Le verre au Haut-Empire dans le monde égéen
Το γυαλί της πρώϊμης αυτοϰρατοριϰής περίοδου στο Αιγαιαϰό ϰόσμο
p. 343-364
Résumé
Comment se situe le monde égéen au début de l’époque impériale par rapport aux autres grandes régions de l’Empire dans la sphère de l’artisanat du verre ? De quand peut-on dater les premières apparitions du verre soufflé ? À quelle date placer le début des productions soufflées égéennes ? D’où viennent les importations ? Est-il possible de dessiner une régionalisation de la production et de la consommation ? Telles sont les questions auxquelles on s’efforcera d’apporter des premiers éléments de réponse en dressant un tableau du mobilier en verre dans le monde égéen entre la fin du ier s. av. J.-C. et le début du iie s. ap. J.-C., à partir de l’examen de contextes domestiques (Cnossos, Mytilène, Thessalonique) et funéraires.
Πως τοποθετείται ο αιγαιακός κόσμος στην πρώϊμη αυτοκρατορική περίοδο, σε σχέση με τις άλλες μεγάλες περιοχές της αυτοκρατορίας, μέσα από τη σφαίρα της βιοτεχνίας του γυαλιού? Από πότε μπορούμε να χρονολογήσουμε τις πρώτες εμφανίσεις του φυσητού γυαλιού? Σε ποια χρονολογία τοποθετούμε την έναρξη της παραγωγής των φυσιτών γυαλιών του αιγαιακού χώρου? Από πού έρχονται τα εισηγμένα? Είναι δυνατό να σκιαγραφήσουμε την γεωγραφική κατανομή της παραγωγής και της κατανάλωσης? Αυτά είναι τα ερωτήματα στα οποία θα προσπαθήσουμε να δώσουμε τις πρώτες απαντήσεις καταρτίζοντας ένα πίνακα των γυάλινων αντικειμένων στον αιγαιακό κόσμο από τα τέλη του 1ου αι. π.Χ. και τις αρχές του 2ου αι.μ.Χ., βασιζόμενοι στην εξέταση του οικιακού περιβάλλοντος (στη Κνόσσο, Μυτιλήνη, Θεσσαλονίκη) και του ταφικού.
Texte intégral
1Le monde égéen est une région où l’artisanat du verre a une longue tradition avec les contenants façonnés sur noyau dès la fin du vie s. av. J.-C. à Rhodes1, la vaisselle moulée monochrome de Macédoine2, du Sud-Ouest de l’Asie Mineure3 et de Rhodes4 des ive et iiie s. av. J.-C., mais aussi les perles de diverses formes fabriquées au moins dans les ateliers rhodiens dès la fin du iiie siècle5 et déliens à la fin du iie-début du ier siècle av. J.-C.6. C’est aussi une région qui a intégré dans son vaisselier quotidien les vases à boire syro-palestiniens dès le milieu du iie siècle av. J.-C., comme le montrent les découvertes de Délos7 ou celles de Cos et de Kalymnos8. Le verre n’y fait donc pas une apparition abrupte au Haut-Empire, comme c'est le cas le plus souvent dans les Provinces occidentales, au moment où la technique du verre soufflé, inventée vers le milieu du ier siècle av. J.-C., change profondément la donne. Jusque là artisanat de luxe ou de semi-luxe discret, l'artisanat du verre va dès lors se répandre dans l’ensemble de l’Empire, grâce à la création de centres de production régionaux. Si les différentes étapes de la pénétration des vases en verre soufflé, depuis leur présence comme objets importés jusqu’à leur fabrication sur place, ont été observées dans les Provinces occidentales de l’Empire, cela n’a pas encore été fait pour le monde égéen et c’est ce que nous nous proposons de commencer à faire ici. Il y a quinze ans, celui qui travaillait sur les verres du Haut-Empire dans cette région était bien en peine pour trouver des contextes domestiques de cette époque dont les découvertes de verre soufflé aient été publiées en détail, à l’exception du mobilier de l’Unexplored Mansion de Cnossos9. Depuis, la situation s’est améliorée grâce aux publications, néanmoins partielles, de deux ensembles conséquents (plus de 3 000 fragments dans les deux cas) : celui du temple de Déméter et Perséphone à Mytilène, daté de la première moitié du ier siècle10, et celui de la taverne accolée à un bain à tholos sur l’agora de Thessalonique, datée de la seconde moitié du ier siècle11.
2En outre, aux publications de contextes funéraires bien connues comme celles de la nécropole de Siphnos12 ou de Monasteriaki Kephala en Crète13, sont venus s’ajouter les publications exhaustives des nécropoles de Samothrace14, du Potamos d’Aghios Nikolaos15 et d’Oropos16, le réexamen du mobilier d’Éléonte et de Myrina17 et les présentations partielles des verres des nécropoles de Patras18, Théra19, Paros et Naxos20, entre autres. Enfin, la publication d’A. Antonaras sur les verres de Thessalonique21, ainsi que celle de G. Weinberg et M. Stern sur les verres de l’Agora d’Athènes22, sont toutes deux parues en 2009, mais on n'a pu en tenir compte ici.
