URL originale : https://books.openedition.org/septentrion/35052
Adhérents de partis et votants aux primaires : différents profils, différents comportements de vote ? Le cas italien
Giulia Sandri et Antonella Seddone
p. 277-304
Texte intégral
Introduction et cadre théorique
1Les partis politiques des démocraties établies ont récemment fait face à trois tendances significatives qui ont altéré leurs relations avec leur base militante : une loyauté électorale déclinante, une diminution dans le nombre d’adhésions, et un déclin des clivages politiques. Les deux réponses organisationnelles principales que les partis politiques ont récemment adoptées pour faire face à ces nouveaux défis sont d’une part l’extension de la démocratie à l’intérieur des partis, et d’autre part l’introduction de nouvelles formes d’adhésion partisane. D’un côté, les partis ont été amenés à développer de nouvelles stratégies afin d’augmenter leur envergure et d’atteindre des sympathisants non-adhérents. De l’autre côté, les partis ont adopté un large ensemble de réformes organisationnelles internes visant à faire en sorte que les membres aient davantage leur mot à dire – au moins théoriquement – sur les résultats. La démocratie directe est maintenant utilisée dans plusieurs procédures décisionnelles internes aux partis, comme la sélection des candidats, la sélection du leader, et la formulation des programmes électoraux et politiques. Ces deux réponses – et le changement organisationnel des partis de façon plus globale – ont entraîné des modifications importantes dans le rôle et le comportement des militants, notamment chez les adhérents. Le cas des partis italiens de centre-gauche, en particulier le Parti démocratique (Partito Democratico), est à cet égard particulièrement pertinent. Pendant une décennie, ils ont tenté d’atteindre leurs sympathisants afin de les inclure dans le processus de prise de décisions, notamment pour la sélection du secrétaire du parti ou des candidats pour les élections ou pour le poste de dirigeant du parti. Les élections primaires semblent être une réaction adaptative utilisée par les partis italiens de gauche (mais aussi de droite, plus récemment) afin de stimuler leur relation avec les adhérents et de développer de nouvelles relations avec leurs sympathisants.
2Bien que ce nouvel outil de mobilisation de l’électorat puisse attirer des parts nouvelles du marché électoral, il ne garantit pas un support électoral loyal et constant (Dalton, Wattenberg, 2000 ; Cross, Katz, 2013), ce qui affecte de façon négative la transformation des votants en membres affiliés (Raniolo, 2004 ; 2006). Si l’on y regarde de plus près, l’on s’aperçoit que le degré élevé d’ouverture des primaires vise à mobiliser des sympathisants plutôt que des membres affiliés réguliers. En fait, les élections primaires promeuvent une nouvelle image des partis politiques, à savoir qu’ils sont plus démocratiques et transparents et ouverts à tous les membres, lesquels seraient désormais admis dans les coulisses (Hopkin, 2001, p. 344). Mais les véritables cibles de cette stratégie de mobilisation restent les électeurs (Cross, Katz, 2013, p. 10). L’ouverture des primaires signifie que tant les membres que les simples sympathisants sans aucune affiliation formelle prennent part au processus de prise de décisions, que cela concerne le choix des candidats ou des leaders du parti. Cela ne manque pas d’affecter l’organisation des partis. Cependant, cela signifie aussi que ces deux catégories de sélectionneurs sont très différentes d’un point de vue politique. Tandis que les membres affiliés peuvent facilement être considérés comme fortement impliqués et intéressés par la vie interne du parti, cela n’est pas nécessairement vrai des sympathisants, qui demeurent externes aux structures partisanes. Leurs motivations à se mobiliser en interne sont très différentes et pourraient donner lieu à des résultats différents du point de vue de la relation organisationnelle interne (Sandri, Seddone, Venturino, 2015 ; Sandri, Seddone, 2012).
3Durant les dernières décennies, la variété dans les différents types possibles d’adhésion partisane a augmenté avec l’introduction d’opportunités de participation nouvelles qui remettent en cause la notion même d’affiliation formelle (Gauja, 2014 ; Scarrow, 2015). L’une des catégories les plus connues, celle des « sympathisants », permet la participation de non-adhérents aux campagnes électorales, au développement des programmes politiques, et à la sélection des dirigeants et des candidats. D’autres partis ont même ouvert leurs frontières organisationnelles afin de permettre une interaction directe avec les « sympathisants » pendant les élections primaires ou sur internet, par exemple à travers Twitter, Facebook, et d’autres sites (Gibson et al., 2013). Les partis italiens ont été assez innovateurs s’agissant des nouveaux modes de participation interne. Ils utilisent les primaires depuis maintenant plus d’une décennie, et ils impliquent tant les membres affiliés que les sympathisants dans les processus de décision internes. De même, les partis italiens ont restructuré leur cadre organisationnel afin que de nouvelles typologies de membres, de sympathisants, de bénévoles ou de membres « internet » puissent participer aux activités du parti.
4Les partis qui adoptent de nouveaux instruments de démocratie interne et des élections primaires en particulier ont brouillé la distinction membre/non-membre en invitant des sympathisants et des électeurs à participer à leurs activités – comme les activités de campagne – qu’ils soient formellement affiliés ou non. La distinction n’est cependant – pas encore – brouillée au point de rendre identiques les différents types d’affiliation partisane en termes de rôle, d’activités et de pouvoir. La différence traditionnelle en termes de profil sociodémographique et idéologique et d’identification partisane des trois groupes, membres, sympathisants et « votants extérieurs », nécessite donc d’être analysée empiriquement. Bien que l’ouverture ne soit pas problématique s’agissant de l’organisation des processus internes tant que les membres n’ont que peu de contrôle sur les décisions du parti, l’implication de non-membres peut créer des tensions, en particulier si un processus parallèle de renforcement du pouvoir des membres est en place et/ou si l’accès au pouvoir décisionnel ne nécessite pas d’être engagé dans l’organisation du parti (Bolleyer, 2009 ; Sandri, 2011). Ainsi, les problématiques traitées par cette étude s’intéressent à la relation entre les partis et les nouvelles formes de participation partisane.
5Tout d’abord, ce chapitre établit les différences en termes de profils idéologiques et politiques entre les trois groupes de votants aux primaires, à savoir les membres du parti, les sympathisants et les votants externes. Ensuite, notre étude analyse les conséquences potentielles de ces variations dans l’affiliation partisane en se concentrant sur les raisons principales qui ont formé les choix électoraux de sélectionneurs. Nous posons ainsi les questions suivantes :
- Dans quelle mesure les membres, les sympathisants et les votants externes diffèrent en termes d’attitudes politiques ?
- Dans quelle mesure les membres, les sympathisants et les votants externes diffèrent en termes de comportement de vote ? Plus précisément, dans quelle mesure les profils différents des trois groupes permettent d’expliquer leurs motivations électorales lors des élections primaires ?
6Nous explorons ces questions en nous basant sur des données originales concernant les profils, les attitudes politiques et les comportements des adhérents aux partis, des votants et des sympathisants du principal parti italien de centre-gauche, le PD. Dans la première partie de cet article, nous examinons les profils politiques des adhérents du PD et des sympathisants et votants non-membres. Cette analyse vise à identifier les différences principales entre les trois groupes, sera développée à partir de sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote lors des élections primaires de la coalition de centre-gauche visant à désigner le candidat pour le poste de premier ministre (2012) et le leader du parti (2013). La seconde partie de cet article se focalise sur l’analyse des conséquences des différences de profil politique entre les trois groupes sur le comportement de vote.
