Protomés de terre cuite de l’antique Lètè (Mygdonie)
Terracotta Protomes from Ancient Lete (Mygdonia)
p. 165-180
Résumés
Les protomés féminines apparaissent en un grand nombre dans le mobilier funéraire des nécropoles de l’antique Lètè (Mygdonie, Macédoine) ; elles se répartissent en 5 types iconographiques principaux. Parmi les exemplaires des types A, B et C (ve - ive s.) on reconnaît des importations béotiennes du ve s., dont l’influence se prolonge jusqu’au ive s., mais aussi des importations probables depuis les ateliers plus proches d’Olynthe et d’Akanthos en Chalcidique. C’est au tournant du ive au iiie s. que s’installent des ateliers à Lètè : leurs productions (types D, E) se prolongent jusqu’en plein iie s., avec quelques exemplaires originaux où l’on peut reconnaître Isis ou Aphrodite Antheia.
Female protomes appear in large numbers in the funerary furniture of the necropoleis of ancient Lete (Mygdonia, Macedonia). They can be divided into five principal iconographic types. Among the examples of types A, B, and C (5th to 4th century), one can recognize Boeotian imports of the 5th century, whose influence was prolonged until the 4th, but also by probable imports from the nearby workshops of Olynthus and Akanthus in Chalchidiki, which were the closest. The workshops at Lete were installed around the turn of the 4th to the 3rd century, and the production of types D and E continued until the 2nd century, with some original examples representing Isis or Aphrodite Antheia.
Entrées d’index
Mots-clés : Lètè, nécropole, époque classique, hellénistique, mobilier funéraire, protomé, Isis-Aphrodite Antheia
Keywords : Lete, necropolis, Classical period, Hellenistic period, funerary offerings, protome, Isis-Aphrodite Antheia
Index géographique : Macédoine
Texte intégral
1L’antique Lètè est l’une des agglomérations les plus importantes de Mygdonie en Macédoine orientale, occupée de l’époque archaïque à l’époque protobyzantine1. Elle doit à sa situation non loin au Nord de Thessalonique mais aussi aux programmes édilitaires de Cassandre et, à partir du iie s. au passage de la voie Egnatia, une prospérité particulière aux époques hellénistique et romaine. Les cimetières s’étendent loin autour de la ville : ils ont été utilisés de façon continue du vie s. av. J.-C. à la fin du ive ap. J.-C. Quelques ensembles funéraires isolés – tombeaux macédoniens ou de type plus simple, décorés de peintures et riches en mobilier, comme les tombes de Derveni2 – doivent être en relation avec les routes qui reliaient la ville à sa chôra et l’arrière-pays montagneux à la plaine maritime de Mygdonie.
1. Les protomés féminines de Lètè dans leurs contextes
2Les protomés féminines en terre cuite3 forment une classe de trouvaille particulièrement abondante dans ces nécropoles, explorées dans le cadre de fouilles de sauvetage. La présentation qui en est donnée ici retrace leur évolution iconographique et examine la question de leur lieu de production, à partir d’une sélection de 12 contextes funéraires4. Ont été retenus en priorité ceux comportant des monnaies, depuis l’époque d’Amyntas III jusqu’aux émissions autonomes des villes de Macédoine en plein iie s. Des contextes sans monnaies n’ont été inclus que ceux pour lesquels l’analyse stylistique des trouvailles donnait une datation sûre. À ces contextes funéraires en a été ajouté un 13e provenant d’une maison hellénistique.
1. Terrain Taka5, Tombe 5 : à fosse. Tombe de femme. Mobilier : 4 fibules de bronze, lécythe aryballisque à figures rouges, lécythe-amphorisque à motif de filet, skyphos VN, protomé (ΜΘ 22591 : fig. 7). Date : vers 400 ; mais la protomé remonte vers le milieu du ve s.
Fig. 7. – Protomés du type C : ΜΘ 22591, ΜΘ 22927, ΜΘ 23130.

Photo 16e EPKA.
2. Terrain Taka, Tombe 3 : à fosse. Tombe de femme. Mobilier : skyphos VN, lécythe aryballisque à motif de filet, 2 protomés (inv. ΜΘ 22586, ΜΘ 22587), monnaie d’Amyntas III (393-370/69). Date de l’ensemble : 1re moitié du ive s.
3. Terrain Taka, Tombe 1 : sarcophage de pierre. Tombe de femme. Mobilier : agrafe en fer, skyphos VN, œnochoé FR à col trilobé, canastron VN, 4 protomés (ΜΘ 22577-22580), monnaie de bronze de Pydna (ca 380). Date : 2e quart du ive s.
4. Terrain Chatzialexandrou6, Tombe E65 : tombe à ciste construite en briques. Tombe de femme. Mobilier (fig. 1) : anneau en or, 11 fibules à arc, phiale et œnochoé en bronze à col trilobé, grenade en terre cuite, petit alabastre à fond blanc, vases FR (dont pélikè, skyphos et lécythes aryballisques), 20 protomés dont quelques-unes fragmentaires (inv. ΜΘ 22916-23130, 23541-23542, 23553-23554 et 23565). Date : autour du milieu du ive s.
Fig. 1. – Mobilier du contexte 4 (terrain Chatzialexandrou, tombe Ε 65).

