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    Plan détaillé Texte intégral Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton Notes de bas de page

    Floire & Blancheflor en Europe

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    chapitre viii

    Floris and Blancheflour

    Moyen anglais, vers 1250

    p. 183-208

    Note de l’auteur

    Notice : Leah Tether et Miriam Edlich-Muth.
    Traduction : Marie-Françoise Alamichel
    et Fanny Moghaddassi.

    Texte intégral Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton Notes de bas de page

    Texte intégral

    1La version moyen anglaise de Floire et Blancheflor fut composée en vers aux alentours de 1250 ; elle représente, par conséquent, l’un des plus anciens romans attestés en anglais1. Le texte semble avoir joui d’une transmission relativement étendue, comme en témoigne le fait que les quatre manuscrits existants proviennent de régions différentes d’Angleterre, quoique toutes situées dans la moitié sud du pays.

    2Deux des manuscrits conservés datent de 1300 environ (certains considèrent qu’ils sont même un peu plus anciens) ; il s’agit de Cambridge, Cambridge University Library, MS Gg.iv.27(2) (ci-après Cambridge), peut-être de Winchester, et de London, British Library, MS Cotton Vitellius D iii (ci-après Vitellius), probablement originaire du Sud-Ouest2. On trouve également le texte dans Edinburgh, National Library of Scotland, MS Advocates 19.2.1, plus connu sous le nom de « Auchinleck » (appellation que nous allons retenir), qui fut vraisemblablement copié vers 1330-1340 dans un atelier à Londres3. La version la plus récente est conservée dans London, British Library, MS Egerton 2862 (ci-après Egerton), composée vers 1400 dans l’East Anglia4. Selon F. C. de Vries et d’autres chercheurs, le texte fut écrit dans le dialecte des Midlands-Sud-Est5.

    3Aucun de ces manuscrits ne conserve le roman en entier ; tous sont défectueux à divers degrés au commencement, et certains aussi à la fin. Dans Cambridge, il manque les 350 premiers vers du fait de la perte de ses deux premiers feuillets : il ne reste donc que 824 vers sur un total de 1174. Auchinleck a perdu un cahier dont la fin aurait contenu le commencement de Floris and Blancheflour ; c’est pourquoi il manque 350 vers. Il ne subsiste que 861 vers alors que l’original en aurait compris 1211. Egerton est le plus complet ; il ne manque qu’un feuillet liminaire, c’est-à-dire 80 vers, ce qui laisse un total de 1083 vers (l’original aurait compté 1163 vers). Vitellius est le plus défectueux à cause des dommages entraînés par l’incendie de Ashburnham House en 1731 ; on ne possède plus que 445 vers du récit et seuls 180 d’entre eux sont lisibles6.

    4Le récit de Floris and Blancheflour varie beaucoup d’un manuscrit à l’autre. Les différences entre les longueurs originales des quatre versions ne constituent qu’un seul des nombreux indicateurs de cette importante variation textuelle. Les quatre versions contiennent la même histoire générale, mais les variations de détails sont si nombreuses qu’il est certain qu’aucune d’entre elles n’est la source directe des autres. Cependant, on a pu rapprocher Vitellius, Auchinleck et Egerton, en les distinguant de Cambridge7. Erik Kooper en déduit que deux versions distinctes circulèrent moins de cinquante ans après la composition initiale du texte. De telles observations suggèrent que Floris and Blancheflour fut écrit après une période de transmission orale. A. B. Taylor, qui édita le texte en 1927, considérait qu’il était le résultat de copies de scribes ou de la dictée d’un ménestrel qui avait mémorisé l’original8. De Vries, dans son édition critique de 1966, remit en question cette thèse et arriva à la conclusion que les variantes dans Vitellius, Auchinleck et Cambridge étaient davantage liées à l’édition des scribes et à des erreurs mécaniques. Il admit, néanmoins, qu’Egerton contient quelques variantes qui ne s’expliquent que par un ou plusieurs passage(s) par la transmission orale9. Plus récemment, cependant, Murray McGillivray a constaté — de façon convaincante — que la rapidité avec laquelle le texte s’est déployé ne peut s’expliquer que par l’intervention d’une tradition orale dont on trouve trace dans ce qu’il identifie comme des marqueurs de mémorisation10. Compte tenu de l’uniformité de certains passages du texte à travers toutes les copies, cependant, même l’argument de McGillivray n’est pas sans poser problème11.

    5Dans cette anthologie qui montre tout l’intérêt d’une approche contrastive, il convient de situer le texte moyen anglais de Floris and Blancheflour au sein de la tradition paneuropéenne du roman. Un nouvel éclairage sur certaines caractéristiques peut se dégager, qui permet de souligner les originalités de notre version. Les quatre versions moyen anglaises de Floris and Blancheflour sont généralement considérées comme fondées sur une adaptation de la version aristocratique en ancien français de Floire et Blancheflor12. Cependant, compte tenu de la variation textuelle mentionnée ci-dessus, il faut peut-être regretter que des approches comparatives, par exemple l’étude influente de Patricia Grieve qui positionne Floire et Blancheflor comme « roman européen », aient regroupé les quatre versions manuscrites du roman moyen anglais — ce qui a conduit à sous-estimer les différences, en particulier entre Cambridge et les trois autres13.

    6Toutefois, ces versions présentent suffisamment de caractéristiques communes pour qu’on puisse aussi justifier leur étude globale. Une caractéristique clé partagée par les quatre versions manuscrites est la brièveté relative — la longueur du roman moyen anglais ne correspondant qu’au tiers de la version en ancien français14. Cette disparité suggère, comme c’est le cas des autres romans en ancien français adaptés en moyen anglais, que l’abréviation fut une priorité majeure des adaptateurs et traducteurs du texte en moyen anglais15.

