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    Plan détaillé Texte intégral L’étang du Gol, un concentré d’enjeux sur un micro-territoire Le lancement d’une démarche patrimoniale Faciliter la rencontre et la négociation des acteurs, une tâche difficile Le maintien des équilibres du site naturel repose sur de très nombreux acteurs Une évolution possible vers l’écriture d’un projet partagé ? Des conditions fragiles pour une mise en œuvre sereine Un rapprochement des acteurs et une implication de tous à poursuivre Notes de bas de page Auteur

    Facilitations stratégiques

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    Table des matières

    Concilier accueil, protection et valorisation d’un site naturel sous forte pression : vers un projet partagé pour l’étang du Gol (île de La Réunion)

    Pomme Sturm

    p. 161-176

    Texte intégral L’étang du Gol, un concentré d’enjeux sur un micro-territoire Le lancement d’une démarche patrimoniale Faciliter la rencontre et la négociation des acteurs, une tâche difficile Le maintien des équilibres du site naturel repose sur de très nombreux acteurs Une évolution possible vers l’écriture d’un projet partagé ? Des conditions fragiles pour une mise en œuvre sereine Un rapprochement des acteurs et une implication de tous à poursuivre Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres ou Conservatoire du littoral est un établissement public national à caractère administratif, créé par la loi du 10 juillet 1975, placé sous la tutelle du ministre chargé du développement durable. Il a pour mission de mener, après avis des conseils municipaux et en partenariat avec les collectivités territoriales intéressées, une politique foncière de sauvegarde de l’espace littoral et de respect des sites naturels et de l’équilibre écologique. Il veille aussi à favoriser la découverte des sites par le public.

    2Pour assurer la protection foncière des espaces littoraux, l’établissement définit des périmètres d’intervention dans lesquels il acquiert des parcelles au gré de leur mise sur le marché par leurs propriétaires. Il en confie ensuite la gestion en priorité aux collectivités territoriales. Il peut également exercer ses missions sur le domaine public maritime ou fluvial qui lui est affecté ou confié, favorisant ainsi une gestion plus intégrée des zones côtières. De plus, l’État a confié au Conservatoire l’administration des zones naturelles de la bande des cinquante pas géométriques1 en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à la Réunion et à Mayotte.

    3Pour l’antenne réunionnaise du Conservatoire du littoral, acquérir des terrains se révèle une tâche particulièrement difficile. La pression foncière est très forte, sous les effets conjugués de deux phénomènes : en premier lieu, une urbanisation galopante, qui, avant de gagner les hauts, se concentre sur la frange littorale ; en second lieu et dans une moindre mesure, la pression exercée par le maintien des quotas de canne à sucre (30 000 ha), afin de pérenniser cette filière agro-alimentaire. Ces facteurs compliquent la mise en œuvre de la stratégie foncière de l’établissement public.

    4Les 1 500 hectares que compte l’établissement à La Réunion sont répartis en beaucoup de petits sites, l’île étant, d’un point de vue foncier, très morcelée. Parmi les quelques grands sites du Conservatoire figure l’étang du Gol. Ce plan d’eau compte parmi les trois zones humides littorales de La Réunion, avec l’étang de Saint-Paul et l’étang de Bois Rouge. Cette originalité a justifié l’intervention du Conservatoire du littoral dès 1985. Aujourd’hui, ce site est à la fois un refuge pour la faune et la flore, une coupure d’urbanisation et un espace de détente et de loisirs.

    L’étang du Gol, un concentré d’enjeux sur un micro-territoire

    5Situé au sud-ouest de l’île, l’étang du Gol est l’exutoire final du circuit d’érosion du cirque de Cilaos, les eaux de pluie terminant leur course dans la ravine2 du Gol à l’ouest et dans la ravine Maniron à l’est (fig. 10). Parallèle à la côte, d’une quinzaine d’hectares pour une longueur d’environ un kilomètre, le plan d’eau est séparé de la houle marine par une mince bande boisée sur toute sa longueur qui se termine par un cordon de galets fermant l’embouchure. Cette digue naturelle se brise et se reforme au gré des saisons pluvieuse (période cyclonique) et sèche (fortes houles), permettant à la zone humide de jouer son rôle tampon du niveau d’eau. Parfois, si la digue ne cède pas assez vite au regard du risque d’inondation du quartier riverain de Bel-Air, c’est une action humaine volontaire qui accélère le processus naturel de vidange. Des espèces de poissons marins endémiques profitent alors de cette ouverture pour se reproduire en eau saumâtre, le temps que la houle marine reconstitue la digue.

    Figure 10. Localisation de l’étang du Gol, sur la côte sud-ouest de l’île de La Réunion.

    Image

    6Suite à la construction de la déviation contournant Saint-Louis sur la route nationale dans les années 1990, la plaine du Gol s’est vue coupée en deux sur toute la longueur, parallèlement à la côte. Cette barrière a profondément modifié le fonctionnement hydraulique de la vaste zone humide, retenant beaucoup d’eau en amont. Pour fournir les remblais nécessaires à la construction de la route, les pouvoirs publics ont creusé deux gravières, depuis lors remplies d’eau provenant de la nappe phréatique. Elles font aujourd’hui partie intégrante du site naturel et sont même souvent jugées plus intéressantes, par les ornithologues, que l’étang naturel.

