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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1.Nos sources sont subjectives 2. Nos sources sont fragiles 3. Petite énumération de lésions ostéo-articulaires 4. Petit florilèges des observations d’autrefois Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Corps, travail et statut social

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les corps déformés par le travail. XIXe et XXe siècle

    Alain Caubet

    p. 43-59

    Résumés

    Depuis Ramazzini (1633-1714), le médecin sait l’intérêt d’interroger le patient sur le métier qu’il exerce. Toutefois peu de textes rapportent des observations de stigmates professionnels avant le XIXe siècle. Surtout après 1840 et le grand livre de Villermé, les hygiénistes se préoccupent davantage de la santé des artisans et ouvriers. Médecins légistes ou ingénieurs, ils sont gens instruits et bien intentionnés mais leurs travaux ont des lacunes ; ils n’ont, sauf exception, pas accès aux lieux du travail et les bonnes intentions paternalistes façonnent leurs conseils. De là découlent des affirmations multipliées sur le rôle du métier sur les déformations squelettiques. Avant 1895 et la radiographie, les lésions de la peau et les anomalies de silhouettes sont seules développées. Ces marques professionnelles ont longtemps été enseignées en « Hygiène industrielle », préfiguration de notre Médecine du travail. Tant la démarche d’évaluation statistique que l’amélioration des conditions de travail ont recomposé tableaux et imputations étiologiques. Certaines lésions ont disparu ; elles ont laissé la place à d’autres, qui ne passent plus dans l’esprit des victimes comme la rançon naturelle de l’exercice du métier. Mais elles sont encore d’actualité ailleurs dans le monde.

    Since Ramazzini (1633-1714), physicians know they have to ask their patient : “What is your job ?” Few texts relate the observations of professional stigmata before the period of influence of hygienists. After 1840 and the great book of Villermé, they are more concerned about the health of workers and artisans. They are forensic scientists or engineers, educated and well-meaning but their works have shortcomings ; they are not allowed to enter in the workplace (with exceptions) and good intentions shape their paternalistic advices. This explains they often insist on the role of craftto led to skeletal deformities. Before 1895 and radiography, skin lesions and abnormal silhouettes are their main topic. These professional marks have long been taught in "Industrial Hygiene", the forerunner of our Occupational Medicine. Both the approach by statistical evaluation that the improvement of working conditions have touched up clinical pictures and etiological imputations. Some lesions have disappeared ; they have been replaced by others which, in the minds of victims are no longer the inevitable result of the profession. But they are still endemic elsewhere.

    Entrées d’index

    Mots-clés : Pathologie du travail, affections ostéo-articulaires, usine, troubles musculo-squelettiques, atelier, maladies professionnelles, xixe siècle

    Keywords : Occupational medicine, musculoskeletal disorders, factory, workshop, occupational diseases, 19th century

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La rhumatologie du xixe siècle n’est que partiellement connue ; en 2009, la Société française d’histoire de la Médecine a consacré sa journée thématique à l’histoire des maladies des os et des articulations ; les actes ont été publiés1. Comme les autres disciplines médicales, elle s’est lentement dégagée de la pratique des services de médecine tout-venant2. La radiographie, après 1895, et très vite en raison de l’extraordinaire engouement qu’elle suscita, permit un démantèlement complet des entités nosographiques anciennes, telles que le « rhumatisme chronique ». Depuis, la reconstruction de l’édifice a été lente, par le rassemblement (biochimique et génétique) de formes cliniques éparses. La thérapeutique, encore insuffisante aujourd’hui était alors d’une navrante pauvreté. L’inventaire soigneux de la bibliothèque d’un médecin thermaliste d’Ax-les-thermes, ville d’eau qui attirait les rhumatisants, a permis un inventaire chronologique des traitements proposés au fil du xixe siècle ; à côté d’initiatives douloureuses et illusoires pour vaincre la maladie dans son étiologie, ne se trouvent que des essais de soulagement avec les morphiniques (coûteux) et plus tard les salicylés, odieusement amers (1870), avec l’aspirine enfin (1899)3.

    2Le contexte ainsi rappelé annonce la fragilité de nos connaissances sur le chapitre plus étroit encore que nous nous proposons de traiter et qui n’est pas seulement médical mais médicosocial, celui des maladies ostéo-articulaires des travailleurs du xixe siècle et du début du xxe. L’ambition est trop grande ; en y cédant, nous viserions non seulement à signaler ce qui était associé (dans le discours ou l’image) au travail, mais aussi à connaître la prévalence de ces affections parmi les groupes de travailleurs afin de déterminer leur imputabilité à tel type de travail.

    3Après avoir détaillé les sources dont nous disposons, leurs lacunes et les illusions qu’elles pourraient faire naître, nous dresserons un rapide inventaire des lésions enseignées aujourd’hui comme étant liées au travail et terminerons par des extraits dont nous ne voudrions pas que le pittoresque détourne l’attention de la souffrance et du handicap des personnes décrites.

    1. Nos sources sont subjectives

    4Les sources les plus souvent citées comme étant à l’origine de données sur la santé ouvrière ne nous informent pas vraiment sur les aspects qui nous préoccuperaient aujourd’hui.