Nouvelles formes de mobilisation et élections internes en Italie
7Parmi les partis italiens, le PD est le seul à avoir adopté les primaires non seulement comme un instrument de démocratie interne mais aussi comme sa principale marque de fabrique, en transformant les élections internes en un facteur identitaire symbolique et politique. En fait, les élections primaires ont été utilisées pour sélectionner le premier leader et pour célébrer la création du parti en 2007 suite à la fusion du parti gauchiste post-communiste DS (Démocrates de gauche) et du parti de centre-gauche La Margherita (La Marguerite). Le PD1 constitue un cas d’étude pertinent en ce qu’il a cherché à atteindre ses sympathisants depuis 20052 afin de les faire participer à divers types d’élections internes : choisir le leader du parti, les candidats pour les élections nationales, régionales et locales, et choisir le candidat premier ministre du parti ou de la coalition électorale. Plus de 900 primaires ont été organisées depuis 2005 au niveau local pour choisir le candidat au poste de maire de plus de 70 villes (Sandri, Venturino, 2016). Par ailleurs, le PD a également organisé des élections primaires ouvertes pour sélectionner : le leader du parti en 2007, 2009, 2013 et 2017, le candidat au poste de premier ministre en 2005 et 2012, les candidats aux élections nationales en 2012, ainsi que certains candidats gouverneur de régions.
8D’autres organisations politiques comme SEL (Sinistra Ecologia e Libertà/Gauche Écologie et Liberté3) utilisent également les primaires ouvertes pour sélectionner leurs candidats (en fait, SEL a organisé de nombreuses primaires ouvertes avec le PD afin de sélectionner des candidats communs pour leurs coalitions électorales aux niveaux local, régional et national). Cependant, pour le PD, les élections primaires ne constituent pas simplement un nouvel instrument permettant de mobiliser l’électorat pendant les campagnes électorales. L’adoption des primaires pour choisir les leaders et les candidats a considérablement affecté les caractéristiques organisationnelles du parti. La relation particulière entre les membres affiliés et les sympathisants non-membres constitue la principale spécificité organisationnelle du PD. Déjà les deux partis fondateurs du PD, le DS et la Margherita, avaient connu une diminution significative de leurs membres pendant les années précédant la création du nouveau parti ; des données récentes confirment que le PD a fait face à un déclin similaire. L’élargissement des frontières organisationnelles du PD était donc pensé comme une façon de stimuler l’engagement partisan.
9En réalité, le nombre de membres affiliés au PD a décliné à la suite de l’« élan de mobilisation » créé par la fondation du parti et les élections primaires tenues en 2007. Le nombre de membres n’en demeure pas moins bien supérieur à un demi-million (au moins jusqu’à la campagne de recrutement organisée mi-2014). Cela signifie que le « parti à la base » représente (jusqu’en 2014) environ 6 % des votants du parti, ce qui correspond à la moyenne européenne en termes de ratio d’encapsulation (Scarrow, Gezgor, 2010 ; Van Biezen, Mair, Poguntke, 2011). Les membres du parti se mobilisent au niveau local à travers les 7 200 sections locales du parti. Cependant, le déclin rapide dans le nombre de membres affiliés entre l’année de fondation du parti (2007) et l’année suivante (2008) est assez frappant. Il semblerait que de nombreux membres aient rejoint le parti parce qu’ils étaient intéressés par ce type d’événement (« membres instantanés ») pour le quitter peu de temps après (Rahat, Hazan, 2007).
10Depuis sa création, le PD a introduit une nouvelle typologie d’implication dans le parti, à savoir le sympathisant : un votant qui n’est pas formellement affilié au parti mais qui peut participer à certaines activités internes, telles que le porte-à-porte, faire campagne et sélectionner les candidats à travers les primaires. La distinction entre les membres formellement affiliés et les sympathisants non-affiliés est inscrite dans les statuts du PD et ses règles internes. Le premier article de la constitution du parti dispose que la vie interne est organisée autour de deux unités différentes : les membres et les sympathisants (enregistrés). Les citoyens italiens4 et les citoyens européens résidant en Italie ainsi que les citoyens d’États tiers qui ont un permis de travail valide et qui acceptent d’être inscrits au « registre public des sympathisants du PD » (articles 2 et 3 des statuts du parti) ont le droit de participer à la vie interne du parti, y compris aux processus décisionnels. Ils doivent être âgés de plus de 16 ans, déclarer accepter le programme idéologique du PD et s’engager à le supporter.
11La perméabilité organisationnelle des partis italiens semble être assez élevée. Trois autres partis, LN (Ligue, appelée Ligue du Nord jusqu’en 2017), FI (Forza Italia) et IDV (Italia dei Valorí), reconnaissent aussi la catégorie de « sympathisant du parti » dans leurs statuts internes. Cependant, dans le cas de LN, cette catégorie représente simplement la première étape dans la procédure complexe d’accès au rang de membre, tandis que dans le cas de IDV et FI cette catégorie formelle ne correspond en réalité à aucun rôle ou fonction spécifique au sein du parti (Sandri, Seddone, Bulli, 2015). À l’inverse, dans le cas du PD, les sympathisants du parti participent à la vie interne du parti.
12Les « sympathisants enregistrés » du PD sont en fait des votants aux primaires qui acceptent d’être listés dans le registre du parti lorsqu’ils se rendent aux urnes pour désigner le leader ou les candidats du parti. Ils ont un large ensemble de droits formels : non seulement ils peuvent prendre part aux élections primaires, que ce soit pour le leader, le premier ministre, le candidat au poste de gouverneur régional ou de maire, mais ils peuvent également participer aux forums politiques internes et aux référendums et peuvent être informés de la vie interne du parti (article 1.3 des statuts)5. Ils peuvent aussi participer aux réunions des branches locales du parti (sans cependant avoir le droit de voter). Toutefois, leurs obligations et leurs droits demeurent limités ; par exemple, seuls les membres formellement affiliés peuvent sélectionner les délégués du parti au congrès. La participation aux élections primaires nationales varie : entre 4 300 000 votants enregistrés en 2005 et environ 3 100 000 votants enregistrés en 2012 au premier tour des élections pour la désignation du candidat au poste de premier ministre de la coalition de centre-gauche (environ 2 800 000 votants ont participé au second tour). Le nombre de votants ayant participé aux élections primaires pour sélectionner le leader national du parti est passé de 3 550 000 en 2007, à 2 815 000 en 2013, et 1 850 000 en 2017.
13Cependant, il y a d’importantes différences en termes de coûts et de bénéfices s’agissant de l’accès au statut de membre par rapport à l’éligibilité aux élections primaires6. En termes de coûts, la différence est tant financière que procédurale. Les sympathisants ne payent que 2 euros pour s’enregistrer, alors que les membres doivent payer entre 15 et 50 euros, selon leur âge et leurs revenus, afin d’obtenir leur carte de membre. Le PD autorise le recrutement de membres en ligne ; cependant, même les recrues internet doivent à un moment donné rejoindre la branche locale du parti. Lorsqu’ils rejoignent le parti, les membres ne doivent pas seulement supporter le manifeste du PD et s’engager à voter pour le parti comme le font les sympathisants enregistrés, mais ils doivent également respecter les statuts et devenir impliqués dans la vie du parti. De même, la distinction entre les deux catégories est à la fois formelle et comportementale. Les primaires représentent l’événement principal où tant les membres que les sympathisants sont impliqués en même temps et partagent les mêmes droits et obligations. Pendant les procédures d’élections primaires, les membres et les sympathisants partagent les mêmes incitants collectifs et sélectifs et ce, malgré que leur niveau global d’implication dans le parti diffère. Les sympathisants enregistrés partagent des droits similaires que les membres. En même temps, seuls les membres peuvent élire leurs délégués au congrès du parti et voter dans les meetings des sections locales.
14Étant donné les différences significatives qui existent en termes de bénéfices et de coûts d’obtention de ces deux statuts, l’on peut légitimement s’attendre à ce que les deux groupes soient différents dans leur profil démographique et politique, ainsi que dans leurs comportements et motivations de vote. Plus précisément, dans la section 4, nous nous intéressons aux différences en termes de profils et d’attitudes politiques ; dans la section 5, nous explorons les différences en termes de comportements de vote et de relations avec le parti. Dans cette étude, les différences de profil et d’attitude des différentes catégories d’affiliation partisane constituent la variable indépendante principale, tandis que les comportements et les motivations de vote des membres et des sympathisants représentent nos variables dépendantes.