1. Le mobilier de la fin du ier siècle av. J.-C. et du début du ier siècle ap. J.-C.
3Pour illustrer le mobilier de la fin du ier av. et du début du ier siècle ap. J.-C., on prendra en exemple quatre contextes funéraires. Il s’agit à coup sûr de tombes de cette époque, car, dans les trois premières, la vaisselle soufflée y est associée à des amphorisques en verre façonné sur noyau, produits à partir du milieu du iie siècle et pas plus tard que la fin du ier s. av. J.-C. À Samothrace, deux tombes offrent une telle combinaison. Dans la tombe à crémation S14423, ont été découverts trois amphorisques imitant des formes vinaires dont deux complets (S144-II, S144-JJ et S144-LLD) et un alabastre fragmentaire (S144-KK) ; deux flacons fragmentaires en verre soufflé marbré violet et blanc (S144LL-B et E) ainsi qu’un bol moulé à côtes déformé par le feu. La tombe à crémation S16724, qu’Elsbeth Dusenbery date du dernier quart du ier av. J.-C., réunit :
S167.5 : amphorisque façonné sur noyau bleu foncé à décor jaune et blanc de spirales et de plumes (fig. 1.1)
S167.6 : flacon soufflé marbré incolore, blanc et bleu saphir (fig. 1.2)
S167.7 : flacon soufflé marbré ambre et blanc (fig. 1.3)
S167.8 : flacon soufflé incolore à fil appliqué blanc (fig. 1.4)
S167.9 : flacon soufflé incolore à fil appliqué blanc (fig. 1.5)
S167.10 : flacon soufflé ambre à fil appliqué blanc (fig. 1.6)
S167.11 : flacon soufflé à panse sphérique en verre fin ambre (fig. 1.7)
S167.12 : bol verdâtre, variante de la catégorie Isings 12 (fig. 1.8)
Fig. 1 : Mobilier en verre de la Tombe S167 de la nécropole de Samothrace.

D’après Dusenbery 1998, p. 1069, 1081, 1092, 1095-1096, 1101 (échelle 1 : 2).
4Ce mobilier est particulièrement intéressant par la variété de ses balsamaires. Tous ont en commun une embouchure à lèvre arrondie légèrement repliée, un col cylindrique et une panse sphérique. Mais les techniques de décor diffèrent : ils sont monochromes, en verre soufflé marbré – deux ou trois couleurs sont mêlées dans la paraison au moment du soufflage – ou décorés de fils appliqués.
5Si l’on suit la piste de la forme générale et des décors, on se rend compte que leurs meilleurs parallèles proviennent de Méditerranée orientale25. On note dans le monde égéen, outre les 9 exemplaires de Samothrace, des balsamaires en verre marbré à Myrina (2 ex.), Cyzique, Mytilène (2 ex.), Pylos, Mélos, Patras, ainsi que dans les nécropoles de l’Asie Mineure occidentale26. À Oropos, dans la tombe 21 de lanécropole occidentale datée de la fin du ier av.-déb. du ier ap. J.-C., deux balsamaires marbrés sont associés à un balsamaire jaune27 ; on retrouve une semblable association dans le sarcophage XXIII de la nécropole d’Éléonte28.
6Pour les balsamaires à fil appliqué, la distribution est, elle aussi, majoritairement orientale avec, outre les 5 exemplaires. de Samothrace, des pièces à Myrina, Cyzique, Balikesir, Thyrreion et Patras29. Enfin, il faut noter une dernière catégorie de balsamaires polychromes, où les fils sont appliqués, puis passés au marbre et façonnés en spirale ou en festons. Elle est attestée à Myrina, Éléonte, Athènes, Oropos, Naxos, Mytilène et Karditsa ou encore Cyzique30. Pour les vases monochromes de couleur vive, outre la dizaine d’exemplaires à Samothrace, on pourrait citer de nombreux parallèles notamment à Athènes, à Patras ou à Corfou31. Mais notons surtout que ces vases font partie des plus anciennes attestations de verre soufflé par la découverte d’En Gedi en Israël, datée de 40 av. J.-C.32.
7À côté des balsamaires, la présence d’un vase à boire est notable. En effet, ce type de dépôt est beaucoup moins fréquent que les balsamaires. Le bol à lèvre coupée fait partie de la forme générale dite Is. 12 à lèvre coupée, une des plus anciennes formes ouvertes en verre soufflé qui connaît de multiples variantes comme celle-ci, à la carène basse.
8Un troisième contexte funéraire présente l’association de contenants façonnés sur noyau et de verres soufflés (fig. 2) : une tombe de Nysiros publiée par Jacopi33. Outre un amphorisque façonné sur noyau bleu-vert à décor de spirales et de plumes jaunes, le mobilier comprend un petit bol soufflé bleu à côtes et décor appliqué blanc (Zarterippenschale), une cruchette en verre incolore, un bol soufflé ainsi qu’un balsamaire à panse carénée. Notons que le bol soufflé à côtes fait partie des plus anciennes formes ouvertes en verre soufflé, attestées dans l’ensemble du monde antique.
Fig. 2 : Mobilier en verre de la tombe de Nisyros.

D’après Jacopi 1933, fig. 67.
9On le retrouve à Samothrace en trois exemplaires, mais dans la version monochrome, associés à des balsamaires monochromes ou à décor de fil appliqué dans la tombe S15334. Le balsamaire à panse carénée pourrait, selon C. Lightfoot, faire partie de formes d’origine orientale reprises dans les ateliers occidentaux35.
