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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Panorama chronologique Résistance clandestine La critique réformiste du socialisme de RDA Résistants malgré eux ? Opposition ciblée Notes de bas de page Auteur

    Résistance, dissidence et opposition en RDA 1949-1990

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Une autre RDA – ou pas de RDA du tout ? Résistance clandestine, critique réformiste et opposition ciblée au régime du SED

    Bernd Lindner

    Traduit par Hugo Remark

    p. 33-48

    Texte intégral Panorama chronologique Résistance clandestine La critique réformiste du socialisme de RDA Résistants malgré eux ? Opposition ciblée Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Panorama chronologique

    1« Une autre RDA – ou pas de RDA du tout ? », c’est entre ces deux pôles qu’évoluèrent la résistance, la critique réformiste et l’opposition au cours des quarante-cinq années de communisme en Allemagne de l’Est. Il convient en outre de retenir les éléments suivants : résistance, critique réformiste et opposition se succédèrent d’abord dans le temps, tout en se recoupant partiellement ; elles eurent ensuite pour animateurs des personnalités venues d’horizons politiques et idéologiques très différents ; leurs formes enfin furent variables, de même que le degré de force et de conviction avec lequel elles s’exprimèrent. Au cours de cette période qui s’étend sur plus de quatre décennies – de la création de la zone d’occupation soviétique en 1945 jusqu’à la disparition de la RDA provoquée par une révolution pacifique et démocratique à l’automne 1989 –, les différentes formes de comportements oppositionnels furent toutes soumises à des mutations, au même titre que l’État contre lequel elles s’élevaient1.

    2Si l’on se penche sur la chronologie, on constate que, de la seconde moitié des années 1940 à la moitié des années 1950, la résistance clandestine (verdeckter Widerstand) – qui se caractérise par un rejet fondamental de l’hégémonie du SED et, dès la fin de l’année 1949, également de l’État de RDA – était la forme de résistance la plus répandue. La critique réformiste (reformorientierte Kritik) du socialisme de RDA, qui apparut à la mort de Staline en mars 1953, devint la tribune principale des divergences d’opinion jusque dans les années 1980. Les grandes voix de la critique vinrent surtout (mais pas seulement) des rangs mêmes du SED. Dans la majorité des cas, elles ne purent atteindre l’opinion publique est-allemande qu’au moyen d’un « détour » par les médias d’Allemagne de l’Ouest. Il en alla de même pour les mouvements d’opposition (oppositionelle Bewegungen) qui cherchèrent à induire de manière ciblée des changements dans certains domaines précis de la société. Suivant l’exemple de leurs précurseurs en République tchécoslovaque et en Pologne, ils ne se constituèrent en RDA que dans les années 1980. Cependant, ils suivirent une ligne essentiellement réformiste, et ce, jusqu’à l’automne 1989. Ils n’osèrent remettre en question le pouvoir du SED dans ses fondements qu’après la chute du Mur.

    3Pourtant, tout au long de ces quarante-cinq années, le principal adversaire des opposants fut le SED, et tout particulièrement sa direction dogmatique. Pour garantir son hégémonie, le Bureau politique du SED (Politbüro der SED) chercha systématiquement à étouffer toute tentative de résistance, de réformisme ou d’opposition à l’aide d’un dispositif de répression surdimensionné. Cette entreprise ne réussit jamais totalement, même si l’on peut distinguer des phases durant lesquelles les comportements oppositionnels furent moins affirmés. On voit en outre très clairement croître, avec les années, la diversité des formes de désobéissance civile face à la volonté de toute-puissance du SED qui, sous couvert de garantir la dictature du prolétariat, cherchait en réalité à maintenir sa propre hégémonie.

    4Dans le cadre de cet article introductif, ces aspects ne pourront être qu’esquissés et illustrés à l’aide d’exemples marquants. Les différents niveaux d’action de l’opposition ne pourront, eux non plus, pas être traités de manière exhaustive ; il ne sera notamment pas question de l’opposition dans le cadre de la subculture2 ni du rôle des Églises avant les années 1980. Mais ce tableau sera complété et approfondi dans d’autres contributions de ce volume signalées en notes.

    Résistance clandestine

    5Au cours de la période qui précéda la création de la RDA en 1949, c’est l’Administration militaire soviétique en Allemagne (Sowjetische Militäradministration in Deutschland, SMAD) qui décida du sort des Allemands de l’Est en contrôlant non seulement la politique et l’économie, mais aussi les services secrets. Bien entendu, elle utilisa ce pouvoir en faveur de ses partisans. À l’aide de mesures et de jugements draconiens, elle écarta peu à peu de la scène publique tous les adversaires politiques du communisme. La SMAD fit incarcérer environ 150 000 Allemands dans dix camps spéciaux (Speziallager) qu’elle établit dès l’été 1945 en zone d’occupation soviétique, en allant parfois jusqu’à réutiliser certains camps de concentration nationaux-socialistes dont la vocation avait été autrefois d’interner ses militants3. Parmi les dizaines de milliers de personnes qui y sont mortes de faim ou de maladies épidémiques, on compte certes beaucoup d’adversaires politiques du Parti communiste allemand (KPD) et du SED, à savoir des hommes politiques issus des partis bourgeois de la République de Weimar, des sociaux-démocrates du SPD qui s’étaient inscrits en faux contre l’unification forcée de leur parti avec le KPD, mais aussi des « déviationnistes » (Abweichler) issus de leurs propres rangs. En bref, tous ceux que l’on soupçonnait de vouloir s’opposer à ce que le parti communiste accède au pouvoir. Mais de nombreux citoyens n’ayant joué aucun rôle politique furent également victimes de la puissance d’occupation soviétique, suite à des délations, et disparurent eux aussi dans les camps spéciaux, dans les prisons des services secrets soviétiques (NKVD) ou encore dans des camps de travail en Sibérie. Ceux d’entre eux qui survivaient étaient ensuite contraints au silence le plus strict quant à ce qu’ils avaient traversé durant leur détention, sous peine d’exposer leur famille et eux-mêmes aux pires sanctions. La même menace pesait sur les victimes d’exactions perpétrées par des soldats de l’Armée Rouge, par exemple les viols.

    6Bien que les violences et les abus commis par le nouveau pouvoir soviétique fussent passés sous silence, la peur de la population était omniprésente face à ces « soldats de l’armée d’occupation qui emprisonn[ai]ent, réquisitionn[ai]ent, démont[ai]ent et contrôl[ai]ent », comme le raconte l’écrivain Günter de Bruyn lorsqu’il évoque dans ses mémoires sa jeunesse dans la zone d’occupation soviétique4. Dans ces conditions, une résistance radicale et organisée ne pouvait pas se constituer. Un autre facteur en empêcha l’émergence : beaucoup d’Allemands ressentaient le poids de la faute historique qui accablait leur peuple après les crimes commis par le national-socialisme envers les Russes et les autres peuples agressés. À l’Est de l’Allemagne, « la volonté de résistance fut également inhibée par l’antifascisme qui ennoblissait le (nouveau) pouvoir en place », note encore Günter de Bruyn5.

    7La plus forte résistance à la mise en place de la dictature vint dans l’après-guerre des sociaux-démocrates6. Ils furent plusieurs milliers à s’opposer à l’unification de leur parti, le SPD, avec le KPD, la plupart du temps dans des cercles clandestins. Cette prise de position valut à environ 6 000 d’entre eux plusieurs années de détention, en prison ou en camp de travail ; parmi eux, beaucoup avaient déjà été incarcérés par les nationaux-socialistes.

    8Des voix critiques se firent également entendre du côté des partis conservateurs, dans une proportion bien moindre cependant. Des hommes politiques – comme Andreas Hermes, co-fondateur et premier président de la CDU est-allemande, ou encore Jakob Kaiser, son second président – furent relevés de leurs fonctions au sein de leur parti et chassés à l’Ouest, suite à des pressions de la SMAD. Et si la puissance d’occupation usait de méthodes encore manifestement modérées dans le cas de ces personnalités, elle traitait les personnes moins connues avec la plus grande brutalité7.

