Étampes. La crypte de la collégiale Notre-Dame
p. 220-226
Note de l’éditeur
Avec la collaboration de : Pierre Gillon [contributeur], Architecte-historien, chercheur associé à l’EA-TRAME 4284, Université de Picardie Jules Verne François Heber-Suffrin [contributeur], Maître de conférences honoraire.
Texte intégral
1Isolée au centre de la collégiale qui la surmonte, la crypte d’Étampes doit sans doute sa conservation, lors de la reconstruction du xiie siècle et des remaniements postérieurs, à la présence de reliques vénérées. Son plan, d’un type courant au xie siècle avec ses trois vaisseaux de trois travées et son abside orientale semi-circulaire, semble prouver qu’il s’agit bien du reste de l’édifice reconstruit sous Robert le Pieux (996-1031). Sa structure, la forme de ses supports et les caractères de son décor paraissent le confirmer.
Localisation et cadre historique
2Située à 50 km au sud-ouest de Paris, Étampes était au xie siècle au cœur du domaine royal et à la croisée d’axes routiers importants reliant Paris à Orléans. C’est à partir de 987 qu’elle devient le lieu de résidence favori des premiers rois capétiens. La vigne et le blé constituent les principales ressources et « le Palais du Séjour », érigé par la reine Constance au début du xie siècle, comporte des greniers et des celliers royaux. Deux entités forment le site, la ville primitive (Étampes-les-Vieilles) et, protégé par des fortifications, Étampes-le-Chatel, à l’ombre des églises Notre-Dame et Saint-Basile nouvellement fondées. En 1046, Henri Ier cède plusieurs terres (certaines à défricher) et certains droits aux chanoines installés à Notre-Dame et, en 1085, Philippe Ier facilite l’installation de nouveaux habitants. Ces faits sont à l’origine d’une politique visant à transformer les deux entités, progressivement rapprochées, en cité directement administrée par le pouvoir et en « entrepôt » vaste et sûr pour l’approvisionnement de Paris. La résidence royale appelée « Palais du Séjour » est établie dans ces premiers temps où la jeune puissance capétienne s’efforce d’asseoir son pouvoir en protégeant le domaine royal par des châteaux implantés en divers points d’Île-de-France. Au milieu du xiie siècle, Étampes est une des plus importantes résidences capétiennes : Louis VII et Aliénor d’Aquitaine y séjournent en permanence jusqu’à leur départ pour la Terre Sainte en 1147.
Fondation de la collégiale
3L’édifice aurait été fondé, selon Dom Fleureau (Fleureau, 1683), à l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien dédié à saint Serin, confesseur. Sa construction comme église Notre-Dame dotée de douze chanoines (Monasterium sancte Marie in Stampensi castro : Bautier, Labory, 1965, p. 130) est attribuée par Helgaud de Fleury à Robert le Pieux (996-1031). Le rôle de ce dernier est confirmé par les diplômes royaux d’Henri Ier (1046) et Philippe Ier (1082) à propos de la dotation et des privilèges accordés. À la suite de l’archéologue étampois Louis-Eugène Lefèvre (1907), les historiens ont admis que la fondation devrait se situer en 1022 et qu’elle n’était pas achevée en 1046. B. Gineste, historien d’Étampes, a montré récemment qu’il s’agissait pour la date de 1022 de l’abus d’interprétation d’une note en marge d’un procès jugé en 1572 et que celle de 1046 ne concernait pas la réalisation de l’édifice (Gineste, 2006).
4Saint Cant, saint Cantien et sainte Cantienne ou Cantianille sont les saints patrons d’Étampes. Les reliques de ces martyrs auraient été rapportées de Rome, par Robert le Pieux, selon les offices liturgiques transmis par les bréviaires. On a lié cet apport au voyage fait par le roi à Rome (avant 1029) bien qu’il s’agisse de corps saints originaires d’Aquilée et transférés à Milan. À la suite d’un miracle à Étampes en 1249, on les retrouve en partie transférés à la cathédrale de Sens et placés dans un reliquaire. Par suite de différents sacs et pillages, une seule relique d’ossement restera, conservée dans une châsse à partir de 1832.