    5Les littérateurs, comme George Sand dans La Ville noire ou Zola4, militaient davantage pour l’entreprise coopérative d’ouvriers ou de plus gros salaires que pour des conditions de travail moins risquées. L’ouvrier fut longtemps absent de la littérature romanesque ; il n’appartenait pas à un groupe social intéressant pour un lectorat encore réduit. Balzac les décrivait même avec dureté dans sa correspondance avec Mme Hanska. Ce mépris fut assez général dans les classes instruites.

    6Les peintres dans leurs toiles et gravures exaltaient autant le machinisme spectaculaire que sa rançon sanitaire. Plusieurs, comme Debat-Ponsan, Bastien-Lepage, André Brouillet ou Léon Lhermitte, ont montré l’épuisement des travailleurs ruraux et parfois des ouvriers d’usines mais n’osaient pas représenter les lésions, peut-être trop triviales, dues à telles nuisances physiques ou chimiques de l’atelier ; ils les laissaient aux illustrateurs de la presse savante ou aux modeleurs de cires pour l’enseignement5. Notons que beaucoup des œuvres de ces « artistes sociaux » se trouvent encore dans des collections privées ou dans les réserves des musées, donc peu accessibles à l’étude médicale.

    7Les photographes s’attachaient surtout à dresser l’inventaire d’un monde de petits métiers qui disparaissaient ; les conditions de vie sordides et néfastes n’y étaient montrées que par effraction6. Ainsi, les cartes postales montrant la position des couteliers de Thiers, à plat ventre sur une planche au dessus de la rivière qui actionne leur meule, un chien couché sur leur dos pour les réchauffer, tenaient alors du sympathique folklore.

    8Les journalistes politiques produisaient des textes passionnés7, lyriques, vibrants d’indignation, ardents à dénoncer, volontiers sentimentaux et exagérés. Ces descriptions horrifiques partaient d’éléments authentiques, et concernaient une population vite déclassée, réduite, mouvante, insaisissable. Toute généralisation à partir de ces cas déjà jugés scandaleux par l’opinion amènerait à de lourds contresens. Cette littérature servait des arrière-pensées et des calculs divers8 : révolutionnaires, nationaux, eugénistes, malthusiens, antinatalistes, agrariens, militaristes, etc.

    9Les réformateurs ou observateurs de la société9 comme Quetelet ou Le Play eurent tendance à ramener les problèmes de santé ou de mortalité précoce à des notions qui nous paraissent vagues, tenant à l’inconfort domestique, la nourriture inadaptée ou la moralité défaillante.

    10Les agents de l’État rendaient compte dans les limites de la question posée. Aussi les inspecteurs des manufactures d’Ancien Régime ne portaient-ils leur regard sur les conditions de travail que si elles étaient de nature à gâter le produit fini10. Ce n’est qu’à la fin du xixe siècle, que l’Administration reçut pour mission de déceler les situations choquantes et prohibées. Ses rapports devinrent copieux et instructifs, chiffrés, documentés, tout en affectant de ne tenir que des propos des plus neutres. Par ailleurs, les données tirées des archives des tribunaux, conditionnées par la demande de dommages-intérêts des victimes, étaient bavardes sur les séquelles mais muettes sur les lésions au long cours endurées avant l’accident du travail ; en effet, cet état antérieur ne pouvait, dans l’esprit du temps, être imputé à l’employeur et risquait au contraire de motiver une réduction d’indemnité11.

    11Les ouvriers furent peu nombreux à donner un témoignage de leur condition physique12, tant par ignorance du vocabulaire idoine que par souci de dignité13. Leurs revendications furent quasi toujours des réclamations de primes et quasi jamais des demandes de mesures de prévention, qu’ils eussent pu renforcer par une description édifiante de leur état de santé14. Madeleine Rebérioux notait une « relative indifférence » pour de telles revendications15. Les motifs des grèves concernaient assez peu les lacunes de l’hygiène industrielle. Salaires, primes, sanctions disciplinaires et amendes dominaient les causes recensées. Étaient rares (mais non absents) les litiges concernant la durée du travail, les changements de procédés de fabrication, les manquements à la sécurité après les accidents collectifs.

    12Les médecins philanthropes, comme le pionnier Villermé16, s’attardèrent longtemps à des considérations générales d’économie domestique. Le commun savoir clinique de leur temps ne leur permettait pas vraiment d’être très ambitieux et ils faisaient un lot commun des plaintes et des lésions elles-mêmes. Sans doute beaucoup de lésions dues au travail sont-elles passées sous leurs yeux mais ils ne purent les fixer par des mots ; il en est ainsi lorsque l’on aborde un nouveau thème de connaissances. Chacun sait qu’il n’y avait pas alors de « médecin du travail » qui eût le droit d’accéder librement au lieu de travail, considéré comme le domicile de l’employeur. Ainsi, ce n’est que par ses lettres de recommandation, sa position sociale éminente d’académicien, d’ancien chirurgien militaire, de notable parisien que Villermé obtint d’entrer dans les ateliers qu’il décrivit.