    9Ainsi l’étudiant Wolfgang Natonek, membre du parti libéral-démocrate de RDA (LDP) et président du conseil des étudiants à l’université de Leipzig, fut-il condamné à 25 années de travaux forcés pour avoir critiqué les restrictions en matière de liberté d’opinion dans la zone d’occupation soviétique ; il resta sept ans dans un camp8. Arno Esch, étudiant à Rostock, lui aussi membre du LDP, paya de sa vie sa prise de position contre la volonté d’hégémonie du SED, de même qu’en faveur de la séparation des pouvoirs et du respect des droits civiques. Incarcéré à l’époque de la SMAD, il fut condamné à mort en 1950 et exécuté un an plus tard à Moscou9.

    10Son cas illustre parfaitement la façon dont l’action conjointe de la SMAD d’un côté, des bureaux de justice et des ministères tout juste établis en Allemagne de l’Est de l’autre, permit de combattre efficacement l’opposition10. Les mesures de répression avaient lieu soit au grand jour, soit à l’abri des regards, en fonction des besoins en matière de propagande, comme le montrent deux procès instruits contre des jeunes ayant distribué des tracts pour protester contre les premières élections sur liste unique qui eurent lieu en octobre 1950. Hermann Joseph Flade, lycéen à Olbernhau dans les Monts-Métallifères, fut publiquement condamné à mort en 1951 au cours d’un procès-spectacle car il avait blessé un policier avec un couteau de poche en tentant de prendre la fuite. L’étudiant de Leipzig Herbert Belter fut lui aussi condamné à mort pour avoir fait circuler des tracts, mais cette fois, le jugement fut prononcé à huis clos par un tribunal militaire soviétique (Sowjetisches Militärtribunal, SMT). Tandis que le spectacle public du procès de Flade, qui suscita des vagues de contestation publiques en République fédérale et des protestations plus discrètes en RDA, finit par lui sauver la vie11, Belter fut, lui, exécuté par la puissance occupante à Moscou en 1951 dans un silence absolu. L’affaire ne fut rendue publique qu’en 1990.

    11Les procès politiques furent monnaie courante en RDA dès 1949. Au cours de la seule année 1950, les tribunaux condamnèrent 78 000 personnes pour des délits politiques12. En déduire que la résistance politique était effectivement forte à l’époque serait une erreur. Ce chiffre nous renseigne plutôt sur les objectifs du SED qui cherchait à réprimer dans l’œuf toute résistance en instrumentalisant la justice afin d’imposer ses objectifs politiques13. On en trouve un bon exemple dans les sentences prononcées, dans le cadre de procédures rapides, par un tribunal extraordinaire entre avril et juin 1950 à Waldheim, en Saxe, à l’encontre de 3 324 prisonniers détenus dans des camps soviétiques spéciaux : on prononça des condamnations allant de 15 à 25 ans de prison, en consacrant 30 minutes à chacune d’entre elles, sans aucun respect des procédures prévues par le droit ; 33 détenus furent condamnés à mort, 24 exécutés14. La plupart d’entre eux étaient internés depuis 1945-1946 et leur condamnation par un tribunal allemand était censée légitimer, après-coup, leur détention.

    12Étant ainsi passibles de la peine de mort, les résistants ne pouvaient s’organiser que dans la clandestinité. Au cours de ces années, en dépit du danger, de petits groupes d’opposants au régime, rassemblant le plus souvent des jeunes, se constituèrent avec une grande régularité à l’échelle locale pour dénoncer publiquement les injustices politiques en RDA, à l’aide de tracts ou en organisant des actions censées « perturber » le quotidien socialiste (Störaktionen). En général, ils étaient démasqués rapidement et condamnés à des peines très lourdes pour des actes de résistance que l’on pourrait qualifier de symboliques, comme ces 19 lycéens, apprentis et jeunes travailleurs de Werdau en Saxe, qui – comme la plupart des opposants de l’époque – entendaient s’inscrire dans la tradition résistante de la Rose Blanche et avaient critiqué dans des tracts la condamnation à mort de Hermann Joseph Flade, ainsi que la farce électorale des élections à la Chambre du Peuple (Volkskammer). Les peines de prison prononcées contre ce groupe, mises bout à bout, s’élevèrent à 130 ans de réclusion.

    13Un autre groupe de jeunes résistants à Altenburg près de Leipzig, ne voulut pas se contenter de distribuer des tracts. Ses membres construisirent un brouilleur d’ondes radio et perturbèrent la retransmission de l’allocution du président est-allemand Wilhelm Pieck pour les 70 ans de Joseph Staline. À la place de l’éloge au grand dirigeant soviétique, on entendit sur la fréquence de la radio nationale – certes durant quelques minutes seulement et à une échelle régionale : « Staline est un tueur de masse ! » et « Nous exigeons des élections libres et démocratiques ! » Quatre de ces jeunes gens payèrent de leur vie cette dénonciation du régime du SED : Siegfried Flack, Ludwig Hayne, Wolfgang Ostermann et Joachim Näther15. Enfin, le Cercle d’Eisenberg constitue une exception dans l’histoire de la résistance à la toute-puissance du SED : ces jeunes gens, qui étaient une vingtaine, réussirent le tour de force d’exprimer publiquement, et ce pendant cinq ans – de 1953 à 1958 –, leur opposition au régime à travers diverses actions16.

    14Ce fut avec le soulèvement du 17 juin 1953 que l’on vit d’un coup à quel point le rejet de ce jeune État était profond dans la population de RDA17. L’espoir qu’avait suscité la mort de Staline en mars 1953 s’était déjà éteint deux mois plus tard. En mai 1953, le gouvernement du SED introduisit une loi augmentant les normes de travail de 10,3 %. Bien qu’il revînt très vite sur cette loi, sous la pression du gouvernement soviétique, il était devenu impossible de contenir la colère accumulée dans tout le pays. Partant de Berlin-Est, le mouvement de protestation se propagea et gagna plus de 700 villes de RDA où il prit la forme de grèves et de manifestations. L’intervention massive des chars soviétiques stationnés en RDA suffit à elle seule à briser à plusieurs endroits la résistance de la population. La répression sanglante de ce soulèvement, ainsi que ce que l’on considère comme « la plus grande vague d’arrestations de l’histoire de la RDA »18 sapèrent la volonté de résister chez beaucoup d’Allemands de l’Est, poussant un certain nombre d’entre eux à envisager l’émigration vers la RFA et Berlin-Ouest19.

    15Entre 1949 et 1961, environ 2,8 millions de personnes quittèrent la RDA20. Durant la seconde moitié des années 1950, ces émigrants furent principalement des représentants de la jeune génération espérant pouvoir prendre un nouveau départ « de l’autre côté » (drüben)21. La proportion de jeunes émigrants entre 16 et 25 ans culmina au quatrième trimestre de 1956 à 43,2 % alors que ces mêmes jeunes gens ne représentaient à l’époque que 15,8 % de la population est-allemande. Mais conclure de ce seul fait que le potentiel de résistance était supérieur à la moyenne parmi la jeunesse de RDA serait hâtif. Du fait des possibilités en termes d’études et de carrière offertes par la RDA dans ses premières années aux jeunes prêts à s’adapter au système, on estimait alors que la jeunesse de RDA ne comportait que 15 % de réels adversaires du régime. Au même moment, le sociologue ouest-allemand Ernst Richert, spécialiste de la jeunesse, établissait que les partisans engagés du SED représentaient eux aussi une minorité parmi les jeunes ; il y incluait 5 % de « militants convaincus » et 10 % de « carriéristes opportunistes ». Ainsi, à côté des adversaires et des partisans, plus des deux tiers de la génération des constructeurs du socialisme (Aufbaugeneration) entraient, selon lui, dans la catégorie de ceux qui s’« accommodaient » du socialisme22. Dans les années 1950 déjà, le SED ne parvenait donc pas à gagner la majorité des jeunes au système idéologique de la RDA en les intégrant aux Jeunesses communistes de RDA (Freie Deutsche Jugend, FDJ). C’est pourquoi, jusqu’à la construction du Mur, à l’été 1961, cette génération s’est constamment posé la question suivante : « faut-il partir ou rester ? »23.