Description générale de l’édifice
5Placée sur une hauteur de la ville (fig. 198), la collégiale Notre-Dame se situe le long de la voie conduisant à la place Saint-Basile (rue Darnétal) et au débouché de la rue du marché Notre-Dame. L’église a été l’objet de plusieurs campagnes de reconstructions partielles entre les années 1130 et 1230 environ, l’essentiel étant établi avant 1180. Son plan complexe résulte des transformations successives décidées par le chapitre ou financées grâce aux libéralités royales. Le plan initial de la reconstruction avant le milieu du xiie siècle, comportait un chevet plat à l’est de l’ancienne crypte, et des bas-côtés de largeurs inégales adaptés à des fonctions sans doute différentes. Au nord, l’unique bras de transept donnait accès à une chapelle à deux niveaux. Par la suite, très rapidement, autour de 1140-1150, des absidioles permettant de multiplier le nombre d’autels furent ajoutées de part et d’autre du chevet (des chapelains sont attestés à partir de 1082). La tour occidentale fut incluse dans la construction fortifiée et un portail à statues-colonnes fut établi pour l’accès sud dans les années 1145.
198 - Implantation cadastrale de Notre-Dame d’Étampes.

P. Gillon.
La crypte
6La crypte est aujourd’hui isolée sous le sanctuaire reconstruit au xiie siècle, sans qu’on puisse la rattacher à une phase en élévation. Cependant, Élise Baillieul a établi que l’escalier de la tour-porche pourrait appartenir également à l’église du xie siècle (Baillieul, 2013, p. 17-23) (fig. 199).
199 - Plan de la collégiale Notre-Dame (service Patrimoine et inventaire de la Région Île-de-France), avec localisation des vestiges du xie siècle en surcharge.

Dessin P. Gillon.
7Elle n’est pas citée dans les sources les plus anciennes. Dans les archives récentes du Patrimoine, elle est surtout évoquée pour la question des peintures (cf. infra). Pierre Rousseau a constitué un dossier documentaire avec nombreuses notes et relevés, non publiés (MAP, D.98). Son plan diffère peu de celui de Chauliat (Lefèvre-Pontalis, 1909, rectifié pour le Congrès archéologique de 1919). Le plan ci-joint se fonde sur le plan Rousseau. J.-M. Alliot voyait dans la crypte actuelle les restes de la chapelle signalée par Fleureau (Alliot, 1888, XVIII, note 1), opinion réfutée par L. Marquis (1881, p. 263) qui l’attribuait à l’an mille. Elle avait été attribuée au xie siècle par Guilhermy (BNF, fr. n. a. 6100, fol. 95vo), A. de Saint-Paul (1884, p. 212), R. Merlet (1900, p. 72) et F. Lefèvre-Pontalis (1909, p. 7 et 1919, p. 1-7). J. Hubert (1950, p. 71-72 ; 1952, p. 78, n° 128, et 1988, p. 18) a montré qu’elle pouvait appartenir à la collégiale fondée par Robert Le Pieux.
Description générale
8Située sous l’avant-dernière travée du chœur, la crypte se présente selon un plan simple de crypte-halle, deux files de trois colonnes divisant l’espace en trois vaisseaux de même hauteur et d’égales dimensions, profonds de trois travées et terminés par un hémicycle sans épaulement (fig. 200, 201). On y descend par deux escaliers latéraux symétriques ouverts dans la deuxième travée.
200 - Plan de la crypte.

Dessin P. Gillon d’après Pierre Rousseau.
201 - Vue de la crypte vers le nord-est.

J.-F. Amelot, Amelot Photo (2015).
9Elle est construite avec des murs épais de 0,95 m à 0,98 m constitués de moellons noyés dans du mortier. Elle est couverte de voûtes d’arêtes sans doubleaux. Elle était peu enterrée à l’origine, du moins dans sa partie orientale où subsistent des baies d’éclairement ; une à l’est et une au nord, à l’amorce de la travée tournante. L’ébrasement dissymétrique de cette dernière baie incline à penser avec P. Rousseau qu’il existait à l’extérieur de celle-ci une contrainte, peut-être l’épaulement en retour d’un escalier primitif. On ne voit pas de traces d’une baie équivalente au sud. Les hauteurs d’appui de ces deux baies se situent autour de 1,40 m au-dessus du sol actuel. Le cintre de la fenêtre axiale est constitué de claveaux irréguliers de 0,05 m à 0,07 m.
10Les escaliers, dans leur état actuel, semblent avoir été reconstruits au début du xixe siècle, comme l’indique la date de 1811, inscrite au sommet de l’arcade d’entrée de l’escalier sud (fig. 202).
202 - Vue de la crypte vers l’est.

J.-F. Amelot, Amelot Photo (2015).