15Le premier cas d’analyse concerne les élections primaires du PD de 2012 pour sélectionner le candidat à direction de la coalition de centre-gauche, tandis que le second concerne les élections primaires de 2013 visant à choisir le leader du parti. Bien que la nature et les conséquences des primaires pour la sélection des candidats et des leaders soient différentes (Kenig, Rahat, Hazan, 2015), nous comparons les données de sondage concernant les deux élections car les dynamiques participatives étaient assez similaires et que nombre de candidats étaient communs. Cinq candidats ont participé aux primaires en 2012 : Pier Luigi Bersani, Matteo Renzi, Nichi Vendola, Laura Puppato et Bruno Tabacci. Pier Luigi Bersani a remporté 61 % des votes, battant ainsi Matteo Renzi. Le parti a adopté un système à deux tours à partir de 2012, ainsi que la nouvelle règle d’enregistrement préalable des votants aux primaires pour les deux tours. Cette nouvelle règle a précisément été mise en place afin de surveiller la participation interne et d’éviter le vote transversal, c’est-à-dire la participation aux primaires de centre-gauche de votants qui sont affiliés ou loyaux à d’autres partis (Fracchiolla, Venturino, 2013). Lors de l’élection de 2013, des conventions locales du parti uniquement ouvertes aux membres affiliés ont été tenues pour sélectionner les nominés pressentis pour les primaires subséquentes. Les règles du parti – l’article 9 du statut – n’autorisaient à se présenter aux primaires ouvertes que les trois candidats ayant reçus le plus de voix lors de la sélection réservée aux membres. Cette règle permet aux adhérents PD régulièrement enregistrés de filtrer les candidats qui seront présentés aux primaires ouvertes, en réservant ainsi un rôle spécifique et significatif dans la prise de décision interne à tous ceux qui gardent un lien d’affiliation partisane plus étroit que celui des votants aux primaires. Le parti a donc présenté trois nominés pour la position de leader du parti : Matteo Renzi, maire de Florence, qui a remporté la primaire ; Gianni Cuperlo, candidat supporté par l’establishment traditionnel du parti, et un outsider, Pippo Civati, un jeune élu et ancien élu régional de Lombardie.
Méthodologie et hypothèses
16Le chapitre analyse des données de sondages collectées à la sortie des urnes. Dans le cas de primaires ouvertes, il est assez complexe de définir le cadre d’échantillonnage afin d’élaborer un échantillon aléatoire simple ou stratifié, étant donné que la population de référence correspond à l’ensemble de l’électorat de la coalition. Le groupe de recherche Candidate & Leader Selection a donc choisi d’utiliser la population résidente de plus de 16 ans comme cadre de référence. Ce cadre a été appliqué aux deux processus de collection des données par l’élaboration d’échantillons non-probabilistes, en prenant en compte la taille de la population (aux niveaux régional et municipal) et les données historiques concernant le vote en 102 circonscriptions réparties sur l’ensemble du territoire7. L’échantillon de 3 500 interviews pour chacun des deux sondages a ainsi été élaboré en attribuant un nombre fixe d’interviews à chaque bureau de vote sur la base des résultats du PD lors des élections précédentes dans la circonscription concernée, en incluant tant les bureaux de vote où le parti avait réalisé des scores élevés et d’autres où il avait été battu8. À chaque point d’échantillonnage, un enquêteur approchait les votants à leur sortie des urnes9. La participation était volontaire et anonyme10. Le nombre élevé d’interviews réalisées et la qualité des données collectées (en termes de prédiction des résultats des primaires) et la cohérence avec les caractéristiques sociodémographiques observées lors d’échantillonnages réalisés à la sortie d’élections antérieures nous ont permis d’utiliser des statistiques probabilistes durant l’analyse.
17Pour analyser les variations dans les formes d’affiliation partisane et leurs conséquences, nous avons réparti les votants aux primaires dans trois catégories différentes (Tableau 1). Le codage suivant a été utilisé pour placer les répondants dans une des trois catégories de participants :
- Les « votants externes » : ce sont des votants aux primaires qui ne sont pas formellement affiliés au parti et qui n’ont pas nécessairement voté pour le parti lors des précédentes élections générales. Ce sont des citoyens avec des degrés d’identification partisane variables, qui sont disposés à se mobiliser politiquement en raison des faibles coûts de la participation aux élections primaires. Ce groupe est également composé de votants loyaux pour qui cette primaire représente la première fois où ils ont pris part à une activité partisane.
- Les « sympathisants » : ce sont des votants aux primaires qui ne sont pas formellement affiliés au parti mais qui sont des votants loyaux du parti, dans la mesure où ils déclarent avoir voté pour le parti lors des précédentes élections générales. Les sympathisants incluent ceux qui ont constamment voté pour le parti et qui participent de façon occasionnelle à d’autres activités internes au parti.
- Les « membres » : ce sont des votants aux primaires qui sont également formellement affiliés au parti et des votants loyaux (dans la mesure où ils déclarent avoir voté pour le parti lors des précédentes élections générales). Cette catégorie représente l’affiliation partisane la plus impliquée dans les activités internes du parti. Certains membres ne sont pas actifs dans les activités internes étant donné que la distinction est fondée sur un critère formel (l’affiliation formelle, et avoir précédemment voté pour le parti) plutôt que sur un critère comportemental (intensité de la participation aux activités internes).
18Les trois catégories sont ainsi organisées en fonction de leur niveau respectif d’attachement au parti. La quatrième catégorie est celle des « membres déloyaux » : bien qu’ils soient formellement affiliés au parti, ils ont voté pour d’autres partis lors des élections précédentes. En raison du nombre limité de cas tombant dans cette dernière catégorie, ils ne sont pas pris en compte dans notre analyse.
Tableau 1. La relation entre les votants aux primaires et le parti.
| Typologie | 2013 | 2012 |
| Membres | 26.1 | 19.5 |
| Sympathisants | 52.2 | 53.6 |
| Votants externes | 21.7 | 26.9 |
| Total | 3,227 | 3,227 |
19La section 4 présente les analyses descriptives des profils politiques et des attitudes des trois groupes en explorant leur niveau d’intérêt politique auto-reporté et leur auto-positionnement idéologique sur une échelle gauche-droite (Tableau 2). Afin d’étudier de façon plus approfondie les différences dans le profil des votants aux primaires, nous fournissons également dans les Tableau 3 une analyse descriptive des principales motivations de vote. Ces analyses préliminaires contribuent à clarifier la nature de la relation entre les trois groupes de votants aux primaires et leur parti, fournissant ainsi des éléments utiles à la compréhension des résultats de l’analyse multivariée. La littérature empirique sur les nouveaux types d’affiliation partisane (Fisher et al., 2014 ; Gauja, Jackson, 2016 ; Webb et al., 2017), suggère l’existence de différences significatives entre adhérents, sympathisants et votants, tant en termes des profils sociodémographiques qu’idéologiques. Les études plus récentes confirment l’hypothèse de « disparité curvilinéaire » de May (1973) en montrant un radicalisme idéologique plus fort chez les adhérents que les sympathisants (Scarrow, Gegzor, 2010 ; Webb et al., 2017). Notre hypothèse principale est donc que les motivations de vote lors des élections primaires sont expliquées par la relation différente que les trois groupes ont avec le parti :
- H1 : Les motivations de vote des membres affiliés sont basées sur le « sentiment d’appartenance » au parti en raison de leur degré d’attachement supérieur au parti.
- H2 : Les motivations de vote des sympathisants et des votants sont plus « stratégiques », en ce qu’elles suivent une logique rationnelle et liée à des problèmes spécifiques, et ce en raison de leur degré plus faible d’attachement au parti.
20Afin d’étudier l’impact du type de relation avec le parti sur les motivations de vote, nous avons recodé la variable dépendante de façon dichotomique. La variable mesurant les motivations de vote auto-déclarées lors de la primaire est présentée dans le Tableau 3. Nous avons recodé les 12 catégories de réponse expliquant le choix d’un candidat lors des élections primaires en les fusionnant en deux catégories : la première catégorie rassemble toutes les catégories qui concernent des motivations « stratégiques » pour le choix du candidat, tandis que la seconde rassemble toutes les catégories de motivations fondées sur le « sentiment d’appartenance » au parti. Les variables dichotomiques recodées distinguent ainsi entre les « motivations stratégiques » (= 0) et les « motivations liées au sentiment d’appartenance » (= 1).