    La critique réformiste du socialisme de RDA

    16La politique menée en RDA, ainsi que les méthodes employées par le gouvernement du SED pour l’imposer furent aussi vigoureusement remises en question dans les rangs du Parti lui-même. La critique vint aussi bien d’anciens membres du SPD que de communistes revenus en Allemagne après une période d’exil ou encore d’humanistes issus des partis bourgeois. Dans l’appareil du Parti, les voix critiques des « déviationnistes et marginaux » (« Abweichler und Ausweichler »)24 n’étaient pas en reste, comme par exemple Max Fechner, ministre de la justice de RDA et membre du SPD depuis 1910, qui prit position contre la poursuite en justice des ouvriers grévistes dans une interview accordée le 30 juin 1953 au journal Neues Deutschland, organe central du SED, en vertu du droit de grève encore inscrit à l’époque dans la constitution de RDA. Suite à cet entretien, Max Fechner fut déclaré « ennemi de l’État et du Parti », relevé de ses fonctions, exclu du SED et, en 1955, condamné à huit ans de prison25.

    17Pour beaucoup de détracteurs que le SED avait intégrés dans ses rangs pour se renouveler, la voie de la dissidence signifiait une sortie du Parti sans retour possible. La liste de leurs noms est longue : elle s’étend de Rudolf Herrnstadt et Gerhart Ziller à Rudolf Bahro et Wolfgang Henrich en passant par Ernst Bloch, Robert Havemann, Walter Janka, Wolfgang Harich, Gustav Just.

    18Tous leurs « efforts avaient pour but », comme le déclarait encore Robert Havemann26 en 1978, « d’exercer une influence positive sur la politique de la RDA et de la faire évoluer afin qu’elle sorte de l’impasse dans laquelle elle se trouvait »27. Et ils étaient convaincus que la cause du dilemme auquel se heurtaient le Parti et le pays résidait dans « l’autocratie collective d’une instance centrale » – le Comité Central du SED – qui avait selon eux conduit à une « mise au pas interne du Parti » et à une « subordination des masses (populaires) », comme le soulignait Wolfgang Henrich en 1989 dans son analyse de « l’État tutélaire »28. En 1977 déjà, dans l’ouvrage Die Alternative, Rudolf Bahro29 avait identifié cet « appareil supra-étatique » comme porteur des « entraves décisives au progrès sur la voie de l’émancipation des hommes ». « Dans ces partis », écrivait-il, « les communistes sont organisés contre eux-mêmes et contre le peuple ». Cependant, l’opposition interne au Parti continua longtemps à considérer ces failles comme réparables. Rudolf Bahro était formel : « à l’instant où l’on réformera le système, on constatera, comme en 1968 en République socialiste tchécoslovaque, que sous la coquille dure, un autre, un nouveau parti – au moins un, faut-il dire – attendait de voir le jour »30.

    19Certes, les écrits de Havemann et de Bahro, ainsi que, plus tard, ceux de Henrich, n’étaient parus qu’à l’Ouest, et n’étaient donc accessibles aux lecteurs est-allemands que par des moyens détournés. Seuls quelques exemplaires usés à force d’être lus, ainsi que quelques manuscrits recopiés à grand-peine à la machine, circulaient dans les cercles d’amis et entre personnes de confiance –, mais ils eurent une énorme influence sur l’opposition qui se formait alors dans le pays31. Même si bon nombre de représentants des générations suivantes ne partagèrent pas l’attachement de ces auteurs au modèle socialiste32, ils trouvèrent dans les analyses et critiques que ces derniers avaient produites des clés pour comprendre leurs propres expériences au sein du socialisme réellement existant (real existierender Sozialismus). Ils furent surtout marqués par le fait que Havemann et Bahro refusaient de renoncer publiquement à leur « foi » en un socialisme réformé, préférant aller en prison ou être assignés à résidence pendant des années – contrairement à beaucoup de « renégats du SED » avant eux. Ils devinrent ainsi les « symboles d’un désaccord général » (allgemeiner Widerspruch). Il en fut de même pour les écrivains, artistes et chansonniers critiques – de Wolf Biermann à Christa Wolf –, qui « précisément [faisaient] le lien avec tous ceux qui tenaient au socialisme tout en estimant nécessaire de l’améliorer »33.

    20La nécessité se fit surtout sentir suite à la répression sanglante du Printemps de Prague par les troupes du Pacte de Varsovie à l’été 1968. C’est à ce moment-là que le rêve d’un socialisme démocratique à visage humain semble s’être définitivement envolé, ou du moins l’espoir de voir le socialisme se réformer de l’intérieur. En effet, ces tentatives de réforme qui venaient pourtant du KPC, le parti communiste de la République socialiste tchécoslovaque, avaient été brutalement écrasées par les « partis frères » du bloc de l’Est.

    21On assista en RDA à une vague de protestation spontanée qui fut surtout le fait d’apprentis, de jeunes travailleurs et de lycéens exprimant leur déception et leur colère au moyen de graffitis, de tracts et de quelques manifestations isolées. La Stasi répertoria jusqu’à la fin de l’année 1968 pas moins de 422 « délits de diffusion de documents calomniateurs confectionnés par un particulier » (Hetzschriften), mais ne put faire la lumière que sur 90 de ces cas, malgré l’ouverture de 1 290 informations judiciaires34. La Stasi dut également reconnaître « qu’après analyse, les positions critiques exprimées au sein du Parti vis-à-vis des méthodes employées en République socialiste tchécoslovaque ne se distinguaient pas de celles observées dans la population »35.

    22Ce processus se répéta en novembre 1976 suite à l’affaire Wolf Biermann, chansonnier destitué de sa citoyenneté par les autorités. Mais cette fois, contrairement à 1968, peu de membres du SED osèrent protester ouvertement contre la résignation qui était en train de s’installer. En revanche, la montée du mécontentement à l’intérieur du Parti au cours des années suivantes se manifeste clairement dans le fait que, ne serait-ce qu’entre 1981 et 1985, les comités de contrôle internes du SED firent ouvrir plus de 100 000 procédures à l’issue desquelles 90 000 membres et aspirants furent exclus ou refusés. Même si ces décisions n’avaient pas toujours un arrière-plan politique, Klaus Schröder considère ce chiffre élevé comme le « marqueur d’une insatisfaction considérable »36.

    23Cette insatisfaction ne trouva son exutoire qu’au milieu des années 1980, avec l’arrivée au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev. À présent que le « révisionnisme » venait de la direction même du Parti communiste de l’Union soviétique, une démocratisation du bloc de l’Est semblait enfin possible. La politique de la Glasnost menée par Gorbatchev conduisit même des dissidents chassés de leur patrie comme Lev Kopelev à s’exclamer que « les miracles [étaient] donc chose vraie » et le chansonnier Wolf Biermann à échanger son « grand scepticisme » contre « un espoir encore plus grand »37. Le poète Günter Kunert, installé en RFA depuis la fin des années 1970, resta pour sa part relativement sceptique quant à la « faculté de régénération du système de l’intérieur » à laquelle ses contemporains de gauche « voulaient tant croire »38.

