Album 1
Étape 0-1 – Sid, diS un mot !
p. 65-74
Texte intégral
Figure 1. Album Sid, diS un mot !

Les illustrations de l’album et du jeu des émotions sont de Paola Leone.
Figure 2. Place de l’album dans la progression.

Guide de l’album Sid, diS un mot !
Présentation de l’album
1Cet album est le premier de la progression. Il convient aux enfants positionnés à l’étape 0 de la grille « étapes », donc à ceux qui valident moins de 4 items de l’étape 1. Il peut être utilisé avec les tout petits parleurs et les enfants allophones, sachant que le personnage de Sid peut prendre sa place dans la narration collaborative en ne disant qu’un seul mot par page.
2N.B. Si vous hésitez entre deux albums, choisissez le plus complexe, afin que les élèves aient une véritable marge de progression sur la séquence.
3L’album aborde différents thèmes, tels que les débuts du langage (un enfant qui se fait comprendre par des mots isolés à une seule syllabe), l’amitié, les émotions/ressentis/états d’esprit (inquiétude, timidité, concentration, colère, tristesse, faim, bonne humeur, joie), et il est ancré dans le quotidien de l’école et de la classe.
4Les illustrations sont une aide pour comprendre quelques termes potentiellement inconnus de certains enfants, comme kiwi, paon, ou serpent. Le terme poème pourra être expliqué avec un terme plus ou moins proche, mieux connu des enfants (exemple : petite histoire, comptine, voire chanson).
5Le style adopté correspond à celui de l’oral conversationnel. L’album se caractérise par des phrases simples et courtes. Il est écrit au présent de l’indicatif, avec des verbes fréquents. Il comprend une phrase négative, sous la forme d’une négation simple1. Les questions sont des interrogatives totales2 par intonation seule3. La dernière syllabe de chaque question correspond au mot-syllabe prononcé par Sid.
6Les formes cibles reprises dans la randonnée narrative sont du type :
Sid va à la cantine. Il a faim.
Tu veux mon kiwi ? demande Lola.
Oui ! dit Sid.
7Précisons que l’activité peut être menée à bien même si les enfants ne comprennent pas le principe de la reprise de la dernière syllabe du mot, et s’ils produisent d’autres mots isolés. Le jeu 1 peut néanmoins être aidant de ce point de vue.
Structure de l’album
Tableau 1. Texte de l’album.
![]() | Sid va à l’école. Il a peur. Bonjour Sid, dit la maitresse. ‘Jour… dit Sid. |
![]() | Sid va s’assoir. Il est timide. Tu dis ton prénom ? demande la maitresse. Non… dit Sid. |
![]() | Sid écoute une histoire. Il est concentré. Je relis le poème ? demande la maitresse. Aime… dit Sid. |
![]() | Sid VEUT le camion. Il est en colère. C’est pas toi qui décides, dit la maitresse. Sid ! dit Sid. |
![]() | Sid est fatigué. Il est triste. Tu veux ton doudou ? demande la maitresse. Doux… dit Sid. |
![]() | Sid va à la cantine. Il a faim. Tu veux mon kiwi ? demande Lola. Oui ! dit Sid. |
![]() | Sid fait un dessin. Il est content. C’est un serpent ? demande Lola. Paon ! dit Sid. |
![]() | Sid joue dans la cour. Il est joyeux. Tu fais le loup ? demande Lola. Loup ! dit Sid. |
Tableau 2. Résumé des caractéristiques linguistiques de l’album no 1 Sid, Dis un mot !
– Étape 0-1 – Oral cible : oral conversationnel.
Énoncés assertifs (dire/décrire) | Phrases simples et courtes |
Énoncés interrogatifs (demander/interroger) | Interrogatives totales par intonation seule (« Tu dis ton prénom ? ») |
| Temps/modes | Présent indicatif |
| Marottes | Sid, Lola, la maitresse |
| Thèmes abordés | Débuts du langage, émotions, vie de l’école et de la classe, amitié |
Séquence
8N.B. La séquence comprend les mêmes étapes que pour les autres albums, à l’exception de l’atelier de dictée à l’adulte.
