Chapitre 4. L’intercompréhension au lycée : comment apprécier la qualité de l’échange plurilingue dans un forum ?
Chapitre 4. L’intercomprensione al liceo: come apprezzare la qualità di scambi plurilingue su un forum
p. 75-94
Résumé
A partire dalla constatazione di una mancanza di riferimenti e metodologie per l’apprezzamento qualitativo delle interazioni scritte praticate dagli allievi in un forum plurilingue online (Galanet), l’autrice di questo articolo si dà per obiettivo di sviluppare una metodologia semi-automatizzata utilizzabile a questo fine. Combinando analisi qualitativa e quantitativa, e grazie al supporto della piattaforma Calico – che permette un trattamento semi-automatico delle interazioni su forum –, si identificano innanzi tutto i parametri dell’interattività, ad esempio il riconoscimento delle catene isotopiche e dei link tra i messaggi, le riprese tematiche e, soprattutto il grado di interattività e alternanza delle lingue. Facendo riferimento ad un’attualizzazione del modello di Jakobson, l’autrice centra in seguito la propria analisi su tre funzioni del linguaggio (conativa, espressiva, fatica) alle quali aggiunge tre categorie: i riferimenti ai partecipanti, i connettivi e la punteggiatura (inclusi gli emoticons). Viene proposta un’applicazione ad un tema per mostrare la potenzialità di tale approccio nell’apprezzamento del livello di interattività, in maniera generale, e più in particolare in relazione alle scelte e alternanze linguistiche.
Texte intégral
1La langue dans un contexte dialogique se caractérise par une hétérogénéité qui s’exprime notamment dans les combinaisons d’énoncés, c’est-à-dire dans la manière dont plusieurs énoncés successifs se construisent et conforment la structure de dialogue (Kerbrat-Orecchioni, 2005). Ces tours de parole peuvent être linéaires, c’est-à-dire en cascade, chaque intervention donnant successivement la réplique à la précédente. L’interactivité, entendue comme le fait de pouvoir communiquer (ou interagir) à distance et de pouvoir ainsi pratiquer des interactions en ligne, peut alors être appréciée en se basant notamment sur la logique des répliques (assentiment, correction, surenchère, négociation, rejet, etc.) et donner lieu à la mesure d’un degré d’interactivité. Lorsque cette structure reflète non pas un échange linéaire mais un échange de type forum où les interlocuteurs sont multiples et interviennent de manière libre sans véritable contrainte de riposte immédiate, l’analyse de l’interaction, et surtout du degré d’interactivité, devient plus complexe. Dans un contexte d’enseignement en ligne, les enseignants se trouvent bien trop souvent démunis pour apprécier la qualité des échanges de leurs apprenants et sont contraints de se limiter à des données superficielles, ne pouvant pas s’attacher à l’analyse du contenu des messages ni à leur place et à leur importance dans l’interaction. La méthode semi-automatisée de l’appréciation de l’interactivité dans les messages de forums, plurilingues dans le contexte de cet article, a pour objectif de pallier cette évaluation partielle. Pour vérifier si les tours de parole relèvent d’un dialogue interactif, nous avons choisi de nous baser sur deux paramètres principaux : le suivi des fils isotopiques et la nature multifonctionnelle des énoncés. Ces deux analyses menées sur un forum de discussion fourniront de premiers outils pour la systématisation de la recherche de l’interactivité dans des forums de discussion. Elles mèneront alors à des conclusions portant sur la complémentarité de cette approche avec des analyses qualitatives axées sur le pédagogique et/ou le linguistique, qui permettra alors de vérifier l’interactivité de messages de forums de manière efficace et adaptée aux besoins des praticiens et du corps enseignant en particulier.
Contextualisation de la recherche
Réflexions préliminaires
2Sans faire une rétrospective de l’évolution des méthodologies de l’enseignement et des théories de l’apprentissage, nous relèverons seulement la nécessaire adaptation des manières d’apprendre et d’enseigner en lien avec l’essor des nouvelles technologies. De nouveaux modes de communication sont apparus par la présence d’environnements virtuels partagés, utilisés dans le cadre de l’éducation et de la formation. Face à la nécessité d’évaluation des compétences en langues étrangères, des cadres théoriques offrent aujourd’hui des descripteurs de compétences, le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR, Conseil de l’Europe, 2001) ou encore le Cadre de référence pour les approches plurielles des langues et des cultures (CARAP, Candelier et al., 2007). La pertinence de ces cadres n’est pas contestée pour la conception de méthodes ou encore d’examens officiels ; mais, notamment en raison de leur date de conception/réalisation, ils ne proposent pas d’outils d’évaluation précis en ce qui concerne les forums de discussion, pourtant utilisés dans toutes les formations en ligne. Les enseignants dont les cours sont basés (en partie ou totalement) sur l’utilisation de forums de discussion se retrouvent ainsi démunis au moment d’apprécier la qualité des interactions de leurs élèves. C’est donc dans cette évolution des recherches sur la conception d’outils adaptés à l’évaluation des compétences interactionnelles dans des forums de discussion que se situe notre contribution.