21De plus, mise à part la variable indépendante principale (= le type d’affiliation partisane tel que représenté par les trois groupes du Tableau 1), nous avons également pris en compte le degré d’intérêt politique11, l’auto-positionnement sur le spectre droite-gauche12, les intentions de vote lors des élections générales (recodées en une variable dichotomique : intention de voter ou non pour le PD), et la perception de la capacité de chaque candidat à être effectivement élu (mesurée grâce à une variable substitutive, à savoir quel candidat le répondant pense voir gagner la primaire). Les résultats des analyses multivariées sont présentés dans les Tableaux 4a et 4b.
Différents types d’adhésions et de profils
22Dans cette partie, nous explorons empiriquement la question de savoir s’il existe des différences significatives entre les membres, les votants et les sympathisants en termes de profil politique et de comportement politique lors des élections primaires. Le Tableau 2 présente les données des profils politiques des trois différents groupes13. De façon logique, les résultats de 2012 font apparaître que le niveau d’intérêt pour la politique est plus élevé chez les membres (91,9 % sont intéressés ou fortement intéressés par la politique) que chez les sympathisants (85,3 %), schéma qui se retrouve s’agissant des sélectionneurs de 2013. De plus, le test de significativité montre que les différences entre les deux groupes sont très significatives14.
Tableau 2. Les profils politiques des votants aux primaires (%).
| 2012 | ||||
| Intérêt pour la Politique* | ||||
| Membres | Sympathisants | Votants Externes | Total | |
| Aucun | 1.0 | 2.3 | 4.8 | 2.7 |
| Faible | 7.1 | 12.4 | 17.2 | 12.7 |
| Moyen | 41.1 | 58.9 | 57.3 | 55.0 |
| Élevé | 50.8 | 26.4 | 20.7 | 29.6 |
| N | 620 | 1,699 | 854 | 3,173 |
| Positionnement idéologique (échelle gauche-droite)* | ||||
| Gauche | 52.1 | 41.3 | 32.9 | 41.2 |
| Centre-gauche | 37.2 | 46.8 | 29.9 | 40.4 |
| Centre | 9.7 | 10.5 | 28.7 | 15.2 |
| Centre-droite | 0.6 | 1.4 | 6.8 | 2.7 |
| Droite | 0.3 | - | 1.7 | 0.5 |
| N | 616 | 1,684 | 833 | 3,133 |
| 2013 | ||||
| Intérêt pour la Politique* | ||||
| Membres | Sympathisants | Votants Externes | Total | |
| Aucun | 1.5 | 3 | 6.3 | 3.3 |
| Faible | 8.8 | 15.9 | 19.8 | 14.9 |
| Moyen | 43.2 | 55.7 | 51.3 | 51.5 |
| Élevé | 46.5 | 25.4 | 22.5 | 30.3 |
| N | 895 | 1782 | 742 | 3419 |
| Positionnement idéologique (échelle gauche-droite)* | ||||
| Gauche | 39.8 | 36.5 | 33.6 | 36.8 |
| Centre-gauche | 48.9 | 51.2 | 32.8 | 46.6 |
| Centre | 10.9 | 11.2 | 24.6 | 14 |
| Centre-droite | 0.2 | 0.8 | 6.7 | 1.9 |
| Droite | 0.2 | 0.2 | 2.4 | 0.7 |
| N | 890 | 1769 | 720 | 3379 |
Note. * Chi-square test= p <0.01.
23Nous avons également analysé l’auto-positionnement des répondants sur le spectre droite-gauche. Les tests du chi carré ont des implications substantielles s’agissant des différences en termes de positionnement idéologique. Ils montrent que les trois groupes sont significativement différents les uns des autres concernant les attitudes politiques. Étant donné la diminution de l’identification partisane en Italie et le fait que les choix de vote sont aujourd’hui moins fondés sur les orientations idéologiques et l’appartenance culturelle, il n’est pas surprenant de voir qu’il y a des différences significatives en termes de positionnement idéologique entre les trois catégories. Les votants externes sont plus modérés idéologiquement que les membres et les sympathisants. Les élections primaires attirent des sélectionneurs de traditions idéologiques différentes qui ne partagent pas toujours les mêmes orientations politiques que le parti organisant le scrutin. En termes de mobilisation interne, l’implication des citoyens qui sont moins ancrés dans la sous-culture de centre-gauche pourrait représenter une plus-value électorale car cela signifie que le parti parvient à atteindre de nouveaux votants. Néanmoins, la question de la relation avec le parti de ces « votants externes » une fois les primaires terminées est une question qui n’a pas fait l’objet à ce jour d’analyse empirique.
24Le Tableau 3 résume les motivations déclarées par les répondants pour leur choix de vote lors des élections primaires. Concernant la primaire de 2012, en termes de justifications auto-reportées pour le choix d’un candidat au poste de premier ministre, les membres sont plus intéressés par la capacité du candidat à diriger le pays une fois élu (26,7 % des membres ont déclaré ceci comme justification principale de leur choix de vote), tandis que pour les votants externes, il est plus important que le candidat choisi représente le renouveau politique et partisan (23,3 % des « votants externes » ont déclaré que c’était la principale raison de leur choix). Étant donné que seulement 7,5 % des membres ont déclaré avoir pris en compte le renouveau politique et partisan pour faire leur choix, cela semble apporter un soutien empirique à l’hypothèse qu’une distance organisationnelle entre les votants externes et le parti. Les votants externes choisissent plus souvent leur candidat en fonction de leurs propres valeurs idéologiques (19,7 % l’ont déclaré) et sur la base des programmes politiques des candidats, plutôt qu’en raison du soutien du candidat par l’élite du parti. Dans ce cas également, les tests de chi carré montrent que les trois groupes sont significativement différents les uns des autres en ce qui concerne les motivations de vote.
25De façon intéressante, les données de 2013 montrent que pratiquement un tiers des individus de l’échantillon ont déclaré avoir choisi leur candidat en raison de sa vision du futur du parti, tandis qu’un peu plus d’un quart des répondants ont choisi leur candidat en raison de ses valeurs politiques, et seulement un cinquième en raison de sa capacité à gagner l’élection générale. Lorsque l’on regarde les attitudes et les comportements des trois catégories de sélectionneurs, l’on peut voir qu’il existe des différences significatives entre les trois catégories et à travers le temps. En 2013, le principal déterminant du choix de vote des membres concerne le parti et en particulier la vision du candidat à propos du futur de leur organisation politique, tandis qu’un quart seulement des répondants déclarent que leur choix de vote en 2013 était motivé par la recherche d’un candidat qui partagerait les mêmes valeurs politiques. Des résultats similaires peuvent être observés en 2013 s’agissant des sympathisants, mais pour cette dernière catégorie la capacité perçue du candidat à gagner l’élection générale constitue la seconde raison principale du vote pour un candidat (23,5 %).
26Il est frappant de voir que les votants externes de 2013 – c’est-à-dire ceux qui ne sont ni des membres ni des votants du PD – sont beaucoup plus affectés dans leur choix par des motivations liées à l’identification partisane et à un sentiment d’appartenance que ce n’était le cas des votants externes de 2012 : 29,8 % d’entre eux ont attribué leur vote au candidat qui incarnait le mieux leurs valeurs politiques (soit 6 % de plus que la moyenne). Quelque chose a-t-il changé en un peu moins d’un an ? Il faudrait consacrer une étude spécifique à cette question, mais il semble clair que la performance décevante du PD lors de l’élection générale d’avril 2013 a affecté le comportement des votants aux primaires. Nous présentons dans la prochaine section (5) les résultats préliminaires des analyses multivariées afin d’évaluer les déterminants principaux du choix de vote chez les votants aux primaires.
