on mettait l’eau » ; fr. loc. : né ; top. : lo Né, le Neix, Vers le Nex, Dessus les Neys, Vers les Nés.
22nèjé (v. tr.) : rouir le chanvre, faire tremper les tiges dans l’eau ; on fassè na trossa avoué lou maneû, louz ome i portâvan eû né ou avoué na bèrôta ; on markâve su l almane lo zhor k on y avè mtâ, i dzan djé ouit pè la danye, vantson pè lo shnèvo ou s i fassè on bokon frè dè kou vant ché zhor, mé pa tan dèple « on faisait une trosse avec les paquets de bottes, les hommes y portaient au routoir ou bien l’on utilisait une brouette ; on marquait sur l’almanach le jour où l’on commençait le rouissage, on disait dix-huit jours pour la dagne, vingt et un pour le mâle ou s’il faisait un peu froid à cette époque vingt-six jours, mais pas bien davantage » ; fr. loc. : nèjer.
23lozhe (n. f.) : galerie de la grange où l’on faisait sécher les tiges de chanvre en automne ; on fassè sèshyé lo shnèvo a la lozhe, dèzo l avan tè, dan lou gran-nyé « on faisait sécher le chanvre sur la galerie, sous l’avant-toit, dans les greniers » ; fr. loc. : loge.
24lin (n. m.) : lin, plante moins cultivée ici que le chanvre car elle est plus fragile ; le lin est plus fin à tisser, sa culture était plus courante dans la vallée de Chamonix.
5.1.2. Le teillage et l’utilisation du chanvre
25mondâ (v. tr.) : teiller le chanvre ; i fa mondâ a drè, pa férè dè kroué éshapoton, i falè k i sè bin brâvo « il faut teiller comme il convient, pas faire de vilain paquet de chanvre, il fallait que ce soit bien joli » ; fr. loc. : monder.
26éshapoton (n. m.) : écheveau, paquet de tiges de chanvre teillé qu’on attache au milieu par un nœud pour que le fil ne s’embrouille pas.
27nouâ (v. tr.) : nouer ; nouâ l éshapoton poué lo portâ eû gran-nyé « attacher l’écheveau par le milieu et le porter au grenier ».
28bloyé (v. tr.) : broyer le chanvre. I bloyévan la fèmala paskè l avè lo pèlyè plo fin kè lo shnèvo kan i fachan la tèla, mè rapèlo d avè yu lé Pyin-mè bloyé mé y è vyeû, vyeû ! « Ils broyaient la petite tige parce qu’elle avait le fil plus fin que la grande quand ils faisaient la toile, je me rappelle d’avoir vu broyer les Pyin-me mais c’est ancien, ancien ! »
29bloyeû (n. m.) : broies, instrument en bois pour broyer le chanvre ; on bloyéve lo shnèvo avoué on bloyeû, y érè katrè pikè avoué davè planshe poué n âtra planshe avoué na manèta ke tnyè pè on bè poué k émyâtrâve « on broyait le chanvre avec des broies, c’était quatre piquets avec deux planches et une autre planche munie d’une poignée qui était fixée d’un côté et qui écrasait [les tiges] ».
30épnaché (v. tr.) : peigner le chanvre destiné au tissage (mais non celui destiné à faire des cordes).
31épnacheû (n. m.) : peigne pour le chanvre.
32rita (n. f.) : fil de chanvre de bonne qualité, fin et destiné à la confection de la toile (draps, chemises) ; on le filait très anciennement sur des rouets spécifiques au chanvre ; fr. loc. : rite.
33bourguin (n. m.) : fil de chanvre grossier provenant de la dagne, destiné à la confection des cordes et des saches « traits », à celle des ficelles pour le fil un peu plus fin ; on alâve trovâ Firmin a Patson eû Shanpèlè, a fassè lé keûrdè, dè lin dè vashè, dè rolyè « on allait trouver Firmin à Patson au Champelet, il faisait les cordes, des attaches de vaches, des cordes à foin ».