Hypothèse et objectifs
3Notre recherche s’inscrit dans le cadre du plurilinguisme et plus particulièrement de l’intercompréhension entendue comme « un mode de communication où chacun s’engage à comprendre la langue de l’autre et à se faire comprendre dans sa (ses) langue(s) romane(s) de référence en considérant ce mode comme un moyen de développer sa connaissance de plusieurs langues et ses aptitudes à les comprendre à l’écrit et à l’oral » (Carrasco, Degache et Pishva, 2008). Mais nous nous situons également dans un axe plus précis, centré sur le FLE que nous intégrons à part entière dans notre recherche30. Notre objectif est de déterminer dans quelle mesure une formation en intercompréhension peut bénéficier à l’apprentissage d’une langue étrangère cible dans le cadre d’un enseignement institutionnel et curricularisé de FLE.
4Dans ce chapitre, pour mener à bien notre objectif, nous nous sommes centrée sur l’analyse de l’interactivité des messages des élèves sujets dans un contexte plurilingue. Nous partons de l’hypothèse que les sujets adaptent leurs messages au contexte interactionnel et qu’ils sont capables de procéder à des transferts de stratégies interactionnelles dans une perspective d’apprentissage répercuté (Dabène, 1995 ; Carrasco et Pishva, 2007) c’est-à-dire d’un apprentissage que l’étudiant est capable de convoquer et de mettre en œuvre non seulement dans le cadre des langues qu’il a apprises mais également de « récupérer » ces savoirs pour interpréter des messages dans une autre langue cible et de les mettre à profit pour en intégrer de nouveaux, et concrètement dans le cas qui nous occupe, pour le français.
Contexte d’enseignement
5Avec des programmes scolaires bien définis et exigeants en termes d’accomplissement et de planification, difficilement compatibles avec des activités supplémentaires, la tâche d’intégrer une formation en intercompréhension n’est pas des plus simples. Cependant, les modalités propres à la formation à l’intercompréhension ainsi que le contexte plurilingue et la vision engagée de l’établissement vis-à-vis des langues ont permis l’intégration de cette formation, en faisant même un terrain d’expérimentation approprié (Carrasco, Degache et Pishva, 2008).
6Le choix des compétences visées s’est fait dans cette optique de compatibilité entre celles qui sont propres à la formation en langue étrangère, concrètement ici le français en lycée et les compétences développées potentiellement grâce au suivi d’une session télécollaborative plurilingue sur la plateforme Galanet31. Ces compétences sont toutes reliées à la notion de transfert et se déclinent dans des exercices concrets de la manière suivante : transfert des capacités à reconnaître des codes textuels (cohérence/cohésion textuelle), transfert de stratégies de compréhension en contexte (compréhension globale et fine), transfert culturel (interculturalité), transfert des capacités à identifier des mots et/ou des structures transparents (traduction), transfert des capacités à reconnaître une structure morphologique et syntaxique (segmentation), transfert des capacités de reproduction de modèles discursifs (présentation personnelle, profil).
Public ciblé
7Les sujets de notre recherche sont des lycéens de primer de batxillerat (correspondant au niveau de la première en France) de l’établissement espagnol Aula Escola Europea32 de Barcelone. Ils sont âgés de 17 ans environ et sont bilingues catalan-espagnol. Ils évoluent dans le contexte plurilingue de l’école, avec des cours de français et d’anglais dès l’âge de 6 ans. Leur niveau en langues étrangères est évalué B2/C1 dans les deux langues au stade actuel de leur scolarité.
Constitution du corpus
8Bien que notre analyse s’inscrive dans une recherche plus large, nous nous centrerons pour cette étude sur la composante interactionnelle présente dans les messages déposés sur des forums par les élèves sujets de l’expérimentation. Nous combinerons pour ce faire une analyse qualitative avec une analyse quantitative à l’aide d’outils d’analyse permettant le traitement semi-automatique des interactions de forums (sur la plateforme Calico33). Ces deux visions complémentaires nous permettront d’identifier certains des paramètres qui rendent compte de comportements interactionnels mais également de pouvoir proposer une généralisation de l’analyse pour d’autres forums similaires, dans un objectif d’analyse comparée.
9Le corpus est composé des messages de l’un des sujets de discussion extraits de la session pour lycéens « Nômades…nomadi…nómades…des langues » de la plateforme Galanet (septembre à décembre 2011). L’ensemble du forum de la session est cependant réparti sur les différentes phases de la scénarisation de la session et rédigés par les participants appartenant à des équipes institutionnelles différentes. Nous ne présenterons cependant ici que des extraits du sujet de discussion extrait du corpus global.