10Enfin, parmi ces tombes précoces, il convient de placer une riche tombe d’Athènes publiée en 197236. Elle comprend, à côté de balsamaires en albâtre et en agate, trois balsamaires en verre à la technique très particulière, puisqu’il s’agit de vases soufflés à partir de plaquettes préfabriquées multicolores. Ces pièces sont généralement attribuées aux ateliers italiens de l’époque augustéenne37, mais peu d’objets ont été découverts dans des contextes précis38. En outre, la tombe renfermait sept balsamaires et un amphorisque en verre monochrome, ainsi qu’une pyxis moulée (?) et probablement un bol Is. 12.
11Ce qui frappe dans cette toute première période, c’est le goût marqué pour la couleur et la polychromie, hérité de la période hellénistique et qui se traduit par le dépôt de pièces de couleurs vives ou contrastées. Si l’on peut sans grand risque affirmer que les vases de la tombe d’Athènes ont été importés d’Italie, il est en revanche plus difficile de se prononcer sur le lieu exact de production des vases de couleurs vives, tant ils sont communs à cette époque dans toutes les parties de l’Empire, à l’exception peut-être de l’Égypte et du Proche-Orient, pour lesquels on ne dispose pas de la même abondance de contextes funéraires datés du tournant de l’ère. Le cas des balsamaires marbrés ou à fils appliqués est différent dans la mesure où leur diffusion semble essentiellement orientale. Ils pourraient apparaître comme des descendants des verres façonnés sur noyau – dont on sait qu’ils étaient produits en Syro-Palestine, mais aussi à Rhodes – et des premiers essais de soufflage à partir de tubes bichromes, attestés par le dépotoir de l’atelier de Jérusalem du milieu du ier s. av. J.-C.39. Ils partagent en effet avec eux un corps de couleur plus sombre que le décor, la technique du décor appliqué et, enfin, les motifs en spirale, festons ou plumes. Il est néanmoins impossible de préciser un ou des lieux de production dans le cadre oriental : rien dans l’état actuel de la documentation ne peut nous indiquer s’ils ont été manufacturés dans le monde égéen.
12En outre, il reste difficile d’estimer le volume de la consommation. Si l’on prend l’exemple de la nécropole de Samothrace, on voit que, sur les 60 tombes environ que l’on peut attribuer à la fin du ier av. J.-C. et au début du ier ap. J.-C., la moitié est dotée de balsamaires en verre, mais que les vases à boire sont un dépôt rare. Outre deux bols moulés monochromes, deux formes sont attestées : le bol Is. 12 par 3 ex., un par tombe (S157, S167, S200), et le bol à décor de côtes étirées, par 7 ex. (3 déposés dans la même tombe S153, un dans la tombe S188, un dans le dépôt rituel RGS 13 et deux ex. fragmentaires hors contexte). L’image serait peut-être différente dans des contextes domestiques, mais la documentation manque.
2. Le milieu du ier siècle ap. J.-C.
13Deux contextes semblent particulièrement intéressants pour le milieu du ier siècle : d’un côté, le dépôt du temple de Déméter et Perséphone à Mytilène, de l’autre, la tombe de Monasteriaki Kephala en Crète.
14Plus de 3 000 fragments de verre ont été mis au jour dans le remblai qui recouvre le sanctuaire de Déméter et Perséphone, abandonné dans le courant du ier s. av. J.-C. L’ensemble est partiellement publié par J. Price et S. Cottam40 et on ne dispose pas de données quantitatives exactes. Néanmoins, le dépôt est constitué d’objets datés au plus tard du second quart du ier siècle ou de très peu après.
15La première chose à noter est la présence de vaisselle moulée polychrome (9 à 16 ex.). On sait que cette vaisselle à boire et à servir connaît à l’époque augustéenne un développement exceptionnel dans les ateliers de la capitale de l’Empire : face aux moins de 300 individus que l’on peut réunir pour la basse époque hellénistique, se placent les plus de 15 000 fragments de la collection Gorga constituée à Rome41. Les ateliers romains inventent de nouveaux décors, de nouvelles formes comme la coupelle carénée (fig. 3.2) ; ils reprennent aussi des formes plus anciennes comme les bols à bord droit (fig. 3.1) ou les développent à leur propre manière pour les bols côtelés à longues côtes régulières (9 ex.).
Fig. 3 : Mobilier provenant du remblai couvrant le sanctuaire de Déméter et de Perséphone à Mytilène.

D’après Price, Cottam 2000, p. 59, fig. 1 (échelle 1 : 3).
16Cette dernière forme (fig. 3.3), abondamment manufacturée en verre moulé monochrome de couleur vive (108 ex.) est, elle aussi, généralement attribuée aux ateliers italiens, tout comme les formes imitant la céramique et le métal (fig. 3.6) qui sont peu fréquentes en Orient et dans le monde égéen. On pourrait s’interroger en revanche sur la provenance des bols « linear-cut » à rainures internes (fig. 3.5, 41 ex.) et à côtes irrégulières (fig. 3.4, 12 ex.). En effet, ces deux dernières catégories semblent avoir été inventées et produites au Proche-Orient42, mais on ne peut exclure qu’elles aient été aussi manufacturées en Italie43.
17Seuls quatre individus, dont deux coupes à décor cannelé, attestent la technique du verre soufflé dans un moule. Ces vases ont une distribution pan-méditerranéenne et on dispose de peu d’éléments pour localiser leur(s) centre(s) de production44.