Tableau 3. Les motivations principales du choix de vote aux primaires (%).
| 2012* | ||||
| Membres | Sympathisants | Votants Externes | Total | |
| Le candidat représente un renouvellement des élites du parti | 7.5 | 17.6 | 23.3 | 17.1 |
| Le candidat est le plus apte à diriger l’Italie | 26.7 | 16.1 | 10.0 | 16.6 |
| Le candidat représente mes valeurs idéologiques | 12.2 | 13.7 | 19.7 | 15.0 |
| J’aime son programme politique | 8.0 | 11.9 | 16.5 | 12.4 |
| J’aime le profil personnel du candidat | 12.0 | 12.9 | 9.7 | 11.9 |
| Le candidat est le plus apte à gagner contre la coalition de centre-droite | 11.4 | 11.2 | 7.0 | 10.1 |
| Le candidat est formellement supporté par mon parti | 15.1 | 7.7 | 3.1 | 7.9 |
| J’aime les résultats de ses activités politiques passées | 7.0 | 6.2 | 5.2 | 6.1 |
| Le candidat m’a été recommandé par des amis ou de la famille | 0.2 | 1.4 | 3.9 | 1.8 |
| Le candidat est le choix le moins mauvais | - | 1.1 | 1.4 | 1.0 |
| J’aime les primaires et la participation politique en général | - | 0.1 | 0.1 | 0.1 |
| Autre | - | 0.1 | - | 0.1 |
| N | 615 | 1,675 | 831 | 3,121 |
| 2013* | ||||
| Le candidat correspond mieux à mes valeurs politiques | 24.20 | 20.70 | 29.80 | 23.60 |
| Le candidat correspond mieux aux valeurs du PD | 15.50 | 7.40 | 5.50 | 9.10 |
| J’aime ses caractéristiques personnelles | 9.10 | 13.20 | 19.30 | 13.40 |
| Je partage sa vision du futur de mon parti | 34.80 | 35.20 | 27.90 | 33.50 |
| Je recherche quelqu’un qui est apte à gagner les prochaines élections | 16.40 | 23.50 | 17.50 | 20.30 |
| N | 890 | 1768 | 731 | 3389 |
Note. * Chi-square test = p <0.01.
27Le profil politique des votants aux primaires varie de façon significative en fonction de leur relation avec le parti. Les membres sont idéologiquement plus proches du parti social-démocrate organisant le scrutin, et leur profil correspond à un schéma traditionnel de mobilisation partisane fondée sur le sentiment d’appartenance et sur la discipline interne du parti. Les sympathisants sont moins impliqués dans les activités internes ordinaires du parti mais sont très intéressés par la politique et par les élections primaires comme instrument de mobilisation électorale. La catégorie la plus intéressante est celle des votants externes, lesquels demeurent en dehors de la portée sociétale du parti et de ses frontières organisationnelles. Ils sont assez distincts, tant en termes de positionnement idéologique que de motivations de vote.
28Nos données montrent que les profils politiques des trois catégories de votants aux primaires sont significativement différents : les deux premières catégories sont plus similaires, tandis que la troisième est clairement distincte. Cela pourrait conduire à identifier trois attitudes différentes vis-à-vis de la mobilisation politique au sein des partis : les membres correspondent aux formes traditionnelles d’affiliation partisane, tandis que les attitudes et les profils des sympathisants semblent traduire l’émergence de nouvelles formes de mobilisation interne qui sont étroitement liées à la dimension électorale des organisations politiques. En termes de profil politique (et sociodémographique), ils sont plus proches des membres que les votants externes ; cependant, leur implication plus occasionnelle et moins intense dans la vie interne du parti souligne un mode cognitif de mobilisation politique. Très intéressés par la politique, les sympathisants se mobilisent pour des activités à faibles coûts, par exemple en participant aux élections internes (et dans certains cas à la campagne), étant ainsi capables de participer aux décisions cruciales du parti sans pour autant s’engager de façon formelle. Le dernier type de mobilisation interne est représenté par les votants externes. Leurs profils et leurs attitudes politiques sont assez distincts ; ils ne prennent part que de façon marginale aux activités internes du parti. Ils sont intéressés par les élections primaires car elles leur fournissent une opportunité de participer à la politique, mais ils ne développent pas de liens avec le parti organisateur. Cela apparaît clairement dans les raisons rapportées par cette catégorie de votants pour justifier leurs choix de vote.
29L’analyse des données issues du sondage réalisé à la suite du second tour fait apparaître des résultats similaires à ceux que nous venons de présenter15. Étant donné que les profils politiques des membres du parti et des sympathisants sont assez similaires, et que les élections primaires offrent des droits et du pouvoir aux votants et aux sympathisants non-membres, il est pertinent d’analyser comment ces derniers se comportent lors du vote. En effet, les primaires distribuent des motivations collectives et sélectives à ce groupe de mobilisation distinct, et ce indépendamment de leur implication réelle dans la vie du parti ou dans les élections générales.
Motivations de vote et relation avec le parti
30Dans cette section, nous nous intéressons aux conséquences des différences dans les profils et les attitudes politiques des trois groupes en termes de comportement de vote. En particulier, nous utilisons des analyses multivariées afin d’évaluer dans quelle mesure les motivations de vote lors des élections primaires sont liées à des sentiments d’appartenance ou d’identification au parti, ou à d’autres facteurs tels que la capacité du candidat à être élu. Plus précisément, nous réalisons une analyse de régression logistique binomiale pour évaluer l’impact de la variable indépendante principale – le type d’affiliation partisane – à laquelle sont ajoutées des variables contrôles, sur le type de motivations qui déterminent les choix de vote.
31Les résultats de la logistique sont présentés dans les Tableaux 4a et 4b. À partir du test chi carré associé à la valeur du log-likelihood, on voit que le modèle est significatif est qu’il est bien ajusté aux données. Dans cette analyse, la variable dépendante distingue entre les « motivations stratégiques », qui sont principalement liées à la capacité du candidat à être effectivement élu ou à son programme politique (= 0) et les « motivations liées au sentiment d’appartenance », qui sont liées à l’identification du répondant au parti ou au candidat (= 1). La variable indépendante clé est la variable catégorique mesurant le type d’affiliation partisane, en fonction des trois catégories présentées dans la section 4 ; ces catégories sont ordonnées en fonction de l’intensité de leur attachement au parti (en partant de la catégorie la plus basse, « votant externe », jusqu’à la plus haute, celle de « membre »).
32Les autres variables de contrôle intégrées dans le modèle statistique sont celles qui décrivent leur profil politique, à savoir leur niveau d’intérêt pour la politique (1 = aucun ; 2 = faible ; 3 = moyen ; 4 = élevé) et l’auto-positionnement idéologique (1 = gauche ; 2 = centre-gauche ; 3 = centre ; 4 = centre-droite ; 5 = droite). Nous avons également intégré une variable de contrôle mesurant la perception du répondant de la capacité du candidat à être effectivement élu. Pour ce faire, nous utilisons une variable de substitution (« pronostiqué vainqueur ») : dans le questionnaire, nous avons inclus une question demandant aux répondants de déclarer quel candidat gagnerait selon eux le scrutin des primaires (concernant les élections primaires de 2012 : 1 = Bersani ; 2 = Tabacci ; 3 = Puppato ; 4 = Vendola ; 5 = Renzi ; concernant les élections primaires de 2013 : 1 = Cuperlo ; 2 = Civati ; 3 = Renzi). Enfin, le modèle comportait également une variable mesurant les intentions de vote des répondants lors des prochaines élections générales (1 = oui, votera pour le PD ; 0 = non, ne votera pas pour le PD).