    24Pour ce qui est de la réaction des vieillards à la tête du SED, Kunert avait raison. Et cela, au grand dam de beaucoup de membres du Parti qui souhaitaient vraiment la mise en place de réformes, ceux-là mêmes qu’on allait retrouver à l’automne 1989 dans les rues et sur les places de RDA aux côtés de centaines de milliers de personnes pour exiger pacifiquement que la politique et la société est-allemandes changent en profondeur. Les recherches actuelles ne permettent pas de vérifier le constat, posé dès 1995 par Thomas Klein, selon lequel « le potentiel sociocritique et les prises de position politiques déviantes au sein ou en dehors du SED constituent l’une des sources majeures attestant de l’existence d’une opposition manifeste en RDA »39. Les spécialistes ne se sont pour l’heure pas suffisamment penchés sur cet aspect de la critique réformiste en RDA40.

    Résistants malgré eux ?

    25Exception faite de la période de la révolution pacifique elle-même, on a également trop peu étudié le potentiel critique de la majeure partie de la population de RDA ne s’étant pas déclarée comme faisant partie de l’opposition durant ces quarante années. Après 1990, le cinéma, le théâtre et la littérature furent autrement plus soucieux d’apporter un éclairage sur ce point que l’historiographie. Ainsi, en 2013, le jury de la foire du livre de Leipzig a été très élogieux à propos du roman de Birk Meinhardt proposé pour le prix des belles lettres, Brüder und Schwestern, car il nous donne accès, d’après un journaliste, « à une RDA dont les habitants étaient chaque jour confrontés au dilemme consistant à s’adapter, résister, louvoyer ou se réfugier dans des niches échappant à la surveillance du système »41.

    26Il conviendrait cependant de mentionner aussi le fait qu’au quotidien, ces questionnements n’étaient pas de mise. Dans son récent ouvrage Stasi konkret, Ilko-Sascha Kowalczuk souligne, à juste titre, qu’« il ne faut pas se faire une image d’un quotidien en RDA où les gens vivaient constamment dans la peur, jetant des coups d’œil à droite et à gauche, traversant les rues à pas de loup. Le quotidien, souvent cela [voulait dire] se conformer, faire avec et laisser s’installer la routine »42.

    27Beaucoup d’Allemands de l’Est qui sont entrés plus tard dans l’opposition, auraient continué à mener cette existence si la RDA, son système éducatif, son administration et sa police politique n’avaient pas fait preuve d’autant de talent pour les transformer en ennemis en les soumettant à une tutelle excessive. La liste des banalités qui leur étaient reprochées est longue : « cheveux trop longs », « musique trop forte », « accoutrement de l’Ouest », etc43. On faisait de ces banalités des reproches politiques qui, à leur tour, servaient à justifier les sanctions prises contre les citoyens indésirables.

    28C’est par exemple ce qui arriva à l’ingénieur en bâtiment de Merseburg Hans-Gerit Broda qui raconte :

    À la fin des années 1960, [j’étais] en troisième année d’apprentissage en maçonnerie et [je m’étais] procuré un jeans (Nietenhose) sur l’écusson duquel figurait une sorte de cowboy texan. Et cet écusson, le directeur l’a arraché dans la cour de l’école, bien que je fusse alors l’un des meilleurs apprentis. Il était alors même question que je finisse ma formation avec six mois d’avance. Puis il m’a arraché l’écusson et il n’en a plus été question. J’ai suivi mes trois ans de formation jusqu’au bout…

    29Bien que venant d’une famille communiste, on lui reprocha alors un manque de fiabilité politique (politische Unzuverlässigkeit) justifiant ces brimades. Cette expérience de l’injustice lui fit prendre du recul face à l’État et au Parti44. Dès lors, il n’évita plus aucune confrontation avec les représentants de l’État. Cette anecdote est comparable à celles que vécurent de nombreux citoyens en RDA ; comme le résume Ilko-Sascha Kowalczuk, leur vie « ne les menait pas tout droit à la résistance, mais les circonstances ont fait que la résistance s’est imposée à eux »45. Ainsi, Hans-Gerit Broda et son fils Jens se joignirent aux manifestations du lundi à Leipzig dès la mi-septembre 1989 « après avoir vu à la télévision les policiers taper sur les manifestants »46.

    Opposition ciblée

    30À l’automne 1989, il y avait dans les rues de RDA beaucoup de mécontentement, de colère, d’indignation, de déception et d’aspirations au changement47. Chaque manifestant était motivé par une histoire particulière. Mais une révolution ne peut être le résultat d’un rassemblement d’individualistes, quand bien même ils défileraient par milliers. Il leur faut des objectifs communs pour gagner en poids et en force. Et il leur faut un cadre commun pour transformer leur propension individuelle au refoulement en une force collective et lui donner une direction48.

    31Ce rôle fut essentiellement endossé, à l’automne 1989, par des groupes issus du mouvement pour les droits civiques (Bürgerbewegung), le groupe Neues Forum, assisté par le groupe Initiative Frieden und Menschenrechte (« Initiative pour la Paix et les Droits de l’Homme », IFM), les associations citoyennes Demokratie jetzt et Demokratischer Aufbruch ainsi que le parti social-démocrate est-allemand (Sozialdemokratische Partei Ostdeutschland, SDP) nouvellement recréé49. Ces groupes purent assumer cette fonction car beaucoup de leurs initiateurs avaient déjà une longue expérience de l’opposition, qu’ils s’étaient forgée depuis le début des années 1980 dans le cadre du mouvement pour la paix (Friedensbewegung)50, puis en s’organisant, au sein du mouvement démocratique (Demokratiebewegung), dans des groupes d’opposants (Basisgruppen)51. Cette expérience incluait l’organisation des premières actions publiques et des manifestations. Pour les plus âgés d’entre eux, elle remontait à 1968.

    32C’est essentiellement l’Église évangélique qui fournit un toit et un cadre d’action à l’opposition qui se constituait. Grâce aux « prières pour la paix » (Friedensgebete), la maison de Dieu devint un point local de cristallisation pour une opposition en formation, avant que celle-ci ne manifeste son désaccord dans la rue52. Mais la route fut longue : après l’élan donné par l’accord de la Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe (KSZE-Abkommen über Sicherheit und Zusammenarbeit in Europa), les droits de l’homme devinrent un thème majeur dans beaucoup de pays de l’Est à partir de 1975. La RDA s’était, elle-aussi, engagée à Helsinki à garantir à ses citoyens la liberté d’opinion, de circulation et de résidence. Tout à coup, les demandes de sortie du territoire se mirent à augmenter sensiblement. À l’été 1976, plus de 100 000 personnes sollicitaient déjà une autorisation de sortie définitive du territoire (Ausreiseantrag).

    33Au début des années 1980, dans le contexte de la menace grandissante qui pesait sur la paix en raison du réarmement à l’Est et à l’Ouest, les premières initiatives citoyennes (Bürgerinitiativen) se constituèrent progressivement en RDA – « bien qu’avec un retard considérable et un soutien bien moindre de l’Église officielle »53 en comparaison de la Pologne et de la République tchécoslovaque. Ses membres évitaient encore d’apparaître en groupe dans le cadre d’actions de protestation, comme celle organisée contre l’introduction des enseignements militaires à l’école en 1978. Lorsqu’ils déposaient des requêtes auprès de l’État (Eingaben), seule la signature de l’un d’entre eux apparaissait généralement. Tout élément indiquant qu’un « groupe antisocialiste » se formait (anti-sozialistische Gruppenbildung) aurait donné prise à l’État. D’ailleurs, on assistait régulièrement à des convocations par la police, des arrestations (comme ce fut le cas des membres de Frauen für den Frieden – « Femmes pour la paix » – en 1983) et des expulsions de militants pour les droits civiques.

    34Depuis le début des années 1980 pourtant, les groupes d’opposants (Basisgruppen) prenaient progressivement confiance en eux dans le cadre de leurs actions, et leurs champs de réflexion respectifs continuaient à se diversifier : aux groupes pour la paix et pour les droits de l’homme vinrent s’ajouter des initiatives écologiques et des groupes travaillant sur le tiers-monde54. Ils comptaient chacun environ 15 membres. Leur moyenne d’âge se situait un peu au-dessus de 25 ans. Toutes les couches sociales y étaient représentées. Une proportion non négligeable de leurs membres avait un emploi dans le cadre de l’Église ou bien faisaient des études dans une université évangélique.