18Parmi les vases en verre soufflé, on retrouve deux des formes déjà rencontrées. Les bols à décor de côtes (39 exemplaires monochromes et 9 polychromes [fig. 4.1]), pour lesquels les auteurs n’excluent pas une production dans le monde égéen en raison de détails techniques particuliers comme le relief net au-dessus des côtes (fig. 4.2), sont peu diffusés après 40 ap. J.-C., tout comme les bols Is. 12 (fig. 4.3). Des formes plus originales sont présentes comme les skyphos à anses ovales (fig. 4.4, 13 ex.) ou à anses en poucier (fig. 4.5), bon exemple d’un transfert de main d’œuvre de l’Orient vers l’Occident, puisque les artisans qui signent ces vases souvent de façon bilingue se réclament sidoniens, mais professaient très vraisemblablement à Rome45. Les coupelles à bord marqué par une tubuluresont bien attestées dans les contextes égéens du milieu du ier s. (fig. 4.6)46. Les balsamaires de couleur vive, bleu foncé, jaune, ou bleutés sont aussi présents (fig. 4.7-8).
Fig. 4 : Mobilier provenant du remblai couvrant le sanctuaire de Déméter et de Perséphone à Mytilène.

D’après Price, Cottam 2000, p. 60, fig. 2 (échelle 1 : 3).
19Cet assemblage ne diffère guère, au niveau des formes attestées, des assemblages contemporains mis au jour à Éphèse, mais aussi à Benghazi et à Fréjus47. Sur ces derniers sites, la représentation quantitative des formes présente néanmoins des variations qui, pour certaines, doivent être mises au compte de chronologies légèrement différentes, mais pour d’autres, pourraient représenter des différences d’approvisionnement. Si l’on se tourne vers le Levant, on voit une nette différence, par exemple dans l’absence des vases moulés polychromes et des bols moulés à longues côtes régulières de couleur vive, et la plus faible représentation de la vaisselle soufflée48.
20La tombe familiale de Monasteriaki Kephala près de Cnossos comprenait de six à huit défunts. Elle a livré 74 vases de verre qui datent principalement du milieu du ier siècle, des années 40-6049.
21Un lot de vingt-deux vases qui se répartissent en six formes pourrait aussi bien servir d’illustrations au mobilier qui a été découvert dans les dépotoirs des ateliers de verriers de Lyon50 et d’Avenches51 datés du milieu du ier siècle ou de ce qu’on souhaiterait reconstituer pour les ateliers d’Aquilée. Il s’agit de dix boules Is. 10 (fig. 5.1), de six oiseaux Is. 11 (fig. 5.2), de deux amphorisques Is. 15 (fig. 5.3), de quatre balsamaires Is. 6 (fig. 5.4), d’un rhyton Is. 73. b (fig. 5.5) et d’une cruche Is. 13 (fig. 5.6). Pendant longtemps, on a considéré que ces vases en verre fin de couleur vive, contenant des poudres comme les boules ou les oiseaux, ou bien de l’huile parfumée pour les balsamaires, ou enfin destinés au service de table comme les cruches, amphorisques et rhytons, étaient uniquement des produits des ateliers d’Italie du Nord. Les découvertes d’Avenches et de Lyon ont montré que des ateliers étaient implantés hors d’Italie et qu’ils offraient des productions extrêmement voisines, si ce n’est semblables. La question se pose donc de savoir si la diffusion de ces types ne s’est pas aussi faite dans des ateliers situés dans le monde égéen. En effet, ces découvertes crétoises ne sont ni seules, ni exceptionnelles dans cette région. Des formes aussi particulières que les boules et les oiseaux se rencontrent par exemple à Héracleion, à Thèbes et à Patras, mais, surtout, elles sont particulièrement fréquentes à Thessalonique où l'on ne compte pas moins de quarante oiseaux et de vingt-huit boules52.
Fig. 5 : Mobilier provenant de la tombe de Monasteriaki Kephala.

D’après Carington Smith 1982, fig. 4-6.
22On pourrait aussi suspecter une production régionale pour les vingt flacons tubulaires (fig. 6.1), les six balsamaires à corps piriforme (fig. 6.2) et les deux flacons de même forme, mais de plus grande taille (fig. 6.3), qui sont manufacturés en verre bleu-vert ou bleuté. Il s’agit de formes extrêmement communes dans l’ensemble de la Méditerranée, faciles à réaliser et qui sont, elles aussi, attestées dans les dépotoirs d’Avenches et de Lyon.
Fig. 6 : Mobilier provenant de la tombe de Monasteriaki Kephala.

D’après Carington Smith 1982, fig. 4-5.
23Face à ces vases qui pourraient être de production régionale, on trouve un lot de onze flacons soufflés dans un moule qui ont, eux, de fortes chances d’être importés. Ce n’est pas le lieu ici d'aborder la diffusion de ce type de flacons dans le monde égéen, mais notons néanmoins qu’elle va de pair avec celles de petites pyxides réalisées selon la même technique et qu’ils n’y ont rien d’exceptionnel : j’en ai recensé plus d’une quarantaine d’exemplaires53. Ce qui est plus intéressant, c'est qu’ils semblent témoigner d’importations venant à la fois d’Occident et d’Orient. Ainsi, les flacons en forme de datte (fig. 7.1), attestés neuf fois dans le monde égéen, seraient d’origine levantine, tandis que les flacons à décor de deux fois trois masques (fig. 7.2) seraient des imitations italiennes des antécédents orientaux. Les contenants en forme de grappe de raisin (fig. 7.3) ou de pomme de pin (fig. 7.4), ou bien décorés de la tête de Dionysos sortant d’une grappe de raisin (fig. 7.5) seraient des créations occidentales. Ces vases sont généralement datés du milieu et de la seconde moitié du ier siècle.