    7En 2010, la direction départementale de l’équipement transfère au Conservatoire du littoral la gestion des terrains des gravières (26 hectares) qui viennent s’ajouter aux 41 hectares acquis sur ce site entre 1985 et 2003, situés essentiellement sur les berges de l’étang, côté montagne. L’établissement public protège donc aujourd’hui 67 hectares de l’urbanisation. Mais il est loin d’être le seul acteur en responsabilité sur cette zone naturelle d’une centaine d’hectares que compte la zone humide en aval de la route digue, car six statuts fonciers coexistent : propriété du conseil régional, propriétés privées, domaine public fluvial appartenant à l’État, domaine privé de l’État (forêt littorale), propriété de la commune de Saint-Louis, propriété du Conservatoire du littoral.

    8Depuis 2005, afin d’avoir une cohérence de gestion, malgré cette diversité de nature des fonciers et un double rattachement communal (communes de l’Étang-Salé et de Saint-Louis), une convention cadre délègue la gestion de l’ensemble du bien (environ 100 ha) à un seul gestionnaire3, la commune de Saint-Louis. Cette convention cadre a été reconduite depuis mars 2011 pour une nouvelle période de trois années. Les sept signataires4 se réunissent périodiquement au sein d’un comité de gestion afin de valider et d’évaluer les orientations mises en œuvre par le gestionnaire.

    Figure 11. Vue aérienne de la plaine du Gol.

    Image

    9Le site naturel se situe dans un contexte périurbain : routes, zones industrielle et artisanale (ZAC Bel-Air, Installation Classée pour la Protection de l’Environnement du Gol, centrale thermique du Gol), usine de canne à sucre, parcelles agricoles, station d’épuration de Saint-Louis, bassins d’aquaculture côté Étang-Salé ; il constitue donc une coupure d’urbanisation importante dans un contexte global du littoral ouest de l’île, toujours plus aménagé et construit (fig. 11).

    10De nombreux problèmes sont relevés par les signataires de la convention : dépôts sauvages d’ordures sur le site, eutrophisation régulière de l’étang, pression de cueillette non quantifiée, dérangement de la faune, espèces invasives, risque d’incendie, risque sanitaire, risque d’inondation, désagrément lié aux mauvaises odeurs, etc.

    11Nombre de ces problèmes sont récurrents. Le plus médiatisé d’entre eux survient à chaque Noël, pendant la période la plus chaude, lorsque tous les poissons meurent, asphyxiés, et que de nombreux riverains viennent les ramasser pour les consommer… Ce phénomène est vécu de manière différente selon les acteurs, mais il constitue un problème pour tous. Pour les habitants du quartier de Bel-Air et les associations, c’est l’usine de canne à sucre, située juste en amont de l’étang, qui contribue, par ses rejets, à réchauffer et polluer l’eau. La présence de la station d’épuration sur le site, qui rejette les eaux traitées dans l’étang, n’arrange certes pas la situation, mais, dans l’esprit des riverains, ce n’est en rien comparable aux nuisances que génère le gros acteur industriel du secteur.

    12Cette vaste coupure d’urbanisation a fait l’objet de nombreux projets d’aménagements. Étant classée espace sensible, des études d’impact ont été effectuées et apportent des données supplémentaires aux nombreux inventaires déjà réalisés. Toute donnée supplémentaire intéresse les scientifiques car ces milieux naturels sont en constante évolution (variation des niveaux d’eau, de la pollution, de l’envahissement par les espèces exotiques). Même si la zone humide ne présente pas – ou plus – de réel intérêt en matière d’endémisme de la flore et des insectes, c’est un lieu de repos, de nourrissage ou de passage indispensable à de nombreux oiseaux migrateurs et un couloir d’atterrissage et d’envol pour le Pétrel de Barau, espèce endémique en déclin de l’île de La Réunion.

    Le lancement d’une démarche patrimoniale

    13L’équipe du Conservatoire du littoral n’est pas satisfaite de la prise en charge actuelle des qualités du site, qui reste fortement dégradé et sous-valorisé. Au demeurant, elle souhaite anticiper le lancement d’un éventuel projet « fou ». Ses craintes sont fondées sur des aménagements passés que le mode de gestion actuel de la zone n’a pas su prévenir, comme l’installation une année d’une société d’événementiel en bordure immédiate du site et auparavant d’attractions aquatiques. Elle sait que divers aménagements sont en réflexion, portés par différents acteurs. Elle s’interroge sur la façon de mieux connaître les attentes de la population, cent mille habitants en zone urbaine dense et défavorisée, a priori en demande d’aménagements récréatifs, afin de prévenir les dégradations et de remplir la mission d’accueil du site, tout en conservant sa naturalité. Le Conservatoire du littoral décide alors d’être l’initiateur d’un projet partagé de valorisation du bien couvert par la convention de gestion et de remobiliser ses partenaires autour de sa gestion.

    14Été 2012 : L’antenne réunionnaise du Conservatoire du littoral publie un appel d’offres, intitulé « Quel projet partagé de valorisation de l’étang du Gol ? », sur un périmètre d’étude couvrant l’ensemble des terrains publics de la zone. Notre société, Helixeo5, propose une démarche patrimoniale pour répondre à ce besoin et obtient le marché. Nous décollons pour un premier voyage de dix jours.