Photo 16e EPKA.
5. Terrain Chatzialexandrou, Tombe E54 : à fosse simple. Tombe de femme. Mobilier : 2 lécythes aryballisques FR, petit skyphos VN sans anses du type A, statuettes de terre cuite (dont types féminins, colombes et sanglier), 6 protomés (ΜΘ 22812-22813, 23117-23120 : fig. 4). Date : autour du milieu du ive s.
Fig. 4. – Protomés du type Aa : ΜΘ 22812, ΜΘ 23118, ΜΘ 22813.

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6. Terrain Chatzialexandrou, Tombe E64 : à fosse. Tombe de femme. Mobilier : 4 fibules à arc, skyphos VN, petit skyphos VN sans anses du type A, amphorisque sans vernis, protomé (ΜΘ 23128), monnaie de bronze de Perdiccas (365-369). Date : 3e quart du ive s.
7. Derveni, Tombe E : à ciste construite. Les ossements brûlés d’une femme étaient placés dans un reliquaire en bois revêtu de plaques d’os à décor figuré gravé. Mobilier : fragments de bijoux d’or, 6 alabastres, 2 protomés (Ε26-27)7, une monnaie : quart de statère d’Alexandre III, frappé en 330. Date : fin du ive – début du iiie s.
8. Derveni, Tombe I dans le dromos d’un tombeau macédonien récemment découvert : à ciste, construite, décor peint sur les parois internes. Tombe de femme. Mobilier pillé, dont il ne reste que : aiguille en argent, 2 figurines féminines8, protomé (ΜΘ 18956 : fig. 9). Date : début du iiie s.
Fig. 9. – Protomés du type D : ΜΘ 18956, ΜΘ 22836, ΜΘ 23458, ΜΘ 22459, ΜΘ 23552.

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9. Terrain G. Triantaphyllou9, Tombe T4 : à ciste. Mobilier : strigile en fer, osselets, 2 œnochoés, petit skyphos, vase à parfum, protomé (ΜΘ 17607 : fig. 10), monnaie de bronze de Cassandre. Date : autour de 300.
Fig. 10. – Protomés du type E (groupe ancien) : ΜΘ 23131, ΜΘ 17607, ΜΘ 22733.

Photo 16e EPKA.
10. Terrain G. Triantaphyllou, Tombe T14 : à ciste. Tombe d’une petite fille. Mobilier : bijoux d’or et d’argent10, osselets, skyphos VN, petit skyphos sans anses tu type A, protomé (ΜΘ 18967 : fig. 8), 2 monnaies de Philippe II. Date : autour de 300.
Fig. 8. – Protomés du type C : Ε 27, ΜΘ 18967.

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11. Terrain Chatzialexandrou, Tombe K10 : à ciste, construite en briques. Tombe de femme. Mobilier : couronne de myrte en bronze doré, 2 œnochoés non vernissées, canthare VN, petit skyphos sans anses du type A, vase à parfum, figurine de femme assise, 3 protomés (ΜΘ 22799, 22131, 23552 : fig. 2) dont l’une grandeur nature, monnaie de bronze de Cassandre. Date : début du iiie s.
Fig. 2. – Mobilier du contexte 11 (terrain Chatzialexandrou, tombe Κ 10).

Photo 16e EPKA.
12. Lieu-dit Portes11, Tombe I : tombe creusée dans le roc, comportant 2 chambres couvertes d’une voûte en berceau ; sur 3 côtés de la chambre principale, klinès disposées en Π sur lesquelles étaient placées les sépultures. Date : 270-260, d’après les monnaies, d’Antigone Gonatas. Mobilier de la sépulture féminine de la klinè orientale : bijoux d’or et d’argent, miroir, 2 phiales en bronze, ciseau en fer, alabastre, œnochoé VN, 3 unguentaria, petit skyphos sans anses du type A, lampe, protomé (ΜΘ 22733 : fig. 3).
Fig. 3. – Mobilier du contexte 12 (tombe à chambre, klinè III).

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13. Terrain Giannopoulos12, maison A : dans le remblai de la dernière phase de la pièce occidentale, pesons en terre cuite, poids en bronze, 2 protomés (ΜΘ 23453 et 22454 : fig. 11), monnaies (bronzes de Philippe V [220-179], de Parôreia [185-168], de Pella [187-168] et de Thessalonique [187-168]). Date du remblai : autour du milieu du iie s.
Fig. 11. – Protomés du type E (groupe récent) : ΜΘ 23453, ΜΘ 23454.

Photo 16e EPKA.
2. Caractéristiques techniques
3L’examen des protomés selon la chronologie met en évidence de sensibles évolutions techniques. Elles sont faites d’une terre à grain fin, avec beaucoup de mica argenté et parfois des inclusions. La cuisson a donné aux exemplaires du ive s. des couleurs variées : rouge (2.5YR5/6), rouge-brun clair (5YR6/4, 6/6) et brun-rougeâtre (5YR5/4, 5/6). En revanche, la couleur des exemplaires du iiie s., de production locale, est un rouge jaunâtre (5YR5/6, 6/6) bien plus homogène.