Le travail autour de la narration collaborative
9L’enseignante pourra commencer les ateliers narratifs par une activité « d’échauffement phonologique » autour de la syllabe (voir jeu 1) : taper dans les mains les syllabes des mots de l’histoire qui sont repris par Sid : bonjour, prénom, poème, décides, doudou, kiwi, serpent, loup.
10Le travail autour de la narration pourra se faire avec les marottes des personnages : Sid, la maitresse et Lola.
11Les modalités de distribution de la parole seront adaptées au niveau des enfants, à leur familiarisation progressive avec l’histoire et à l’effectif de l’atelier. Par exemple, si l’atelier regroupe 3 enfants, chacun prend une marotte personnage, et si l’atelier regroupe davantage d’enfants, les marottes peuvent circuler.
12Sauf si les enfants sont rapidement à l’aise avec le texte, et au moins lors des premiers ateliers, la partie narrative non dialoguée de l’histoire sera assurée par l’enseignante. La prise en charge de ces éléments narratifs par les enfants eux-mêmes correspond au niveau 2 de difficulté.
13Plusieurs possibilités existent, non exclusives :
- chaque enfant prend en charge la narration d’une ou deux pages de l’album, toujours les mêmes ou des pages différentes à chaque passage ;
- chaque enfant se voit attribuer un personnage et l’enseignante ou un enfant prend en compte les éléments narratifs ; les rôles peuvent être stables, tourner à chaque atelier, ou au sein d’un même atelier, selon le degré d’appropriation des élèves à chaque étape.
Niveau 1
14Productions cibles : les dialogues
Exemple
Tu veux mon kiwi ? […] Oui !
15N.B. Pour les enfants qui ne parlent pas ou très peu, l’objectif visé est, dans un premier temps, la participation à la narration, même uniquement gestuelle (avec les marottes), et progressivement, en recourant à des mots isolés en lien avec l’histoire, qu’il s’agisse ou non du mot répété par Sid dans l’album.
Niveau 2
16Production cible : l’ensemble du récit, raconté à plusieurs
17N.B. Les niveaux 1 et 2 ne sont pas exclusifs. L’enseignante pourra s’adapter aux élèves. Par exemple, le niveau 1 peut intégrer l’expression des émotions en plus des dialogues.
Exemple4
18Ici, chaque enfant raconte une page ou une partie d’une page. L’enseignante distribue la parole avec le regard, dans l’ordre où les enfants sont assis, et montre l’image tout en mimant l’émotion associée. Quand les enfants n’arrivent pas à le faire en autonomie, l’enseignante prend en charge les parties narratives, voire une partie des dialogues.
E. — Vous vous rappelez l’histoire de Sid ? Sid va à l’école.
é1. — Il a peur. La maitresse il dit bonjour Sid. ‘jour dit Sid.
é2. — Il veut pas dire.
E., acquiesce et complète. — Tu dis ton prénom ? demande la maitresse.
(E. regarde é2. pour l’inciter à poursuivre.)
é2. — Non dit Sid.
(é3., reste silencieux.)
E. — Sid écoute une histoire, il est concentré. Je relis le poème ?
é3. — Il aime.
é4. — Il est en colère. Il veut camion.
E., acquiesce et complète. — C’est pas toi qui décides, dit la maitresse.
(E. regarde é4. pour l’inciter à poursuivre.)
é4. — Décide.
é5. — Doudou.
E., acquiesce et complète. — Sid est fatigué.
(E. regarde é5. avec un air triste, en montrant l’image.)
é5. — Triste.
(E. regarde é5. et pointe l’image.)
é5. — Veut doudou ?
E. — Oui, et il répond quoi Sid à la maitresse ?
é5. — Doudou.
é1. — Doux.
(E. acquiesce et tourne la page, regarde é1.)
é1. — Il a faim.
E., acquiesce et complète. — Sid va à la cantine. Il a faim.