    13Les médecins légistes – la médecine légale avait alors une place éminente dans la Faculté – sont à l’origine d’un grand nombre de publications anecdotiques ou de trouvailles autopsiques ; la littérature médicale qui décrit le martyrologe des ouvriers fit donc une place bien large au bizarre, à l’invérifiable et surtout à l’inquantifiable. À la suite du doyen Orfila, ils furent nombreux à être obsédés par les toxiques, surtout les métaux (plomb, mercure, cuivre, phosphore) ; cela orienta la curiosité des autres vers des travaux de paillasse où pouvaient intervenir la rigueur d’une pesée et la reproductibilité des expériences. Le temps bref dominait, et non le temps long qui est celui de beaucoup des atteintes dues aux métiers.

    14Quant aux médecins hygiénistes, leurs méthodes statistiques furent longtemps fragiles ; des erreurs de méthode s’étaient glissées jusque dans les tables de mortalité de Deparcieux ; de même, les données obtenues par comparaison de petits échantillons ne furent interprétables qu’à partir de la moitié du xxe siècle. Leurs travaux d’épidémiologie descriptive suscitaient la réticence ; il suffisait d’un peu d’astuce pour opposer un contre-exemple ou une exception pour affaiblir les conclusions hâtivement déduites de tels calculs.

    2. Nos sources sont fragiles

    15Composant d’imposantes séries, les statistiques de l’Armée nous apprennent moins qu’on ne l’espère. Elles ont eu une place éminente dans les argumentaires politiques car elles montraient une nette disparité d’état de santé des conscrits selon leurs régions d’origines, agricoles ou industrielles. Toutefois, ces séries portant sur quelques paramètres de l’anatomie masculine ont des limites assez étroites. Ainsi, l’exigence des conseils de révision dépendait de considérations locales d’emploi, du nombre d’appelés de tel département réclamé par le ministre, etc.17 Elles correspondaient à une logique de sélection : une petite taille ou l’édentation étaient suffisantes pour cette logique de tri. Les « inaptes au service » ne retenaient pas l’attention au point que l’on tentât à chaque fois un diagnostic. Il manquait l’intimité nécessaire à l’examen du garçon ; (le seul prononcé de « Conseil de révision » a fait rougir les dames pendant un siècle et demi). Le déshonneur de l’inaptitude amenait à cacher certains antécédents comme par exemple « le voile au poumon » et autres stigmates de tuberculose, crue héréditaire et tue dans l’intérêt des familles. Ces séries gardent toutefois leur pertinence pour un suivi au fil du xixe siècle18.

    16Autre fragilité, les textes qui se rapportent à notre propos doivent, non pas être « traduits » mais interprétés, Car tout a changé : le vocabulaire, le contour de la plupart des entités nosologiques, l’inclusion même dans la pathologie a été bouleversée depuis les progrès de la thérapeutique au XXe siècle. L’attention au corps n’est pas la nôtre ; les descriptions étaient davantage morales que physiques19. Nous sommes avant Bertillon et ses quelques émules. Trop souvent sont omis des éléments aussi simples que la couleur des yeux ou la taille ; autant dire que l’on ne s’appesantissait pas sur les détails des difformités. Ou alors, ils servaient un discours : on parlait du port altier du chevalier ou brisé du mendiant. Admettons l’impossibilité de reconstituer l’état de santé (ou plutôt l’inventaire des maladies et leur taux de pénétration) d’une population de quelque ampleur, pour une période aussi ancienne.

    17Signalons un facteur de confusion : le travail quasi général et précoce des enfants, lequel a une influence délétère sur leur développement squelettique. Ici, l’évidence paralyse la démonstration20 car nous ignorons exactement quels en sont les mécanismes principaux : fatigue chronique, tension musculaire trop forte et trop continue et sans variété, rations alimentaires inadaptées, facteurs psychiques ou hormonaux21 ? Le corolaire est que nous ignorons aussi pourquoi exactement la stature des Occidentaux a été autant transformée depuis 50 ans.

    18Quant au curriculum laboris, il déjoue non seulement nos nomenclatures, mais aussi tout pro rata temporis. Les réformateurs sociaux, seuls descripteurs sérieux jusqu’au Second Empire parlaient avec désolation d’« instabilité ouvrière » ; ce n’était pas excessif. Peu formé et peu payé, l’homme, quand il le pouvait, allait au plus offrant et débauchait sans prévenir. Rappelons ici un fait peu connu et troublant pour les Français d’aujourd’hui : la France manque de main-d’œuvre quasi tout le xixe siècle. Le salarié changeait aussi de métier car l’emploi industriel évoluait au fil des améliorations apportées par les mécaniciens et ingénieurs ; le textile, l’extraction, la métallurgie, les transports renouvelèrent assez vite la nature des postes à tenir. Ajoutons que pour les plus misérables, les activités pouvaient se succéder au fil des saisons ou des semaines, voire même des journées. Souvent le salarié avait été paysan ou du moins fils de paysan et pour lui le travail de la campagne avait été lourd et précoce : fenaisons, moissons, abattage et ramassage du bois, petites corvées multiples qui se suivaient au fil de la journée ; ainsi, dès cinq ans il avait aidé les adultes et parfois jusqu’à l’épuisement. Le salarié avait pu être soldat ayant servi deux, trois, six ans selon les époques et les lois de recrutement. Les marches, le piétinement, la sédentarité, les gardes de nuit, le tabagisme voire l’alcoolisme de l’ennui, les maladies exotiques et coloniales avaient pu le frapper. Le salarié changeait de région voire de pays. Les migrations prolongées ne déclinèrent qu’avec le Second Empire, mais alors les migrations saisonnières devinrent plus fréquentes grâce au chemin de fer, au long de plusieurs centaines de kilomètres ; les Bretons allaient dans le Nord ; Belges et Allemands venaient à Paris, les Savoyards allant un peu partout. Cette vie de déraciné est racontée par l’ouvrier-maçon Martin Nadaud (1815-1898)22. Le salarié pouvait changer de statut : revenir à la terre ou parfois devenir employeur ; beaucoup de petits patrons avaient commencé par une carrière réussie d’artisan ou d’ouvrier.