4Les protomés des types A, B et C du ive s., hautes de 10 à 20 cm, sont tirées tête et buste d’une seule pièce d’un moule simple (fig. 4-7). À l’arrière, le contour de la tête est toujours prolongé d’une bande de terre rapportée, dans laquelle est percé le trou de suspension. À l’intérieur, on observe des traces de lissage dans le sens de la largeur pour partie inférieure du buste, dans celui de la hauteur sur les côtés. Ces derniers sont parfois renforcés de colombins de terre écrasés et lissés, d’où des variations de profondeur d’un exemplaire à l’autre.
Fig. 5. – Protomés du type Ab : ΜΘ 23117, ΜΘ 23119, ΜΘ 23120.

Photo 16e EPKA.
Fig. 6. – Protomés du type B : ΜΘ 22919, ΜΘ 22920, ΜΘ 22921, ΜΘ 22922.

Photo 16e EPKA.
5Sur presque tous les exemplaires du ive s., une couverte blanchâtre constitue le fond pour la décoration peinte. Le visage et quelquefois les vêtements sont ainsi d’un blanc jaunâtre, tandis que du rouge indique les lisières des vêtements ou les souligne lorsqu’elles sont rendues plastiquement. Les détails du visage sont de couleurs soutenues : noir ou brun foncé pour les sourcils, cils et iris, rouge pour la bouche, les cheveux et les bandelettes qui les ornent, rose enfin pour les joues. Ces tons rendent les fards réels, dont la mode était venue en Grèce depuis l’Orient. Colliers et boucles d’oreille sont soulignés de rouge ou de jaune, qui imitait l’or, tandis que les ψέλλια, bracelets aux avant-bras son toujours rouges13.
6La tête et le buste des protomés du type D14, qui datent du début du iiie s. (fig. 9) sont façonnés séparément ; l’assemblage se fait au niveau du cou. Les protomés sont ensuite entièrement revêtues d’une couverte blanche.
7Le type E (fig. 10-11) marque une profonde rupture dans l’évolution de la protomé au début du iiie s. La taille augmente sensiblement (de 18 à près de 30 cm) et avec un revers désormais fermé les protomés sont de véritables petites rondes-bosses. La technique de fabrication est plus complexe : tête et buste sont tirés chacun d’un moule simple, tandis que le cou est modelé à la main. De la même façon, sont rapportés en modelage les avant-bras, quelquefois les oreilles et des mèches de cheveux. Le détail des cheveux et bijoux et même du plissé sont plus souvent repris en incisions au moment du réparage. Le revers, convexe, est formé d’un assemblage de bandes de terre larges de ca 2,5 cm ; il est lissé au moyen d’une lame. Deux évents sont ouverts avec une lame encore, l’un au revers de la tête, l’autre à hauteur des épaules. Les couleurs sont posées directement sur la terre une fois cuite : brun-rouge pour les cheveux, l’iris de l’œil, rouge pour la bouche. Seul l’emploi d’une couverte blanche servant d’apprêt avant la pose des couleurs distingue les exemplaires de ce type du 1er quart du iiie s.
8Les protomés du iie s. sont fabriquées de la même façon ; un chignon détaille l’arrière de la tête, là où est découpé de deuxième évent. La parure est rapportée en modelage, et la polychromie est désormais des plus réduites.
3. Étude typologique
9La largeur du cadre chronologique de nos protomés – du milieu du ve à celui du iie s. – permet de suivre l’évolution de cette forme de représentation. Les exemplaires se répartissent en 5 types iconographiques.
3.1. Type A (1re moitié du ive s.)
10La femme est représentée avec les bras le long du torse. Elle est vêtue d’un péplos et d’un himation. Un voile recouvre l’arrière de la tête et retombe en zigzags symétriques sur les bras. Sous la lisière du rabat, la ceinture du péplos est rendue en jaune et détaillée d’un motif décoratif rouge. Les différences observables entre les exemplaires montrent qu’ils dépendent de deux archétypes :
— Aa : 3 exemplaires (ΜΘ 22812, 23118 et 22578 des contextes 3 et 5) du 2e quart du ive s. (h. : ca 11 cm ; fig. 4). Le visage large se termine par un menton pointu ; une raie médiane partage les cheveux en deux bandeaux détaillés de mèches ondulées. La femme est couronnée d’une stéphanè basse et porte des pendentifs d’oreille en forme de disque. Les détails du visage et du plissé sont soulignés de couleurs intenses. Le modèle de ce type se reconnaît dans des protomés béotiennes du ve s.15.
— Ab : 4 exemplaires (recueillis dans le contexte 5), datés du milieu du ive s. (h. : 12,5 cm). La tête est légèrement inclinée ; l’ovale du visage se termine par un menton carré. Les cheveux sont recouverts d’une kalyptra et les oreilles s’ornent de boucles en forme de disque. 3 exemplaires sont tirés du même moule (ΜΘ 23117, 23119 et 23120) (fig. 5) : les perles du collier sont rendues en volume. La polychromie est limitée au rose de la bouche et du bandeau dans les cheveux. Le 4e exemplaire (ΜΘ 22813) est tiré d’un autre moule (fig. 4) : il présente des caractéristiques identiques. Les modèles de ces protomés se reconnaissent dans des exemples du début du ve s. à Olynthe16.
3.2. Τype Β (1re moitié du ive s.)
