• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16489 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16489 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • Histoire et civilisations
  • ›
  • Le temps des jolies colonies de vacances
  • ›
  • Première partie. Les colonies de vacance...
  • ›
  • Chapitre 3. Accompagner la croissance d’...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le bonheur des enfants, un impératif moral et d’union nationale La croissance des colonies La question des subventions : un État incitatif mais regardant Notes de bas de page

    Le temps des jolies colonies de vacances

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 3. Accompagner la croissance d’un fait social majeur

    p. 89-126

    Texte intégral Le bonheur des enfants, un impératif moral et d’union nationale La croissance des colonies Une évolution globale exponentielle Des phases et des causes La problématique des lieux : des inégalités territoriales patentes La question des subventions : un État incitatif mais regardant La valeur éducative comme principe du subventionnement Un subventionnement multiple… … qui demeure fragile La mise en place d’un système d’inspection dense et rigoureux… … pour rationaliser les subventionnements Notes de bas de page

    Texte intégral

    « [Les colonies de vacances] constituent dans le domaine de l’enfance le fait social le plus important de notre époque et leur essor magnifique, obtenu grâce à l’effort combiné des animateurs, des œuvres des collectivités les plus diverses et de l’État, place la France au tout premier rang des nations européennes »1.

    1Les propos de Gaston Roux, en 1953, sont éloquents : les colonies de vacances sont un impératif d’État et une fierté française. Faisant jouer les symboles, emplies d’intentions généreuses et mues par une préoccupation pédagogique permanente, elles apparaissent à la fois utiles et sympathiques. En un mot, elles deviennent familières et s’inscrivent pleinement dans l’idéal de la reconstruction en consacrant l’enfance. L’État cherche à en faire un « véritable service public »2 tout en respectant profondément leurs spécificités. Il entend surtout accompagner les colonies dans ce qu’elles parviennent mieux que d’autres institutions à réaliser dans l’après-guerre : un processus d’unification nationale.

    Le bonheur des enfants, un impératif moral et d’union nationale

    2Les « colos » apparaissent en effet d’abord, dans l’immédiat après-guerre, comme des acteurs au service de la solidarité nationale. Leur cause, celle du départ en vacances des enfants, et d’abord des enfants les moins favorisés des villes, est légitime. La lutte contre la tuberculose, malgré le début de la régression de la maladie due à l’apparition de la streptomycine, demeure une préoccupation politique essentielle jusqu’au début des années 1950, que la vente du timbre antituberculeux, créé en 1927, permet de financer. C’est en effet par les enfants, à l’école (dont le rôle en matière d’éducation sanitaire est institutionnalisé depuis le XIXe siècle3) comme dans les colonies, que les normes d’hygiène se diffuseront pour permettre l’éradication du fléau ; inspecteurs, instituteurs et associations de jeunesse participent à l’effort, rivalisant d’initiatives pour la distribution du timbre (concours, médailles, prix spéciaux gratifiant les enfants, mais aussi les écoles, les associations, et même les communes les plus méritants)4. Dans le même esprit, la Croisade de l’air pur en 1945, pour l’Entr’aide française, puis surtout la campagne de ventes de timbres par la Fédération nationale des œuvres de vacances laïques, devenue Jeunesse au plein air (JPA) après la guerre, deviennent des rituels et permettent de financer le départ en colonies. La mobilisation des Français à leur profit devient un sujet récurrent des reportages audiovisuels sur les colonies. Dès le 14 décembre 1945, les Actualités françaises insistent sur l’intérêt national de la campagne du timbre antituberculeux, dont le message au ton inquiétant est explicite :

    Tous ces enfants qui peuplent les écoles des grandes villes, regardez-les bien. Écoutez-les aussi, écoutez ces toux inquiétantes, regardez ces visages amaigris. La tuberculose est partout. […] Mais pour guérir nos enfants, il faudra des lits dans les beaux pays où l’on retrouve la joie de vivre à l’air pur. Il faudra des sanatoria, des laboratoires de recherche, il faudra de l’argent. Le timbre antituberculeux « Renaître » vous permet d’en donner un peu. Achetez-le. Refusez un timbre antituberculeux, c’est condamner un enfant5.

    3En 1949, ce sont des images d’enfants des colonies distribuant le timbre de la JPA au ministre de l’Éducation nationale qui sont produites. En 1951, le film « La Jeunesse au plein air », réalisé pour la JPA, fait la promotion de ce dispositif, de même que le 7 février 1953, un reportage du journal télévisé de la Première chaîne montrant Édouard Herriot, président de l’Assemblée nationale, l’achetant, cultivant l’idée d’une nation œuvrant pour ses enfants.

    4Le traitement du sujet des colonies dans les Actualités françaises, seul média audiovisuel autorisé à la Libération, paraît aussi tout à fait intéressant pour saisir cette fonction politico-moralisatrice. Composé de reportages divers de quelques minutes diffusés dans les salles de cinéma, le contenu des Actualités françaises porte surtout sur la reconstruction de la France ainsi que sur l’actualité internationale, ce qui permet aux Français de redécouvrir des images de l’étranger. Aux yeux de Sylvie Lindeperg, dont les travaux analysent les reportages sur les camps de concentration, les Actualités françaises ont pour objectif de souder la communauté française6. Les réalisations sur les colonies de vacances s’inscrivent dans une certaine mesure dans cette logique. Elles cultivent en effet, par un moyen plus enjoué, le sentiment d’une France plurielle mais unie. Outre que dans la grande majorité des reportages, une vraie mise en scène est à l’œuvre où la vie de la colonie paraît réglée, les disputes en étant absentes, les enfants chantant à l’unisson derrière le directeur, appliquant avec exaltation les consignes des moniteurs et suivant la caméra avec un regard insistant et intrigué, le contenu des séquences témoigne de l’utilité collective et sociale des colonies. Dès le 3 août 1945, un reportage montre le ministre de la Santé publique et de la Population, François Billoux, rendre visite à de petits Parisiens vivant leurs premières vacances à Megève7. Dans l’édition du 8 septembre 1949, c’est le patriotisme qui est représenté, lorsque des enfants d’une colonie du Nord et du Pas-de-Calais se recueillent sur la tombe du soldat inconnu8.

    5Les colonies participent également à l’engouement de l’après-guerre pour les grandes causes politiques et sociales. Dans le film « Les travaux et les jeux » produit par la DGJS, elles trouvent leur place comme pilier de l’éducation populaire rurale, alors que la désertification des campagnes est en marche. Filmant la vie du village de Peyrehorade (Landes) au moment d’un stage d’animateurs ruraux spécialisés dans le théâtre amateur, ce documentaire a pour vocation de montrer que la culture peut être ramenée dans les campagnes. Les colonies, dans ce cadre, font partie de ces espaces à travers lesquels, face à un monde « qui a définitivement perdu le fil qui pendant des siècles a relié le socle de la vie quotidienne », peuvent se « resserrer ces liens d’expression collective »9. Enfin, dans le film « Le rendez-vous de l’espérance » produit en 1950 par le Comité Français de la Jeunesse Démocratique, d’orientation communiste et auquel la DGJS apporte un certain crédit, les enfants des colonies d’Ivry-sur-Seine et d’Aubervilliers sont filmés lors des rencontres internationales de la jeunesse pour la paix, du 13 au 20 août 1950 à Nice, militant pour l’interdiction de la bombe atomique : « Enfants des colonies de vacances, enfants des banlieues […] vos plus belles vacances aideront à sauver la paix »10. Comme d’autres courants de l’éducation populaire, comme les mouvements pacifistes et internationalistes de l’après-guerre, les colonies sont appelées à participer à la reconstruction d’une société meurtrie.

    6« Nécessité vitale […] pour les gosses de nos grandes cités »11, les colonies sont un impératif social. Il n’est pas exagéré de dire qu’il y a un large consensus, dans l’univers enseignant et éducatif, sur cette idée généreuse. En 1947, Roger Cousinet, pionnier de l’éducation nouvelle en France, ce vaste mouvement de réforme pédagogique militant pour la libération de l’enfant des carcans des pédagogies traditionnelles et défendant la diffusion des méthodes actives12, s’exprime solennellement à ce sujet. Pour le pédagogue, « l’humanité a besoin des enfants, […] de leurs forces neuves pour remplacer les générations usées », ce qui implique que toute société doit mettre en place des dispositifs d’éducation permettant de répondre aux besoins des enfants : « besoin de s’ébattre et de s’exercer physiquement, avec joie », « besoin de construire et de fabriquer », « besoin d’explorer, d’aller à la recherche de nouveaux objets, de lieux et d’êtres nouveaux », « besoin de collectionner et de posséder, et de se constituer au fond d’un meuble ou simplement d’une poche, d’un bien personnel ». Les colonies ont ici un rôle essentiel, car « à l’école, où l’humanité veut que soient satisfaits ses propres besoins, on ne s’ébat point dans la gaieté […]. On ne collectionne point, on ne possède pas. On s’emplit l’esprit, non de ce qu’on a besoin de savoir, mais de ce que d’aînés estiment qu’on a besoin d’apprendre. On n’agit pas »13.

    7Impératif social, les colonies de vacances s’imposent surtout dans l’immédiat après-guerre comme un impératif moral : pour la DGJS, leur bénéfice doit « être réservé par priorité aux enfants qui vivent habituellement dans des conditions peu favorables à leur santé physique et morale »14. L’extraction du milieu de vie est un objectif urgent. Le film « Entrez dans la danse », produit par la DGJS en 1948 et réalisé par Roger Leenhardt, vice-président du Syndicat des producteurs de films éducatifs, documentaires et de courts-métrages, contient toute cette ambition. Le film, qui raconte la vie de la colonie de Bellefontaine, en Île-de-France, s’ouvre sur une séquence où un enfant fume en contemplant depuis une butte le paysage des usines de Vitry-sur-Seine, accompagnée d’un commentaire sans équivoque : « pour les petits citadins, la période des vacances a été souvent, pendant trop longtemps, l’abandon dans la rue »15. Grâce aux colonies, « heureusement, dans les grands centres urbains, les enfants abandonnés qui singent les adultes et ne connaissent comme verdure que le terrain vague des banlieues industrielles, deviennent l’exception », poursuit le documentaire. L’image est largement reprise dans l’univers des colonies, et la JPA, dans son film de 1951 consacré à la vente des timbres, s’ouvre sur l’image d’une jeune fille tenant une poupée et regardant la vapeur des trains derrière une grille en fer d’une gare parisienne16. Circulent ici les représentations d’une ville « corruptrice » et malsaine, en particulier celles d’une « Paris-Babylone » à laquelle les colonies opposeraient une campagne bienfaisante, comme les colonies anarchistes et les groupements naturistes de l’entre-deux-guerres, ou encore les colonies agricoles du XIXe siècle, se sont eux aussi construits sur cette « urbaphobie »17.

    Document 4. Les colonies contre le danger physique et moral des faubourgs des villes.

    Image

    Source : CNC. 23231. « Entrez dans la danse », 1948.

    8Les films produits par les colonies participent enfin à figurer l’idée d’une nation française unie par la manière dont ils déclinent le thème régional. Dans le film « Entrez dans la danse » de la DGJS, les enfants sont rassemblés par groupes qui portent chacun le nom d’une province française, quand le film « Vivent les vacances » produit par le service de l’information des Houillères du Bassin de Lorraine avec le concours de l’État et de la SNCF, montre l’importance de la découverte du milieu au cours des colonies, les petits Lorrains découvrant par leur biais, qu’ils soient à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), Thietry, Trémonzey, Bains-les-Bains (Vosges), Petite-Rosselle (Moselle), Chilly-le-Vignoble (Jura), Lucinges, Ossat (Haute-Savoie), Prabert, Fontaine-la-Poya (Isère), Cannes-la-Boca (Alpes-Maritimes) ou Virieu-le-Grand (Savoie), une partie de France qu’ils ne soupçonnaient pas18. La logique est la même dans le film de 1949 portant sur les colonies de vacances de la ville de Stains19, qui s’ouvre sur l’image d’une carte de France, ou dans celui produit par la Coop sur ses nombreuses colonies françaises20, faisant la part belle aux diverses implantations du fait de leur complémentarité : les colonies sont l’occasion de parcourir la France, d’en admirer les paysages, d’en relever les spécificités locales. Transpire ici l’ambiance de fierté patriotique qui marque l’après-guerre. Les symboles convoqués figurent une union nationale, qu’alimentent par ailleurs les chants pratiqués dans les colonies, parfois le lever de drapeau. Si les colonies ne se définissent pas par un patriotisme exacerbé, elles n’ont en effet pas toutes abandonné le « folklore ruralo-militaire » de Vichy21.

