Code théodosien XV, 2 : entre droit public et abus des particuliers1
p. 329-338
Résumés
On examine les premières traces du vol d’eau à l’époque républicaine ; on conduit ensuite l’étude dans quelques constitutions des Codes Théodosien (CTh XV, 2, 4 à 9) et Justinien (CJ 11, 43, 10, § 3) relatives au détournement abusif de l’eau des aqueducs publics, et on la poursuit jusqu’aux Variae de Cassiodore. On se penche sur les modalités de la répression de l’utilisation d’un bien public par des personnes privées.
This paper first focuses on the earlier records about the theft of water, which can be traced back to the republican era. It then proceeds with the study of some constitutions taken from the Theodosian (CTh XV, 2, 4 to 9) and Justinian (CJ 11, 43, 10, § 3) Codes dealing with the excessive illegal tapping of water from public aqueducs, and it then goes as late as Cassiodorus’s Variae. Closer scrutiny is finally given to how such breaches of law – i.e. the use of the common wealth for the benefit of private individuals – were punished.
Texte intégral
1À Rome comme dans d’autres villes romaines, la distribution des eaux dérivées des sources et des fleuves s’effectue, dès l’époque la plus ancienne, par le biais d’aqueducs dont la construction et la gestion étaient publiques. Le plus ancien aqueduc de Rome est l’Aqua Appia, réalisé par Appius Claudius en 312 et presque entièrement souterrain1.
2Il suffit lire ce qu’écrivait Frontin :
Tot aquarum tam multis necessariis molibus pyramidas uidelicet otiosas compares aut cetera inertia sed fama celebrata opera Graecorum,
aux masses si nombreuses et si nécessaires de tant d’aqueducs, allez donc comparer des pyramides qui ne servent évidemment à rien ou encore les ouvrages des Grecs, inutiles, mais célébrés partout !2,
3pour comprendre l’importance que l’on attribuait à ces ouvrages3.
4En règle générale, les eaux de ces aqueducs étaient d’abord destinées aux usages publics, généralement gratuits, et, à cet effet, étaient conduites à des réservoirs publics (castella, lacunae), d’où elles étaient dirigées vers les thermes, les fontaines, les lavoirs publics. La documentation textuelle, à commencer par Frontin, atteste que, dans une première période, toute l’eau était réservée à l’emploi public ; elle n’était menée partiellement à des édifices privés qu’à titre exceptionnel4, du moins si l’on en croit les dispositions recueillies par M. H. Crawford5 sous le nom de leges de aquis, mais qui font débat6.
5À l’époque impériale, les dérivations d’eau des aqueducs publics vers les fonds et les habitations privés, au moyen de prises et conduites de types divers deviennent plus fréquentes ; elles finissent par faire l’objet de concessions administratives aux particuliers, avec une réglementation différente selon les temps et les lieux7.
6Les problèmes relatifs aux dérivations abusives des aqueducs et aux vols d’eau sont anciens : Tite-Live et Plutarque évoquent ainsi un épisode qui eut lieu sous la censure de Caton, en 184 av. J.-C. Caton fit démolir des dérivations abusives que des particuliers avaient réalisées sur les aqueducs publics, dans le but d’irriguer leurs jardins ou d’amener l’eau à leurs villas8. Les premières interventions législatives que nous connaissons9 remontent à la lex Quinctia de aquaeductu urbis Romae, promulguée en 9 av. J.-C, comme chacun sait : c’est encore Frontin qui nous a transmis le texte de la disposition (De aquaed. 129) qui punissait par des amendes l’endommagement des canaux, des tuyaux, etc., ainsi que la pollution des puits et des citernes. Une loi qui, en outre, interdisait des dérivations abusives des aqueducs publics à travers des noua foramina, des nouveaux trous10, disciplinait la distribution de l’aqua data uel adtributa aux particuliers, selon les termes des concessions faites par les curatores aquarum. On sait que la cura aquarum avait été réorganisée par Auguste en 11 av. J.-C. : l’attestent six senatus-consultes, connus grâce à l’œuvre de Frontin, lui-même curator aquarum sous le principat de Nerva.