Analyse linguistique d’un sujet de discussion
Organisation du discours et fils isotopiques
10L’amorce du sujet de discussion correspond au topique discursif principal. Cela signifie qu’à priori les participants à ce sujet poursuivront le dialogue amorcé en donnant suite à ce topique. L’analyse du sujet de discussion montrera que d’autres topiques, ou sous-topiques, peuvent apparaître, auxquels les destinataires de ces topiques pourront répondre, ou au contraire ne pas donner suite. C’est la manifestation de la flexibilité du dialogue, qui est repérable par la présence de plusieurs séquences dialogiques. Cependant, les sujets de discussion de Galanet sont présentés de manière chronologique dans un unique fil dialogique, le nouveau message s’affichant au-dessus du précédent. Cette spécificité de cet espace de conversation asynchrone est un fait établi et non contesté par les usagers de la plateforme (De Lièvre et Depover, 2007), issu des choix pédagogiques initiaux et des moyens technologiques au moment de la conception de la plateforme. La recherche des paires adjacentes de Sacks, Schegloff et Jefferson (1974) n’est alors pas, dans ce cas précis, systématiquement évidente et la reconstitution du fil dialogique entendue comme la mise en évidence des liens entre les messages constituera un des paramètres aptes à rendre compte du degré d’interactivité, au cœur de ce sujet.
11Pour l’analyse qualitative fine de l’organisation du discours dans le forum, nous nous centrons sur deux points particuliers et révélateurs d’interactivité qui sont les liens intermessages d’une part et la dispersion des thèmes d’autre part.
12La mise en forme des messages sur Galanet ne permet pas de mettre en évidence la relation entre les messages, c’est-à-dire de visualiser directement les liens qui les unissent. Dans un premier temps, afin de pouvoir relier les messages entre eux, il est donc nécessaire de procéder à une lecture attentive et exhaustive ainsi qu’à une analyse lexicale qui donneront lieu à un marquage des indices utiles à l’identification du lien. Autrement dit, il faut extraire du message les marques qui permettent de révéler ces relations sémantiques et conversationnelles. Comme le présente le tableau I, il peut s’agir d’opinions personnelles en référence à l’amorce (souligné simple) et qui peuvent être mises en évidence, ainsi que de réponses explicitement adressées à des auteurs précédents (souligné en pointillé, en vagues ou en italique) ou encore de références textuelles et thématiques (double souligné).
Tableau I – Représentation des relations sémantiques et conversationnelles

13Cette mise en relation des messages à partir de fils isotopiques ou d’indices reflétant des sollicitations et des réponses rend possible une hiérarchisation (dans le sens de mise en relation des relations établies à un ou à des messages) qui, bien que laissant place à des interprétations subjectives et donc à de possibles liens hiérarchiques erronés, permet de rendre compte de la manière dont les auteurs des messages ont établi des interactions. Cette hiérarchisation peut alors se manifester sous une forme plus schématique telle que le montre la figure 1, pour les premiers messages du forum. Les messages M1 et M2 sont définis comme étant de niveau 1, M3 et M6 de niveau 2, M4 et M5 de niveau 3, et ainsi de suite.

Figure 1 – Représentation schématique de la hiérarchisation des messages
14En procédant d’une manière analogue et systématique, il est alors possible d’extraire les thèmes abordés dans les différents messages et de visualiser les liens thématiques par lesquels ils sont reliés et ainsi mesurer le degré de suivi des répliques et l’intensité de l’interactivité. Nous nous centrerons dans cette étude sur deux aspects principaux de cette interactivité examinés dans le forum de discussion « Que musica os inspira » : la composante dialogique et les reprises thématiques.
15Par l’analyse systématique de la hiérarchisation des messages telle qu’elle a été décrite précédemment, nous remarquons alors que les messages de ce forum répondent pour la majorité à l’amorce principale du sujet de discussion ou aux sous-amorces (par ce terme, nous désignons les messages du sujet de discussion qui relancent le sujet ou le recadrent). La présence de ces sous-amorces démontre que ce seul sujet de discussion contient en fait différents sous-sujets reliés entre eux. Les participants sont amenés à s’insérer dans ces différentes parties du discours et à se situer à des moments particuliers de l’interaction. Cependant, il n’est pas réellement possible à ce stade de déterminer un degré d’interactivité. Pourquoi un message serait-il d’un plus haut degré d’interactivité s’il se situe au bout de la chaîne en comparaison avec une amorce ? Le participant qui relance l’interaction par une sous-amorce n’aurait-il pas développé un degré d’interactivité au moins aussi important que celui qui continue un échange sur un thème déjà largement débattu ? Cette analyse de la composante dialogique permettra toutefois de valider les autres analyses sur les fils isotopiques.