    19Des facteurs plus généraux, maintenant connus, interviennent aussi dans la genèse des maladies du squelette et perturbent l’imputabilité au travail. Pour l’ostéoporose, l’alcool fait partie des facteurs de risque modifiables, de même que le tabagisme, un faible poids, une alimentation carencée, un exercice physique insuffisant, un manque de calcium ou de vitamine D et les chutes fréquentes. Pour l’arthrose du genou, on cite l’obésité, l’alcool, la goutte, l’excès de marche à pied, ou la montée de plus de trente étages d’escaliers par jour, etc.23 Ainsi, le bourgeois, le rentier (à supposer qu’il n’ait pas eu d’activité professionnelle auparavant) présentait lui aussi des lésions ostéo-articulaires variées et qui alors n’étaient pas la rançon du seul travail. Toujours cette imputabilité indéterminable avant la fin du xxe siècle !

    20Tout cela se traduisait (et se traduit encore selon les cas) par une silhouette enraidie, une démarche lente, une claudication, des grimaces de douleur, des limitations de mouvements, des positions antalgiques, des fontes musculaires, un repli au domicile.

    3. Petite énumération de lésions ostéo-articulaires

    21Le corps enregistre sur sa constitution de départ ce qu’il s’impose (mode de vie et de loisirs) et ce que lui impose la nécessité de travailler. Si certaines atteintes sont immédiates, d’autres sont très différées ; certaines guérissent sans séquelle24, d’autres déclenchent une cascade de complications locales ou à distance ; certaines sont décelables par l’examen clinique, d’autres ne sont connues que par l’aveu. Certaines ont quasi disparu de France, d’autres y sont des plus répandues ; certaines ouvrent droit à indemnisation, d’autres (tout autant professionnelles) ne sont inscrites à aucun tableau de maladies indemnisables. La plupart sont patiemment endurées sans doléance notable quand d’autres sont revendiquées comme marque d’appartenance à un groupe (citons la plus sonore que nous connaissions : Tout hussard qui n’est pas mort à trente ans est un jean-foutre – Général Lasalle). Partant, il ne peut s’agir dans ce paragraphe que de risquer une énumération très incomplète des lésions enseignées comme attribuables à une activité professionnelle ou une activité physique. Son contenu lassera le non-médecin et décevra le connaisseur. Elle ne peut avoir de justification qu’en tant qu’elle laisse entrevoir la grande variété des atteintes motrices, leur proximité sémiologique d’où la difficulté des diagnostics, l’invalidité qu’elles peuvent entraîner, l’intrication des causes, la difficulté de leur prévention, l’inégalité des individus devant ces maladies, le vieillissement précoce et les souffrances endurées. Nous les ordonnons d’abord selon la cause, passant ensuite à un inventaire par localisation. On constatera que beaucoup de ces diagnostics (tant positifs que différentiels) étaient impossibles sans les rayons X et que beaucoup ne laissent pas de trace nette sur l’os sec.

    22Les troubles musculo-squelettiques ou d’hypersollicitation ont une prévalence en hausse constante depuis vingt ans. Ces affections sont dues à des mouvements répétés, forcés, voire violents, ou avec des amplitudes exagérées, sans repos suffisant entre chaque période d’effort, ou à des chocs répétés, ou des pressions continues sur les articulations. En général, il y a une participation de plusieurs de ces contraintes pour aboutir à la lésion. Leur description est plus récente qu’on ne l’imagine ; le diagnostic de certitude suppose souvent des tests paracliniques variés (radiologiques, échographiques physiologiques, électriques, etc.) inaccessibles à nos prédécesseurs. Ainsi, le syndrome du canal carpien se retrouve à l’état de suite de signes épars, souvent concomitants, mais au sein de séries très courtes dès 1867 : on ne sait pas interpréter ce que l’on voit. Pierre Marie et Foix en 1913 relient les signes à une constatation d’autopsie. L’expression « syndrome du canal carpien » ne paraît qu’en 1946, fixé en 1951 par Phalen, puis Kremmer. Le test électrophysiologique de certitude est donné en 1956. Autre exemple, celui de l’épicondylite : en 1873 Runge décrit la « crampe des écrivains », Morris en 1882 le nomme aussi « tennis elbow » aussi rencontrée chez les golfeurs ; en 1896, on parle de la maladie des maîtres d’armes. Le terme « épicondylite » est créé par Vulliet en 1899. En 1929, Speed écrit encore : l’étiologie en est variée, la pathologie obscure, et le traitement incertain25.