    15Partis de Paris avec des images de flamboyants plein la tête, ce sont des poules d’eau que nous découvrons à notre arrivée, au bord d’une zone industrielle qui plus est ! Un étang ; des tables de pique-nique ; des déchets… pas de quoi s’enthousiasmer à première vue. Mais cette vision est celle de métropolitains, de « Zoreilles » comme on les appelle ici. Pour les Réunionnais, ce plan d’eau est un paysage pratiquement unique, très reposant, qui offre une vue splendide, d’un côté sur les montagnes – « les hauts » – et, de l’autre, sur la mer. En outre, il est très rare à La Réunion d’accéder à un espace naturel sans avoir à accomplir d’effort physique marqué, ce qui rend cet endroit particulièrement propice à l’accueil des scolaires, du grand public et même des personnes à mobilité réduite.

    Faciliter la rencontre et la négociation des acteurs, une tâche difficile

    16Après un premier entretien approfondi avec l’équipe du Conservatoire du littoral, nous listons les acteurs ayant une responsabilité à l’échelle de l’île en veillant à leur représentativité stratégique et catégorielle, soit un total de 13 structures6 pour 24 audités, certains entretiens rassemblant plusieurs personnes d’une même structure. Cette première étape se déroule tout à fait normalement et dans de bonnes conditions.

    17Notre intervention se complique lorsque nous allons à la rencontre des habitants ou usagers du site. En effet, au-delà du noyau dur des personnes « incontournables », que l’on ira auditer dans le cadre de leur activité en lien avec l’étang, comme les garde-pêche, l’éleveur de bœufs moka en convention avec le Conservatoire pour la pâture des prairies sèches ou le responsable de la station d’épuration, la page reste blanche en ce qui concerne les usagers du site. L’équipe commanditaire nous donne alors toute liberté pour contacter ceux que nous pourrons trouver, au fur et à mesure des entretiens et de nos investigations7.

    18Nous fondons nos recherches sur ce que nous savons des usages de l’étang. Seuls deux usages sont facilement visibles. En premier lieu, les familles réunionnaises viennent sur la zone aménagée afin de pratiquer le « cari pique-nique », tradition très ancrée sur l’île, ainsi que pour pêcher. Nous apprenons par la suite que ce site est également une zone très prisée pour les photos de mariage. Nous allons donc à la rencontre des familles, dont l’accueil s’avère très réservé et plutôt méfiant. Nous renouvelons cette opération en semaine et lors d’un week-end, où l’affluence est double. Nous comprenons mieux les attentes de ces publics. Nous allons également à la rencontre des pêcheurs installés sur les berges de l’étang. Tous les acteurs évoquent les nombreux autres usages du site, sans pouvoir nous donner de contacts précis pour réaliser des entretiens.

    19Lors d’une première visite de terrain avec la chargée de mission du Conservatoire, nous surprenons un « usager », probablement en train de récolter quelque chose, qu’il dissimule aussitôt, se pensant certainement dans l’illégalité. Nous réussissons pourtant à engager la conversation et il semble tout disposé à nous accorder un entretien. Il nous donne son nom afin que nous puissions le retrouver dans le quartier de Bel-Air, « demandez aux gens, ils sauront ». En poursuivant notre marche hors des chemins, nous rencontrons deux braconniers, apparemment en train de pêcher anguilles et grenouilles. Étonnamment, ils ne s’en cachent pas, nous mimant spontanément leur technique de pêche avec leur sabre : ils sont malheureusement très difficiles à comprendre du fait qu’ils ne s’expriment qu’en créole. Quelques jours plus tard, nous cherchons à retrouver, pour un entretien plus approfondi, l’homme que nous avions croisé dans la roselière. Quelle n’est pas notre surprise quand, guidés par des habitants, nous arrivons chez une personne qui nous est complètement inconnue ! Pour la simple raison que notre interlocuteur sur le terrain nous avait donné un autre nom ! Néanmoins, grand bien lui en a pris, puisque nous avons ainsi rencontré un habitant, semblant incarner « la mémoire du marais ».

    20Nous poursuivons toutes les pistes que nous offre le web. Nous espérons vraiment rencontrer des personnes plutôt âgées, natives du quartier de Bel-Air, qui pourront nous raconter leur histoire autour de l’étang. Nous arpentons les rues avoisinantes et interrogeons toutes les personnes que nous croisons, de prime abord très réservées. Notre insistance nous permet finalement de réaliser de véritables entretiens approfondis avec des acteurs représentatifs de ces communautés qui ont grandi avec le Gol et qui y sont très attachés. Les entretiens s’avèrent passionnants, même si nous sentons qu’ils peuvent à tout moment se dérober. Nous nous heurtons en effet à une autre barrière, liée au contexte socio-économique de La Réunion, particulièrement difficile : le taux de chômage est très important (30 % en moyenne sur l’île, plus de 40 % à Saint-Louis), l’illettrisme également, touche entre 10 et 25 % de la population, la paix sociale est maintenue par les très nombreux emplois aidés. Les riverains concernés craignent des représailles s’ils soulèvent les « mauvais » problèmes, ceux dont les élus ne veulent pas entendre parler. Par touches successives, nous instaurons la confiance et parvenons à les impliquer dans la démarche, en leur garantissant qu’ils peuvent à tout moment se retirer et en respectant leurs conditions d’engagement, à savoir qu’ils ne soient jamais identifiés comme y ayant pris part.

