Introduction. Gesoriacum-Bononia : un port commercial et militaire aux portes de la Britannia
p. 29-42
Texte intégral
1Pour Pomponius Mela, « le port appelé Gesoriacum est ce qu’il y a de plus connu sur cette côte [du pays des Morins] » (III, 2, 23). En ce milieu du Ier siècle ap. J.-C., la conquête de la Britannia par les troupes romaines ouvre une longue période de prospérité pour la ville de Boulogne-sur-Mer, qui devient le siège d’une escadre permanente, et consolide la place singulière de l’estuaire de la Liane dans le commerce et les relations transmanche.
2L’ambition de cette contribution est de donner des repères topographiques et chronologiques, en s’appuyant sur les principaux apports des fouilles récentes ou des relectures de découvertes plus anciennes effectuées dans le cadre du projet collectif de recherche Atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer. Nous ne pourrons naturellement rendre compte, dans cette introduction, de l’ensemble des travaux de l’équipe, mais le panorama ainsi dressé se trouve déjà largement abondé par les différentes contributions rassemblées dans les actes de cette table ronde.
1. Boulogne-sur-Mer, Portus Morinorum Brittanicum
3Nous ne reviendrons pas ici sur le débat autour de la localisation du port « du pays des Morins » de la première expédition de César (BG IV, 21, 22 et 28) en 55 av. J.-C. ou du Portus Itius d’où embarquèrent l’année suivante les troupes de sa seconde tentative de conquête de la Bretagne (BG V, 2, 5 et 8 et Strabon, IV, 5, 2). R. Delmaire1 a énuméré les arguments en faveur de l’estuaire de la Liane, qui a pu offrir un abri naturel aux navires de l’expédition. Toutefois aucune nouvelle découverte archéologique ne vient pour l’instant étayer l’hypothèse, toujours discutée.
4Quoi qu’il en soit, la topographie de l’embouchure de la Liane, naturellement protégée par les falaises de Châtillon au sud et de Saint-Pierre au nord, est ici déterminante dans l’implantation à Boulogne d’un port militaire et commercial. L’estuaire n’a aujourd’hui plus grand-chose de commun avec sa morphologie antique, en particulier depuis la canalisation du fleuve au début des années 1960. Sans doute son ouverture était-elle barrée – et protégée – par une flèche littorale rejetant le cours de la Liane vers le nord2. L’espace en eau à l’intérieur de l’estuaire était probablement important du fait d’un colmatage plus limité de la basse vallée, parcourue par un ou plusieurs bras incisant de vastes zones humides ou inondables. Relatant le siège de la ville après l’usurpation de Carausius, le panégyrique de Constance évoque ainsi « le bassin sinueux du port, où le flux et le reflux se succèdent à des intervalles réglés » (Panégyriques latins IV, 6). Pour interdire la fuite des assiégés ou leur approvisionnement, le port fut « rendu inaccessible aux vaisseaux en fermant son entrée à l’aide de poutres enfoncées et garnies d’énormes rochers », un « rempart d’un genre nouveau, jeté au milieu de la mer », qui implique sans doute que le chenal d’accès ne fut pas, à cette époque, d’une grande profondeur.
5La fonction portuaire du site de Boulogne, lieu d’embarquement pour passer outre-Manche, est systématiquement mise en avant par les auteurs anciens lorsqu’ils évoquent l’estuaire de la Liane. Pline rappelle ainsi que c’est depuis « Gesoriacum, sur la côte de la Morinie » (HN IV, 102) que le trajet pour rejoindre la Bretagne est le plus court et parle, un peu plus loin, du portus Morinorum Brittanicum, le « port britannique des Morins » (HN IV, 122) qu’il faut identifier à Boulogne avec un qualificatif Brittanicum significatif de l’importance des relations transmanche.
6La localisation de la zone portuaire dans l’anse de Bréquerecque (fig. 1) est attestée, au moins à partir du IIe siècle, depuis les fouilles du « Terrain Landrot » de 1992-19933, avec la mise au jour de bâtiments que les fouilleurs identifient à un horreum – une interprétation discutée dans cet ouvrage par R. Hanoune – et de possibles navalia, quelques mètres en retrait de la ligne supposée de l’ancien rivage. L’emprise limitée de la fouille n’a pas permis de vérifier l’hypothèse, émise au XIXe siècle, de la présence d’un quai maçonné. Au-delà de ce site, l’extension des installations portuaires est bien difficile à établir. Sur le fondement d’une carte de répartition des découvertes d’estampilles de la classis Britannica4, des restitutions ont été proposées5, qui incluent dans le périmètre de la base navale à la fois le versant du « Sautoir », entre la ville haute et l’estuaire, et les pentes de la rue Porte Gayole, entre les remparts et le val Saint-Martin. La découverte de murailles des Haut et Bas-Empire protégeant les installations portuaires6 conforte cette hypothèse pour le « Sautoir ». Elle est plus fragile pour le secteur de la rue Porte Gayole et la présence de tuiles estampillées ne nous semble pas constituer ici un argument déterminant, puisque ces terres cuites architecturales « s’achètent et se revendent, se remploient à plusieurs reprises, y compris dans l’habitat privé »7.
Fig. 1 – Essai de restitution de la topographie de la ville antique de Gesoriacum / Bonania au Haut-Empire.

© O. Blamangin, Inrap.