    35Le projet d’un « service social pour la paix » (Sozialer Friedensdienst), élaboré au début des années 1980 par Christoph Wonneberger – qui était alors pasteur à Weinberg près de Dresde – eut son importance en Saxe. Il s’agissait d’offrir une alternative au service militaire pour les jeunes objecteurs de conscience. Sous la pression des autorités de l’État, la direction de l’Église refusa que le projet de Wonneberger soit diffusé et expérimenté. La mise en place des prières pour la paix – encore à Dresde – fut une réaction face à cette intervention55.

    36En septembre 1982, une première prière pour la paix fut organisée par un groupe à l’église Saint-Nicolas de Leipzig dans le cadre des « dix journées pour la paix » (Friedensdekade). Les prières pour la paix – en tant que nouvel espace public alternatif – furent longtemps un forum permettant aux participants d’échanger sur des problèmes de société. Le sigle Schwerter zu Pflugscharen (« De l’épée à la charrue »), à l’origine symbole du mouvement pour la paix en RDA, devint à partir de 1982 le symbole de tout le mouvement pour les droits civiques.

    37Il y avait dans beaucoup de villes de RDA des milieux politiques alternatifs. Au cours des années 1970, le plus important fut celui d’Iéna56. Plus tard, les milieux de Dresde, Halle, Berlin et Leipzig eurent une influence décisive sur l’opposition. Beaucoup de ses membres étaient en contact les uns avec les autres et travaillaient à renforcer leurs liens au-delà des simples frontières régionales. En janvier 1988, des militants des droits civiques échouèrent dans leur tentative de se mêler au cortège officiel de la manifestation organisée tous les ans par le SED en mémoire de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht (Luxemburg-Liebknecht-Demonstration). Sur leurs banderoles figurait entre autres la phrase de Rosa Luxemburg : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». Trahis par un espion de la Stasi infiltré dans leurs rangs, environ 120 d’entre eux furent arrêtés avant même d’avoir quitté leur domicile ou bien sur le chemin de la manifestation. Parmi eux, Bärbel Bohley, Werner Fischer, Freya Klier, Vera Wollenberger, Wolfgang Templin et Stephan Krawczyk57 furent incités à émigrer en RFA ou en Angleterre, sous la menace de lourdes peines de prison. Leur arrestation déclencha une vague de protestation à l’échelle nationale ; des messes furent données en leur nom, des pétitions ainsi que des tracts circulèrent.

    38Un an plus tard, les militants des droits civiques de Leipzig parvinrent à organiser une manifestation en mémoire de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht à laquelle prirent part des milliers de personnes. Les organisateurs venaient des groupes de citoyens qui avaient organisé de longue date les « journées pour la paix » et les « prières du lundi » (Montagsgebete)58. À présent, ils quittaient de plus en plus souvent l’abri protecteur des églises pour investir l’espace public. À travers leur action, ils montrèrent dès janvier 1989 que leur volonté de voir la société changer était passée au stade supérieur. Le mouvement connut un changement qualitatif, et une augmentation quantitative qui dura jusqu’à l’automne. Les jalons importants de l’année 1989 dans le cadre de ce cheminement furent, entre autres :

    • La mise en évidence, à l’échelle nationale, du trucage des élections communales du 7 mai ;
    • Les actions de protestation, organisées par des militants de l’opposition en juin et juillet à Eisenach, Berlin, Leipzig, Dresde, Altenburg, ainsi que dans d’autres villes, contre le massacre de la place Tian’anmen à Pékin ordonné par la direction du parti communiste chinois ;
    • La fondation dans d’autres villes de RDA d’initiatives pour les droits civiques et de plateformes locales ainsi que la diffusion à l’échelle nationale de l’appel à constituer des groupes de militants.

    39Tout cela ne fut possible que parce que l’opposition avait appris peu à peu à s’organiser. Cependant, elle n’était pas encore prête à se mesurer aux hommes politiques professionnels de l’Ouest qui entrèrent en jeu à l’Est après la chute du Mur. Ne serait-ce que parce pendant trop longtemps, elle n’avait pas envisagé d’autre issue que celle d’une autre RDA, d’une meilleure RDA – même si, pour des raisons tactiques, le mot « socialisme » n’apparaissait pas dans l’appel pour la création du Neues Forum. Wolfgang Henrich, dissident du SED et co-fondateur du mouvement, déclara le 26 octobre 1989 au cours d’un dialogue avec Kurt Masur, le chef d’orchestre du Gewandhaus de Leipzig :

    Faire l’économie d’une notion galvaudée à l’extrême ne revient pas à s’en débarrasser. […] Nous sentions aussi le besoin de nous adresser aux personnes qui étaient déjà assises sur leurs valises. La raison pour laquelle nous n’avons pas employé le terme « socialisme » est que nous voulions arriver au consensus le plus large possible. Cela dit – je vous le dis clairement, sans restriction aucune -, je ne connais personne au Neues Forum qui remette en cause le socialisme. […] Certes, cela obligerait chacun d’entre nous à se poser à nouveau la question de ce qu’il entend exactement par socialisme59.

    40Quatorze jours plus tard, le Mur tombait sous la ruée des milliers de personnes qui ne voulaient plus de cette RDA – une autre forme d’opposition « ciblée ». En parvenant enfin à conquérir l’espace public, l’espace public alternatif de la RDA, fruit du mouvement citoyen, devint superflu.

    Notes de bas de page

    1 Ulrike Poppe, Rainer Eckert et Ilko-Sascha Kowalczuk (éd.), Zwischen Selbstbehauptung und Anpassung. Formen des Widerstandes und der Opposition in der DDR, Berlin, Ch. Links Verlag, 1995.

    2 Pour quelques exemples, voir les contributions de Jean Mortier, « Les artistes est-allemands entre recherche d’autonomie et opposition durant l’ère Honecker (1971-1989) », Jacques Poumet, « Résistance et création dans la subculture des années 1980 : l’exemple de Leipzig » et Stefanie Schwabe, « L’invention d’une nouvelle figure de l’artiste dans l’œuvre de Lutz Dammbeck : Héraclès comme symbole de la résistance » dans ce volume. (N.D.E.)

    3 Il s’agit de Buchenwald, Jamlitz et Sachsenhausen, voir à ce sujet l’entrée « Sowjetische Speziallager », in : Hans-Joachim Veen (éd.), Lexikon Opposition und Widerstand in der SED-Diktatur, Munich, Propyläen, 2000, p. 337.

    4 Günter de Bruyn, Zwischenbilanz. Eine Jugend in Berlin, Francfort/Main, Fischer, 1992, p. 300.

    5 Ibid., p. 374.

    6 Voir Mike Schmeitzner, « Dans la ligne de mire du SED et de l’occupant soviétique : les premières formes d’opposition et de résistance en zone d’occupation soviétique 1945-1950 » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    7 Ehrhart Neubert, Geschichte der Opposition in der DDR 1949 – 1989, Bonn, Ch. Links Verlag, 1997, p. 36.

    8 Karl Wilhelm Fricke, « Wolfgang Natonek », in : Ilko-Sascha Kowalczuk et Tom Sello (éd.), Für ein freies Land mit freien Menschen. Opposition und Widerstand in Biographien und Fotos, Berlin, Robert Havemann Gesellschaft, 2006, p. 44-46 ; voir aussi H. J. Veen (éd.), Lexikon Opposition, op. cit. (note 3), p. 263.

    9 Ibid., p. 121, et Karl Wilhelm Fricke : « Arno Esch », in : I.-S. Kowalczuk, T. Sello (éd.), Für ein freies Land, op. cit. (note 8), p. 47-49.