    21Nous avons également beaucoup de mal à rencontrer les deux artisans vanniers qui fabriquent les « chaises du Gol », patrimoine réunionnais connu de tous. Au téléphone, nous sentons une grande méfiance, liée à la peur que toute leur activité soit remise en question. Finalement, nous nous rendons au domicile de l’un d’eux qui accepte d’être interviewé, avec sa femme. Mais malheureusement, il ne nous donne aucune information précise sur ses rencontres à Bel-Air avec les revendeurs de joncs ; nous ne pourrons pas avoir accès à eux.

    22Une fois les cinquante entretiens terminés, nous gardons le contact avec les acteurs et retournons les voir, afin de réunir autant que possible les conditions d’une rencontre constructive entre tous le jour de la restitution de l’audit. Certains sont illettrés et nous ne pouvons compter sur les écrits pour les convaincre de l’intérêt de la démarche.

    23Finalement, l’audit que nous avons réalisé a fait émerger un espace d’intérêt commun à l’interface de quatre grandes visions de ce territoire, qui se jouent parfois bien au-delà de la centaine d’hectares sur laquelle porte la convention de gestion :

    24Ainsi certains acteurs considèrent-ils l’étang du Gol comme un élément potentiellement clé d’une entité plus large, permettant une valorisation touristique et la création d’emplois : cela peut être un secteur englobant la plaine du Gol, l’Étang-Salé, voire la porte du Grand Sud8, ou plus encore allant jusqu’à l’intégration dans l’ensemble des sites touristiques de l’île.

    25D’autres personnes mettent d’abord en avant les différentes aménités offertes par cet espace, approprié par l’homme depuis longtemps, pour diverses utilisations : baignade par le passé dans l’étang et les canaux d’irrigation gravitaire de la canne à sucre cultivée sur le site, pêche, pique-nique, promenade, cueillettes, etc. Il importe à leurs yeux que la zone continue d’offrir une nature généreuse. Plus précisément, ces personnes se projettent sur des sous-entités du lieu, en fonction de leurs affinités : que ce soient les chemins, les berges de l’étang ou des gravières, les plans d’eau, l’embouchure, les fourrés, etc.

    26Pour d’autres acteurs encore, l’étang du Gol est avant tout un espace d’accueil d’une biodiversité importante à l’échelle de l’île ; qu’il s’agisse d’une biodiversité en raison de la très grande diversité de milieux concentrés, ou encore en raison des espèces migratrices, puisque l’étang du Gol se trouve sur un couloir de vol et représente un lieu de nourrissage et de repos pour de nombreux oiseaux. Bien entendu, il fait plus largement figure d’espace naturel remarquable en tant que zone humide littorale.

    27Enfin, nous avons identifié une quatrième vision, celle d’un espace à vocation agricole. L’entité historique « plaine du Gol » s’est façonnée autour de la canne à sucre depuis que l’homme est présent sur l’île. Elle était encore cultivée sur toute la zone, il y a quelques décennies, et des exploitations sont encore présentes. Au-delà de l’industrie sucrière, la présence d’un troupeau de bœufs sur les terrains du Conservatoire et autour des gravières concourt également à maintenir une certaine fonction agricole de la zone.

    28En fait, une part importante des acteurs partage plusieurs visions, à des degrés différents cependant ; ces visions ne s’ignorent pas, chaque personne semble consciente de leur co-existence et de leur légitimité, mais chacun a tendance à caricaturer la posture de l’autre, le plaçant souvent dans la démesure.

    29L’ensemble des acteurs est motivé par l’envie de valoriser l’étang du Gol. Ils perçoivent, au-delà de ses caractéristiques actuelles, de grandes qualités potentielles ; certaines presque uniques à La Réunion : paysage, facilité et égalité d’accès… ; et d’autres, moins spécifiques, mais tout autant appréciées : une faune et une flore remarquables, un endroit de quiétude dans une zone urbanisée, un site permettant des loisirs… À ce point de notre audit, il ne fait plus de doute à nos yeux que les acteurs rencontrés sont tous fortement attachés à l’étang et ont une ambition pour lui. Ils assoient presque toujours leur projet sur les qualités environnementales, historiques, identitaires du lieu. Pour tous, le scénario souhaité allie sa préservation ou l’amélioration de ses qualités et la création d’emplois.

    30Pour autant, il n’y a pas d’accord explicite sur « la position du curseur », sur ce que l’on entend par valorisation et d’autres mots qui sont partagés en apparence, mais qui selon les acteurs ne portent pas les mêmes idées (création d’emploi, conservation de l’aspect naturel, bonne santé du site…).

    31Cette prise de conscience a déterminé le Conservatoire et ses partenaires à poursuivre la démarche engagée.

    32À l’issue de l’audit, les conditions d’émergence d’un projet commun ne semblent pas réunies, pour deux raisons principales : les acteurs concernés n’ont pas les moyens d’identifier concrètement ce qui les relie, ce qu’ils peuvent partager, et certains problèmes non résolus, notamment la pollution de l’eau, sont bloquants pour envisager de penser à la valorisation du site.