16Une deuxième représentation des messages du sujet de discussion (tableau II) montre la première moitié environ des messages du forum et met en évidence les liens thématiques qui relient les messages entre eux. Il est à observer que cette mise en relief des thèmes et sous-thèmes n’est pas en correspondance directe avec l’organisation du discours et que de nombreux enchevêtrements sont visibles. Cette alternance non régulière rend le suivi du fil de discussion d’autant plus complexe et développe une nécessité d’expression en accord avec ce fonctionnement. Cette manière d’interagir influe donc directement sur l’interactivité en jeu dans ce type de forum. En effet, si un utilisateur lambda d’un forum peut se permettre de ne faire référence ni à l’émetteur du message auquel il répond ou auquel son message fait suite, ou bien encore s’il peut ne pas contextualiser sa réponse, ce n’est pas le cas dans les forums de Galanet. Tout participant déposant un message dans un forum de Galanet, prend le risque de ne pas interagir de manière efficace avec les autres participants, s’il ne contextualise pas son message. Dans le tableau II, des fils isotopiques ont été identifiés et les messages s’y référant apparaissant sur un fond de même couleur. Ainsi, les messages sur fond bleu traitent de la thématique « Red Hot Chili Peppers », ceux sur fond rose des groupes célèbres actuellement en France et en Espagne, ceux sur fond vert sont centrés sur les goûts musicaux personnels des participants, ceux sur fond saumon traitent du thème des « Beatles » tandis que ceux restés sur fond blanc n’ont pu être rattachés de manière évidente à l’un ou l’autre des fils isotopiques mis en évidence.
Tableau II – Représentation sur fond coloré des reprises thématiques d’une partie du sujet de discussion

17On remarquera la non-concordance entre la représentation des reprises thématiques et de celle des amorces thématiques et des relances interactants. Ce phénomène est dû à la particularité du forum qui est un facteur important à prendre en compte lors des analyses. En conclusion à cette partie, nos remarques portent sur le fait que cette analyse qualitative des fils isotopiques exige un travail rigoureux et nécessite un temps non négligeable, d’autant plus conséquent que le corpus sera important. Notre point de vue situe alors ces analyses comme une base réflexive pour des analyses semi-automatiques. Dans la partie suivante, nous expliciterons de quelle manière ces analyses menées préalablement serviront de base à la création de nouveaux outils pour l’analyse du degré d’interactivité des messages de forum.
Paramétrisation et choix des marqueurs
18La particularité intrinsèque des forums à interlocuteurs multiples est que les tours de parole, s’ils sont liés à des messages antérieurs, ne sont pas forcément liés à des messages immédiatement précédents. L’interaction n’en est pas pour autant plus diffuse, elle est seulement plus complexe à analyser. Les messages sont très divers, pouvant se rapprocher aussi bien du texte écrit qu’être assimilés à des transcriptions d’un échange oral. Cette ambivalence et cette hétérogénéité impliquent alors une analyse particulière de l’interactivité et la recherche de marqueurs précis pour son analyse. Dans le cadre de notre recherche, l’objectif est de définir ces marqueurs mais également de permettre leur systématisation en vue d’une analyse quantitative pour un traitement semi-automatique. Ce facteur supplémentaire implique donc à la fois une analyse qualitative fine des messages du forum et une généralisation applicable à d’autres forums.
19Kerbrat-Orecchioni (2005, p. 19) définit des critères qui permettront de déterminer le degré d’interactivité :
[…] la nature des participations mutuelles et, quand on a affaire à une véritable alternance des tours de parole, le rythme de cette alternance (en relation avec la longueur des tours), la répartition des prises de parole […] ; et corrélativement, le degré d’engagement des participants dans l’interaction.
20Si, dans certains types de discours, ces critères s’avèrent pertinents, dans le cadre de notre approche, ils se révèlent difficilement identifiables et fiables. Comme nous l’avons explicité ci-dessus, le degré d’engagement des participants n’est pas directement mesurable du fait de la particularité du forum. De plus, le fait que les participants à l’interaction globale sont nombreux mais n’interviennent que peu de fois à l’intérieur d’un même sujet de discussion, ne donne pas d’informations pertinentes sur le rythme de l’alternance ni sur la répartition des prises de parole. Cette constatation remet en question la nature des critères qui permettent d’identifier l’interactivité mais non l’interactivité elle-même. L’enjeu est alors de déterminer de nouveaux critères qui amèneront à évaluer le degré d’interactivité d’un message, interactivité intercompréhensive due à la particularité du corpus plurilingue étudié.
21Les analyses menées doivent alors prendre en compte deux grands axes, complémentaires, le degré d’interactivité et l’alternance des langues, laquelle, facilement identifiable manuellement comme de manière semi-automatisée, sera détaillée par la suite. En revanche, l’analyse du degré d’interactivité des messages est plus complexe et nécessite le recours à un modèle d’analyse du discours.