    10 Klaus Schröder, Der SED-Staat. Geschichte und Strukturen der DDR, Munich, Econ Taschenbuch, 1999, p. 107 et p. 423.

    11 La sentence fut commuée en une peine de 15 ans de prison ; cf. Ilko-Sascha Kowalczuk, Stasi konkret. Überwachung und Repression in der DDR, Munich, Beck, 2013, p. 282.

    12 Stiftung Haus der Geschichte der Bundesrepublik Deutschland/Zeitgeschichtliches Forum (éd.), Demokratie jetzt oder nie! Diktatur - Widerstand – Alltag (livret de l’exposition permanente du Zeitgeschichtliches Forum de Leipzig), Leipzig, 2008, p. 68.

    13 Ministère fédéral de la Justice (éd.), Im Namen des Volkes? Über die Justiz im Staat der SED (catalogue de l’exposition du même nom), Leipzig, 1994, p. 13.

    14 Ibid., p. 61 ; voir aussi Veen (éd.), Lexikon, op. cit. (note 3), p. 364.

    15 Arsenij Roginskij, Jörg Rudolph, Frank Drauschke, Anne Kaminsky, „Erschossen in Moskau…“. Die deutschen Opfer des Stalinismus auf dem Moskauer Friedhof Donskoje 1950-1953, Berlin, Metropol Verlag, 2005.

    16 Voir « Le Cercle d’Eisenberg (1953-1958). Entretien avec Thomas Ammer » dans cet ouvrage. (N.D.E)

    17 Voir Michel Christian, « Les contestations internes à la base du SED pendant et après le 17 juin 1953 » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    18 Stiftung Haus der Geschichte, Demokratie jetzt, op. cit. (note 12), p. 82.

    19 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 87 et p. 127.

    20 Ibid., p. 93.

    21 Hartmut Zwahr, « Umbruch durch Aufbruch: Die DDR auf dem Höhepunkt der Staatskrise 1989. Mit Exkursen zu Ausreise und Flucht sowie einer ostdeutschen Generationenübersicht », in : Hartmut Kaelble et al. (éd.), Sozialgeschichte der DDR, Stuttgart, Klett Cotta, 1994, p. 443.

    22 Ernst Richert, Sozialistische Universität, Westberlin, 1967, p. 247. Cette étude repose sur les déclarations de jeunes gens ayant fui la RDA pour Berlin-Ouest.

    23 Au sujet du renouvellement des générations en RDA et du rôle spécifique des jeunes appartenant à la « génération des constructeurs du socialisme », (Aufbaugeneration) voir Bernd Lindner, « „Bau auf, Freie Deutsche Jugend“ - und was dann? Kriterien für ein Modell der Jugendgenerationen der DDR », in : Jürgen Reulecke (éd.), Generationalität und Lebensgeschichte im 20. Jahrhundert, Schriften des Historischen Kollegs, Munich, Oldenbourg Verlag, 2003, p. 187-215 ; Bernd Lindner, « Jugend in der DDR zwischen Staatsgründung und Mauerbau », in : Deutschland Archiv Online, mai 2011. http://www.bpb.de/geschichte/zeitgeschichte/deutschlandarchiv/53890/jugendkultur-in-der-ddr.Dernière consultation: 04.11.2015.

    24 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 115.

    25 Il ne purgea qu’un an de prison. En 1958, il fut réintégré au SED et mourut en 1973 après avoir reçu maintes décorations pour son combat antifasciste.

    26 Voir dans cet ouvrage : Bernd Florath, « De la critique interne à la dissidence. Réflexions sur le cheminement de Robert Havemann et Wolf Biermann, défenseurs radicaux d’une seconde déstalinisation devenus dissidents socialistes ». (N.D.E.)

    27 Robert Havemann, « Wie es zu den Vorlesungen kam », citation d’après Robert Havemann, Dialektik ohne Dogma, Berlin, Deutscher Verlag der Wissenschaften, 1990, p. 256.

    28 Wolfgang Henrich, Der vormundschaftliche Staat, Leipzig, Rowohlt Taschenbuch, 1990, p. 62 à 68.

    29 Voir dans cet ouvrage : Anne-Marie Pailhès, « Rudolf Bahro 1977-1980 : dissident en RDA, opposant en RFA ? ». (N.D.E.)

    30 Rudolf Bahro, Die Alternative [1977], Berlin, Tribüne, 1990, p. 294-295 ; les passages sont en italique dans le texte original.

    31 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 224.

    32 Bernd Lindner, « Zwischen Integration und Distanzierung. Jugendgenerationen in der DDR in den sechziger und siebziger Jahren », in : Aus Politik und Zeitgeschichte, B 45/2003, p. 33-39.

    33 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 158, p. 228.

    34 Stiftung Haus der Geschichte, op. cit. (note 12), p. 124.

    35 Thomas Klein, « Reform von oben? Opposition in der SED », in : Ulrike Poppe et al., Zwischen Selbstbehauptung, op. cit. (note 1), p. 135.

    36 K. Schröder, Der SED-Staat, op. cit. (note 10), p. 278.

    37 Freimut Duve (éd.), Glasnost. Stimmen zwischen Zweifel und Hoffnung, Reinbek/Hambourg, Rowohlt, 1987, p. 63-73 et p. 15-22.

    38 Ibid., p. 74.

    39 T. Klein, « Reform von oben? », op. cit. (note 35), p. 141.

    40 On peut cependant signaler les recherches de Michel Christian, et notamment l’article figurant dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    41 Citation de l’édition du 19.02.2013 du Leipziger Volkszeitung. Différents phénomènes d’accommodement et de stratégies de soustraction au quotidien sont éclairés par les contributions suivantes : Florence Baillet, « Une opposition « infrapolitique » ? – L’exemple de la revue Theater der Zeit », Elisa Goudin-Steinmann, « Subversion, détournement et opposition : l’exemple de quelques Kulturhäuser de Berlin-Est dans les années 1980 » et Elizabeth Guilhamon, « De la mise en scène subversive du « temps qui passe » en RDA : Die Alleinseglerin, un film de Herrmann Zschoche (1987) » dans cet ouvrage. (N.D.E)

    42 I.-S. Kowalczuk, Stasi konkret, op. cit. (note 11), p. 280.

    43 Voir à ce propos « De l’action individuelle à l’activisme dans les mass-médias : itinéraire d’un “transfuge” ». Entretien avec Roland Jahn » dans ce volume. (N.D.E.)

    44 Hans-Gerit Broda, Jens Broda, « Unrecht konnten wir nie stillschweigend ertragen », in : Bernd Lindner, Ralph Grüneberger (éd.), Demonteure - Biographien des Leipziger Herbst, Bielefeld, Aisthesis Verlag, 1992, p. 174.

    45 I.-S. Kowalczuk, Stasi konkret, op. cit. (note 11), p. 294.

    46 H. G. Broda, J. Broda, « Unrecht konnten wir… », op. cit. (note 44), p. 170.

    47 Voir I.-S. Kowalczuk, « 1989: La société et l’État – Opposition et révolution » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    48 Voici les étapes de formation telles que Canetti les a formulées : « La masse aspire toujours à s’agrandir […]. L’égalité règne à l’intérieur de la masse […]. La masse a besoin d’une direction. », in : Elias Canetti, Masse und Macht [1960], Francfort/Vienne, Fischer, 1988, p. 30.

    49 Bernd Lindner, Die demokratische Revolution in der DDR 1989/90, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2010, p. 74.

    50 H. J. Veen (éd.), Lexikon Opposition, op. cit. (note 3), p. 141 ; E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 335.

    51 Voir « Groupes d’opposition et samizdats à Berlin-Est dans les années 1980. Entretien avec Peter Grimm et Frank Ebert » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    52 Gerhard Rein, Die protestantische Revolution, Berlin, Wichern Verlag, 1990.