    7Malgré cette réduction, la structure narrative de Floris and Blancheflour reste très similaire à celle de la version aristocratique en ancien français16. En effet, c’est principalement la description des détails et du contexte qui a été coupée. Plus particulièrement, peut-être, Floris and Blancheflour contient peu des références pieuses qui accompagnent la thématique de la conversion dans le récit et le dessein bienveillant plus large dans lequel l’histoire de l’amour se trouve contextualisée17. En outre, l’adaptation ne mentionne pas les références à l’histoire de France qui servent à intégrer la version aristocratique en ancien français dans le cycle de Charlemagne et à donner à Floire et Blancheflor une importance dynastique en tant que progéniteurs de la lignée de Charlemagne18.

    8Les adaptateurs du roman moyen anglais de Floris and Blancheflour ont ainsi créé un récit plus autonome, qui place les fortunes du couple au cœur du récit et ne prétend pas à une importance historique plus vaste. Comme l’a noté Barnes, cette caractéristique se combine avec un accent plus fort mis sur l’esprit et l’ingéniosité dans Floris and Blancheflour, qui encourage une lecture dirigée vers le divertissement plus que vers la piété19. Cette décontextualisation du récit est exacerbée davantage encore par le fait qu’aucun des témoins textuels survivants de Floris and Blancheflour ne contient le commencement du récit. Même la première partie la plus complète, qui se trouve dans Egerton, ne commence qu’après la naissance des deux enfants, alors qu’ils grandissent auprès de la mère chrétienne de Blancheflour.

    9L’extrait fourni dans la présente anthologie constitue les 366 premiers vers d’Egerton et se situe donc au début du récit. Ces vers ne se trouvent pas dans Auchinleck ou Cambridge, et les 195 premiers vers n’apparaissent pas dans Vitellius. Cet extrait fournit donc un aperçu unique sur les premiers vers de la version anglaise. La version de Floris and Blancheflour contenue dans le manuscrit Auchinleck ayant déjà fait l’objet d’une traduction française20, il a, par ailleurs, semblé opportun de fournir, dans le cadre de cette vaste anthologie, un passage totalement inédit, qui met particulièrement bien en lumière les caractéristiques spécifiques à la version anglaise, en particulier en termes de stratégie d’abréviation et de transmission orale.

    Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton21

     Ne thurst men never in londe
     After feirer children fonde.
     The Cristen woman fedde hem thoo;
    4Ful wel she lovyd hem both twoo.
     So longe she fedde hem in feere
     That they were of elde of seven yere.
     The king behelde his sone dere,
    8And seyde to him on this manere
     That harme it were muche more
     But his son were sette to lore
     On the book, letters to know,
    12As men don both hye and lowe.
     “Feire sone,” he seide, “thow shalt lerne,
     Lo, that thow do ful yerne.”
     Florys answerd with wepyng,
    16As he stood byfore the kyng;
     Al wepyng seide he:
     “Ne shal not Blancheflour lerne with me?
     Ne can y noght to scole goon
    20Without Blaunchefloure,” he seide than.
     “Ne can y in no scole syng ne rede
     Without Blauncheflour,” he seide.
     The king seide to his soon:
    24“She shal lerne for thy love.”
     To scole they were put.
     Both they were good of wytte;
     Wonder it was of hur lore,
    28And of her love wel the more.
     The children lovyd togeder soo,
     They myght never parte atwoo.
     When they had five yere to scoole goon,
    32So wel they had lerned thoo,
     Inowgh they couth of Latyne,
     And wel wryte on parchemyn.
     The kyng understood the grete amoure
    36Bytwene his son and Blanchefloure,
     And thought, when they were of age,
     That her love wolde noght swage;
     Nor he myght noght her love withdrawe,
    40When Florys shuld wyfe after the lawe.
     The king to the queene seide thoo,
     And tolde hur of his woo,
     Of his thought and of his care,
    44How it wolde of Floreys fare.
     “Dame,” he seide, “y tel thee my reed:
     I wyl that Blaunchefloure be do to deed.
     When that maide is yslawe
    48And brought of her lyf dawe,
     As sone as Florys may it underyete,
     Rathe he wylle hur forgete.
     Than may he wyfe after reed.”
    52The queene answerd then and seid
     (And thought with hur reed
     Save the mayde fro the deed):
     “Sir,” she seide, “we aught to fond
    56That Florens lyf with menske in lond,
     And that he lese not his honour
     For the mayden Blauncheflour.
     Whoso myght take that mayde clene
    60That she nere brought to deth bydene,
     Hit were muche more honour
     Than slee that mayde Blancheflour.”
     Unnethes the king graunt that it be soo:
    64“Dame, rede us what is to doo.”
     “Sir, we shul oure soon Florys
     Sende into the londe of Mountargis.
     Blythe wyl my suster be,
    68That is lady of that contree.
     And when she woot for whoom
     That we have sent him us froom,
     She wyl doo al hur myght,
    72Both by day and by nyght,
     To make hur love so undoo
     As it had never ben soo.”
     “And, sir,” she seide, “y rede eke
    76That the maydens moder make hur seek.
     That may be that other resoun
     For that ylk encheson,
     That she may not fro hur moder goo.”
    80Now ben these children swyth woo,
     Now they may not goo in fere,
     Drewryer thinges never noon were.
     Florys wept byfore the kyng,
    84And seide: “Sir, without lesyng,
     For my harme out ye me sende,
     Now she ne myght with me wende.
     Now we ne mot togeder goo,
    88Al my wele is turned to woo.”
     The king seide to his soon aplyght:
     “Sone, withynne this fourtenyght,
     Be her moder quykke or deed,
    92Sekerly,” he him seide,
     “That mayde shal com thee too.”
     “Ye, sir,” he seid, “y pray yow it be soo.
     Yif that ye me hur sende,
    96I rekke never wheder y wende.”
     That the child graunted, the kyng was fayn
     And him betaught his chamburlayn.
     With muche honoure they theder coom,
    100As fel to a ryche kynges soon.
     Wel feire him receyvyd the Duke, Orgas,
     That king of that castel was,
     And his aunt, with muche honour,
    104But ever he thought on Blanchefloure.
     Glad and blythe they ben him withe;
     But for no joy that he seith
     Ne myght him glade, game ne gle,
    108For he myght not his lyf see.
     His aunt set him to lore
     There as other children wore,
     Both maydons and grom;
    112To lerne mony theder coom.
     Inowgh he sykes, but noght he lernes;
     For Blauncheflour ever he mornes.
     Yf eny man to him speke,
    116Love is on his hert steke.
     Love is at his hert roote,
     That nothing is so soote;
     Galyngale ne lycorys
    120Is not so soote as hur love is,
     Ne nothing ne non other flour.
     So much he thenketh on Blancheflour,
     Of oo day him thynketh thre,
    124For he ne may his love see.
     Thus he abydeth with muche woo
     Tyl the fourtenyght were goo.
     When he saw she was nought ycoom,
    128So muche sorow he hath noom,
     That he loveth mete ne drynke,
     Ne may noon in his body synke.
     The chamberleyn sent the king to wete
    132His sones state, al ywrete.
     The king ful sone the waxe tobrake
     For to wete what it spake.
     He begynneth to chaunge his mood,
    136And wel sone he understode,
     And with wreth he cleped the queene,
     And tolde hur alle his teene,
     And with wrath spake and sayde:
    140“Let do bryng forth that mayde!
     Fro the body the heved shal goo.”
     Thenne was the quene ful woo.
     Than spake the quene, that good lady:
    144“For Goddes love, sir, mercy!
     At the next haven that here is
     Ther ben chapmen ryche ywys,
     Marchaundes of Babyloyn ful ryche,
    148That wol hur bye blethelyche.
     Than may ye for that lovely foode
     Have muche catell and goode.
     And soo she may fro us be brought,
    152Soo that we slee hur nought.”
     Unnethes the king graunted this,
     But forsoth, so it is.
     The king let sende after the burgeise,
    156That was hende and curtayse,
     And welle selle and bygge couth,
     And moony langages had in his mouth.
     Wel sone that mayde was him betaught,
    160An to the haven was she brought.
     Ther have they for that maide yolde
     Twenté mark of reed golde,
     And a coupe good and ryche,
    164In al the world was non it lyche;
     Ther was never noon so wel grave,
     He that it made was no knave.
     Ther was purtrayd on, y weene,
    168How Paryse ledde awey the queene,
     And on the covercle above
     Purtrayde was ther both her love;
     And in the pomel theron
    172Stood a charbuncle stoon.
     In the world was not so depe soler
     That it nold lyght the botelere,
     To fylle both ale and wyne;
    176Of sylver and gold both good and fyne.
     Enneas the king, that nobel man,
     At Troye in batayle he it wan,
     And brought it into Lumbardy,
    180And gaf it his lemman, his amy.
     The coupe was stoole fro King Cesar;
     A theef out of his tresour hous it bar.
     And sethe that ilke same theef