33Un aperçu rapide des résultats suggère que les différents degrés d’attachement au parti des répondants déterminent leurs motivations de vote lors des élections primaires. L’on peut voir que les coefficients logistiques associés avec le type d’affiliation sont significatifs. Lorsque l’on prend les « membres » comme catégorie de référence, un changement dans la variable indépendante affecte considérablement la variable dépendante. En considérant les résultats présentés dans le Tableau 4a, être un sympathisant diminue les chances que le votant motive son vote par un « sentiment d’appartenance » par un facteur de 0,7, tandis que les votants externes sont 0,8 fois moins susceptibles de voter en fonction de l’identification partisane. Des résultats similaires sont présentés dans le Tableau 4b synthétisant les données sur les élections primaires de 2013 : être un sympathisant ou un sélectionneur externe diminue les chances de choisir un candidat sur la base d’une logique d’appartenance par un facteur de 0,5. Cela signifie que les membres sont plus susceptibles d’être motivés par des sentiments d’appartenance au parti que les sympathisants et les votants externes. Bien que cela ne soit pas surprenant, il est intéressant de souligner que la différence entre les odds ratios des sympathisants et des votants externes est assez petite.
Tableau 4a. Les facteurs explicatifs des motivations de vote (2012).
| Exp(B) | |
| Relation avec le parti (ref.cat : Membres) | |
| Votants Externes | .838 (.158) |
| Sympathisants | .760 (.121)** |
| Intérêt pour la politique (ref.cat : Élevé) | |
| Aucun | .844 (.349) |
| Faible | .846 (.169) |
| Moyen | .981 (.105) |
| Positionnement idéologique (ref.cat : Droite) | |
| Gauche | 1.704 (.753) |
| Centre-gauche | 1.128 (.755) |
| Centre | 1.087 (.759) |
| Centre-droite | 1.524 (.798) |
| Pronostiqué vainqueur (ref.cat : Renzi) | |
| Bersani | 1.827 (.147)*** |
| Tabacci | 5.461 (.584)** |
| Puppato | 1.908 (.914) |
| Vendola | 3.050 (.281)*** |
| Intentions de vote pour le PD en 2013 (ref.cat : oui) | 1.295 (.119)** |
| Constante | .148 (.762) |
| Observations | 2,702 |
| Log-likelihood | 2871.505 |
Note : Régression logistique. Variable dépendante : motivations de vote, « motivations stratégiques » (=0) ; « motivations liées au sentiment d’appartenance » (=1) ; erreurs standards entre parenthèses. ***p < 0.01, **p < 0.05.
Tableau 4b. Les facteurs explicatifs des motivations de vote (2013).
| Exp(B) | |
| Relation avec le parti (ref.cat : Membres) | |
| Votants Externes | 0,592 (.096)*** |
| Sympathisants | 0,563 (.130)*** |
| Intérêt pour la politique (ref.cat : Élevé) | |
| Aucun | 0,670 (.224) |
| Faible | 0,995 (.124) |
| Moyen | 1,026 (.090) |
| Positionnement idéologique (ref.cat : Droite) | |
| Gauche | 3,664 (.522)** |
| Centre-gauche | 3,398 (.521)** |
| Centre | 3,877 (.527)** |
| Centre-droite | 3,021 (.579) |
| Pronostiqué vainqueur (ref.cat : Renzi) | |
| Cuperlo | 2,021 (.222)** |
| Civati | 5,662 (.457)*** |
| Intentions de vote pour le PD (ref.cat : oui) | 1,217 (.089)* |
| Constante | 0,735 (.527) |
| Observations | 3181 |
| Log-likelihood | 3.988.438 |
Note : Régression logistique. Variable dépendante : motivations de vote, « motivations stratégiques » (=0) ; « motivations liées au sentiment d’appartenance » (=1) ; erreurs standards entre parenthèses. ***p < 0.01, **p < 0.05.
34Cependant, bien que la taille d’effet des variables indépendantes sur les motivations de vote soit considérable, les coefficients de régression (odds ratios) pour l’intérêt politique et le positionnement idéologique ne sont pas significatifs. Malgré cela, les coefficients sont assez élevés et montrent, en particulier, que le positionnement idéologique a une influence : les sélectionneurs de gauche et de centre-gauche sont respectivement 1,7 et 1,2 fois plus susceptibles d’être motivés par des sentiments d’appartenance au parti que par des considérations stratégiques. Les coefficients de régression sont même plus importants si l’on regarde aux données des élections primaires de 2013. Ceux qui sont les plus susceptibles de recourir à l’identification partisane comme motivation de vote sont les sélectionneurs idéologiquement positionnés sur le centre-gauche et le centre du spectre politique. À l’inverse, l’impact du degré d’intérêt pour la politique sur les motivations de vote varie significativement entre 2012 et 2013. Si en 2012 une variation d’une unité dans le degré d’intérêt pour la politique (de « haut » à « moyen ») diminue les chances d’être motivé par des sentiments d’appartenance au parti par un facteur de 0,98, en 2013 cette variable ne semble pas affecter les motivations de vote.
35La taille d’effet sur la variable dépendante de la dernière variable contrôle, à savoir la perception de la capacité des candidats à être élus, est également assez importante. Les votants qui croient que les candidats les plus identifiables à une idéologie ou au parti gagneront la primaire (comme Vendola ou Bersani en 2012 ou Cuperlo et Civati en 2013) sont plus susceptibles d’être motivés par des sentiments d’appartenance au parti plutôt que par des motivations stratégiques. Le Tableau 4a montre que la probabilité d’avoir un score de 1 (= motivations issues d’un sentiment d’appartenance) augmente par un facteur de 1,8 lorsque les répondants croient que Bersani, le leader du parti (et ancien communiste), gagnera l’élection, comparé à ceux qui prédisent la victoire du nouveau venu centriste Renzi. Pronostiquer la victoire du leader de SEL, Vendola, augmente la probabilité de voter en fonction de « sentiments d’appartenance » par un facteur de 3,0. Comme on le voit dans le Tableau 4b, les sélectionneurs déclarant que Cuperlo ou Civati (c’est-à-dire les candidats les plus à gauche ou nouveaux venus) gagneront la primaire sont, respectivement, 2 fois et 5,6 fois plus susceptibles de choisir un candidat en adoptant une logique d’appartenance.
36La perception de la capacité des candidats à être effectivement élus a un impact significatif sur les motivations de vote des répondants. Ce résultat peut être rattaché au niveau élevé de compétitivité des élections primaires de 2012, lesquelles présentaient un nombre relativement élevé de candidats et de faibles différences de vote entre les deux premiers candidats, tout particulièrement lors du premier tour. Par ailleurs, la campagne électorale des primaires a été assez conflictuelle et la compétition entre les candidats a été axée sur le besoin de renouvellement des élites du parti plutôt que sur des oppositions idéologiques (bien que Renzi ait ouvertement essayé de mobiliser l’appui du centre et même des votants de centre-droite). Enfin, et cela n’est pas surprenant, l’analyse multivariée montre qu’un changement d’une unité dans les intentions de vote pour le PD lors des élections générales augmente la probabilité de voter selon un « sentiment d’appartenance » par un facteur de 1,3 en 2012 et par un facteur de 1,2 en 2013.
37En somme, en se fondant sur les résultats présentés dans les Tableaux 4a et 4b, l’on peut voir que les trois types d’affiliation partisane, c’est-à-dire les membres, les sympathisants et les votants, sont significativement différents en termes de motivation des choix de vote lors des élections primaires. Cela est particulièrement important, et – de façon non-surprenante – les membres sont plus susceptibles d’être motivés par leur relation rapprochée avec le parti au moment du choix d’un candidat, tandis que les catégories les moins impliquées, telles que les sympathisants et les votants externes, sont principalement guidées par des considérations stratégiques. Cela suggère que nos données viennent étayer la première hypothèse H1 présentée dans la section 3. Nous avons également suggéré (H2) que les motivations de vote des sympathisants et des votants seraient plus « stratégiques », et cela semble également être supporté par les résultats empiriques (avec une légère mais significative augmentation dans la force de l’effet de l’affiliation partisane sur la probabilité de suivre des motivations stratégiques lorsque la variable indépendante passe de sympathisants à votants externes).
