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    Plan détaillé Texte intégral Propos liminaire : le contexte de l’étude et quelques considérations méthodologiques Deux préalables à la mobilité territoriale des filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère identifiés par les acteurs associatifs : une connaissance de la langue française et de ses droits en tant que femme Où sont les femmes ? Où sont les hommes ? Pour une mobilité comme « insertion sociale » ? Une mobilité territoriale pour une insertion professionnelle ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Mobilités : toutes et tous égaux ?

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Actions associatives, femmes et quartiers populaires

    Sabrina Sinigaglia-Amadio

    p. 67-85

    Texte intégral Propos liminaire : le contexte de l’étude et quelques considérations méthodologiques Deux préalables à la mobilité territoriale des filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère identifiés par les acteurs associatifs : une connaissance de la langue française et de ses droits en tant que femme Où sont les femmes ? Où sont les hommes ? Pour une mobilité comme « insertion sociale » ? Une mobilité territoriale pour une insertion professionnelle ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « Le genre est le système de division hiérarchique de l’humanité en deux moitiés inégales. »
    C. Delphy, Penser le genre. L’ennemi principal, t. 2, Paris, Éditions Syllepse, coll. « Nouvelles Questions Féministes », 2001, p. 247.

    Image

    Crédits photographiques : iStock/Sami Sert.

    1Depuis plusieurs décennies, les travailleuses et travailleurs associatifs, du fait de leur implication dans les dispositifs de la politique de la ville, contribuent largement à la « construction des problèmes publics1 » dans les quartiers populaires dits sensibles2. Leur connaissance et leur expérience des problématiques liées à ces quartiers les conduisent à revendiquer une forme d’expertise du territoire3 qui peut se déployer de trois manières. Les acteurs associatifs interviennent parfois tout au long de la chaîne de production de l’action publique : de la phase de diagnostic sur le territoire, participant alors à l’opération de cadrage du problème4, à celle de la mise en œuvre du programme en passant par la conception des instruments de l’action5. Dans d’autres situations, les acteurs associatifs s’apparentent davantage à des prestataires de services, répondant en tant que « professionnels repérés6 » à une demande institutionnelle (de l’État ou d’une collectivité territoriale) : ils ne participent pas au diagnostic mais sont sollicités pour élaborer les instruments permettant de répondre au problème tel qu’il a été préalablement défini. Enfin, la mise en œuvre d’une action dans un quartier résulte parfois simplement de la transposition d’un dispositif établi ailleurs : dans cette situation, l’action ne résulte ni d’un diagnostic situé, produit expressément pour ce territoire, ni d’une demande institutionnelle, mais renvoie par exemple à une logique de développement de la structure associative (création d’une antenne locale, reproduction d’une initiative ayant fonctionné dans un autre quartier, etc.)7.

    2Les structures associatives se sont notamment engagées dans la lutte contre les discriminations8. Parmi les publics cibles de leurs actions se trouvent les filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère9, visibles médiatiquement depuis le travail de politisation opéré par l’association Ni putes ni soumises10. D’autres associations, créées parfois par les femmes « des quartiers » elles-mêmes11, se sont emparées de la question. L’objectif de ce chapitre est de comprendre comment des travailleuses et travailleurs associatifs ont contribué au sein de l’agglomération messine à la construction du problème de mixité sexuée et de mobilité territoriale des femmes et filles immigrées ou d’origine étrangère, notamment dans des quartiers populaires dits sensibles. Nous verrons comment ce processus de nomination12 et de catégorisation des situations s’est traduit au quotidien dans des actions visant la gestion des difficultés ainsi identifiées. Plus précisément, lorsque des travailleuses et travailleurs associatifs mettent en œuvre des actions visant différentes formes d’appropriation du territoire par les habitants, nous verrons qu’ils le font au prisme des rapports de genre. En effet, que l’action porte sur les moyens de la mobilité (économiques, matériels et symboliques) ou sur ses fins (intégration sociale, insertion professionnelle), ses modalités ou ses enjeux peuvent varier en fonction du sexe des participant.e.s. Les arguments justifiant ces choix reposent parfois sur des processus très généraux (les inégalités entre hommes et femmes sur le marché du travail par exemple), parfois sur des caractéristiques des milieux populaires et/ou des familles étrangères (précarité économique, barrière de la langue, dimension culturelle ou religieuse des rapports sociaux de sexe, etc.) ou encore sur diverses particularités locales (liées à l’histoire du quartier). Et le plus souvent, ces différents éléments se trouvent mêlés et s’articulent dans des problématiques complexes. C’est le cas lorsque des travailleurs associatifs développent des actions pour permettre à des femmes d’origine étrangère d’accéder à divers espaces sociaux publics ou professionnels. Les activités élaborées se font dès lors en contexte de mixité ou de non-mixité, selon les cas. Les actions non mixtes sont plutôt rares, la préoccupation des acteurs associatifs étant de ne pas reproduire la ségrégation des sexes dans des espaces et des temps distincts, de ne pas surcatégoriser les publics pour éviter une stigmatisation et enfin, pour ne pas lire les difficultés des femmes (et des hommes) immigrées ou d’origine étrangère des quartiers populaires au seul prisme du genre mais en croisant les variables explicatives (rapports sociaux de sexe, niveaux de revenus, ressources sociales, appartenances ethniques). Si, dans une certaine mesure, l’action des travailleuses et travailleurs associatifs vise la déconstruction des logiques d’assignation des sexes à des places et à des rôles distincts qui contribuent à entretenir les cloisonnements sociaux sexués, elle s’appuie paradoxalement sur certains stéréotypes et sur cette même division sexuée des attentes sociales pour proposer des actions « ciblées », considérant par exemple que la question des femmes est une priorité au motif qu’elles occupent une place prépondérante – qui leur est conférée ou qu’elles se confèrent – dans la famille, au cœur de la transmission éducative. Leur analyse n’est cependant pas propre aux femmes immigrées ou d’origine étrangère puisque les statistiques récentes signalent que, d’une manière plus générale, l’essentiel du travail domestique et parental incombe toujours aux femmes en France13. Cela souligne ici non seulement l’ambiguïté historique du positionnement social et politique du travail social et des travailleurs associatifs – pris entre des ambitions d’émancipation des populations des normes et attentes sociales d’une part, et des logiques de gestion et de contrôle social d’autre part14 –, mais également les difficultés persistantes touchant l’ensemble du mouvement militant pour l’égalité des sexes (faire avec et contre les pratiques sociales15) et pour « penser le genre » au sein de leurs propres organisations16.

    3Après avoir exposé le contexte de l’étude, l’argumentation sera structurée en trois temps : le premier évoque les « préalables » à la mobilité des femmes tels qu’ils sont repérés et dénommés par les travailleuses et travailleurs associatifs rencontré.e.s ; le deuxième interroge la mobilité comme « insertion sociale » et enfin, comme insertion professionnelle dans le troisième temps.