34étopè (n. f. pl.) : filasse grossière de chanvre destinée à la confection des paillasses et des paillassons « draps à foin ».
35ordi (v. tr.) : tramer, ourdir, tisser ; dè shnèvo ordi koton « du tissu moitié chanvre, moitié coton ».
36batseû (n. m.) : battoir à chanvre, terme usité seulement comme toponyme : lo Batseû - le Baptieu.
37shin (n. m.) : « chien », instrument de cordier, genre de chariot mobile en bois qui est lesté d’une grosse pierre et qui se déplace sur une large planche face à un autre socle fixe constituant lui-même le rouet du cordier.
38snyeûla (n. f.) : manivelle située à l’arrière des rouets de cordier correspondant à un crochet sur le devant.
39noué (n. f.) : « noix », boule de bois rainurée utilisée lors de la fabrication des cordes.
40planshèta (n. f.) : planchette de bois percée de trois trous pour entraîner les manivelles de la machine à corder.
Le travail du cordier entre les années 1935 et 1955
41(Récit de Claire Barbier et Pauline Strappazon, filles de Firmin Parent.)
42Firmin Parent, du Champelet, était cordier et il avait comme instruments :
- un socle fixe en bois dur d’environ un mètre de haut avec, du côté extérieur, trois manivelles et, du côté intérieur, trois crochets ;
- un autre socle un peu plus grand formant chariot avec une planche à l’arrière lestée d’une grosse pierre, ce socle s’appelait le chien et avait une seule manivelle à l’arrière et un crochet à l’avant ;
- entre ces deux instruments, au niveau du sol, une large planche à rebords où peut avancer le deuxième socle ;
- une planchette en bois possédant trois trous et un manche à chaque extrémité ;
- une noix, constituée d’un morceau de bois en forme de boule avec trois rainures.
43Pour le déroulement des opérations trois personnes sont nécessaires : le cordier, le donneur de chanvre et celui qui tourne les manivelles. Selon la corde qu’il fait, le cordier prend le chanvre qu’on lui tend, le passe dans un des crochets et à mesure que la cordelette se forme, il ajoute petit à petit le chanvre et le fait filer dans la main tandis qu’en même temps il faut tourner la manivelle correspondante ; quand la première cordelette est faite, il la fixe au crochet du chien et il en fait deux autres identiques.
44Pour assembler les trois liens qui feront la corde il prend la noix qu’il fait glisser en mettant chaque cordelette dans les rainures ; en même temps, les trois manivelles sont tournées à l’aide de la planchette tandis qu’est tournée aussi la manivelle du chien ; quand la corde est terminée il faut encore faire les nœuds et les boucles selon le type de corde demandé.
45Le cordier pouvait faire des lins pour attacher les vaches à l’écurie, des cordelettes faites avec du chanvre fèmale, plus fin, pour sortir les veaux, des cordes à foin : rolliets pour les trosses, longières et traversières pour les fés.
5.2. La pomme de terre
5.2.1. La plantation des pommes de terre
46tartifla (n. f.) : pomme de terre ; très anciennement elle n’était cultivée que sur les marges du terroir lorsqu’on manquait de terrains pour les cultures céréalières, parfois jusque sur certains alpages (la Rollaz) ; les variétés les plus plantées dans les dernières décennies étaient ici l’abondance (la plus courante), l’industrie (belle couleur jaune), les rouges (dites « étoile du nord » et « ultimus »), la violette (surtout dans les jardins, grosse pomme de terre pour les cochons), la marieberthe (à deux couleurs), la kèrpondi, l’urgenta et la quarantaine (pomme de terre précoce arrachée en fin d’été) ; outre l’alimentation des gens et des animaux, la pomme de terre coupée était utilisée pour soigner les brûlures ; fr. loc. : tartifle.
