Réflexions sur l’épistémologie de l’espace ethnographique européen
p. 23-30
Résumés
Cet article interroge la dimension culturelle du savoir attenant au territoire et à la société dans les processus de formation des États à l’époque moderne. Il s’agit de retranscrire une relation à double entrée car la description et l’introspection de la nature et de la culture d’une région respectent d’un côté des contours territoriaux et politiques et participent d’un autre côté à la constitution d’ordres sociétaux et spatiaux. Cela engendre au moins deux formes de questionnement : de quelle façon les disciplines ethnographiques et ethnologiques en voie de constitution durant le XIXe siècle ont-elles contribué au développement de paradigmes relevant de la culture spatiale et ayant un effet sur l’opinion publique ? Et quelles traces durables a laissé une production de savoir liée au domaine de l’espace dans la pensée des sciences de la culture agissant dans l’intérêt public – comme héritage sur lequel il convient de réfléchir ?
Überlegungen zur volkskundlich-ethnographischen Raum-Epistemik
Der Beitrag fragt nach der kulturellen Dimension des Wissens über Territorium und Gesellschaft in den Staatsbildungsprozessen der Moderne. Dabei geht es darum, eine doppelte Beziehung zu skizzieren, denn Beschreibung und Untersuchung von Landesnatur und Kultur folgen einerseits politisch-territorialen Gefügen und leisten andererseits ihren Beitrag zur Konstituierung räumlicher und sozialer Ordnungen. Das verlangt nach zumindest zwei Fragerichtungen: Wie sind die im Verlauf des XIX. Jahrhunderts sich entwickelnden volkskundlich-ethnografischen Fächer an der Entwicklung öffentlich wirksamer raumkultureller Paradigmen beteiligt ? Und welche nachhaltigen Spuren hat eine im öffentlichen Interesse agierende Wissensproduktion im Raumdenken der Kulturwissenschaften – als zu reflektierendes Erbe – hinterlassen?
Texte intégral
1Le thème du présent recueil intitulé « Saisir le terrain » en français et « Terrain et culture » en allemand est le fruit d’une invitation qui a été lancée à l’initiative de Jean-Louis Georget au Centre de Recherches Interdisciplinaires sur l’Allemagne (CRIA) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. De ces discussions intensives qui ont eu lieu à l’automne 2009 a germé l’idée de la possibilité d’un projet bilatéral d’épistémologie et d’anthropologie du savoir : son point de départ devait mettre en lumière la différence de positionnement entre les deux pays en matière de savoir ethnographique et interroger les traditions scientifiques respectives dans leur rapport à l’espace et à la culture.
2Nous avions alors évoqué l’idée d’organiser un colloque commun auquel participeraient des universitaires d’horizons nationaux différents pour affiner le cadre conceptuel et le contenu. La question de la représentation que ces sciences se font d’elles-mêmes et leur épistémologie figurait au centre de la réflexion scientifique. Ces sciences se sont développées dans le cadre du processus de formation des nations et des États européens pour devenir des acteurs facilitant la compréhension des cultures ; en raison des connaissances qu’elles recélaient sur la société et la culture, elles entretenaient des relations différenciées aux opinions publiques auxquelles elles étaient confrontées. L’État, les académies et une opinion publique citoyenne ayant une large assise représentaient le cadre dans lequel les différentes traditions disciplinaires et les cultures du savoir qu’elles transmettaient pouvaient être discutées. Comme l’ont montré les premiers échanges et l’état actuel de la recherche, une attention particulière devait être accordée à la dimension spatiale du savoir comme espace de recoupement des discours et des pratiques. D’une part, la fonction qu’occupe l’espace pour ces disciplines en général est en effet déterminante. D’autre part, eu égard à l’importance variable qu’ont la région, la culture et la relation à l’espace dans les sociétés modernes et les mémoires en France et dans l’espace germanophone, on a pu formuler la thèse selon laquelle la conception et la pratique de l’espace (au sens où l’entend l’expression « Saisir le terrain ») pourraient constituer une clé pour la compréhension de la place différente qu’occupent ces disciplines relevant des sciences de la culture et leurs objets dans les espaces nationaux respectifs. Ce pourrait être également une occasion de réfléchir communément aux évolutions correspondantes (et complémentaires) au sens d’une histoire croisée1 – selon ce qui avait été évoqué au moment des premières rencontres.