    184For Blaunchefloure he it geef.
     For he wyst to wynne suche three,
     Myght he hur bryng to his contree.
     Now these marchaundes saylen over the see
    188With this mayde to her contree.
     So longe they han undernome
     That to Babyloyn they ben coom.
     To the Amyral of Babyloyn
    192They solde that mayde swythe soon;
     Rath and soone they were at oon.
     The Amyral hur bought anoon,
     And gafe for hur, as she stood upryght,
    196Sevyn sythes of gold her wyght,
     For he thought, without weene,
     That faire mayde have to queene.
     Among his maydons in his bour
    200He hur dide with muche honour.
     Now these merchaundes that may belete,
     And ben glad of hur byyete.
     Now let we of Blancheflour be
    204And speke of Florys in his contree.
     Now is the burgays to the king coom
     With the golde and his garyson,
     And hath take the king to wolde
    208The selver and the coupe of golde.
     They lete make in a chirche
     A swithe feire grave wyrche,
     And lete ley ther uppon
    212A new feire peynted ston,
     With letters al aboute wryte
     With ful muche worshipp.
     Whoso couth the letters rede,
    216Thus they spoken and thus thei seide:
     “Here lyth swete Blaunchefloure
     That Florys lovyd par amoure.”
     Now Florys hath undernome,
    220And to his fader he is coome.
     In his fader halle he is lyght.
     His fader he grette anoonryght,
     And his moder, the queene, also.
    224But unnethes myght he that doo
     That he ne asked where his leman bee.
     Nonskyns answere chargeth hee.
     So longe he is forth noom,
    228Into chamber he is coom.
     The maydenys moder he asked ryght:
     “Where is Blauncheflour, my swete wyght?”
     “Sir,” she seide, “forsothe, ywys,
    232I ne woot where she is.”
     She bethought hur on that lesyng
     That was ordeyned byfore the king.
     “Thow gabbest me,” he seyde thoo,
    236“Thy gabbyng doth me muche woo.
     Tel me where my leman be.”
     Al wepyng seide thenne shee:
     “Sir,” shee seide, “deed.” “Deed?” seide he.
    240“Sir,” she seide, “forsothe, yee!”
     “Allas, when died that swete wyght?”
     “Sir, withynne this fourtenyght
     The erth was leide hur above,
    244And deed she was for thy love.”
     Flores, that was so feire and gent,
     Sownyd there verament.
     The Cristen woman began to crye
    248To Jhesu Crist and Seynt Marye.
     The king and the queene herde that crye;
     Into the chamber they ronne on hye,
     And the queene sawe her byforn
    252On sowne the childe that she had born.
     The kinges hert was al in care,
     That sawe his son for love so fare.
     When he awooke and speke myght,
    256Sore he wept and sore he syght,
     And seide to his moder ywys:
     “Lede me there that mayde is.”
     Theder they him brought on hyghe;
    260For care and sorow he wold dyye.
     As sone as he to the grave com,
     Sone there behelde he then,
     And the letters began to rede
    264That thus spake and thus seide:
     “Here lyth swete Blauncheflour,
     That Florys lovyd par amoure.”
     Thre sithes Florys sownydde nouth,
    268Ne speke he myght not with mouth.
     As sone as he awoke and speke myght,
     Sore he wept and sore he syght.
     “Blauncheflour,” he seide, “Blauncheflour!
    272So swete a thing was never in boure;
     Of Blauncheflour is that y meene,
     For she was com of good kyn.
     Lytel and muche loveden thee
    276For thy goodnesse and thy beauté.
     Yif deth were dalt aryght,
     We shuld be deed both on oo nyght.
     On oo day born we were,
    280We shul be ded both in feere.
     Deeth,” he seide, “ful of envye,
     And of alle trechorye,
     Refte thow hast me my leman.
    284Forsoth,” he seide, “thow art to blame.
     She wolde have levyd, and thow noldest,
     And fayn wolde y dye, and thow woldest.
     After deeth clepe no more y nylle,
    288But slee myself now y wille.”
     His knyf he braide out of his sheth,
     Himself he wolde have doo to deth,
     And to hert he had it smeten,
    292Ne had his moder it underyeten.
     Then the queene fel him uppon,
     And the knyf fro him noom.
     She reft him of his lytel knyf,
    296And savyd there the childes lyf.
     Forth the queene ranne, al wepyng,
     Tyl she com to the kyng.
     Than seide the good lady:
    300“For Goddes love, sir, mercy!
     Of twelve children have we noon
     On lyve now but this oon.
     And better it were she were his make
    304Than he were deed for hur sake.”
     “Dame, thow seist soth,” seide he.
     “Sen it may noon other be,
     Lever me were she were his wyf
    308Than y lost my sonnes lyf.”
     Of this word the quene was fayn,
     And to her soon she ran agayn.
     “Floryes, soon, glad make thee,
    312Thy lef thow shalt on lyve see.
     Florys, son, through engynne
     Of thy faders reed and myne,
     This grave let we make,
    316Leve son, for thy sake;
     Yif thow that maide forgete woldest,
     After oure reed wyf thow sholdest.”
     Now every word she hath him tolde
    320How that they that mayden solde.
     “Is this soth, my moder dere?”
     “Forsoth,” she seide, “she is not here.”
     The rowgh stoon adoun they leyde,
    324And sawe that there was not the mayde.
     “Now, moder, y think that y leve may.
     Ne shal y rest nyght ne day,
     Nyght ne day ne no stound,
    328Tyl y have my lemmon found.
     Hur to seken y woll wend,
     Thaugh it were to the worldes ende.”
     To the king he goth to take his leve,
    332And his fader bade him byleve.
     “Sir, y wyl let for no wynne,
     Me to bydden it were grete synne.”
     Than seid the king: “Seth it is soo,
    336Seth thow wylt noon other doo,
     Al that thee nedeth we shul thee fynde.
     Jhesu thee of care unbynde.”
     “Leve fader,” he seide, “y telle thee
    340Al that thow shalt fynde me.
     Thow mast me fynde, at my devyse,
     Seven horses al of prys:
     And twoo ycharged, uppon the molde,
    344Both with selver and wyth golde;
     And twoo ycharged with moonay
     For to spenden by the way;
     And three with clothes ryche,
    348The best of al the kyngryche.
     Seven horses and sevyn men,
     And thre knaves without hem,
     And thyn own chamburlayn,
    352That is a wel nobel swayn.
     He can us both wyssh and reede,
     As marchaundes we shull us lede.”
     His fader was an hynde king,
    356The coupe of golde he dide him bryng,
     That ilke self coupe of golde
     That was Blauncheflour foryolde.
     “Have this, soon,” seide the king,
    360“Herewith thow may that swete thing
     Wynne, so may betyde,
     Blauncheflour with the white syde,
     Blauncheflour, that faire may.”
    364The king let sadel a palfray,
     The oon half white so mylke,
     And that other reed so sylk.