47tartiflyére (n. f.) : champ qui a été planté de pommes de terre l’année précédente et qu’on laboure pour une nouvelle récolte de pommes de terre ; dans les champs où abondaient les mauvaises herbes, on plantait des pommes de terre avant de semer des céréales, ce qui tendait à réduire la présence de câs « rumex » et de gramon « chiendent » ; fr. loc. : tartifliére « champ de pommes de terre » ou, au sens imagé, « terrain retourné, défoncé » (par des intempéries, des sangliers, etc.).
48smansè (n. f. pl.) : semences, pommes de terre retenues pour leur bel aspect lors de la récolte précédente parmi celles de taille moyenne, encore un peu vertes ; elles sont conservées dans un compartiment à la cave jusqu’au printemps suivant ; dè kou on shanzhyéve dè smansè « de temps à autre on changeait de semences » (en échangeant avec celles venues d’autres villages souvent situés plus hauts, comme Bionnassay).
49talyon (n. m.) : morceau de pomme de terre tranchée auquel on a laissé un ou deux yeux pour être planté (dans le cas d’une pomme de terre de semence assez grosse).
50zhèrno (n. m.) : germe, œil de la pomme de terre ; on sè vèye dè mtâ lo zhèrno dèssu bin a drè « on prend garde de mettre le germe dessus bien comme il faut ».
51zheû (n. m.) : œil de la pomme de terre qui devient noir avec le temps et qu’on ôte pour la consommation.
52zhèrnâ (v. intr.) : germer à la cave.
53dézhèrnâ (v. tr.) : dégermer les pommes de terre ; kan lou gamin sè kousmèlyan, on lou fotsè eû sèrto pè dézhèrnâ lé tartiflè « quand les enfants se chamaillaient, on les envoyait à la cave pour dégermer les pommes de terre ».
54mâre (n. f.) : semence « mère » que l’on retrouve à l’automne et qui est impropre à la consommation.
55plantâ (v. tr.) : planter ; plantâ eû fosseû « planter les pommes de terre à la houe » (seule pratique courante ici). Zhofre a dzè : « Mè, plantâ dé tartiflè pè k i mzhyan dè fritè ! Nan, san zhamé. » « Joffre, il disait : “Moi, planter des pommes de terre pour qu’ils [les enfants] mangent des frites ! Non, ça jamais.” »
56vanyé (v. tr.) : planter, semer des pommes de terre. Pè lé tartiflè i fa pa vanyé an lna morta mé an lna dékrèssanta dè lo sèkon tan k eû sinkyémo zhor poué s on vanye an lna krèssanta, i fa kè dè brandè. « Concernant les pommes de terre, il ne faut pas planter en lune morte mais en lune décroissante, entre le second et le cinquième jour, et puis si on plante en lune croissante, ça ne donne que des brandes [fanes]. »
57fosseû (n. m.) : houe à tranchant plat pour planter les pommes de terre, les sarcler, les butter, autrefois également pour les arracher ; cet outil sert aussi aux labours, à l’entretien des fossés, des chemins, etc. ; fr. loc. : fosseû.
58ordon (n. m.) : mesure agraire pour les champs de pommes de terre correspondant à la largeur de terrain occupée par dix à douze rangs plantés à une distance d’un pied (environ 33 cm) les uns des autres ; rangée (au sens général) ; tryé n ordon « arracher les pommes de terre sur la largeur de cet espace, d’aval en amont du champ » ; fr. loc. : ordon.
59rtoshyé (v. tr.) : biner, niveler la terre en brisant les mottes après avoir planté les pommes de terre ; fr. loc. : retocher.
60rtoshyeû (n. m.) : râteau à dents de fer servant à biner ; fr. loc. : retochieû (en 1791), retouchoirs.
61ryan-nâ (v. tr.) : butter les pommes de terre à la houe en facilitant ainsi l’écoulement des eaux pluviales ; fr. loc. : rianner.
62rbèshyé (v. tr.) : sarcler plusieurs fois les pommes de terre à la houe durant leur croissance : une première fois à peine levées en mai, une seconde quelques semaines après, en juin ; fr. loc. : rebêcher.