7La crainte que l’eau transportée par les aqueducs ne soit abusivement détournée existe un peu partout : en témoigne ainsi l’édit d’Auguste relatif à l’aqueduc de Venafrum (edictum de aquaeductu Venafrano), daté entre 17 et 11 av. J.-C. :
Neue cui eorum, per quo/rum agros ea aqua ducitur, eum aquae ductum corrumpere abducere auer/tere facereue, quominus ea aqua in oppidum Venafranorum recte duci / fluere possit, liceat11,
8ou la lex Coloniae Genetiuae Iuliae, de l’époque flavienne, aux chapitres 99 et 10012.
9La pratique des dérivations abusives des fleuves comme des aqueducs publics devait donc être assez fréquente, et particulièrement si elle était favorisée par l’insouciance administrative.
10La législation impériale du Bas-Empire, recueillie dans le titre De aquaeductu des codes de Théodose II (XV, 2) et de Justinien (11, 43), offre de nombreux témoignages du désordre croissant en la matière et des fréquents abus, qu’elle tente de réprimer, en menaçant de sévères sanctions les responsables d’ouvertures illicites, de canaux, ou de galeries dans les aqueducs et en imposant un contrôle plus rigoureux des titres constitutifs des concessions.
11Ainsi avec la constitution CTh XV, 2, 4 (CJ 11, 43, 2), les empereurs établissent que celui qui, pour irriguer son fonds, fait une dérivation abusive d’un aqueduc public est puni par la confiscation du fonds13 qui sera assigné à la Res privata de l’empereur :
IMPPP. VAL(ENTINI)ANVS, THEOD(OSIVS) ET ARCAD(IVS) AAA. PANCRATIO P(RAEFECTO) V(RBI).
Si quis de cetero uetiti furoris audacia florentissimae urbis commoda uoluerit mutilare aquam ad suum fundum ex aquaeductu publico deriuando, sciat eundem fundum fiscalis tituli proscriptione signatum priuatis rebus nostris adgregandum.
DAT. VIII... CONSTANT(INO)P(OLI) TIMASIO ET PROMOTO CONSS.14
12L’expression séduisante mutilare commoda urbis suggère l’importance de l’approvisionnement en eau pour la ville de Constantinople. Nous savons qu’un comes rei priuatae, un comte de la Res privata, apparaît pour la première fois dans une loi de 342 ; il recueille confiscations, biens vacants, caduca, et il appartient au nouvel aerarium, divisé en deux départements, sacrum (avec le comte des Largesses sacrées, le comes sacrarum largitionum, qui s’occupait des impôts indirects, douanes, taxes sur la circulation et les ventes, etc.) et priuatum, la Res privata, justement15.
13D’autres lois de teneur semblable visent à vérifier la validité des concessions aux particuliers, qui les autorisaient à puiser l’eau aux aqueducs publics : ainsi en est-il de CTh XV, 2, 7 (CJ 11, 43, 4 = Brev XV, 2, 1), du 1er novembre 397 :
IDEM AA. [ARCADIVS ET HONORIVS] ASTERIO COM(ITI) OR(IENTIS).
POST ALIA. Vsum aquae ueterem longoque dominio constitutum singulis ciuibus manere censemus nec ulla nouatione turbari, ita tamen, ut quantitatem singuli, quam uetere licentia percipiunt, more usque in praesentem diem perdurante percipiant : mansura poena in eos, qui ad inrigationes agrorum uel hortorum delicias furtiuis aquarum meatibus abutuntur.
DAT. KAL. NOV. CAESARIO ET ATTICO CONSS.
14Arcadius, en s’adressant au comes Orientis, établit la nécessité de contrôler les concessions pour éviter que des particuliers emploient les eaux publiques pour irriguer leurs fonds ou jardins (ad inrigationes agrorum uel hortorum delicias).
15Et encore CTh XV, 2, 6 (CJ 11, 43, 3), affichée à Constantinople par Arcadius le 29 mai 395 :
IMPP. ARCAD (IVS) ET HONOR(IVS) AA. AD AFRICANVM P(RAEFECTVM) V(RBI).