7Le premier port de Gesoriacum-Bononia8 – ou sa plage d’échouage – était-il également au pied du « Sautoir » ? En l’état actuel de la recherche, rien ne permet de l’affirmer, puisque la fouille du « Terrain Landrot » et celle de la rue de Joinville9, un peu plus haut sur le versant, n’ont pas livré de vestiges antérieurs au règne d’Hadrien. De fait, les indices convergent pour localiser le noyau initial de l’agglomération plus au sud-est, dans le quartier de Bréquerecque. La topographie du versant de l’estuaire y est moins marquée que sur les pentes de la ville haute, ce qui pourrait avoir facilité une implantation humaine. Des séries monétaires découvertes au XIXe siècle10 ainsi qu’une estampille sur sigillée arétine CRYSES VALERI11 témoignent sans doute d’une urbanisation précoce de ce secteur. Surtout, les opérations archéologiques récentes confirment l’occupation du quartier de Bréquerecque dès la première moitié du Ier siècle, avec la fouille d’une petite occupation de la période Auguste-Tibère, rue Branly12, sur la rive sud du Val Saint-Martin, et des indices d’une occupation julio-claudienne identifiés à l’occasion d’un diagnostic réalisé en 2010 rue Leuillieux13, 200 m plus au sud.
8La Tour d’Odre, ancien phare antique, effondrée en 1644 avec la falaise, est certainement à Boulogne le marqueur le plus emblématique de la fonction portuaire. Elle peut être localisée assez précisément grâce aux plans de l’époque Moderne et quelques gravures et descriptions anciennes, plus ou moins précises, qui nous permettent de restituer son élévation14. La discussion porte principalement sur la datation de l’ouvrage, attribué à Caligula pour les uns15, au IIe siècle pour d’autres16. B. Delacroix propose dans ce qui suit une relecture des sources antiques qui évoquent cet amer et revient sur ce qu’elles nous disent de l’évolution des fonctions portuaires.
9À ce propos, il est utile de rappeler que le havre de Boulogne ne se résume pas au port militaire de la flotte provinciale. D’autres activités ont été identifiées, notamment à travers les témoins matériels que nous livre l’archéologie. Gesoriacum-Bononia est ainsi, très certainement, un port de pêche17, comme l’indique le mobilier (hameçons, plombs et navettes de ramandage de filets) issu des collections anciennes du Musée ou des fouilles du « Terrain Landrot » et les restes de poissons présents sur l’ensemble des sites18. Il n’est cependant pas possible, en l’état actuel de nos connaissances, d’estimer l’importance de cette activité halieutique. Bien mieux documenté par l’archéologie et, dans une moindre mesure, par les mentions littéraires, est le port commerçant de Boulogne, à l’interface du continent et de la Bretagne romaine. A. Richardson rappelle, dans cet ouvrage, l’ancienneté de ces échanges transmanche et les études de W. Dhaeze, P. Monsieur, J. Flahaut et S. Lelarge soulignent une nouvelle fois à quel point le site est un lieu privilégié pour appréhender certains grands flux économiques de l’Empire.
10Les trois itinéraires qui ont joué pour Boulogne un rôle essentiel dans ces échanges commerciaux sont en place à la charnière du millénaire19, les deux premiers vers le monde méditerranéen par Autun, Sens et Amiens ou par Langres, Reims, Saint-Quentin, Arras et Thérouanne, le troisième vers l’espace rhénan par Bavay et Tongres. Pour autant, l’estuaire de la Liane n’est évidemment pas le seul point d’embarquement pour commercer avec les îles britanniques, comme le rappelle la contribution de S. Esmonde Cleary à cette table ronde, et l’histoire et la chronologie comparées de ces différentes routes commerciales ne sont sans doute pas sans incidences sur le développement urbain de Gesoriacum-Bononia. César insiste ainsi sur la puissance maritime des Vénètes et sur le grand nombre de vaisseaux qui assurent la liaison avec la Bretagne (BG III, 8). Pour Strabon, le contrôle du commerce avec les îles britanniques est d’ailleurs à l’origine de la bataille navale qui opposa l’armée romaine à la coalition menée par les Vénètes (IV, 4, 1)20. Le géographe précise également qu’il existait, dès le début du Ier siècle, « quatre points sur le continent d’où s’effectue habituellement la traversée dans l’île de Bretagne [qui] sont les bouches du Rhin, du Sequanas [la Seine], du Liger [la Loire] et du Garounas [la Garonne] » (IV, 5, 2), tout en ajoutant que, « quand on part des provinces rhénanes, ce n’est pas aux bouches mêmes du Rhin qu’on s’embarque, mais sur la côte de Morinie »21. Il insiste volontiers sur les routes fluviales, notamment la Seine, que les marchandises empruntent jusqu’aux « pays des Lexoviens et des Calètes, sur les côtes mêmes de l’Océan, d’où elles gagnent enfin la Bretagne en moins d’une journée » (IV, 1, 14). Sans doute est-ce là d’ailleurs un des principaux handicaps de la route transmanche par Boulogne vis-à-vis de ses « concurrentes » : certes, la traversée entre Bretagne et continent y est la plus courte, mais elle n’est pas connectée à un réseau fluvial pénétrant amplement dans les terres22.