22Nous avons opté pour une référence aux fonctions du langage de Jakobson et à son schéma qui présente encore actuellement un caractère universel, y compris pour l’analyse de forums de discussion. Ce schéma a certes été critiqué par de nombreux auteurs (en France par exemple : Ducrot, Jacques, Milner) mais il reste cependant encore aujourd’hui une base solide à la construction d’autres modèles, chacun centré sur des types de dialogues plus précis. Ces modèles sont toutefois plus ciblés (ceux de Kerbrat-Orecchioni [1980, p. 6] ou Moirand [1979, p. 10] par exemple) et s’inscrivent déjà dans une certaine vision de l’analyse du discours qui ne nous semble pas pertinente dans le cadre de notre étude, car ce serait déjà prendre parti pour l’une ou l’autre des orientations en termes d’interactivité. Ce qui nous intéresse au contraire, c’est de partir d’un fondement commun à tous ces courants d’analyse afin de l’adapter à notre contexte de recherche et d’analyse. Les six fonctions de Jakobson seront alors revisitées sous un nouvel angle, dans le cadre de l’analyse du degré d’interactivité de messages de forums. La fonction poétique a été absente de ce sujet de discussion et seule une occurrence de la fonction métalinguistique aura été relevée (« Et j’ai quelques petites lacunes au niveau de vos langues. Alors si vous pouviez écrire tous les mots correctement »). Sans faire totalement abstraction de ces deux fonctions qui peuvent avoir une importance et une pertinence plus importantes dans d’autres forums, elles ne semblent toutefois relever que de contextes de forums particuliers que nous ne prendrons pas en compte. En ce qui concerne la fonction référentielle de Jakobson, elle va être réduite à l’intérieur du sujet de discussion, dans le sens où les références au monde extérieur se rattachent aux thèmes traités dans les sujets de discussion, même si elles sont présentes par les messages eux-mêmes. On peut alors considérer que la fonction référentielle de Jakobson peut s’assimiler aux thèmes développés dans les sujets de discussion et donc être prise en compte dans l’analyse des fils isotopiques et de la répartition thématique. Restent alors trois fonctions majeures, la fonction phatique, la fonction conative et la fonction expressive.
23Par des analyses manuelles des messages sous l’angle de ces trois fonctions, trois catégories de marqueurs ont posé problème de par leur insertion possible à différentes fonctions, que seule une analyse fine et une interprétation des messages pouvaient résoudre. Cet obstacle à l’analyse semi-automatisée a induit la nécessité d’identifier et d’isoler ces cas particuliers et ainsi de créer de nouvelles catégories à part entière, que nous décrivons ci-dessous.
Les références aux participants
24Les pseudos, prénoms, noms de famille, noms d’équipe ou encore noms de pays des différentes équipes peuvent être identifiés comme des marqueurs de la fonction conative, car ils sont utilisés afin d’impliquer l’autre dans l’échange, de solliciter une interaction de sa part (« XXX, te dejo aquí un link… »). Dans certains cas cependant, on peut également y voir une fonction phatique, dans le but de favoriser le suivi d’une séquence dialogique entre deux ou plusieurs interlocuteurs (« XXX, molto bella la canzone che hai messo. »). Mais encore une fois, seule une analyse qualitative fine peut permettre une distinction de ce type, au risque même parfois d’interprétations possiblement erronées ou du moins non vérifiables. Le contexte du message, c’est-à-dire autant les messages précédents et suivants que le contenu du message lui-même est cependant dans bien des cas un moyen fiable et clair qui classe les termes dans l’une ou l’autre des fonctions, informations cependant indisponibles par les outils de l’analyse semi-automatisée. Une nouvelle catégorie « références aux participants » est alors créée, représentative d’une interactivité dans le message, tantôt conative, tantôt phatique.
Les connecteurs
25Les connecteurs sont nombreux et peuvent être rattachés à différentes fonctions de par leur nature propre mais également par rapport à leur place dans le message. Ils peuvent à la fois être utilisés à un niveau intermessages en tant que marqueurs discursifs afin d’assurer la cohérence, de poursuivre un thème ou encore d’argumenter une opinion en relation, mais possèdent également des fonctions à l’intérieur des messages du même type. Ainsi, les mêmes connecteurs se situent à différents niveaux dans le dialogue sans pour autant perdre leurs fonctions premières (pragmatique, métadiscursive, etc.) Il ne nous semble donc pas pertinent de les répartir dans des catégories fonctionnelles, mais plus judicieux de créer une catégorie spécifique aux connecteurs, incluant ceux-ci dans les différentes langues romanes du forum (catalan, espagnol, français, italien, portugais). Cette catégorie « connecteurs » serait alors constituée sur la base de connecteurs français, traduits dans les différentes langues, et complétée par l’analyse des messages en cas de besoin ou d’identification de spécificités liées aux forums.
Les émoticônes et la ponctuation
26Les signes de ponctuation et les smileys sont particuliers du fait de leur possible appartenance à la fois aux fonctions, phatique, expressive et conative. Il est alors difficile (voire impossible) d’identifier de manière automatique leur appartenance à l’une ou à l’autre des fonctions. Une catégorie « émoticônes et ponctuation » est ainsi créée, regroupant ces différentes occurrences, comme des marqueurs d’interactivité spécifiques, propres à la particularité du médium, au fait que nous soyons dans une interaction particulière, un forum de discussion. C’est en réalisant une analyse manuelle message par message que nous avons pu dresser une liste des différents marqueurs d’interactivité présents dans ce sujet de discussion, liste qui devra être complétée pour obtenir un caractère plus exhaustif en langues romanes. Cependant, il faut garder à l’esprit que dans les forums, et d’autant plus dans les forums plurilingues, ce repérage ne pourra qu’être partiel, du fait des variations importantes d’une langue à l’autre, des erreurs de frappe, des abréviations propres à chaque locuteur et de la créativité sans cesse renouvelée dans les échanges, pour ne citer que ces composantes majeures.