11C’est de ce type que relève la majorité des protomés des nécropoles de Lètè : 18 exemplaires (ΜΘ 22577, 22586-22587, 22917-22926, 23128-23129, 23541-23542, 23553, recueillis dans les contextes 2, 3, 4 et 6). (h. : 9,5 à 14,5 cm ; fig. 6). 14 d’entre elles représentent le même archétype Ba, tandis que les 4 autres en représentent chacune un autre, Bb, Bc, Bd et Be respectivement.
12La femme est vêtue d’un chiton, d’un himation et d’un epiblèma qui recouvre l’arrière de la tête et les épaules. L’himation est drapé serré autour du torse ; l’un de ses pans traverse le buste en diagonale, laissant le bras droit dégagé, pour recouvrir l’épaule gauche d’où il retombe. Les avant-bras sortent du vêtement et sont levés, les mains tenant des fleurs ou des boutons de fleur – pour autant que l’on puisse en juger d’après l’état de conservation. Deux protomés seulement (ΜΘ 22586 et 23553) tiennent un grand fruit.
13Il s’agit du type iconographique de protomé le plus largement répandu. Les exemples les plus anciens, de Rhodes17, de Béotie et des côtes de l’Asie Mineure18 sont datés du ve s. On estime que ce type s’est diffusé vers le milieu du ve s. de Béotie vers Olynthe où il a été reproduit par les ateliers locaux19. Il faut signaler que sur 4 exemplaires (ΜΘ 22920-22922 et 22924) le contour des doigts est souligné d’un trait noir, caractéristique que l’on trouve aussi sur un exemplaire béotien du Louvre20. Dans la 1re moitié du ive s., ce type est aussi reproduit dans les ateliers de Acanthos21, tandis que d’autres exemplaires de la même époque ont été recueillis dans des tombes d’enfants de Nea Kallikrateia en Chalcidique22 et à la Toumba de Thessalonique23. Plusieurs sites de Macédoine ont livré des protomés très proches, de l’époque classique et du début de l’époque hellénistique24 : les trouvailles de la maison A de Tragilos25 confirment la survie du type à la fin du ive et au début du iiie s. Pour autant, des protomés comparables de Veroia et d’Amphipolis26, également datées de la fin du ive s. témoignent d’une esthétique différente dans le rendu de ce type, celle qui caractérise également le type iconographique C plus récent.
14Les protomés du type B de Lètè présentent donc d’étroites ressemblances avec les protomés contemporaines produites par les ateliers de Chalcidique : selon toute vraisemblance, c’est là qu’elles aussi ont été fabriquées.
3.3. Type C (milieu ve s. – fin ive s.)
15La longue période chronologique recouverte par ce type iconographique permet d’en suivre l’évolution. La femme est vêtue d’un peplos et d’un himation ; un épiblèma recouvre l’arrière de sa tête et ses épaules. Les cheveux partagés par une raie médiane tombent en boucles sur les épaules. La main gauche ramenée contre l’épaule tient une fleur ou un bouton, tandis que la droite, à l’horizontale, tient habituellement une colombe ; lorsque cette main droite est placée devant le sein du même côté, elle présente un fruit.
16Trois exemplaires, qui dérivent d’archétypes différents, illustrent des conceptions opposées pour le rendu et la facture (fig. 7).
— la protomé ΜΘ 22591 (du contexte 1) (h. : 17,5 cm) se distingue par sa terre, d’un rouge intense, et par sa coiffure originale, qui encadre le front de lignes ondulées et retombe sur les côtés en 4 vagues. Elle porte une stéphanè basse décorée de rosettes. De sa main droite elle tient probablement une colombe, et de sa gauche une fleur. C’est la protomé la plus ancienne des nécropoles de Lètè27. Sa forte ressemblance avec des protomés béotiennes du milieu du ve s. suggère que c’est là qu’il faut chercher sa provenance28.
— la protomé ΜΘ 22927 (du contexte 4) (h. : 12 cm) est tirée d’un moule très usé, au point que certains détails ont été gravés au réparage. Les cheveux qui tombent en boucles sur les épaules s’ornent d’une stéphanè basse. De la main droite, le personnage tient un bouton de fleur et de sa gauche une petite biche qui bondit vers la gauche. Elle présente d’étroites ressemblances avec des protomés de dimensions identiques fabriquées à Olynthe29 et Acanthos30 : selon toute vraisemblance, ces productions ont été exportées vers la région de Lètè au ive s.31.
— la protomé ΜΘ 23130 (du contexte 4) (h. : 19,2 cm), de facture très soignée, est une création du milieu du ive s. De sa main droite, la femme tient une colombe, et de sa gauche un bouton de fleur ; le contour des doigts est souligné d’un trait noir. Ses cheveux, bas sur le front, tombent sur les épaules boucles ondulées ; ils sont retenus sur la tête par un bandeau noué, et ceints d’un diadème qui se termine en triangle32. Le rendu archaïsant de la coiffure est une survivance tardive d’un type du ve s. avancé ou même de types plus récents d’Olynthe33, tandis que le rendu sensible des chairs féminines, pour les mains surtout, trouve des parallèles dans la même région34. Une protomé d’un type semblable, de la 2e moitié du ive s., a été trouvée dans la nécropole orientale de Pella35.