3En 2013, après quelques réunions de travail à Tübingen, Francfort et Stuttgart et un échange de différentes ébauches de projet, un colloque a pu se tenir les 9 et 10 juillet 2013 à Francfort-sur-le-Main grâce au réseau franco-allemand « Saisir le terrain » destiné à des projets communs et grâce à l’obtention du soutien de l’Université Franco-Allemande. Il a été la base commune du présent ouvrage. Il a permis d’élargir la perspective et de discuter les thématiques et les questions dans un cercle plus ample.
4Suite à cette première rencontre, nous tenterons ici, à partir d’un noyau germanophone élargi, d’esquisser une problématique plus étendue relative à la question du terrain dans les sciences de la culture. Qu’il ne s’agisse pas de la question du terrain dans les sciences de la culture, mais du terrain des sciences de la culture peut susciter dès le départ une sympathie pour certaines formes de compréhension et d’approches – ce qu’elles recouvrent sera évoqué dans les paragraphes suivants sans être nécessairement consigné dans les moindres détails. Lorsque l’on parle ici d’une ethnologie européenne comme évolution culturelle d’une Volkskunde modernisée2, on traite nécessairement d’une discipline qui est doublement liée au terrain et à l’espace – presque davantage que l’anthropologie et les autres sciences humaines et sociales. C’est cependant, ou précisément pour cette raison, qu’il convient d’accorder une attention particulière à cette discipline que Thomas Nipperdey avait qualifiée en son temps d’« étrange science allemande3 » parce que, dans la constellation spécifique qu’elle requiert, des considérations plus universalistes concernant le terrain prennent tout leur sens.
L’espace et la culture
5Où se situe cette double relation et que désigne-t-elle ? La description et l’introspection des « régions et des gens », puis du peuple et de la culture épousent d’une part, dans la tradition disciplinaire de la Volkskunde, des limites territoriales et contribuent d’autre part à la formation d’ordres sociétaux et spatiaux. À défaut d’une prise en compte de ces deux facteurs – ou à l’inverse en raison de leur survalorisation – l’espace est resté pendant longtemps dans les ethnologies européennes une catégorie indiscutable et univoquement légitime. C’est ainsi qu’un concept d’espace profondément immuable et la conviction que l’ordre4 induisait plus ou moins l’espace ont imprégné les manières de travailler et de penser de la Volkskunde et du folklorisme tel qu’il put se développer au cours du XIXe siècle dans de nombreux pays européens.
6Cette évidence provenait d’une part des paradigmes généraux qu’étaient la culture et la société et d’autre part du rôle qui incombait à la discipline et à son environnement dans les entreprises pour mieux connaître les régions des États modernes. Ce rôle, qui était essentiel pour son institutionnalisation tant au plan national que régional, voire semi-étatique, contribua à sa meilleure reconnaissance par les instances intellectuelles et l’opinion publique. Avec le paradigme qui consistait à interpréter la tradition de la culture populaire, rendu possible par le concept de culture tel que l’avait défini Herder, la discipline disposa d’un instrument facilement manipulable. Grâce à lui, il fut possible d’appréhender les objectivations culturelles de nature matérielle et immatérielle comme significatives des parties plus ou moins importantes de la société et de ses ordres hérités. Ils initièrent les réflexions sur la cohérence politique et culturelle de ces mêmes corps sociaux5.
7En rapport avec la nouvelle attention accordée à la dimension spatiale du monde social, telle qu’elle a été subsumée et éprouvée dans les dernières décennies sous la forme du spatial turn, on a beaucoup spéculé sur les raisons qui avaient conduit les sciences humaines à oublier antérieurement la notion d’espace6. Certaines de ces causes concernent les sciences de la culture et les ethnologies européennes avec plus ou moins d’intensité. Nous en évoquerons ici trois car elles marquent des étapes essentielles dans la progression des débats.
8Il faudrait d’abord évoquer la dichotomie de la tradition et de la modernité qui se fonde sur l’expérience des mutations profondes de l’époque industrielle, qui est devenue l’étalon de toute dynamique et évolution par l’intermédiaire de la catégorie du temps (de l’histoire). Les sujets de la Volkskunde – souvent perçus comme des reliquats – appartenaient de la sorte au monde des horizons fermés qui, encore moins que l’histoire générale et l’histoire culturelle, ne pouvaient être appréhendés en matière de relations spatiales parce qu’on les considérait valides du fait de leur caractère authentique a priori et de leur perspective anhistorique. C’est le paradigme du trait propre qui avait pris un caractère étranger, lequel prévalait ici comme marqueur de la différence et ouvrait précisément par sa présence sur son propre territoire des espaces imaginaires pour l’identification.