    Le maintien des équilibres du site naturel repose sur de très nombreux acteurs

    33Nous revenons fin novembre pour organiser les rencontres des acteurs par familles. Quatre familles sont distinguées : les riverains ; les porteurs de projets locaux ; les entreprises de la zone d’activités, voisines immédiates de l’étang ; les naturalistes. Nous décidons avec notre commanditaire d’ouvrir ces réunions à toute nouvelle personne que nous pourrions identifier comme appartenant à ces familles et susceptible d’être intéressée. Nous nous appuyons sur les riverains que nous connaissons pour inciter d’autres personnes à les rejoindre et envoyons des centaines de courriers aux entreprises locales. Elles sont concernées par l’évolution du site à plusieurs titres : nous pensons que leurs salariés le fréquentent à la pause déjeuner, leur image en dépend, et elles rejettent leur eau dans la station d’épuration locale. Nous allons à leur rencontre afin de leur expliquer de vive voix de quoi il s’agit. Elles ne se mobiliseront pas, sauf une, préférant être sollicitées une fois le projet avancé, au besoin. Les réunions se tiennent sur les tables-bancs de l’étang du Gol, lieu neutre, à l’abri des regards pour la famille des riverains et celle, réduite à une entreprise, des acteurs économiques. En effet, ces acteurs ne veulent pas être aperçus alors qu’ils participent aux réflexions, pas plus qu’ils ne souhaitent que leurs noms figurent dans les rapports. Il nous est impossible de faire l’économie de toutes ces précautions et de procéder de manière plus classique, plus confortable, en salle. Ces aménagements, négociés avec les participants en amont des réunions, sont pour plusieurs d’entre eux une condition indispensable à leur participation.

    34Nous avons découvert avec les « usagers préleveurs » les savoirs traditionnels et l’histoire de l’étang. Nous avons compris que dans la culture créole, la nature est généreuse et pourvoit à de nombreux besoins. Nous avons été frappés par l’exemple du goyavier, arbre introduit sur l’île et classé très invasif, mais complètement adopté par les Réunionnais, car il offre à profusion des baies délicieuses, très prisées et à l’origine de recettes populaires. Cependant, les nouvelles générations, plus urbaines et soucieuses de modernité, se sont détachées de la nature ; ceux qui « cueillent » aujourd’hui le font donc pour les autres, à travers un rapport marchand. Alors quelles denrées commercialisables la nature offre-t-elle sur le site de l’étang du Gol ? Le baie rose ou faux poivrier, espèce d’arbre également très envahissante sur l’île, permet de pique-niquer à l’ombre sur les prairies sèches du Gol. Ses fruits, les baies roses, au goût évoquant un mélange de poivre, d’anis et de saveurs sucrées, sont utilisés en cuisine ou transformés en huile essentielle. Ces mêmes arbres abritent les nids des guêpes, dont les larves grillées sont considérées comme l’un des trésors de la gastronomie insulaire. Les nids sont enfumés, non sans risque d’incendie, et des vendeurs à la sauvette les proposent sur le bord de la route. Ils sont vendus entre cent et cent cinquante euros le kilo, soit bien plus cher que le « caviar réunionnais », les bichiques9, également pêchés dans l’estuaire de l’étang du Gol. Des insulaires viennent également chercher du bois de chauffage, du fumier des bœufs et plus spécifiquement encore des massettes et roseaux pour les vendre aux artisans vanniers qui fabriquent les chaises du Gol, mobilier traditionnel de La Réunion.

    35Tous ces biens que la nature offre sur l’étang du Gol sont ramassés en catimini, quoique tous les acteurs nous en aient parlé. Car si ces pratiques sont généralement tolérées tant qu’elles restent du domaine de la consommation personnelle, il est normalement interdit de revendre les fruits de sa cueillette. La population à La Réunion semble culturellement (de son propre aveu), davantage « pilleuse » que « cueilleuse », à savoir qu’elle ne va pas se réguler et gérer durablement ses ressources, mais prendre tout ce qu’elle peut. Néanmoins, et les usagers le savent bien, aucune brigade verte ne circule sur le site, et la gendarmerie de Saint-Louis a bien d’autres choses à faire que de contrôler les prélèvements aux abords de l’étang du Gol.

    36La tolérance des responsables vis-à-vis des usages traditionnels du site de l’étang du Gol, faute de pouvoir faire appliquer la loi pour chaque fait et geste autour de l’étang ne fait pas oublier la loi pour autant, qui contraint les acteurs à dissimuler leurs comportements, à rester prudents ; la résultante conduit à une forme de prise en charge assez subtile des qualités de la zone humide, une sorte de régulation. Et pourtant, cette population qui pratique traditionnellement l’étang n’est pas à proprement parler impliquée en tant qu’acteur de la gestion.

    37Le gestionnaire, seul, ne peut avoir une gestion vraiment adaptée à ce milieu particulièrement réactif. Plusieurs raisons à cela. Un manque de connaissance en profondeur du terrain tout d’abord, que seul le vécu apporte bien sûr ; mais également les emplois aidés, précaires et non qualifiés, phénomène structurant à La Réunion comme dans tous les départements d’outre-mer, qui ne donnent pas aux responsables la possibilité de former leurs équipes à une gestion adaptée et fine.

    38Deux exemples passés peuvent illustrer ce point ; la nécessité de la régulation des roseaux afin de préserver de l’eau libre sur les gravières fait l’unanimité parmi les gestionnaires, notamment parce que ces végétaux aquatiques abritent les colonies de hérons verts, espèce endémique de La Réunion. Lorsqu’en 2009, la commune de Saint-Louis a voulu réduire l’étendue de ces roseaux, elle l’a fait trop brutalement mettant en danger la population de hérons, ce qui a déclenché la fureur des associations de protection de la nature locales, notamment dans la presse ; de même, lorsque le maire a agrandi l’ouverture du cordon dunaire, afin de préserver les riverains de l’inondation, alors qu’un cyclone approchait, une vidange intégrale de l’étang s’est produite… ce qui n’était pas arrivé depuis trente ans. Nombre de personnes se sont inquiétées de l’impact écologique, mais finalement le plan d’eau s’est reconstitué rapidement, la recharge s’effectuant à la fois par la nappe, par les pluies et par la houle, qui, avec la force motrice des vagues, reforme le cordon dunaire.