    Propos liminaire : le contexte de l’étude et quelques considérations méthodologiques

    4La recherche-action17, commanditée par le FASILD18, visait à comprendre les représentations et pratiques des acteurs et actrices concerné.e.s par le phénomène discriminatoire19 (producteurs, victimes potentielles, professionnels de terrain, décideurs, institutions publiques, structures associatives, etc.) au regard de l’emploi, la santé, l’éducation, la culture et les loisirs. Par ailleurs, plusieurs travaux ayant mis en avant les croisements entre discriminations (de classe, de race et de sexe)20, nous avons interrogé la pertinence d’une distinction de genre en termes de lutte contre les discriminations dites ethniques. Cet aspect du diagnostic prend appui sur une enquête réalisée à partir d’une dizaine d’entretiens semi-directifs réalisés entre mars et septembre 2005 auprès de responsables de huit structures associatives d’action sociale œuvrant sur le territoire de l’agglomération messine, en Lorraine21.

    5L’enquête a ainsi repéré cinq grandes « priorités » sur lesquelles les travailleurs associatifs disent construire des actions (spécifiquement ou non) en direction des femmes : une lutte contre le racisme, l’analphabétisme et l’illettrisme, pour une mobilité territoriale plus étendue, un soutien à l’insertion professionnelle et une meilleure connaissance des droits des femmes.

    6Quantifier exactement le nombre d’actions mises en œuvre par les structures en direction des femmes et filles immigrées ou d’origine étrangère est difficile. En effet, la constitution du public des associations ne leur appartient pas complètement dans la mesure où il correspond en partie à la composition sociodémographique du quartier dans lequel elles sont implantées. Par ailleurs, nous verrons que des actions à dominante féminine, comme les formations linguistiques, ne le sont pas nécessairement par choix initial mais par effet de territoire ou de rapports de genre. D’un point de vue qualitatif, il s’agit principalement d’actions collectives. Plusieurs principes de mixité sont défendus par les interviewé.e.s : un travail intersexué qui éviterait de renforcer les effets de ségrégation sexuée repérés et souhaités par certains « réseaux parallèles22 » ; un travail interculturel qui permettrait de développer une culture de quartier plutôt qu’une identité de communauté religieuse et culturelle ; et un travail interquartier qui permettrait d’une part, de favoriser la mobilité territoriale des habitants et habitantes, et qui d’autre part, donnerait une autre image du quartier, tout particulièrement concernant les quartiers populaires étiquetés sensibles par la politique de la ville. Les interviewé.e.s semblent ici chercher à limiter un recentrement territorial et le processus associé de réduction identitaire23.

    7Les filles et femmes qui participent aux actions mises en place par les associations participant à l’enquête sont principalement d’origine maghrébine, turque et asiatique, pour reprendre les catégories mentionnées par les interviewé.e.s. Celles des migrations plus anciennes sur le territoire lorrain, Espagnoles, Italiennes, Polonaises et Portugaises, pour les principales, n’apparaissent plus dans les publics cibles des structures associatives revendiquant une action de lutte contre les discriminations. Les associations culturelles des anciennes immigrations ne se positionnent plus sur ce créneau, estimant ne plus être concernées par la problématique (selon le processus bien documenté des « vagues de xénophobie » successives)24, mais ayant d’autres préoccupations relevant soit de l’action sociale généraliste (soutien à la parentalité, soutien scolaire, « régler des problèmes d’emploi », etc.) soit de l’animation culturelle traditionnelle voire folkloriste (« faire revivre la culture d’origine »). Ajoutons par ailleurs que des Français.e.s non immigré.e.s ou sans origine étrangère participent à certaines actions de formation linguistique ou d’aide à l’accès à l’emploi, les difficultés socioéconomiques et culturelles étant le premier critère pour rejoindre ces groupes.

    8La construction de l’action des associatifs rencontrés repose sur une double orientation : des activités préparatoires, à savoir des mesures à destination des filles et femmes leur permettant d’affiner ou de développer leur connaissance de la langue française et de leurs droits en tant que femmes, qui devraient – toujours dans la perspective socialisatrice adoptée par les acteurs associatifs – leur permettre ensuite de développer un ensemble d’actions jugées prioritaires en termes de mobilité sociale et professionnelle.

    Deux préalables à la mobilité territoriale des filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère identifiés par les acteurs associatifs : une connaissance de la langue française et de ses droits en tant que femme

    9La première dimension diagnostiquée comme étant déterminante par les acteurs associatifs de l’étude pour favoriser l’insertion sociale et professionnelle et la mobilité territoriale des femmes dans le quartier et dans la ville est l’apprentissage de la langue française. Les cours pour faire reculer l’analphabétisme et l’illettrisme mis en place par les associations de proximité poursuivent trois objectifs : une mise à niveau, une lutte contre l’exclusion sociale qui résulte pour partie d’une méconnaissance de la langue de la part de personnes ayant vécu un parcours migratoire ou non, un soutien à l’insertion et à la mobilité. Ces actions sont pensées « en mixité » puisque les femmes ne sont pas les seules concernées, mais la participation est majoritairement féminine (5 % à 10 % d’hommes participent, selon les niveaux et les structures), multiethnique, plutôt primoarrivante compte tenu des orientations des financeurs, avec des niveaux différents allant du cours d’alphabétisation au Français langue étrangère/FLE en passant par les cours contre l’illettrisme.

    10Cette participation majoritaire des femmes résulte en partie des choix opérés par les associations, qui souhaitent être attentives aux modalités d’organisation de ces cours de français. Tout d’abord, les cours sont principalement donnés par des formatrices – ici, Françaises sans origines étrangères visibles, âgées d’une quarantaine d’années. Ce contexte d’apprentissage vise à favoriser la participation de femmes qui seraient contraintes de limiter leurs contacts avec des hommes hors d’un cercle essentiellement restreint à la famille. Si cela peut avoir pour effet de restreindre la participation des hommes qui seraient gênés de devoir reconnaître leurs faiblesses (langagières) et de se trouver dans la position de l’élève face à une femme pour des raisons culturelles ou sociales résultant de leur socialisation25, les choix des associations se sont portés en direction d’une priorisation de l’accès des femmes, notamment de celles qui seraient les plus éloignées des dispositifs ordinaires. Ensuite, les cours sont dispensés dans le quartier. Ce choix n’incite pas dans un premier temps à la mobilité territoriale – qui est a priori l’objectif à long terme de l’action –, mais la proximité ou la « familiarité » des espaces et de l’équipe26 peut favoriser une participation forte et régulière ou du moins limiter les contraintes en termes de mobilité – même si l’on sait par ailleurs que cet état de fait ne suffit pas à la participation, certain.e.s habitant.e.s pouvant entretenir un rapport distancié aux institutions locales27 –, et donc l’apprentissage et la transmission des connaissances qui permettront l’accès à la mobilité dans un second temps. Enfin, les cours sont programmés en journée : ce troisième élément rend possible une articulation des temps sociaux des femmes, notamment celles qui sont mères et épouses28, et cela limite les évitements liés à une programmation nocturne (après 18 h) ; ce choix des structures associatives, censé faciliter la participation féminine en proposant des horaires garantissant la conservation d’une « bonne réputation29 », reproduit cependant la distribution sexuée du temps et de l’espace du quartier : un monde diurne au féminin et un monde nocturne au masculin30.