9Il faudrait en second lieu s’attacher au problème qui a été discuté ces dernières décennies sous le terme générique de nationalisme méthodique7 et qui renvoie d’une manière qui n’a pas encore fait l’objet d’une interrogation systématique aux liens qui unissent nos disciplines au contexte d’une science organisée par les États nationaux et leurs institutions. Il serait intéressant de se demander si ce lien est moins évident pour une discipline tardivement et faiblement institutionnalisée. Les recherches que nous avons menées sur l’histoire de la Volkskunde germanophone nous amèneraient plutôt à affirmer le contraire car la discipline et ses acteurs s’efforçaient précisément d’apporter, d’une part, la preuve de l’utilité publique de la science administrative8. D’autre part, la double appartenance à des institutions représentant publiquement la politique culturelle et la science rendait d’autant plus nécessaire une limitation implicite et s’entendait à la traduire dans des représentations du monde quotidien (les musées, les médias, l’iconographie de l’héritage culturel, etc.).
10L’oubli de l’espace dans les sciences récentes de la culture est finalement dû en troisième lieu à l’expérience du Troisième Reich et à sa préemption de la culture. Il n’est donc pas étonnant que la discipline ait trouvé son renouveau d’abord grâce à une historicisation dense, mais aussi progressivement grâce à un glissement vers l’empirisme des sciences sociales et ses catégories usuelles9. Jusqu’à une époque récente, caractérisée par la réception des processus d’ouverture de frontières (comme cela a pu avoir lieu avec l’année 1989 et le terme publicitaire de mondialisation10), l’espace n’y jouait qu’un rôle subalterne – même lorsque les relations entre le savoir métaculturel, les identités et les communautés imaginaires (imagined communities) à différentes échelles étaient reconstruites ou déconstruites par le regard porté sur les traditions inventées (invented traditions)11.
Terrain, territoire et paysage : le savoir de l’espace et les épistèmes ethnographique et ethnologique
11Quelles dimensions se laissent-elles déterminer en premier lieu dans le cas du rapport à l’espace de la tradition ethnographique et ethnologique et quelles traces ont-elles pu laisser à l’inverse leurs épistémologies ? Pour la recherche sur les cultures populaires qui trouve ses racines dans le romantisme et le caméralisme et s’est institutionnalisée dans l’espace germanophone au XIXe siècle, l’appréhension de l’espace constitue un élément essentiel, auquel on devrait toutefois ajouter des caractéristiques complémentaires. C’est certainement une différenciation typologique idéale qui ne doit pas obérer les nombreuses transitions entre les domaines du savoir et leurs méthodes de transmission et de cognition – ni le fait qu’elles n’agissent pas indépendamment les unes des autres, mais concomitamment et de manière interactive. On doit penser les structures, les acteurs et les vecteurs du savoir comme des constellations qui s’interpénètrent. La formule selon laquelle les intrusions scientifiques se placeraient dans la proximité du pouvoir et que les irruptions esthétiques auraient pour cible un public toujours plus étendu n’est que partiellement valide12.
12Tandis que la tradition topographique et statistique vise à saisir le territoire selon un principe universaliste et contribue en cela à son authentification au sens où il produit sa cohérence, la tradition poétique développe un regard pour ce qui est remarquable13 et le restitue textuellement et iconographiquement. Mais il serait simplement erroné d’envisager dans les descriptions territoriales officielles, les rapports de géographie physique et autres documents de nature semblable conçus comme des instruments de pouvoir dans la première moitié du XIXe siècle des esquisses objectives tandis qu’elles seraient subjectives dans la tradition romantique du « pays et des gens » ou celle du voyage. Chacune d’entre elles détient sa légitimité de la mise en place d’une relation entre espace physique et imaginaire par le fait qu’elles soumettent leurs observations et relevés à une logique spatiale narrative qui décrit les représentations culturelles et les conditions de vie. C’est ainsi qu’apparaît dans l’interaction entre le savoir « qui porte sur » et la manière dont il se situe un savoir nominaliste14 comme il a pu se manifester et se perpétuer dans la figure de pensée qu’est le paysage chargé de sa valeur culturelle par le peuple. Le rapport de différents agencements spatiaux joue à cet égard un rôle primordial ; c’est ainsi que nous savons par exemple qu’en Allemagne, l’inscription dans les espaces nationaux se fit avant tout par la médiation de la province et de la région15 tandis que dans le creuset pluriculturel austro-hongrois l’idée d’un État divers au plan culturel se diffusa par une reprise en main du centre sur la périphérie16. Jacques Le Rider a interprété cette « fuite dans les détails ethnologiques insignifiants » comme l’expression du « refus de reconnaître dans ces peuples des nations en voie de constitution17 ».