5.2.2. La récolte des pommes de terre
63bro (n. m.) : plant de pomme de terre lors de la récolte ; on brâvo bro « un beau plant » (qui donne une dizaine de pommes de terre).
64brandè (n. f. pl.) : fanes de pommes de terre vertes ou sèches ; dèvan kè dè tryé on ordon i fa kopâ lé brandè avoué lo dé « avant d’arracher les pommes de terre d’un ordon il faut couper les fanes à la faux » ; vertes, les brandes peuvent être données à manger aux vaches mais elles peuvent leur provoquer des diarrhées ; fr. loc. : brandes.
65brandzé (n. m. pl.) : fanes de pommes de terre sèches demeurées sur le champ et brûlées sur place en automne à la fin de la récolte ; kan on tryéve lé tartiflè on mtâve lou brandzé an andan poué kan y éyan bin sèshyâ on an fassè dè valamou pè i fotre lo foua : sleû râlyé sè vèyévan anko la né « quand on arrachait les pommes de terre on regroupait les fanes en andains et, lorsqu’elles avaient bien séchées, on en faisait un tas pour y mettre le feu : ces feux se voyaient encore de nuit ».
66râlyé (n. m.) : feu en plein air allumé en diverses occasions sur champs et pâturages, flambée vive mais brève ; férè on râlyé « faire une flambée » (pour se réchauffer) ; toui sleû vyeû papyé y an an fé k on râlyé ! « tous ces vieux papiers ils les ont tous brûlés ! » ; fr. loc. : râyé/raîllé.
67prèza (n. f.) : récolte, « prise » ; na bouna prèza « une bonne récolte ».
68tryé (v. tr.) : arracher les pommes de terre, récolter ; on tryéve lé tartiflè apré lou rkour, dè kou avoué la nè on fornsè « on arrachait les pommes de terre après les regains, parfois c’est avec la neige qu’on finissait » (comme à l’automne 1974 où il a fallu déblayer la neige avant la récolte en vallée alors qu’en alpage elles n’ont été tirées qu’au printemps) ; fr. loc. : tirer.
69krozâ (v. tr.) : arracher les pommes de terre, les déterrer avec le fosseû autrefois, maintenant au croc ; lo vyo a la Puzlin (l érè pa kmouda) al avè dè a Eribèr : « Vin bère na gota lo tan kè la Puzlin l è apré krozâ lé tartiflè » « le vieux mari de la Puzlin (ce n’était pas une femme facile) avait dit à Héribert : “Viens boire un coup pendant que la Puzlin est en train de creuser les pommes de terre” » ; fr. loc. : creuser.
70émoratâ (v. tr.) : blesser les pommes de terre en les arrachant avec la houe, sectionner, abîmer (au sens général) ; fr. loc. : émorater.
71aranzhyé (v. tr.) : trier les pommes de terre, ranger, mettre en ordre (au sens général) ; aranzhyé lé groussè, lé ptsoudè, lé gâtè poué lé smansè « trier les grosses, les petites, les pourries et les semences ».
72dèlyi (v. tr.) : trier les pommes de terre, séparer les bonnes des mauvaises. Y an a yon k avè dè a Jorje a Brokè ke tryéve lé tartiflè : « Fa pa tot i méklyé, i pè san k i pourèssan » ; al avè apo : « I sè mzhi to paré » « Il y en avait un qui avait dit à Georges à Broquet qui arrachait les pommes de terre : “Il ne faut pas tout y mélanger, c’est pour ça qu’elles pourrissent” ; il avait répondu : “Ça se mange tout pareillement.” »
73krok (n. m.) : croc à trois dents pour arracher les pommes de terre.
74bèshâr (n. m.) : outil pour arracher les pommes de terre.
75pik (n. m.) : outil pour arracher les pommes de terre.
76kovan (n. m.) : panier d’osier ovale muni de deux anses latérales servant à la récolte des pommes de terre ; fr. loc. : covan.