Quicumque ex aquaeductu magis quam ex castellis aquae usum putauerit deriuandum, etiam id quod prius iure beneficii fuerat consecutus amittat. In eum uero pro condicione personae conueniet seuerissimo supplicio uindicari, qui aduersus statuta huius oraculi auidae cupiditatis noluerit frena cohibere, ut priuatis indulti meatus mensura famuletur.
P(RO)P(OSITA) IIII KAL. IVN. CONST(ANTINO)P(OLI) OLYBRIO ET PROBINO CONSS.
16Dans ce texte, de sévères sanctions (seuerissimum supplicium, bien que pro condicione personae) sont prévues contre celui qui puise l’eau directement de l’aqueduc plutôt que des châteaux d’eau. La constitution d’Honorius du 28 août 389 (CTh XV, 2, 5), interdit aux concessionnaires d’endommager ou de détourner les tuyaux (ex ipsis formis iubemus elicere neque earum fistularum quas matrices uocant cursum ac soliditatem adtemptare) : elle est adressée au préfet de la Ville de Rome :
CTh XV, 2, 5 (CJ 11, 43, 3) :
IDEM AAA. [VALENTINIANVS, THEODOSIVS ET ARCADIVS] ALBINO P(RAEFECTO) V(RBIS) ROM(AE).
Eos, qui aquae copiam uel olim uel nunc per nostra indulta meruerunt, eius usum aut ex castellis aut ex ipsis formis iubemus elicere neque earum fistularum quas matrices uocant cursum ac soliditatemad temptare.
DAT. V KAL. SEPTEMB. ROMAE TIMASIO ET PROMOTO CONSS.
17Le 28 décembre 399, Honorius édicte à Milan une mesure prévoyant une amende pour qui détourne de l’eau de la forma Augusta, l’aqueduc campanien réparé aux frais de l’État16. L’existence d’une amende, et non d’une confiscation, conduit à émettre l’idée que l’empereur ne souhaitait pas s’aliéner les riches propriétaires fonciers des environs17 en rompant les liens de l’amicitia. Toujours pour la tutelle d’un aqueduc particulier, en l’occurrence l’aqueduc romain de Claude, c’est encore Honorius qui, en s’adressant au praefectus Vrbi Flavianus, le 8 novembre 400, établit que celui qui profite de la rupture d’une partie de l’aqueduc pour puiser de l’eau abusivement doit être puni par la confiscation de la maison et du fonds, une peine déjà prévue en CTh XV, 2, 4, examinée plus haut :
CTh XV, 2, 9 :
IDEM AA [ARCADIVS ET HONORIVS] AD FLAVIANVM PRAEFECTVM) V(RBI).
Ne quis Claudiam interruptis formae lateribus adque perfossis sibi fraude elicita existimet uindicandam. Si quis contra fecerit, earum protinus aedium et locorum amissione multetur. Officium praeterea, cuius ad sollicitudinem operis huius custodia pertinebit, hac poena constringimus, ut tot librarum auri illatione multetur, quot uncias Claudiae nostrae coniuentia eius usurpatas fuisse constiterit.
DAT. VI ID. NOV. MEDIOLANO STILICHONE ET AVRELIANO CONSS.
18Comme on peut le voir, en considérant les destinataires des lois et les villes où elles ont été données, le problème des dérivations abusives des aqueducs publics était ressenti dans la pars Occidentis de l’Empire aussi bien que dans la pars Orientis ; et les cas analysés dans les constitutions nous permettent d’imaginer que les interdictions et les sanctions pouvaient s’étendre aux cas d’espèces analogues18.
19Les interventions des empereurs, toutefois, étaient insuffisantes pour réprimer les abus, au point qu’au milieu du ve siècle, Zénon, en Orient, décrète encore la confiscation des terrain, jardin, balneum ou moulin auxquels on apportera l’eau abusivement détournée :
CJ 11, 43, 10, 3 :
Scientibus uniuersis, quod in posterum super huiusmodi commissis suburbanum uel praedium uel balneum uel aquae mola uel hortus, ad cuius usum aqua publica fuerit deriuata, uel si quid ex his iuxta aquaeductum positum ad eum pertinet, qui plantauit arbores aquaeductibus noxias, ad quemcumque pertineat locum uel hominem uel domum, proscriptionis titulo subiacebit et fisci uiribus uindicabitur : nulli super huiusmodi poena nec per sacros apices uenia tribuenda.