Fig. 7 : Mobilier provenant de la tombe de Monasteriaki Kephala.

D’après Carington Smith 1982, fig. 6.
Fig. 8 : Mobilier provenant de la tombe de Monasteriaki Kephala.

D’après Carington Smith 1982, fig. 4-6.
24C’est aussi vers cette époque qu’il convient de placer les cinq vases suivants. Le pichet biconique (fig. 8.1) trouve ses meilleurs parallèles dans les provinces occidentales54. En revanche, l’aryballe (fig. 8.2), la grande bouteille conique (fig. 8.3) et la petite bouteille carrée (fig. 8.4) sont des types fréquents dans l’ensemble de l’Empire. L’askos (fig. 8.5) pourrait être, comme le propose Jill Carington Smith, une production régionale, en raison de sa forme peu commune et de ses défauts de fabrication. Le gobelet à dépressions et le flacon cylindrique doivent faire partie du dépôt le plus récent dans le dernier tiers du ier s. Une coupe côtelée, d’un type extrêmement fréquent tout au long du ier s., s’ajoute à cet assemblage.
25Un autre contexte funéraire, moins riche, celui de la tombe 6 de la nécropole de Siphnos55, montre pareillement d’un côté des pièces dont on pourrait supposer qu’elles aient été importées de Méditerranée occidentale ou bien imitées des productions occidentales (balsamaire tubulaire et amphorisque Is. 15), de l’autre, des pièces qui viennent de la sphère orientale. Le gobelet à inscription grecque fait partie de la vingtaine de vases actuellement recensés dans le monde égéen portant de bons vœux tels que : eυφραινου εφ ω παρει56, καταχαιρε και eυφραινου57, λαβε την νικην58, κερδοσ και ευφροσυνη59. Le gobelet sans décor est d’une forme simple, mais la lèvre évasée et coupée est une caractéristique qui se rencontre uniquement en Méditerranée orientale60. Enfin l’aryballe à haut col, en verre fin, est lui aussi typique de Méditerranée orientale61.
26Dans cette période de formation des centres de production régionaux, le monde égéen est naturellement, du fait de sa position géographique, plus ouvert que d’autres régions aux influences venues de l’Occident comme de l’Orient. L’influence occidentale est probablement plus perceptible, car c’est là que se reconnaît à cette période le plus grand dynamisme dans l’artisanat verrier.
3. Seconde moitié-dernier tiers du ier siècle
27Il nous faut voir maintenant si dans les décennies suivant le milieu du ier s. des traits proprement régionaux peuvent être distingués.
28Le dépôt de la taverne voisine du bain à tholos de l’agora de Thessalonique comprend plus de 3 000 fragments de verre, dont A. Mavromichali a livré une étude préliminaire62. Cet assemblage a été visiblement constitué sur une quarantaine d’années entre ca 40 et l’époque de Vespasien (ca 78), date d’un incendie qui a détruit cette partie de l’agora. De fait, le mobilier qui y a été découvert comprend des formes déjà évoquées comme les coupes côtelées en verre monochrome et polychrome, les coupes à décor cannelé soufflées dans un moule, les bols Is. 12 ainsi que des gobelets ovoïdes au même décor de rainures gravées (Is. 29). Mais toute une série de nouvelles formes font leur apparition.
29Parmi les vases à boire, notons tout d’abord les vases en verre soufflé dans un moule. À côté de deux gobelets à inscription grecque (fig. 9.1-2)63, de hauts gobelets cylindriques apparaissent à partir des années 65-70, tels les gobelets à décor mythologique qui sont particulièrement fréquents dans le monde égéen et pourraient en être originaires64, ou bien les gobelets à décor d’amandes, répandus, eux, dans l’ensemble de l’Empire romain65. Soufflés à la volée, les canthares à anses surélevées (Is. 38a), les hauts gobelets cylindriques à pied et décor de rainures sont communs dans tout l’Empire romain (Is. 34), tout comme les gobelets à dépression ; mais sous cette dénomination se place un bon nombre de variantes régionales qu’il faudrait mieux explorer. Plus rares me semblent être les hauts gobelets coniques à arcatures (fig. 9.3) ; le détail du relief net au-dessus des arcades fait songer au détail équivalent qui a été remarqué sur les petits bols à côtes et on pourrait songer à une production régionale66.
Fig. 9 : Mobilier provenant de la fouille de la taverne accolée au bain à tholos de l’agora de Thessalonique.

D’après Mavromichali 2001, fig. 2a et 2b, dessin 3.