11Par ailleurs, l’attention portée à la circulation des marchandises de part et d’autre du détroit, occulte parfois la vitalité des échanges locaux et régionaux comme le rappellent, dans ce volume, les contributions de L. Pastor sur le faciès céramique de la Morinie septentrionale et de P. Picavet sur la diffusion des meules rotatives. Boulogne est en effet, même si cela est plus difficile à percevoir, un pivot du cabotage sur le littoral morin, entre Manche et mer du Nord. Le centre urbain et militaire est aussi en relation, pour ses besoins propres, avec son arrière-pays, un champ de recherche à peine défriché, qui se dévoile parfois au détour des études sur les terres cuites architecturale estampillée23 ou sur la céramique consommée à Boulogne dont on oublie trop souvent qu’elle est, pour l’essentiel, produite localement, y compris pour les formes considérées comme spécifiques aux sites militaires et/ou fortement romanisés24. Cette problématique de l’articulation entre économie locale et commerce de longue distance, qui est un des sujets développés dans la seconde partie de la table ronde, est d’autant plus intéressante qu’elle pose la question des conditions et de l’organisation de l’approvisionnement des troupes qui étaient stationnées en permanence dans la ville.
2. Une ville antique marquée par sa place dans le dispositif militaire de l’Empire
12La fonction militaire est sans doute celle qui a, le plus, marqué l’espace urbain boulonnais sur la durée puisque le tracé de l’enceinte et des principales voiries du camp du Haut-Empire sont fossilisées dans la trame de la ville haute. Le rôle militaire du port de Boulogne, comme point d’embarquement des troupes, est évident, sans doute de Jules César jusqu’au départ des troupes de Bretagne au début du Ve siècle (Olympiodore, 12), au moins de Claude (Suétone, Claude 17) jusqu’à Gratien, puisque c’est de Boulogne que le général Théodose s’embarque en 368 pour rétablir l’ordre en Bretagne (Ammien Marcellin, XXVII, 8, 6). Pour autant, comme le souligne M. Reddé25, la présence d’une escadre permanente n’est pas attestée au-delà du milieu du IIIe siècle. Or, la permanence ou non de la flotte se traduit potentiellement de manière très différente dans l’espace urbain, que ce soit du point de vue des installations militaires ou des structures portuaires (casernements, commandement, logistique, etc.).
13La création de la classis Britannica26 est généralement attribuée à l’empereur Claude, dans les années suivant la conquête de la Bretagne et il n’existe effectivement aucun indice archéologique d’une présence militaire sur le site de Boulogne avant le milieu du Ier siècle27. L’activité de cette flotte provinciale est, quoi qu’il en soit, attestée dès les années 69/70 par Tacite qui relate une intervention (et une cuisante défaite) de la Britannica classis lors de la révolte de Civilis (Histoires IV, 79). Les mentions épigraphiques de la classis Britannica proviennent en premier lieu de stèles funéraires conservées dans les collections du Musée de Boulogne-sur-Mer. Deux inscriptions précisent clairement l’appartenance de Triérarques à la flotte de Bretagne. La première, élevée à la mémoire de Q. Arrenius Verecundus (CIL XIII, 3540), est datée de la fin du IIe ou du début du IIIe siècle, sans certitude28. La seconde, élevée à sa fille par P. Graecius Tertinus (CIL XIII, 3546), n’est pas datée. S’y ajoutent deux documents épigraphiques, également non datées, au nom de soldats de la classis Britannica, avec un certain Didio (CIL XIII, 3544), d’origine thrace, et un anonyme d’origine syrienne (CIL XIII, 3543). Deux autres inscriptions boulonnaises attestent également la présence de triérarques, sans faire explicitement référence à la flotte de Bretagne. Celle dédiée par Ti. Claudius Seleucus (CIL XIII, 3542), affranchi de l’empereur et triérarque, pourrait être la plus ancienne du corpus, datée par X. Dupuis29 entre 41 et 110. Aucun élément ne permet cependant de préciser s’il s’agit ici d’un affranchi de Claude ou de Néron. Enfin, l’autel funéraire élevé par le triérarque Domitianus (CIL XIII, 3545) pour ses enfants pourrait être attribué aux années 240-275 ap. J.-C. par le mobilier funéraire des tombes qui lui sont associées, récemment étudié par J. Flahaut30.
14Le dossier épigraphique doit par ailleurs être complété par quelques inscriptions d’outre-Manche, qui attestent la participation de détachements de la flotte à la construction du mur d’Hadrien, et naturellement par les mentions d’un praefectus classe Britannicae, datées du IIe et du début du IIIe siècle31. Le lieu d’exercice de cette charge militaire demeure incertain mais le site de Boulogne fait aujourd’hui consensus comme lieu de commandement principal32.
15La dernière mention épigraphique de la classis Britannica est datée de Philippe l’Arabe (CIL XII, 686), donc un peu avant le milieu du IIIe siècle ap. J.-C. Après cette date, le maintien d’une escadre dans l’estuaire de la Liane est probable, comme le suggère l’autel aux enfants de Domitianus évoqué ci-dessus. Sans doute est-elle permanente, au moins jusque Carausius, puisque celui-ci s’enfuit en Bretagne en emmenant « la flotte qui autrefois protégeait la Gaule » qu’il « avait augmentée en construisant plusieurs vaisseaux » (Panégyriques latins IV, 12). Au-delà, les sources littéraires sont moins claires33 et Ammien Marcellin, qui évoque le passage en Bretagne de Lucipin en 360, ne précise pas comment ce dernier s’est procuré les vaisseaux nécessaires à la traversée de ses troupes (Ammien Marcellin, XX, 1, 3). Enfin, si de nombreux auteurs soulignent que Boulogne et la flotte de Bretagne sont absents des listes de la Notitia dignitatum, M. Reddé34 rappelle la complexité d’interprétation de ce document.