    La croissance des colonies

    Une évolution globale exponentielle

    9Dès l’été 1945, 12 400 camps et colonies de vacances sont recensés par la Direction générale, qui estime alors le nombre de colons à 300 000. Si le nombre de structures reste stable jusqu’en 1949, l’effectif des colons croît par contre de manière spectaculaire, atteignant 500 000 en 1946, 800 000 en 1947 et 900 000 en 1948. Ce sont donc les enfants accueillis dans chaque colonie qui augmentent de manière significative et non le nombre des colonies elles-mêmes, ce qui, on l’imagine, nécessite d’importantes adaptations structurelles et pédagogiques. Cet essor considérable et sans précédent des colonies les fait littéralement changer d’échelle.

    10Un déclin des effectifs est toutefois sensible entre 1949 et 1952. Il n’est pas exclu que la rigueur du recueil des chiffres, perceptible à partir de 1949, joue en la faveur d’une diminution des effectifs, qui baissent par exemple à 835 231 pour 11 662 établissements d’accueil en 1951. Il est toutefois intéressant de noter que le nombre de journées de colonies, lui, continue d’augmenter sur cette période, signe que si les colons sont moins nombreux, leurs séjours sont plus longs. À partir de 1954, la croissance reprend, dans des proportions conséquentes. De 961 689 colons recensés à cette date, on atteint 1 221 444 en 1958. Le mouvement s’accompagne d’une hausse significative des établissements également, passant de 12 109 à environ 13 500 sur cette même période. La progression du nombre de journées, elle, suit cette tendance, passant de 28 109 334 à environ 36 millions22. Malgré cette augmentation, le nombre de colons accueillis par colonie croît davantage que le nombre de colonies lui-même, puisque si, en 1949, le nombre moyen d’enfants par colonie et camp est d’environ 70, cet effectif atteint 93 en 1958.

    Nombre de camps et coloniesEffectifs des colonsNombre de journées
    194512 400300 000
    194612 400500 000
    194712 400800 000
    194812 400900 000
    194912 400864 55024 321 821
    195011 917864 01225 234 135
    195111 662835 23125 249 261
    195211 654867 39926 527 642
    195311 934907 22326 398 041
    195412 109961 68928 109 334
    195513 4901 036 77231 375 910
    195613 5991 150 13734 201 427
    195713 6501 200 00036 000 000
    195813 5001 221 44436 000 000

    Document 5. La croissance des colonies en quelques chiffres.

    Image

    Des phases et des causes

    11Ces trois phases de développement s’expliquent par des facteurs divers, que les acteurs de l’époque tentent d’identifier précisément. La croissance des colonies, d’abord, doit être vue aux yeux d’Étienne Bécart à la convergence d’un « désir des parents d’améliorer l’état de santé d’enfants marqués par les privations alimentaires et les ébranlements nerveux » et de deux « lois sociales importantes », en l’occurrence celle officialisant les comités d’entreprise au sein desquelles des œuvres sociales sont organisées, et celle modifiant les assurances sociales par la création de la Sécurité sociale, dont sa branche dédiée à l’aide à la famille23. On notera également que la pérennité de ces structures, qui ont traversé la Seconde Guerre mondiale et qui sont désormais stabilisées autour des grands organismes comme les CEMÉA et l’UFCV, contribue à les légitimer.

    12La légère baisse connue par les colonies entre 1949 et 1952, elle, est structurelle. Si la fin du rationnement, qui rend de fait les colonies moins indispensables, joue ici un rôle, de même que l’augmentation importante du coût de la vie due à l’inflation, il faut surtout noter que la baisse de la natalité en France, repérable à partir de 1941, se fait sentir pour les colonies à partir de 1949. Mais cette diminution est relative, dans la mesure où, rapportée à l’effectif de la population infantile, la proportion des colons demeure quasiment stable : en 1949, la DGJS recense 627 011 enfants âgés de 6 à 14 ans pour une population totale de cette tranche d’âge de 4 940 100, soit 12,8 % d’enfants concernés. Ce pourcentage est de 11,7 % en 1950 (573 295 colons pour 4 881 200 enfants), 12,7 % en 1951 (614 789 colons pour 4 881 500 enfants) et remonte à 15 % en 1952 (752 946 colons pour 5 080 000 enfants)24.

    13Aux yeux de l’administration, la période de 1949 à 1952 est charnière. Elle correspond d’abord à l’installation des colonies dans les mentalités comme des structures incontournables d’éducation. La confiance que leur accordent les familles, liée à la stabilisation des dispositifs de financement par les caisses d’allocations familiales, est aussi due au travail de la DGJS et des grands organismes de colonies dans le domaine de la formation des directeurs et des moniteurs. Mais cette phase est surtout cruciale parce qu’elle constitue une période de mise au point et de consolidation. Les travaux du comité de perfectionnement pédagogique en place depuis 1947 ont préparé les arrêtés du 14 avril et du 11 mai 1949, qui définissent les nouvelles conditions de fonctionnement des colonies. Les obligations strictes qu’elles contiennent en matière d’installation, de prescriptions sanitaires, d’encadrement, sont largement partagées par les organismes de colonies, qui ont contribué à les élaborer.

    14Cette situation amène à une régression du nombre de colonies, qui apparaît alors légitime parce que garante de la qualité de celles-ci. Les colonies ont en effet trois ans pour appliquer les dispositions des arrêtés de 1949, et l’État estime à 90 % celles qui ont effectivement été en mesure, en 1952, de suivre ces prescriptions en se dotant de douches, de sanitaires, d’escaliers de sécurité, etc. Celles qui n’en ont pas les moyens, dès 1949, cherchent à s’unir à d’autres œuvres ou périclitent, ce qui conduit à la fermeture d’environ 1 400 installations en 1949-1950, tandis que les refus d’ouverture prononcés par les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports aboutissent à la disparition d’une centaine de centres entre 1951 et 195225.

    15La dernière phase du développement des colonies, elle, s’explique d’abord démographiquement, les 850 000 enfants nés en 1946 arrivant dans l’âge des colonies à partir de 1952. Cette date correspond également à l’ouverture de colonies dites « maternelles » accueillant, suite au conseil des assistantes sociales, des enfants de moins de six ans. Les difficultés budgétaires que connaît alors la DGJS freinent pourtant une croissance qui aurait pu être, eu égard aux caractéristiques démographiques, bien plus importante encore. À partir de 1953, la demande dépasse l’offre et, pour la première fois, des enfants dont les parents souhaiteraient qu’ils partent ne le peuvent pas. S’il est difficile d’en évaluer précisément le nombre, celui-ci croît jusqu’en 1956, et la DGJS estime à cette date que près de 500 000 demandes ne sont pas satisfaites26.

    16Les colonies connaissent bien ici une véritable crise de croissance, la création de nouveaux établissements ne permettant pas de couvrir les besoins. Malgré le fort développement de leurs effectifs, elles régressent même sur le nombre d’enfants rapporté à l’effectif d’une classe d’âge, concernant 14,7 % des enfants de 6 à 14 ans en 1953 et 14,2 % en 195427. En 1952, un rapport du Conseil supérieur de l’Éducation populaire et des Sports fait ce constat :

    Il résulte d’enquêtes très sérieuses que 12 % des enfants d’âge scolaire partent en colonies de vacances et qu’il faudrait atteindre le pourcentage de 18 % pour atteindre la fraction des enfants de centres urbains qui ne vont pas à la campagne (chiffres valables en 1950). En clair, et pour tenir compte de l’accroissement de la population enfantine, il faut envisager un accroissement d’effectifs de 460 000 enfants28.

    17La DGJS va même plus loin sur ce plan. À ses yeux, et affirmant s’appuyer ici sur « des statistiques fournies par les services départementaux de la Jeunesse et des Sports et des indications résultant de diverses enquêtes sur la structure sociale en France », les « habitudes familiales traditionnelles » de la population devraient amener à ce qu’un tiers des enfants parte en vacances, ce qui implique un objectif de 5 millions d’enfants pris en charge à l’échéance 1960, soit la création de 2 130 000 lits29.

    18Dans ce contexte apparaît bien un décalage entre l’intention de faire des colonies de vacances une opportunité démocratisée et la réalité matérielle des établissements ou la réalité financière de la DGJS. Ajoutons ici que l’augmentation des effectifs des colonies s’explique surtout par celle des capacités des centres existants. Or tous les centres ne sont pas en mesure de s’adapter à ce flot de colons, « bourrage »30 qui se fait au détriment de la pédagogie et de la qualité de l’accueil.

    19Pour autant, le succès des colonies ne se dément pas, aidé en cela par la volonté des principaux organismes d’augmenter la durée du séjour (d’environ 27 jours en 1948 à 31 jours en 1952 et 32 jours en 1957) ou encore par l’existence d’une dispense de fréquentation de l’école à partir du 1er juillet. Ainsi, si la proportion d’enfants à atteindre pourrait être plus importante, il n’en reste pas moins qu’en valeur absolue, le chiffre des enfants partant en colonies de vacances est considérable. Pour croître encore, c’est l’ensemble de ces structures (équipements, formation, coordination) qui devrait également changer d’échelle. Pour la DGJS, les colonies ne peuvent d’ailleurs tout assumer et doivent s’envisager dans leur complémentarité avec les autres formes d’éducation permettant une éducation non-scolaire des jeunes : Maisons des jeunes et de la culture (qui passent de 61 à 120 entre 1946 et 1951), théâtres populaires (de 1 200 troupes à 4 500), associations de cinémas (de 600 à 6 000 associations), œuvres péri- et post-scolaires (5 000 à 25 000 associations), bibliothèques pour tous, etc.31.

    La problématique des lieux : des inégalités territoriales patentes

    20Le développement des colonies de vacances après la Seconde Guerre mondiale, s’il est manifeste, n’est toutefois pas uniforme. La volonté de couvrir l’ensemble du territoire national est pourtant une intention politique réelle. Dès la fin des années 1950, les services déconcentrés établissent des rapports, à destination de la DGJS, faisant un état des lieux des colonies (nombre, implantation, caractéristiques, etc.)32. La précision de ces données témoigne du souhait de saisir l’ampleur du phénomène. De nombreuses cartes manuscrites sont par exemple réalisées, à l’échelon local ou départemental, qui visent à faire état de l’attractivité d’une région, et à obtenir des éléments fins tels que les rapports entre population de colons et population cantonale dans les lieux d’implantation33. Signe de l’attention portée par l’État au développement des colonies sur l’ensemble du territoire, la SNCF est également sollicitée par les pouvoirs publics. Non seulement celle-ci accorde des réductions substantielles aux colonies, en contrepartie de versements de l’État34, mais surtout, la présence de représentants de l’entreprise publique dans les CDCV est censée permettre de mieux envisager le désenclavement de certaines zones35.

    Document 6. Carte d’implantation des colonies de vacances en Dordogne, 1955.

    Image

    L’original, en format A1 et en couleurs, reflète l’application des inspecteurs dans leurs rapports.

    Source : AN. 19770455-25. Rapport du service départemental de la Jeunesse et des Sports de Dordogne, 1955.

     

    21L’enjeu, pour la DGJS, est social et culturel. La connaissance de la France, de ses richesses et de sa diversité, apparaît en effet comme une préoccupation majeure, comme en témoignent explicitement les films réalisés par la DGJS ou sous son couvert. Le film « Brécéan, une colonie de vacances de l’été 1950 », produit en 1950 par la JPA, la Fédération de la Seine des œuvres laïques et les CEMÉA, met en scène des traditions et des pratiques locales comme la fabrication du sel, les danses folkloriques ou l’extraction de la tourbe, et montre combien la colonie est d’abord un moyen d’immersion dans le patrimoine français36.