17Les 3 exemplaires Ε 26, Ε 27 et ΜΘ 18967 (des contextes 7 et 10)36 datent du tournant du ive au iiie s. (fig. 8). Ils sont de grande taille (hauteur et largeur supérieures à 20 cm) mais n’ont que peu de profondeur. L’epiblèma des deux premières, qui recouvre une haute stéphanè, se distingue par son contour et le rendu plastique de ses plis. Le personnage tient une colombe et une fleur. Le visage se caractérise par son front bas, ses joues larges et sa bouche étroite, son menton rond et lourd. Ces 3 protomés représentent les premières créations de l’atelier local. Dans la mesure où elles ne se distinguent que par la saillie des plis et les stéphanès ajoutées en modelage37, elles doivent représenter le même archétype. Des protomés équivalentes, trouvées en Macédoine38, sont datées de la de la 2e moitié du ive s.
3.4. Type D (début du iiie s.)
18Ce type regroupe des protomés de petite taille (h. : ca 10 cm), avec revers (ΜΘ 18956, 22836, 23458-23459 : du contexte 8 + trouvailles d’autres contextes39) (fig. 9). Le corps est nu ; les bras baissés le long du torse sont coupés à hauteur du coude. On ne distingue aucune trace d’un rendu de vêtement en peinture que quelques chercheurs ont supposé pour des objets analogues40. D’autres voient dans ces protomés l’abrégé du type iconographique de la « poupée » nue assise41 : cette remarque ne vaudrait cependant que pour les protomés de petite taille, qui ont aussi reçu d’autres interprétations. La diffusion de ce type dans cette dimension paraît limitée au ive s.42.
19Ce type iconographique D existe aussi en grande taille, fabriquée à la même époque selon une technique différente : elle est représentée parmi les trouvailles de Lètè par la protomé ΜΘ 23552 (du contexte 11) (h. : 20,6 cm ; fig. 9). Des protomés comparables sont connues en Macédoine43.
3.5. Type Ε (début iiie s. – milieu iie s.)
20Les protomés qui relèvent du type E sont de grande taille. Elles représentent les femmes en ronde-bosse, les bras baissés contre le torse et coupés à hauteur du coude ; elles sont vêtues d’un chiton. Les exemplaires se répartissent en deux groupes.
— Dans les exemples les plus anciens, du 1er tiers du iiie s. (ΜΘ 23131, ΜΘ 17607 et ΜΘ 22733 : des contextes 11, 9 et 12 respectivement ; h. : 17,8-25,8 cm) la femme porte un fin chiton à manche, ceinturé haut sous les seins avec un décolleté en V (fig. 10). La coiffure en « côtes de melon » est prolongée de nattes qui tombent sur les épaules. Des documents parallèles se trouvent en Macédoine44, mais aussi dans d’autres régions du monde grec45. Les grandes dimensions qui donnent un caractère monumental, mais aussi les traits du visage, ont suggéré des comparaisons avec la grande plastique et des images monétaires contemporaines46.
— Les 2 protomés ΜΘ 23453-23454 (du contexte 13, milieu du iie s.)47 illustrent les changements qui interviennent dans le rendu du type E à l’époque hellénistique avancée. Elles sont tirées du même moule passablement usé, l’une complète (h. : 29,5 cm) et l’autre fragmentaire (fig. 11). Le rendu anatomique relève d’une nouvelle conception du corps féminin, aux épaules étroites et tombantes et à la poitrine menue ; le visage en ovale allongé, au front haut, est encadré par la chevelure qui se prolonge en longues mèches jusque sur les épaules ; les oreilles s’ornent de pendentifs. Remarquable est la haute couronne à bord rayonnant, décorée de 7 rosettes en fort relief, et prolongée, sur l’un des exemplaires, d’une large taenia48. La forme du visage juvénile, la coiffure et la parure rappellent des protomés hellénistiques d’Isis trouvées à Amisos49. Des documents comparables ont été recueillis dans des édifices privés et publics de Macédoine50 mais aussi d’autres régions51. Quant à la couronne décorée de fleurs, on la trouve déjà à l’époque archaïque52.
3.6. Identification d’une déesse ?
21Outre la couronne, un détail vestimentaire pourrait mettre sur la voie de l’identification du type représenté par la protomé ΜΘ 23453 (Type E, groupe récent). Malgré la médiocre qualité de cet exemplaire, on distingue les extrémités d’un himation frangé, liées en un nœud complexe d’où s’échappe un long pan d’étoffe médian53 : ce drapé suggèrerait de reconnaître Isis54. Mais dans la coiffure ne figurent aucun des autres attributs qui identifient habituellement la déesse – le modius et les épis, ou le disque solaire entre les cornes de taureau, emblème de Hathor55. De la même façon, les figurines représentant la déesse à Veroia n’ont qu’une stéphanè simple56 : il s’agit là d’un trait caractéristique de l’adaptation grecque de l’image de la déesse.
22Généralement, on pense que les protomés à haute couronne57 représentent Artémis. Il faut signaler qu’en Macédoine, où son culte est particulièrement important, l’association Artémis-Isis est fréquente : invoquée comme Lochias, la déesse assiste les femmes dans les accouchements difficiles58. D’un autre côté, les fleurs de la couronne renvoient à Aphrodite, dont les représentations dans le cadre des cultes domestiques sont mises en rapport avec son rôle de protectrice de l’amour conjugal. De fait, des fleurs agrémentent des figurines de Veroia qui représentent la déesse59, et d’autres encadrent une plaque en terre cuite de Petres montrant Aphrodite chevauchant le bouc60. La protomé ΜΘ 23453 de Lètè pourrait donc aussi bien être une Isis-Lochias qui préside aux accouchements, qu’une Aphrodite-Antheia61, déesse de la fertilité de la terre.