16L’archéologie vient naturellement préciser la chronologie du camp boulonnais de la classis Britannica. Quelques indices35 permettaient d’envisager une occupation du plateau de la ville haute dès le milieu ou la seconde moitié du Ier siècle, ce qui vient d’être confirmé par une fouille réalisée en 2012-2104 dans la crypte de la basilique Notre-Dame36. Une structuration orthonormée de l’espace se fixe dès cette époque, qui pourrait conforter l’hypothèse d’un premier camp militaire, installé dans les suites de la conquête de la Bretagne par Claude, camp dont l’emprise nous échappe totalement.
17Le Cercle archéologique de la Côte d’Opale, sous l’égide de Cl. Seillier, a mis en évidence dès le début des années 1970, l’existence de casernements de la flotte sur le site de l’Enclos de l’Évêché, à l’angle nord de l’enceinte du camp. Ces bâtiments ont été édifiés après 110 ap. J.-C.37, et W. Dhaeze et P. Monsieur proposent, à partir d’un ensemble d’indices convergents, d’envisager leur construction sous le règne d’Hadrien38 – ou leur reconstruction si l’on retient l’hypothèse d’un premier camp dès le Ier siècle.
18La chronologie du mur d’enceinte associé aux casernements est beaucoup plus incertaine. Sa datation repose aujourd’hui principalement sur « la céramique trouvée [rue Saint-Jean] dans le premier niveau d’occupation situé au-dessus de la tranchée de fondation », non publiée mais attribuée par les fouilleurs à la fin du Ier ou au début du IIe siècle39, et sur la chronologie des casernements de l’Enclos de l’Évêché présentée ci-dessus. Les similitudes architecturales avec l’enceinte de la zone portuaire pour lesquels nous disposons d’un terminus post quem monétaires de 125/128 rendent également plausible une construction de cette enceinte sous le règne d’Hadrien40. Mais l’étude du mobilier céramique issu d’un dépotoir postérieur à la construction de la tour interne de la rue Saint-Jean, présentée dans cet ouvrage par W. Dhaeze et P. Monsieur interroge cette proposition. Que ce mur d’enceinte soit, pour l’instant, daté uniquement par les installations qu’il renferme doit nous conduire à la plus grande prudence maintenant que l’occupation de la ville haute est mieux attestée pour la seconde moitié du Ier siècle.
19Une vaste campagne de restructuration des casernements (reconstruction des bâtiments, rehaussement de la voirie, etc.) intervient à la fin du IIe ou au début du IIIe siècle, de façon certaine après 170 ap. J.-C., sans doute sous le règne de Septime Sévère41 dont on sait par une inscription aujourd’hui disparue qu’il a probablement transité par Boulogne avant de mener campagne en Bretagne42. Le mobilier céramique indique que les casernes de l’Enclos de l’Évêché sont sans doute entretenues jusqu’au milieu du IIIe siècle mais pas au-delà de 275 ap. J.-C.43, avant qu’un incendie ne détruise les bâtiments, peut-être à l’occasion des troubles ayant suivi la mort de Postume en 268. Pour autant, il convient là encore de rester prudent puisque les séries monétaires mises en avant pour justifier l’entretien des casernements jusqu’à la fin des années 260, avec un terminus post quem de 268-269 ap. J.-C. donné par un antoninien de Claude II, proviennent en fait des niveaux antérieurs à l’incendie des bâtiments de la rue Saint-Jean, bien loin de la retentura, alors qu’on ne saurait préjuger d’une destruction générale, à une même date, de l’ensemble des installations du camp de la classis Britannica.
20La chronologie de l’enceinte urbaine tardive est tout aussi incertaine. Sur le site de la rue Saint-Jean, le niveau de sol associé à sa construction a livré un antoninien de Tétricus II et le comblement de sa tranchée de fondation « une monnaie de Claude II et des imitations radiées »44 ou, selon d’autres écrits du même auteur, « des monnaies de Tétricus et des imitations de son monnayage »45. Sur le site du Château comtal un antoninien de Tétricus I (?)46 est issu de la tranchée de fondation de l’enceinte. Nous disposons donc d’un terminus post quem de 273-274 ap. J.-C. pour la restauration de l’enceinte, avec cependant un type de monnayage qui a pu circuler longtemps après son émission. La présence de tours internes quadrangulaires observées rue Saint-Jean et rue Saint-Martin, considérée comme un « indice d’ancienneté »47 et la tradition historique ont conduit de nombreux auteurs à considérer que la restauration du système défensif ait pu être réalisée par Carausius, entre 290 et 29348. Cette datation est plausible mais elle a cependant été avancée alors qu’aucune muraille du Haut-Empire n’était connue et qu’il fallait donc que les Gesoriacensibus muri du Panégyrique de Constance (Panégyriques latins IV, 6) aient été construits avant que Constance Chlore n’assiège la ville. Nous savons aujourd’hui que les murs cités dans les Panégyriques peuvent aussi être ceux du Haut-Empire. La chronologie et la nature des restructurations intra-muros sont, pour l’instant, trop mal établies sur la fin du IIIe et le IVe siècle, pour apporter des arguments en faveur de l’une ou l’autre des hypothèses. De la même façon, la restructuration et la réutilisation partielle des casernements sévériens de l’Enclos de l’Évêché au IVe siècle49 pourrait indiquer le maintien d’une garnison à l’intérieur du castrum. Pour autant, le mobilier associé ne permet pas, pour l’instant, de caractériser la nature, militaire ou civile de cette occupation, ni de préciser sa chronologie, et la présence de soldats à Boulogne pour cette période n’est pour l’instant attestée que par des découvertes anciennes de mobilier dans les nécropoles de la ville50. Finalement, la très importante réduction de l’espace urbain au Bas-Empire comme la mise au jour, rue Saint-Martin, d’un bâtiment du IVe siècle avec porche ou galerie de façade qui succède aux casernes51, suggèrent que cette occupation du castrum n’est plus alors à usage exclusivement militaire.