20Entre 439 et 441, Théodose II punit d’une amende de 50 livres d’or celui qui, frauduleusement, affirme détenir un titre pour le prélèvement de l’eau (CJ 11, 43, 5) ; enfin entre 491 et 518 l’empereur Anastase, en se rapportant aux dispositions de Théodose II, confirme une amende, réduite à 10 livres d’or, pour ceux qui, dans tout l’Empire, puiseront de l’eau aux aqueducs publics sans autorisation19. On constate donc aisément que la tutelle d’un bien aussi important que l’eau faisait l’objet d’interventions impériales fréquentes : au ive comme au ve siècle on arrivait à confisquer les fonds irrigués abusivement. Mais cette mesure n’est pas – semble-t-il - une « invention » du Bas-Empire : Frontin nous dit que selon une ancienne norme, difficile à dater20, on prévoyait la publicatio21 (saisie) des champs irrigués avec des eaux « appartenant à l’État, contrairement à la loi »22 :
Agri uero, qui aqua publica contra legem essent inrigati, publicabantur23.
21Apparaît également digne d’intérêt un passage des Variae de Cassiodore (III, 31, 2-4)24, qui, encore une fois, propose un problème d’abus, résolu d’une façon particulière, selon le temps et le milieu25 :
2. Quapropter ordinationes nostras ad uestram facimus notitiam peruenire, quibus amplius credimus ciuitatis uestrae dispendia displicere. Dicitur ergo commodi cura priuati aquam formarum, quam summo deceret studio communiri, ad aquae molas exercendas uel hortos rigandos fuisse deriuatam : turpe et miserabile hoc in illa urbe fieri, quod per agros uix deceret assumi. 3. Et quia non possumus admissi qualitatem ultra iura corrigere, ne, dum fabricis prodesse uolumus, legum culmina destruamus, si huius nefandissimae rei dominus tricennii praescriptione munitur, accepto pretio competenti suum uendat errorem, ut, quod laesionem publicis praestat fabricis, non praesumatur ulterius, ne quod nunc sub largitate corrigimus, postea seuerissime uindicemus. 4. Si uero tale aliquid moderna praesumptione temptatum est, sine dubitatione tollatur. Vnius enim desiderio prauo generalis debet utilitas anteferri, cui uel in causis iustis raro poterit obuiari. Mancipia uero formarum seruitio principum prouisione deputata in priuatorum cognouimus transisse dominium.
22La lettre date de 510 et 511, quand Cassiodore était quaestor sacri palatii de Théodoric26. Ici le roi annonce au sénat de Rome l’arrivée du uir spectabilis Jean, chargé d’enquêter sur les détournements d’eau sans autorisation et sur la dégradation des édifices publics27. Théodoric a conscience du fait que l’eau des aqueducs a été détournée ou volée pour l’alimentation des moulins ou l’irrigation des jardins des particuliers : il distingue ceux qui ont agi ainsi sous couvert d’une praescriptio tricennale, qui peuvent « vendre leur erreur », en recevant une quantité d’argent proportionnée (c’est une sorte de confiscation suivie d’un dédommagement) ; et ceux qui ont accompli ces actes récemment (moderna praesumptione) : ces derniers doivent immédiatement éliminer tout ce qui a été fait, sine dubitatione. Le roi, dans sa grande indulgence, ne prévoit aucune peine, se limitant à souligner l’importance de la generalis utilitas, c’est-à-dire l’interêt général28.
23De plus, Théodoric rappelle que nombre d’esclaves, affectés au service de l’aqueduc, sont directement passés à la propriété de particuliers. Cette question de l’usurpation d’un droit qui concerne tous les citoyens n’est pas un problème récent restreint au domaine de l’eau : ainsi en témoigne une constitution de Constantin de 319 conservée en CJ 6, 1, 5, où l’empereur chrétien punit l’utilisation par des particuliers d’esclaves publics (mancipia quae ad rem publicam pertinent), experts dans des divers arts (diuersis artibus praedita). Le texte envisage la possibilité que quelqu’un fait prendre la fuite à un esclave ou le prend avec soi (si quis tale mancipium sollicitauerit uel auocandum crediderit) ; la peine pour le coupable est la substitution de l’esclave fugitif par un autre esclave29.