11Les niches latérales symétriques ménagées dans l’épaisseur du mur en hémicycle se situent à environ 0,30 m du sol. Leur hauteur varie entre 1,04 m et 1,11 m pour des largeurs inégales de 0,56 m et 0,68 m. Profondes de 0,35 m et légèrement ébrasées, elles ont été interprétées comme des ouvertures primitives (Lautier et Fritsch, 1990). Cependant, comme pour le caveau Saint-Lubin à Chartres (Sapin, Heber-Suffrin, 2008, p. 297), on est en droit d’y voir des niches reliquaires ou destinées à quelque autre usage liturgique. Les différences de niveaux entre les bases ou l’amorce des voûtes des murs périphériques et la partie centrale pourraient provenir d’un changement de parti en cours d’exécution.
12Les supports des voûtes sont constitués par des colonnes isolées ou engagées dans les murs. Leur hauteur varie autour de 1,50 m. Les colonnes isolées sont constituées de tambours d’environ 0,25 m de hauteur, et les colonnes engagées de petites assises de moellons de 0,10 m à 0,12 m. Elles étaient enduites comme l’attestent quelques vestiges. Il en est de même, comme on peut le voir au nord, pour certains chapiteaux dont la surface est recouverte d’un stuc lissé, parfois gravé.
13Les chapiteaux sans tailloir ni astragale sont de dimensions constantes : 0,20/0,22 m de hauteur et 0,32/0,34 m de largeur. La corbeille épannelée en tronc de pyramide et surmontée d’une tablette présente des angles abattus sans décor, soulignés par une baguette ou par des traits gravés, simples ou doubles. Le même procédé est utilisé pour les chapiteaux des colonnes engagées avec un épannelage plus simple et un décor plutôt gravé. Leurs corbeilles (0,20/0,25 m de hauteur), épannelées comme les chapiteaux, offrent cependant des formes plus nettes et un décor plus élaboré. Les angles comportent des feuilles lisses plus ou moins incurvées, limitées par des baguettes ou de simples rainures. Dans deux exemples, il s’agit de deux arcs brisés emboîtés ou d’un simple triangle. À la différence des chapiteaux isolés, la face avant des chapiteaux d’applique comporte certains décors assez variés, bien que sommaires (fig. 203, 204 et 205). Les motifs, sculptés en saillie ou simplement taillés en réserve dans un cartouche trapézoïdal, sont peu nombreux : fleuron schématique, deux feuilles lisses triangulaires affrontées, couronne de trois feuilles sans digitations avec taille en cuvette, volutes d’angle en forme de crossettes, séparées par un élément triangulaire à deux brins. Seuls les deux derniers exemples dérivent de formes antiques très simplifiées, comparables à des œuvres du monde ligérien, notamment d’Orléans et de Saint-Benoît-sur-Loire (Hubert, 1988 ; Rousseau, 1975). Des rapprochements peuvent aussi être faits avec des chapiteaux de Leyre (Espagne) et de Pavie (Italie) (Cabanot, 1982).
203 - Chapiteaux adossés.

J.-F. Amelot, Amelot Photo (2015).
204 - Chapiteaux adossés.

J.-F. Amelot, Amelot Photo (2015).
205 - Chapiteaux adossés.

J.-F. Amelot, Amelot Photo (2015).
14Les bases présentent une combinaison de formes géométriques. Les fûts reposent sur un dé adouci d’un talon ou d’un cavet. On peut trouver aux angles des demi-pyramides (?) ou des échancrures avec quatre demi-cercles. Certains motifs ont été rapprochés (Rousseau, MAP D.98) de bases de colonnes de la chapelle octogonale de la cathédrale de Senlis ou de celles de la chapelle d’axe de la cathédrale d’Auxerre. Les bases des demi-colonnes engagées sont en partie enterrées à l’exception de trois qui comprennent une large scotie peu profonde entre un tore supérieur à peine indiqué et un bandeau inférieur. Pour P. Rousseau, ce type d’imitation de la base attique trouve également des parallèles à la cathédrale d’Auxerre, à Château-Landon ou Saint-Bénigne de Dijon. On pourrait citer en outre la chapelle de Mommole à Saint-Benoît-sur-Loire.
Aménagements liturgiques
15À l’est, sous la fenêtre axiale, subsiste un massif d’autel restauré encadré de deux niches murales. Au centre du mur occidental, une haute niche depuis le sol a été quelquefois interprétée comme un premier accès. Outre que ce principe d’accès axial, dont il existe quelques exemples comme à Léré, n’est pas le plus courant dans l’architecture des cryptes romanes, sa largeur de 0,80 m et sa profondeur (on ne distingue aucun bouchage) nous invitent plutôt à y voir une armoire reliquaire. Subsistent également des supports latéraux pour des planches, mais dont l’aménagement peut certes être moderne. On note également que le décor peint reproduit à cet endroit au sommet des voûtes le palmier, symbole du martyre. Enfin, les deux accès latéraux au niveau de la deuxième travée apparaissent bien authentiques.