13À côté des épistémologies implicites de la production de savoir, celle de sa transformation possède dans notre cas une importance particulière. Les vecteurs de la représentation spatiale, les ouvrages à grands tirages de textes et d’images et bientôt les cartes ou les mises en scène muséographiques explorent l’espace comme un champ et le constituent comme espace de savoir. Il en ressort une nouvelle crédibilité formelle qui l’ouvre finalement aux pratiques et médiations populaires – au sens immédiat d’une surface utilisable. Pour illustrer le propos, on pourrait se référer ici aux façons de modeler l’espace, en s’en saisissant et en l’aménageant, des associations de randonnée et d’histoire dans l’espace germanophone qui se conçurent, surtout à partir de 1870 environ, comme des lieux où s’élaborait une science pour le grand public18. Pour ces acteurs, l’accès aux spécificités ethnographiques et historiques de leur domaine de spécialité représentait un capital important. Cela leur conférait une certaine légitimité et étendait la façon de penser en termes d’espaces culturels aux territoires relevant de la périphérie intérieure et marginale des États19.
Vers un concept pour les sciences réflexives de la culture : prémisses
14Le mérite que ces questions puissent être posées dans le cadre de cet ouvrage ne revient ni au fait que les sciences de la culture pensent le concept d’espace comme une superstructure fondamentale ni à la nouvelle attention dont il est l’objet. Sur fond d’une nouvelle réflexivité qu’a suscitée la crise du concept de culture dans les années 1990 pour les sciences dont elle était l’objet, il est devenu une caractéristique constitutive de l’anthropologie et de l’analyse culturelle. Si l’on comprend la culture comme lieu de l’exercice du pouvoir, ce qui est irrécusable aujourd’hui, les relations entre les espaces dans les pratiques et les corpus de savoir des différentes matières apparaissent comme des constellations puissantes qui régissent la production et l’instrumentalisation d’appartenances et de dépendances. Et c’est ainsi – notamment grâce aux modèles et aux outils de la recherche postcoloniale et des études sur la science et la technologie – que l’on peut accéder de manière accrue à la science au sens d’un concept spatial relationnel et praxéologique. Une praxéographie des disciplines pensant et forgeant l’espace et de ses différents acteurs ouvre des perspectives sur l’appréhension de l’espace et les modes de production, de circulation et d’application du savoir sur l’espace20.
15Autrement dit : l’attention que portent les sciences de la culture à l’espace, due à un regain d’intérêt de leur part, et les discours et pratiques qui lui sont liés nous apparaît comme une approche fructueuse pour pouvoir comprendre la provenance de nos terrains compris trop souvent comme allant d’eux-mêmes, des méthodes de travail et de compréhension qu’ils requièrent, mais aussi pour circonscrire les traits communs ou opposés des différentes traditions nationales et disciplinaires.
Les cultures du savoir/ Les catégories du savoir : questions et défis
16Nous voudrions pour finir esquisser au moins dans leurs grands traits trois dimensions qui semblent être centrales pour les questionnements suscités par ce livre. Elles sont liées à des concepts de travail pour lesquels nous avons supposé en concevant cet ouvrage qu’elles allaient faciliter un accès aux modalités et contextes de « Saisir le terrain ».
17Les cultures scientifiques : la question que suscitent les modes opératoires des sciences que sont l’ethnographie et la géographie touche à la manière dont elles réagissent lorsqu’elles côtoient l’État et l’opinion publique pour s’institutionnaliser au plan académique ou amateur (modèles étatiques, systèmes de formation, société civile). La question du scénario du donneur d’ordre (recherche spécialisée, sociétés savantes, recherche d’amateurs passionnés) et de la circulation et du transfert du savoir entre les différents champs est centrale.
18La pratique et les techniques scientifiques : la question concerne la formation de techniques de travail spécifiques, les méthodes de relevés spécifiques au terrain et leur utilisation (enquêtes, méthodes sérielles, saisies isolées). Elle se concentre en outre sur le développement des technologies et des médias de la connaissance visant à la documentation, l’analyse et la transmission du savoir ethnographique et géographique (carnets de brouillon, visualisations, cartographie).