77kovanyâ (n. f.) : contenu du panier ; eû sanzhon dè l ordon on vouédzéve la kovanyâ dan lo sa dè tartiflè « au sommet de l’ordon on vidait le panier dans le sac de pommes de terre ».
78kovanyon (n. m.) : petit panier à une anse utilisé par les enfants qui aident à la plantation ou à la récolte des pommes de terre. Gamin-na, n éreû alâ plantâ shyé l Afgane, y érè na vyélye ke rèstâve yâv y a lou meûton a Zak ; n éreû alâ mtâ sé tartiflè avoué mon kovanyon poué apré l a dè : « Atan ma ptsuda, vin, tè balyeré on bokon dè myé » (l avè d avoulye). M a balyâ lo myé mé l avè oblâ lo pan : « Atan, vé alâ tè kri dè pan. » N é dè : « Mé nan, mé nan, ne mzho preû lo myé san pan ! » Ô l angueûlâ k le m avè fotu, n ayeû bin mtâ sé tartiflè poué le m avè anko preû angueûlâ apré. « Étant gamine, j’étais allée planter les pommes de terre chez l’Afghanne, c’était une vieille qui habitait là où il y a maintenant les moutons d’Isaac ; j’étais allée mettre ses pommes de terre avec mon panier et ensuite elle avait dit : « Attends ma petite, viens, je te donnerai un morceau de miel » (elle avait des abeilles). Elle m’a donné le miel mais elle avait oublié le pain : « Attends, je vais aller te chercher du pain. » J’ai dit : « Mais non, mais non, je mange bien le miel sans pain ! » Ô l’engueulée qu’elle m’avait foutue, j’avais bien mis ses pommes de terre et elle m’avait encore bien engueulée ensuite. »
79panyére (n. f.) : grosse corbeille ronde pour transporter diverses denrées.
80bayâr (n. m.) : bayart, civière à claire-voie montée comme une brouette pour transporter les sacs ou les caisses de pommes de terre depuis les champs jusqu’aux maisons.
5.2.3. La conservation des pommes de terre
81bèrbèleûza (adj. f.) : véreuse (pomme de terre), qui présente des taches de rouille.
82gâto, gâta (adj.) : pourri(e) ; lé gâtè y éran lachâ dan la tartiflyére « les pommes de terre pourries étaient laissées dans la tartiflière » ; fr. loc. : gâte « pourri, abîmé, sénile [au sens figuré] ».
83tèrachâ (p. p.) : couverte de terre (en parlant d’une pomme de terre récoltée par temps pluvieux).
84lansolâ (v. tr.) : éplucher grossièrement les pommes de terre.
85pèlâ (v. tr.) : éplucher ; la fécule de pomme de terre était utilisée comme talc pour les enfants.
86pèleûra (n. f.) : épluchure, pelure des fruits et légumes ; on brûlait parfois les épluchures de pommes de terre dans les fourneaux pour décaper les cheminées ; fr. loc. : pèleûre.
87kanbè (n. m.) : compartiment de la cave entouré de planches où sont conservées par catégorie les pommes de terre ; fr. loc. : cambet.
88sèrto (n. m.) : cave où sont conservées diverses denrées dont les pommes de terre.
5.3. Le jardin
5.3.1. L’entretien du jardin
89korti (n. m.) : jardin ; sè tnin on korti « avoir un jardin » (se réserver un espace à proximité de la maison pour le jardin) ; fr. loc. : corti.
90klyeûre (v. tr.), klyeû, klyeûza (p. p.) : enclore, fermer un passage ; klyeûre lo korti a la salyèta « enclore le jardin au printemps » ; fr. loc. : clieû « clos, fermé à clef, bouclé » ; top. : lo Klyozè - le Closet, lo Klyeû - le Clos.