16Des traces d’encastrement de grilles visibles sur certains fûts de colonne suggèrent une délimitation de la travée occidentale précédant la niche. On peut supposer que c’est dans cet espace occidental qu’étaient présentées les reliques. La châsse reliquaire décrite en 1620 (Fleureau, 1683), dont les dimensions (trois pieds neuf pouces de longueur) ne permettaient pas une présentation dans la niche, pouvait l’être dans l’espace de la travée. La niche aurait pu abriter d’autres reliquaires de plus petit format.
17Du temps de l’abbé Lebeuf (Lebeuf, 1866-68, p. 506-507), la crypte était appelée Saint-Barthélemy. Cependant on peut penser que les reliques de Cant, Cantien et Cantienne s’y trouvaient vénérées à l’origine, et peut-être encore celles de saint Serin.
18L’examen des escaliers de la crypte montre que les deux marches supérieures sont de nature différente ; ce qui pourrait indiquer une surélévation générale des niveaux du sanctuaire et des bas-côtés.
Analyse du décor
19Il est probable que l’ornementation primitive a été limitée au décor sculpté des chapiteaux. Des effets d’incisions sur les impostes nord-ouest laissent penser à un décor de type également stuqué. Le décor peint moderne s’impose sur l’ensemble des voûtes. Il s’agit principalement de séries de médaillons d’anges porteurs de blasons à monogramme (deux M entrelacées, A et E), trois symboles d’évangéliste, des blasons représentant des soleils stylisés, un monogramme IHS, des motifs de végétaux et d’animaux et ce que R. Baudoin, l’auteur du rapport sur les peintures (MAP, n° 0102/02), interprète comme « un arbre dont la base est entourée de flammes ». Il s’agit en réalité, en regardant dans l’autre sens le motif sur la voûte, d’une représentation de palmier. Comme on l’a dit plus haut, ce motif pourrait être en rapport à cet endroit (niche ouest) avec la conservation de reliques. Les parois comportent des vestiges de bandes verticales colorées à motifs au pochoir. La palette chromatique est à base de gris, blanc, noir, ocre jaune et ocre rouge. Plusieurs motifs et jeux floraux rappellent des décors du xvie siècle (fig. 201 et 202).
20L’étude des peintures pour restauration (qui comprendra des essais de nettoyage et de refixage) par R. Baudoin, en 1989, tout en relevant l’absence de document sur l’ancienneté de ce décor, s’appuie sur le style, la technique, les transformations. L’auteur déduit par la chronologie relative (relation aux escaliers) que ce décor moderne est antérieur au xixe siècle (cf. date 1811 inscrite) mais comme la pauvreté de la technique « ne s’apparente guère (bien qu’elle s’en inspire par le style de certains motifs) à un décor xve ou xviie siècle, il semble plus probable qu’il s’agisse d’une composition du xviiie siècle ». R. Baudoin propose une exécution rapide à l’occasion d’une cérémonie particulière comme l’enterrement d’un personnage. L’identification des blasons pourrait donner des indications à ce sujet. L’un d’entre eux semble cependant ne reproduire que le monogramme de Notre-Dame.
21Les sondages pour retrouver des éléments d’un décor antérieur ont tous été négatifs. Le restaurateur note que la peinture a été pratiquée à la colle sur une sorte de lait de chaux irrégulier, grossier et fragile, qui n’adhère pas toujours à l’enduit. Sous le lait de chaux existe par endroit une couche grise au contact de la maçonnerie (fumée de cierge ou salissure ?). Il note par ailleurs que les chapiteaux sous des badigeons blancs étaient peints de la même peinture ocre rouge que celle des « fonds » (?).
Interprétation et datation
22Le plan courant de crypte-halle (Magni, 1978) et le type de voûtement sans doubleaux, présent à la cathédrale d’Ivrée, à Asti et à Valdeblore, permettent de placer l’édifice au début de l’époque romane. Dès 1961, Jean Hubert (Hubert, 1961, p. 48, note 4, repris en 1966 : Hubert, 1977, p. 515) avait rapproché les décors de la crypte d’Étampes et de Saint-Jean-de-Maurienne en évoquant les chapiteaux d’Italie du Nord. L’ensemble de ces caractères, à défaut de sources textuelles précises ou de datation archéométrique, autorise à situer sa construction dans les premières décennies du xie siècle.
