Postface
p. 391-392
Texte intégral
1Ce livre est principalement issu de Journées d’étude que, grâce à un financement obtenu lors de notre recrutement comme maîtres de conférences à l’Université Lille 3, nous avons eu la chance de pouvoir organiser en 2010 et 2011, également avec le soutien de notre équipe de recherche, le laboratoire Halma (alors Halma-Ipel). Toutes les contributions à ces journées sont ici représentées, à l’exception de celle de Marie Humeau, que nous remercions néanmoins vivement pour les recherches approfondies qu’elle avait menées sur la présence de Virgile et d’Ovide dans les exercices antiques de rhétorique. Nous tenons à présenter nos excuses à tous les auteurs pour le temps que nous avons laissé passer avant de composer l’ouvrage. Qu’ils soient totalement persuadés que ce retard ne fut pas volontaire ou dû à de mauvaises raisons.
2L’idée du livre et l’enthousiasme que nous avons pu mettre dans sa conception et sa réalisation excèdent largement le cadre des journées d’étude : avant celles-ci, nous avions commencé à étudier le domaine apparemment aride mais réellement stimulant des manuels universitaires (comme le « Morisset-Thévenot » cité en introduction) ; après celles-ci, nous avons entrepris de découvrir le continent pour nous inconnu jusqu’alors des Vies d’Ovide, une tradition que nous ne connaissons qu’à partir du Moyen Âge et qui comporte des textes singuliers, parfois déroutants, mais toujours intéressants. Nous voulons remercier ici ceux, collègues et étudiants, qui ont bien voulu nous suivre sur chacune de ces pistes, quoi que le temps nous ait tout récemment manqué pour continuer de les explorer : un vif merci en particulier à Alain Deremetz, Cécile Martini, Marine Molins, Robin Glinatsis, Juliette Lormier, Océane Puche, Olivier Demerre et Alexander Dubois.
3Au-delà de ces événements ou de ces ateliers, le « couple » Virgile et Ovide reflète aussi la passion avec laquelle nous considérons « nos » deux poètes, que – l’une plus virgilienne, l’autre plus ovidienne – nous n’oublions pas, même si nos autres recherches et le reste du travail universitaire nous entraînent parfois loin d’eux. Assurément, nous continuerons de faire dialoguer ces deux poètes entre eux, y compris par le biais de leur réception commune, allant – comme l’ont montré les différents chapitres de ce volume – de l’opposition radicalisée à la complémentarité féconde. Une des idées qui émerge de ce livre est notamment que Virgile et Ovide constituent ensemble, l’un par rapport à l’autre, des « modèles poétiques absolus », pour reprendre une expression employée par Marine Molins dans son chapitre. Il semble en effet que, très tôt dans l’Antiquité même, ils se soient imposés comme une sorte de paradigme interprétatif non moins fécond et structurant que le « duo » formé par Homère et Virgile même, au point de venir nourrir ou d’intégrer d’autres couples paradigmatiques comme l’Occident et l’Orient, l’ars et l’ingenium, les Anciens et les Modernes… Pour mesurer la spécificité, voire la supériorité de « Virgile-et-Ovide », il faudrait – entre autres pistes – poursuivre l’enquête en confrontant précisément ce couple à d’autres, et intégrer une réflexion sur le rapport d’autres poètes avec lui (c’est notamment le cas d’Horace, souvent lié à Virgile du fait de la proximité d’une partie de leur œuvre, de leur situation et de leur proximité tout court, et dont avons repéré qu’il était souvent présent, en particulier par le biais de citations, dans les vies médiévales d’Ovide). Ainsi prolongée, renouvelée et, espérons-le, enrichie, une telle enquête à venir sur la réception conjointe des deux poètes, et de leurs comparses, nous permettra de mieux appréhender les grands modèles interprétatifs que nous a livrés – ou, bien plutôt, qu’a construits – une tradition critique, littéraire et artistique (pour notre plus grand bonheur) toujours vive.
Auteurs
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Séverine Clément-Tarantino
Université Lille 3, Halma – UMR 8164
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Florence Klein
Université Lille 3, Halma – UMR 8164
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