    23Les atteintes musculaires sont aussi très variées dans leur siège et leur intensité : algies de position, crampes de fatigue, myosites des cavaliers. Citons aussi les courbatures musculaires fébriles, que l’on rencontrait chez les adolescents pendant les moissons ou aujourd’hui chez les sportifs. Elles débutent quelques heures après la fin de l’effort, et durent trois jours, offrant un aspect de pseudogrippe avec courbatures, douleurs de contusion, température à 39-40°C.

    24Les dystonies d’attitude consistent en des positions altérées constantes, mais longtemps sans lésion osseuse. On cite toujours la scoliose à concavité droite des violonistes, des dévideurs de coton, des pelotaris, la scoliose à concavité gauche des forgerons, des ajusteurs, des escrimeurs, des coltineurs de traverses de chemin de fer. N’oublions pas la cyphose des harpistes, des brodeuses, des bijoutiers, des horlogers, des graveurs, des cordonniers, des serruriers à l’établi, des employés de bureau. Les anciens auteurs s’arrêtaient aussi sur les dorsalgies d’attitude des femmes gardant longtemps la position debout : les « ouvrières de magasin de grand débit ».

    25Les nuisances physiques aussi retentissent sur l’appareil locomoteur. L’exposition prolongée à l’air comprimé est responsable de décalcifications des têtes d’humérus, du fémur ou des genoux. Fléau très actuel, les vibrations transmises par les machines ont un long passé : arthrose hyperostosante du coude chez les terrassiers (par l’effet des marteaux piqueurs), les forgerons, les pelleteurs de locomotives, les acrobates professionnels aux anneaux ; elles causent aussi des nécroses du semi-lunaire et du scaphoïde carpiens.

    26Les lésions traumatiques minimes mais répétées précipitent le handicap : fractures du scaphoïde carpien (décrites chez les fendeuses d’ardoise, les cloueurs d’emballage), fracture de la base du métacarpien (chez les boxeurs lesquels présentent plus souvent que d’autres une arthrose au même lieu), œdème des mains à la suite de chocs incessants (main du pelotari)…

    27Les maladies infectieuses ont une toute autre évolution qu’au xixe, mais on décrit encore des séquelles d’arthrites tuberculeuses ou brucelliennes, dont l’inoculation peut avoir été professionnelle.

    28Les expositions à des substances s’avérant toxiques pour l’homme peuvent altérer la structure osseuse : nécrose du maxillaire due au phosphore blanc, ostéopétrose due au fluor, ostéomalacie due au cadmium, acrosyndrome osseux et vasculaire dû au chlorure de vinyle monomère.

    29Nous n’abordons pas le thème de l’usure, qui ne fut exploré par les physiologistes qu’à l’extrême fin du xixe, par l’étude des propriétés des muscles des animaux, plus tard de l’homme. Lié à celui de la fatigue, ce thème est diversement interprété aujourd’hui : considéré comme escamoté26 ou au contraire comme constamment sous entendu27.

    30Passons maintenant à un classement par localisation, bien partiel :

    31Cervicalgies : révélant un poste de travail mal conçu, une mauvaise correction des troubles de la vue, une cervicarthrose (à 40 ans, sept personnes sur dix en sont porteuses, avec une discordance entre l’âge et l’ampleur des transformations du rachis).

    32Rachis des portefaix (ou des porteurs de pianos, ouvriers du bâtiment, chauffeurs livreurs, des femmes de charge) : aspect radiologique de pseudo spondylarthrite ankylosante (arthrose ostéophytique, pincements discaux, hernies discales, petits arrachements épineux, fractures).

    33Épaules : périarthrite des lutteurs (limitation des mouvements des bourses sous acromio-deltoidienne) ; périarthrite de l’épaule des joueurs de chistéra.

    34Mains : durillons professionnels (callosités épidermiques enrichies d’une bursite séreuse en dessous) ; arthrose du pouce et de la radiocarpienne (des couturières, des poinçonneuses, des bijoutiers, des dentistes) ; signe de Dupuytren (rétractation de l’aponévrose palmaire donnant une main en griffe, par serrage forcé et prolongé des mains chez les manipulateurs de tournevis, les chirurgiens) ; hygromas de la main pour les personnes qui se soulèvent en permanence sur les paumes (poseurs de tapis, polisseurs de verre, ouvriers de surfaçage) ; syndrome du marteau hypothénar (chez ceux qui utilisent le talon de la main comme un marteau).

    35Hanches : coxarthrose des footballeurs et des danseurs, des agriculteurs, des conducteurs de chantier.

    36Genoux : arthrose par le port de charges lourdes, surpoids, montée d’escaliers, position agenouillées (hydropisie enkystée du genou), pouvant donner des bursites rotuliennes qui peuvent se calcifier donnant la « pierre de piété » des nonnes (mais aussi des carreleurs, des couvreurs, des mineurs, des maçons).

    37Tibias : périostite tibiale de surmenage (femme de ménage, vendeuse, ouvrière à la chaîne, hôtesse de l’air, sportif surentraîné).

    38Pied : pied plat (du garçon de café, de l’employé de métro), pied forcé (du fantassin, des coureurs, correspondant à un fracture de la tête de métatarsien – souvent le 2e), talalgie (des piqueuses à la machine et des sergents de ville), ostéonécrose des 2e et 3e métatarsiens (danses sur les pointes des ballerines), hallux valgus (des danseuses), fractures de fatigue (aujourd’hui diagnostiquées par la scintigraphie).

    39Il nous reste maintenant à restituer les termes utilisés et le ton des descriptions qui nous sont parvenues ; ils transmettent une part de l’émotion que ressent le médecin devant la dégradation des corps. Ce type de textes a été la matière première des auteurs qui ont rassemblé le premier corps de connaissances de la future médecine du travail.

    4. Petit florilèges des observations d’autrefois

    40Commençons par une source littéraire, digne de paraître parmi les descriptions des grands cliniciens du xixe : Le portefaix selon Louis-Sébastien Mercier :

    Nous avons au coin des rues des Hercules et des Milons de Crotone pour emménager ou déménager nos meubles et porter les fardeaux du commerce…/… Vous croiriez que ces hommes ont une taille au-dessus de la commune, les couleurs vermeilles, des jambes fortes et de l’embonpoint ; non, ils sont pâles, trapus, plutôt maigres que gras ; ils boivent beaucoup plus qu’ils ne mangent. …/… Savez-vous les muscles qui travaillent le plus dans le corps d’un portefaix ? Les extenseurs des jambes. Voyez-les, elles sont dans un tremblement insensible mais néanmoins visible…/… Quelle force dans les vertèbres de ces hommes !
    On dit que les portefaix en Turquie portent jusqu’à sept ou huit cent livres pesant. Les nôtres ne vont pas jusque-là, il s’en faut. Les porteurs de farine de la nouvelle halle sont les plus vigoureux de tous ; ils ont la tête comme enfoncée dans les épaules, et les pieds aplatis ; les vertèbres en se raidissant, ont assujetti l’épine du dos à une courbure constante. Ces hommes ne sont pas doués d’une force extraordinaire ; ils sont faibles au pugilat, à la lutte, inhabiles à ramer ou à scier. Ils ont contracté l’habitude de porter des charges sur le dos ou sur la nuque du cou ; et ils savent accomplir merveilleusement les lois de l’équilibre : l’adresse fait plus que la force ; ne craignez point pour eux une luxation occasionnée par ces poids énormes ; il n’y a rien de si rare dans les annales de la chirurgie.
    Mais ce qui fait peine à voir ce sont de malheureuses femmes qui, la hotte pesante sur le dos, le visage rouge, l’œil presque sanglant, devancent l’aurore dans les rues fangeuses ;…/… on souffre pour elles, quoique leur sexe soit étrangement défiguré. L’on ne voit point le travail de leurs muscles comme chez les hommes, il est plus caché ; mais on le devine à leur gorge enflée, à leur respiration pénible, et à la compassion qui pénètre jusqu’au fond de l’âme lorsque vous les entendez, dans leur marche fatigante, proférer un jurement d’une voix altérée et clapissante…/… Le hâle, le travail journalier, l’endurcissement des bras, le cal des mains n’ont pu les métamorphoser en hommes28.

    41Voici ensuite l’envoi d’un Marseillais à la Société royale de Médecine, laquelle demandait que chacun lui adressât de quoi constituer une « Topographie médicale du Royaume » ; plus de deux cents contributions lui parvinrent mais seules trois dissertations de province traitèrent (un peu) des maladies des artisans : M. de Brieude pour la Haute-Auvergne, le Père Cotte pour Montmorency et le M. Raymond pour Marseille et la Provence :

    Les paysans qui vivent dans le territoire s’exténuent par un travail dur et immodéré et qui même ne leur procure point une subsistance suffisante. Ils sont vieux à quarante-cinq ans et vivent moins ; ils sont sujets à l’ankylose des vertèbres des lombes, occasionnée par des refroidissements successifs et négligés et qu’ils appellent, à raison de cette cause, frégeou29.

    42Le stigmate du travail peut être commun et accepté ; le texte de M. Poncet a les vertus littéraires qu’impose une revue sans illustration. Notons que nous aurions aimé connaître l’état des vertèbres cervicales lors de l’autopsie de ces scieurs de long (1880) :

    Tous soulèvent avec la tête et déplacent ainsi les corps pesants ; très rarement ils portent avec les épaules…/... Aucun ne place de coussinet entre la tête et le fardeau, ni linge, ni coiffure ne sépare la pièce de bois de la peau du crâne…/…Sous l’influence de ces pressions lourdes et répétées se développe sur la voute crânienne une tumeur osseuse.
    Elle est souvent visible lorsqu’elle correspond à une plaque de calvitie, parfois elle forme une véritable éminence, et par le toucher, on la délimite facilement. Cette saillie, sorte de durillon osseux mesure plusieurs centimètres de longueur…/… L’auteur se borne à ces indications, attendant une nécropsie. Cette déformation, propre à une classe de manouvriers (périostose crânienne des scieurs de long), intéresse le médecin légiste, car elle peut constituer un signe d’identité que la décomposition cadavérique ne saurait détruire ; les anthropologistes doivent en tenir compte et le clinicien saura ne pas les confondre avec une périostose syphilitique30.