21Le tracé de l’enceinte du camp du Haut-Empire, généralement représentée comme un grand quadrilatère de 300 m sur 400 m environ (fig. 1), n’est lui-même pas totalement assuré. La muraille a été observée en seulement deux points de son pourtour : au nord-ouest (rue Saint-Jean) où la courtine, flanquée de deux tours internes quadrangulaires, a été reconnue sur près de 62 m de longueur (fig. 2) ; au sud-est (rue Saint-Martin), avec également une tour interne quadrangulaire adossée à la courtine suivie sur une vingtaine de mètres52. Au nord-est, la muraille est logiquement restituée, par analogie, en avant d’une voirie interprétée comme la via Sagularis53 et en retrait de l’enceinte tardive, mieux attestée sur ce côté (cf. infra). En revanche, sur le flanc sud-ouest de ce quadrilatère, la présence d’une enceinte n’est pas démontrée et la mise au jour de deux états successifs (non datés) d’une voirie antique au pied du rempart sur le boulevard du Prince Albert54 ne permet pas de dupliquer sur cette face le schéma observé sur les autres côtés55. La question se pose d’autant plus que les fouilles du « Terrain Landrot », en contrebas du versant du « Sautoir », ont mis au jour une section de courtine du Haut-Empire, postérieure au premier quart du IIe siècle, également orientée nord-ouest/sud-est.
Fig. 2 – Enceinte et tour interne du Haut-Empire mises au jour à l’occasion des fouilles de la rue Saint-Jean en 1978.

© Inventaire général, archives du Service régional de l’archéologie des Hauts-de-France, Lille.
22Les mêmes problèmes se posent pour l’enceinte tardive, dont le tracé est cependant mieux attesté sur trois côtés, au nord-ouest56, au sud-est57 et au nord-est58. Surtout, à l’angle oriental, la courtine tardo-antique est remarquablement bien conservée en élévation sur deux sections d’une dizaine et d’une vingtaine de mètres de longueur, dans les sous-sols du Château comtal59. Comme pour l’enceinte du camp du Haut-Empire, la question de l’existence d’un « quatrième côté », au sud-ouest, se pose pour l’enceinte tardive, alors qu’une section de courtine datée du Bas-Empire a également été mise au jour en bas de versant, sur le site du « Terrain Landrot ». Orientée cette fois nord-est/sud-ouest, elle est donc perpendiculaire à l’enceinte du Haut-Empire qu’elle recoupe et induit probablement une réduction de l’espace fortifié de la zone portuaire au Bas-Empire.
23À l’intérieur du camp, les incertitudes topographiques sur la localisation des fonctions militaires sont également nombreuses et l’interprétation des différents secteurs n’est proposée que par analogie avec la castramétation théorique. À l’exception des casernements de la retentura, de probables cuisines adossées à la muraille et de quelques voiries60, nous ne connaissons presque rien de son organisation : les découvertes anciennes sont souvent trop ponctuelles et succinctement décrites61 et les quelques fouilles des années 1960-70 – un édifice avec bassin ou silo et contreforts rue de Lille62 et des bâtiments à hypocauste installés en bordure de la via Sagularis, rue Saint-Jean – d’interprétation délicate.
3. Traduction topographique des fonctions civiles et religieuses
24Si les fonctions militaires de Gesoriacum-Bononia nous ont laissé de nombreux témoignages, la documentation archéologique est bien plus ténue pour les fonctions civiles et religieuses, qui ne trouve pour l’instant pas de traduction monumentale dans l’espace urbain, à l’exception d’un possible établissement thermal, à la datation très incertaine, fouillé entre 1823 et 1928 dans le quartier de Bréquerecque63 (fig. 3) et de probables bâtiments publics du milieu du Ier siècle mis au jour à l’occasion d’un diagnostic archéologique réalisé en 2008, sur l’emprise du stade de la Libération64. Si Dion Cassius rappelle l’élévation d’un arc de triomphe en l’honneur de Claude, « à l’endroit où il s’était embarqué pour passer en Bretagne » (LX, 22), le monument reste sans attestation archéologique. D. Haigneré a proposé d’interpréter comme un temple le vaste bâtiment de 20 x 10 m découvert en 1851 à l’occasion de l’aménagement de la crypte de la basilique Notre-Dame, mais les fouilles récentes incitent plutôt à rechercher une fonction militaire à l’édifice65. Enfin, les statues jumelles découvertes en 1826 en bordure de la Grande Rue ont longtemps été interprétées comme les génies porte-flambeaux d’un sanctuaire de Mithra localisé à cet endroit. Elles ont depuis été identifiées comme des Dioscures, divinités protectrice des marins, et proviendraient plutôt d’un monument funéraire66.