(E. regarde é2., et pointe le kiwi sur l’illustration.)
é2. — Kiwi ?
é1. — Tu veux un kiwi ?
E. — Tu veux mon kiwi ?
(E. regarde é2. et fait oui de la tête.)
é2. — Oui.
é3. — Il fait un dessin. Il est content.
é4. — C’est serpent elle dit Lola ? non — Ça s’appelle quoi ça ?
é2. — Paon.
é4. — Non c’est paon dit Sid.
é5. — Il joue.
E. — Il est ?
é5. — Content.
E., acquiesce et complète. — Oui il est joyeux.
é5. — Joue le loup.
é1. — Loup, dit Sid.
Les jeux pour les ateliers décrochés
Jeu 1 : mots et syllabes
19Objectif : s’entrainer à repérer et répéter la dernière syllabe des mots cibles de l’histoire : bonjour, prénom, poème, décides, doudou, kiwi, serpent, loup
20N.B. : ce jeu peut être considéré comme une activité d’échauffement préliminaire et se faire en amorce des séances de narration, jusqu’à ce que les associations entre les mots et mots-syllabes de l’histoire soient acquises. L’enseignante peut commencer par d’autres mots plus simples ou familiers, comme les prénoms des enfants de l’atelier.
Déroulement
- L’enseignante produit les mots les uns après les autres, et les enfants tapent dans les mains pour séparer les syllabes.
- L’enseignante tape dans ses mains en prononçant le mot cible, et un enfant doit dire quelle est la dernière syllabe du mot, ou, dans ce cas, la syllabe qu’on entend la deuxième fois qu’on tape dans les mains.
- Les enfants passent chacun leur tour, et l’ensemble des mots cibles sont passés en revue.
- Une fois que l’activité est bien comprise, un enfant peut remplacer l’enseignante, choisir un mot et taper lui-même dans les mains pour faire deviner la deuxième syllabe à son voisin.
Jeu 2 : l’émotion mystère
21Objectif : s’entrainer à poser des questions par intonation, et se familiariser avec les émotions/ressentis de l’album
Formes cibles
Tu es timide ?
Tu es joyeux ?
Tu es surpris ?
Tu es triste ?
Tu es concentré ?
Tu es en colère ?
Tu as peur ?
Tu as faim ?
Matériel et installation
- 8 cartes symbolisant les 8 émotions/ressentis de l’album ; les imprimer en suffisamment gros pour que les enfants les visualisent facilement ;
Figure 3. Exemple de carte.

- le chemin de 6 cartes5 (5 de Sid triste et 1 de Sid joyeux) ;
- un pion ;
- si besoin, une affiche « mémo » avec les 8 cartes pour aider les enfants à proposer des émotions s’ils ont des difficultés à les mémoriser.
22Variante plus simple : ne conserver que 5 cartes « émotions » au lieu de 8 : la peur, la colère, la tristesse, la surprise, la joie.
23Variante pour complexifier : la réponse attendue requiert la phrase négative complète, par ex. : « Non, je (ne) suis pas timide. »
But du jeu
24Il s’agit de deviner la carte mystère que tient un camarade en posant des questions ; quand un enfant réussit à deviner la carte de son camarade, il avance le pion d’une case sur le chemin de Sid. La partie est gagnée, par l’ensemble du groupe, quand le pion atteint la dernière carte du chemin, celle de Sid joyeux.
Déroulement
- Les cartes émotions sont, dans un premier temps, montrées, nommées et associées à la question cible par l’enseignante.
- Elles sont ensuite mélangées et constituent une pioche, face cachée.
- Un premier joueur pioche une carte, la regarde et ne la montre pas.
- Les autres joueurs doivent chacun leur tour poser une question parmi la liste des questions cibles pour deviner la carte mystère (ex. : Tu es triste ?).
- Le joueur qui a la carte mystère répond par « oui » ou par « non ».
- Quand la carte est identifiée, elle est remise dans la pioche, qui est remélangée, et l’élève qui a deviné la carte avance le pion d’une case.