30Dans le domaine des vases à servir, on retrouve des formes courantes au ier s. dans l’ensemble de la Méditerranée (assiettes à fond lisse et à parois évasées [Is. 46a] ou rentrantes [Is. 46c], à pourtour tubulaire [Is. 49], à base tubulaire [Is. 45]) qui ont très vraisemblablement été produites par plus d’un atelier, sans qu’il soit possible encore d’en distinguer des traits caractéristiques. En revanche, les louches et trulla semblent plutôt d’origine occidentale. Apparaissent dans la seconde moitié du ier siècle les assiettes et les coupelles avec un décor de festons appliqués pour figurer l’anse (Is. 43), ainsi que les coupelles moulées à marli en verre incolore qui vont connaître un succès grandissant au iie siècle. Ces formes ont été vraisemblablement produites dans plusieurs centres.
31Trois types de cruches sont représentés, à corps sphérique et anse surélevée, à corps conique et anse dentelée, et à corps carré. Deux faits sont à noter : tout d’abord le monde égéen, à la différence du reste du monde oriental, participe au mouvement qui voit dans la bouteille carrée un vase de stockage solide et efficace ; il l’emploie volontiers et en a peut-être aussi produit comme l’a montré l’étude de P. Triantafyllidis sur les bouteilles carrées à marque de fabrique67. Parallèlement, se développe une autre série de vases de stockage de formes variées, mais qui possèdent tous en commun un verre assez épais et une embouchure en collerette inusitée en Italie et dans les Provinces occidentales, mais fréquente en Mer Noire, dans le monde égéen et au Levant. Outre les exemples de Thessalonique qui correspondent à de grands flacons à panse sphérique et col court68, on connaît aussi des flacons à col élancé et panse sphérique ou conique, à Samothrace69, Théra70 et à Siphnos71.
32Les cruches présentent des formes variées : corps sphérique72, ou bien cylindrique élancé73 ou trapu74, mais aussi carré75 ou conique76.
33D’autres traits régionaux pourraient être dégagés de l’examen de contextes funéraires de la seconde moitié du ier s. Ainsi, dans la nécropole de Samothrace, on remarque une série de gobelets qui ont en commun des formes simples, piriforme (fig. 10.1) ou cylindrique (fig. 10.2-3), et une lèvre arrondie77.
Fig. 10 : Gobelets de la nécropole de Samothrace : 1. S 209A, 2. S. 210.3, 3. S 216.3.

D’après Dusenbery 1998, p. 1083, no S 209A, p. 1084, no S210.3, p. 1086-1087, no S216.3 (échelle 1 : 3).
34E. Dusenbery a souligné que leur fabrique est très semblable et qu’ils devaient être issus du même atelier ; en outre, la lèvre arrondie est une caractéristique absente des autres régions de l’Empire romain à cette époque et J. Price y voyait déjà un trait égéen d'après les contextes de Cnossos78.
35On voit aussi à cette période l’apparition de nouvelles formes de balsamaires attestées par exemple dans le sarcophage XXXIV de la nécropole d’Éléonte79. Les balsamaires au corps ovoïdo-conique (fig. 11.1-2) se resserrant vers le bas semblent bien propres à la Méditerranée orientale80, tandis que les formes plus strictement coniques (fig. 11.3-4) sont répandues dans l’ensemble de l’Empire romain. Il n'y a pas à douter néanmoins que ces objets aient été produits en Égée81. En revanche, les balsamaires à double renflement (fig. 11.5) semblent bien une importation venue du Levant, où ils sont extrêmement fréquents82.
Fig. 11 : Mobilier du sarcophage XXIV de la nécropole d’Éléonte.

D’après Arveiller, Nenna 2005, p. 282-285, cat. 849-851, 857, 862.
36La vaisselle et les contenants en verre soufflé font une apparition précoce dans les contextes funéraires égéens, probablement dès le dernier quart du ier s. av. J.-C. Les balsamaires de couleur vive ou au décor contrasté, qui sont les formes les plus fréquemment attestées sont très vraisemblablement des produits d’ateliers de Méditerranée orientale, mais il est difficile de préciser le lieu exact de leur production. Le dépôt de vases à boire se limite aux bols Is. 12 et aux petites coupes côtelées Is. 17.
37On pourrait supposer qu’au milieu du ier s. des ateliers soient actifs aussi bien dans le Nord de l’Égée que dans le Sud, ateliers qui partageraient un répertoire commun avec les autres ateliers provinciaux produisant essentiellement des balsamaires. Des importations originaires du Proche-Orient et des Provinces occidentales sont bien attestées. Dans la seconde moitié du ier siècle se feraient jour des productions caractéristiques du monde égéen.
Bibliographie
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Notes de bas de page
1 Triantafyllidis 2003.
2 Ignatiadou 2002.
3 Ignatiadou 2004.
4 Triantafyllidis 2000.
5 Weinberg 1969 : un volume consacré à cet atelier de perles est en cours de préparation par P. Triantafyllidis.
6 Nenna 1999, p. 125-137 et dans ce volume la contribution de C. Durvye et de M. Douthe.
7 Nenna 1999, p. 35-102.
8 Triantafyllidis 2006a.
9 Price 1992.
10 Price, Cottam 2000 ; Price 2002.
11 Mavromichali 2001.
12 Brock, Mackworth 1949 ; Gerousi 2000.
13 Carington Smith 1982.
14 Dusenbery 1998.
15 Davaras 1985.
16 Pologiorgi 1998.
17 Arveiller, Nenna 2005.
18 Kolonas 2002.
19 Gerousi 2002.
20 Zapheiropolou 1999.
21 Antonaras 2009.
22 Weinberg, Stern 2009.
23 Dusenbery 1998, p. 234-245 et p. 1068-1069 et 1091.
24 Dusenbery 1998, p. 291-295 et p. 1069, 1081, 1092, 1095-1096, 1101.
25 Voir par ex. Stern 2001, nos 1-9 ; Israeli 2003, nos 100-104 ; à l’inverse, on voit que ces types de vases sont peu nombreux en Occident : ainsi dans la cité d’Aquilée, souvent tenue comme un centre de production précoce, ces balsamaires se comptent sur les doigts d’une main (Mandruzzato, Marcante 2007, nos 127-129 et p. 17), tout comme en Vénétie (Larese 2004, p. 40, notes 38-39).