    Une évolution possible vers l’écriture d’un projet partagé ?

    39Après accord de chacun des participants sur la synthèse de la réunion le concernant, une synthèse croisée de toutes les réunions est présentée en comité de gestion, faisant apparaître trois sujets intégrateurs, jugés d’intérêt commun, afin de mobiliser l’ensemble des acteurs pour la phase finale d’écriture du projet partagé. L’intitulé des thèmes est alors discuté et validé.

    40S’ensuit la dernière phase de mobilisation des acteurs, qui s’appuie sur ces trois thèmes. Des séminaires thématiques, nécessairement plus « officiels », sont organisés par la commune de Saint-Louis. Ce sont des cycles de trois réunions des mêmes participants.

    41Le premier thème, intitulé « L’étang du Gol, un patrimoine à réhabiliter », regroupe l’ensemble des problématiques visant à l’amélioration de la santé du site : qualité de l’eau, déchets, équilibre de l’écosystème, maintien des paysages ouverts. Il réunit entre dix et quinze participants à chacune des trois réunions qui composent le séminaire.

    42Le deuxième thème, intitulé « L’étang du Gol, un patrimoine à partager », doit permettre d’avancer sur la question de la cohabitation des usages, de l’accueil des différents publics. Les trois réunions de ce séminaire thématique réunissent chacune entre cinq et huit personnes.

    43Enfin, le dernier est consacré à la prise en charge de cet espace : « L’étang du Gol, un patrimoine à gérer durablement ». Comment mettre en œuvre, dans la durée, un projet partagé ? Ce thème mobilise quatre participants pour la première réunion, huit pour les deux suivantes.

    44Pour les participants assidus, cela représente un nombre important de réunions ; afin de leur laisser la possibilité de participer à plusieurs thèmes, nous faisons en sorte que les réunions ne se chevauchent pas.

    45Nous ressentons, à ce stade de la co-construction du projet, la frustration de certains responsables qui souhaitent vivement aboutir à un zonage du site, définissant les possibles par secteur. Les mêmes intitulés reviennent fréquemment dans les échanges : « zone de quiétude pour la faune », « zone de nourrissage pour les oiseaux », « zone de pique-nique », « zone de pêche », etc. Cependant, l’identification de la situation permise grâce à l’audit patrimonial a bien illustré la complexité des enjeux et l’interaction constante des divers paramètres : la faune sauvage est mobile et ne se cantonne pas aux limites de la parcelle où elle a été observée lors d’un inventaire. Les oiseaux sont sensibles à la présence ou non de plantes aquatiques envahissantes sur l’étang, à la présence d’aménagements touristiques, et ces facteurs peuvent déplacer les colonies entre les gravières et l’étang, nécessitant d’adapter la gestion pour ne pas déranger les espèces endémiques. Par le passé, des aménagements lumineux au Gol avaient complètement perturbé le premier envol nocturne des jeunes pétrels de Barau, générant une forte mortalité. Les poissons se déplacent également d’une masse d’eau à l’autre : ceux issus des recherches de la pisciculture voisine, ceux des gravières, ceux de l’étang, ceux de l’océan : à chaque crue cyclonique, tout ce petit monde est mélangé malgré lui, avec toutes les conséquences liées à la rencontre des carnassiers exotiques d’élevage et des poissons endémiques… Peut-être certains sont-ils introduits volontairement également, ces questions-là n’ayant pas de réponse à ce jour. Un zonage risque donc de figer la gestion d’un site en perpétuelle évolution, en perpétuel brassage ; nous alertons les acteurs sur le fait qu’un tel projet ne les dispensera pas d’une prise en charge en commun de tous les problèmes évoqués, et que l’important est de revoir la gouvernance du site. Mais certains acteurs ne souhaitent pas « investir cette forme de complexité » et ne voient pas à ce stade comment changer leur mode d’action.

    46Toutes ces réunions ont permis de hiérarchiser plusieurs actions fortement partagées ; parmi la vingtaine d’actions évoquées, quelques-unes ont pu être approfondies en fiches actions :

    • créer une boucle de randonnée à vocation patrimoniale autour de l’étang du Gol ;
    • permettre la présence permanente d’un agent d’accueil et de sensibilisation sur le site de l’étang du Gol ;
    • réaliser un chantier d’amélioration et d’entretien écologique avec un volet terrestre et un volet aquatique ;
    • communiquer sur les actions mises en œuvre ;
    • étudier les origines de la pollution de l’eau et le fonctionnement hydraulique de l’étang du Gol.

    Des conditions fragiles pour une mise en œuvre sereine

    47Comme nous l’a confié un acteur local, le jeu préféré des élus est, en arrivant au pouvoir, de remettre à plat tout ce qu’ont fait leurs prédécesseurs. Cette personne nous a prédit avec tristesse que les avancées liées à notre intervention risquaient de s’émousser avec le temps si nous ne continuions pas un accompagnement. Malgré cette situation politique handicapante, nous voyons beaucoup d’éléments positifs dans cette initiative du Conservatoire.