    11La deuxième dimension préalable à la mobilité, identifiée et traduite en actions par les interviewé.e.s, est la diffusion des connaissances en matière de droit(s) des femmes : droit familial, droit à disposer de son corps, droit à l’éducation, au travail, à la mobilité, etc. Il s’agit ici de favoriser la construction de la citoyenne française contre les définitions réductrices de l’identité des femmes, présentes dans des référentiels religieux ou politiques visant à ne considérer que leurs dimensions maternelles et conjugales. Ces actions sont plutôt pensées en « non-mixité », informant prioritairement les femmes de leurs droits – signalant acteurs et structures en capacité de les aider à faire appliquer ces droits : du niveau local à la législation nationale et européenne – et éventuellement, à l’occasion d’autres actions, faisant « passer le message aux hommes », pour reprendre la formule de la responsable des « actions femmes » d’une association turque. Celle-ci citait à titre d’exemple les conférences sur la sexualité, le droit à la contraception et à l’avortement, le viol ou encore les violences conjugales, etc., qui étaient destinées exclusivement au groupe des femmes pour « libérer leur parole ». De nombreuses productions scientifiques et militantes (associatives, politiques ou syndicales) ont pu souligner les bénéfices de ces temps non mixtes pour permettre aux femmes une prise de parole plus libre, voire une prise de parole, tout court31, dans les espaces publics ; à titre d’exemples, on pourra lire les argumentaires du Mouvement de libération des femmes32 ou certaines analyses féministes du plus récent mouvement Nuit debout33.

    12Ces deux dimensions font partie de la logique de socialisation plus largement construite par les associations rencontrées à destination des filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère des quartiers de l’agglomération, notamment des espaces populaires les plus ethnicisés, mais elles répondent également aux attentes institutionnelles en matière d’« intégration républicaine34 ».

    Où sont les femmes ? Où sont les hommes ? Pour une mobilité comme « insertion sociale » ?

    13Une partie du travail des structures associatives rencontrées vise à étendre la mobilité des femmes. Cet objectif répond aux constats d’une appropriation différenciée de l’espace et du temps du quartier et de la ville selon le sexe des personnes35. Les filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère évoluent prioritairement dans trois espaces : l’espace domestique, l’école comme lieu d’apprentissage ou comme lieu où on va chercher ses enfants, ou encore le marché (ou le supermarché). La présence des femmes dans la sphère domestique renvoie, pour partie, à des traditions culturelles, même si, comme le note Roselyne de Villanova36, la sexuation des espaces dans les quartiers n’est pas exactement celle qui prévaut dans les pays d’origine37.

    14Si pour les femmes, mères/épouses, la mobilité se limite au périmètre du quartier, celle des adolescentes, expliquent nos interviewé.e.s, s’étend au centre-ville (relié par les transports en commun). Les filles, hors de la sphère domestique (espace privé), sortent du quartier pour se retrouver entre elles, alors que les garçons « tiennent les murs » et restent dans le quartier, hors de la sphère domestique mais dans un périmètre proche (en bas de l’immeuble, dans la cage d’escalier, etc.). Les filles sont donc plutôt absentes de l’espace public du quartier38 alors que les garçons, eux, sont très visibles39 et s’approprient les espaces de la ville, notamment les espaces de loisirs (skate-park, city stades et autres espaces de répétitions musicales), mis à disposition par les pouvoirs publics pour « canaliser la violence des garçons dans des espaces d’expression40 ». La figure archétypale « jeunes-de-banlieue » est en partie construite par ce rapport au territoire entretenu par les garçons. L’occupation de l’espace public constituant l’une des dimensions fortes de la construction des masculinités de ces jeunes41. Les travailleurs associatifs sont alors, vis-à-vis des garçons, dans une double approche : les faire rentrer dans l’appartement pour s’investir dans la vie familiale et dans le travail scolaire d’une part, et les faire sortir du quartier vers d’autres espaces socioéconomiques (en centre-ville, par exemple) pour diversifier leurs espaces et pratiques de socialisation et leur sociabilité d’autre part42. En direction des filles, ils montent principalement des projets qui tendent à les faire exister publiquement dans l’espace du quartier (théâtre, danse lors de la fête du quartier). Le rapport au territoire parfois conflictuel entretenu entre les garçons et le quartier renvoie à ce que notaient déjà Jean-Claude Chamboredon et Madeleine Lemaire au début des années 1970 : « l’attitude à l’égard du grand ensemble est fonction des chances que l’on a de le quitter, donc du degré de liberté par rapport aux contraintes qui définissent les conditions de logement43 ». Autrement dit, on constate aujourd’hui encore que celles et ceux qui affichent le plus de sérénité et d’investissement dans ces quartiers sont celles et ceux qui sont davantage susceptibles de les quitter un jour. Celles et ceux pour qui cet espace est un passé, un présent et un avenir ont un rapport plus conflictuel au territoire. Or, se sentir pris au piège contribue à l’émergence d’une identité commune de quartier ou de cité, dans la mesure où

    […] le quartier stigmatisé dégrade symboliquement ceux qui l’habitent et qui, en retour, le dégradent symboliquement, puisque, étant privés de tous les atouts nécessaires pour participer aux différents jeux sociaux, ils n’ont en partage que leur commune excommunication. Le rassemblement en un lieu d’une population homogène dans la dépossession a aussi pour effet de redoubler la dépossession44.

    15Cet incessant processus renvoie directement au travail sur l’image, jugé nécessaire, voire prioritaire, par les acteurs associatifs, et qui est mené en parallèle à l’action sur et avec les publics45.

    16L’appropriation différenciée du quartier et de la ville par les filles/femmes et les garçons/hommes s’articule à l’homolalie46 des rapports sociaux (en sexe et en âge)47. Les deux sexes connaissent une mobilité territoriale limitée, mais les raisons en sont différentes. Les garçons ont une mobilité territoriale essentiellement contrainte par la précarité socioéconomique (sorties socioculturelles limitées par l’absence de permis de conduire et/ou d’un véhicule, par la pauvreté) et à une discrimination prenant appui sur la mauvaise image archétypale du « jeune-de-banlieue » à casquette/survet’/basket (nouveau « blouson noir »). Les filles, confrontées aux mêmes contraintes socioéconomiques et culturelles (tchador et burka étant les attributs archétypaux des filles immigrées), subissent en plus le contrôle de leur corps par les garçons48. Ainsi, les travailleurs associatifs entendent mener deux types d’actions conjointement : d’une part un traitement égalitaire fille/garçon concernant l’exclusion socioéconomique (par des actions visant, par exemple, l’insertion professionnelle, voir ci-dessous) et d’autre part un travail de revalorisation de l’image des populations immigrées ou d’origine étrangère vivant en quartiers dits sensibles et un travail spécifique visant l’émancipation des femmes et filles de la domination masculine, notamment sur le rapport au corps. Les sorties à la piscine, les activités de danse ou de théâtre dans le cadre de la fête du quartier ou les témoignages de professionnelles diverses à l’occasion d’ateliers de réflexion pour les femmes (sur des thèmes variés : contraception, sexualité, violences conjugales ou orientation et métiers, autonomie…) contribuent à la mise en avant du corps des femmes dans une diversité d’espaces et de temps sociaux. Un certain nombre d’actions visent par ailleurs à favoriser l’autonomie des femmes : faciliter l’utilisation des transports en commun (« savoir se repérer dans le réseau TCRM49 »), favoriser le passage du permis de conduire (avec un travail, à l’occasion de cours de Français, sur le vocabulaire spécialisé de l’épreuve de code), voire donner l’occasion d’un élargissement du territoire « appropriable » en proposant une visite culturelle hors du quartier voire hors de la ville. On constate donc ici que les acteurs associatifs mobilisent un arsenal d’actions en réponse au travail de diagnostic qu’ils ont préalablement construit à partir d’un ensemble de routines professionnelles50 et d’assemblage des cadrages médiatiques et politiques.