26 Voir pour la bibliographie, Arveiller, Nenna 2005, p. 271, notes 24-30 et cat. 822-826.
27 Pologiorgi 1998, p. 89-103, nos 9-11, pl. 41.
28 Arveiller, Nenna 2005, cat. 824 et 833.
29 Arveiller, Nenna 2005, p. 271, notes 31-35 et cat. 827-828.
30 Arveiller, Nenna 2005, p. 271, notes 36-38 et cat. 829-832.
31 Arveiller, Nenna 2005, p. 271, notes 39-46 et cat. 833-834.
32 Keller 2006, p. 35-36, pour une étude sur les premières attestations de verre soufflé au Proche-Orient.
33 Jacopi 1933.
34 Dusenbery 1998, p. 1076-1077. Pour d’autres exemplaires dans le monde égéen, voir ci-dessous à Mytilène, mais aussi à Éphèse (Czurda-Ruth 2007, nos 262-254) et à Claros (Taştemür, Şahin 2008, p. 98, fig. 51, 21 et 23) et Antonaras 2006, p. 74, notes 213-228 et 230 qui recensent 15 lieux de provenance supplémentaires.
35 Lightfoot 2003.
36 ADelt B 27 (1972), p. 115-117, pl. 76 : description très rapide des objets qui ne sont pas tous illustrés.
37 Voir Grose 1989, p. 261-262 ; Arveiller, Nenna 2005, nos 91-98.
38 Voir néanmoins Petrianni 2003, p. 51 : 27 exemplaires de Rome ; Mandruzzato, Marcante 2007, nos 10-14 et p. 14, d’Aquilée avec mention d’autres ex. en Vénétie et en Croatie.
39 Israeli, Katsnelson 2006, p. 413-417.
40 Price, Cottam 2000 ; Price 2002.
41 Petrianni 2003, tableau Groupe I, p. 38, et Groupe II, p. 52.
42 Contextes de Jérusalem : Gorin-Rosen 2003 ; contextes de Beyrouth : Foy 2005 ; Jennings 2005. Pour d’autres bols « linear-cut » en Égée, voir Taştemür, Şahin 2008, p. 96-97 nos 6-12 (Claros).
43 Petrianni 2003, 2 506 ex. répertoriés dans la collection Gorga ; voir aussi, pour la diffusion sur le territoire français, Foy et al. 2008.
44 Pour d’autres ex. dans le monde égéen, voir Price 1992, p. 423 (Cnossos) ; Dusenbery 1998, p. 1079 no XS521 (Samothrace) ; Mavromichali 2001, p. 135-136 (Thessalonique) ; Schauer 2002, p. 36-37 (Olympie) ; Antonaras 2006, p. 73, note 200 (Edessa) ; Taştemür, Şahin 2008, p. 101, fig. 9,38.
45 Foy, Nenna 2006, p. 65-69 et p. 206-207.
46 Price 1992, nos 205-206 (Cnossos) ; Arveiller, Nenna 2005, cat. 815 (Cyzique) ; Czurda-Ruth 2007, nos 176-177 (Éphèse).
47 Czurda-Ruth 2007, p. 220, Komplex 4, pl. 27-28 (Éphèse) ; Cottam, Price 2009 (Fréjus).
48 Gorin-Rosen 2003, p. 370-372, pl. 15.5 et 15.6 : Stratum 4.
49 Carington Smith 1982.
50 Motte, Martin 2003 ; Robin 2008.
51 Amrein 2001.
52 Antonaras 2005 repris dans Antonaras 2009 avec la proposition d'une production locale.
53 Arveiller, Nenna 2005, p. 271, notes 58-73 et cat. 863-864 et 869 auxquels on ajoutera Antonaras 2006, p. 171-172, types 114-115 et p. 174-177, types 117-119.
54 Foy, Nenna 2003b, p. 258, fig. 115.
55 Brock, Mackworth 1949, p. 86-87, pl. 28-29.
56 Exemplaires à Siphnos (Brock, Mackworth 1949, p. 86, tombe 6, no 2), Izmir (Harden 1935, no G1.Ia), Galaxidi (AEphem 1972, pl. 77a), Thessalonique (Mavromichali 2001, fig. 2b), Olympie (Schauer 2002, p. 37), Athènes et Antikyra (Mac Clellan 1983, p. 74-75, fig. 5 et p. 77), Lousoi (Schauer 2005, p. 354, no A4 : fragment à attribuer plutôt à ce type d’inscription, vu la forme, la barre après le upsilon et le motif végétal inférieur).