    22La réalité des colonies en France est cependant loin d’être homogène. Une enquête sur les origines géographiques des colons menée en 1953 montre que si les départements parisiens (Seine et Seine-et-Oise), du nord de la France (Nord et Pas-de-Calais), lorrains (Meurthe-et-Moselle et Moselle) ainsi que le Rhône et les Bouches-du-Rhône apparaissent presque naturellement, du fait de leur taille mais aussi de l’importance de l’emploi ouvrier, comme les huit départementaux les plus pourvoyeurs de colons (250 417 colons pour la Seine, 46 177 pour le Nord, environ 30 000 pour les Bouches-du-Rhône, la Seine-et-Oise et le Rhône, et plus de 15 000 pour les autres), les territoires ruraux que sont la Meuse, la Nièvre, l’Indre, la Haute-Loire, le Lot, les Hautes-Alpes, la Corse, le Cantal, la Creuse, la Lozère et les Basses-Alpes envoient moins de 2 000 colons en vacances37. Croisées avec la répartition des colonies sur le territoire français, dont une majorité se concentre dans les espaces littoraux (côtes atlantique et méditerranéenne) et montagneux (Alpes-Maritimes, Savoie et Haute-Savoie, Isère, Rhône, Jura, Vosges), on peut identifier des zones réellement délaissées par les colonies, tant en termes d’implantation que de recrutement, comme la Creuse et l’Allier, dans le centre de la France, ou encore l’Aisne, dans le nord du pays38.

    23Ce constat est corroboré par l’urbaniste Louise Borniche qui, à partir des recensements de 1954, met en lien le nombre de colonies par départements d’origine des colons, par départements d’accueil et les coefficients d’urbanisation des départements français. La question est ici celle de la recherche du « meilleur équilibre national ». Mais plus avant, c’est la dimension pédagogique de la colonie qui est mise en avant pour défendre une répartition appropriée :

    [Les départements faiblement urbanisés] ne sont pas surpeuplés par les indigènes ni par les estivants, donc propices aux vacances. Cette création leur apporterait une activité juvénile qui serait la bienvenue, qui, si elles n’ont pas d’attraits aussi forts que d’autres réputées pour leur pittoresque, n’en offrent pas moins de nombreux motifs d’intérêt39.

    24Pour autant, l’État n’envisage pas la répartition des colonies sur le territoire dans la même perspective. Certes, la DGJS produit différents documents dans lesquels elle avertit que, si le désir de s’implanter « dans des régions réputées, aux paysages, aux climats caractéristiques », est légitime, celui-ci « ne doit pas conduire à accepter n’importe quelle installation, alors qu’ailleurs des régions moins réputées mais aussi très belles peuvent offrir aux colonies de vacances d’excellentes possibilités d’implantation »40. Dans un rapport de 1960 faisant état de la campagne 1959 des colonies de vacances mais remontant jusqu’en 1945 pour évoquer des tendances de développement, Étienne Bécart et Auguste Robert fustigent « l’implantation des colonies dans des zones touristiques parce que l’adulte (comité de l’œuvre, directeur, etc.) les trouve attrayantes pour lui et, inconsciemment, les juge telles pour l’enfant », et regrettent que dans « l’état actuel de la législation, aucun texte ne nous permet de refuser l’autorisation d’ouverture dans des centres d’activités touristiques intenses », se prononçant pour que le comité de perfectionnement pédagogique se positionne sur cette question de manière claire. Ils militent pour la définition d’une « politique nationale des centres de vacances devant tenir un meilleur compte des apports éducatifs et sanitaires des zones d’implantation », pour « mettre un terme aux investissements coûteux sur des constructions qui ne sont utilisées que trois fois l’an »41.

    25Pourtant, une circulaire du 5 février 1949 envisageait déjà de définir une politique d’implantation des colonies en sollicitant, de la part des services départementaux de la Jeunesse et des Sports, un recensement précis des installations utilisées et des zones favorables, par aménagement de locaux ou construction, à de nouvelles implantations. Mais la persistance de cette préoccupation à la fin des années 1950 témoigne de la difficulté des pouvoirs publics à intervenir réellement dans ce domaine, exception faite des colonies des administrations et des entreprises publiques, dans la mesure où le choix d’une implantation demeure du ressort des organisateurs. Au-delà de ces intentions officielles, on note surtout l’absence de rapports ou de documents attestant d’une réelle volonté de rééquilibrage (il n’existe pas, par exemple, de rapports d’inspection importants portant sur des zones peu investies par les colonies). Dans les faits, cette posture correspond surtout à une vision touristico-éducative des colonies par les autorités, ce que reflète la partition du territoire en trois types de zones géographiques : sites de montagne, de mer et de campagne (ou de plaine). En 1955, un rapport annuel faisant état des implantations recense 5 520 centres en montagne (Alpes, Pyrénées, Massif central, Jura, Vosges), 3 550 centres dans les zones maritimes (Bretagne, Atlantique, Méditerranée, Manche, Nord) et 3 160 centres de plaine, sans jamais faire état de zones blanches42. La répartition des colonies paraît ainsi, aux yeux de l’État, davantage liée à la qualité de l’environnement d’accueil qu’à la justification sociale de celle-ci, ce qui interroge eu égard aux intentions affichées.

    La question des subventions : un État incitatif mais regardant

    26L’évolution des colonies de vacances en France entre 1945 et 1958 est indissociable de l’engagement financier de l’État. En les subventionnant en frais d’équipement et, pour les frais de fonctionnement, à hauteur de 50 % initialement, la manne engagée paraît d’emblée significative : elle représente 550 millions de francs en 1947 et 940 millions en 1948, puis oscille entre 780 et 870 millions entre 1949 et 1954, avant d’être en constante augmentation à partir de 1954, chiffrée à 1,4 milliard de francs en 1955 et atteignant 2,39 milliards en 195843. En tenant compte de l’inflation, ces chiffres témoignent d’une augmentation du budget de 7 % entre 1947 et 1948, puis d’une diminution importante entre 1949 et 1954 (-36 % entre ces deux dates), à nouveau compensée après 1955 pour atteindre quasiment le niveau de 1947 en 1959. À première vue, l’État se place donc dans une posture incitative, mais qui demeure limitée dans la mesure où elle paraît ne pas s’affermir au fil de la période44.

    27Cet engagement pour autant non négligeable de l’État en faveur des colonies, ne date pas de l’après-guerre. Estimé à 7 millions de francs en 1932, la participation publique diminue à 3 millions en 1936, ce qui est intolérable dans l’esprit du Front populaire45. Si la loi de finances du 31 décembre 1936 ouvre au ministère de la Santé publique un crédit de 5 millions de francs, c’est surtout l’arrêté du 18 mai 1937 qui fixe les principes de ce financement, appelés à devenir pérennes : contribution pour frais de séjour au prorata du nombre de journées de séjour, conditionnement de la subvention à l’agrément de la préfecture, inspections départementales de l’Hygiène et de l’Assistance publique et des Comités départementaux des colonies de vacances, exclusion de tout objectif commercial, etc.

    28En 1945, le subventionnement des colonies redevient une priorité. Initialement prévue à 15 francs par colon et par jour, la somme allouée en fonctionnement est réévaluée à 30 francs, ce qui correspond environ à 50 % du prix de revient46. Le subventionnement des institutions pour reconstruction, travaux et équipements est également impératif. Le budget pour 1946 prévoit de consacrer 410 millions de francs aux colonies de vacances et aux villages d’enfants, que le 5e bureau se charge de répartir entre les 3 000 dossiers de demandes de subventionnement pour fonctionnement et les 287 dossiers pour aménagement qu’il reçoit cette année-là47. Le financement se fait pour autant souvent par acomptes, et de nombreux établissements attendent longtemps le versement du solde. En 1947, une importante rallonge de 330 millions de francs est sollicitée, que le 5e bureau justifie par l’accroissement significatif du nombre de colons, la reconstruction de nombre d’établissements et, surtout, l’augmentation du coût de la vie, qui oblige en 1946 à utiliser la quasi-totalité du crédit alloué aux prix de journée. Par ailleurs, le 5e bureau de la Famille sollicite le ministère de la Santé publique pour un soutien en matériel et fournitures qui n’avait jusque-là pas encore été envisagé48. Initialement, le subventionnement de l’ensemble des colonies, quelle que soit leur orientation idéologique ou confessionnelle, est assumé par l’État, soucieux de ne pas prêter le flanc à la critique de l’étatisation. C’est alors la qualité éducative qui est avancée comme seul critère de subventionnement. Pour autant, une forme de priorisation des organismes laïcs se fait peu à peu jour en ce domaine, soutenue par les partis de gauche et les instances enseignantes notamment, et critiquée par l’aile droite de l’Assemblée49.

    La valeur éducative comme principe du subventionnement

    29Une vaste politique de subventionnement se met ainsi en place, qui lie définitivement les colonies à l’État. Corollairement, une ligne ministérielle se dessine dans l’ordonnance du 9 août 1944 sur ce que doit être une colonie autour de la notion de « valeur éducative », qui est d’ailleurs au principe de l’agrément de jeunesse et d’éducation populaire demandé par les institutions et mouvements de jeunes. En juillet 1946, le Directeur général des Mouvements de jeunesse et de l’Éducation populaire Albert Châtelet donne instruction aux inspecteurs régionaux de lier l’octroi d’une subvention à la recherche de l’augmentation de cette valeur50. Encore vague, cette notion est précisée par Pierre Bourdan, ministre de la Jeunesse, des Arts et des Lettres :

    L’État ne saurait accorder son aide que pour des activités essentiellement éducatives, et seulement après un contrôle minutieux [en valorisant] tout ce qui, chez les adolescents, peut éveiller la curiosité intellectuelle, le goût du mieux-être, sollicite leur activité, le sens de leurs besoins et des besoins de la collectivité à laquelle ils appartiennent, tout ce qui met en honneur les procédés de self-government et en pratique l’idée de coopération, enfin fait connaître les institutions démocratiques et donne, par l’exécution de services désintéressés, la pratique du civisme51.

    30La ligne est claire : fonction sociale et éducative indiscutable, complémentarité avec l’école sont des principes-clés qui écartent « toutes les formations spontanées ne présentant aucune garantie pour les deniers de l’État »52. La circulaire du 5 avril 1949 fixe alors précisément ces modalités de subventionnement : taux maximum, règles limitatives, amortissement, délais, attestations, etc., afin que l’administration soit effectivement « assurée que l’effort financier fait chaque année par l’État corresponde à un accroissement ou à une amélioration du patrimoine des œuvres de vacances »53.

    31Le subventionnement s’accompagne donc d’un processus de contrôle, dont les premières bribes se manifestent dès 1946-1947, et qui n’ira qu’en se précisant et en se rationnalisant. En 1947, suite au constat de la « lourde imprudence » commise par certaines œuvres ayant engagé des moniteurs et monitrices de moins de 18 ans, André Basdevant et Étienne Bécart, lors d’une séance du comité de perfectionnement pédagogique, rappellent des jugements faisant jurisprudence à la suite d’accidents en colonies. Ils indiquent que la « valeur de l’encadrement des colonies de vacances et les résultats éducatifs obtenus constitueront de plus en plus un des éléments dominants dans le calcul des subventions attribuées par l’État », chose pour laquelle Bécart envisage « de rendre obligatoire dès 1948 la possession du diplôme pour les directeurs de colonies de vacances ». Dans son sillage, le comité exprime aussi, par la voix de Jean Joussellin, fondateur du CPCV, le désir que les questions du recrutement des stagiaires, de la sécurité morale et physique des enfants et de l’équilibre entre les activités et le repos en colonies soient sérieusement mises à l’étude, signe de la volonté de définir avec de plus en plus de précisions les contours d’une colonie « de valeur »54.

    32Ces intentions ne restent pas des vœux pieux. Au milieu des années 1950, la valeur éducative d’une colonie est quantifiée, complémentairement à la valeur sanitaire et à la valeur de gestion et administrative, plus facilement objectivables. Alors que l’idée d’une évaluation notée des colonies fait son chemin, les rapports des inspecteurs généraux insistent sur les contenus des activités, l’investissement des directeurs et moniteurs. Étienne Bécart et Auguste Robert, présentant un bilan de l’évolution des colonies au cours des années 1950, s’interrogent notamment sur le vieillissement du corps des directeurs, sur la routine observée dans les activités, et sollicitent le comité de perfectionnement pédagogique pour mettre en place des mesures : tenue d’un cahier d’activités dans les colonies, instauration d’une limite d’âge pour être directeur, etc.55.