    Une mobilité territoriale pour une insertion professionnelle ?

    17S’appuyant sur les statistiques nationales et locales, les travailleuses et travailleurs associatifs rencontré.e.s mettent également en place des actions visant la mobilité des femmes dans le but, principal ou secondaire, d’un retour ou d’un accès à l’emploi. Selon l’Enquête emploi INSEE 200251, 7,2 % des « hommes français » sont au chômage (au sens du BIT), contre 17,3 % des « hommes étrangers » et que 9,6 % des « femmes françaises » le sont contre 20,1 % des « femmes étrangères » soit, tous sexes confondus, un écart allant de 8,3 % de « français.e.s » au chômage contre 18,4 % d’« étrangers »52. Ces écarts importants n’éclairent en outre qu’une partie de la réalité discriminatoire dans la mesure où la catégorie « français.e.s » dissimule de profondes inégalités en fonction des origines ethniques réelles ou supposées. Si les indicateurs utilisés dans les statistiques locales ne permettent pas une comparaison terme à terme, l’observation du taux de chômage des femmes (toutes femmes confondues) fournit des informations intéressantes. Elles connaissent sur Metz, Metz-Borny, Montigny-lès-Metz et Woippy, des taux de chômage de respectivement 16,50 %, 41 %, 13,58 % et 29,90 %. Le croisement de ces données avec la proportion de personnes de nationalité étrangère (hommes et femmes confondus) sur ces territoires suggère une clé de lecture intéressante. En effet, les proportions sont les suivantes : 28 % pour Metz-Borny, 3 % pour Montigny-lès-Metz et 19 % pour Woippy. Le constat de surchômage dans les quartiers les plus populaires et les plus ethnicisés tient pour partie à l’existence de pratiques discriminatoires à l’encontre des populations immigrées et étrangères (à l’origine réelle ou supposée) et particulièrement en direction des femmes53. Enfin, les emplois des femmes immigrées ou d’origine étrangère se concentrent principalement dans le secteur des services (à hauteur de 86 %), qui se caractérise non seulement par une précarité et une flexibilité extrêmes54 mais également par un effet de naturalisation des compétences qui tend à maintenir les femmes dans l’ordre du domestique. Les travailleurs associatifs, dans ce soutien à l’« employabilité », proposent aux femmes des ateliers de socialisation à l’insertion, des stages de formation ou encore des emplois aidés (CES, CEC, etc.) dans des structures de proximité. Ces modalités d’action constituent un arsenal devenu aujourd’hui classique pour encadrer les demandeurs et demandeuses d’emploi55 et le caractère précaire de ces dispositifs porte, de la même façon que le travail à temps partiel subi, davantage sur les femmes que sur les hommes. Bien que ces dispositifs étatiques existent, des discriminations persistent. En effet, la relation d’emploi reste une relation à deux termes et un acteur essentiel est à sensibiliser à la question de la lutte contre la discrimination à l’embauche : les employeurs. Les a priori à l’encontre des jeunes issus des quartiers populaires dits sensibles restent des freins importants à leur insertion professionnelle. Les discriminations spécifiques à l’encontre des femmes en général – en raison d’un « risque » de maternité, d’une implication plus forte dans la sphère domestique, d’une prise de congés « enfant malade », qui se traduisent par des salaires inégaux, des responsabilités et promotions limitées – contribuent à limiter les situations d’emploi des femmes56. Ce premier niveau de discrimination se trouve renforcé par les discriminations « ethniques » et parfois religieuses, les femmes immigrées ou étrangères musulmanes cumulent ainsi les facteurs d’exclusion sociale et professionnelle. En outre, les acteurs de l’insertion professionnelle peuvent avoir des pratiques discriminatoires en direction de ces populations par le travail de « premier tri » qu’ils établissent en tant qu’intermédiaires cherchant à adapter au mieux la main-d’œuvre recherchée aux demandes individuelles57. Au final, en dépit d’un surinvestissement de l’école par les familles populaires immigrées ou d’origine étrangère58 cette « réussite » ne se traduit que faiblement dans les statistiques de l’emploi59, diplôme et niveau d’études « [protégeant] peu les immigrants contre le chômage, et moins encore les filles d’immigrants60 ».

    Conclusion

    18Les travailleuses et travailleurs associatifs sont au cœur de la construction sociale des problèmes publics et de leur gestion, tout particulièrement dans les quartiers populaires engagés dans les dispositifs de la politique de la ville. Les associations contribuent dès lors à définir ce qui fait problème dans ces quartiers, participent à la mise à l’agenda politique de questions sociales et portent des actions à mettre en œuvre en direction des individus et des groupes sociaux repérés comme devant être accompagnés. Lorsqu’il s’agit de traiter la question des discriminations, constituée en problème social depuis la fin du xxe siècle, nous avons pu montrer que deux questions sont analysées comme des préalables essentiels par les associations qui entendent agir en direction des filles et femmes immigrées ou d’origine étrangère concernées par le phénomène social : la maîtrise de la langue française et la connaissance de ses droits. L’un comme l’autre ne concernent pas uniquement ces femmes puisqu’ils font également partie du cycle des apprentissages fondamentaux de l’entrée à l’école primaire et concerne donc l’ensemble des membres de notre société. l’instar de ce qui se produit au sein de l’école et de ses modalités d’apprentissage, les pratiques associatives sont sexuées et sexuent les individus concernés par les activités développées. Nous avons cependant montré que cette sexuation ne se fait pas en sens unique puisqu’elle peut chercher à déconstruire ou à s’appuyer sur les stéréotypes de genre, être mise en œuvre dans un contexte mixte ou non mixte. Lorsque les associations proposent aux femmes d’investir le territoire local par des actions rendant visible leur présence, elles posent finalement la question de la place des corps des femmes, et de la liberté de ces corps à disposer d’eux-mêmes, à se mouvoir. Et cette question n’est en rien spécifique aux femmes immigrées ou d’origine étrangère car, comme l’a bien montré Françoise Héritier61, ce contrôle des femmes (de leur corps, de leur mobilité) par les hommes est un universel anthropologique. De tout temps, les femmes ont pu constituer une monnaie d’échange entre groupes sociaux62. Ce contrôle du corps des femmes est fondamental pour les hommes et pour le groupe social dans la mesure où contrôler le corps des femmes revient à contrôler leur sexualité, donc leur maternité, et par là même l’identité sociale du groupe.

