Introduction du chapitre 4
p. 167-168
Texte intégral
1Les deux articles de ce chapitre abordent la question de l’innovation urbanistique dans des contextes patrimoniaux résilients (Matera) et caractérisés par la présence d’éléments naturels (Rome), qu’il s’agit de protéger. L’approche est ici plus franchement tournée vers la ville existante, ses transformations et les moyens d’intervention sur elle. Le premier article, sur la ville de Rome, analyse des quartiers périphériques intéressés par des espaces naturels dans des aires ex-industrielles. Le deuxième aborde le cas de la ville de Matera, une ville parfaitement intégrée à son patrimoine naturel, offrant des caractéristiques de résilience naturelles. Dans les deux cas, les contextes analysés peuvent être considérés comme des « paysages urbains historiques » qui offrent une opportunité à ces villes pour des actions de requalification urbaine innovantes tant au plan des outils et des méthodes d’intervention adoptés qu’au plan conceptuel. Il s’agit, en effet, de concevoir de nouveaux espaces urbains écologiques, en transformant le système naturel existant en une sorte de « réseau écologique », tout en renforçant les aspects résilients de certains contextes.
2L’innovation étant considérée traditionnellement dans la littérature urbanistique italienne en conflit avec la protection du patrimoine urbain, ces deux concepts ont besoin d’être éclaircis. C’est l’objectif de l’article de Anna Laura Palazzo qui introduit ce chapitre. Le cas de Matera, ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco et élue Capitale Européenne de la Culture en 2019, se confronte actuellement à la notion de smart city. C’est ce défi qu’il s’agit de relever actuellement et qui fait l’objet du deuxième article rédigé par Federica Appendino et Beatrice Botto.
3La ville de Rome, dont la monumentalité n’est plus à discuter, est considérée comme patrimoine à protéger dans sa totalité. Cela n’exclue pas la possibilité, voire la nécessité, d’apporter des innovations dans les aménagements, dans les actions et dans les méthodes d’intervention, dans les secteurs les plus périphériques de la ville. C’est dans ces franges urbaines avec un tissu souvent déstructuré où éléments végétaux, traces (au sol et/ou bâties) des activités anciennes et nouvelles fonctions s’entremêlent de manière inorganisée, que l’innovation reste encore possible. Les cas analysés (le quartier Ostiense-Marconi et l’Isola Sacra), illustrent le type de difficultés rencontrées aussi bien dans les démarches que dans la réalisation de projets visant l’innovation dans ces contextes périphériques.
4Concernant le premier quartier, le projet d’aménagement s’est avéré difficile à réaliser à cause essentiellement de la complexité du projet qui devait s’étendre d’une rive à l’autre du Tibre. Isola Sacra, de son côté, est un secteur complexe au plan morphologique. Il s’agit, en effet, d’une grande unité morphologique située dans le delta du fleuve, caractérisée par une croissance urbaine inorganisée, par le mitage et l’héterogeneité de l’habitat.
5Ces deux cas montrent que l’innovation urbanistique pourrait être un atout pour la valorisation de quartiers périphériques historiques. Mais, la complexité du contexte, la multiplicité d’intérêts, la difficulté à mettre en place des méthodes de concertation citoyenne adéquates rendent difficilement réalisables ces opérations innovantes.
6L’article conclut avec une série de suggestions pour améliorer la démarche de projet urbain dans des contextes historiques périphériques et favoriser l’innovation urbanistique.
7Le cas de Matera, illustre dans sa première partie, le passage de cette ville d’emblème de la misère et de la pauvreté à patrimoine mondial (Unesco, 1993) d’abord et à Capitale Européenne de la Culture, ensuite (2019). Aujourd’hui, la ville de Matera ambitionne de devenir une Smart City, en répondant à l’appel à projet européen « Smart Cities and Communities ». Dès lors comment conjuguer les exigences de la ville patrimoniale (à protéger) avec celles de la ville touristique (dont l’objectif est d’attirer) et avec les objectifs de la ville durable et intelligente ? Après avoir retracé brièvement l’histoire de la ville de Matera, pour identifier les différents passages qui l’ont marquée, l’article met en évidence la capacité de résilience de la ville qui a été capable de s’adapter aux changements climatiques et physiques de son territoire, à travers son architecture, creusée dans la roche, naturellement « bioclimatique ».
8Cette ville, qui a su se réinventer dans le temps, a choisi de miser sur l’innovation en se présentant comme un « laboratoire d’expérimentation et d’innovation » exemplaire pour toutes les villes historiques qui se projetent dans leur futur. D’où la décision de répondre à l’appel à projet « Smart City and Communities ». L’article illustre les contenus de cet appel d’offre et met en évidence la réponse de la ville de Matera qui se définit déjà comme une smart city, en se façonnant une image correspondant aux caractéristiques requises par l’appel à projet.
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