    Document 7. Valeur sanitaire, valeur de gestion et valeur éducative, piliers d’une colonie satisfaisante

    Données généralesTitre de l’institution, n° d’autorisation, lieu de fonctionnement, altitude, origine géographique des enfants, milieu social (ouvrier, rural, employé, scolaire, étudiant), durée en jours, nombre de garçons et âges, nombre de filles et âges, nombre de journées.
    Valeur sanitaireAménagement : cuisine, réfectoire, dortoirs, infirmerie, chambre d’isolement, salle de jeux, préaux, logement du personnel, protection contre l’incendie, dégagements
    Conditions sanitaires : eau potable, ordures et détritus, évacuation des eaux usées, WC, lavabos, douches, examen médical du personnel, tenue des fiches de liaison
    Matériel : d’installation, éducatif
    Alimentation : variété, qualité, quantité, boisson
    Soins donnés aux enfants : sieste, accidents, maladies, cahier d’infirmerie, propreté, tenue, etc.
    Note /2
    Valeur de la gestion financière et administrativeRegistre des présences journalières, cahier des menus, les menus sont-ils affichés ?, prix de revient alimentaire, registre ou fiches de stock, registre d’inventaire, comptabilité, deniersNote /2
    Valeur éducativeEncadrement : directeur (nom, profession, âge, titre, valeur), économe, adjoint au directeur, infirmière, assistante sociale ou étudiant en médecine, surveillant de baignade, nombre de moniteurs (et valeur de l’ensemble), nombre de moniteurs diplômés, nombre de moniteurs stagiaires, personnel de service
    Organisation de la vie éducative : fréquence du conseil des moniteurs, équipes ou groupes, ateliers Activités pratiquées : vie physique (réveil, éducation physique, jeux, sports, baignades, promenades, excursions, voyages, etc.), apprend-on aux enfants à nager ?, travaux manuels, musique (chants, disques, chorale), projection, cinéma, bibliothèque, débats, causeries, veillées, fêtes, lutte contre le bruit.
    Note /2
    Appréciation d’ensembleNote /6
    Note générale /12

    Source : AN. 19780579-19. Bulletin d’inspection d’une colonie de vacances, service départemental de la Jeunesse et des Sports de Haute-Savoie, 1957.

    Un subventionnement multiple…

    33Les subventions auxquelles les colonies peuvent prétendre sont de plusieurs types. Celles concernant le fonctionnement sont les plus importantes, en volume, dans le budget de la DGJS. Octroyées en fonction de la « valeur » de la colonie, elles passent par les inspecteurs départementaux de la Jeunesse et des Sports, qui émettent un avis sur les demandes. C’est à travers elles que l’État marque le plus le paysage des colonies de vacances, validant la légitimité sociale des établissements. Ici, la propension de l’État à subventionner en priorité les colonies laïques est manifeste. Elle crispe les fédérations confessionnelles. Les lois Marie-Barangé de septembre 195156 permettent une forme de rééquilibrage, dans la mesure où elles concernent aussi indirectement les colonies de vacances, par le biais notamment des associations de parents d’élèves qui reçoivent une allocation annuelle.

    34Un autre type de subvention de la DGJS concerne le financement des investissements. Elles concernent les opérations d’un montant supérieur à 500 000 francs, puis à partir de 1955, sont étendues aux sommes inférieures57. Ces demandes font l’objet d’une appréciation au cas par cas, traités par une commission installée par arrêté le 3 avril 194658. Elles visent la prise en charge de travaux très divers : acquisition de locaux, aménagements sanitaires, construction de salles, extensions, etc. En 1955, ce subventionnement atteint environ 400 millions de francs, sur 1,035 milliard sollicité auprès de l’État. Les organismes de colonies, qui financent eux-mêmes la majorité des travaux, sollicitent aussi de manière croisée des fonds auprès des municipalités, des associations scolaires ou privées, des UDAF, des comités d’entreprise, etc.

    Document 8. Répartition des subventions en investissement, 1955.

    Image

    Source : AN. 19780579-27. Belles Vacances, automne 1956.

    35Dans le même temps, le montant total de l’investissement de l’État en matière d’équipement pour l’éducation physique, les sports, les activités de jeunesse, l’éducation populaire et les œuvres de vacances est évalué à 5,1 milliards de francs, ce qui porte la part des colonies à 8 % environ. À partir de 1955, le fossé dans le financement des équipements entre éducation populaire (dont colonies de vacances) et monde sportif devient définitif. En 1954, équipements sportifs et colonies de vacances pouvaient être subventionnés à hauteur de 160 millions de francs chacun par la DGJS. En 1955, 1956 et 1957, ce chiffre grimpe à 430 puis 800 millions pour les colonies, mais à 1,1 puis 1,4 puis 1,875 milliard pour l’équipement sportif, et 100 puis 230 puis 385 millions pour l’équipement culturel59.

    36La modernisation des infrastructures des colonies paraît donc être relativement secondaire pour l’État. Au-delà des choix politiques qui sont révélés, et qui seront confirmés après 1958, il y a fort à parier que l’authenticité que revendiquent les colonies comme moyen éducatif joue ici en leur défaveur : bien dans leurs murs et dans la nature, les colonies n’auraient guère d’autres besoins en équipements que ceux d’une installation minimale. Il n’en reste pas moins que la question de l’aménagement des colonies gagne en épaisseur dans la deuxième moitié des années 1950. En 1957, les subventionnements sont de 870 millions en investissement contre 828 millions en fonctionnement, alors que deux ans plus tôt, les crédits d’investissement représentaient moins de 40 % de ceux de fonctionnement. L’État, conscient d’un retard accumulé dans ce domaine, rééquilibre donc son financement60.

    37D’autres possibilités de subventionnement des colonies concernent ensuite les achats de matériel, pour lesquels l’État s’engage également à partir de 1947. Les dossiers de subventions de cette nature sont intéressants, parce qu’ils regorgent de détails qui montrent le quotidien des colonies. En 1954, la section départementale de l’Office central de coopération à l’école de Saint-Denis (La Réunion) dépose une demande dans laquelle la liste précise du matériel laissera rêveurs les nostalgiques d’un camping d’un autre temps : 3 tentes type grande patrouille, 3 tapis de sol en toile huilée, 3 vaches à eau de 10 litres, 6 seaux de toile de 10 litres, 3 gourdes à gros goulot vitrifiées, 3 lanternes triangulaires, 3 popotes cylindriques à jonc, 3 réchauds radius en boîte fer, 24 assiettes en alu fort, 6 grilles à feu, 1 lampe de poche à 2 piles, 1 clé à sardines, etc., pour un montant total demandé de 190 449 francs, et une subvention accordée de 100 000 francs61. Ici, l’État montre, d’une manière un brin ostentatoire (et parce que la somme totale engagée demeure moindre : 110 millions en 1955, 230 millions en 195862), son souci d’être au plus près des préoccupations concrètes de chacune.

    38S’il est, enfin, un secteur dans lequel l’État s’engage dans le financement des colonies, c’est celui de la formation des cadres. En 1948, la commission interministérielle d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air fait état d’une dotation de 280 millions pour le fonctionnement, de 170 millions pour les travaux d’aménagement et le matériel, et de 45 millions pour la formation des cadres (soit 8,2 % du budget), alors que l’on prévoit cette année-là la présence de 20 000 moniteurs et 3 000 directeurs dans les stages (le coût de la formation d’un directeur ou d’un moniteur étant alors estimé à environ 2 000 francs)63. En 1957 et 1958, ce sont 80 millions de francs qui sont alloués à cette action, auxquels s’ajoutent 100 millions relatifs au fonctionnement général des fédérations et associations agréées pour la formation des cadres64. Ce subventionnement passe par des subsides affectés directement aux organismes de formation en fonction du volume de leurs stages, de leurs effectifs, du nombre de journées de formation. En 1955, ceux-ci sont de 42,15 millions de francs pour les CEMÉA, dont le statut d’organisme de formation principal des cadres en France est indiscutable aux yeux de l’État, de 9,3 millions pour l’UFCV, 7,125 millions pour l’UFOVAL, 6 millions pour la JPA, 3,5 millions pour le CFMLEJ, 1 million pour le CPCV et 500 000 francs pour la Fédération générale des PEP65. Un an auparavant, l’État avait apporté son soutien à 750 sessions d’études, soit 225 000 journées de stage, assurées par près de 900 formateurs, au sein des CREPS, mais aussi de l’Institut national de l’Éducation populaire, ou lors de stages dits « extérieurs »66. Cette aide à la formation des cadres passe également par la prise en charge des frais de stages pour les sessions organisées dans les CREPS et les Centres régionaux d’éducation populaire (CREP) par les associations agréées67 et par le versement possible d’indemnités de stages. La circulaire du 25 janvier 1949 stipule que cette aide, de 50 francs pour un célibataire, 150 francs pour un stagiaire marié ou soutien de famille et 250 francs pour un stagiaire marié ayant des enfants à charge (taux portés à 100, 250 et 400 francs en 1953), se traduit par un engagement des stagiaires subventionnés à consacrer environ 12 heures par mois au service du directeur départemental de la Jeunesse et des Sports68.

    … qui demeure fragile

    39Fonctionnement, aménagement, matériel, formation : la DGJS montre sa volonté de soutenir les colonies. Si son engagement augmente de manière conséquente entre 1945 et 1958, celui-ci ne suit toutefois pas la courbe des effectifs des colonies, preuve que ces dernières ont de plus en plus à assumer elles-mêmes leur croissance.

    Document 9. Effectifs des colonies de vacances et subventions de l’État, 1959.

    Image

    Source : AN. 19860419-43. Effectifs des colonies de vacances et participation financière de l’État, 1959.

    40La part d’engagement de l’État diminue en effet inéluctablement. Volontariste en 1945 et 1946 avec la prise en charge de 50 % puis de 33 % du prix de journée, elle baisse à 10 % en 1947, 5,5 % en 1948, et oscille jusqu’en 1958 entre ces deux chiffres. L’augmentation du nombre de colons est évidemment la première cause de cette situation. Mais c’est surtout l’augmentation du coût de la vie et, corollairement, du coût de revient des colonies (lié à l’augmentation de la qualité de celles-ci en termes d’accueil, d’encadrement, etc.) qui est explicative. L’État s’arc-boute ici sur le principe d’une aide en fonction de tous les enfants qui partent, sans chercher à interroger la pertinence de cette prise en charge : les archives n’attestent par exemple d’aucun rapport de l’inspection générale ou de la DGJS dont le but aurait été d’évaluer l’impact de ce système, ou de réfléchir à l’opportunité de subventionnements différents, ni d’une réelle réflexion sur la complémentarité entre DGJS et CAF à ce sujet. Sur ce point, l’administration Herzog cherchera à modifier radicalement les choses en 1958 par l’octroi de bourses ciblées dépendant des ressources des familles.

    Document 10. Prix de revient journalier des colonies et subvention moyenne de l’État pour tous les enfants, 1945-1960.

    Image

    Source : AN. 19860419-43. Rapport sur les colonies de vacances depuis 1945, 1959.

    41Il résulte de ce fossé croissant entre prix de revient journalier et subvention moyenne de l’État une modification du modèle économique des colonies et de leurs rapports aux familles. Ces dernières sont en effet de plus en plus sollicitées, et doivent composer avec les aides en provenance des collectivités locales et des communes, des comités d’entreprise ou encore du Fonds d’action sanitaire et sociale des CAF69. Dès 1948, la commission d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air indique que « les œuvres semblent mieux comprendre la nécessité de faire participer financièrement toutes les familles aux dépenses journalières occasionnées par les enfants »70. La DGJS ne se masque ici pas les yeux, et indique que cette sollicitation grandissante « devrait pouvoir se résoudre » par celle des caisses d’allocations familiales, dont la contribution aux colonies, en 1948, représente par exemple plus de 2 milliards de francs, et ce bien qu’aux yeux de ces dernières, cette participation ne puisse dépasser 20 % du prix de revient des séjours. Du point de vue de la DGJS, il est aussi du ressort de chaque œuvre de trouver des subsides, « par ses ressources, ses fêtes, etc. », quand le ministre, lui, défend l’idée que le subventionnement des colonies ne peut avoir lieu qu’après leur fonctionnement, une fois l’intérêt éducatif réellement constaté, et doit être conditionné au fait que les organismes aient exploré « toutes les autres possibilités de financement »71.