    19Par ailleurs, si l’action des associations permet d’interroger plus globalement la place des femmes en société, elle interroge tout autant la place des populations les plus défavorisées et des quartiers les plus populaires. Comme nous l’avons souligné, le critère de l’appartenance de genre est parfois significatif quant à la logique discriminatoire (pour l’emploi par exemple) mais le plus souvent d’autres critères semblent être autant, voire plus, discriminants : le type et le niveau de formation scolaire, la position socioprofessionnelle, le niveau de revenus, le lieu de résidence (plus ou moins « dit sensible »), voire la taille de la famille et la place dans la fratrie. Adopter un cadre d’analyse intersectionnel des dominations permet de ne pas « perdre de vue les logiques économiques et sociales plus générales dans lesquelles [la discrimination] s’inscrit63 ». On touche ici aux enjeux inhérents au processus de dénomination : mettre en place une action à destination des « femmes », des « femmes immigrées », des « femmes des quartiers populaires », des « victimes de discrimination », etc. Ces différentes réalités ne se recoupent que partiellement. De plus, ces enjeux de dénomination des contours du public cible rencontrent ceux des contours de l’action et du sens de celle-ci : une action de type occupationnel, faite pour elle-même (un atelier de couture, de cuisine, une visite, etc.) uniquement pour le plaisir de faire quelque chose (un loisir) ou une action de type émancipateur, au service d’un but qui dépasse la seule activité (un atelier de couture ou de cuisine comme occasion d’aborder des questions telles que le rapport au corps, les rapports hommes/femmes, etc.). Les choix opérés par les associations contribuent là encore à construire leur propre place dans le champ d’intervention sociale et politique mais aussi celle des populations et des territoires concernés par leur action.

    Notes de bas de page

    1 Voir É. Neveu, Sociologie politique des problèmes publics, Paris, Armand Colin, coll. « U. Sociologie », 2015, 286 p.

    2 Voir C. Bachmann et N. Le Guennec, Violences urbaines. Ascension et chute des classes moyennes à travers cinquante ans de politique de la ville, Paris, Albin Michel, 1996, 557 p.

    3 Voir S. Sinigaglia-Amadio, « Le secteur associatif comme expert territorial. Le cas des quartiers « dits sensibles », Cahiers du portique, no 3, 2005, p. 115-138.

    4 Voir E. Goffman, Les rites d’interaction, Paris, Minuit, 1974, 240 p.

    5 Voir P. Lascoumes et P. Le Galès, Gouverner par les instruments, Paris, Presses de SciencesPo, 2005, 370 p.

    6 Voir J.-Y. Trépos, La sociologie de l’expertise, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996, 128 p.

    7 Voir S. Sinigaglia-Amadio, Une approche sociologique du travail associatif dans les quartiers dits sensibles. De l’expérience à l’expertise, thèse de doctorat en sociologie, Université Paul-Verlaine, Metz, 2007, 572 p.

    8 Voir F. Lorcerie, « La lutte contre les discriminations ou l’intégration requalifiée », Ville-École-Intégration Enjeux, no 121, 2000, p. 69-82 ; D. Fassin, « L’invention française de la discrimination », Revue français de science politique, vol. 52, no 4, août 2002, p. 403-423.

    9 Voir N. Guénif-Souilamas, Des « beurettes » aux descendantes d’immigrants nord-africains, Paris, Grasset/Le Monde, 2000, 360 p.

    10 Voir É. Lemercier, « L’association “Ni putes, ni soumises” : une inflation politico-médiatique démystifiée par le terrain », L’Année du Maghreb, II, 2007, p. 499-508.

    11 Voir S. Faure et D. Thin, « Femmes des quartiers populaires, associations et politiques publiques », Politix, no 78, 2007, p. 87-106.

    12 Voir W. Felstiner, R. L. Abel et A. Sarat, « L’émergence et la transformation des litiges : réaliser, reprocher, réclamer », Politix, no 16, 1991, p. 41-54.

    13 Voir C. Champagne, A. Pailhé et A. Solaz, « Le temps domestique et parental des hommes et des femmes : quels facteurs d’évolutions en 25 ans ? », Économie et statistique, no 478-479-480, 2015, p. 209-242.

    14 Voir S. Sinigaglia-Amadio, « Le contrôle social des travailleurs associatifs et sociaux dans les “quartiers sensibles” : une normalisation à deux visages », Forum. Revue de la recherche en travail social, no 123, mars 2009, p. 9-17.

    15 À titre d’exemple ici, on pourra se souvenir des débats autour de la loi sur la parité en politique et de la construction de ce qui est devenu une « évidence » démocratique.

    16 Voir S. Rétif, Logiques de genre dans l’engagement associatif. Carrières et pratiques militantes dans des associations revendicatives, Paris, Dalloz, 2013, 570 p.

    17 Mise en place par l’équipe pluridisciplinaire, composée de sociologues et psychologues des laboratoires de l’Université Paul-Verlaine de Metz, aujourd’hui Université de Lorraine.

    18 Fonds d’action et de soutien pour l’intégration (FASILD), devenu ACSE, Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, depuis la loi du 31 mars 2006 portant sa création ; elle-même devenue Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) depuis le 31 mars 2014.

    19 Le phénomène discriminatoire à l’encontre des personnes ayant une origine ethnique « non française » réelle ou supposée.

    20 Voir A. Davis, Femmes, race et classe, Paris, Éditions des femmes, 1981, 189 p. ; K. W. Crenshaw, « Cartographie des marges : intersectionnalité, politique de l’identité et violences faites aux femmes de couleur », art. cité ; E. Dorlin, Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, Paris, PUF, 2009, 320 p.

    21 Ces structures développent des actions visant l’insertion sociale et professionnelle, le soutien éducatif et linguistique, le développement du lien social, la lutte contre les violences faites aux femmes, la formation et le soutien juridique aux femmes et familles en difficultés ou encore la gestion de logements d’accueil d’urgence (pour ne citer que les éléments clés de leurs projets sociaux).

    22 Ces « réseaux » réclameraient ou feraient réclamer une ségrégation sexuée des pratiques socioculturelles telles que les sorties à la piscine ou au cinéma. L’usage, ici, du conditionnel et des guillemets (« réseaux parallèles ») invite les lecteurs et lectrices à prendre cette remarque avec prudence, étant donné qu’il ne nous a pas été donné de vérifier le poids, l’efficacité ni même la structuration de ces « réseaux ». Il conviendrait de les analyser avec rigueur pour les considérer à leur juste mesure. Il importe cependant de prendre acte du fait que cette grille d’analyse, quelle que soit sa pertinence sociologique, génère des pratiques spécifiques de la part des travailleuses et travailleurs associatifs, qui cherchent à lutter contre les processus de ségrégation sexuée des espaces.

    23 Voir Y. Amrani et S. Beaud, Pays de malheur ! Un jeune de cité écrit à un sociologue, Paris, La Découverte, 2005, 255 p.

    24 Voir P. Bernard, L’immigration, Paris, Le Monde Poche, 1993, 182 p. ; M.-C. Blanc-Chaléard, Histoire de l’immigration, Paris, La Découverte, 2001, 128 p.

    25 Voir P. Bourdieu, « Le sens de l’honneur », dans Esquisse d’une théorie la pratique précédé de Trois études d’ethnologie kabyle, Paris, Seuil, 1960, p. 19-60 ; id., La domination masculine, Paris, Seuil, 1998, 192 p. ; C. Lacoste-Dujardin et M. Virolle, Femmes et hommes au Maghreb et en immigration, Études sociologiques et anthropologiques, Paris, Publisud, 1998, 229 p.

    26 Voir Y. Siblot, Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires, Paris, Presses de la FNSP, 2006, 348 p.

    27 Ibid.

    28 Voir M. Maruani (dir.), Femmes, genre et sociétés, Paris, La Découverte, 2005, 420 p.

    29 Voir B. Skeggs, Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire, Marseille, Agone, coll. « L’Ordre des choses », 2015, 422 p.