Fig. 3 – Extrait (redressé) du « Plan de la pâture de l’hôpital au Faubourg de Bréquerecque avec le tracé des fouilles faites par les ordres de la Société d’Agriculture de Boulogne sur Mer ».

1. Sections de la voie reliant Boulogne à Amiens ; 2. Bassin avec sol en opus spicatum mis au jour en 1802 ; 3. Bassin quadrangulaire (5,2 x 8,2 m) ; 4. Bassin circulaire (diam. : 5,4 m) ; 5. Inhumations du Bas-Empire.
© Bibliothèque municipale de Boulogne, Portefeuille 25, pl. 36692.
25Le très riche mobilier archéologique issu des nécropoles boulonnaises fouillées au XIXe siècle, principalement sur le versant du Vieil-Âtre et dans le quartier de Bréquerecque, rend compte de la grande variété des pratiques cultuelles locales qu’il serait trop long de détailler ici67. Il renvoie cependant davantage à la sphère privée qu’au domaine public de la religion. Heureusement, le lapidaire pallie quelque peu l’indigence des vestiges immobiliers. On évoquera ainsi, en illustration cette parure monumentale disparue, la très belle nymphe-fontaine ou la Vénus pudique mises au jour sur le site du « Terrain Landrot », dans des remblais postérieurs à la courtine et à la tour quadrangulaire du Haut-Empire68, sans qu’il soit possible ici de distinguer fonction cultuelle et/ou simplement ornementale ; le torse cuirassé découvert en 1850 dans la crypte de la basilique Notre-Dame qui pourrait témoigner d’un culte impérial69 ; ou encore, parmi les très nombreux blocs70 en réemploi dans les fondations de l’enceinte tardive ou destinés à sa construction, un chapiteau corinthien monumental orné d’un buste sur chaque face, un bloc sculpté inachevé figurant Hercule aux côtés d’un soldat, une sculpture de masque tragique et des fragments d’entablements monumentaux, respectivement mis au jour dans les sous-sols du Château comtal, sur le site de la rue Saint-Jean, à l’occasion de sondages boulevard Eurvin et lors du percement à travers l’enceinte médiévale des passages piétons de la porte de Calais et de la porte des Dunes. Une étude approfondie de ce mobilier lapidaire en réemploi pourrait sans doute éclairer davantage la nature et la chronologie des édifices auxquels ils ont été arrachés.
26Les premiers temps de la chrétienté sont tout aussi mal documentés. L’évangélisation de la terra Morinorum, à la fin du IVe et début du Ve siècle, est généralement attribuée à Victrice, suivant le récit hagiographique des missions de l’évêque de Rouen par Paulin de Nole (Lettre 18)71. Avec une activité marchande et militaire favorable au développement des communautés chrétiennes, Boulogne comptait sans doute un ou plusieurs sanctuaires précoces72. Mais les attestations littéraires font défaut jusqu’à l’époque mérovingienne et la première mention d’une église boulonnaise n’intervient qu’à la charnière des VIe et VIIe siècles73. Quelques objets découverts sur le territoire de la commune pourraient témoigner de ce premier christianisme, comme une remarquable coupe en verre gravée figurant le sacrifice d’Isaac par Abraham mise au jour en 1888 dans une tombe à inhumation du cimetière du Vieil-Âtre ou un plomb marqué d’un chrisme issu des fouilles de sauvetage réalisée en 1978 rue Saint-Jean74. La coupe gravée, probablement originaire des ateliers de Cologne ou de Trèves, est datée de la seconde moitié du IVe siècle75. Le sujet représenté et son interprétation témoignent d’une grande maitrise de la doctrine chrétienne par l’artisan graveur mais ne nous dit rien des convictions de son propriétaire, qui a pu faire l’acquisition de ce bel objet sans lui attribuer de valeur religieuse. De la même façon, R. Delmaire souligne que le plomb marqué d’un chrisme n’a pas nécessairement une portée religieuse mais peut être utile à de simples fonctions administratives en des temps de christianisme officiel76. En l’état actuel de la recherche, il n’est donc pas de preuves irréfutables de la présence de monuments chrétiens dans la ville de l’Antiquité tardive. Et si une communauté a probablement existé, il est impossible d’en mesurer l’importance ou l’organisation.
27Ce rapide survol de la chronologie et de la topographie antiques boulonnaises est nécessairement partiel, par l’ampleur de la donnée disponible, son inégale qualité et par des lacunes qui subsistent dans notre perception des fonctions urbaines. Ainsi, la « vie civile » s’effacent devant la « vie militaire », l’essentiel des fouilles des dernières décennies étant localisées dans le secteur du camp de la classis Britannica, et on s’interroge sur la nature de l’occupation à l’extérieur de celui-ci : existait-il une véritable agglomération civile ou s’agit-il uniquement de canabae vivant de leur proximité avec l’armée ? Les attestations d’activités liées à la production de biens, presque inexistantes dans les contextes boulonnais, sont également absentes de cette recension, à tel point que l’état des lieux que nous avons tenté de dresser ici pourrait paraître réduire la ville portuaire et militaire à un simple lieu de transit ou de consommation de produits importés et de surplus des campagnes environnantes.