57 Exemplaires à Iasos (Baldoni, Berti 1998), Mégare (ADelt 38 [1983], p. 37, pl. 21a) et Ioron (Antonaras, Anagnostopoulou-Chatzipolichroni 2002, p. 114, fig. 4.48) et sans lieu de provenance exacte en Grèce (Weinberg 1992, no 102).
58 Exemplaires à Mélos (Harden 1935, no K1.Ia et Lazarus 1980, no 6), à Isthmia (Mac Clellan 1983, p. 74, fig. 4), au Kabirion de Thèbes (Braun, Haevernick 1981, p. 121, pl. 44.3) et sans lieu de provenance exacte en Grèce (Harden 1935, no K1.IIId).
59 Exemplaires à Tanagra (Weinberg 1992, no 101) et à Thessalonique (Mavromichali 2001, fig. 2a). On ajoutera enfin deux fragments non attribuables avec certitude à l’une ou l’autre des inscriptions (Antonaras, Anagnostopoulou-Chatzipolichroni 2002, p. 114, fig. 4.49-50).
60 Arveiller, Nenna 2005, p. 183, cat. 530-531 et aussi Taştemür, Şahin 2008, p. 98, fig. 4,20.
61 Stern 2001, p. 44-45 et cat. 10-15 ; Antonaras 2006, p. 169-170, type 112.
62 Mavromichali 2001.
63 Voir ci-dessus notes 56 et 59.
64 Weinberg 1972, no I.2-6, I.8, II.3 et II.6, III.2 et p. 47 ; auxquels on ajoutera Wight 1994, nos I.9-10, II.15 et IV.7.
65 Pour le monde égéen, voir Dusenbery 1998, p. 1079, no XS-521 (Samothrace) ; Tait 1991, fig. 96 (Cyzique) ; Étienne, Varène 2004, p. 156, fig. 10A, 13 (Claros) ; Antonaras 2006, p. 90, type 21, no 94 (Thessalonique, Odéon).
66 Voir d’autres exemplaires à Samothrace (Dusenbery 1998, p. 1079, no XS 520) et à Patras (Kolonas 2002, no 15).
67 Triantafyllidis 2006b ; voir en complément Antonaras et al. 2011.
68 Pour le monde égéen, voir Antonaras 2006, p. 114, type 44, notes 984, 988-999 et Canav 1985, no 95 (Asie Mineure).
69 Dusenbery 1998, p. 1115, no S220.5 et p. 1117, no W2.1, décorés de rainures gravées.
70 Dragendorff 1903, p. 286, fig. 481,l.
71 Brock, Mackworth 1949, p. 89 tombe 14, no 13, pl. 32 avec monnaie de Vespasien (75), à décor de côtes.
72 Gerousi 2002, fig. 9 ; Dragendorff 1903, p. 286, fig. 481p (Théra), Arveiller, Nenna 2005, cat. 821 (Éléonte) ; Lightfoot, Arslan 1992, no 14-15 (Asie Mineure) ; Canav 1985, no 99 (Asie Mineure).
73 Gerousi 2002, fig. 6 (Théra) ; Zapheiropolou 1999, pl. 86c (Naxos) ; Lightfoot, Arslan 1992, no 17 (Asie Mineure) ; Canav 1985, no 96 (Asie Mineure).
74 Weinberg 1992, no 88 (Sphakia) ; Lightfoot, Arslan 1992, nos 16 et 18 (Asie Mineure).
75 Weinberg 1992, no 89 (Athènes) ; Dusenbery 1998, p. 1126-1127 (Samothrace).
76 Dusenbery 1998, p. 1128.
77 Dusenbery 1998, p. 1083, no S209A, p. 1084, no S210.3, p. 1086-1087, no S216.3.
78 Price 1992, p. 430.
79 Arveiller, Nenna 2005, cat. 849, 850, 851, 857, 862.
80 Arveiller, Nenna 2005, p. 271, note 53.
81 Voir par ex. Antonaras 2006, p. 187-188, types 130-131 (plus de 20 ex.).
82 Arveiller, Nenna 2005, cat. 618-633.
Auteur
-
Marie-Dominique Nenna
CNRS – Histoire et Sources des Mondes Anciens UMR 5189 Maison de l’Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, Lyon
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Figurines grecques en contexte
Présence muette dans le sanctuaire, la tombe et la maison
Stéphanie Huysecom-Haxhi et Arthur Muller (dir.)
2015
Boulogne et Thérouanne au temps de César
Approche toponymique de la cité des Morins
Hubert Le Bourdellès
2009
Figures d’empire, fragments de mémoire
Pouvoirs et identités dans le monde romain impérial (IIe s. av. n. è.–VIe s. de. n. è.)
Stéphane Benoist, Anne Daguet-Gagey et Christine Hoët-van Cauwenberghe (dir.)
2011
Boulogne-sur-Mer antique, entre terre et mer
Gesoriacum-Bononia, le port et son arrière-pays
Olivier Blamangin, Angélique Demon et Christine Hoët-van Cauwenberghe (dir.)
2020
Choses vues et entendues par Pausanias
Guide des croyances de la Grèce antique
Jacques Boulogne, Marion Muller-Dufeu et Maude Picouet-de Crémoux (dir.)
2015
« Quartiers » artisanaux en Grèce ancienne
Une perspective méditerranéenne
Arianna Esposito et Giorgos M. Sanidas (dir.)
2013