Systématisation des marqueurs d’interactivité intercompréhensive
Création de catégories (pluri)fonctionnelles
27Nous avons identifié de manière qualitative les différents marqueurs d’interactivité liés aux différentes fonctions en jeu dans les forums, c’est-à-dire principalement les fonctions expressive, conative et phatique. Afin de pouvoir automatiser cette recherche des marqueurs dans d’autres forums et pouvoir ainsi procéder à des comparaisons, la plateforme Calico dans laquelle sont analysés des forums plurilingues nous a semblé la plus adaptée à notre recherche dans laquelle sont analysés des forums plurilingues.
28La démarche suivie afin de pouvoir automatiser l’analyse du degré d’interactivité a consisté en la création de ce qui est nommé « thèmes » dans Calico, pour chaque fonction, reprenant ainsi tous les marqueurs identifiés. Ces « thèmes » correspondent en fait aux catégories définies précédemment. Nous conserverons le terme de « catégories », afin de garder une cohérence et de limiter les confusions. Concrètement, il s’agit d’insérer dans un cadre préconçu des mots ou des symboles permettant le repérage automatique d’occurrences de ce qui est entré dans la catégorie. Ainsi, lorsque l’on souhaite que Calico identifie et colorise « hola », il suffit d’entrer « hola » dans le cadre. Seulement, de nombreux obstacles peuvent se présenter dans le cas de notre recherche dans un forum. On peut notamment citer la présence ou non de majuscule au début de l’expression (hola versus Hola), les erreurs de frappe (hola versus hla par exemple, ou les inversions de lettres) ou encore l’insertion du terme dans une expression plus complète (hola a todos). Dans le cas des marqueurs tels que les rires ou les émoticônes, la manière dont ils sont écrits dans les messages varie selon les personnes, les langues, l’intensité du message. Un rire, par exemple, peut se rencontrer sous la forme « hahaha », « ha ha ha », « jajaja », « ja ja » et toute autre forme qu’il plairait au locuteur de lui donner. D’où une complexité accrue au moment d’inclure ces marqueurs dans la thématique dans un souci de repérer un maximum d’occurrences de ces marqueurs, quel que soit le contexte. Il faut alors recourir à des codes, dont nous indiquons ici un exemple :
~(ha|ah)(?:h|a)+~i
Dans ce code, il est demandé à Calico d’identifier toutes les occurrences de suites de lettres tel que l’enchaînement de caractères ainsi créé contienne au début une occurrence de « ha » ou « ah », suivie d’au moins un « h » ou un « a », ceci répété sans limitation du nombre d’occurrences. Le « i » permet d’inclure comme indifférent la majuscule.
29Dans le cadre de cette présentation, nous avons construit les catégories à partir du forum étudié, en introduisant les marqueurs identifiés précédemment. Ce choix nous a semblé judicieux pour la création des catégories et une première analyse exploratoire de l’interactivité qui pourra être complétée ultérieurement. Cette opération pourra se faire indifféremment par l’analyse d’autres forums ou par l’implémentation personnelle de marqueurs. Il ne faut pas oublier que l’objectif est ici de proposer un modèle pouvant s’adapter à une analyse semi-automatisée et les limites technologiques rencontrées par l’utilisation de la plateforme Calico mettant à disposition des outils d’analyse prédéterminés affectent alors les choix méthodologiques. En effet, les cadres des catégories sont limités (cela contraint le nombre de marqueurs pouvant être insérés dans les catégories) et l’outil de « colorisation » ne peut mettre en corrélation que six catégories (limitation intrinsèque à l’outil), qui ne peuvent pas contenir des marqueurs identiques car ils seraient alors identifiés dans une catégorie particulière et non dans plusieurs.
30D’où les catégories suivantes, telles qu’elles sont introduites sur Calico :
- Catégorie conative (limitée aux marqueurs de sollicitations, en vert dans la figure 4 : has de, us, merci%i, os, te, vos, muchas gracias, grazie, vale a pena conferir, tua lingua, vous.
- Catégorie expressive (limitée aux marqueurs d’opinions personnelles, en rose dans la figure 4) : a mi, m%i, em, personalment%i, sincerament%i, crec%i, d’acord, veritat, jo%i, ens%i, me%i, personalmente%i, yo%i, muchas%i gracias, sin duda, creo%i, io%i, vorrei sapere, j%i, je, exatamente%i.
- Catégorie phatique (limitée aux rituels des échanges, en rose foncé dans la figure 4) : hola%i a tots, …, huum%i, hmmmm%i, hola%i, gracias%di, ciao%i, merci%i.