    42La situation inquiète les grands organismes, qui demandent un soutien plus massif. L’UFOVAL par exemple, au moment du vote du budget de 1954, appelle l’État à « adopter pour ce secteur vital de notre jeunesse, une loi de programme de quatre ou cinq ans, permettant une continuité indispensable dans l’effort d’équipement avec attributions des subventions prévues à époques fixes ». Arguant que « si l’État se désintéresse de ce problème crucial, il aura besoin de davantage encore de milliards pour enrayer le mal dans les “prévent”, les “sana”, les hôpitaux », l’UFOVAL (et les réactions sont similaires dans les autres organismes) pointe du doigt la frilosité de l’administration, dont l’attitude ne pourrait aboutir qu’à deux conséquences : la diminution du coût de revient des colonies (avec de graves répercussions sur la qualité de l’encadrement, de l’animation, des équipements) ou une augmentation de la participation des familles (c’est-à-dire une difficulté croissante pour les familles populaires à envoyer leurs enfants)72. En corollaire, la colonie de vacances semble devenir de plus en plus l’affaire des grands organismes (UFCV, CPCV, UFOVAL, CEMÉA notamment), capables de soutenir en propre le développement de leurs séjours. Si les municipalités, les comités d’entreprise, les syndicats, les mouvements de jeunesse, aux côtés des principales associations laïques et confessionnelles, le sont aussi, en revanche, les œuvres paroissiales, qui avaient été à l’origine des premières colonies soixante-dix ans plus tôt, sont pour beaucoup contraintes de réduire voire d’arrêter leur activité73.

    La mise en place d’un système d’inspection dense et rigoureux…

    43Même considérée comme insuffisante par les organismes de colonies, la manne engagée par l’État demeure importante. Elle amène la DGJS à mettre en place un système d’inspection dense et ambitieux. Dans ce domaine, un vrai volontarisme s’exprime, visant à renforcer la réciprocité entre État et colonies, pour lesquelles les inspecteurs s’imposent comme les figures tutélaires.

    44Déjà essentielles avant-guerre, les inspections sont alors confiées aux inspecteurs de l’Hygiène. Après 1944, la mise en place de l’administration de la Jeunesse et des Sports, puis le transfert de l’attribution de la gestion des colonies au Ministère de l’Éducation nationale en 1947, confèrent aux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports un rôle plus déterminant. Ils sont les garants du climat des colonies, veillant à ce qu’« indépendamment de tout ce qui est nécessaire à la santé, l’enfant qui séjourne en colonie de vacances [vive] dans une ambiance affectueuse d’une valeur morale indiscutable »74. Visitant les centres, ces inspecteurs sont surtout chargés de la formation pédagogique des directeurs et moniteurs, et distillent des conseils d’activités, d’excursions à organiser, de jeux à adapter, etc. Ils statuent aussi sur les demandes de subventions : ceux du département d’accueil et du département d’origine émettent en effet un avis sur ces dossiers, qui comportent les éléments généraux de la colonie et sur l’œuvre organisatrice, mais aussi des renseignements sur le médecin présent, un avis formulé par le CDCV concerné, les comptes et les prévisions d’activité, etc.75.

    45Ces missions n’évoluent guère jusqu’à la fin des années 1950, comme le montre le cadrage effectué par Gaston Roux pour la campagne 1958, qui reprend sensiblement ces mêmes thèmes, tout en précisant les rôles dévolus aux inspecteurs principaux et généraux des colonies. Les premiers coordonnent les activités des chefs des services départementaux, organisent l’inspection des candidats aux diplômes d’État et relayent sur le terrain les initiatives d’incidence nationale (telles que la fiche de liaison Hygiène scolaire-Centres de vacances). Les seconds, eux, sont chargés du contrôle des organismes agréés pour la formation des cadres, de l’inspection de ces stages, de la coordination des enquêtes consécutives aux incidents et accidents, de la coordination des activités des centres académiques et départementaux76. L’objectif est bien ici de créer un système d’inspection composé de différents échelons, avec des liens forts de l’inspection générale jusqu’aux inspections départementales.

    46Si la mission de contrôle exercée par les inspecteurs paraît souvent prioritaire, en cohérence avec le décret-loi du 17 juin 1938 qui institue une surveillance de l’autorité publique visant la protection des enfants, elle se double pour autant d’une action pédagogique, à propos de laquelle la DGJS a un regard un brin enchanté. La volonté de créer un dialogue entre organismes et responsables de colonies et État, par le biais des inspecteurs, paraît ici évidente, mais aussi illusoire :

    À la colonie, l’inspecteur se substitue à l’enfant et, face aux adultes responsables du fonctionnement, il s’assure des bonnes conditions de ce fonctionnement et, si besoin est, il exige les modifications nécessaires. Étant donné la qualité des personnes responsables du fonctionnement des colonies, le rôle de l’inspecteur est, fort heureusement, le plus souvent un rôle de conseiller – conseils pour éviter les maladresses dues à une connaissance insuffisante des besoins réels de l’enfant, conseils pour combattre la routine qui ignore l’évolution particulièrement rapide de notre époque, conseils pour faciliter les rapports de la collectivité avec l’extérieur, etc. […] Conscients de l’efficacité de leur action, informée par les inspections précédentes, enrichis par leurs travaux personnels, conseilleurs avant d’être censeurs, militants autant que fonctionnaires, sacrifiant vacances et obligations familiales, ils exercent leur mission avec zèle, dévouement et intelligence. Leur influence s’est affirmée forte et heureuse, et leurs visites sont souhaitées par les directeurs des colonies et des camps77.

    47La réussite de l’objectif d’inspection des colonies est en tout cas conditionnée à la mise en place d’un maillage dense et efficace des inspecteurs. Calculant que la durée qui peut y être dédiée au cours de la période des colonies est de 45 jours, soit, en retenant les autres obligations de service, l’équivalent de 30 jours pleins uniquement pour les inspections, et que dans la mesure où « l’expérience fixe à une moyenne de deux inspections et deux contrôles le travail de chaque jour » (soit 60 colonies visitées potentiellement par inspecteur et par été), Étienne Bécart note : « dans de très nombreuses académies le personnel exerçant sur place est suffisant pour qu’un tel système soit applicable »78. Si l’on peut toutefois douter qu’une telle organisation soit réellement envisageable, elle le devient encore moins si l’on ajoute à la mission d’inspection des camps et colonies celle des moniteurs et directeurs en formation. Lucide, l’inspecteur général observe que ces deux objectifs ne sont pas conciliables :

    En 1955, et déjà les années précédentes, lors de l’inspection des colonies de vacances par les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports, une coutume s’est établie et presque entièrement généralisée : dès l’arrivée de la colonie l’inspecteur se présente au directeur et au cours des premières phrases de la conversation, le directeur annonce qu’il a un certain nombre de moniteurs à voir, assez souvent, pour une colonie de moyenne importance, 4, 5 ou 6. L’inspecteur, qui a prévu, dans son horaire, de consacrer deux heures à l’inspection de la colonie, dit au directeur : « Veuillez rassembler les moniteurs avec leurs équipes ». Il consacre un quart d’heure ou vingt minutes à chacun d’eux, fait exécuter un chant, un jeu, bavarde quelques instants, passe de l’un à l’autre, puis remplit les bulletins d’inspection, s’informe auprès du directeur de chacun des moniteurs et s’aperçoit que le temps prévu pour l’inspection de la colonie est déjà largement dépassé. Devant les exigences de son horaire il est dans l’obligation de quitter la colonie sans, au fond, l’avoir inspectée réellement. Tout se passe comme si nos inspecteurs étaient obligés de lâcher la proie pour l’ombre79.

    48La DGJS tente en tous les cas, jusqu’à la fin des années 1950, de systématiser le dispositif d’inspection des camps et colonies, tout en essayant autant que possible de prioriser le versant éducatif de ces inspections. Chaque année, elle sollicite des recteurs d’académie un bilan précis et nominatif des déplacements effectués, une liste des inspecteurs pouvant être mis à disposition d’autres académies, un état détaillé des frais de mission, etc.80. Sur le terrain, le travail déployé par les inspecteurs est considérable, ce dont témoigne l’importance numérique des dossiers de subvention et des rapports de tournée conservés dans les archives, ainsi que des correspondances à ce sujet entre DGJS et services départementaux. Ce travail est d’autant plus lourd que les procédures de sanction à l’encontre d’une colonie ou de fermeture, qui demandent moult justifications, ne sont pas rares. Pour ne prendre qu’un exemple, somme toute assez ordinaire mais montrant la difficulté de trancher, évoquons la décision prise par l’inspecteur général Auguste Robert, suite à une visite le 15 août 1957 à la colonie « Les magnanarelles » de Paris organisée à La Tour-en-Jarez, de réduire d’un tiers la subvention initialement allouée pour « marquer la nécessité de tenir à jour les pièces comptables », malgré « l’organisation parfaite » et la « direction remarquable » de la colonie81. Cette situation ne manque pas d’interroger sur le rôle réel de l’inspection des colonies, pour laquelle la priorité de prise en charge de l’enfant paraît parfois secondaire malgré un discours officiel inverse.

    49Un autre exemple, concernant l’inspection du camp de vacances du club de gymnastique d’Haubourdin (Nord) organisé à Mijoux (Ain), permet de comprendre que la DGJS est attentive aux écarts, même mineurs, repérés dans les colonies par les inspecteurs, et sollicite en ce sens de la part des services départementaux l’ensemble des dossiers : lors de l’inspection de ce camp, qui se passe bien, un incident se produit (« perte » d’un enfant lors d’une heure de liberté donnée aux garçons, finalement rentré en auto-stop). L’inspecteur sollicite une réduction de la subvention de l’État pour cette colonie, une sanction vis-à-vis de son directeur et la diffusion de cette information vers le préfet du Nord82. Ici, c’est la question de la sécurité qui prend le pas sur le caractère pédagogique.

    50D’autres inspections révèlent des dysfonctionnements plus graves, qui nécessitent la fermeture des établissements. Ainsi en est-il par exemple de la colonie de l’association pour le soutien de l’apprentissage artisanal de Bonnat, localisée au Moulin de Piot (Creuse). Celle-ci est jugée très négativement, tant du point de vue des installations d’hygiène, des conditions d’encadrement, de la gestion de la colonie, de la vérification de l’état sanitaire des moniteurs et du directeur que des activités proposées83. Ce type d’inspection nécessite un rapport circonstancié, dont la DGJS se saisit pour s’opposer à la réouverture l’année suivante.

    51Sur le plan local, il n’est pas rare que les maires des communes où se déroulent des camps ou colonies interviennent pour critiquer les visites des inspecteurs, trop sévères pour être en phase avec l’esprit des colonies ou portant sur des raisons mineures ou administratives84. Les députés, eux aussi, se mobilisent pour dénoncer des règles trop strictes, dans leurs départements. Louis Michaud par exemple, député MRP de Vendée, déplore « des obligations d’équipement sanitaire qui ne sont même pas imposées à l’industrie hôtelière ou aux établissements d’enseignement, notamment en ce qui concerne l’alimentation en eau courante »85.

    52Il est vrai que le cadre juridique des colonies n’est pas simple à établir, dans la mesure où, si « l’importance qu’elles ont prise dans notre société moderne a conduit les tribunaux à préciser leur nature juridique », la colonie est, avant tout et comme son nom l’indique, « un lieu de détente, de repos, de loisirs… ; ceci implique un certain relâchement de la discipline et la nécessité pour les ministres responsables d’élaborer, au moyen de décrets, arrêtés et circulaires une règlementation qui, tout en restant assez lâche pour permettre aux enfants de vivre sans contrainte et adaptée au cadre dans lequel ils évoluent, soit susceptible de leur assurer confort et sécurité »86. La DGJS se veut pourtant rassurante :

    La visite d’un inspecteur, qu’il soit départemental, régional ou général, ne doit jamais être pour vous une source de soucis supplémentaires car nous apprécions tout d’abord votre action, votre générosité, le don de vous-mêmes. […] nous n’intervenons vraiment avec fermeté que quand la sécurité des enfants est en jeu ; et chaque fois que nous faisons prendre conscience des manquements à la sécurité, nous recueillons tout de même vos remerciements […] sollicitez la visite d’un inspecteur et ne le craignez jamais87.

    53Contrôle de leur qualité, garantie de leur valeur éducative, vérification de l’utilité des investissements consacrés : l’inspection des camps et colonies de vacances est un enjeu majeur. Elle renvoie à l’image de la DGJS, qui s’applique, dans les films et reportages télévisuels qu’elle produit ou auxquelles elle est associée, à montrer des inspecteurs en visite, comme c’est le cas des reportages réalisés en août 1950 et en août 1951 pour les Actualités françaises dans les colonies de vacances laïques des PEP à Oléron et à Meschers-sur-Gironde en Charente. Regards bienveillants mais exigeants, les images montrent des inspecteurs soucieux d’écouter les enfants comme les moniteurs ou les directeurs, de découvrir les enfants en activité autant que les conditions d’hébergement, etc.88.