91palin (n. m.) : palissade, clôture du jardin (au pluriel l’ensemble ou au singulier chaque élément) ; y an avé yon deû vlâzhe, on pô dadou, ke dzè a sa vzin-na : « Kan ne te guétso a travé lou palin deû korti, mon keur fa pan-pan-pan ! » « il y en avait un du village, un peu simplet, qui disait à sa voisine : “Quand je t’aperçois à travers la palissade du jardin, mon cœur fait pan-pan-pan !” » ; fr. loc. : palin.
92klyon (n. m.) : barreau vertical de la palissade taillé en pointe à son sommet.
93fossèrâ (v. tr.) : retourner la terre du jardin au printemps ; fossèrâ avoué la triyandina « retourner la terre à la triandine ».
94triyandina (n. f.) : bêche à trois dents larges pour retourner la terre ; fr. loc. : triandine.
95bèshyé (v. tr.) : bêcher, retourner la terre du jardin.
96bshè, pshè (n. m.) : pioche de jardin.
97pshèrè (n. m.) : petite pioche de jardin.
98rtoshyé (v. tr.) : ratisser la terre du jardin, aplanir ; fr. loc. : retocher.
99rtoshyeû (n. m.) : râteau à dents de fer servant à niveler le jardin ; fr. loc. : retochieû.
100plantâ (v. tr.) : planter ; plantâ dè salâdè « planter des salades ».
101rplanton (n. m.) : plant de salade repiqué ; fr. loc. : replanton.
102vânyé (v. tr.) : semer ; y è vânyâ « c’est semé ».
103rèyé (v. tr.) : tracer un sillon avec la houe, « rayer » pour semer des graines.
104ryan-nâ (v. tr.) : butter ; fr. loc. : rianner.
105rbèshyé (v. tr.) : sarcler ; dè gran matin on rbèshyéve lo korti pè voutâ lou manè « tôt le matin on sarclait le jardin pour enlever les mauvaises herbes » (souvent c’était le travail des femmes) ; fr. loc. : rebêcher.
106mânè (n. m.) : mauvaise(s) herbe(s) du jardin ; fr. loc. : mânet « mauvaise herbe, saleté, laideron ».
107sèyon (n. m.) : semis, table de jardin ; fr. loc. : sillon.
108pya (n. f.) : allée entre les tables du jardin, passage ; férè la pya « tracer le passage » ; fr. loc. : pia.
109vyon (n. m.) : sentier, allée entre les tables du jardin ; fr. loc. : vion.
110débèshyé (v. tr.) : éclaircir un semis.
111rèryé (v. tr.) : éclaircir les salades, les carottes, les betteraves.
112ran (n. m.) : rame de pois, de haricots ; lou ran, y éran dè darbelin sè « les rames, c’était de jeunes épicéas secs sur pied ».
113ramâ (v. tr.) : ramer les pois, les haricots.
114bourdè (n. m.) : petite baguette pour ramer une plante.
115vouista (n. f.) : baguette flexible soutenant les jeunes plants ; fr. loc. : vouiste.
5.3.2. Les légumes
116korklyazhe (n. m. pl.) : légumes (collectif) ; na spa dè korklyazhe « une soupe de légumes ».
117shyeû (n. m.) : chou.
118shyeû fleû (n. m.) : chou-fleur.
119shyeû râva (n. m.) : chou-rave.
120tran (n. m.) : trognon, tronc du chou en terre.
121masnyé (n. m.) : trognon du chou ou d’une autre plante ; fr. loc. : masnier.
122koralyon (n. m.) : cœur du chou.
123râva (n. f.) : rave (souvent cultivée dans les champs de pommes de terre), navet ; na râva bouâ « une rave creuse » ; râva ! « rave ! », expression de dépit fréquente (« zut ! »).
124bètrava (n. f.) : betterave fourragère ; tryé lé bètravè « arracher les betteraves ».
125folyè (n. f. pl.) : fanes sèches des betteraves.
126kourda (n. f.) : courge ; kinta kourda ! « quelle courge ! » (quelle personne empotée !).