23Le contexte domestique 13 où ont été recueillies les 2 protomés de ce type a également livré un grand nombre de pesons en terre cuite et de poids en bronze : on peut en conclure que ce local de la maison A de Lètè abritait des activités féminines de production domestique62. Dans le cadre du culte privé, ces protomés constituaient des offrandes aux divinités féminines liées au cycle de la vie et de la fertilité63.
4. Conclusions
24Les trouvailles de Lètè permettent donc de constater que les protomés féminines sont un élément normal du mobilier des tombes de femmes et de jeunes filles à partir du milieu du ve s. : leur emploi se généralise au cours du ive s. À ce moment dominent 3 types iconographiques (A, B, C) que différencient le vêtement, la coiffe, la position des bras et les attributs tenus dans les mains. La protomé ΜΘ 22591 attribuée à un atelier béotien n’est pas un cas isolé : d’autres sites de Macédoine ont livré des figurines et des vases fabriqués en Béotie64. Les contours peints des doigts de plusieurs protomés des types B et C constitue par ailleurs une survivance remarquable au ive s. d’une caractéristique des ateliers béotiens. La ressemblance de certains exemplaires des types B et C avec les produits du milieu des ateliers d’Olynthe et d’Acanthos du milieu du ve au milieu du ive s. suggère que c’est de là qu’ils ont été importés à Lètè : les terres cuites confirment ainsi le témoignage des vases sur l’aire de diffusion de ces ateliers de Chalcidique.
25L’installation d’ateliers de coroplathes à Lètè au tournant ive – iiie s. coïncide avec le fonctionnement des ateliers de potiers. On reconnaît une production plutôt limitée de protomés – dont les objets de la tombe E de Derveni – qui se prolonge même une fois le répertoire enrichi de quelques types nouveaux, de femmes drapées en particulier65 : à côté des protomés de grande taille est produite une série de protomés nues, de dimensions modestes (type D). La nouvelle conception esthétique qui se manifeste à partir du début du iiie jusqu’au iie s. dans l’image du corps féminin des protomés du type E, produites par les ateliers locaux, est plus largement connue en Macédoine.
26Les autres trouvailles des contextes funéraires des ive et iiie s. de Lètè n’apportent aucun élément nouveau quant à la question si souvent débattue de l’identification de la déesse représentée66, à l’exception bien sûr des protomés désignées par des attributs comme la colombe ou la biche. Cependant, l’absence généralisée d’attributs distinctifs témoignerait d’une volonté de la coroplathie d’empêcher toute identification trop précise67. Un tournant semble cependant se dessiner à l’époque hellénistique, avec l’introduction du culte de divinités orientales, mieux reconnaissables, comme la Mère des Dieux ou Isis. C’est cette évolution qui permet de reconnaître, dans les protomés du type E les plus récentes de Lètè, Artémis – Isis Lochias ou, plus vraisemblablement, Isis – Aphrodite Antheia.
Notes de bas de page
1 Traduction française et mise en forme du texte original grec par Arthur Muller.
Sur la ville antique, voir Tzanavari, Filis 2003 ; IACPoleis 2004, n° 550, p. 818.
2 Themelis-Touratsoglou 1997, Tzanavari 1996.
3 Pour une définition de « protomé », voir par exemple Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 13.
4 Abréviations : VN = à vernis noir ; FN = à figures noires ; FR = à figures rouges ; h. = hauteur.
5 À l’Est de Lètè, le long de la route vers Langada : ADelt 56-59 (2001-2004), B2 (sous presse).
6 ADelt 54 (1999), B2, p. 550-551. Le remblai qui recouvrait ce terrain a également donné des fragments de protomés provenant du mobilier dispersé de tombes détruites. Il n’en est pas rendu compte systématiquement ici.
7 Themelis-Touratsoglou 1997, p. 19, 120, pl. 131.
8 Tzanavari 2007 et Dewailly 2007, p. 144.
9 Même région que le terrain Taka, le long de la route Lètè – Langada : Tzanavari 1989, p. 308-311, fig. 5-9 ; ADelt 44 (1989), B2, p. 321 ; BCH 120 (1996), p. 1245.
10 Tzanavari 2009.
11 Au Sud de l’agglomération moderne de Lètè. Découverte de 2003 : voir Tzanavari, Filis 2002 et les travaux à paraître de K. Tzanavari et K. Filis.
12 En limite Nord de la ville, non loin de l’enceinte. Ont été fouillées 2 maisons, qui ont connu 3 phases d’occupation, du ive en plein iie s., à un moment qui coïncide avec l’occupation de la région par les Romains : Tzanavari, Filis 2003, p. 160-162, plan 1, fig. 8-11 ; ADelt 56-59 (2001-2004), B2 (sous presse).