    30 Voir P. Bourdieu, La domination masculine, ouvr. cité.

    31 Voir O. Filleule et P. Roux (dir.), Le sexe du militantisme, Paris, Presses de la FNSP, 2009, 361 p.

    32 Voir C. Bernheim, L. Kandel, F. Picq et N. Ringart (dir.), Mouvement de Libération des Femmes. Textes premiers, Paris, Stock, 2009, 296 p.

    33 Voir C. De Haas, « De l’utilité de la non-mixité dans le militantisme », Médiapart, 21 avril 2016 ; <https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/210416/de-l-utilite-de-la-non-mixite-dans-le-militantisme> [consulté le 06/03/2018].

    34 Voir M. Hachimi Alaoui, « L’immigration familiale : une obligation d’« intégration républicaine ». Le cas du Contrat d’accueil et d’intégration », Recherches familiales, no 13, 2016/1, p. 79-93.

    35 Ce constat rencontre les analyses sociologiques plus récentes de la division genrée des espaces, y compris publics.

    36 R. de Villanova, Immigration et espaces habités, Paris, L’Harmattan, CIEMI, 1994, 212 p.

    37 Pour plus de précisions, voir R. Bekkar, Espaces et pratiques des femmes de Tlemcen, thèse de doctorat en sociologie, Université de Paris X Nanterre, 1991.

    38 Voir J. Deville, « Jeunes filles “invisibles” dans les quartiers populaires », Espaces et sociétés, no 128-129, vol. 1-2, 2007, p. 39-53.

    39 Voir S. Sinigaglia-Amadio, Une approche sociologique du travail associatif dans les quartiers dits sensibles. De l’expérience à l’expertise, thèse citée.

    40 Voir E. Maruejouls et Y. Raibaud, « Filles/Garçons : l’offre de loisirs, Asymétrie des sexes, décrochage des filles et renforcement des stéréotypes », Revue VIE, no 167, 2012, p. 86-91 ; Y. Raibaud, « De nouveaux modèles de virilité : musiques actuelles et cultures urbaines », dans D. Welzer-Lang et C. Zaouche-Gaudron (dir.), Masculinités. État des lieux, Paris, Erès, 2011, p. 149-161.

    41 Voir R. Connel, Masculinités hégémoniques. Enjeux sociaux de l’hégémonie, Paris, Éditions Amsterdam, 2014, 288 p.

    42 Voir A. Jazouli, Les années banlieues, Paris, Seuil, 1992, 208 p. ; T. Sauvadet, « Les jeunes “de la cité” : comment forment-ils un groupe ? Analyse comparative entre trois terrains », Socio-logos, no 1, 2006 [en ligne]. Disponible sur <http://journals.openedition.org/socio-logos/55> [consulté le 22/10/2017].

    43 Voir dans J.-C. Chamboredon et M. Lemaire, « Proximité spatiale et distance sociale. Les grands ensembles et leur peuplement », Revue française de sociologie, XI-1, 1970, p. 12.

    44 Voir P. Bourdieu, « Effets de lieux », La misère du monde, Paris, Points/Seuil, 1993, p. 261.

    45 La violence des filles qui constitue une réalité de certains espaces urbains ne semble pas concerner le territoire étudié.

    46 L’homolalie désigne les sociabilités entretenues entre individus de même âge et de même sexe.

    47 Voir F. Héran, « Mixité et “homolalie” : les relations entre hommes et femmes dans la vie quotidienne des Français », Mélanges en l’honneur de Jacques Desabie, INSEE, 1989, p. 431-445.

    48 Voir I. Clair, « La mauvaise réputation. Étiquetage sexué dans les cités », dans E. Callu, J.-P. Jurmand et A. Vulbeau (dir.), La place des jeunes dans la cité. Espaces de rue, espaces de parole, t. II, Paris, L’Harmattan, 2005, p. 47-60.

    49 Transports en commun de la région messine.

    50 Voir E. Hughes, Le regard sociologique, Paris, Éditions de l’EHESS, 1997, 344 p.

    51 La dernière enquête emploi de l’INSEE souligne toujours les mêmes écarts puisqu’en 2014, on recense 17,2 % des immigrés au chômage, 14,3 % des descendants d’immigrés et 8,5 % des personnes sans lien avec l’immigration (pour reprendre les catégories de l’étude).

    52 Voir M. Maruani, Travail et emploi des femmes, Paris, La Découverte (rééd.), 2003, p. 60.
    Voir G. Lemoigne et A. Lebon, L’immigration en France, Paris, PUF (rééd.), 2002, 126 p.

    53 Voir D. Meurs, A. Pailhé et P. Simon, « Immigrés et enfants d’immigrés sur le marché du travail : une affaire de génération ? », dans C. Lefèvre et A. Filhon (dir.), Histoires de familles, histoires familiales, Paris, INED PUF, Cahiers de l’Ined no 156, 2005, p. 461-482.

    54 Voir C. Borrel et J. Boëldieu, « De plus en plus de femmes immigrées sur le marché du travail », INSEE Première, no 791, 2001 ; N. Guénif-Souilamas, « Femmes, immigration, ségrégation », dans M. Maruani (dir.), Femmes, genre et sociétés, Paris, La Découverte, 2005, p. 389-397.

    55 Voir G. Mauger, « Précarisation et nouvelles formes d’encadrement des classes populaires », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 136, no 1, 2001, p. 3-4.

    56 Voir L. Tilly et J. Scott, Les femmes, le travail et la famille, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2002, 389 p. ; M. Maruani, Travail et emploi des femmes, ouvr. cité.

    57 Voir F. Dhume et O. Noël, « La discrimination raciale dans l’accès à l’emploi : un obstacle majeur à l’intégration et une place mineure dans le débat public », Journal du droit des jeunes, no 182, 1999, p. 40-42.

    58 Voir M. Gouyon et S. Guérin, « L’implication des parents dans la scolarité des filles et des garçons : des intentions à la pratique », Économie et statistique, no 398-399, 2006, p. 59-84.

    59 Voir J.-P. Terrail, La scolarisation de la France. Critique de l’état des lieux, Paris, La Dispute, 1997, 259 p.

    60 Voir C. Borrel et J. Boëldieu, « De plus en plus de femmes immigrées sur le marché du travail », art. cité.

    61 Voir F. Héritier, Masculin/Féminin. I. La pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996, 332 p. ; ead., Masculin/Féminin. II. Dissoudre la hiérarchie, Paris, Odile Jacob, 2002, 441 p.

    62 Voir M. Mauss, « Essai sur le don », dans Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1923-1924, p. 145-273.

    63 Voir D. Fassin, « L’invention française de la discrimination », art. cité.

    Auteur

    • Sabrina Sinigaglia-Amadio

      Laboratoire lorrain de sciences sociales (2L2S), Université de Lorraine.

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    1 Voir É. Neveu, Sociologie politique des problèmes publics, Paris, Armand Colin, coll. « U. Sociologie », 2015, 286 p.

    2 Voir C. Bachmann et N. Le Guennec, Violences urbaines. Ascension et chute des classes moyennes à travers cinquante ans de politique de la ville, Paris, Albin Michel, 1996, 557 p.

    3 Voir S. Sinigaglia-Amadio, « Le secteur associatif comme expert territorial. Le cas des quartiers « dits sensibles », Cahiers du portique, no 3, 2005, p. 115-138.