    Extrait : Début du texte dans le manuscrit Egerton

     C’est en vain que quiconque sur terre
     Aurait pu essayer de trouver enfants plus beaux.
     Alors la chrétienne les nourrit ;
    4Elle les aimait autant tous les deux.
     Elle les éleva ensemble très longtemps
     Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de sept ans.
     Le roi regarda son cher fils
    8Et se dit la chose suivante :
     Qu’il serait vraiment bien dommage
     Que son fils ne reçoive pas d’instruction
     Afin de savoir lire et de devenir lettré
    12Comme tout homme de haut ou bas lignage.
     « Cher fils, dit-il, tu vas devoir étudier,
     Assurément, à ton travail il faudra t’appliquer. »
     Floris répondit en larmes
    16Devant le roi ;
     Tout en pleurant, il dit :
     « Blancheflour ne va-t-elle pas étudier avec moi ?
     Je ne peux pas aller à l’école
    20Sans Blancheflour, ajouta-t-il.
     Je ne pourrai ni chanter ni lire à l’école
     Sans Blancheflour », dit-il.
     Le roi répondit à son fils :
    24« Par amour pour toi, je l’autorise à étudier. »
     Ils commencèrent l’école.
     Ils étaient tous les deux fort vifs d’esprit.
     Leurs aptitudes étaient remarquables
    28Et leur amour encore davantage.
     Les enfants s’aimaient tant
     Qu’ils ne pouvaient jamais se quitter.
     Au bout de cinq ans d’études,
    32Ils avaient tant appris
     Qu’ils savaient parfaitement le latin
     Et magnifiquement écrire sur parchemin.
     Le roi était conscient du grand amour
    36Qui existait entre son fils et Blancheflour.
     Et il comprit que, à leur majorité,
     Leur amour ne diminuerait pas.
     Floris ne pourrait pas renoncer à son amour pour elle
    40Quand viendrait pour lui le temps de prendre légitime épouse.
     Aussi le roi s’entretint avec la reine
     Et lui fit part de son inquiétude,
     De sa préoccupation et de son tourment
    44Au sujet de l’avenir de Floris.
     « Madame, dit-il, voici ce que je préconise :
     Je souhaite que Blancheflour soit mise à mort.
     Une fois cette demoiselle tuée,
    48Et ainsi conduite au terme de ses jours,
     Aussitôt après avoir été informé, Floris
     Ne tardera pas à oublier la jeune fille
     Et il pourra alors se marier comme il convient. »
    52Alors la reine répondit et dit 
     (Elle cherchait par son conseil
     À sauver la demoiselle de la mort) :
     « Sire, dit-elle, nous devons chercher un moyen
    56Pour que Floris puisse dignement vivre dans notre pays
     Sans perdre son honneur
     En raison de la petite Blancheflour.
     Si quelqu’un pouvait enlever cette innocente demoiselle
    60Et éviter d’en passer brutalement par sa mort
     Ce serait beaucoup plus respectable
     Que de tuer la petite Blancheflour. »
     Le roi accepta qu’il en soit ainsi à contrecœur :
    64« Madame, dis-nous comment procéder.
     — Sire, nous devons envoyer notre fils Floris
     Dans la région de Mountargis.
     Ma sœur sera ravie.
    68Cette contrée est sa seigneurie.
     Et lorsqu’elle apprendra la raison
     Pour laquelle nous l’avons éloigné de nous,
     Elle fera tout son possible,
    72De jour comme de nuit,
     Pour dissiper leur amour
     Comme s’il n’avait jamais existé.
     — Et Sire, ajouta-t-elle, je préconise aussi
    76Que la mère de la demoiselle prétende être malade.
     Ce pourra être le second motif
     De notre décision
     Pour expliquer qu’elle ne peut pas quitter sa mère. »
    80Les enfants sont alors très malheureux
     De ne pas pouvoir partir ensemble,
     Jamais ils n’avaient été aussi tristes.
     Floris se mit à pleurer devant le roi
    84Et dit : « Sire, en vérité,
     Votre ordre de départ m’accable,
     Alors qu’elle ne peut pas m’accompagner.
     Nous ne pouvons pas partir ensemble
    88Ma joie s’est changée en tristesse. »
     Le roi donna sa parole à son fils :
     « Fils, d’ici quinze jours,
     Que sa mère soit guérie ou morte,
    92C’est certain. » Il ajouta :
     « Alors la demoiselle te rejoindra.
     — Oui, Sire. Je vous prie qu’il en soit ainsi.
     Du moment que vous me l’envoyez
    96Je me soucie peu du lieu où je dois aller. »
     Le roi fut satisfait de l’accord de l’enfant
     Et il confia ce dernier à son chambellan.
     Ils arrivèrent en grande pompe,
    100Comme il convient au fils d’un puissant roi.
     Le Duc, Orgas, le reçut noblement,
     C’était le souverain de cette forteresse
     Et sa tante l’accueillit avec tous les honneurs.
    104Mais la pensée de Blancheflour ne le quittait pas.
     Ils se montrent joyeux et allègres avec lui
     Mais aucune réjouissance à laquelle il est convié
     Ne parvient à le dérider, ni divertissement ni festivité,
    108Car sa bien-aimée n’est pas présente.
     Sa tante le fait étudier
     En compagnie d’autres enfants,
     Des filles et des garçons.
    112Ils sont nombreux à venir s’instruire.
     Il soupire beaucoup et n’apprend rien ;
     Il ne cesse de se languir de Blancheflour.
     Si quelqu’un lui adresse la parole,
    116Amour est niché dans son cœur
     Amour a pris racine dans son cœur :
     Rien ne peut égaler sa douceur.
     Les épices et la réglisse
    120Ne sont pas aussi délectables que leur amour
     Pas plus que rien d’autre, qu’aucune fleur.
     Blancheflour occupe tant ses pensées
     Qu’un jour lui semble être aussi long que trois
    124Parce qu’il ne peut voir sa bien-aimée.
     C’est ainsi qu’il attend, affligé,
     Jusqu’à la fin des quinze jours.
     Lorsqu’il voit qu’elle n’est pas arrivée,
    128Il est pris d’une telle mélancolie
     Que toute nourriture ou boisson le dégoûtent :
     Il ne peut rien avaler.
     Le chambellan écrivit un message au roi
    132Pour l’informer de l’état de son fils.
     Aussitôt le roi brisa le sceau de cire
     Pour connaître la teneur de la missive.
     Il ne tarde pas à changer d’attitude ;
    136Il a compris ce qui se passe.
     Il entra en colère et appela la reine,
     Il lui fit part de tout son mécontentement
     Et, fort énervé, prononça les paroles suivantes :
    140« Que l’on aille chercher la demoiselle !
     Qu’on lui coupe la tête ! »
     Alors la reine fut très affligée
     Et la reine, cette bonne dame, dit :
    144« Pour l’amour de Dieu, Sire, pitié !
     Dans le port le plus proche,
     Se trouvent, je vous l’assure, de riches commerçants,
     D’opulents marchands de Babylone
    148Qui l’achèteront bien volontiers.
     Ainsi pourrez-vous de cette jolie jeune fille
     Tirer nombre de denrées et de biens.
     Ainsi nous pourrons nous en être délivrés
    152Sans avoir à la tuer. »
     Le roi accepta de mauvaise grâce,
     C’est la vérité.
     Le roi fit venir le bourgeois
    156Qui était noble et distingué.
     Il savait très bien vendre et acheter.
     Il parlait plusieurs langues.
     La demoiselle lui fut rapidement cédée
    160Et on la mena au port.
     Ils avaient payé pour cette jeune fille
     Vingt marcs d’or rouge
     Et donné une belle coupe précieuse
    164Qui n’avait pas son égale dans le monde entier,
     Jamais coupe ne fut si bien décorée,
     Celui qui la fit n’était pas un apprenti !
     On y voyait représenté, je crois,
    168Comment Pâris enleva la reine.
     Et le dessus du couvercle
     Était illustré de scènes de leur amour mutuel.
     Et sur le bouton à son sommet
    172Se trouvait incrustée une escarboucle.
     Il n’est au monde de cave si profonde
     Que la pierre ne puisse éclairer, de sorte que le sommelier
     Puisse remplir bouteilles de bière et de vin.
    176L’argent et l’or étaient massifs et purs.
     Le roi Énée, cet homme si noble,
     L’avait acquise durant la guerre de Troie
     Et l’avait apportée en Lombardie,
    180Il l’avait donnée à sa bien-aimée, sa tendre amie.