- Le jeu se poursuit jusqu’à ce que le pion atteigne la dernière carte du chemin.
25N.B. Certains enfants utiliseront peut-être spontanément la double négation « ne…pas », ce qui ne pose aucun problème, mais ils seront rares et le modèle fourni aux enfants est celui de l’album, c’est-à-dire avec la négation simple. Certains enfants peuvent spontanément poser les questions avec la forme « est-ce que », ce qui ne pose pas de problème non plus. Ils peuvent aussi utiliser la troisième personne du singulier à la place de « tu », en parlant de Sid.
Exemple
(é1. pioche la carte « peur ».)
é2.— Tu es triste ?
é1.— Non.
é3.— Est-ce que tu as faim ?
é1.— Non.
é4.— L’a peur ?
é1.— Oui !
Outils d’évaluation
26La première grille (en deux parties, verbal et non verbal, voir tableaux 3 et 4) permet d’évaluer les compétences langagières des élèves et constitue plutôt un outil pour l’enseignante. Cette grille peut aider à estimer les compétences morphosyntaxiques des élèves pour cet album. Elle permet d’évaluer leurs progrès en observant l’évolution d’une couleur à une autre, par exemple s’ils passent du jaune au vert au fil de la séquence.
27N.B. Concernant les mots grammaticaux, le texte comprend des déterminants, pronoms sujets, et prépositions.
28Si l’enfant se situe uniquement dans la colonne 1 du tableau, utiliser la grille 1bis, qui prend davantage en compte la dimension non verbale du langage. Dans cette seconde partie focalisée sur le non verbal, l’item en vert signifie par exemple que l’élève saisit la bonne marotte ou la bonne carte au bon moment pour accompagner la narration, ce qui manifeste qu’il comprend et suit l’histoire. L’item en violet signifie par exemple, pour le début de l’histoire, que l’élève prend la marotte de Sid et la fait avancer vers la marotte de la maitresse. Il participe donc gestuellement à la narration collective, même s’il ne verbalise pas.
29La deuxième grille, à compléter avec des smileys, est un outil simplifié à utiliser pour la communication avec les élèves et les familles (voir tableau 5).
Tableau 3. Grille 1, album Sid, diS un mot.

Tableau 4. Grille 1 bis, album Sid, diS un mot.

Tableau 5. Grille 2, album Sid, diS un mot.
Grille 2 – Album Sid, diS un mot ! – Évaluation de l’élève et de ses progrès Prénom et nom de l’élève : Dates : | ||||
| Est resté.e présent.e durant tout l’atelier | Est resté.e attentif.ve durant tout l’atelier | A su raconter une partie de l’histoire avec des gestes/les marottes | A su raconter (verbalement) une partie de l’histoire | A su raconter l’histoire en entier |
Fichiers annexes
Notes de bas de page
1Sans « ne » de négation, comme le plus souvent à l’oral dans les conversations ordinaires.
2Réponse par oui ou par non.
3Seule l’intonation, généralement montante, indique qu’il ne s’agit pas d’une phrase affirmative.
4Nous ne reproduisons pas ici les particularités de prononciation. Les enfants, comme les adultes d’ailleurs, produisent plus souvent par exemple « /è/ joue » que « elle joue », en omettant le son /L/, ce qui est fréquent à l’oral quand plusieurs consonnes se suivent, et ce qui ne nécessite pas de reformulation. Certains enfants, à ce stade, vont également utiliser « il » à la place de « elle » pour désigner un personnage féminin (exemple : la maitresse /i/ donne le doudou). Ils peuvent aussi produire des verbes avec des amorces de pronoms sujets, encore mal définis, et prononcé par exemple « /a/ veut doudou » ou « /l/ a faim ». Dans ces cas-là, l’enseignante peut reformuler, sans discours de correction explicite.
5Il est aussi possible de constituer un chemin sur mesure, plus long ou plus court, selon le nombre d’enfants dans l’atelier et la durée de jeu souhaitée.
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