    4 Voir E. Goffman, Les rites d’interaction, Paris, Minuit, 1974, 240 p.

    5 Voir P. Lascoumes et P. Le Galès, Gouverner par les instruments, Paris, Presses de SciencesPo, 2005, 370 p.

    6 Voir J.-Y. Trépos, La sociologie de l’expertise, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », 1996, 128 p.

    7 Voir S. Sinigaglia-Amadio, Une approche sociologique du travail associatif dans les quartiers dits sensibles. De l’expérience à l’expertise, thèse de doctorat en sociologie, Université Paul-Verlaine, Metz, 2007, 572 p.

    8 Voir F. Lorcerie, « La lutte contre les discriminations ou l’intégration requalifiée », Ville-École-Intégration Enjeux, no 121, 2000, p. 69-82 ; D. Fassin, « L’invention française de la discrimination », Revue français de science politique, vol. 52, no 4, août 2002, p. 403-423.

    9 Voir N. Guénif-Souilamas, Des « beurettes » aux descendantes d’immigrants nord-africains, Paris, Grasset/Le Monde, 2000, 360 p.

    10 Voir É. Lemercier, « L’association “Ni putes, ni soumises” : une inflation politico-médiatique démystifiée par le terrain », L’Année du Maghreb, II, 2007, p. 499-508.

    11 Voir S. Faure et D. Thin, « Femmes des quartiers populaires, associations et politiques publiques », Politix, no 78, 2007, p. 87-106.

    12 Voir W. Felstiner, R. L. Abel et A. Sarat, « L’émergence et la transformation des litiges : réaliser, reprocher, réclamer », Politix, no 16, 1991, p. 41-54.

    13 Voir C. Champagne, A. Pailhé et A. Solaz, « Le temps domestique et parental des hommes et des femmes : quels facteurs d’évolutions en 25 ans ? », Économie et statistique, no 478-479-480, 2015, p. 209-242.

    14 Voir S. Sinigaglia-Amadio, « Le contrôle social des travailleurs associatifs et sociaux dans les “quartiers sensibles” : une normalisation à deux visages », Forum. Revue de la recherche en travail social, no 123, mars 2009, p. 9-17.

    15 À titre d’exemple ici, on pourra se souvenir des débats autour de la loi sur la parité en politique et de la construction de ce qui est devenu une « évidence » démocratique.

    16 Voir S. Rétif, Logiques de genre dans l’engagement associatif. Carrières et pratiques militantes dans des associations revendicatives, Paris, Dalloz, 2013, 570 p.

    17 Mise en place par l’équipe pluridisciplinaire, composée de sociologues et psychologues des laboratoires de l’Université Paul-Verlaine de Metz, aujourd’hui Université de Lorraine.

    18 Fonds d’action et de soutien pour l’intégration (FASILD), devenu ACSE, Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, depuis la loi du 31 mars 2006 portant sa création ; elle-même devenue Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) depuis le 31 mars 2014.

    19 Le phénomène discriminatoire à l’encontre des personnes ayant une origine ethnique « non française » réelle ou supposée.

    20 Voir A. Davis, Femmes, race et classe, Paris, Éditions des femmes, 1981, 189 p. ; K. W. Crenshaw, « Cartographie des marges : intersectionnalité, politique de l’identité et violences faites aux femmes de couleur », art. cité ; E. Dorlin, Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, Paris, PUF, 2009, 320 p.

    21 Ces structures développent des actions visant l’insertion sociale et professionnelle, le soutien éducatif et linguistique, le développement du lien social, la lutte contre les violences faites aux femmes, la formation et le soutien juridique aux femmes et familles en difficultés ou encore la gestion de logements d’accueil d’urgence (pour ne citer que les éléments clés de leurs projets sociaux).

    22 Ces « réseaux » réclameraient ou feraient réclamer une ségrégation sexuée des pratiques socioculturelles telles que les sorties à la piscine ou au cinéma. L’usage, ici, du conditionnel et des guillemets (« réseaux parallèles ») invite les lecteurs et lectrices à prendre cette remarque avec prudence, étant donné qu’il ne nous a pas été donné de vérifier le poids, l’efficacité ni même la structuration de ces « réseaux ». Il conviendrait de les analyser avec rigueur pour les considérer à leur juste mesure. Il importe cependant de prendre acte du fait que cette grille d’analyse, quelle que soit sa pertinence sociologique, génère des pratiques spécifiques de la part des travailleuses et travailleurs associatifs, qui cherchent à lutter contre les processus de ségrégation sexuée des espaces.

    23 Voir Y. Amrani et S. Beaud, Pays de malheur ! Un jeune de cité écrit à un sociologue, Paris, La Découverte, 2005, 255 p.

    24 Voir P. Bernard, L’immigration, Paris, Le Monde Poche, 1993, 182 p. ; M.-C. Blanc-Chaléard, Histoire de l’immigration, Paris, La Découverte, 2001, 128 p.

    25 Voir P. Bourdieu, « Le sens de l’honneur », dans Esquisse d’une théorie la pratique précédé de Trois études d’ethnologie kabyle, Paris, Seuil, 1960, p. 19-60 ; id., La domination masculine, Paris, Seuil, 1998, 192 p. ; C. Lacoste-Dujardin et M. Virolle, Femmes et hommes au Maghreb et en immigration, Études sociologiques et anthropologiques, Paris, Publisud, 1998, 229 p.

    26 Voir Y. Siblot, Faire valoir ses droits au quotidien. Les services publics dans les quartiers populaires, Paris, Presses de la FNSP, 2006, 348 p.

    27 Ibid.

    28 Voir M. Maruani (dir.), Femmes, genre et sociétés, Paris, La Découverte, 2005, 420 p.

    29 Voir B. Skeggs, Des femmes respectables. Classe et genre en milieu populaire, Marseille, Agone, coll. « L’Ordre des choses », 2015, 422 p.

    30 Voir P. Bourdieu, La domination masculine, ouvr. cité.

    31 Voir O. Filleule et P. Roux (dir.), Le sexe du militantisme, Paris, Presses de la FNSP, 2009, 361 p.

    32 Voir C. Bernheim, L. Kandel, F. Picq et N. Ringart (dir.), Mouvement de Libération des Femmes. Textes premiers, Paris, Stock, 2009, 296 p.

    33 Voir C. De Haas, « De l’utilité de la non-mixité dans le militantisme », Médiapart, 21 avril 2016 ; <https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/210416/de-l-utilite-de-la-non-mixite-dans-le-militantisme> [consulté le 06/03/2018].

    34 Voir M. Hachimi Alaoui, « L’immigration familiale : une obligation d’« intégration républicaine ». Le cas du Contrat d’accueil et d’intégration », Recherches familiales, no 13, 2016/1, p. 79-93.

    35 Ce constat rencontre les analyses sociologiques plus récentes de la division genrée des espaces, y compris publics.

    36 R. de Villanova, Immigration et espaces habités, Paris, L’Harmattan, CIEMI, 1994, 212 p.

    37 Pour plus de précisions, voir R. Bekkar, Espaces et pratiques des femmes de Tlemcen, thèse de doctorat en sociologie, Université de Paris X Nanterre, 1991.

    38 Voir J. Deville, « Jeunes filles “invisibles” dans les quartiers populaires », Espaces et sociétés, no 128-129, vol. 1-2, 2007, p. 39-53.

    39 Voir S. Sinigaglia-Amadio, Une approche sociologique du travail associatif dans les quartiers dits sensibles. De l’expérience à l’expertise, thèse citée.