28De la même façon, le décalage est évident entre ce que nous disent les textes de l’importance politique et militaire d’une ville devenue capitale de cité au Bas-Empire et notre perception archéologique de l’urbanisme tardif. Elle se limite pratiquement aujourd’hui à la reconstruction d’une enceinte monumentale, à des nécropoles en extension et à un mobilier funéraire dont la qualité témoigne d’une prospérité certaine. Les sites ayant livré des vestiges du Bas-Empire sont pourtant nombreux, mais difficilement interprétables lorsqu’ils sont abordés isolément. Ils méritent une relecture systématique pour tenter de construire une vision d’ensemble. C’est très certainement, pour le projet d’Atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer, un des champs de recherche les plus prometteurs des années à venir.
Notes de bas de page
1 Delmaire 1994, p. 63.
2 Coutard 2014.
3 Belot, Canut 1996.
4 Vaillant 1884 ; Vaillant 1888 ; Vaillant 1890 ; Hamy 1904-1907 ; Seillier, Gosselin 1969.
5 Gosselin et al. 1976.
6 Belot, Canut 1996.
7 Reddé et al. 2006, p. 18.
8 La première mention de Gesoriacum-Bononia est donnée par une inscription grecque qui recopie une lettre de Tibère César adressée à la cité Aezanoi en Asie Mineure et datée de l’an 4 ap. J.-C. (ILS 9463), mais celle-ci ne qualifie le site autrement que par sa localisation en Gaule. Sur l’identification de « Bononia en Gaule » avec Boulogne, voir notamment Heurgon 1948 ; Delmaire 1974 ; Delmaire 1994, p. 212.
9 Belot, Canut 1993a, 1994a, 1996.
10 Seillier 1994a, p. 254.
11 La découverte est mal localisée mais provient probablement du Val Saint-Martin ; voir Belot 1990b, p. 103 ; Laporte 1993, p. 130, no 1.
12 Blamangin 2014, p. 43-47 ; Blamangin 2016a.
13 Labarre 2010.
14 Seuls G. Le Sueur, qui écrit en 1596 (Le Sueur 1878, p. 3-5), et G. Bouchier, dont l’ouvrage est publié à Liège en 1655 (Bouchier 1655, p. 145), ont pu voir la tour avant sa disparition. Les auteurs postérieurs se basent essentiellement sur G. Bouchier ou se copient mutuellement : Lequien 1733, p. 16-21 ; Montfaucon 1724, p. 132-136 ; Dubuisson 1782, p. 51-57 ; Luto 1733, p. 69-73 ; Henry 1810, p. 67-70 et Pl. III. Voir également Seillier, Knobloch 2004 et le dossier documentaire de Napoli, Boulinguez 2015.
15 Delmaire 1994, p. 212 ; Napoli, Boulinguez 2015.
16 Seillier, Knobloch 2004.
17 Demon 2001.
18 Voir par exemple l’étude d’O. Robin et de J.-Y. Yvinec dans Blamangin 2016a, p. 226-236.
19 Sur la datation de ce réseau viaire, voir : Delmaire 1976, p. 297-298 ; Bayard 2007, p. 32 ; Brulet 2008, p. 67 ; Kasprzyk, Nouvel 2011, p. 29-33.
20 Voir notamment Cunliffe 1982 ou France 2001, p. 208-215.
21 Strabon ajoute : « c’est là, en effet, que se trouve Itium, ce port dont le divin César fit le rendez-vous de sa flotte, quand il fut pour passer en Bretagne ».
22 Delmaire 1986, p. 157-158.
23 Avec une fabric locale de tuiles estampillées identifié par Peacock 1977a.
24 Par exemple les caccabi issus des contextes de la ville haute (Dhaeze, Seillier 2005, p. 620).
25 Reddé 2014.
26 Sur la classis Britannica, sa date de création, son rôle et ses différentes bases potentielles en Grande-Bretagne, voir notamment au sein d’une très abondante bibliographie : Reddé 1986, p. 271-287, Saddington 1990, Milne 2000, Masson 2003, Rankov 2005, Rummel 2008, p. 223-287 et Reddé 2014.
27 Blamangin 2016a, p. 248-249 ; Blamangin 2016b, p. 14-15.
28 La proposition de datation repose sur les descriptions du mobilier funéraire associé, aujourd’hui disparu, qui comprenait semble-t-il deux lièvres en bronze et une enseigne de Marc Aurèle (Vaillant 1890, p. 34-36 et Dupuis 1983, no 115, p. 305-308).
29 Dupuis 1983, no 118, p. 313-314.
30 Le mobilier issu des sépultures d’enfants est très sommairement décrit par V. J. Vaillant (Vaillant 1889) mais quelques objets sont entrés dans les collections du Musée, notamment deux céramiques miniatures (gobelet en métallescente de Trèves avec inscription peinte LVDE ; vase à dépressions circulaires) et un plat en red and brown colour-coated ware à guillochis interne. L’attribution chronologique de cet assemblage nous a été aimablement communiquée par J. Flahaut qui étudie ces collections dans le cadre d’une thèse de doctorat à l’Université de Paris X-Ouest-Nanterre. L’absence de prénom et de gentilice est également, selon X. Dupuis, un argument en faveur d’une datation au IIIe siècle (Dupuis 1983, no 121, p. 319-321).