    53 Ludwig Mehlhorn, « Der politische Umbruch in Ost- und Mitteleuropa und seine Bedeutung für die Bürgerbewegung in der DDR », in : Widerstand, Opposition, Revolution. Enquete-Kommission Aufarbeitung von Geschichte und Folgen der SED-Diktatur in Deutschland, vol. VII/2, Nomos, 1995, p. 1421.

    54 Par exemple, il y avait à Leipzig au début de l’année 1989 entre 20 et 25 groupes d’opposition comptant environ 300 membres. Des groupes comme Arbeitsgruppe Umweltschutz (« Groupe de travail sur la protection de l’environnement »), Hoffnung Nicaragua (« Espoir Nicaragua »), Initiativgruppe Leben (« Initiative pour la vie »), Frauen für den Frieden (« Femmes pour la paix ») ou encore Arbeitsgruppe Menschenrechte (« Groupe de travail sur les droits de l’homme »).

    55 Voir à ce sujet Christoph Wonneberger, « Ich habe immer tun müssen, was ich für richtig hielt », in : Bernd Lindner (éd.), Zum Herbst ‘89. Demokratische Bewegung in der DDR, Leipzig, Forum Verlag, 1994, p. 192-199 ; Eberhard Kuhrt (éd.) Opposition in der DDR von den 1970er Jahren bis zum Zusammenbruch der SED-Herrschaft, Opladen, Leske und Budrich Verlag, 1999, p. 237-257 ; Dirk Vogel et al. (éd.), Gesichter der friedlichen Revolution. Fotografien von Dirk Vogel, Berlin, Robert-Havemann-Gesellschaft, 2011, p. 138.

    56 Voir Sibylle Goepper, « Les dialog-hefte : un détour par l’Ouest afin de réaffirmer quelques libertés fondamentales en RDA » dans ce volume. (N.D.E.)

    57 Au sujet de ces acteurs en particulier, voir Dirk Vogel et al., Gesichter, op. cit. (note 55), p. 26, 70, 72 et 80.

    58 B. Lindner, Die demokratische Revolution, op. cit. (note 49), p. 13.

    59 W. Henrich, Der vormundschaftliche Staat, op. cit. (note 28), p. 320.

    Auteurs

    • Bernd Lindner
    • Hugo Remark (trad.)
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    1 Ulrike Poppe, Rainer Eckert et Ilko-Sascha Kowalczuk (éd.), Zwischen Selbstbehauptung und Anpassung. Formen des Widerstandes und der Opposition in der DDR, Berlin, Ch. Links Verlag, 1995.

    2 Pour quelques exemples, voir les contributions de Jean Mortier, « Les artistes est-allemands entre recherche d’autonomie et opposition durant l’ère Honecker (1971-1989) », Jacques Poumet, « Résistance et création dans la subculture des années 1980 : l’exemple de Leipzig » et Stefanie Schwabe, « L’invention d’une nouvelle figure de l’artiste dans l’œuvre de Lutz Dammbeck : Héraclès comme symbole de la résistance » dans ce volume. (N.D.E.)

    3 Il s’agit de Buchenwald, Jamlitz et Sachsenhausen, voir à ce sujet l’entrée « Sowjetische Speziallager », in : Hans-Joachim Veen (éd.), Lexikon Opposition und Widerstand in der SED-Diktatur, Munich, Propyläen, 2000, p. 337.

    4 Günter de Bruyn, Zwischenbilanz. Eine Jugend in Berlin, Francfort/Main, Fischer, 1992, p. 300.

    5 Ibid., p. 374.

    6 Voir Mike Schmeitzner, « Dans la ligne de mire du SED et de l’occupant soviétique : les premières formes d’opposition et de résistance en zone d’occupation soviétique 1945-1950 » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    7 Ehrhart Neubert, Geschichte der Opposition in der DDR 1949 – 1989, Bonn, Ch. Links Verlag, 1997, p. 36.

    8 Karl Wilhelm Fricke, « Wolfgang Natonek », in : Ilko-Sascha Kowalczuk et Tom Sello (éd.), Für ein freies Land mit freien Menschen. Opposition und Widerstand in Biographien und Fotos, Berlin, Robert Havemann Gesellschaft, 2006, p. 44-46 ; voir aussi H. J. Veen (éd.), Lexikon Opposition, op. cit. (note 3), p. 263.

    9 Ibid., p. 121, et Karl Wilhelm Fricke : « Arno Esch », in : I.-S. Kowalczuk, T. Sello (éd.), Für ein freies Land, op. cit. (note 8), p. 47-49.

    10 Klaus Schröder, Der SED-Staat. Geschichte und Strukturen der DDR, Munich, Econ Taschenbuch, 1999, p. 107 et p. 423.

    11 La sentence fut commuée en une peine de 15 ans de prison ; cf. Ilko-Sascha Kowalczuk, Stasi konkret. Überwachung und Repression in der DDR, Munich, Beck, 2013, p. 282.

    12 Stiftung Haus der Geschichte der Bundesrepublik Deutschland/Zeitgeschichtliches Forum (éd.), Demokratie jetzt oder nie! Diktatur - Widerstand – Alltag (livret de l’exposition permanente du Zeitgeschichtliches Forum de Leipzig), Leipzig, 2008, p. 68.

    13 Ministère fédéral de la Justice (éd.), Im Namen des Volkes? Über die Justiz im Staat der SED (catalogue de l’exposition du même nom), Leipzig, 1994, p. 13.

    14 Ibid., p. 61 ; voir aussi Veen (éd.), Lexikon, op. cit. (note 3), p. 364.

    15 Arsenij Roginskij, Jörg Rudolph, Frank Drauschke, Anne Kaminsky, „Erschossen in Moskau…“. Die deutschen Opfer des Stalinismus auf dem Moskauer Friedhof Donskoje 1950-1953, Berlin, Metropol Verlag, 2005.

    16 Voir « Le Cercle d’Eisenberg (1953-1958). Entretien avec Thomas Ammer » dans cet ouvrage. (N.D.E)

    17 Voir Michel Christian, « Les contestations internes à la base du SED pendant et après le 17 juin 1953 » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    18 Stiftung Haus der Geschichte, Demokratie jetzt, op. cit. (note 12), p. 82.

    19 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 87 et p. 127.

    20 Ibid., p. 93.

    21 Hartmut Zwahr, « Umbruch durch Aufbruch: Die DDR auf dem Höhepunkt der Staatskrise 1989. Mit Exkursen zu Ausreise und Flucht sowie einer ostdeutschen Generationenübersicht », in : Hartmut Kaelble et al. (éd.), Sozialgeschichte der DDR, Stuttgart, Klett Cotta, 1994, p. 443.

    22 Ernst Richert, Sozialistische Universität, Westberlin, 1967, p. 247. Cette étude repose sur les déclarations de jeunes gens ayant fui la RDA pour Berlin-Ouest.

    23 Au sujet du renouvellement des générations en RDA et du rôle spécifique des jeunes appartenant à la « génération des constructeurs du socialisme », (Aufbaugeneration) voir Bernd Lindner, « „Bau auf, Freie Deutsche Jugend“ - und was dann? Kriterien für ein Modell der Jugendgenerationen der DDR », in : Jürgen Reulecke (éd.), Generationalität und Lebensgeschichte im 20. Jahrhundert, Schriften des Historischen Kollegs, Munich, Oldenbourg Verlag, 2003, p. 187-215 ; Bernd Lindner, « Jugend in der DDR zwischen Staatsgründung und Mauerbau », in : Deutschland Archiv Online, mai 2011. http://www.bpb.de/geschichte/zeitgeschichte/deutschlandarchiv/53890/jugendkultur-in-der-ddr.Dernière consultation: 04.11.2015.

    24 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 115.

    25 Il ne purgea qu’un an de prison. En 1958, il fut réintégré au SED et mourut en 1973 après avoir reçu maintes décorations pour son combat antifasciste.