     La coupe fut volée au roi César :
     Un brigand la déroba de sa salle aux trésors.
     Et par la suite ce même brigand
    184La donna pour prix de Blancheflour.
     Car il savait qu’il pourrait en tirer trois fois ce prix
     S’il la menait en son pays.
     Alors, ces marchands prirent la mer
    188Avec la demoiselle, vers leur contrée, ils naviguèrent.
     Ils ont tant et tant voyagé
     Qu’à Babylone les voici arrivés.
     À l’émir de Babylone
    192Ils vendirent aussitôt la jeune fille,
     Bien vite ils tombèrent d’accord.
     L’émir l’acheta aussitôt,
     Et donna pour elle qui se tenait debout
    196Sept fois son poids d’or
     Car il pensait, assurément,
     Faire de cette belle fille sa reine.
     Parmi les demoiselles de son appartement,
    200Il la fit installer avec beaucoup d’égards.
     Alors les marchands quittèrent la jeune fille
     En se réjouissant de leur bonne fortune.
     Laissons maintenant Blancheflour
    204Et revenons à Floris en son pays.
     Le bourgeois est de retour auprès du roi
     Avec l’or et son paiement
     Et il a donné au roi à conserver
    208L’argent et la coupe d’or.
     Ils firent installer dans un temple
     Une bien belle tombe ouvragée,
     Et installèrent à cet endroit
    212Une belle pierre fraîchement peinte
     Recouverte de lettres de tous côtés
     Avec beaucoup de soin.
     Pour qui savait lire,
    216Elles disaient et proclamaient :
     « Ci-gît la douce Blancheflour
     Que Floris aima d’amour »
     Voilà que Floris a voyagé
    220Et jusqu’à son père est arrivé.
     Il a mis pied à terre dans la grande salle.
     Il salua son père immédiatement
     Ainsi que sa mère, la reine.
    224Il eut bien de la peine
     À ne pas demander où se trouve sa bien-aimée.
     Il ne prête nulle attention à leur réponse.
     Il s’est si bien avancé
    228Qu’il est parvenu à la chambre.
     Il demanda à la mère de la jeune fille aussitôt :
     « Où est Blancheflour, ma douce amie ?
     — Seigneur, dit-elle, à dire la vérité,
    232Je ne sais où elle se trouve. »
     Elle se souvenait de ce mensonge
     Qui lui avait été imposé par le roi.
     « Vous vous moquez, dit-il alors,
    236Votre mensonge me peine beaucoup.
     Dites-moi où se trouve ma bien-aimée. »
     Tout en larmes, elle lui dit alors :
     « Seigneur, dit-elle, morte. — Morte ? répéta-t-il
    240— Seigneur, répondit-elle. En vérité, oui !
     — Hélas, quand périt cette douce amie ?
     — Seigneur, il n’y a pas deux semaines
     Qu’on l’a couchée en terre
    244Et c’est pour l’amour de vous qu’elle a péri. »
     Floris, qui était si noble et doux,
     Perdit toute connaissance à ces mots.
     La chrétienne se mit à appeler à grands cris
    248Jésus-Christ et sainte Marie.
     Le roi et la reine entendirent ce cri
     Dans la chambre, ils se précipitèrent
     Et la reine vit devant elle
    252Évanoui l’enfant qu’elle avait porté.
     Le cœur du roi fut tout affligé
     Quand il vit son fils par amour si blessé.
     Quand il reprit connaissance et put parler
    256Amèrement il pleura et douloureusement il soupira
     Et il dit à sa mère en vérité :
     « Menez-moi où cette demoiselle se trouve. »
     Ils l’y menèrent à l’instant ;
    260De chagrin et de tristesse il manqua de mourir.
     Dès qu’il arriva à la tombe
     Aussitôt il la regarda attentivement
     Et se mit à lire l’inscription
    264Qui disait et proclamait :
     « Ci-gît la douce Blancheflour
     Que Floris aima d’amour »
     Trois fois alors Floris s’évanouit,
    268Il ne pouvait articuler un mot.
     Mais dès qu’il reprit connaissance et put parler
     Amèrement il pleura et douloureusement il soupira
     « Blancheflour, s’exclama-t-il, Blancheflour !
    272Il ne fut jamais de créature plus douce ;
     C’est pour Blancheflour que je gémis
     Car elle descendait d’une noble lignée
     Tous, humbles et grands, t’aimaient
    276Pour ta bonté et ta beauté
     Si la mort frappait de manière juste,
     Nous serions morts tous deux la même nuit.
     Nous naquîmes le même jour,
    280Nous aurions dû mourir ensemble.
     Mort, dit-il, pleine d’envie
     Et de traîtrise de toutes sortes
     Tu m’as privé de mon amour.
    284En vérité, tu es en tort.
     Elle aurait vécu, mais tu ne l’as pas voulu,
     Et je mourrais volontiers, si tu le voulais.
     Je vais cesser d’implorer la mort
    288Mais me tuerai maintenant de mes propres mains. »
     Il sortit son couteau de son fourreau,
     Déterminé à se frapper à mort,
     Et il se le serait enfoncé dans le cœur
    292Si sa mère ne l’en avait empêché.
     À ce moment la reine se jeta sur lui
     Et lui prit le couteau des mains.
     Elle lui arracha le petit couteau
    296Et sauva en cet instant la vie de l’enfant.
     Puis la reine courut, tout en larmes,
     Jusqu’à parvenir auprès du roi.
     En ces termes parla la bonne dame :
    300« Pour l’amour de Dieu, Sire, pitié !
     De nos douze enfants aucun
     N’a survécu que celui-ci.
     Et il vaudrait mieux qu’elle fût son épouse
    304Que de le voir mourir par amour pour elle. »
     « Dame, vous dites vrai », répondit-il.
     « Puisqu’il ne peut en être autrement,
     Je préférerais qu’elle soit son épouse
    308Que de perdre la vie de mon fils. »
     De ces mots la reine se réjouit
     Et rejoignit son fils en courant.
     « Floris, mon fils, console-toi,
    312Tu reverras vivante ta bien-aimée.
     Floris, mon fils, pour te tromper,
     D’un commun accord, ton père et moi
     Avons fait construire cette tombe,
    316Cher fils, par amour de toi ;
     Si tu voulais oublier cette demoiselle,
     Selon notre conseil, femme tu prendrais. »
     Puis elle lui a raconté en détail
    320Comment ils avaient vendu cette jeune fille.
     « Est-ce bien vrai, chère mère ? »
     « En vérité, répondit-elle, elle n’est pas ici. »
     Ils firent tomber la lourde pierre
    324Et constatèrent qu’il n’y avait pas de trace de la jeune fille.
     « Maintenant, mère, je crois que je peux partir.
     Je n’aurai de repos, ni le jour ni la nuit,
     Ni le jour ni la nuit en aucun lieu
    328Jusqu’à avoir trouvé ma bien-aimée.
     Pour la chercher je vais m’en aller
     S’il le faut jusqu’aux confins du monde. »
     Il se rend auprès de son père pour prendre congé
    332Et son père lui demanda de rester :
     « Sire, je ne renoncerai pour rien au monde
     Me le demander serait un grand péché. »
     Alors le roi répondit : « Puisqu’il en est ainsi,
    336Puisque tu refuses toute autre issue,
     Nous te procurerons tout ce qu’il te faut.
     Que Jésus te libère de tes peines.
     — Cher père, dit Floris, voici
    340Tout ce que vous me procurerez.
     Faites mettre à ma disposition
     Sept chevaux, tous de grande valeur :
     Deux chargés, sur la terre,
    344À la fois d’argent et d’or ;
     Et deux chargés de pièces
     À dépenser sur le trajet
     Et trois de vêtements précieux,
    348Les plus beaux de tout le royaume.
     Sept chevaux et sept hommes,
     Et trois écuyers en plus de cela,
     Et votre chambellan lui-même,
    352Qui est un écuyer des plus remarquables.
     Il pourra nous guider et conseiller,
     Vêtus comme des marchands nous partirons. »
     Son père était un roi plein de noblesse,
    356Il lui fit apporter la coupe d’or,
     Cette même coupe d’or
     Qu’on avait donnée en échange de Blancheflour.
     « Prends ceci, mon fils, dit le roi,
    360Avec cet objet tu pourras regagner
     Cette douce créature, je l’espère,
     Blancheflour au blanc côté
     Blancheflour, cette belle jeune fille. »
    364Le roi fit seller un palefroi,
     Avec une selle moitié blanche comme le lait,
     Moitié rouge comme la soie.