127pasnalye (n. f.) : carotte (plantée tardivement de mi-mai à fin mai) ; rozhe man na pasnalye « rouge comme une carotte » (d’une personne émue) ; mzhi dan dè pasnalye, y é bon pè lo karaktére k i dzan « mange donc des carottes, c’est bon pour le caractère, dit-on » ; fr. loc. : pasnaille « carotte », mais aussi tout objet ou toute personne dont la forme évoque celle de la carotte (emploi dans les surnoms).
128por (n. m.) : poireau.
129fâva (n. f.) : fève ; top. : la Favière.
130foura (n. f.) : gousse (des pois, des fèves).
131défourâ (v. tr.) : enlever la peau de la graine, écosser les fèves.
132pèy (n. m.) : pois ; lou pè les petits pois : ils étaient séchés et mangés dans la soupe (en temps de carême), le feuillage était donné aux bêtes ; dans les champs de pommes de terre, les pois ramés, les choux-raves et les fèves séparaient les variétés de pommes de terre.
133gran (n. m.) : grain de pois.
134dégarnâ (v. tr.) : écosser (les pois).
135ariko (n. m.) : haricot ; louz ariko san plan dè fi« les haricots sont pleins de fils ».
136vérâ (p. p.) : rongé par les vers (en parlant des haricots).
137vèrmisson (n. m.) : ver qui s’attaque aux plantes, aux fruits.
138épnoshe (n. f. pl.) : épinards.
139salâda (n. f.) : salade ; na salâda montâ « une salade pommée ».
140â (n. m.) : ail ; louz â « les aulx » ; na téta d â « une tête d’ail » ; pour supporter la faim en montagne, à la chasse, il fallait se nourrir, dit-on, d’ail, d’oignon ou de lait caillé de jument.
141échalota (n. f.) : échalote.
142onyon (n. m.) : oignon.
143pèrsi (n. m.) : persil.
144branlèta (n. f.) : ciboulette, fines herbes ; fr. loc. : branlette.
145rubarba (n. f.) : rhubarbe.
5.3.3. Les fleurs cultivées
146bokyè (n. m. pl.) : les fleurs (collectif), bouquets de fleurs ; alâ é bokyè « aller cueillir des fleurs en montagne ».
147fleû (n. f.) : fleur (en général) ; y é tot an fleû « c’est tout en fleurs ».
148flori (v. intr.) : fleurir ; i to florè « c’est tout fleuri ».
149boton (n. m.) : bouton de fleurs.
150ébourâ (v. intr.) : s’épanouir ; lou bokyè sant ébourâ « les fleurs sont épanouies ».
151déflori (v. intr.) : faner, tomber ; i déflorè « c’est défleuri, les fleurs sont tombées ».
152flapo, flapa (adj.), flapi (p. p.) : fané(e), flétri(e) ; fr. loc. : flape.
153passâ (v. intr.) : faner ; avoué la plôzhe lou lila an passâ « avec la pluie les lilas ont fané » ; fr. loc. : passer.
154lila (n. m.) : lilas.
155pavô (n. m.) : coquelicot, pivoine (?).
156reûza (n. f.) : rose.
157rojé (n. m.) : rosier.
158sorsi (n. m.) : souci des jardins, souci officinal.
5.4. Les arbres fruitiers, le cidre et l’alcool
5.4.1. Les arbres et leurs fruits
159abro, abre (n. m.) : arbre ; louz abre fruitsé san shèrzhyâ « les arbres fruitiers sont chargés ».
160frui (n. m.) : fruit.
161avanchâ (p. p.) : en avance, précoce (d’une plante, d’un fruit).
162tardzâ (p. p.) : tardif, en retard (d’une plante, d’un fruit qui mûrit en fin de saison).
163meû, meûra (adj.) : mûr(e).
164meûrâ (v. intr.) : mûrir.
165pouri, pourya (adj.) : pourri(e).
166poma (n. f.) : pomme.
167pomyé (n. m.) : pommier.
168pépin (n. m.) : pépin de la pomme.
169tronyon (n. m.) : trognon de pomme.