Bibliographie
Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA.
Format
Astuti 1958
G. Astuti, « Acque », dans Enciclopedia del Diritto, I, Milano, 1958, p. 346-387.
Bruun 1991
C. Bruun, The Water Supply of Ancient Rome. A Study of Roman Imperial Administration, Helsinki, 1991.
Camodeca 1980
G. Camodeca, « Ricerche su Puteoli tardo-romana (fine iii-iv secolo », Puteoli, 4-5, 1980-1981, p. 59-128.
Catalano 2003
R. Catalano, Acqua e acquedotti romani. Fontis Augustei aquaeductus, Napoli, 2003.
Crawford et al. 1996
M. H. Crawford et al., Roman Statutes, I-II, London, 1996.
Delmaire 1989
R. Delmaire, Largesses sacrées et res privata. L’aerarium impérial et son administration du ive au vie siècle, Rome, 1989 (Coll. EFR, 121).
Eder 1980
W. Eder, Servitus Publica : Untersuchungen zur Entstehung, Entwicklung und Funktion der öffentlichen Sklaverei in Rom, Wiesbaden, 1980.
Giardina 2006
A. Giardina, Cassiodoro politico, Roma, 2006.
Girard, Senn 1977
P. F. Girard, F. Senn, Les lois des Romains, Napoli, 1977 (7e édition par un groupe de romanistes des « Textes de droit romain », Tome II, de P. F. Girard et F. Senn, curata da V. Giuffrè).
Geissler 1998
K. Geissler, Die öffentliche Wasserversorgung im römischen Recht, Berlin, 1998.
Grossi 2004
P. Grossi, L’ordine giuridico medievale, Roma-Bari, 2004.
Halkin 1897
L. Halkin, Les esclaves publics chez les Romains, Bruxelles, 1897.
Krautschick 1983
S. Krautschick, Cassiodor und die Politik seiner Zeit, Bonn, 1983.
Mommsen 1894
Th. Mommsen, Cassiodori Senatoris Variae, MGH AA, XII, Berolini, 1894.
Mommsen 1899
Th. Mommsen, Römisches Strafrecht, Leipzig, 1899.
Mommsen 1904
Th. Mommsen, Theodosiani libri XVI cum constitutionibus Sirmondianis, adsumpto apparatu P. Kruegeri. Textus cum apparatu, Berlin, 1904.
O’Donnell 1979
J. J. O’Donnell, Cassiodorus, Berkeley, 1979.
Peachin 2004
M. Peachin, Frontinus and the curae of the curator aquarum, Stuttgart, 2004 (Heidelberger Althistorische Beiträge und Epigraphische Studien, Bd 39).
Pennitz 1991
M. Pennitz, Der « Enteignungsfall » im römischen Recht der Republik und des Prinzipats, Wien-Köln-Weimar, 1991 (Forschungen zum römischen Recht, Bd 37).
Reduzzi Merola 20102
F. Reduzzi Merola, Forme non convenzionali di dipendenza nel mondo antico, Napoli, 2010 (2a ed. ampliata).
Salerno 1990
F. Salerno, Dalla « publicatio » alla « consecratio bonorum ». Forme giuridiche e uso politico dalle origini a Cesare, Napoli, 1990.
Seeck 1919
O. Seeck, Regesten der Kaiser und Päpste für die Jahre 311 bis 476 n. Chr. Vorarbeit zu einer Prosopographie der christlichen Kaiserzeit, Stuttgart, 1919.
Spagnuolo Vigorita 2005
T. Spagnuolo Vigorita, « Konfiskation », dans RLAC, XXI, Stuttgart, 2005, p. 355-416.
Taylor 2000
R. Taylor, Public Needs and Private Leasures. Water Distribution, the Tiber River and the Urban Development of Ancient Rome, Rome, 2000.