    Notes de bas de page

    1E. Kooper, « Floris and Blancheflour: Introduction », Sentimental and Humorous Romances, Kalamazoo, TEAMS, 2005 : <http://d.lib.rochester.edu/teams/text/kooper-sentimental-and-humorous-romances-floris-and-blancheflour-introduction> [consulté le 15 juillet 2018].

    2F. C. De Vries, Floris and Blauncheflur: A Middle English Romance edited with Introduction, Notes and Glossary, Groningen, V. R. B., 1966, p. 3-5 ; voir également Kooper, ouvr. cité.

    3F. C. De Vries, ouvr. cité, p. 1-3 ; voir également Kooper, ouvr. cité. Le plus récent débat sur Auchinleck se trouve dans S. Fein (éd.), The Auchinleck Manuscript: New Perspectives, York, York Medieval Press, HB 2016, PB 2018, surtout D. Pearsall, « The Auchinleck Manuscript Forty Years On », p. 11-25.

    4De Vries, ouvr. cité, p. 4-5 ; voir également Kooper, ouvr. cité.

    5Ibid., p. 39.

    6Ibid, p. 8-12.

    7Kooper, ouvr. cité ; De Vries, ouvr. cité, p. 7-11 ; cf. E. Hausknecht (éd.), Floris and Blauncheflur: Mittelenglisches Gedicht aus dem 13. Jahrhundert, Berlin, Weidmann, 1885, p. 98-108.

    8A. B. Taylor, Floris and Blancheflour: A Middle English Romance, edited from the Trentham and Auchinleck MSS, Oxford, Clarendon, 1927, p. 15.

    9De Vries, ouvr. cité, p. 7.

    10M. McGillivray, Memorization in the Transmission of the Middle English Romances, New York, Garland, 1990, p. 5 et surtout chapitre 3.

    11Voir l’analyse de telles scènes par Kooper, ouvr. cité.

    12C’est aussi l’avis de Kooper.

    13Voir la description des versions moyen anglaises de Floris and Blancheflour par P. Grieve, dans laquelle elle admet certaines des différences entre les versions manuscrites, mais conclut qu’on peut néanmoins les considérer comme « a unit » [une unité] : Floire and Blancheflor and the European Romance, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 78.