170for, forta (adj.) : vert, acide.
171anzèslyé (v. tr.) : agacer les dents (en parlant d’une pomme acide), irriter la gorge (en parlant de la fumée).
172krouézon (n. m.) : pomme sauvage et acide, récoltée pour faire du cidre ; fr. loc. : crouéson.
173krouéznyé (n. m.) : pommier sauvage ; top. : le Croisenier.
174prè (n. m.) : poire.
175prèyé (n. m.) : poirier (assez rare ici, pousse contre les murs des maisons).
176pronma (n. f.) : prune.
177pronmyé (n. m.) : prunier (à proximité des maisons et des jardins).
178sryéza (n. f.) : cerise rouge cultivée, cerise noire sauvage et plus petite ; la kava dè la sryéza « la queue de la cerise » (conservée pour faire de la tisane).
179grèmâ (n. m.) : noyau de la cerise.
180sèrjé (n. m.) : cerisier (quelques-uns plantés à proximité des maisons et des jardins) ; sèrjé sarvazhe « cerisier sauvage, merisier » (dont les enfants disputent les fruits aux oiseaux) ; top. : le Cerisier, la Côte du Cerisier, Dèzo lo Sèrjé.
181noué (n. f.) : noix.
182krouèza (n. f.) : coquille de la noix.
183shâtanye (n. f.) : châtaigne.
184grozèlye (n. f.) : groseille cultivée (blanche ou rouge).
185grozlyé (n. m.) : groseillier cultivé dans un coin du jardin.
186kassis (n. m.) : cassis noir.
187kassiché (n. m.) : cassissier cultivé dans un coin du jardin.
5.4.2. La récolte des fruits et la distillation
188fruita (n. f.) : ensemble des fruits récoltés.
189a du (adv.) : à foison, abondamment, « dûment » (en parlant d’une récolte).
190koulyi (v. tr.) : cueillir.
191ramassâ (v. tr.) : cueillir, récolter (foin, bois mais surtout fruits et produits du jardin) ; sè ramassâ « être recherché » (fruits, fleurs, objets) : léz anpyè i sè ramassan preû vouè « les framboises se cueillent beaucoup de nos jours » ; fr. loc. : (se) ramasser.
192marôda (n. f.) : maraude ; alâ a la marôda « aller à la maraude » (se dit surtout de la coupe du bois sur le communal).
193marôdâ (v. tr.) : marauder (fruits, bois).
194kota (n. f.) : étai, support d’un arbre chargé.
195kotâ (v. tr.) : étayer (un arbre qui penche, un mur), pousser avec force ; kota, kotâ pyé, i beûzhe pa d on pèlyè « pousse, pousse seulement, ça ne bouge pas d’un poil ».
196éshyéla échelle ; top. : l’Échelette, l’Échelle de Jacob.
197sagreûlâ (v. tr.) : secouer un arbre ; fr. loc. : sagreuler.
198sagreûlâ (n. f.) : action de secouer (arbres ou gens) ; na bouna sagreûlâ « une bonne secouée » ; fr. loc. : sagreulée.
199sitro (n. m.) : cidre.
200zhan-nye (n. m.) : résidu après le soutirage du cidre, marc de fruits ; fr. loc. : jengnes (en 1888).
201dépotâ (v. tr.) : soutirer le cidre des cuves où sont laissés les fruits pilés qui fermentent, activer un travail (au sens général) ; fr. loc. : dépoter.
202trolyé (v. tr.) : presser des fruits au pressoir, tordre, oppresser (au sens figuré) ; fr. loc. : troiller.
203brandouin (n. m.) : eau de vie de fruits.
204gota (n. f.) : eau de vie ; avoué sla frè, fa bère la gota « avec ce froid, il faut boire la goutte ; fr. loc. : goutte.
205nyôla (n. f.) : eau de vie ; fr. loc. : gniôle.
206blanshe (n. f.) : première eau de vie qui sort de l’alambic ; fr. loc. : blanche.
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