Conclusion
38Nombreux partis, en Europe, Asie ou Amérique latine, ont à ce stade introduit des primaires pour choisir leurs leaders ou leurs candidats, renforçant ainsi la qualité de la démocratie intra-partisane (Sandri et al., 2015). La démocratie directe est maintenant utilisée pour un vaste panel de procédures décisionnelles internes. Cependant, exception faite des primaires américaines, seules quelques études ont analysé de façon empirique ce qu’il arrive lorsque les partis politiques élargissent leurs frontières et tentent d’attirer des sympathisants, en particulier à travers l’utilisation de primaires ouvertes (Scarrow et al., 2017). Ce chapitre évalue ainsi les conséquences politiques des primaires ouvertes dans un cas d’étude, celui de l’Italie, où de telles procédures deviennent assez courantes bien qu’elles soient relativement nouvelles. Étant donné que les primaires (ouvertes et fermées) sont en train de gagner une nouvelle dynamique favorable au sein des partis de nombreuses démocraties parlementaires, ce travail est intéressant au-delà du cas italien.
39La relation membres-parti est en train d’évoluer au sein des partis italiens, avec un élargissement progressif des frontières organisationnelles des partis et l’introduction de formes variées d’engagement partisan : d’un côté, les partis ont toujours des membres formels, qui prennent part aux activités du parti de façon régulière et constante et auxquels l’on assigne des obligations et des privilèges spécifiques ; d’un autre côté, certains partis, comme le PD, recrutent maintenant aussi des sympathisants qui ne sont pas affiliés au parti. Ils ont des liens partisans plus forts que les simples votants et peuvent être amenés de façon occasionnelle à aider leur parti en votant lors d’élections primaires ou en faisant un don ou en aidant au démarchage ou à d’autres activités bénévoles ; cependant, ils ne sont pas membres à part entière et ne participent pas de façon régulière aux activités internes du parti.
40L’introduction et la diffusion de primaires ouvertes fragilisent la distinction entre membres, sympathisants et « votants externes » en termes d’activités et de pouvoir. Cependant, les coûts et les bénéfices associés avec le fait d’être membre à part entière, d’une part, et avec l’inscription au registre des sympathisants, d’autre part, diffèrent significativement. Ainsi, l’on peut s’attendre à ce que les membres des trois groupes soient différents en termes démographiques, d’attitudes politiques et de motivations de vote. Nous avons également souligné que les motivations de vote lors des élections primaires s’expliquaient par la relation différente que ces trois groupes entretiennent avec le parti.
41Les données originales présentées dans ce chapitre montrent que les profils politiques des trois catégories de votants aux primaires sont significativement différents, tant dans les scrutins internes de 2012 que de 2013, en termes d’intérêt pour la politique, de positionnement idéologique et d’influence perçue de la campagne électorale des primaires. Les trois groupes sont également clairement distincts sur base de leur comportement de vote lors du scrutin primaire. Nous avons également montré que les membres affiliés sont plus motivés dans leurs choix de vote par leurs sentiments d’appartenance au parti. Les sympathisants et les votants externes étaient plus enclins à prendre en compte des considérations stratégiques dans leurs choix de vote, comme la capacité du candidat à être élu. De même, les données montrent que les différences de profil politique entre les membres, les sympathisants et les votants ont un impact significatif sur leur comportement de vote.
42Les analyses développées dans ce chapitre contribuent à la littérature sur les primaires et l’affiliation partisane de deux façons différentes. D’abord, les données individuelles présentées dans cette étude peuvent éclairer la question de savoir qui participe aux décisions démocratiques importantes, comme la sélection du candidat pour une coalition de partis, et pourquoi ils prennent part à cette activité. Les sondages de sortie de bureaux de vote constituent un instrument empirique crucial pour comprendre les dynamiques de vote et de campagne électorale lors des élections primaires. Ensuite, l’originalité des résultats empiriques pourrait contribuer au débat sur les transformations de l’organisation des partis et leurs conséquences. Cela est particulièrement important pour comprendre la capacité des partis à mobiliser l’électorat, en particulier dans un contexte de débat animé sur le déclin ou l’adaptation des partis et la croyance généralisée que les chiffres de l’affiliation partisane sont des indicateurs pertinents du changement partisan ou du déclin partisan (Scarrow et al., 2017). En fait, l’attention portée par les chercheurs aux conséquences de primaires (en dehors des États-Unis) s’est concentrée sur l’influence de ces dernières sur les niveaux généraux de participation lors des scrutins internes et moins sur le profil des votants et les caractéristiques de leur comportement électoral (Rahat, Sher-Hadar, 1999 ; Wauters, 2014). Nous montrons que les votants aux primaires ne sont pas un groupe homogène et qu’ils doivent donc être étudiés en fonction de leur degré différent d’attachement au parti.
43De même, les effets de l’adoption d’élections primaires sur les dynamiques électorales des partis sont particulièrement débattus dans la littérature états-unienne et les résultats empiriques sont assez contrastés (pour un aperçu global, voir Cohen et al., 2008). Cet article montre que le niveau différent d’attachement partisan des trois groupes de votants aux primaires – les membres, les sympathisants et les votants externes – influence leurs motivations de vote lors du scrutin. Non seulement ces résultats empiriques permettent de mieux comprendre les évolutions récentes de l’affiliation partisane et de la participation politique, mais ils montrent également que – au moins en Italie – les votants aux primaires (et en particulier ceux avec des liens partisans plus faibles) choisissent des candidats sur la base de considérations stratégiques plutôt qu’en fonction de motivations idéologiques. De même, les votants aux primaires proviennent de traditions idéologiques différentes et ne partagent pas toujours les orientations politiques du parti organisant le scrutin.
44En conclusion, l’on peut souligner le rôle croissant des sympathisants dans la politique interne des partis. L’attachement des membres à un parti, lesquels choisissent leurs candidats d’une manière plus démocratique et ouverte, est très clairement en évolution. Le PD s’appuie désormais sur une mobilisation interne plus large grâce à sa perméabilité organisationnelle plus grande.
Bibliographie
Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA.
Format
Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.
Bolleyer, Nicole, Inside the Cartel Party: Party Organization in Government and Opposition, « Political Studies », 57, 3, 2009, p. 559-579.
Cohen, Marty, Karol, David, Noel, Hans, Zaller, John, The party decides. Presidential nominations before and after reform. Chicago : University of Chicago Press, 2008.
Cross, William P., Katz, Richard S., (éds), The Challenges of Intra-Party Democracy, Oxford, Oxford University Press, 2013.
10.1093/acprof:oso/9780199661879.001.0001 :Dalton, Russel J., Wattenberg, Martin P., (éds), Parties Without Partisans. Political Change in Advanced Industrial Democracies, Oxford, Oxford University Press, 2000.
10.1093/0199253099.001.0001 :Fisher, Justin, Fieldhouse, Edward, Cutts, David, Members Are Not the Only Fruit: Volunteer Activity in British Political Parties at the 2010 General Election, in « The British Journal of Politics and International Relations », 16, 1, 2014, p. 75-95.
10.1111/1467-856X.12011 :Fracchiolla, Domenico, Venturino, Fulvio, Contese di partito e accordi di coalizione: le regole delle primarie in Gelli, Bianca, Mannarini Terri, Talò, Cossimo (éds), Perdere vincendo. Dal successo delle primarie 2012 all’impasse post-elettorale, 2013, p. 76-88.
Gauja, Anika, The construction of party membership, in « European Journal of Political Research », doi : 10.1111/1475-6765.1207, 2014.
10.1111/1475-2014 :Gauja, Anika, Jackson, Stewart, Australian Greens party members and supporters: their profiles and activities. Environmental Politics 25, 2016, p. 359-379.
10.1080/09644016.2015.1104803 :Gibson, Rachel, et al., Party organizational change and ICTs: The growth of a virtual rassroots? New Media and Society 15(1): 31–51.
10.1177/1461444812457329 :Groves, R. M. (2006), Nonresponse Rates and Nonresponse Bias in Household Surveys in Public Opinion Quarterly, 70, 5, 2013, p. 646-675.