    48En effet, à environ un an de l’échéance de la convention en cours, la question de la mise en œuvre des actions et de la gouvernance du site a été débattue lors des réunions. Revenons sur ces échanges. Les participants pensent naturellement que c’est au gestionnaire de porter les actions. Mais, ayant mieux pris la mesure de la complexité de la situation, les acteurs débattent du futur gestionnaire qu’il faudrait mettre en place pour la prochaine période. Faut-il garder ce même territoire global pour l’action, ou bien l’élargir ? Comment organiser la prise de décisions entre financeurs et autres acteurs ? Quelles modalités d’implication de la population locale et du monde associatif ? Le contour du « gestionnaire idéal » est affiné lors d’une séance de travail du séminaire consacré à la prise en charge durable du site : la structure devra afficher de la neutralité, à défaut d’être « apolitique ». Les participants soulignent qu’elle devra également avoir « les reins solides », lui permettant éventuellement l’avance de fonds, une légitimité technique suffisante afin d’agir seule ou de mobiliser des expertises complémentaires. Finalement, c’est une triple compétence qui semble incontournable aux acteurs : compétence technique pour la gestion des espaces naturels, compétence en animation ou en « facilitation » pour permettre la co-construction du projet avec l’ensemble des parties prenantes, compétence administrative pour assumer les lourdes contraintes liées à la gestion d’argent public, voire européen. Plusieurs hypothèses restent à débattre à ce stade quant à la nature du futur gestionnaire (collectivité, Établissement public de coopération communale, Groupement d’intérêt public, association, conservatoire d’espaces naturels, autre).

    Un rapprochement des acteurs et une implication de tous à poursuivre

    49La restitution de l’audit patrimonial a mis en présence des acteurs qui ne se connaissaient pas, notamment des natifs de l’étang et l’un des responsables de l’usine sucrière du Gol. Les premiers se sont montrés très véhéments à l’égard de l’industriel et le débat s’est envenimé en créole. Spontanément, l’un des acteurs audités s’est placé en facilitateur en rappelant les résultats de l’audit patrimonial pour montrer combien chacun est attaché à l’étang et en amenant les participants à adopter une position constructive. À la fin de la réunion, ces mêmes protagonistes poursuivaient leur discussion de manière conviviale, autour d’une cigarette. Cette rencontre a suscité l’enthousiasme de notre commanditaire qui entr’apercevait ainsi l’espoir d’aller plus loin dans l’élaboration de projets partagés.

    50Pour de nombreux riverains, rencontrer les « responsables » a été l’occasion de faire passer de nombreux messages. À l’issue de notre intervention, une convention était sur le point d’être signée entre le Conservatoire et l’artisan des chaises du Gol que nous avions mobilisé, afin de régulariser son activité. Certains « natifs de l’étang » ont pu emmener des gestionnaires sur le terrain, afin de leur montrer les « passages secrets » qu’emprunte l’eau pour rejoindre l’océan. Nous avons senti que l’absence de lien ou de rencontre entre les gestionnaires et les usagers pesait aux uns comme aux autres et tous ont semblé reconnaissants au Conservatoire d’avoir permis de dépasser cette situation, pour un temps au moins. L’établissement public est maintenant connu et apprécié des acteurs locaux qui semblent l’attendre sur le terrain de la facilitation de l’action.

    51Nous avons vu ce repositionnement se dessiner au fur et à mesure de la démarche. Notre mission consistait à permettre au Conservatoire de mieux comprendre les attentes des usagers pour voir quels aménagements seraient les plus opportuns et quels projets il aurait à financer dans les années à venir. Suite à la rencontre des différents acteurs, le Conservatoire a finalement estimé qu’il était plus opportun d’attendre la réactualisation des partenariats avant de se lancer dans les projets d’aménagement ; en effet, des opportunités d’agir tout de suite sont sorties de la démarche de co-construction : maison de l’étang, aménagements doux (passerelles de franchissement) pour une boucle de randonnée, réaménagement de l’aire de pique-nique, construction d’un kiosque d’accueil et d’information. Mais l’incertitude quant aux capacités du ou des gestionnaires à prendre en charge l’entretien de ces aménagements de manière pérenne a conduit le Conservatoire à attendre le renouvellement des élus en 2014 et l’élaboration d’une nouvelle convention de gestion sur les bases des enseignements de la démarche de co-construction.

    52À l’issue de notre intervention, la confiance avait progressé entre les acteurs ; le Conservatoire et ses partenaires disposaient d’un projet de valorisation partagé de l’étang du Gol et la mise en œuvre d’une première action a pu démarrer sans attendre.

    Notes de bas de page

    1 La zone des cinquante pas géométriques correspond à une bande de terre le long du littoral. Historiquement, elle consiste en une zone de protection des rivages des Antilles contre les incursions ennemies (les plus anciennes mentions remontent aux années 1660). Cette bande côtière, d’une largeur de 81,20 mètres calculée à partir de la ligne des plus hautes marées, concerne à présent exclusivement les cinq départements et régions d’outre-mer. À la Réunion, c’est un arrêté du gouverneur du 4 mars 1876 qui en précise l’extension. Comme elle appartient au domaine public, la zone des cinquante pas géométriques est inaliénable.

    2 Le ravinement constitue un stade avancé de l’érosion. Dans les îles tropicales, notamment à La Réunion, le mot créole ravine désigne un torrent, quels que soient sa largeur, sa longueur ou son débit. Les ravines prennent naissance dans la montagne et creusent leur lit profondément dans des reliefs escarpés, d’autant que les pluies sont diluviennes en temps de cyclone.