    40 Voir E. Maruejouls et Y. Raibaud, « Filles/Garçons : l’offre de loisirs, Asymétrie des sexes, décrochage des filles et renforcement des stéréotypes », Revue VIE, no 167, 2012, p. 86-91 ; Y. Raibaud, « De nouveaux modèles de virilité : musiques actuelles et cultures urbaines », dans D. Welzer-Lang et C. Zaouche-Gaudron (dir.), Masculinités. État des lieux, Paris, Erès, 2011, p. 149-161.

    41 Voir R. Connel, Masculinités hégémoniques. Enjeux sociaux de l’hégémonie, Paris, Éditions Amsterdam, 2014, 288 p.

    42 Voir A. Jazouli, Les années banlieues, Paris, Seuil, 1992, 208 p. ; T. Sauvadet, « Les jeunes “de la cité” : comment forment-ils un groupe ? Analyse comparative entre trois terrains », Socio-logos, no 1, 2006 [en ligne]. Disponible sur <http://journals.openedition.org/socio-logos/55> [consulté le 22/10/2017].

    43 Voir dans J.-C. Chamboredon et M. Lemaire, « Proximité spatiale et distance sociale. Les grands ensembles et leur peuplement », Revue française de sociologie, XI-1, 1970, p. 12.

    44 Voir P. Bourdieu, « Effets de lieux », La misère du monde, Paris, Points/Seuil, 1993, p. 261.

    45 La violence des filles qui constitue une réalité de certains espaces urbains ne semble pas concerner le territoire étudié.

    46 L’homolalie désigne les sociabilités entretenues entre individus de même âge et de même sexe.

    47 Voir F. Héran, « Mixité et “homolalie” : les relations entre hommes et femmes dans la vie quotidienne des Français », Mélanges en l’honneur de Jacques Desabie, INSEE, 1989, p. 431-445.

    48 Voir I. Clair, « La mauvaise réputation. Étiquetage sexué dans les cités », dans E. Callu, J.-P. Jurmand et A. Vulbeau (dir.), La place des jeunes dans la cité. Espaces de rue, espaces de parole, t. II, Paris, L’Harmattan, 2005, p. 47-60.

    49 Transports en commun de la région messine.

    50 Voir E. Hughes, Le regard sociologique, Paris, Éditions de l’EHESS, 1997, 344 p.

    51 La dernière enquête emploi de l’INSEE souligne toujours les mêmes écarts puisqu’en 2014, on recense 17,2 % des immigrés au chômage, 14,3 % des descendants d’immigrés et 8,5 % des personnes sans lien avec l’immigration (pour reprendre les catégories de l’étude).

    52 Voir M. Maruani, Travail et emploi des femmes, Paris, La Découverte (rééd.), 2003, p. 60.
    Voir G. Lemoigne et A. Lebon, L’immigration en France, Paris, PUF (rééd.), 2002, 126 p.

    53 Voir D. Meurs, A. Pailhé et P. Simon, « Immigrés et enfants d’immigrés sur le marché du travail : une affaire de génération ? », dans C. Lefèvre et A. Filhon (dir.), Histoires de familles, histoires familiales, Paris, INED PUF, Cahiers de l’Ined no 156, 2005, p. 461-482.

    54 Voir C. Borrel et J. Boëldieu, « De plus en plus de femmes immigrées sur le marché du travail », INSEE Première, no 791, 2001 ; N. Guénif-Souilamas, « Femmes, immigration, ségrégation », dans M. Maruani (dir.), Femmes, genre et sociétés, Paris, La Découverte, 2005, p. 389-397.

    55 Voir G. Mauger, « Précarisation et nouvelles formes d’encadrement des classes populaires », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 136, no 1, 2001, p. 3-4.

    56 Voir L. Tilly et J. Scott, Les femmes, le travail et la famille, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 2002, 389 p. ; M. Maruani, Travail et emploi des femmes, ouvr. cité.

    57 Voir F. Dhume et O. Noël, « La discrimination raciale dans l’accès à l’emploi : un obstacle majeur à l’intégration et une place mineure dans le débat public », Journal du droit des jeunes, no 182, 1999, p. 40-42.

    58 Voir M. Gouyon et S. Guérin, « L’implication des parents dans la scolarité des filles et des garçons : des intentions à la pratique », Économie et statistique, no 398-399, 2006, p. 59-84.

    59 Voir J.-P. Terrail, La scolarisation de la France. Critique de l’état des lieux, Paris, La Dispute, 1997, 259 p.

    60 Voir C. Borrel et J. Boëldieu, « De plus en plus de femmes immigrées sur le marché du travail », art. cité.

    61 Voir F. Héritier, Masculin/Féminin. I. La pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996, 332 p. ; ead., Masculin/Féminin. II. Dissoudre la hiérarchie, Paris, Odile Jacob, 2002, 441 p.

    62 Voir M. Mauss, « Essai sur le don », dans Sociologie et anthropologie, Paris, PUF, 1923-1924, p. 145-273.

    63 Voir D. Fassin, « L’invention française de la discrimination », art. cité.

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    • Lebrun, Nicolas. Luxembourg, Corinne. (2023) La crise du Covid, un révélateur de la différenciation genrée des pratiques marchandes. Métropoles, 33. DOI: 10.4000/metropoles.10236
    • Peltier, Emma. (2024) « C’est dangereux ! » L’accès à l’espace public des femmes roms en situation de vulnérabilité résidentielle restreint par les violences de genre et les violences racistes. Genre, sexualité et société, 32. DOI: 10.4000/12xud
    • Une approche spatio-temporelle de la dépendance à la mobilité dans les métropoles de Barcelone et d'Aix-Marseille-Provence. DOI: 10.70675/8a7bf880zf1c8z4494zbf96zcc9d806a802e
    • Déconstruire le genre des pensées, normes & pratiques de l’urbanisme. DOI: 10.70675/e8f64178zd79bz4478zbe1fz6966db75db9a
    • De marge en marge, les mobilités au centre du quotidien des femmes « roms ». DOI: 10.70675/0a874e48z1ed9z43f3z995az51b0a45992ec

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    • De marge en marge, les mobilités au centre du quotidien des femmes « roms ». DOI: 10.70675/0a874e48z1ed9z43f3z995az51b0a45992ec

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    Sinigaglia-Amadio, Sabrina. « Actions associatives, femmes et quartiers populaires ». In Mobilités : toutes et tous égaux ?, édité par Alexia Barroche et Sophie Louargant. Grenoble: UGA Éditions, 2019. doi:10.4000/books.ugaeditions.17725.
    Sinigaglia-Amadio, Sabrina. « Actions associatives, femmes et quartiers populaires ». Mobilités : toutes et tous égaux ?, édité par Alexia Barroche et Sophie Louargant, UGA Éditions, 2019, https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.17725.

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    Louargant, S., & Barroche, A. (éds.). (2019). Mobilités : toutes et tous égaux ?. Grenoble: UGA Éditions. https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.17605
    Louargant, Sophie, et Alexia Barroche, éd. Mobilités : toutes et tous égaux ?. Grenoble: UGA Éditions, 2019. doi:10.4000/books.ugaeditions.17605.
    Louargant, Sophie, et Alexia Barroche, éditeurs. Mobilités : toutes et tous égaux ?. UGA Éditions, 2019, https://doi.org/10.4000/books.ugaeditions.17605.
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