    54Étienne Bécart fait ainsi du système d’inspection un cheval de bataille. La DGJS met en place pour ces inspecteurs un système de formation et de formation continue, organisant des stages de culture populaire pour tous les éducateurs qui, « au cours d’activités extra-scolaires, ont à guider les adolescents et les adultes vers des loisirs de qualité »89. Dès avril 1945, un premier stage a lieu, réédité en avril-mai 1946.

    Document 11. Les inspecteurs en stage.

    Image

    Source : AN. 19790594-14. Programme de stage d’inspecteurs, Marly-le-Roi, 29 avril-3 mai 1946.

    55La DGJS réunit également spécifiquement les inspecteurs et chefs de service de la Jeunesse et des Sports lors de « stages d’études et de recherches », comme à Marly en 1954 pour 26 personnels des académies de Lille, Caen, Paris, Dijon et Nancy. L’objectif de ces séquences est clair : « permettre un enrichissement par la connaissance commune de l’acquis de chaque stagiaire », en vue de « donner plus de certitude, donc plus d’autorité, et d’autre part l’unification des conceptions qui renforce l’autorité de la DGJS dans les secteurs des colonies et camps de vacances »90. La volonté qui transparaît ici de solidifier l’action de la DGJS passe donc par l’harmonisation de l’action des inspecteurs ou, pour le dire autrement, de la construction d’un « corps des inspecteurs » fidèle aux orientations centrales. Le secrétaire général du Syndicat national des inspecteurs de la Jeunesse et des Sports, Gérard Forgues, confirme cette « fusion » entre inspecteurs et DGJS, jugée profitable à chacun d’eux, lorsqu’il déclare en mars 1956, lors des journées d’études de la commission Vacances du Syndicat national :

    Les colonies de vacances représentent un secteur de l’activité de la DGJS dans lequel s’affirme de plus en plus l’autorité de ses inspecteurs. Si cette autorité découle de la législation actuelle des colonies de vacances, nous pouvons dire qu’elle s’est renforcée grâce à l’action et à l’influence personnelle des inspecteurs qui travaillent sur le plan local et dont l’attitude d’indépendance, de loyauté et de dévouement a contribué à harmoniser et à encourager les efforts des œuvres et des associations qui dans les secteurs les plus divers occupent les colonies de vacances91.

    … pour rationaliser les subventionnements

    56Une analyse de la politique de subventionnement de l’État mériterait à elle seule une étude approfondie tant les archives sont prolifiques sur ce point : des approches comparatives par départements ou régions, par type de colonies ou par ancrage idéologique de celles-ci par exemple pourraient être envisagées. Retenons ici que le subventionnement est un point-clé pour la DGJS, et que les archives regorgent également de documents ou de rapports de synthèse de ces subventionnements témoignant du souhait d’embrasser largement le panorama des colonies et d’avoir une vue d’ensemble des territoires. Il faut noter la précision avec laquelle sont recueillies les statistiques de fréquentation des camps et colonies, par académies, par mouvements et organismes, et par âge des enfants, qui apparaît vertigineuse. En 1951, un rapport recense par exemple, département par département, l’ensemble des camps organisés au plan national par les Scouts de France, soit 583 camps scouts subventionnés (pour un montant total de 5,954 millions de francs) et 140 camps non subventionnés, représentant respectivement 14 925 et 3 045 enfants, passés au peigne fin92. Ce travail de fourmi, répété pour tous les organismes de colonies et de camps, et qui demande une grande rigueur aux inspecteurs départementaux, demeure un exercice délicat, mais paraît essentiel pour disposer de données de rationalisation des financements.

    57C’est sur de telles données que le comité de perfectionnement pédagogique se base pour exprimer des avis concernant l’évolution des colonies. Il diligente lui-même d’autres enquêtes en vue de saisir avec le plus de précision possible les réalités du terrain et d’orienter l’action de la DGJS. Lors de la séance du 26 novembre 1954, l’inspecteur général Auguste Robert présente par exemple un rapport portant sur les colonies de neuf départements du sud-est de la France, dont l’objectif était de recueillir l’avis des inspecteurs départementaux sur des thèmes tels que le pourcentage de moniteurs et directeurs diplômés, la nature et l’importance de l’aide allouée par les conseils généraux et municipaux, les types de colonies présentes, le lien des colonies aux CAF, la situation financière des colonies, le fonctionnement du CDCV, etc.93.

    58Cette volonté de disposer d’éléments factuels permettant la mesure des conséquences de l’effort financier de l’État concerne aussi, à partir du milieu des années 1950, le domaine de l’aménagement et de l’équipement. En 1956, Gaston Roux et Pierre Donzelot, Directeur général à l’Équipement scolaire, universitaire et sportif, présentent un « programme triennal portant sur 1957-1958-1959 » dont le but est de permettre un meilleur emploi des crédits affectés à l’aménagement des colonies de vacances. L’objectif de ce plan est de donner « toutes garanties […] à l’administration en ce qui concerne le sérieux des opérations projetées » et d’éviter que des œuvres ne modifient ou n’annulent leur projet d’aménagement une fois les promesses de subvention acquises94. Plus avant, ce plan exprime la volonté de définir, au sein des académies, des priorités d’implantation, de même qu’il entend inciter les organismes de colonies à penser leurs rénovations et constructions en lien avec les données institutionnelles : la DGJS publie à cet effet, en 1955, une importante brochure intitulée « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », dont elle souhaite faire une référence partagée, de même qu’elle construit des colonies de vacances expérimentales selon ces principes avec des coûts maîtrisés.

    59Malgré un contexte tendu avec les organismes de colonies, du fait de l’incapacité de l’État à suivre la croissance des colonies en augmentant d’autant sa participation à leur fonctionnement, la volonté d’une emprise étatique sur les colonies demeure manifeste. Notons que celui-ci s’inscrit dans le cadre d’une large politique de vacances pour les jeunes, qui concerne autant le départ en colonies que les camps de mouvements de jeunesse, les auberges de jeunesse, les échanges internationaux ou encore les maisons familiales de vacances. L’État cherche aussi à susciter la confiance des familles : dans les journaux nationaux, les diverses possibilités offertes pour le départ au grand air sont fréquemment publiées dans des quotidiens nationaux juste avant les vacances d’été95.

    Notes de bas de page

    1 AN. 19860419-43. Note de la DGJS sur les colonies de vacances, 1953.

    2 Jean-Claude Bonnefoi, Les colonies de vacances organisées par les collectivités publiques, op. cit., p. 7.

    3 Julia Vanel, « De l’éducation sanitaire à la promotion de la santé : enjeux et organisation des savoirs au cœur de l’action publique sanitaire (internationale) », thèse de doctorat en Sciences politiques (dir. Thierry Leterre), Université Paris-Saclay, 2016.

    4 Arlette Mouret, « L’imagerie de la lutte contre la tuberculose : le timbre antituberculeux, instrument d’éducation sanitaire », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, n° 12, 1994.

    5 INA. AFE86003368. « Campagne pour le timbre anti-tuberculeux », Les Actualités Françaises, 14 décembre 1945.

    6 Sylvie Lindeperg, Clio de 5 à 7. Les actualités filmées de la Libération : archives du futur, Paris, CNRS, 2000.

    7 INA. AFE86003200. « Vacances à Megève pour les petits Parisiens », Les Actualités Françaises, 3 août 1945.

    8 INA. AFE02014751. « Enfants d’une colonie de vacances du Nord et du Pas-de-Calais sur la tombe du soldat inconnu », Les Actualités Françaises, 8 septembre 1949.

    9 CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). 214120. « Les travaux et les jeux », 1959.

    10 CNC. 62071. « Le Rendez-vous de l’espérance », 1950.

    11 AN. F.44.120. Lettre d’André Basdevant, Bureau d’action par les Mouvements de jeunesse, à MM. Guillou et Charpentier, secrétaires du comité de coordination des services civiques de l’Union patriotique des Organisations de jeunesse, 4 avril 1945.

    12 Nous faisons ici nôtre la manière dont Annick Ohayon, Dominique Ottavi et Antoine Savoye circonscrivent cette notion : « Position éthique consistant à reconnaître la valeur de l’enfance », le vocable « éducation nouvelle » regroupe des « théories qui mettent en avant l’activité de l’enfant et plus généralement du sujet dans l’apprentissage », désignant aussi des pratiques (comme celles issues des différentes composantes de l’éducation populaire, dont les colonies), principes et expériences auxquels « se rattache un message, un pari sur l’éducation, celui que l’éducation peut faire progresser la société » (L’éducation nouvelle, histoire, présence et devenir, Berne, Peter Lang, 2004, p. 3-4).

    13 Roger Cousinet, « Les besoins des enfants », supplément au Trait d’Union. Bulletin trimestriel du Centre d’Éducation Physique et Sportive de Dinard, n° 6, décembre 1947, p. 1.

    14 AN. 19760169-1. Circulaire « Organisation générale des colonies de vacances en 1948 », 2 avril 1948.

    15 CNC. 23231. « Entrez dans la danse », 1948.

    16 CNC. 38885. « La Jeunesse au plein air », 1951.

    17 Arnaud Baubérot, Florence Bourillon (dir.), Urbaphobie. La détestation de la ville aux XIXe et XXe siècles, Paris, Éditions Bière, 2009.

    18 CNC. 76071. « Vivent les vacances », 1953.

    19 Fonds Rétro-colo. « Colonie de vacances de la ville de Stains à Villiers-sur-Loire », 1949.

    20 Fonds Rétro-colo. « Vacances heureuses. Les colonies de la Coop », années 1950.

    21 Olivier Chovaux, L’UFCV en son siècle…, op. cit., p. 46.

    22 Ces chiffres ont été obtenus à partir du croisement de plusieurs sources (AN. 19860419-43. Rapport sur les colonies de vacances depuis 1945, 1959 ; Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit. ; André Pégurier, « Esquisse d’un tableau des colonies de vacances pour enfants », op. cit.), les données existantes, y compris celles issues de l’administration centrale, étant parfois divergentes.

    23 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 968-969.

    24 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    25 Id.

    26 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 970.

    27 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    28 AN. F.44.127. Procès-verbal de la séance du 25 avril 1952 du Conseil supérieur de l’Éducation populaire et des Sports.

    29 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    30 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 970.

    31 AN. 19860419-43. Note sur l’extension des attributions et la progression des activités de la DGJS de 1946 à 1951, 1951.

    32 AN. 19770455-25. Rapports des académies à la DGJS : état des lieux des colonies, nombre, implantation, questions spécifiques, 1955.

    33 AN. 19770455-25. Rapport du service départemental de la Jeunesse et des Sports de Dordogne, 1955 ; AN. 19780579-11. Carte des colonies d’accueil des Vosges, 1954.

    34 AN. 19770455-1. Arrêté du Directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, 22 février 1954.

    35 AN. 19770455-28. Rapport de la réunion du CDCV de l’académie de Grenoble du 19 mars 1959, 6 mai 1959.

    36 PAJEP. Fonds des CEMÉA. 4.AV.1087. « Brécéan, une colonie de vacances de l’été 1950 », 1950. Francis Lebon propose une intéressante interprétation de ce film sur le site internet du PAJEP.

    37 AN. F.44.120. Statistiques de départ par origine des colons (départements), 1952.

    38 AN. 19860419-43. Statistiques des colonies de vacances par départements : origine et accueil des enfants, 1953 ; AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    39 Louise Borniche, « Les colonies de vacances et leur vie », La vie urbaine, avril-juin 1958, p. 150-153.

    40 AN. 19780579-27. Belles Vacances, automne 1956. Notes de la DGJS.

    41 AN. 19780579-19. Étienne Bécart et Auguste Robert, « Rapport général sur la campagne 1959 des centres de vacances d’après les rapports des services académiques et départementaux de la Jeunesse et des Sports », 15 mars 1960.

    42 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955.

    43 AN. 19860419-43. Effectifs des colonies de vacances et participation financière de la DGJS, 1959.

    44 Il paraît toutefois difficile de raisonner en francs constants, ce qui ne tiendrait pas compte des équilibres internes aux ministères, dont les budgets propres ne suivent pas les taux d’inflation.

    45 AN. 19760169-1. Compte rendu de la réunion de la commission consultative instituée auprès du Ministère de la Santé publique et de l’Éducation physique en vue de la répartition des crédits pour le fonctionnement des camps et œuvres de vacances et des garderies de plein air, 22 mai 1936.