31 Reddé 1986, p. 547-548 et 676
32 Rankov 2005, p. 65 ; Rummel 2008, p. 267, 278-279 et 286.
33 Blamangin, Demon 2019.
34 Reddé 2014, p. 36.
35 Rue Saint-Jean (Gosselin et al. 1978 ; Seillier 1994a, p. 218), sur le site de l’Enclos de l’Évêché (Seillier et al. 1971 ; Seillier 1994a, p. 233 ; Seillier 2004, p. 201 ; Belot, Canut 1993a, p. 59). À l’angle de la rue de Pressy et du Cloître, un dépotoir est daté par les fouilleurs des Flaviens ou des Antonins (Caco 1969), mais cette proposition doit être considérée avec prudence depuis l’étude réalisée par W. Dhaeze sur le mobilier issu de son comblement (Dhaeze 2011, p. 173-220).
36 Blamangin 2014, p. 47-48 ; Blamangin et al. 2019.
37 Dhaeze 2011, p. 13.
38 Dhaeze, Monsieur 2014, p. 209-210.
39 Gosselin et al. 1978, p. 21.
40 Dhaeze, Monsieur 2014, p. 209-210.
41 Belot 1989 ; Seillier 1994a, p. 233 et l’article de W. Dhaeze et P. Monsieur dans ce même volume.
42 Luto 1733, p. 92-93 ; Dupuis 1983, no 112, p. 294-295.
43 Seillier 1994a, p. 234 ; Delmaire 2004, p. 45 ; Dhaeze, Monsieur 2014, p. 217.
44 Seillier 1994a, p. 236.
45 Gosselin, Seillier 1984, p. 263 ou Seillier 1994a, p. 223.
46 Fouille É. Belot, 1991-1996. Identification des monnaies par J.-M. Doyen pour une étude inédite menée dans le cadre du PCR Atlas topographique de la ville antique de Boulogne-sur-Mer.
47 Seillier 1994a, p. 223.
48 Will 1960, p. 377-379.
49 Belot, Canut 1993a, p. 59-61 ; Seillier 2007, p. 143.
50 Seillier 1996, p. 240-242.
51 Belot, Canut 1993a, p. 82 et J. Flahaut dans ce volume.
52 Gosselin, Seillier 2003.
53 Belot 1991 ; Seillier 1994a, p. 232-234.
54 Belot, Canut 1998.
55 Sur cette discussion, voir notamment Belot, Canut 1996, p. 24-29 et 43-47 et Seillier 2007, p. 138-140.
56 Haigneré 1880, p. 22 ; Gosselin et al. 1978 ; Leman 1981 ; Seillier 1994a, p. 236 et 240.
57 Rigaux 1904-1907, p. 67-68 ; Gosselin, Seillier 2003.
58 Rigaux 1891-1899 ; Vaillant 1895 ; Hamy 1891-1899a ; Hamy 1899, p. 37-38 ; Seillier 1991b ; Belot, Canut 1999. Une section de mur observée à l’occasion d’une fouille de sauvetage réalisée rue de Lille en 1967-68 avait été interprétée dans un premier temps comme une section interne de la courtine du Bas-Empire (Gosselin, Seillier 1978, p. 54-55). Cette interprétation, qui ne concorde pas avec les vestiges antiques dans ce secteur du camp, a été ensuite abandonnée par les fouilleurs.
59 Seillier, Gosselin 1975 ; Belot, Canut 1996, p. 36-42.
60 Notamment Hamy 1900-1903, p. 551-555 ; Gosselin et al. 1978 ; Belot, Canut 1993a ; Gosselin, Seillier 2003, auxquels il faut ajouter des observations réalisées en 1994, rue d’Aumont, face à la rue Saint-Martin par É. Belot (inédit, archives du service archéologie de Boulogne-sur-Mer).
61 Voir l’inventaire établi par Cl. Seillier pour la Carte Archéologique (Seillier 1994a, p. 230-240).
62 Gosselin, Seillier 1978.
63 Seillier 1994a, p. 250-255.
64 Blamangin, Leriche 2014, p. 61-62.
65 Haigneré 1859 et 1897 ; Blamangin et al. 2019.
66 Hamy 1879-1884 ; Belot 1990a ; Belot 1990b, p. 128-132.
67 Voir notamment Belot 1990b.
68 Belot 1993 ; Belot, Canut 1996, p. 54-64.
69 Haigneré 1859, p. 71.
70 Rigaux 1891-1899, p. 485 ; Hamy 1899, p. 37-38 ; Enlart 1899, p. 161 ; Sauvage 1904-1907, p. 661 ; Gosselin et al. 1978, p. 22, fig. 8 ; Belot 1990b, p. 71-74 ; Belot, Canut 1993a, p. 65-68 ; Belot, Canut 1996, p. 40.
71 Mériaux 2000, p. 380-382.
72 Mériaux 2006, p. 256.
73 Bède, HE I, 33, 2. Voir également Mériaux 2000 et Pietri 2015.
74 Gosselin et al. 1978 ; Dhaeze, Seillier 2005.
75 Chew 2003 ; Arveiller-Dulong, Hoët-Van Cauwenberghe 2014, p. 203-204.
76 Delmaire 1988, p. 72-73.
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