    3 La gestion des sites du Conservatoire : le Conservatoire, propriétaire des sites, en fait assurer la gestion par des partenaires-gestionnaires. La gestion est proposée en priorité aux collectivités territoriales. La gouvernance repose sur le tandem Propriétaire – Gestionnaire. Autour d’eux, si la taille du site le justifie, un comité de gestion permet un échange régulier et une évaluation partagée de l’action menée.

    4 Conservatoire du littoral, État, conseil général, commune de Saint-Louis, commune de l’Étang-Salé, ONF, fédération départementale de la pêche et de la protection des milieux aquatiques.

    5 Helixeo : société d’analyse et de conduite du changement en stratégies territoriales et développement durable, créée en 2007. Les associés fondateurs réalisent régulièrement des démarches patrimoniales.

    6 Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres, Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) de La Réunion, région Réunion, sous-préfecture de Saint-Pierre, conseil général, Communauté intercommunale des villes solidaires du sud (CIVIS), Fédération de La Réunion pour la pêche et la protection du milieu aquatique (FDAAPPMA), Office de l’eau (OLE), mairie de Saint-Louis, Association contre le projet de l’extension du golf de l’Étang-Salé (ACPEGES) et Association citoyenne de Saint-Pierre, Groupe pour la conservation de l’environnement et l’insertion professionnelle (GCEIP) et Office national des forêts (ONF).

    7 Au niveau local, nous voyons le responsable de l’Unité territoriale Sud Volcan de l’Office national des forêts, un agent d’entretien du site de l’étang de la mairie de Saint-Louis, un garde-pêche, un riverain, l’éleveur, un agent technique de la station d’épuration, un responsable de l’usine sucrière, un représentant du Syndicat du sucre, un représentant du futur musée de l’eau, un pêcheur, plusieurs usagers de l’espace de pique-nique.

    8 Terme touristique, désignant la côte sud de l’île et le « Sud sauvage », autre appellation touristique ; le Grand Sud représente la moitié sud de l’île.

    9 L’alevin du cabot constitue l’autre délice de luxe des Réunionnais et se négocie entre quarante et cinquante euros le kilo.

    Auteur

    • Pomme Sturm
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    1 La zone des cinquante pas géométriques correspond à une bande de terre le long du littoral. Historiquement, elle consiste en une zone de protection des rivages des Antilles contre les incursions ennemies (les plus anciennes mentions remontent aux années 1660). Cette bande côtière, d’une largeur de 81,20 mètres calculée à partir de la ligne des plus hautes marées, concerne à présent exclusivement les cinq départements et régions d’outre-mer. À la Réunion, c’est un arrêté du gouverneur du 4 mars 1876 qui en précise l’extension. Comme elle appartient au domaine public, la zone des cinquante pas géométriques est inaliénable.

    2 Le ravinement constitue un stade avancé de l’érosion. Dans les îles tropicales, notamment à La Réunion, le mot créole ravine désigne un torrent, quels que soient sa largeur, sa longueur ou son débit. Les ravines prennent naissance dans la montagne et creusent leur lit profondément dans des reliefs escarpés, d’autant que les pluies sont diluviennes en temps de cyclone.

    3 La gestion des sites du Conservatoire : le Conservatoire, propriétaire des sites, en fait assurer la gestion par des partenaires-gestionnaires. La gestion est proposée en priorité aux collectivités territoriales. La gouvernance repose sur le tandem Propriétaire – Gestionnaire. Autour d’eux, si la taille du site le justifie, un comité de gestion permet un échange régulier et une évaluation partagée de l’action menée.

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    7 Au niveau local, nous voyons le responsable de l’Unité territoriale Sud Volcan de l’Office national des forêts, un agent d’entretien du site de l’étang de la mairie de Saint-Louis, un garde-pêche, un riverain, l’éleveur, un agent technique de la station d’épuration, un responsable de l’usine sucrière, un représentant du Syndicat du sucre, un représentant du futur musée de l’eau, un pêcheur, plusieurs usagers de l’espace de pique-nique.

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    Sturm, P. (2019). Concilier accueil, protection et valorisation d’un site naturel sous forte pression : vers un projet partagé pour l’étang du Gol (île de La Réunion). In H. Brédif & A. de Montbel (éds.), Facilitations stratégiques. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.36283
    Sturm, Pomme. « Concilier accueil, protection et valorisation d’un site naturel sous forte pression : vers un projet partagé pour l’étang du Gol (île de La Réunion) ». In Facilitations stratégiques, édité par Hervé Brédif et Ambroise de Montbel. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2019. doi:10.4000/books.septentrion.36283.
    Sturm, Pomme. « Concilier accueil, protection et valorisation d’un site naturel sous forte pression : vers un projet partagé pour l’étang du Gol (île de La Réunion) ». Facilitations stratégiques, édité par Hervé Brédif et Ambroise de Montbel, Presses universitaires du Septentrion, 2019, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.36283.

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    Brédif, H., & de Montbel, A. (éds.). (2019). Facilitations stratégiques. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.36120
    Brédif, Hervé, et Ambroise de Montbel, éd. Facilitations stratégiques. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2019. doi:10.4000/books.septentrion.36120.
    Brédif, Hervé, et Ambroise de Montbel, éditeurs. Facilitations stratégiques. Presses universitaires du Septentrion, 2019, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.36120.
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