Weiss 2004
A. Weiss, Sklave der Stadt : Untersuchungen zur öffentlichen Sklaverei in den Städten des Römischen Reiches, Stuttgart, 2004 (Historia Einzelschriften, 173).
Notes de bas de page
1 Frontin, De aquaeductu urbis Romae 5, 1-5.
2 Frontin, De aquaed. I, 16 (trad. P. Grimal, Paris, CUF, 1961).
3 Bruun 1991, p. 97-138.
4 Voir Astuti 1958, p. 365-366.
5 Crawford et al. 1996 II, p. 729-730.
6 En tout cas Crawford et al. 1996 II, p. 729, pense à des leges datae, qui ne seraient pas antérieures à 312 av. J.-C.
7 Astuti 1958, p. 346-348.
8 Tite-Live XXXIX, 44, 4 ; Plutarque, Vie de Caton 19, 1. Servius, in Vergilii Aeneidos IV, 244, cite un discours du censeur à propos des abus des eaux : « in L. Furium de aqua », peut-être un souvenir de l’épisode mentionné par les sources historiques.
9 Mystérieuse demeure une loi Sulpicia sur les droits des riverains, d’époque incertaine ; on l’attribue au juriste Ser. Sulpicius, consul en 51 av. J.-C. Dans cette loi, dont le texte, lacunaire, est cité par Festus, p. 458 L, on parle de construction de conduites et répartition des eaux sous le contrôle du magistrat. Voir Girard, Senn 1977, p. 81-82 ; Crawford et al. 1996 II, p. 727-728.
10 Quo minus ex eis fontibus, riuis, specibus, fornicibus aquam sumere, haurire eis, quibuscumque curatores aquarum permiserunt, permiserint, praeterquam rota calice, machina liceat, dum ne qui puteus neque foramen nouum fiat, eius hac lege nihilum rogatur. Voir l’édition commentée de Crawford et al. 1996 II, p. 793-800.
11 Girard, Senn 1977, p. 404-406.
12 Crawford et al. 1996 I, p. 408, ch. 99 : Quae aquae publicae in oppido colon(iae) Gen(etiuae)/adducentur IIuir(i) qui tum erunt ad decuriones,/ cum duae partes aderunt, referto, per quos agros/aquam ducere liceat. Qua p<ar>s maior decurion(um),/ qui tum aderunt, duci decreuerint dum ne/per it aedificium, quot non eius rei causa factum/sit, aqua ducatur per eos agros aquam ducere/ i(us) p(otestas) que esto ; neue quis facito quo minus ita/aqua ducatur. Ch. 100 : si quis colon(us) aquam in priuatum caducam du/cere uolet isque at IIuir(um) adierit postulabit/<q>ue uti ad decurion(es) referat tum is IIuir, a quo/ ita postulatum erit, ad decuriones, cum non mi/nus (quadraginta) aderunt, referto. Si decuriones, m (aior) p(ars) qui/tum atfuerint aquam caducam in priuatum duci/censuerint, ita ea aqua utatur, quo<t> sine priua/ti{m}iniuria fiat i(us) potest(as) que e(sto). Sur les deux dispositions : Taylor 2000, p. 117-120 et 124-127.
13 Sur la confiscation : Mommsen 1899, p. 1005-1007 et 1021-1024 ; Spagnuolo Vigorita 2005, p. 355-359.
14 La date du texte pose problème. Mommsen 1904, p. 815 avance prudemment l’hypothèse de l’année 389 (avec un point d’interrogation), Seeck 1919, p. 91 date la loi de 381-382.
15 Delmaire 1989, p. 598.
16 CTh XV, 2, 8 : IDEM AA. MESSALAE P(RAEFECTO) P(RAETORI) O. Ex forma, cui nomen Augusta est, quae in Campania sumptu publico reparata est, nihil priuatim singulorum usurpatio praesumat neque cuiquam posthac deriuandae aquae copia tribuatur. Si quis autem meatum aquae ausus fuerit auertere, quinque libras auri aerario nostro inferre cogatur. Quidquid etiam ob eam fraudem ex rescripto fuerit elicitum uel qualibet arte temptatum, irritum habeatur. DAT. V KAL. IAN. MEDIOLANO THEODORO V. C. CONS.
17 Geissler 1998, p. 203 ; sur l’identification longuement controversée de l’aqueduc, voir Camodeca 1980, p. 84-85, décisif ; également Catalano 2003, avec bibliographie.
18 Voir en général Mommsen 1899, p. 822-828 ; Astuti 1958, p. 346-352.
19 CJ 11, 43, 11 : IMP. ANASTASIVS A. SERGIO PP. Diuinam dispositionem ab inclitae recordationis principe Theodosio super his, qui aquam sibi de publicis aquaeductibus seu fontibus praeberi desiderant, promulgatam hac etiam lege in sua firmitate durare sancimus, quatenus nemo uel in hac sacratissima ciuitate uel in prouinciis sine diuinis apicibus de sacro epistularum scrinio more solito edendis et iudicio tuae celsitudinis uel aliis quorum interest intimatis uel intimandis aquam de publico aquaeductu seu fonte trahere permittatur : his, quicumque nostra iussa uiolauerint seu uiolari concesserint, denarum librarum auri condemnatione aliaque grauissima indignatione feriendis.
20 Geissler 1998, p. 192-195 pense à une époque antérieure à la censure de Caton.
21 Sur le terme publicatio, voir Salerno 1990, p. 6-9.
22 Frontin, De aquaed. 97, 3, (trad. P. Grimal, Paris, CUF, 1961).
23 Mommsen 1899, p. 824 note 5 ; Geissler 1998, p. 192 ; Peachin 2004, p. 74-75.
24 Je remercie Pierre Jaillette de m’avoir signalé ce texte.
25 Sur la législation de Théodoric dans l’expérience juridique médiévale on lira les belles pages de Grossi 2004, p. 46-50.
26 Voir l’édition de Mommsen 1894, p. 95 ; O’Donnell 1979, p. 33-38 ; Krautschick 1983, p. 7-11, avec bibliographie ; Giardina 2006, p. 15-19 et 40-46.
27 Cassiodore, Variae III, 31, 5. Il était curator cloacarum sub praef. Vrbis.
28 Sur ce concept par rapport à l’expropriation, Pennitz 1991, p. 73-77, avec bibliographie. Mais ici il ne me semble pas avoir un sens technique.
29 CJ 6, 1, 5 : IDEM A. [CONSTANTINVS] AD IANVARIVM. Mancipia diuersis artibus praedita, quae ad rem publicam pertinent, in isdem ciuitatibus placet permanere, ita ut, si quis tale mancipium sollicitauerit uel auocandum crediderit, cum seruo altero sollicitatum restituat, duodecim solidorum summa inferenda rei publicae illius ciuitatis, cuius mancipium abduxit : libertis quoque artificibus, si sollicitati fuerint, cum eadem forma ciuitati reddendis : ita ut pro fugitiuo seruo, si sollicitudine defensoris non fuerit requisitus et reuocatus, idem defensor duo uicaria mancipia exigatur, nec beneficio principali nec uenditione in eius persona iam de cetero ualituris. D. XVI K. MART. CONSTANTINO A. V ET LICINIO C. CONSS. Sur l’esclavage public, toujours important : Halkin 1897 ; voir aussi Eder 1980 ; Weiss 2004. Sur la thématique des esclaves fugitifs, je me permets de renvoyer à mon étude, Reduzzi Merola 20102.
Notes de fin
1 Une version modifiée de cette contribution est parue sous le titre « Mutilare commoda urbis e derivazioni abusive d’acqua », dans les Studi per Giovanni Nicosia, VI, Milano, 2007, p. 485-494.
Auteur
-
Francesca Reduzzi Merola
Università di Napoli Federico II
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Les entrepreneurs du coton
Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)
Mohamed Kasdi
2014
Les Houillères entre l’État, le marché et la société
Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)
Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)
2015
Les Écoles dans la guerre
Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)
Jean-François Condette (dir.)
2014
Europe de papier
Projets européens au xixe siècle
Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)
2015