- Catégorie « références aux participants » (en saumon dans la figure 4) : Il s’agit de tous les pseudos des participants (avec et sans majuscule), des noms des équipes, des lieux éventuellement cités, etc.
- Catégorie « connecteurs » (en violet dans la figure 4) : Il s’agit d’une liste de connecteurs usuels en français, italien, catalan, espagnol et portugais. Les termes pouvant avoir un sens erroné dans une des langues ont été enlevés de la liste, par exemple mais qui est bien un connecteur en français, mais pas en portugais.
- Catégorie « émoticônes et ponctuation » (en jaune dans la figure 4): ~!+~,:),;), ~(ha|ah)(?:h|a)+~i, ~[?]+~,:-),:(,^^,;), ~(ja|aj)(?:j|a)+~i
31Ces catégories situées sont alors sélectionnées et mises en évidence dans le sujet de discussion de l’analyse. Calico permet de coloriser chaque mot, expression ou symbole des catégories, en assignant une couleur à chaque catégorie sélectionnée et donne ainsi accès à une visualisation complète de l’interactivité des messages.

Figure 2 – Capture d’écran de la colorisation des thématiques sélectionnées par Colagora
32Cette procédure permet d’identifier de manière systématique, automatisée et visuelle les différentes catégories en présence dans les différents messages des forums. Cette automatisation permet alors de contempler les fils de discussion, mais aussi de les restreindre à certains sujets ou groupes de sujets afin de mettre en évidence de possibles particularités de l’interactivité. Il est ainsi possible de quantifier les différents marqueurs d’interactivité dans le cas où la thématique serait le plus exhaustif possible. Dans le contexte particulier des forums de Galanet, mais aussi des forums plurilingues en général, cela restera obligatoirement incomplet, mais il nous semble toutefois que la tendance générale en termes de degré d’interactivité ainsi dégagée serait respectée.
Création de catégories linguistiques (alternance de langues)
33La colorisation des messages de forums en fonction de la présence d’une ou plusieurs langues n’est pas réalisable en même temps que celle des catégories au moment de l’analyse, du fait des contraintes des outils de Calico. Cette analyse sera donc menée en parallèle puis confrontée aux autres analyses.
34Afin de déterminer quelles langues sont présentes, il faut déterminer des termes propres à chacune des langues, ce qui permettra de les identifier à l’intérieur des messages. Une liste non exhaustive a alors permis de créer des catégories de langues qui sont ensuite utilisées sur Calico avec l’outil Colagora et les messages sont alors colorisés en fonction des langues qui les composent. La figure 3 illustre cette action.

Figure 3 – Colorisation de la langue des messages (en vert l’italien et en rose le français)
Résultats et discussion
35Nous nous situons clairement dans l’analyse de l’interactivité intercompréhensive des messages de forums dans le but de faciliter et compléter les analyses possibles de la part des enseignants qui souhaitent pouvoir évaluer la participation de leurs élèves à une session de formation plurilingue collaborative en ligne, ici sur la plateforme Galanet. Cette évaluation se base d’une part sur le nombre de connexions et de messages des élèves et d’autre part sur la qualité interactive et intercompréhensive de leurs échanges. Afin d’illustrer de quelle manière un enseignant pourra apprécier l’(inter) activité de ses élèves, nous présenterons les résultats sur un message unique de l’auteure nommée ici SujetEx, choisi parce qu’il permet de mettre en évidence les analyses. Ce choix est critiquable car il est subjectif, mais l’objectif est de permettre une illustration représentative du point de vue méthodologique.
Nombre de connexions et de messages
36Afin de prendre en compte la globalité de l’interaction, il est indispensable de relever le nombre de connexions de chaque participant ainsi que le nombre de messages déposés. Pour ce faire, la plateforme Galanet possède déjà ses propres outils qui permettent de quantifier le nombre de connexions de chaque participant, le nombre de messages déposés dans l’ensemble des forums de la session, mais également pour chaque phase du scénario ou chaque sujet de discussion, ainsi que les dates de ces messages. L’utilisation d’outils d’analyse adaptés et semi-automatisés de ces mêmes données sur Calico permet une amélioration de l’analyse par gain de temps ce qui permet de sélectionner des sujets de discussions ou des auteurs/groupes d’auteurs.
37SujetEx s’est connectée 30 fois sur Galanet et a déposé 17 messages pour l’ensemble de la session. Le nombre total de caractères de ces messages est d’ailleurs de 9 398, ce qui la place dans la catégorie des participants efficaces dans la mesure où les connexions ne sont pas excessives mais régulières, le nombre de messages relatifs est important et leur taille conséquente.
Degré d’interactivité
38À partir des catégories fonctionnelles prédéfinies sur Calico, les messages de SujetEx peuvent alors être colorisés et l’enseignant obtient des messages comme celui que présente la figure 4.