    14G. Barnes, « Cunning and Ingenuity in the Middle English Floris and Blauncheflur », Medium Aevum, 53, 1984, p. 10-25, ici p. 13.

    15Voir la description de l’art de l’abréviation dans les romans moyen anglais par T. Davenport dans son étude de Chevalere Assyne et de l’adaptation moyen anglaise du texte en ancien français, La Naissance du Chevalier au Cygne : « Abbreviation and the Education of the Hero in Chevalere Assigne », dans P. Hardman (éd.), The Matter of Identity in Medieval Romance, Cambridge, D. S. Brewer, 2002, p. 9-20.

    16Grieve, ouvr. cité, p. 78-79.

    17Ibid., p. 78 : P. Grieve constate que la seule version de Floris and Blancheflour en moyen anglais à faire mention de la conversion est celle d’Auchinleck.

    18Kooper, ouvr. cité. Il est cependant difficile de savoir si la source de la version en moyen anglais comportait le prologue dit « carolingien » présent dans le texte français, que l’on a pu considérer comme une interpolation propre à certaines versions seulement.

    19Barnes, art. cité, p. 13.

    20M.-F. Alamichel (trad.), Floris and Blancheflour, Traduction d’Extraits du Manuscrit Auchinleck, Centre d’études médiévales anglaises, Paris-Sorbonne, 2012, traduction :

    <http://lettres.sorbonne-universite.fr/Files/xxxx/floris_et_blancheflour.pdf>, introduction :

    <http://lettres.sorbonne-universite.fr/Files/xxxx/floris_et_blancheflourintro.pdf> [consulté le 15 juillet 2018].

    21Le texte est repris de « Floris and Blancheflour », dans Sentimental and Humorous Romances, éd. Erik Kooper, Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, « TEAMS, Middle English Texts Series », 2005.

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    1E. Kooper, « Floris and Blancheflour: Introduction », Sentimental and Humorous Romances, Kalamazoo, TEAMS, 2005 : <http://d.lib.rochester.edu/teams/text/kooper-sentimental-and-humorous-romances-floris-and-blancheflour-introduction> [consulté le 15 juillet 2018].

    2F. C. De Vries, Floris and Blauncheflur: A Middle English Romance edited with Introduction, Notes and Glossary, Groningen, V. R. B., 1966, p. 3-5 ; voir également Kooper, ouvr. cité.

    3F. C. De Vries, ouvr. cité, p. 1-3 ; voir également Kooper, ouvr. cité. Le plus récent débat sur Auchinleck se trouve dans S. Fein (éd.), The Auchinleck Manuscript: New Perspectives, York, York Medieval Press, HB 2016, PB 2018, surtout D. Pearsall, « The Auchinleck Manuscript Forty Years On », p. 11-25.

    4De Vries, ouvr. cité, p. 4-5 ; voir également Kooper, ouvr. cité.

    5Ibid., p. 39.

    6Ibid, p. 8-12.

    7Kooper, ouvr. cité ; De Vries, ouvr. cité, p. 7-11 ; cf. E. Hausknecht (éd.), Floris and Blauncheflur: Mittelenglisches Gedicht aus dem 13. Jahrhundert, Berlin, Weidmann, 1885, p. 98-108.

    8A. B. Taylor, Floris and Blancheflour: A Middle English Romance, edited from the Trentham and Auchinleck MSS, Oxford, Clarendon, 1927, p. 15.

    9De Vries, ouvr. cité, p. 7.

    10M. McGillivray, Memorization in the Transmission of the Middle English Romances, New York, Garland, 1990, p. 5 et surtout chapitre 3.

    11Voir l’analyse de telles scènes par Kooper, ouvr. cité.

    12C’est aussi l’avis de Kooper.

    13Voir la description des versions moyen anglaises de Floris and Blancheflour par P. Grieve, dans laquelle elle admet certaines des différences entre les versions manuscrites, mais conclut qu’on peut néanmoins les considérer comme « a unit » [une unité] : Floire and Blancheflor and the European Romance, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 78.

    14G. Barnes, « Cunning and Ingenuity in the Middle English Floris and Blauncheflur », Medium Aevum, 53, 1984, p. 10-25, ici p. 13.

    15Voir la description de l’art de l’abréviation dans les romans moyen anglais par T. Davenport dans son étude de Chevalere Assyne et de l’adaptation moyen anglaise du texte en ancien français, La Naissance du Chevalier au Cygne : « Abbreviation and the Education of the Hero in Chevalere Assigne », dans P. Hardman (éd.), The Matter of Identity in Medieval Romance, Cambridge, D. S. Brewer, 2002, p. 9-20.

    16Grieve, ouvr. cité, p. 78-79.

    17Ibid., p. 78 : P. Grieve constate que la seule version de Floris and Blancheflour en moyen anglais à faire mention de la conversion est celle d’Auchinleck.

    18Kooper, ouvr. cité. Il est cependant difficile de savoir si la source de la version en moyen anglais comportait le prologue dit « carolingien » présent dans le texte français, que l’on a pu considérer comme une interpolation propre à certaines versions seulement.

    19Barnes, art. cité, p. 13.

    20M.-F. Alamichel (trad.), Floris and Blancheflour, Traduction d’Extraits du Manuscrit Auchinleck, Centre d’études médiévales anglaises, Paris-Sorbonne, 2012, traduction :

    <http://lettres.sorbonne-universite.fr/Files/xxxx/floris_et_blancheflour.pdf>, introduction :

    <http://lettres.sorbonne-universite.fr/Files/xxxx/floris_et_blancheflourintro.pdf> [consulté le 15 juillet 2018].

    21Le texte est repris de « Floris and Blancheflour », dans Sentimental and Humorous Romances, éd. Erik Kooper, Kalamazoo, Michigan, Medieval Institute Publications, « TEAMS, Middle English Texts Series », 2005.

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