    46 AN. 19760169-1. Note sur le budget des colonies de vacances du 5e bureau de la Direction de la Famille et de l’Enfance à M. le ministre de la Santé publique, 1946.

    47 AN. 19760169-1. Note à M. le DGJS sur l’emploi du crédit des colonies, 1946.

    48 AN. 19760169-1. Note sur le budget des colonies de vacances du 5e bureau de la Direction de la Famille et de l’Enfance à M. le ministre de la Santé publique, 1946.

    49 JOAN. Intervention de Solange Lamblin, députée MRP de la Seine, et d’Olivier De Sesmaisons, député de Loire-Atlantique, fondateur du Parti républicain de la liberté, à propos de la partialité de l’État en ce domaine, séance du 22 juillet 1947.

    50 AN. 19780579-29. Note d’Albert Châtelet aux inspecteurs principaux et inspecteurs de la Culture populaire et des Mouvements de jeunesse, 26 juillet 1946.

    51 AN. 20140183-4. Lettre de Pierre Bourdan à M. Le Directeur général des Mouvements de jeunesse et de l’Éducation populaire, 1er octobre 1947.

    52 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air, 21 avril 1948.

    53 AN. 19860419-43. Communiqué pour Héraclès – Rapport sur la DGJS et son rôle auprès des colonies de vacances, 25 avril 1949.

    54 AN. 19780579-2. Comité de perfectionnement pédagogique, séance du 8 octobre 1947.

    55 AN. 19780579-19. Étienne Bécart et Auguste Robert, « Rapport général sur la campagne 1959 des centres de vacances d’après les rapports des services académiques et départementaux de la Jeunesse et des Sports », 15 mars 1960.

    56 La loi André Marie (ministre de l’Éducation nationale, parti radical) du 21 septembre 1951 permet aux élèves des établissements privés de bénéficier des bourses de l’État. La loi Barangé (du nom du député du Mouvement républicain populaire – MRP – de Maine-et-Loire Charles Barangé) du 28 septembre 1951, elle, apporte une aide à l’enseignement catholique par le biais d’une allocation spécifique aux enfants scolarisés dans le privé.

    57 AN. 19860419-48. Circulaire du 28 septembre 1955.

    58 Cette commission est composée d’inspecteurs généraux de la Jeunesse et des Sports, d’inspecteurs principaux, de chefs de bureaux, d’inspecteurs généraux de l’Équipement et de représentants des ministères des Finances, de la Santé publique et de la Population et du Travail. Avec l’accroissement du nombre de demandes, cette dernière prérogative est prise en charge par une nouvelle commission dédiée (AN. 19770455-1. Rapport de la commission d’examen des demandes de subventions pour installation, aménagement et fonctionnement des colonies de vacances, 4 juillet 1958).

    59 AN. 19860419-43. Montant des investissements en matière d’Éducation physique, de sports, d’activités de jeunesse, d’éducation populaire et d’œuvres de vacances depuis 1951, 1960.

    60 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    61 AN. 19770455-2. Dossier de subvention des collectivités, associations ou institutions pour achat de matériel. Demande de la section départementale de l’Office central de coopération à l’école de Saint-Denis (La Réunion), section départementale de l’UFOVAL, 3 décembre 1954.

    62 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    63 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission interministérielle des colonies de vacances, 21 avril 1948.

    64 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    65 AN. 19860419-43. Subventions accordées en fonctionnement aux organismes de formation des cadres des colonies de vacances, 1955.

    66 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955.

    67 AN. 19780579-1. Circulaire du 17 mars 1950. Pour un stage d’éducation populaire organisé dans un CREPS par la DGJS, la prime journalière est de 120 francs et la prise en charge des frais de transports de 75 % pour les enseignants et de 50 % pour les autres.

    68 AN. 19770455-24. Circulaire sur les indemnités pour les stages se déroulant dans les CREPS du secrétaire d’État à l’Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports, vers les recteurs d’académie, les services départementaux de la Jeunesse et des Sports et les directeurs de CREPS, 25 janvier 1949.

    69 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955. Statistiques d’accueil en 1954.

    70 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air, 21 avril 1948. Du point de vue de l’État, « dans tous les cas où la situation de la famille est normale, la participation doit égaler le 1/3 du prix de revient ».

    71 JOAN. Séance du 9 juillet 1948.

    72 « Pour que vivent et s’équipent les colonies de vacances », Le Dauphine Libéré, 10 décembre 1954.

    73 Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances de 1880 à nos jours, op. cit., p. 334.

    74 AN. 19760169-1. Circulaire « Organisation générale des colonies de vacances en 1948 », 2 avril 1948.

    75 AN. 19860419-43. Dossier de demande de subvention des collectivités et associations pour leurs colonies, camps de vacances et œuvres de plein air, 1958.

    76 AN. 19780579-1. Campagne 1958 des centres de vacances : Instruction nationale. Lettre de Gaston Roux à MM. les préfets, les recteurs d’académie, les inspecteurs d’académie, 5 mai 1958.

    77 AN. F.44.128.2. Rapport du stage international sur « La formation des cadres de colonies de vacances », Marly-le-Roi (28 novembre-3 décembre 1960), 5 février 1962.

    78 AN. 19770455-25. Rapport d’Étienne Bécart sur les conditions d’inspection et de contrôle des colonies et camps de vacances, 1955.

    79 Id.

    80 AN. 19770455-1. Lettre de M. le ministre d’État chargé de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, René Billères, à MM. les recteurs d’académie sur l’inspection des camps et colonies de vacances en 1957, 15 avril 1957.

    81 AN. F-44-126. Rapport d’inspection de la colonie « Les magnanarelles » de Paris, 16 août 1957.

    82 AN. 19780579-11. Rapport d’inspection de M. Gay-Lancermin, inspecteur de la Jeunesse et des Sports de l’Ain, du camp de vacances du club de gymnastique d’Haubourdin (Nord) à Mijoux (Ain), 1955.

    83 AN. 19770455-14. Rapport d’inspection de la colonie de l’association pour le soutien de l’apprentissage artisanal de Bonnat (Creuse), au Moulin de Piot (Creuse) : inspection d’Auguste Robert et M. Albert, chef du service départemental de la Jeunesse et des Sports de la Creuse, 2 août 1958.

    84 AN. 19860419-43. Extrait d’une émission de radio où le maire de Saint-Calais, parle des colonies de vacances de sa commune, 22 août 1951.

    85 JOAN. Séance du 19 décembre 1951.

    86 Jean-Claude Bonnefoi, Les colonies de vacances organisées par les collectivités publiques, op. cit., p. 11.

    87 Étienne Bécart, « Discours lors du 50e anniversaire de l’UFCV », n° spécial du Bulletin de l’UFCV, n° 99, p. 3145.

    88 INA. AFE85003695. « Colonies de vacances à Oléron », Les Actualités Françaises, 31 août 1950 ; INA. AFE02015399. « Monsieur Queuille inaugurant la colonie de vacances à Meschers-sur-Gironde en Charente », Les Actualités Françaises, 30 août 1951.

    89 AN. 19790594-14. Invitation à la réunion des inspecteurs principaux des Mouvements de jeunesse et d’Éducation populaire, 10-14 avril 1945 ; Programme de stage d’inspecteurs, Marly-le-Roi, 29 avril-3 mai 1946 ; invitation au stage d’inspecteurs de la Jeunesse et des Sports et de l’Éducation populaire, février 1950 ; invitation de responsables d’éducation populaire au stage d’animateurs, avril 1950.

    90 AN. 19780579-30. Lettre d’Étienne Bécart à Gaston Roux sur les stages d’inspecteurs et de chefs de service de la Jeunesse et des Sports, 27 novembre 1955.

    91 AN. 19780579-11. Gérard Forgues, Livret « Journées d’études (12-17 mars 1956) », commission Vacances du Syndicat national des inspecteurs de la Jeunesse et des Sports, 1956.

    92 AN. F.44.120. Recensement des camps Scouts de France, 1951.

    93 AN. F.44.127-3. Comité de perfectionnement pédagogique, séance du 26 novembre 1954.

    94 AN. 19770455-1. Lettre de Gaston Roux et de Pierre Donzelot à MM. les chefs de services académiques de la Jeunesse et des Sports, les inspecteurs d’académie, les chefs des services départementaux de la Jeunesse et des Sports, les préfets, les ingénieurs en chef des Pont et chaussées, 5 novembre 1956.

    95 « Où placer vos enfants durant les grandes vacances ? », Le Figaro, 20 mai 1949.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 AN. 19860419-43. Note de la DGJS sur les colonies de vacances, 1953.

    2 Jean-Claude Bonnefoi, Les colonies de vacances organisées par les collectivités publiques, op. cit., p. 7.

    3 Julia Vanel, « De l’éducation sanitaire à la promotion de la santé : enjeux et organisation des savoirs au cœur de l’action publique sanitaire (internationale) », thèse de doctorat en Sciences politiques (dir. Thierry Leterre), Université Paris-Saclay, 2016.

    4 Arlette Mouret, « L’imagerie de la lutte contre la tuberculose : le timbre antituberculeux, instrument d’éducation sanitaire », Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques, n° 12, 1994.

    5 INA. AFE86003368. « Campagne pour le timbre anti-tuberculeux », Les Actualités Françaises, 14 décembre 1945.

    6 Sylvie Lindeperg, Clio de 5 à 7. Les actualités filmées de la Libération : archives du futur, Paris, CNRS, 2000.

    7 INA. AFE86003200. « Vacances à Megève pour les petits Parisiens », Les Actualités Françaises, 3 août 1945.

    8 INA. AFE02014751. « Enfants d’une colonie de vacances du Nord et du Pas-de-Calais sur la tombe du soldat inconnu », Les Actualités Françaises, 8 septembre 1949.

    9 CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). 214120. « Les travaux et les jeux », 1959.

    10 CNC. 62071. « Le Rendez-vous de l’espérance », 1950.

    11 AN. F.44.120. Lettre d’André Basdevant, Bureau d’action par les Mouvements de jeunesse, à MM. Guillou et Charpentier, secrétaires du comité de coordination des services civiques de l’Union patriotique des Organisations de jeunesse, 4 avril 1945.

    12 Nous faisons ici nôtre la manière dont Annick Ohayon, Dominique Ottavi et Antoine Savoye circonscrivent cette notion : « Position éthique consistant à reconnaître la valeur de l’enfance », le vocable « éducation nouvelle » regroupe des « théories qui mettent en avant l’activité de l’enfant et plus généralement du sujet dans l’apprentissage », désignant aussi des pratiques (comme celles issues des différentes composantes de l’éducation populaire, dont les colonies), principes et expériences auxquels « se rattache un message, un pari sur l’éducation, celui que l’éducation peut faire progresser la société » (L’éducation nouvelle, histoire, présence et devenir, Berne, Peter Lang, 2004, p. 3-4).

    13 Roger Cousinet, « Les besoins des enfants », supplément au Trait d’Union. Bulletin trimestriel du Centre d’Éducation Physique et Sportive de Dinard, n° 6, décembre 1947, p. 1.

    14 AN. 19760169-1. Circulaire « Organisation générale des colonies de vacances en 1948 », 2 avril 1948.

    15 CNC. 23231. « Entrez dans la danse », 1948.

    16 CNC. 38885. « La Jeunesse au plein air », 1951.

    17 Arnaud Baubérot, Florence Bourillon (dir.), Urbaphobie. La détestation de la ville aux XIXe et XXe siècles, Paris, Éditions Bière, 2009.

    18 CNC. 76071. « Vivent les vacances », 1953.

    19 Fonds Rétro-colo. « Colonie de vacances de la ville de Stains à Villiers-sur-Loire », 1949.

    20 Fonds Rétro-colo. « Vacances heureuses. Les colonies de la Coop », années 1950.

    21 Olivier Chovaux, L’UFCV en son siècle…, op. cit., p. 46.

    22 Ces chiffres ont été obtenus à partir du croisement de plusieurs sources (AN. 19860419-43. Rapport sur les colonies de vacances depuis 1945, 1959 ; Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit. ; André Pégurier, « Esquisse d’un tableau des colonies de vacances pour enfants », op. cit.), les données existantes, y compris celles issues de l’administration centrale, étant parfois divergentes.

    23 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 968-969.

    24 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    25 Id.

    26 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 970.