    43Les auteurs médecins rapportaient libéralement de telles observations, comme teintées d’une sorte d’exotisme piquant pour des hospitaliers, un peu coupés de la vie commune31. Dans ce genre, voici les durillons des boulangers (1891) :

    Au niveau de la face dorsale de l’articulation des premières et deuxièmes phalanges existait un volumineux durillon arrondi, occupant toute la largeur du doigt, empiétant un peu plus sur la phalangine que sur la phalange, et constitué par un notable épaississement de l’épiderme, sans participation des parties profondes…/… Interrogé sur l’origine de ces durillons, le malade fut surpris de la question et nous apprit qu’il s’agissait là d’un fait banal et constant chez les boulangers…/… (et) dû aux chocs subis par la main projetée, les doigts fléchis contre la pâte au cours du pétrissage32.

    44L’arthrite des vélocipédistes (1893) par M. Lavielle est une lointaine annonce d’une partie de la traumatologie du sport, grand pourvoyeur, entre autres, de lésions des articulations ; la Belle Époque mit sur vélo les gardiens de la Paix, les facteurs, les livreurs, etc.

    Il existe une maladie spéciale aux vélocipédistes comparable aux autres affections professionnelles, comme la talalgie des sergents de ville, la tarsalgie des adolescents, maladie qui se traduit par un pied creux, lequel pourra devenir douloureux par arthrite des articulations scaphoïdo-cunéenne et de Chopart. M. Lavielle n’en a relevé que deux observations, mais il ne doute pas que de semblables altérations ne soient fréquemment constatées chez des vélocipédistes jeunes et fanatiques de leurs exercices, chez lesquels les différents tissus n’ont pas encore atteint tout leur développement et acquis toute leur résistance, dont les os et les articulations surtout ont gardé une malléabilité qui leur permettra de recevoir une impression fâcheuse et surtout de la rendre plus difficile à guérir33.

    45Le légiste (et doyen de Paris) Tardieu avait donné en 1849 une description de quarante-six anomalies dues à l’exercice d’une activité. Certaines pourraient encore se rencontrer, d’autres ont heureusement disparu, telles la main du « chercheur d’œufs de fourmis » au derme rongé par l’« urine des fourmis » ou la main de la piqueuse de bottines à la première phalange porteuse d’une plaque calleuse parsemée de points noirs34. D’autres textes vinrent en complément35. Douze ans plus tard, le Dr Maxime Vernois compléta cet inventaire par des tableaux à double entrée (par métier ou par lésion). Il affinait ses descriptions jusqu’à distinguer les particularités des blanchisseuses en tonneau et des blanchisseuses porteuses, des bijoutiers en chambre, des bijoutiers guillocheurs, des bijoutiers graveurs. Notre dernier extrait est du Dr Vernois ; il nous est cher car il promettait une grande dignité à une discipline que l’on ne pouvait encore entrevoir : l’histoire des maladies professionnelles. Notons que son propos sur la nécrose phosphorée était prémonitoire car ce ne fut qu’une vingtaine d’années plus tard que le fléau prit de l’ampleur36au point de provoquer une grève, la première semble-t-il liée à un pur motif d’hygiène industrielle :

    Il faudra parcourir le détail minutieux de tous les états où la main, acteur constant et obligé, se plie, se contourne, se façonne à toutes les exigences de l’action, de la pression, des directions qui lui sont imposées ; de tous les cas où elle s’endurcit, s’écorche, s’ulcère, se colore, se déforme, où l’avant-bras se développe outre mesure, s’atrophie et se paralyse…/… Ces recherches ont sans doute un but d’utilité qui n’échappera à personne : bien décrire tous les faits connus et qui s’observent chaque jour doit en être le résultat capital ; mais en industrie, j’allais dire en hygiène publique, un autre intérêt s’attache à ces travaux, c’est de conserver, pour l’histoire de la science, des notions dont quelques-unes s’effacent et peuvent tout à fait disparaître. Les progrès des arts, le manque de bras, ont fait inventer des machines qui dans toutes les branches de l’industrie, depuis l’agriculture jusqu’aux métiers domestiques, tendent à annihiler un certain nombre de professions où la main, le pied, diverses parties du corps, subissaient des altérations permanentes…/… La nécrose du maxillaire inférieur, observée chez les fabricants d’allumettes chimiques au phosphore blanc, des diverses altérations suites de l’emploi varié des verts arsenicaux, disparaitront dans un temps peu éloigné, et n’auront constitué en médecine que des entités pathologiques accidentelles qui ne reparaîtront peut-être plus qu’à des époques très reculées de nous. Les avoir signalées, décrites et reproduites par le dessin, sera pour le présent une chose utile et pour l’avenir surtout un enseignement, que sur bien des sujets nous serions heureux de rencontrer dans les vieux auteurs37.