    26 Voir dans cet ouvrage : Bernd Florath, « De la critique interne à la dissidence. Réflexions sur le cheminement de Robert Havemann et Wolf Biermann, défenseurs radicaux d’une seconde déstalinisation devenus dissidents socialistes ». (N.D.E.)

    27 Robert Havemann, « Wie es zu den Vorlesungen kam », citation d’après Robert Havemann, Dialektik ohne Dogma, Berlin, Deutscher Verlag der Wissenschaften, 1990, p. 256.

    28 Wolfgang Henrich, Der vormundschaftliche Staat, Leipzig, Rowohlt Taschenbuch, 1990, p. 62 à 68.

    29 Voir dans cet ouvrage : Anne-Marie Pailhès, « Rudolf Bahro 1977-1980 : dissident en RDA, opposant en RFA ? ». (N.D.E.)

    30 Rudolf Bahro, Die Alternative [1977], Berlin, Tribüne, 1990, p. 294-295 ; les passages sont en italique dans le texte original.

    31 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 224.

    32 Bernd Lindner, « Zwischen Integration und Distanzierung. Jugendgenerationen in der DDR in den sechziger und siebziger Jahren », in : Aus Politik und Zeitgeschichte, B 45/2003, p. 33-39.

    33 E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 158, p. 228.

    34 Stiftung Haus der Geschichte, op. cit. (note 12), p. 124.

    35 Thomas Klein, « Reform von oben? Opposition in der SED », in : Ulrike Poppe et al., Zwischen Selbstbehauptung, op. cit. (note 1), p. 135.

    36 K. Schröder, Der SED-Staat, op. cit. (note 10), p. 278.

    37 Freimut Duve (éd.), Glasnost. Stimmen zwischen Zweifel und Hoffnung, Reinbek/Hambourg, Rowohlt, 1987, p. 63-73 et p. 15-22.

    38 Ibid., p. 74.

    39 T. Klein, « Reform von oben? », op. cit. (note 35), p. 141.

    40 On peut cependant signaler les recherches de Michel Christian, et notamment l’article figurant dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    41 Citation de l’édition du 19.02.2013 du Leipziger Volkszeitung. Différents phénomènes d’accommodement et de stratégies de soustraction au quotidien sont éclairés par les contributions suivantes : Florence Baillet, « Une opposition « infrapolitique » ? – L’exemple de la revue Theater der Zeit », Elisa Goudin-Steinmann, « Subversion, détournement et opposition : l’exemple de quelques Kulturhäuser de Berlin-Est dans les années 1980 » et Elizabeth Guilhamon, « De la mise en scène subversive du « temps qui passe » en RDA : Die Alleinseglerin, un film de Herrmann Zschoche (1987) » dans cet ouvrage. (N.D.E)

    42 I.-S. Kowalczuk, Stasi konkret, op. cit. (note 11), p. 280.

    43 Voir à ce propos « De l’action individuelle à l’activisme dans les mass-médias : itinéraire d’un “transfuge” ». Entretien avec Roland Jahn » dans ce volume. (N.D.E.)

    44 Hans-Gerit Broda, Jens Broda, « Unrecht konnten wir nie stillschweigend ertragen », in : Bernd Lindner, Ralph Grüneberger (éd.), Demonteure - Biographien des Leipziger Herbst, Bielefeld, Aisthesis Verlag, 1992, p. 174.

    45 I.-S. Kowalczuk, Stasi konkret, op. cit. (note 11), p. 294.

    46 H. G. Broda, J. Broda, « Unrecht konnten wir… », op. cit. (note 44), p. 170.

    47 Voir I.-S. Kowalczuk, « 1989: La société et l’État – Opposition et révolution » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    48 Voici les étapes de formation telles que Canetti les a formulées : « La masse aspire toujours à s’agrandir […]. L’égalité règne à l’intérieur de la masse […]. La masse a besoin d’une direction. », in : Elias Canetti, Masse und Macht [1960], Francfort/Vienne, Fischer, 1988, p. 30.

    49 Bernd Lindner, Die demokratische Revolution in der DDR 1989/90, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2010, p. 74.

    50 H. J. Veen (éd.), Lexikon Opposition, op. cit. (note 3), p. 141 ; E. Neubert, Geschichte der Opposition, op. cit. (note 7), p. 335.

    51 Voir « Groupes d’opposition et samizdats à Berlin-Est dans les années 1980. Entretien avec Peter Grimm et Frank Ebert » dans cet ouvrage. (N.D.E.)

    52 Gerhard Rein, Die protestantische Revolution, Berlin, Wichern Verlag, 1990.

    53 Ludwig Mehlhorn, « Der politische Umbruch in Ost- und Mitteleuropa und seine Bedeutung für die Bürgerbewegung in der DDR », in : Widerstand, Opposition, Revolution. Enquete-Kommission Aufarbeitung von Geschichte und Folgen der SED-Diktatur in Deutschland, vol. VII/2, Nomos, 1995, p. 1421.

    54 Par exemple, il y avait à Leipzig au début de l’année 1989 entre 20 et 25 groupes d’opposition comptant environ 300 membres. Des groupes comme Arbeitsgruppe Umweltschutz (« Groupe de travail sur la protection de l’environnement »), Hoffnung Nicaragua (« Espoir Nicaragua »), Initiativgruppe Leben (« Initiative pour la vie »), Frauen für den Frieden (« Femmes pour la paix ») ou encore Arbeitsgruppe Menschenrechte (« Groupe de travail sur les droits de l’homme »).

    55 Voir à ce sujet Christoph Wonneberger, « Ich habe immer tun müssen, was ich für richtig hielt », in : Bernd Lindner (éd.), Zum Herbst ‘89. Demokratische Bewegung in der DDR, Leipzig, Forum Verlag, 1994, p. 192-199 ; Eberhard Kuhrt (éd.) Opposition in der DDR von den 1970er Jahren bis zum Zusammenbruch der SED-Herrschaft, Opladen, Leske und Budrich Verlag, 1999, p. 237-257 ; Dirk Vogel et al. (éd.), Gesichter der friedlichen Revolution. Fotografien von Dirk Vogel, Berlin, Robert-Havemann-Gesellschaft, 2011, p. 138.

    56 Voir Sibylle Goepper, « Les dialog-hefte : un détour par l’Ouest afin de réaffirmer quelques libertés fondamentales en RDA » dans ce volume. (N.D.E.)

    57 Au sujet de ces acteurs en particulier, voir Dirk Vogel et al., Gesichter, op. cit. (note 55), p. 26, 70, 72 et 80.

    58 B. Lindner, Die demokratische Revolution, op. cit. (note 49), p. 13.

    59 W. Henrich, Der vormundschaftliche Staat, op. cit. (note 28), p. 320.

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    Lindner, B. (2016). Une autre RDA – ou pas de RDA du tout ? Résistance clandestine, critique réformiste et opposition ciblée au régime du SED. In H. Camarade & S. Goepper (éds.), & H. Remark (trad.), Résistance, dissidence et opposition en RDA 1949-1990. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.8732
    Lindner, Bernd. « Une autre RDA – ou pas de RDA du tout ? Résistance clandestine, critique réformiste et opposition ciblée au régime du SED ». In Résistance, dissidence et opposition en RDA 1949-1990, édité par Hélène Camarade et Sibylle Goepper, traduit par Hugo Remark. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.8732.
    Lindner, Bernd. « Une autre RDA – ou pas de RDA du tout ? Résistance clandestine, critique réformiste et opposition ciblée au régime du SED ». Résistance, dissidence et opposition en RDA 1949-1990, édité par Hélène Camarade et Sibylle Goepper, traduit par Hugo Remark, Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.8732.

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    Camarade, H., & Goepper, S. (éds.). (2016). Résistance, dissidence et opposition en RDA 1949-1990. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.8725
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