Figure 4 – Colorisation des catégories présentes dans le message de SujetEx (rose foncé : catégorie phatique ; violet : catégorie connecteurs ; rose : catégorie expressive ; vert : catégorie conative ; jaune : catégorie émoticônes et ponctuation)
39Une vue générale de l’ensemble des messages de SujetEx (à l’aide de l’outil Bobinette) montre que les messages contiennent globalement entre 2 et 5 catégories représentées. Tous les messages comportent des marqueurs de connecteurs et de fonction expressive, et seulement 3 ne comportent pas d’émoticônes ou de ponctuation marquée. Ce qui montre que SujetEx donne son opinion et argumente ses propos, qu’elle tente de faire parvenir aux autres participants par des stratégies diverses (émoticônes et ponctuation, référence aux participants : 3 occurrences ; fonction phatique : 4 occurrences ; fonction conative : 5 occurrences).
Degré d’interactivité intercompréhensive
40Dans un premier temps, il est intéressant d’observer le comportement en termes de choix de langues pour SujetEx dans l’ensemble de ses messages et d’essayer d’identifier ce qui aurait pu influencer ces choix. Globalement, sur ses 17 messages déposés sur le forum, 11 sont monolingues, dont 5 en espagnol, 5 en italien et 1 en français. Les autres sont bilingues dont 4 en espagnol et italien et 2 en français et espagnol. Globalement, le choix de la langue utilisée dans les messages semble lié aux langues des messages utilisées dans les sujets de discussion et précédant les messages de SujetEx. En effet, il semble que cette dernière s’exprime dans une langue la plus proche de celle déjà utilisée et qu’elle maîtrise. Par exemple, quand le fil de discussion est en français, elle choisit cette langue, quand les échanges se font en catalan, en espagnol et/ou en portugais, c’est l’espagnol qu’elle choisira. L’italien semble être utilisé lorsque les messages qui précèdent sont dans cette langue.
41À partir des catégories créées dans Calico pour identifier les langues, les messages analysés en fonction de leur degré d’interactivité peuvent être comparés avec la vision de l’alternance de langues. Ainsi, nous pouvons conclure que les messages de SujetEx ont globalement un degré d’interactivité intercompréhensive car ils sont denses, contiennent de nombreux marqueurs d’interactivité et sont écrits dans plusieurs langues en s’adaptant au contexte du sujet de discussion.
42Ces analyses menées sur les messages de SujetEx ont pu être réalisées dans un cadre plus large (Déprez, 2014) et se sont avérées pertinentes pour l’identification de différentes catégories d’interactivité (basse, intermédiaire basse, intermédiaire haute et élevée). Par l’appréciation de la qualité des échanges des apprenants, il est alors possible de procéder à l’évaluation de leur comportement interactif global.
Conclusion
43Face à des contraintes d’évaluation nécessaires dans le cadre didactique, les enseignants ont élaboré de nombreux cadres évaluatifs, adaptés à leurs méthodes et objectifs, évoluant au cours des différentes orientations didactiques et des outils à leur disposition. Face au nouveau défi de l’enseignement à distance et des plateformes virtuelles favorisant les interactions plurielles, l’objectif est de construire de nouveaux dispositifs d’évaluation. Cet article aura permis d’exposer une démarche et/ou une réflexion sur l’utilisation d’outils semi-automatisés pour l’analyse des forums plurilingues, dans une optique pédagogique. L’élaboration du dispositif évaluatif à l’aide d’un outil de traitement de corpus n’est pas complète et des analyses complémentaires devront être menées, au sein de ce même forum aussi bien que sur des corpus plus larges, afin d’aboutir à une proposition adaptée et pertinente face aux attentes des enseignants. Cette systématisation naissante pourra alors progresser au gré des besoins des enseignants et des chercheurs en fonction de leurs objectifs didactiques.
Notes de bas de page
30 Voir <http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/63/14/98/PDF/ENGLER_Patrick_M2R.pdf>.
31 Voir <www.galanet.eu> ou <http://deste.umons.ac.be/galanet>.
32 Voir <www.aula-ee.com>.
33 La plateforme Calico (Communautés d’apprentissage en ligne, instrumentation, collaboration) a pour objectif de favoriser une meilleure compréhension de fonctionnement de l’apprentissage collaboratif à distance par l’utilisation d’outils d’analyse permettant l’étude de l’activité dans les forums de discussion (<http://calico.semiotime.fr/calico/index.php>).
Auteur
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Sandrine Déprez
Sandrine Déprez (deprez.sandrine@gmail.com) est titulaire d’un doctorat en sciences du langage spécialité didactique et linguistique de l’université Grenoble Alpes et de UAB (Universitat Autónoma de Barcelona). Elle a enseigné le FLE à l’Aula Escola Europea de Barcelone ainsi que la didactique du FLE et du plurilinguisme notamment à l’université autonome de Barcelone de 2008 à 2014. Elle est actuellement professeur des écoles sur des postes spécifiques pour les élèves allophones (UPE2A) et membre du laboratoire LIDILEM.
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