13 On comparera avec la polychromie des protomés archaïques : Croissant 1983, p. 18-19.
14 Tzanavari 1996, p. 467, fig. 14.
15 Higgins 1954, p. 228, n° 856 : « late fifth century ». Ce type se retrouve également vers 460-450 dans les nécropoles d’Assos : Tolun 2006, p. 91, n° 6.
16 Robinson 1931, p. 14, nos 42, 46.
17 Higgins 1954, p. 89 nos 237, 239, 240. Blinkenberg 1931, p. 727, n° 3120, leur assigne cependant une date après 400.
18 Besques 1954, p. 96, C 75, C 76 : de Béotie, et p. 112, C 170 : de Myrina, « le moule, sinon la figure, serait d’origine béotienne […] 470-460 » [= Besques 1963, p. 8, MYR 192].
19 Robinson 1931, p. 29, pl. 18 ; Robinson 1933, p. 24-25, nos 36-44 ; Higgins 1954, p. 224, n° 841 et p. 291, n° 1068.
20 Besques 1954, p. 96, C 75.
21 Kaltsas 1998, p. 270.
22 Bilouka et al. 2005, p. 241-242, fig. 4.
23 Thessaloniki 1986, p. 96, fig. 82 : vraisemblablement d’un atelier de Chalcidique.
24 Mieza : Misaelidou-Despotidou 1990, p. 129, fig. 5b (2e moitié du ive s.). Pella : Ancient Macedonia 1988, p. 309, n° 262. Archontiko : Chrysostomou, Chrysostomou 2002, p. 466, fig. 2. Ainea : Vokotopoulou 1990, p. 68, 86, pl. 41a, 54b. Amphipolis : Lazaridis 1988, pl. 25.1, Lazaridis 1993, p. 74, fig. 76 b (fin de l’époque archaïque).
25 Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 3-12.
26 Ancient Macedonia 1988, p. 352-353, nos 311-312, et p. 388 n° 359.
27 Sur les trouvailles des nécropoles de la Lètè archaïque, voir Tzanavari, Filis 2003, p. 156-157, fig. 1-4.
28 Higgins 1954, p. 224, n° 842. Des objets équivalents trouvés à Thermi sont datés de la 1re moitié du ve s. : ADelt 52 (1997), p. 639.
29 Robinson 1931, p. 30, n° 153 ; Higgins 1954, p. 292, n° 1075 : « late fifth century ».
30 Kaltsas 1998, p. 217, n° 1166 (premier quart du ive s.) et p. 270, n° 958, avec la bibliographie.
31 Cet acquis est d’un grand intérêt pour la connaissance des relations commerciales de Lètè avec la Chalcidique. Il est conforté par une observation parallèle concernant un certain nombre de vases à FR contemporains des nécropoles de Lètè, qui eux aussi paraissent produits dans des ateliers de Chalcidique. Ces imitations de la céramique attique ont été plus largement diffusées en Macédoine : voir ΜcPhee 1981, p. 301-302, Misaelidou-Despotidou 1999, Rhomiopoulou, Touratsoglou 2002, p. 59-60, Π 1586, Tzanavari, Filis 2002 et les travaux à paraître de K. Tzanavari et K. Filis.
32 Ancient Macedonia 1988, p. 354, n° 313.
33 Higgins 1954, p. 292, n° 1074.
34 Robinson 1931, p. 18-19, n° 63.
35 Pandermalis 2004, p. 105, n° 18.
36 Themelis-Touratsoglou 1997, p. 120, pl. 131. Ces protomés sont proches d’objets équivalents d’Olynthe : Robinson 1952, p. 85, nos 20, 21, 21Α, du « début du ve s. ».
37 Les protomés ΜΘ 11679 (collection Papailiaki : Vokotopoulou 1993, p. 247, n° 309 ; Tzanavari 2014) et ΜΘ 20978 (Nord-Est de Derveni : ADelt 53 [1998], B2, p. 580) présentent des caractéristiques techniques et morphologiques semblables, ainsi que les mêmes éléments décoratifs.
38 Mieza : Misaelidou-Despotidou 1990, p. 128, fig. 5a. Pella : Ancient Macedonia 1988, p. 308, n° 261, Siganidou, Lilibaki-Akamati 1996, p. 57, fig. 38 et Pandermalis 2004, p. 104, n° 17. Archontiko : Chrysostomou, Chrysostomou 2002, p. 466, fig. 2. Ainea : Vokotopoulou 1990, p. 68, pl. 41b. Voir aussi la protomé peinte dans la tombe à ciste du tumulus A : Vokotopoulou 1990, p. 40, fig. 14, pl. 6 et 25. Amphipolis : Ancient Macedonia 1988, p. 389, n° 360.
39 Terrain Chatzialexandrou : Tzanavari 1996, p. 467, pl. 14.
40 Laumonier 1956, p. 96-97, nos 220-227 ; Bell 1981, p. 30-33.
41 Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 15. Cette remarque ne vaudrait cependant que pour les protomés de petite taille.
42 Olynthe : Robinson 1931, p. 55, n° 331-332 (ve et début du ive s.) ; Robinson 1933, p. 41-42, n° 145, (ive s.). Thasos, Artémision : BCH 85 (1961), p. 921, fig. 16 (« Aphrodite »). Miéza, nécropole : Misaelidou-Despotidou 1990, p1. 29, fig. 7d. Tarente : Graepler 1997, p. 218-219, fig. 240-242 (iiie s. ; « Anodos de Korè » ou « Aphrodite Anadyomène »). Épidamne-Dyrrhachion : Muller, Tartari 2006, p. 80, fig. 10.