    27 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    28 AN. F.44.127. Procès-verbal de la séance du 25 avril 1952 du Conseil supérieur de l’Éducation populaire et des Sports.

    29 AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    30 Étienne Bécart, « Congés, vacances, voyages », art. cit., p. 970.

    31 AN. 19860419-43. Note sur l’extension des attributions et la progression des activités de la DGJS de 1946 à 1951, 1951.

    32 AN. 19770455-25. Rapports des académies à la DGJS : état des lieux des colonies, nombre, implantation, questions spécifiques, 1955.

    33 AN. 19770455-25. Rapport du service départemental de la Jeunesse et des Sports de Dordogne, 1955 ; AN. 19780579-11. Carte des colonies d’accueil des Vosges, 1954.

    34 AN. 19770455-1. Arrêté du Directeur de cabinet du ministre de l’Éducation nationale, 22 février 1954.

    35 AN. 19770455-28. Rapport de la réunion du CDCV de l’académie de Grenoble du 19 mars 1959, 6 mai 1959.

    36 PAJEP. Fonds des CEMÉA. 4.AV.1087. « Brécéan, une colonie de vacances de l’été 1950 », 1950. Francis Lebon propose une intéressante interprétation de ce film sur le site internet du PAJEP.

    37 AN. F.44.120. Statistiques de départ par origine des colons (départements), 1952.

    38 AN. 19860419-43. Statistiques des colonies de vacances par départements : origine et accueil des enfants, 1953 ; AN. 19860419-43. DGJS, « Étude technique sur l’aménagement des colonies de vacances », octobre 1955.

    39 Louise Borniche, « Les colonies de vacances et leur vie », La vie urbaine, avril-juin 1958, p. 150-153.

    40 AN. 19780579-27. Belles Vacances, automne 1956. Notes de la DGJS.

    41 AN. 19780579-19. Étienne Bécart et Auguste Robert, « Rapport général sur la campagne 1959 des centres de vacances d’après les rapports des services académiques et départementaux de la Jeunesse et des Sports », 15 mars 1960.

    42 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955.

    43 AN. 19860419-43. Effectifs des colonies de vacances et participation financière de la DGJS, 1959.

    44 Il paraît toutefois difficile de raisonner en francs constants, ce qui ne tiendrait pas compte des équilibres internes aux ministères, dont les budgets propres ne suivent pas les taux d’inflation.

    45 AN. 19760169-1. Compte rendu de la réunion de la commission consultative instituée auprès du Ministère de la Santé publique et de l’Éducation physique en vue de la répartition des crédits pour le fonctionnement des camps et œuvres de vacances et des garderies de plein air, 22 mai 1936.

    46 AN. 19760169-1. Note sur le budget des colonies de vacances du 5e bureau de la Direction de la Famille et de l’Enfance à M. le ministre de la Santé publique, 1946.

    47 AN. 19760169-1. Note à M. le DGJS sur l’emploi du crédit des colonies, 1946.

    48 AN. 19760169-1. Note sur le budget des colonies de vacances du 5e bureau de la Direction de la Famille et de l’Enfance à M. le ministre de la Santé publique, 1946.

    49 JOAN. Intervention de Solange Lamblin, députée MRP de la Seine, et d’Olivier De Sesmaisons, député de Loire-Atlantique, fondateur du Parti républicain de la liberté, à propos de la partialité de l’État en ce domaine, séance du 22 juillet 1947.

    50 AN. 19780579-29. Note d’Albert Châtelet aux inspecteurs principaux et inspecteurs de la Culture populaire et des Mouvements de jeunesse, 26 juillet 1946.

    51 AN. 20140183-4. Lettre de Pierre Bourdan à M. Le Directeur général des Mouvements de jeunesse et de l’Éducation populaire, 1er octobre 1947.

    52 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air, 21 avril 1948.

    53 AN. 19860419-43. Communiqué pour Héraclès – Rapport sur la DGJS et son rôle auprès des colonies de vacances, 25 avril 1949.

    54 AN. 19780579-2. Comité de perfectionnement pédagogique, séance du 8 octobre 1947.

    55 AN. 19780579-19. Étienne Bécart et Auguste Robert, « Rapport général sur la campagne 1959 des centres de vacances d’après les rapports des services académiques et départementaux de la Jeunesse et des Sports », 15 mars 1960.

    56 La loi André Marie (ministre de l’Éducation nationale, parti radical) du 21 septembre 1951 permet aux élèves des établissements privés de bénéficier des bourses de l’État. La loi Barangé (du nom du député du Mouvement républicain populaire – MRP – de Maine-et-Loire Charles Barangé) du 28 septembre 1951, elle, apporte une aide à l’enseignement catholique par le biais d’une allocation spécifique aux enfants scolarisés dans le privé.

    57 AN. 19860419-48. Circulaire du 28 septembre 1955.

    58 Cette commission est composée d’inspecteurs généraux de la Jeunesse et des Sports, d’inspecteurs principaux, de chefs de bureaux, d’inspecteurs généraux de l’Équipement et de représentants des ministères des Finances, de la Santé publique et de la Population et du Travail. Avec l’accroissement du nombre de demandes, cette dernière prérogative est prise en charge par une nouvelle commission dédiée (AN. 19770455-1. Rapport de la commission d’examen des demandes de subventions pour installation, aménagement et fonctionnement des colonies de vacances, 4 juillet 1958).

    59 AN. 19860419-43. Montant des investissements en matière d’Éducation physique, de sports, d’activités de jeunesse, d’éducation populaire et d’œuvres de vacances depuis 1951, 1960.

    60 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    61 AN. 19770455-2. Dossier de subvention des collectivités, associations ou institutions pour achat de matériel. Demande de la section départementale de l’Office central de coopération à l’école de Saint-Denis (La Réunion), section départementale de l’UFOVAL, 3 décembre 1954.

    62 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    63 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission interministérielle des colonies de vacances, 21 avril 1948.

    64 AN. 19860419-43. Subventions de la DGJS en faveur des camps et colonies, 1957.

    65 AN. 19860419-43. Subventions accordées en fonctionnement aux organismes de formation des cadres des colonies de vacances, 1955.

    66 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955.

    67 AN. 19780579-1. Circulaire du 17 mars 1950. Pour un stage d’éducation populaire organisé dans un CREPS par la DGJS, la prime journalière est de 120 francs et la prise en charge des frais de transports de 75 % pour les enseignants et de 50 % pour les autres.

    68 AN. 19770455-24. Circulaire sur les indemnités pour les stages se déroulant dans les CREPS du secrétaire d’État à l’Enseignement technique, à la Jeunesse et aux Sports, vers les recteurs d’académie, les services départementaux de la Jeunesse et des Sports et les directeurs de CREPS, 25 janvier 1949.

    69 AN. 19860419-43. Rapport « Colonies de vacances », 1955. Statistiques d’accueil en 1954.

    70 AN. 19780579-1. Procès-verbal de la réunion de la commission d’étude des moyens de développement des camps, colonies de vacances et œuvres de plein air, 21 avril 1948. Du point de vue de l’État, « dans tous les cas où la situation de la famille est normale, la participation doit égaler le 1/3 du prix de revient ».

    71 JOAN. Séance du 9 juillet 1948.

    72 « Pour que vivent et s’équipent les colonies de vacances », Le Dauphine Libéré, 10 décembre 1954.

    73 Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances de 1880 à nos jours, op. cit., p. 334.

    74 AN. 19760169-1. Circulaire « Organisation générale des colonies de vacances en 1948 », 2 avril 1948.

    75 AN. 19860419-43. Dossier de demande de subvention des collectivités et associations pour leurs colonies, camps de vacances et œuvres de plein air, 1958.

    76 AN. 19780579-1. Campagne 1958 des centres de vacances : Instruction nationale. Lettre de Gaston Roux à MM. les préfets, les recteurs d’académie, les inspecteurs d’académie, 5 mai 1958.

    77 AN. F.44.128.2. Rapport du stage international sur « La formation des cadres de colonies de vacances », Marly-le-Roi (28 novembre-3 décembre 1960), 5 février 1962.

    78 AN. 19770455-25. Rapport d’Étienne Bécart sur les conditions d’inspection et de contrôle des colonies et camps de vacances, 1955.

    79 Id.

    80 AN. 19770455-1. Lettre de M. le ministre d’État chargé de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, René Billères, à MM. les recteurs d’académie sur l’inspection des camps et colonies de vacances en 1957, 15 avril 1957.

    81 AN. F-44-126. Rapport d’inspection de la colonie « Les magnanarelles » de Paris, 16 août 1957.

    82 AN. 19780579-11. Rapport d’inspection de M. Gay-Lancermin, inspecteur de la Jeunesse et des Sports de l’Ain, du camp de vacances du club de gymnastique d’Haubourdin (Nord) à Mijoux (Ain), 1955.

    83 AN. 19770455-14. Rapport d’inspection de la colonie de l’association pour le soutien de l’apprentissage artisanal de Bonnat (Creuse), au Moulin de Piot (Creuse) : inspection d’Auguste Robert et M. Albert, chef du service départemental de la Jeunesse et des Sports de la Creuse, 2 août 1958.

    84 AN. 19860419-43. Extrait d’une émission de radio où le maire de Saint-Calais, parle des colonies de vacances de sa commune, 22 août 1951.

    85 JOAN. Séance du 19 décembre 1951.

    86 Jean-Claude Bonnefoi, Les colonies de vacances organisées par les collectivités publiques, op. cit., p. 11.

    87 Étienne Bécart, « Discours lors du 50e anniversaire de l’UFCV », n° spécial du Bulletin de l’UFCV, n° 99, p. 3145.

    88 INA. AFE85003695. « Colonies de vacances à Oléron », Les Actualités Françaises, 31 août 1950 ; INA. AFE02015399. « Monsieur Queuille inaugurant la colonie de vacances à Meschers-sur-Gironde en Charente », Les Actualités Françaises, 30 août 1951.

    89 AN. 19790594-14. Invitation à la réunion des inspecteurs principaux des Mouvements de jeunesse et d’Éducation populaire, 10-14 avril 1945 ; Programme de stage d’inspecteurs, Marly-le-Roi, 29 avril-3 mai 1946 ; invitation au stage d’inspecteurs de la Jeunesse et des Sports et de l’Éducation populaire, février 1950 ; invitation de responsables d’éducation populaire au stage d’animateurs, avril 1950.

    90 AN. 19780579-30. Lettre d’Étienne Bécart à Gaston Roux sur les stages d’inspecteurs et de chefs de service de la Jeunesse et des Sports, 27 novembre 1955.

    91 AN. 19780579-11. Gérard Forgues, Livret « Journées d’études (12-17 mars 1956) », commission Vacances du Syndicat national des inspecteurs de la Jeunesse et des Sports, 1956.

    92 AN. F.44.120. Recensement des camps Scouts de France, 1951.

    93 AN. F.44.127-3. Comité de perfectionnement pédagogique, séance du 26 novembre 1954.

    94 AN. 19770455-1. Lettre de Gaston Roux et de Pierre Donzelot à MM. les chefs de services académiques de la Jeunesse et des Sports, les inspecteurs d’académie, les chefs des services départementaux de la Jeunesse et des Sports, les préfets, les ingénieurs en chef des Pont et chaussées, 5 novembre 1956.

    95 « Où placer vos enfants durant les grandes vacances ? », Le Figaro, 20 mai 1949.

    Le temps des jolies colonies de vacances

    X Facebook Email

    Le temps des jolies colonies de vacances

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Le temps des jolies colonies de vacances

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Fuchs, J. (2020). Chapitre 3. Accompagner la croissance d’un fait social majeur. In Le temps des jolies colonies de vacances. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.93422
    Fuchs, Julien. « Chapitre 3. Accompagner la croissance d’un fait social majeur ». In Le temps des jolies colonies de vacances. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2020. doi:10.4000/books.septentrion.93422.
    Fuchs, Julien. « Chapitre 3. Accompagner la croissance d’un fait social majeur ». Le temps des jolies colonies de vacances, Presses universitaires du Septentrion, 2020, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.93422.

    Référence numérique du livre

    Format

    Fuchs, J. (2020). Le temps des jolies colonies de vacances. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.93372
    Fuchs, Julien. Le temps des jolies colonies de vacances. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2020. doi:10.4000/books.septentrion.93372.
    Fuchs, Julien. Le temps des jolies colonies de vacances. Presses universitaires du Septentrion, 2020, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.93372.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement