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    Plan détaillé Texte intégral Trois verticalités emboîtées Une communauté d’égaux ? Un principal face à huit boursiers Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Décider en éducation

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    Table des matières

    Chapitre 4. Un principal contre les boursiers de son collège ? Le collège du Mans à Paris, au XVIIIe siècle

    Véronique Castagnet-Lars

    p. 71-86

    Texte intégral Trois verticalités emboîtées Le fondateur et ses successeurs L’université et le roi Les officiers de la communauté Une communauté d’égaux ? Se réunir régulièrement Des sujets de « discussion » récurrents ? Un principal face à huit boursiers Construire ensemble des actes communs et leur mémoire L’incapacité du primarius Les boursiers : la « major pars » ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Poser la question de la prise de décision dans un établissement scolaire invite l’historien à prolonger l’historiographie actuelle sur la structure de l’établissement, non pas en analysant les statuts et les textes normatifs mais en étudiant leur mise en œuvre réelle par les différents acteurs du collège. Les XVIe et XVIIIe siècles voient se multiplier les réformes dont la plus importante est la transformation des collèges fondés en collèges d’humanités qui continuent à héberger des étudiants, mais deviennent également des lieux d’enseignement. Les attributions et les pouvoirs des acteurs s’en trouvent changés. Durant trois siècles, le principal (placé à la tête de l’établissement par le supérieur et fondateur) et les boursiers (détenteurs d’une bursa garante de conditions matérielles plus favorables) demeurent les personnages centraux.

    2Plusieurs éléments de contexte donnent une couleur particulière aux rapports de pouvoir entre les différents acteurs de l’éducation à l’époque moderne. Tout d’abord, les collèges fondés appartiennent à l’université de Paris qui, avec ses quatre facultés (théologie, droit, médecine et arts) accueille depuis le Moyen Âge les étudiants regroupés en quatre nations (France, Picardie, Normandie et Allemagne). Dans le Paris du XVIIe siècle, les jésuites veulent accroître leur influence dans la capitale, en proposant une autre définition de l’établissement scolaire (le collège de plein exercice), un nouveau programme et une nouvelle méthode d’enseignement (le Ratio studiorum de 1599), pour partie hérités du modus parisiensis des collèges fondés ou rénovés parisiens du XVIe siècle.

    3L’histoire du collège du Mans (collegium Cenomanenses), dont les étudiants relèvent de la nation France1, illustre l’intérêt de ces nouveaux religieux pour un établissement parisien. En 1613, l’établissement doit suspendre son activité et la communauté qui s’en occupe est dissoute : le collège reprend alors sa fonction unique de résidence. Ses bâtiments sont imposants, avec : « trente-quatre chambres, avec greniers et hauts étages, quatre caves, quatre bûchers, quatre classes et une dépense2. » Connaissant ces difficultés, les jésuites entreprennent alors plusieurs démarches pour acheter le collège dont les bâtiments jouxtent leur fondation parisienne et signent avec l’évêque du Mans, Mgr Charles de Beaumanoir (1601-1637) une convention. L’université proteste, mais le roi achète les bâtiments en 1682 et en fait don aux jésuites3. Avec l’argent ainsi reçu (53 156 livres), le principal et les boursiers du collège du Mans déménagent dans une partie de l’hôtel de Marillac : la nouvelle vie commune ne débute qu’en 1712.

    4Le corpus documentaire est composite : le testament, en date du 26 mai 15194, de Philippe de Luxembourg5, évêque du Mans (1477-1507 et 1509-1519) établissant la norme ; l’acte de fondation du collège en 1526 ; des provisions de bourses entre 1674 et 1762 et un registre, in‑fol, en latin, de 74 pages, consignant des décisions prises entre le 4 juin 1729 et le 28 mai 1763 relatant les pratiques au sein du collège. Ces sources permettent-elles de considérer l’évolution du statut et des fonctions du principal, à travers le fonctionnement réel de la communauté au XVIIIe siècle ? Ce principal devient-il le directeur de l’exercice, accroissant ainsi son rôle dans l’administration d’un enseignement au sein du collège (principal d’exercice) et non plus uniquement le responsable de la gestion matérielle de l’établissement selon la norme du début du XVIe siècle (principal des boursiers) ? Tout collège connaît de profondes transformations « sans l’intervention de pouvoirs externes, de nouvelles fonctions éducatives » avec l’association, au cours de la période moderne, de trois entités interdépendantes : un collège fondé, une entreprise privée d’éducation (« la pédagogie ») et un corps enseignant6. Pour mesurer cette évolution, il faut se souvenir que le collège est constitué au départ comme une communauté, sous le regard d’un « primus », et dans laquelle les boursiers sont majoritaires en nombre durant toute la période.

    Trois verticalités emboîtées

    5Comme dans l’ensemble des collèges fondés parisiens du XVIe siècle, l’établissement résulte de la volonté d’un fondateur (ici évêque), est rattaché à l’autorité par excellence en matière d’enseignement et de religion à savoir l’université de Paris, deux verticalités relayées au sein du collège par le principal, directeur au quotidien du collège de boursiers.

    Le fondateur et ses successeurs

    6Le premier regard omniprésent, extérieur à la structure éducative, est celui du fondateur, Mgr Philippe de Luxembourg, et de ses successeurs, évêque du Mans.

    7Seul le premier est cité dans les statuts originaux de 1526 : « defunctus bonae memoriae Philippus de Luxemburgo cardinalis, apostolicae sedis in Francia legatus, Cenomanensis & Morinensis episcopus7. » Toutefois, le prélat défunt n’a pour autant pas rédigé de statuts ; il a précisé, dans ses dernières dispositions testamentaires, sa volonté de fonder, après sa mort, un collège parisien, à l’aide de fonds légués. La tâche de fondation réelle et de réflexion sur les statuts revient à son exécuteur testamentaire, Louis de Bourbon-Vendôme (1493-1557), évêque du Mans (1519-1526), cardinal depuis 1517, ancien élève du collège de Navarre8. De fait, le supérieur majeur et le réformateur reste l’évêque du Mans ; il est désigné par le fondateur et ses successeurs.

    8En plus d’exercer cette décision unilatérale extérieure, les évêques du Mans disposent de la possibilité de procéder ou de faire procéder en leur nom à la visite de l’établissement, de façon régulière, souvent par le chancelier de l’université de Paris, en application des statuts9. Le visiteur jouit alors d’une délégation de pouvoir : il doit enquêter, corriger et punir les erreurs, tant du principal, du procurateur que des boursiers !

    9Selon le contenu du procès-verbal de visite, le principal peut être dans l’obligation de relayer les observations et d’appliquer un rappel à la discipline, voire de prendre des sanctions : il devient à cette occasion le relais du supérieur au sein de la structure, sans faire état de sa propre volonté ; la décision lui échappe. Sous l’épiscopat de Mgr Louis de La Vergne de Montenard de Tressan (1671-1712), de nouveaux statuts sont rédigés qui reproduisent les anciens ; de même à la suite de la visite du collège par Mgr Charles-Louis de Froulay de Tessé (1729-1767) en personne le 6 juin 172910.

    10De 1519 (décès de Mgr Philippe de Luxembourg, fondateur du collège) à 1767 – le collège n’a alors plus d’entité puisqu’intégré à un autre collège –, 12 prélats se succèdent à la tête de l’évêché du Mans. Trois d’entre eux doivent se prononcer sur l’avenir du collège, alors que la fondation est fragilisée, que les jésuites se montrent intéressés par ses locaux et que le roi se révèle sourcilleux du bon fonctionnement des collèges parisiens, Mgr Charles de Beaumanoir de Lavardin (1601-1637), Mgr Philibert Emmanuel de Beaumanoir de Lavardin (1648-1671), Mgr Louis de La Vergne de Montenard de Tressan (1671-1712) remettent en cause l’existence autonome de ce collège, en 1625-1632 et en 1682. Dans les deux cas, deux autres autorités extérieures à l’établissement interviennent : l’université et le roi.

    L’université et le roi

    11En 1625-1632, Mgr Charles de Beaumanoir de Lavardin vend aux jésuites une chapelle et les locaux d’enseignement11 : en effet, le succès des religieux est tel qu’ils sont à la recherche de nouveaux locaux dans le bâti parisien, après avoir acquis des maisons particulières jouxtant le collège de Clermont, et ceux de Marmoutiers et des Cholets. Dans les années 1620, le collège du Mans connaît en effet de grandes difficultés financières ayant entraîné une fermeture provisoire. L’université de Paris refuse les transactions, voulant s’opposer à l’extension de l’influence des jésuites à Paris et dans le royaume de France et forme une opposition au Parlement de Paris12 : elle n’hésite pas à produire des factums imprimés et à faire preuve d’un fort sentiment anti-jésuite13 !

    12En 1682, l’université ne parvient pas à s’opposer à la volonté royale, favorable aux jésuites : les bâtiments leur sont vendus par acte notarié en 1687 pour 53 156 livres, 13 sous et 4 deniers14 ; les écoliers doivent déménager dans de nouveaux locaux en affectant l’argent reçu à la mise en œuvre de leur nouveau quotidien.

    13Quoiqu’il en soit, l’université a la connaissance régulière du fonctionnement du collège, puisqu’elle procède à des visites des établissements parisiens sous sa tutelle comme en 1642 ou 172615.

    Les officiers de la communauté

    14L’ensemble de la communauté est convoqué pour assister aux visites diligentées par les autorités extérieures du collège. Deux personnages se détachent pour composer la direction de l’établissement : le principal et le procureur. Les statuts leur assignent des tâches complémentaires.

    15Le principal, qualifié de « bonus pater familias in suos scholasticos16 », lui-même maître ès arts voire docteur, doit mener une vie exemplaire et savoir représenter le collège auprès des autorités. Il est nommé par le supérieur et non élu. Le principal n’est donc pas tel l’abbé, père de famille élu par les membres de la communauté qu’il dirige comme l’avait premièrement formulé Léon Ier vers 445, inspirant ainsi les regulae médiévales : « Qui omnibus praefuturus ab omnibus eligatur17 ».

    16Au sein de la maison collégiale, il a, en apparence, de grandes attributions pédagogiques, comme par exemple l’examen annuel des progrès réalisés par les boursiers en matière de connaissances18.

    17Le second personnage du collège, à savoir le procurateur ou économe, également maître ès arts19, est en responsabilité de l’administration financière, sous la surveillance toutefois du principal et de deux boursiers en charge de l’examen biannuel de la balance des comptes20 ; en réalité il applique les décisions prises par le collectif, en assemblée. Il procède à l’entretien général des bâtiments, fournit la communauté en nourriture, paie les frais liés au culte (achat de matériel en particulier ou de fournitures telles les bougies), et achète les livres. Il gère et signe les baux de location dont le montant constitue la recette du collège.

    18Un autre personnage se distingue dans les statuts du collège : le chapelain, lui aussi obligatoirement maître ès arts21. Il n’est pas placé sur le même plan que le principal et le procurateur, car, contrairement à eux, il ne perçoit pas une bourse double22. Le fait que le procurateur puisse accomplir des actes relevant de la fonction de chapelain est possible23.

     

    19Cette verticalité incarnée au final par le principal au sein du collège révèle que la prise de décision essentielle est extérieure à la structure éducative et qu’elle est entre les mains des autorités religieuses et politiques. Ce constat n’est guère surprenant dans la mesure où le pouvoir royal décide par ordonnance d’une politique éducative, en s’appuyant sur les institutions ecclésiastiques présentes dans tout le royaume. Toutefois, cette colonne verticale décisionnelle très forte s’inscrit en contradiction avec des pratiques démocratiques développées depuis la période médiévale dans les communautés, par exemple monastiques, ici éducatives.

    Une communauté d’égaux ?

    20Que le collège ait avant tout une fonction d’hébergement d’étudiants comme durant la période médiévale, ou que l’établissement dispense un enseignement comme dans les structurées rénovées ou créées au XVIe siècle, le collège réunit en son sein une communauté d’étudiants sur des critères sociaux (boursiers) et géographiques (tous originaires du même diocèse). La composition de cette communauté – variable quant à sa taille selon les établissements – est donnée dans les statuts, et se présente à l’image de celle des autres collèges : des étudiants placés sous l’autorité d’un principal.

    Se réunir régulièrement

    21En réalité, le principal n’exerce pas un pouvoir autonome. D’une part, il est le relais des volontés et du supérieur et de l’université ; d’autre part, il est accompagné – voire contrôlé – par une assemblée (une arca), qu’il a obligation de convoquer régulièrement, composée du procurateur et d’un représentant des boursiers, en plus de lui-même. Trois personnes décident donc pour douze24.

    Graphique 1. L’évolution du nombre de décisions prises par l’assemblée chaque année entre 1729 et 1763.

    Image

    Source : AN MM 427, Registre des délibérations des boursiers (1729-1763).

    22Durant les 33 années de fonctionnement consignées dans le registre des Archives nationales, ce sont 199 décisions qui sont prises par l’assemblée, soit une moyenne de 5,7 par an. Trois phases différentes sont à remarquer. La première de 1729 à 1743, l’assemblée prend en moyenne 6,8 décisions par an, avec cependant une année creuse en 1740 et une année d’activité accrue en 1736 (12 décisions). Cet effet est faussé par le report d’une partie de l’activité des années 1734 et 1735 sur l’année 1736. La seconde phase voit la baisse de la fréquence de réunion avec une moyenne annuelle de 5,5. Le pic de 1746 est lié à d’importantes difficultés matérielles : il est question de procéder à d’importantes réparations dans les bâtiments du collège. Cette fréquence accrue n’est pas recommandée dans les statuts : la pratique révèle sans doute des difficultés de fonctionnement. La troisième phase est beaucoup moins chargée avec une moyenne de 3,75 décisions par an : seules demeurent évoquées les affaires courantes, celles qui sont obligatoires car touchant au domaine spirituel (les messes).

    Des sujets de « discussion » récurrents ?

    23Une augmentation de la fréquence des réunions de l’assemblée et des décisions prises retranscrites par le scribe ne s’accompagne pas d’une plus grande diversité des sujets abordés en « concertation » entre les personnages nommés et élus, tous dirigeant la communauté. Au contraire, le nombre de sujets se réduit très fortement, plus particulièrement à partir de 1746. Dissocier dans deux graphiques différents l’évolution des décisions prises en application des statuts (la question des messes pour l’âme du fondateur, de l’examen et de l’élection des boursiers) et celles prises en raison des circonstances (les messes en l’honneur d’un testateur Le Favrais, les réparations et l’entretien des bâtiments) ou de l’évolution de la pratique (la lecture des statuts pour rappeler la discipline) met en évidence l’appauvrissement des sujets de délibération présentés à l’assemblée.

    Graphique 2. Les actions obligatoires consignées dans les statuts du collège : le respect de la norme.

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    Source : AN MM 427.

    24Les trois obligations fixées par les statuts sont dans l’ensemble respectées avec régularité par l’assemblée. L’article le plus scrupuleusement respecté touche à l’élection du représentant des boursiers pour l’assemblée : sans cet élu, l’institution ne peut fonctionner. Les messes pour l’âme du fondateur sont faites, conformément à ses dispositions testamentaires, au moins une fois par an ; quelques reports sont pratiqués par exemple en 1734 sur 1735 et 1736. Néanmoins la question de l’examen des boursiers, réalisé avec la présence de deux autorités extérieures au collège, est occultée à partir de 1740, ce qui conforte encore l’hypothèse d’une faiblesse de l’établissement à compter de cette décennie.

    Graphique 3. Les décisions ad hoc.

    Image

    Source : AN, MM 427.

    25Le respect des dispositions testamentaires du second donateur devient la norme à compter de 1736 jusqu’à 1763. De façon plus extraordinaire, l’assemblée doit prendre des décisions quant à l’entretien des bâtiments en 1729 et en 1746-1749. Très très souvent, jusqu’en 1746, la préoccupation essentielle reste le maintien de la discipline au sein du collège.

    26En réalité, cette arca, composée du principal, du procureur et de l’un des boursiers, élu par ses camarades (parmi donc les 10 boursiers simples), ne fonctionne pas tel un conseil pour éclairer les éléments composant le sujet évoqué afin que la décision du principal ne soit que plus réfléchie, à l’aide d’un effort collectif. L’assemblée est donc de fait délibérative et non consultative, conformément aux pratiques développées dans les institutions cléricales selon le « Quod omnes tangit25 » adopté dans le droit romain antique et le modèle de règle monastique par excellence, la règle bénédictine26, ou les règles d’ordres post-tridentins27.

    27Elle prend position collectivement sur des sujets liés aux questions matérielles (constat des travaux à effectuer), financières (évocation du budget qui est ensuite soumis à l’approbation de la tutelle épiscopale), voire religieuses (processions).

     

    28La communauté fonctionne ainsi selon la norme émise par le fondateur et validée par l’université ; l’assemblée se réunit et décide. Mais de fait, deux groupes présents dans le collège, en application des statuts, sont exclus du processus décisionnel : les enseignants et les écoliers externes. Ni leurs noms, ni leur activité ne sont connus. Les sources dessinent les contours du face-à-face entre le principal, accompagné du procureur, et les huit autres boursiers.

    Un principal face à huit boursiers

    29Les dix boursiers de la communauté sont tous nommés par le supérieur. Certains sont choisis par ce dernier pour exercer des fonctions en apparence dirigeantes : le principal et le procureur. Pourtant, dans la pratique, un fort antagonisme oppose ces derniers aux autres boursiers, qui disposent d’un contre-pouvoir réel fixé par les statuts.

    Construire ensemble des actes communs et leur mémoire

    30Le centre décisionnel reste l’assemblée. Les réunions donnent lieu à 225 actes pour 33 années, retranscrits dans 73 pages in-fol. La moyenne est donc de plus de trois réunions par page du registre. Toutefois une césure intervient en 1740 : au cours de la phase 1, avant 1740, la moyenne est basse de moins de 2 réunions consignées par page ; après 1740, elle s’élève à près de 6,6. Le scribe s’affranchit donc de l’obligation précédemment faite à ses prédécesseurs de détailler plusieurs éléments de la réunion : le rappel des présents (conforme aux statuts), la date précise, le sujet évoqué, la décision prise. Quelques lignes suffisent désormais pour consigner la décision : les décisions prises en 1746-1748 sont au nombre de 12 et le compte rendu tient en une page28 ! De fait, la communauté ne garde pas l’histoire de son fonctionnement.

    31Les statuts ne soulignent pas l’élection ou la nomination d’un secrétaire. La lecture du registre fait apparaître 14 mains différentes en raison de changements notables de graphie. Pour autant, l’identité de celui qui note les décisions prises lors de ces réunions n’est plus indiquée à partir de 1733 : le scribe ne signe plus les actes consignés par ses soins29.

    32Le principal exerce néanmoins un regard très attentif, du moins au début de la période étudiée. En 1734, il se rend compte que trois boursiers ont tenté de manipuler les registres et de supprimer le récit compromettant de leurs comportements déviants par rapport aux prescriptions des statuts (habillement et fréquentation). Le principal s’en aperçoit – sans doute en procédant à la vérification du registre et du travail du scribe – et menace d’en informer le supérieur et le recteur de l’université, sauf si la malversation est corrigée30.

    33Un moment important dans le processus décisionnel est toutefois toujours occulté : la nature des différentes interventions des uns et des autres et les arguments développés au moment de ce que l’on pourrait appeler la phase consultative de la réunion.

    L’incapacité du primarius

    34Le principal ne peut décider seul. Il agit en fonction des volontés de l’assemblée et tente de faire respecter le respect des statuts en informant cette dernière des comportements déviants afin qu’elle se prononce.

    35D’après les statuts, le principal doit veiller tel un « bon père de famille » sur les étudiants et leur comportement. Il souligne ainsi lors des réunions de l’assemblée l’altération de la discipline31, la paresse et la négligence dans les exercices de piété32, les mauvaises tenues vestimentaires, voire des violences entre boursiers. Sur ces deux points, la simple évocation lors de l’assemblée ne portant pas les mesures souhaitées sans doute par le principal, c’est le supérieur, l’évêque lui-même qui intervient et fait savoir, par écrit à l’assemblée, ses volontés.

    36Par exemple le 21 juin 1733, deux boursiers maître-ès-arts assis au réfectoire l’un à côté de l’autre se battent violemment. Le principal souhaite une exclusion mais l’évêque les condamne le 25 juin à ne manger que de la soupe et du pain sec, et à jeuner jusqu’à fin juillet tous les mercredis, vendredis et samedis et menace de ne pas les recevoir dans le séminaire diocésain33. Les 25 juin 1733 et 30 mars 1734, l’évêque refuse d’admettre des perruques dans l’enceinte du collège : « je vous prie de ne point laisser entrer à la chapelle ni au réfectoire aucun boursier poudré et frisé ; et de leur deffendre toutes sortes d’ajustements profanes34. »

    37L’affaire la plus grave est évoquée le 3 juin 1734 : ayant proféré des injures aux voisins du collège, surtout aux prêtres voisins, des boursiers sont obligés de présenter leurs excuses sous la conduite du procureur35.

    38De fait, le principal n’exerce pas de pouvoir puisqu’il sollicite le supérieur quand cela est nécessaire. De plus, il ne peut agir sans l’aval des boursiers. Et lorsqu’il essaie de s’affranchir de cette seconde contrainte, il est placé dans l’obligation de présenter ses excuses à la communauté. Ainsi le 17 décembre 1729, le principal s’excuse d’avoir fait venir les ouvriers sans l’accord des boursiers pour remettre en état le toit de la maison endommagé par la chute d’une cheminée, l’accident étant survenu durant les vacances des étudiants36.

    39Le principal est donc incapable au sens juridique : il dispose d’un pouvoir très limité et peut afficher des prérogatives avant tout symboliques.

    Les boursiers : la « major pars » ?

    40La communauté des boursiers est choisie par la tutelle fondatrice représentée par les successeurs de l’évêque du Mans, Mgr Philippe de Luxembourg : les prélats respectent le droit de présentation et nomment ensuite les boursiers, originaires du diocèse, selon les places laissées vacantes37.

    41Entre 1674 et 1763, durant 89 années, 176 individus entrent ainsi dans le collège du Mans pour poursuivre leurs études : cela représente une moyenne de près de 2 étudiants par an. Les motifs de recrutement sont au nombre de 7 : « per lapsum » (25,5 % de l’effectif), vacance de la bourse (5,2 %), démission du titulaire (40,5 %), désertion (9 %), défection (0,5 %), décès (4,5 %) ou alors une raison restée obscure « in loco » (mentionnée dans les registres brièvement pour les années 1733-1741, représentant 14,8 %).

    Graphique 4. L’évolution du nombre de nouveaux boursiers admis dans le collège entre 1674 et 1762.

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    Source : AN, MM 470.

    42La seconde moitié du XVIIIe siècle est marquée par une grande irrégularité dans le recrutement des étudiants pour cet établissement. Le fait que les boursiers ne veulent pas achever leurs études au sein du collège du Mans se lit à l’évolution du nombre d’étudiants partis suite à une démission, une désertion ou une défection soit 88 boursiers et 50 % de l’effectif.

    43Certes les étudiants sont nombreux face aux principaux, mais ils sont aussi très mobiles ce qui ne facilite pas sans doute la gestion de l’établissement, dans la mesure où ils y sont fortement associés.

    Graphique 5. Démission, désertion, défection des boursiers entre 1674 et 1763.

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    Source : AN, MM 470.

    44Conformément aux statuts, le principal est présent lors de l’examen annuel des boursiers38. Ce serait a priori le moyen de s’assurer que la major pars, la plus nombreuse, et détentrice d’un contre-pouvoir fort face au principal, serait aussi la sanior pars, la plus saine : 28 sessions sont organisées entre le 30 juillet 1730 et le 9 avril 1744, en moyenne 2 par an39. Toutefois, en 1740 aucun examen n’est organisé : est-ce un signe de dérèglement du collège devant des difficultés financières ? À compter de cette date, l’ensemble des boursiers provient bien – et à nouveau en application des statuts originels – du diocèse du Mans40.

    45La qualité du compte rendu consigné dans le registre commun du collège baisse : si en 1730, les boursiers sont nommés avec leur qualité et le cursus suivi ainsi que l’appréciation générale de chaque candidat, en revanche à partir de 1740, le scribe n’indique plus que les noms des boursiers examinés. Tous les examinés, quelquefois désignés par la formation suivie, ainsi que les examinateurs, signent le registre pour approuver les comptes rendus écrits à l’issue de chaque session. Les détails portés donnent à voir l’évolution et la progression, souvent irrégulière, de ces étudiants.

    46Le 30 juillet 1730, 8 candidats sont questionnés en présence du principal du collège, Seigneur, licencié en théologie. Deux examinateurs externes officient : Charles Regnault, professeur en théologie de la Sorbonne, et Nicolas Durand, professeur de philosophie. L’ensemble des boursiers réussit l’interrogation orale, avec des nuances toutefois : « optime » pour Michael Rousseau, « benenotas » pour César Barbot, « interrogatus satisfecit » pour Andreas Le Tourneux, philosophe, et Jacques Barré, logicien41. Le premier d’entre eux – et dans la liste consignée et pour ce qui est des résultats – est alors Pierre Gabriel Pasquinot, maître ès arts qui poursuit un cursus en théologie : « interrogatus optime respondit magna que eruditionis et diligentia specimen dedit42 ». Mais le 6 mars 1731, Michael Rousseau « respondit magnum que laboris ac diligentiae specimen dedit43 ». Ce même jour, Andréas Le Tourneux hésite davantage « interrogatus locu dulibicer respondit » avant de donner lieu à un « satisfecit » le 20 mars 1732. Quant à Pierre Gabriel Pasquinot, François Jean Moreau et Cesar Renatus Barbot, ils ne peuvent se présenter, étant « infirmes » devant le jury de 1731. L’excuse de la maladie pour ne pas passer l’examen est régulièrement mise en avant par les boursiers, sans que les syndromes ne soient toujours dépeints et que l’on sache si l’examen sera bien passé quelques semaines ou quelques mois plus tard. La possibilité d’employer cet argument pour se détacher de cette obligation ne doit pas être rejetée, d’autant que ce moment est une marque de l’autorité extérieure relayée par le principal est exercée sur l’ensemble des boursiers.

     

    47Pour Marie-Madeleine Compère et Dominique Julia, les archives retraçant l’activité de l’établissement au XVIIIe siècle montrent la présence toujours effective de l’évêque, supérieur et continuateur de l’action du fondateur Mgr Philippe de Luxembourg, et confèrent au principal une fonction centrale dans l’administration du collège près de deux siècles après la fondation : « Les délibérations manifestent l’intérêt que prend l’évêque du Mans à son collège : les boursiers sont régulièrement examinés et le principal reçoit de temps en temps des lettres l’exhortant à la vigilance44. » Or, l’étude du registre MM 427 des Archives nationales donne à voir toute la complexité de la prise de décision et de sa consignation dans un collège au cours de la période moderne.

    48Effectivement l’historiographie présente le principal des boursiers, dans les collèges fondés ou rénovés au XVIe siècle, comme le véritable chef d’établissement. Cette affirmation est valide dans le cas d’autres collèges parisiens comme celui de Montaigu (le principal « père des pauvres » est chef de la communauté des boursiers et chef du collège dans sa totalité), ou comme celui des Grassins (le principal, nommé par l’archevêque de Sens est soumis au seul contrôle de l’université)45. Dans ces deux exemples, les boursiers sont dénués de tout pouvoir, ce qui est à l’opposé de la situation vécue au sein du collège du Mans. Mais ici, pour le collège du Mans, l’écart est grand entre la norme souhaitée par le pouvoir et la pratique encouragée par la norme initiale voulue par le fondateur. Ce constat prouve l’inefficacité d’une réforme importante souhaitée voulant affirmer l’unité et la primauté du principal, tout particulièrement à l’encontre des boursiers, l’ordonnance de Blois de 157946, et l’absence d’évolution des statuts originaux.

    49Au-delà de ces points fondamentaux se pose la question de la définition même de la prise de décision résultant d’une « délibération ». Ce substantif féminin doit en effet être manié avec précaution. L’historien se fiant au travail essentiel des archivistes qui cherchent des sources à partir de l’appellation que ces derniers leur donnent : leur filtre interprétatif est donc déterminant, au sens fort du mot, dans la constitution du corpus documentaire par les chercheurs. Ici, notre enquête a débuté parce que la cote MM 427 est décrite comme un registre de délibération.

    50Dans sa facture, la chose est vraie ; dans son contenu, l’affaire est plus délicate. Car, pour les contemporains le fait de délibérer ne signifie pas prendre une décision mais consulter, examiner, résoudre (Dictionnaire de l’Académie française, 1687). Et pour les juristes des Lumières, délibérer ne relève plus uniquement de la pensée : il admet désormais un sens pratique, celui de « deliberer sur le Registre, pour dire, Prendre une derniere resolution sur l’examen des pieces » (Dictionnaire de l’Académie française, 1718), donnant ainsi une forme écrite définitive à la prise de décision précédemment pesée. Il paraît donc significatif que la première page écrite du registre soit titrée « Commentarius47 » et la seconde, « Commentarius Deliberatu ».

    Bibliographie

    Compère Marie-Madeleine, Du collège au lycée 1500-1850 : généalogie de l’enseignement secondaire français, Paris, Gallimard, 1985.

    Compère Marie-Madeleine, Julia Dominique, Les collèges français 16e-18e siècles. Répertoire 3. Paris, INRP, 2002.

    Compère Marie-Madeleine, Savoie Philippe, « L’établissement scolaire : des collèges d’humanités à l’enseignement secondaire XVIe-XXe siècles, numéro spécial », Histoire de l’éducation, n° 90, 2001.

    Weijers Olga (dir.), Vocabulaire des collèges universitaires (XIIIe-XVIe siècles), Actes du colloque de Louvain des 9-11 avril 1992, Turnhout, Brépols, 1993.

    Notes de bas de page

    1 Elle regroupe les archevêchés de Paris, Sens, Reims, Bourges et Tours (dont dépend le diocèse du Mans).

    2 Archives nationales [désormais AN], H/3/2776, 1612-1614.

    3 Bibliothèque Mazarine, 13730*.

    4 AN, M 170 pièce 2. Fundatio et statuta collegii et capellanie cenomanensis propauribus dioeceseos Cenomanicae, ut studeant in alma Universitate Parisiensis, et secundum decreta ipsius vitam degant, Paris, 1549, 45 p.

    5 AN, M 170 (non communicable) et Archives de la Bibl. de la Sorbonne, carton 21, Michel Félibien, Histoire de la ville de Paris, Paris, Guillaume Desprez et Jean Dedessartz, 1725, t. 3, p. 585-595 (retranscription).

    6 Marie-Madeleine Compère, Boris Noguès, « La direction de l’établissement dans les collèges de l’université de Paris sous l’Ancien Régime », Histoire de l’éducation, 2001, n° 90, p. 21.

    7 M. Félibien, op. cit., t. 3, p. 585 c. g.

    8 Ibidem, p. 585, c. d.

    9 Fundatio et statuta collegii, p. 18.

    10 Le détail de ces deux visites n’est pas consigné dans nos sources.

    11 AN, M 170 pièce 23.

    12 AN, M 170 pièce 7.

    13 Bibl. Mazarine, 4Ê A 15884-1, Défense de l’université de Paris et du collège du Mans contre l’usurpation que les jésuites veulent faire de ce collège et de la chapelle y fondée, S. l., 1668, 40 p.

    14 AN, M 170 pièce 8, contrat du 5 août 1687.

    15 Aucun procès-verbal pour le collège du Mans n’a été trouvé dans les archives.

    16 M. Félibien, op. cit., p. 592 c. g.

    17 « Que celui qui doit diriger une communauté, soit élu par cette communauté ». Voir : Léo Moulin, « Les origines religieuses des techniques électorales et délibératives modernes », Politix, 1998, vol. 11, n° 43, p. 117-162. Nicolas Offenstadt, Patrick Boucheron, L’espace public au Moyen Âge, Paris, PUF, 2015.

    18 M. Félibien, op. cit., p. 586 c. g.

    19 Idem.

    20 Fundatio et statuta collegii, p. 9.

    21 M. Félibien, op. cit., p. 586 c. g.

    22 Les statuts prévoient 2 officiers boursiers doubles et 10 boursiers simples. Le montant des bourses simples est de 25 livres par an en 1526 (soit 50 pour le principal et le procureur), 100 livres par an en 1690, et 150 livres par an en 1763. Ibidem, p. 587, c. d.

    23 « tenebitur dictus procurator seu capellanus qualibet (sic) hebdomada celebrare tres missas in capella dicti collegii » : il s’agit ici des messages consignés dans le testament du fondateur et qui sont données en sa mémoire, conformément aux dispositions testamentaires de Mgr Philippe de Luxembourg. Ibidem, p. 586 c. g.

    24 M. Félibien, op. cit., p. 589 c. g.

    25 Quod omnes tangit ab omnibus tractari et approbati debet : « ce qui concerne la communauté doit être discuté et approuvé par la communauté » Voir : André Gouron, « Aux origines médiévales de la maxime Quod omnes tangit », Histoire du droit social. Mélanges en hommage à Jean Humbert, Paris, PUF, 1989, p. 277-286.

    26 Voir : chapitre III, 1-4 et le chapitre LXIV.

    27 Véronique Castagnet-Lars, « Conflits d’obédience et de genre. La direction d’un collège féminin en terre de conquête religieuse. Le Séminaire des ursulines de Québec (1639-1710) », Les chefs d’établissement. Diriger une institution scolaire ou universitaire XVIIe-XXe siècle, sous dir. J.‑F. Condette, Rennes, PUR, 2015, p. 133-152. De la même, dans « Théories et pratiques électorales des ursulines de Québec entre 1639 et 1708 », Histoire(s) d’élection(s), Christophe Le Digol et Christophe Voilliot (dir.), Paris, Éd. CNRS, 2018, p. 93-114.

    28 AN, MM 470, p. 70.

    29 AN, MM 470, p. 20, dernière mention d’un scribe.

    30 AN, MM 427, p. 29 (avril-mai 1734).

    31 AN, MM 427, p. 30. Par exemple les déambulations nocturnes dénoncées dans les Statuts (Statuta p. 15-16).

    32 AN, MM 427, p. 16-17.

    33 AN, MM 427, p. 22-24.

    34 AN, MM 427, p. 23 et 28-29.

    35 AN, MM 427, p. 30.

    36 AN, MM 427, p. 8.

    37 AN, MM 426 ; Fundatio et statuta collegii, p. 5.

    38 Fundatio et statuta collegii Fundatio et statuta collegii et capellanie cenomanensis propauribus dioeceseos Cenomanicae…, Paris, 1549, p. 5.

    39 AN, MM 427, p. 11 (1730), p. 61 (1745).

    40 AN, MM 426.

    41 AN, MM 470, p. 11.

    42 « Interrogé, il a répondu avec des éléments montrant autant de preuves d’érudition et d’application ».

    43 « Interrogé, il a répondu avec des éléments montrant son travail et son application ».

    44 Marie-Madeleine Compère, Dominique Julia, Les collèges français 16e-18e siècles. Répertoire 3, Paris, INRP, 2002, p. 208.

    45 Ces volontés sont stipulées dans le testament de Pierre Grassin, fondateur du collège, en date du 16 octobre 1569. AN, S 6438. Voir : Jean-Baptiste Buzy, « Notice historique sur le collège des Grassins », Bull. Soc. historique et archéologique de Sens, 1885, t. 13, p. 20-46 ; p. 205-228.

    46 Ordonnance de Blois, 1579, titre Université, article 74.

    47 AN, MM 427, « Commentarius/Comitiorum collegii Cenomanensis/In alma Parisiensi Universitate/fundati a die 4a Junii 1729 ».

    Auteur

    • Véronique Castagnet-Lars

      Maître de conférences d’histoire moderne, université de Toulouse (ÉSPÉ), Framespa (Studium), SFR AEF

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    1 Elle regroupe les archevêchés de Paris, Sens, Reims, Bourges et Tours (dont dépend le diocèse du Mans).

    2 Archives nationales [désormais AN], H/3/2776, 1612-1614.

    3 Bibliothèque Mazarine, 13730*.

    4 AN, M 170 pièce 2. Fundatio et statuta collegii et capellanie cenomanensis propauribus dioeceseos Cenomanicae, ut studeant in alma Universitate Parisiensis, et secundum decreta ipsius vitam degant, Paris, 1549, 45 p.

    5 AN, M 170 (non communicable) et Archives de la Bibl. de la Sorbonne, carton 21, Michel Félibien, Histoire de la ville de Paris, Paris, Guillaume Desprez et Jean Dedessartz, 1725, t. 3, p. 585-595 (retranscription).

    6 Marie-Madeleine Compère, Boris Noguès, « La direction de l’établissement dans les collèges de l’université de Paris sous l’Ancien Régime », Histoire de l’éducation, 2001, n° 90, p. 21.

    7 M. Félibien, op. cit., t. 3, p. 585 c. g.

    8 Ibidem, p. 585, c. d.

    9 Fundatio et statuta collegii, p. 18.

    10 Le détail de ces deux visites n’est pas consigné dans nos sources.

    11 AN, M 170 pièce 23.

    12 AN, M 170 pièce 7.

    13 Bibl. Mazarine, 4Ê A 15884-1, Défense de l’université de Paris et du collège du Mans contre l’usurpation que les jésuites veulent faire de ce collège et de la chapelle y fondée, S. l., 1668, 40 p.

    14 AN, M 170 pièce 8, contrat du 5 août 1687.

    15 Aucun procès-verbal pour le collège du Mans n’a été trouvé dans les archives.

    16 M. Félibien, op. cit., p. 592 c. g.

    17 « Que celui qui doit diriger une communauté, soit élu par cette communauté ». Voir : Léo Moulin, « Les origines religieuses des techniques électorales et délibératives modernes », Politix, 1998, vol. 11, n° 43, p. 117-162. Nicolas Offenstadt, Patrick Boucheron, L’espace public au Moyen Âge, Paris, PUF, 2015.

    18 M. Félibien, op. cit., p. 586 c. g.

    19 Idem.

    20 Fundatio et statuta collegii, p. 9.

    21 M. Félibien, op. cit., p. 586 c. g.

    22 Les statuts prévoient 2 officiers boursiers doubles et 10 boursiers simples. Le montant des bourses simples est de 25 livres par an en 1526 (soit 50 pour le principal et le procureur), 100 livres par an en 1690, et 150 livres par an en 1763. Ibidem, p. 587, c. d.

    23 « tenebitur dictus procurator seu capellanus qualibet (sic) hebdomada celebrare tres missas in capella dicti collegii » : il s’agit ici des messages consignés dans le testament du fondateur et qui sont données en sa mémoire, conformément aux dispositions testamentaires de Mgr Philippe de Luxembourg. Ibidem, p. 586 c. g.

    24 M. Félibien, op. cit., p. 589 c. g.

    25 Quod omnes tangit ab omnibus tractari et approbati debet : « ce qui concerne la communauté doit être discuté et approuvé par la communauté » Voir : André Gouron, « Aux origines médiévales de la maxime Quod omnes tangit », Histoire du droit social. Mélanges en hommage à Jean Humbert, Paris, PUF, 1989, p. 277-286.

    26 Voir : chapitre III, 1-4 et le chapitre LXIV.

    27 Véronique Castagnet-Lars, « Conflits d’obédience et de genre. La direction d’un collège féminin en terre de conquête religieuse. Le Séminaire des ursulines de Québec (1639-1710) », Les chefs d’établissement. Diriger une institution scolaire ou universitaire XVIIe-XXe siècle, sous dir. J.‑F. Condette, Rennes, PUR, 2015, p. 133-152. De la même, dans « Théories et pratiques électorales des ursulines de Québec entre 1639 et 1708 », Histoire(s) d’élection(s), Christophe Le Digol et Christophe Voilliot (dir.), Paris, Éd. CNRS, 2018, p. 93-114.

    28 AN, MM 470, p. 70.

    29 AN, MM 470, p. 20, dernière mention d’un scribe.

    30 AN, MM 427, p. 29 (avril-mai 1734).

    31 AN, MM 427, p. 30. Par exemple les déambulations nocturnes dénoncées dans les Statuts (Statuta p. 15-16).

    32 AN, MM 427, p. 16-17.

    33 AN, MM 427, p. 22-24.

    34 AN, MM 427, p. 23 et 28-29.

    35 AN, MM 427, p. 30.

    36 AN, MM 427, p. 8.

    37 AN, MM 426 ; Fundatio et statuta collegii, p. 5.

    38 Fundatio et statuta collegii Fundatio et statuta collegii et capellanie cenomanensis propauribus dioeceseos Cenomanicae…, Paris, 1549, p. 5.

    39 AN, MM 427, p. 11 (1730), p. 61 (1745).

    40 AN, MM 426.

    41 AN, MM 470, p. 11.

    42 « Interrogé, il a répondu avec des éléments montrant autant de preuves d’érudition et d’application ».

    43 « Interrogé, il a répondu avec des éléments montrant son travail et son application ».

    44 Marie-Madeleine Compère, Dominique Julia, Les collèges français 16e-18e siècles. Répertoire 3, Paris, INRP, 2002, p. 208.

    45 Ces volontés sont stipulées dans le testament de Pierre Grassin, fondateur du collège, en date du 16 octobre 1569. AN, S 6438. Voir : Jean-Baptiste Buzy, « Notice historique sur le collège des Grassins », Bull. Soc. historique et archéologique de Sens, 1885, t. 13, p. 20-46 ; p. 205-228.

    46 Ordonnance de Blois, 1579, titre Université, article 74.

    47 AN, MM 427, « Commentarius/Comitiorum collegii Cenomanensis/In alma Parisiensi Universitate/fundati a die 4a Junii 1729 ».

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    Castagnet-Lars, V. (2019). Chapitre 4. Un principal contre les boursiers de son collège ? Le collège du Mans à Paris, au XVIIIe siècle. In V. Castagnet-Lars & C. Barrera (éds.), Décider en éducation. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.41381
    Castagnet-Lars, Véronique. « Chapitre 4. Un principal contre les boursiers de son collège ? Le collège du Mans à Paris, au XVIIIe siècle ». In Décider en éducation, édité par Véronique Castagnet-Lars et Caroline Barrera. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2019. doi:10.4000/books.septentrion.41381.
    Castagnet-Lars, Véronique. « Chapitre 4. Un principal contre les boursiers de son collège ? Le collège du Mans à Paris, au XVIIIe siècle ». Décider en éducation, édité par Véronique Castagnet-Lars et Caroline Barrera, Presses universitaires du Septentrion, 2019, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.41381.

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    Castagnet-Lars, V., & Barrera, C. (éds.). (2019). Décider en éducation. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.41315
    Castagnet-Lars, Véronique, et Caroline Barrera, éd. Décider en éducation. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2019. doi:10.4000/books.septentrion.41315.
    Castagnet-Lars, Véronique, et Caroline Barrera, éditeurs. Décider en éducation. Presses universitaires du Septentrion, 2019, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.41315.
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