    46Sur l’œuvre de Balzac, Sainte-Beuve déplorait : Nulle part il n’est question de santé38, c’est malheureusement aussi le cas lorsque l’on traite des effets du travail au xixe siècle et au début du xxe. La médecine du travail, devenue Santé au travail, discipline médicale exclusivement préventive, s’attache à obtenir des améliorations. Elle a obtenu de nets succès, mais il en reste encore à remporter. Puissent les pays lointains qui aujourd’hui s’industrialisent à marche forcée, tenir compte du lourd tribut déjà payé ici.

    Bibliographie

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    Format

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    Jorland, Gérard. “L’hygiène professionnelle en France au XIXe siècle”. Le Mouvement Social, vols. 213, nos. 4, 2005, p. 71. Crossref, https://doi.org/10.3917/lms.213.0071.
    Mercier, Christophe. “Le Tableau De Paris”. Commentaire, Numéro 67, nos. 3, CAIRN, 1 Oct. 1994, pp. 749-50. Crossref, https://doi.org/10.3917/comm.067.0749.

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    Notes de bas de page

    1 Amor et al. 2009.

    2 Bégat-Bello 1998.

    3 Bouchet 1994, p. 563-566.

    4 Constans 2002.

    5 Gourden 1992 ; Des plaines à l’atelier 2001 ; Weisberg 2010 ; Lesquir 2011.

    6 Woronoff 2003.

    7 Bonneff 1905 ; Bonneff 1908 ; Bonneff 1913.

    8 Lévêque 2000.

    9 Rigaudias-Weil 1936.

    10 Minard 1998.

    11 Grossin 1992 ; Lespinet-Moret 2007.

    12 Truquin 2004.

    13 Faure, Rancière 1976.

    14 Cuvillier 1954.

    15 Rebérioux 1989.

    16 Villermé 1989 ; Valentin 1993.

    17 Bozon 1981.

    18 Le Roy-Ladurie et al. 1976.

    19 Curmer 2003.

    20 Denis-Gueneugues 1998.

    21 Laraqui, Caubet et al. 2000.

    22 Nadaud 1992.

    23 Caubet 2009.

    24 Bonette 1906.

    25 Leca 1984, p. 448-453.

    26 Cottereau 1983.

    27 Jorland 2005.

    28 Mercier 1998, p. 137-141.

    29 Raymond 1777, 1778, 1780, p. 127.

    30 Poncet 1880.

    31 Fleury, Reynaud 1890 ; Pineiro 1908.

    32 Rauzier, Bourguet 1891.

    33 Lavielle 1892, cité par Amat 1893, p. 153.

    34 Tardieu 1849 ; Tardieu 1850.

    35 Moingeard 1890.

    36 Nourry 1998 ; Broome, Jaques, Madrid 2008.

    37 Vernois 1862.

    38 Sainte-Beuve 1926, p. 109.

    Auteur

    • Alain Caubet

      Université de Rennes 1

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    15 Rebérioux 1989.

    16 Villermé 1989 ; Valentin 1993.

    17 Bozon 1981.

    18 Le Roy-Ladurie et al. 1976.

    19 Curmer 2003.

    20 Denis-Gueneugues 1998.

    21 Laraqui, Caubet et al. 2000.

    22 Nadaud 1992.

    23 Caubet 2009.

    24 Bonette 1906.

    25 Leca 1984, p. 448-453.

    26 Cottereau 1983.

    27 Jorland 2005.

    28 Mercier 1998, p. 137-141.

    29 Raymond 1777, 1778, 1780, p. 127.

    30 Poncet 1880.

    31 Fleury, Reynaud 1890 ; Pineiro 1908.

    32 Rauzier, Bourguet 1891.

    33 Lavielle 1892, cité par Amat 1893, p. 153.

    34 Tardieu 1849 ; Tardieu 1850.

    35 Moingeard 1890.

    36 Nourry 1998 ; Broome, Jaques, Madrid 2008.

    37 Vernois 1862.

    38 Sainte-Beuve 1926, p. 109.

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    Caubet, A. (2014). Les corps déformés par le travail. XIXe et XXe siècle. In A.-C. Gillis (éd.), Corps, travail et statut social. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.60780
    Caubet, Alain. « Les corps déformés par le travail. XIXe et XXe siècle ». In Corps, travail et statut social, édité par Anne-Catherine Gillis. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2014. doi:10.4000/books.septentrion.60780.
    Caubet, Alain. « Les corps déformés par le travail. XIXe et XXe siècle ». Corps, travail et statut social, édité par Anne-Catherine Gillis, Presses universitaires du Septentrion, 2014, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.60780.

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    Gillis, A.-C. (éd.). (2014). Corps, travail et statut social. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.60690
    Gillis, Anne-Catherine, éd. Corps, travail et statut social. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2014. doi:10.4000/books.septentrion.60690.
    Gillis, Anne-Catherine, éditeur. Corps, travail et statut social. Presses universitaires du Septentrion, 2014, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.60690.
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