23Sa restitution ne pose pas de problèmes particuliers en dehors de la position des escaliers qui probablement se retournaient vers l’ouest au-delà d’un palier – une pierre de ce retour de l’escalier nord semble subsister – selon un schéma bien connu comme à Saint-Avit d’Orléans. Le débouché des escaliers dans la seconde travée est plus rare. Dans la plupart des cryptes de ce type, ils sont situés en symétrie dans les travées occidentales, soit accessibles depuis l’ouest comme à Galliano (Italie), Celles-lez-Dinant, Hastière-par-delà (Belgique) ou Norroy-le-Veneur (Moselle), soit accessibles latéralement comme Amsoldingen (Suisse), Agliate, Oleggio (Italie) ou à la cathédrale de Metz. Cette position pourrait militer en faveur d’une utilisation liturgique de la travée occidentale en rapport avec la niche, comme à Saint-Avit où l’espace reliquaire est profond de deux travées. Des traces, déjà signalées, de goujons métalliques dans les colonnes seraient les témoins de l’existence d’une cloison, aujourd’hui disparue, isolant la travée occidentale dans les trois vaisseaux. Dans une fidélité aux origines, cette construction d’un certain prestige par les moyens mis en œuvre introduisait avec une crypte et ses reliques un facteur nouveau de sacralité et de protection de la ville d’Étampes, en pleine expansion au début du xie siècle.
Perspectives de recherches
24Aucune restauration n’est actuellement envisagée, mais il conviendra d’être attentif dans le futur à l’étude des enduits et à tous travaux permettant de préciser l’épaisseur des murs de la crypte et sa situation exacte dans l’église dont elle faisait partie et que l’on ne peut déduire de la structure de l’édifice reconstruit au xiie siècle.
Bibliographie
Sources
Bibliothèque nationale de France (BNF) : Ms fr. n. a. 6100 : GUILHERMY (François de), Description des localités de la France, t. VII, fol. 87-115 (1844) : courte description de la crypte et des peintures, fol. 95vo. – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) : D.98 : notes de Pierre Rousseau ; 0080/042/00229, carton 69 ; 0081/091/0013 : correspondance travaux (1850-1947) ; 0081/091/0014 : dossier travaux (1950-1989), dont n° 0102/02 : restauration des peintures murales, rapport R. Baudoin ; 1999/008/0131 (1984-1990) : dont compte rendu d’étude des peintures de la crypte (C. di Matteo).
Travaux non publiés
BAILLIEUL Élise (2012) – L’ancienne collégiale Notre-Dame d’Étampes, un monument du premier art gothique, mémoire de doctorat, Université Lille 3 - Charles de Gaulle, dir. A.-M. Legaré et Ph. Plagnieux.
PASSIEUX Christophe (1991) – La crypte de Notre-Dame d’Étampes, mémoire de maîtrise, Université Paris X-Nanterre, 1991, 103 p. [aucune référence quant à la documentation historique].
Bibliographie
ALLIOT, 1888, n° XVIII, note 1. – BAILLIEUL, 2013, p. 12-17. – BAUTIER, LABORY, 1965, p. 130-131 et note 9. – BOUQUET, 1760. – CABANOT, 1982. – FLEUREAU, 1683, p. 288. – FRITSCH, HERVIER, 1999. – GINESTE, 2006. – GUIBOURGÉ, 1958, p. 66-67. – HUBERT, 1950. – HUBERT, 1952, n° 128, p. 78 et pl. XXI. – HUBERT, 1961. – HUBERT, 1977. – HUBERT, 1988. – LAUTIER, FRITSCH, 1990, p. 248. – LEBEUF, 1866-1868, t. II, p. 506-507. – LEFÈVRE, 1907, p. 152-168. – LEFÈVRE-PONTALIS, 1909, p. 5-31 (avec un plan faux de la crypte). – LEFÈVRE-PONTALIS, 1919, p. 6-29 (plan de la crypte p. 21). – LEGRAND, 1902, p. 212-214. – MARQUIS, 1881. – MARTIN, 2003, p. 187. – MERLET, 1901, p. 72-76 (avec plan de localisation de la crypte dans l’église). – NEWMAN, 1937. – MONTROND, 1836, t. 1, p. 58-61. – POILLOÜE DE SAINT-PÉRIER, 1938, p. 104. – PRACHE, 1983, p. 270. – PROU, 1908. – ROUSSEAU, 1975. – SAINT-PAUL, 1884, p. 211. – SAPIN, HEBER-SUFFRIN, 2008. – SAPIN, 2014, p. 125, 132, 133, 266. – SOEHNÉE, 1907. – STAEBEL, 2003. – WINGLER, 1997. – WINGLER, 1998.
Auteur
-
Christian Sapin
Directeur de recherche honoraire au CNRS, UMR 6298 ARTeHIS, Université de Bourgogne
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