43 Souroti : Touratsoglou 1968, p. 44-51, fig. 4, pl. 9-11 (fin ive – fin iie s.). Amphipolis : Tsingarida 1990, p. 283, n° 5, pl. 4 a ; Ancient Macedonia 1988, p. 392, n° 364 ; Korti-Konti 1994, passim ; Kaltsas 1998, p. 96, pl. 103c ; Kayouli 1999, passim.
44 Vokotopoulou 1993, p. 247, n° 310 (collection Papailiaki ; début de l’époque hellénistique).
45 Béotie : Leyenaar-Plaisier 1979, p. 45, n° 74. Myrina : Besques 1963, p. 9, LY 1648. Morgantina : Bell 1981, p. 27-33, p. 48-51, nos 145-161. Italie méridionale : Besques 1986, p. 106, D 3922bis E (moule, 1re moitié du iiie s.).
46 Bell 1981, p. 28, 49.
47 Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 21, n. 122.
48 Voir Rubensohn 1962, p. 147, n° 45 (fin du vie s.).
49 Summerer 1999, p. 60-61, 180, pl. 18.
50 Petres (région de Florina) : Adam-Veleni 2000, p. 74, fig. 62 (protomé d’En[n]odia ou de Cybèle, iie s.). Philota (région de Florina) : Ziota, Moschakis 1997, fig. 7 (époque hellénistique avancée). Polymylo (région de Kozani) : Karamitrou-Mentesidi, Vatali 1999, p. 376, fig. 11-12 (milieu du iie s.). Pella : Ancient Macedonia 1988, p. 317, n° 274 ; Kayouli 1999, p. 24-27, nos 10 et 14-15 (fin iie s. – début ier s.) ; Lilibaki-Akamati 2000, p. 80, nos 67-68 (début ier s.). Arethousa : ADelt (1992), B2, p. 378-379.
51 Sites de Pélagonie : Bitrakova-Grozdanova 1999, p. 173-176, fig. 12-14 et p. 203, fig. 5 : les exemplaires complétés par des protomés de chevaux sont compris comme des Artémis ou Artémis Ennodia ; les exemplaires coiffés d’une couronne murale sont interprétés comme Cybèle. Myrina : Besques 1963, p. 34, MYR 35 et MYRINA 661 : « Aphrodite », 1er quart du iie s.
52 Croissant 1983, p. 20, 243-255, nos 155, 157 (d’Attique) ; Higgins 1954, p. 101, n° 295 (de Rhodes, fin du vie s.).
53 Des fragments de protomés avec des caractéristiques identiques ont été recueillis à Pella dans le sanctuaire d’Aphrodite et de la Mère des dieux : Lilibaki-Akamati 2000, p. 52, 79-80, nos 64, 67, 68 (début du ier s.).
54 Voir Tran Tam Tinh 1988, p. 769-770, nos 93-101, Sinn 1977, p. 24, n° 11. Des fragments de vases en forme de protomé d’Isis ont été trouvés à Mytilène : Acheilara 2006, p. 388, nos 523-524.
55 Tran Tam Tinh 1988, p. 779.
56 Tzanavari 2002, p. 174-176, 230-232, pl. 81-82 (milieu du ier s.).
57 Le type de la haute couronne en lame de faucille est mis en relation avec l’apothéose de Bérénice II, vers 210. On admet généralement que les portraits des reines lagides ont influencé l’iconographie d’Aphrodite : Kelperi 1997, p. 51-53. Sur les formes de couronnes et leur évolution, voir Rumscheid 2006, p. 178-182.
58 Tzanavari 2003, p. 241-243.
59 Tzanavari 2002, p. 168-169, pl. 77-79.
60 Adam-Veleni 2000, p. 79, fig. 69.
61 Voir Tzanavari 1997. Sur le syncrétisme Isis-Aphrodite, voir Tran Tam Tinh 1988, p. 793. Les deux déesses sont représentées ensemble sur un anneau en or conservé à Amsterdam : Beck et al. 2005, p. 630-631, n° 214 (ier s. apr. J.-C.).
62 Pour une situation analogue à Olynthe : Cahill 2002, p. 118-124.
63 On reconnaît souvent aux protomés recueillies en contexte privé ou public un caractère apotropaïque ou protecteur : Zaphiropoulou 1985, p. 69, Mallios 2004, p. 247-250 et Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 21-24.
64 Aghia Paraskevi, Sanè et surtout Sindos, nécropole : Despoini 1985, p. 22-26, nos 24-26, tombe 40 (460-450) ; pour des exemples de céramique béotienne importée, voir Despoini 1985, p. 224, n° 359, tombe 66 (ca 540), p. 289-290, n° 475, tombe 101 (510-480), ainsi que Tiverios 1996a, p. 418, fig. 9.
65 Tzanavari 2007.
66 Poulikakis 2001, p. 242-255 avec bibliographie complète.
67 Chryssanthaki-Nagle 2006, p. 28-29.
Auteur
-
Katerina Tzanavari
Musée archéologique, Thessalonique, Grèce.
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