10.1093/poq/nfl033 :Hopkin, Jonathan, Bringing the Members Back in? Democratizing Candidate Selection in Britain and Spain, in « Party Politics », 7, 3, 2001, p. 343-361.
Kenig, Ofer, Rahat, Gideon, Hazan, Reuven, Selection versus Candidate Selection: Similarities and Differences, in Sandri, Giula, Seddone Antonella, Venturino, Fulvio (éds), Party Primaries in Comparative Perspective, Farnham, Ashgate, 2015, p. 21-41.
Rahat, Gideon, Sher-Hadar, Neta, The 1996 party primaries and their political consequences, in Arian, Asher, Shamir, Michal (éds), The elections in Israel 1996, New York: State University of New York Press., 1999, p. 241-68.
Rahat, Gideon, Hazan, Reuven, Participation in Party Primaries: Increase in Quantity, Decrease in Quality in Zittel, Thomas, Fuchs, Dieter (éds), Participatory Democracy and Political Participation. Can Participatory Engineering Bring Citizens Back In?, London, Routledge, 2007, p. 57-72.
Raniolo, Francesco, Introduzione: partiti politici e cambiamento partitico, in Raniolo, Francesco (a cura di), Le trasformazioni dei partiti politici, Messina, Rubettino, 2004, p. VII-XXXIV.
Raniolo, Francesco, Un’analisi organizzativa dei partiti politici, in Morlino, Leonardo, Tarchi, Marco (a cura di), Partiti e caso italiano, Bologna, Il Mulino, 2006, p. 19-51.
Sandri, Giulia, Leadership selection methods in Italy and their consequences on membership mobilization, Paper presented at the ECPR Joint Sessions, St. Gallen, 12-17 April 2011.
Sandri, Giulia, Seddone, Antonella, Primaries and political parties. An analytical framework proposal. Paper presented at the ECPR Joint Sessions of Workshops 2012, Antwerp, 10-15 April 2012.
Sandri, Giulia, Seddone, Antonella, Venturino, Fulvio, (éds), Party Primaries in Comparative Perspective, London, Routledge, 2015.
10.4324/9781315599595 :Sandri, Giulia, Seddone, Antonella, Bulli, Giorgia, Party membership in Italy, in Van Haute, Émilie, Gauja, Anika (éds), Party Members and Activists, London, Routledge, 2015.
Sandri, Giulia, Venturino, Fulivia, Primaries at the municipal level: How, how many and why. Contemporary Italian Politics, 8(1), 2016, p. 62-82.
Scarrow, Susan, Beyond Party Members: Changing Approaches to Partisan Mobilization, Oxford, Oxford University Press, 2015.
10.1093/acprof:oso/9780199661862.001.0001 :Scarrow, Susan, Webb, Paul, Farrell, David, From social integration to electoral contestation, in Dalton, Russel, Wattenberg, Martin (éds), Parties without Partisans, Oxford, Oxford University Press, 2000.
10.1093/0199253099.001.0001 :Scarrow, Susan, Gezgor, Burcu, Declining Memberships, Changing Members? European Political Party Members in a New Era, « Party Politics », 11, 16, 2010, p. 823-843.
Scarrow, Susan, Webb, Paul, Poguntke, Thomas, (éds), Organizing Political Parties: Representation, Participation, and Power, Oxford University Press, 2017.
Seddone, Antonella, Venturino, Fulivio, The Partito Democratico after the 2013 elections: All change?, in Journal of Modern Italian Studies, 20(4), 2015.
10.1080/1354571X.2015.1066129 :Van Biezen, Ingrid, Mair, Peter, Poguntke, Thomas, Going, going,…gone? The Decline of Party Membership in Contemporary Europe, in « European Journal of Political Research », 51, 1, 2011, p. 24-56.
Wauters, Bram, Turnout Rates in Closed Party Leadership Primaries: Flash and Fade Out?, Government & Opposition, available online first. doi : 10.1017/gov.2013.45, 2014.
10.1017/gov.2013.45 :Webb, Paul, Poletti, Monica, Bale, Tim, « So who really does the donkey work in “multi-speed membership parties”? Comparing the election campaign activity of party members and party supporters », Electoral Studies 46, 2017, p. 64-74.
10.1016/j.electstud.2017.02.002 :Notes de bas de page
1 En octobre 2007, les deux partis les plus importants de la coalition de centre-gauche ont fusionné en un nouveau parti. Le Democratici di Sinistra (DS, héritier du Parti Communiste) et La Margherita/Democrazia e’ Libertà (La Marguerite/La Démocratie est Liberté, DL, héritier de la faction de gauche du parti Démocrate-Chrétien) ont fusionné en un nouveau parti, le Partito Democratico (PD). Le moment fondateur de ce nouveau parti correspondait à l’organisation d’élections primaires ouvertes destinées à désigner son premier leader et ses délégués au congrès.
2 Déjà en 2005, les partis de la coalition de centre-gauche « l’Unione », qui ont donné naissance au PD deux ans après, ont organisé les premières élections primaires pour choisir le candidat premier ministre aux élections nationales de 2006.
3 SEL est un petit parti de gauche créé en 2009 qui a créé en février 2017 avec d’autres mini-partis la formation politique Gauche Italienne, qui a fusionné ensuite avec d’autres petites formations de gauche en décembre 2017 pour former le nouveau parti Liberi e Uguali/Libres et égaux.
4 Depuis 2009, l’élargissement du sélectorat est allé jusqu’à inclure les citoyens italiens vivant à l’étranger, c’est-à-dire tous les citoyens italiens enregistrés sur AIRE, le registre public des Italiens résidant temporairement à l’étranger.
5 Statuts adoptés le 14 décembre 2014.
6 Article 2 du statut adopté le 14 décembre 2014.
7 Étant donné que notre questionnaire était anonyme, il n’est pas possible d’identifier les non-répondants dans notre échantillon ; par conséquent, estimer correctement l’erreur d’échantillonnage n’est pas possible.
8 Voir le site internet du C&LS : www.cals.it.
9 Les deux échantillons combinés sont présentés ici. Les données collectées lors du premier tour du scrutin sont présentées séparément dans le texte (N=3227). Le pool potentiel de participants est le même pour chacun des deux tours des élections, et nous appliquons les mêmes règles d’échantillonnage.
10 Le sondage commence lorsque le bureau de vote ouvre et continue toute la journée, s’arrêtant environ une heure avant la fermeture du bureau de vote.
11 La variable a été mesurée sur une échelle d’intérêt pour la politique allant de 1 à 10 avant d’être recodée en une échelle à quatre niveaux.
12 La variable a été mesurée sur une échelle idéologique allant de 1 (extrême gauche) à 10 (extrême droite) avant d’être recodée en une échelle à cinq niveaux.
13 Les données sur les profils sociodémographiques, qui ne sont pas présentés dans le détail ici, révèlent une différenciation plus importante parmi nos typologies de votants aux primaires. Les citoyens masculins sont généralement surreprésentés chez les votants aux primaires ; cependant, des différences substantielles de genre existent entre les trois groupes. Les variations entre les trois catégories en termes d’âge et de statut professionnel sont encore plus importantes. Les deux dimensions sont clairement liées. Cela confirme l’idée selon laquelle les élections primaires sont effectivement capables de mobiliser des cohortes générationnelles différentes. Par exemple, on trouve la proportion la plus importante de jeunes votants chez les « votants externes », ce qui semble confirmer l’idée que la mobilisation politique à faible coût proposée par les élections primaires attire des citoyens plus jeunes.
14 Étant donné que la valeur-p (<0,01) est inférieure au niveau de significativité (0,05), nous en concluons que les deux groupes sont significativement différents l’un de l’autre, et qu’il existe bel et bien un lien entre le type d’affiliation partisane et l’intérêt pour la politique.
15 Les données sont disponibles sur demande.
Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Les primaires ouvertes
Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks
Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org
Les primaires ouvertes
Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.
Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org
Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.
Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.
La syntaxe de l’email est incorrecte.
Référence numérique du chapitre
Format
Référence numérique du livre
Format
1 / 3