19Les rapports scientifiques : la question des rapports scientifiques met en avant les processus de transfert entre les différentes cultures scientifiques des pays européens. On doit comprendre quelle influence ont eu les méthodes de travail et les styles de pensées des grandes entreprises, l’engagement international et la formation scolaire et universitaire sur les pratiques et les structures afférentes.
Notes de bas de page
1 Michael Werner, Bénédicte Zimmermann (dir), De la comparaison à l’histoire croisée, Paris : Le Seuil, 2004, « Le Genre humain », p. 30-50.
2 Jean-Louis Georget, « Die Volkskunde zwischen Literatur und Sozialwissenschaften », Akten des XI. Internationalen Germanistenkongresses Paris 2005 « Germanistik im Konflikt der Kulturen », Jahrbuch für Internationale Germanistik, A/81, vol. 5, 2007, p. 89-95 ; Gisela Welz, Antonia Davidovic-Walther, Anke Weber (dir.), Epistemische Orte. Gemeinde und Region als Forschungsformate, Frankfurt am Main : Institut für Kulturanthropologie und Europäische Ethnologie, 2011.
3 Thomas Nipperdey, « Die anthropologische Dimension der Geschichtswissenschaft », in : Gesellschaft, Kultur, Theorie, Göttingen : Vandenhoeck & Ruprecht, 1976, p. 33-58, ici p. 42.
4 Johanna Rolshoven, « Von der Kulturraumforschung zur Raumkulturforschung. Theoretische Herausforderungen an eine Kultur- und Sozialwissenschaft des Alltags », Zeitschrift für Volkskunde 99, 2/2003, p. 189-213.
5 Voir les contributions dans Reinhard Johler, Herbert Nikitsch, Bernhard Tschofen (dir.), Ethnische Symbole und ästhetische Praxis in Europa, Wien : Institut für Volkskunde, 1999.
6 On peut trouver une discussion du point de vue de la sociologie chez Markus Schroer, Räume, Orte, Grenzen: Auf dem Weg zu einer Soziologie des Raums, Frankfurt am Main : Suhrkamp, 2006.
7 On trouve des éléments fondamentaux chez Ulrich Beck, Edgar Grande, « Jenseits des methodologischen Nationalismus. Außereuropäische und europäische Variationen der Zweiten Moderne », Soziale Welt 61, 2010, p. 187-216.
8 Wolfgang Kaschuba, « Volkskundliches Wissen und gesellschaftlicher Wissenstransfer. Zur Produktion kultureller Wissensformate im 20. Jahrhundert (DFG-Forschungsverbund) », in : Michael Simon et al. (dir.), Bilder. Bücher. Bytes. Zur Medialität des Alltags. 36. Kongress der Deutschen Gesellschaft für Volkskunde in Mainz vom 23. bis 26. September 2007, Münster : Waxmann, 2009, p. 183-199.
9 On trouve une discussion approfondie à ce propos chez Johannes Moser, Karl Braun (dir.), Zur Situation der Volkskunde 1945 – 1970. Orientierungen einer Wissenschaft zur Zeit des Kalten Krieges, Münster : Waxmann, 2015.
10 On peut consulter Karl Schlögel, Im Raume lesen wir die Zeit. Über Zivilisationsgeschichte und Geopolitik, München : Hanser, 2003, p. 62.
11 Beate Binder, Wolfgang Kaschuba, Peter Niedermüller (dir.), Inszenierung des Nationalen. Geschichte, Kultur und die Politik der Identitäten am Ende des 20. Jahrhunderts, Köln/Weimar/Wien : Böhlau, 2001.
12 On peut consulter aussi Lioba Keller-Drescher, Volks-Kunde. Vom Wissen zur Wissenschaft. Ressourcen und Strategien regionaler Ethnografie (1820-1950), thèse d’habilitation, université de Tübingen 2015 [sous presse].
13 Sur ce principe de connaissance à propos de la Volkskunde, on peut consulter Utz Jeggle, « Volkskunde », in : Uwe Flick (dir.), Handbuch Qualitative Sozialforschung. Grundlagen, Konzepte, Methoden und Anwendungen, Weinheim : Beltz, 1995 (2e édition), p. 56-59.
14 Sur le concept de formation d’un savoir nominaliste par la participation, on peut consulter Helga Novotny, Peter Scott, Michael Gibbons, Wissenschaft neu denken. Wissen und Öffentlichkeit im Zeitalter der Ungewissheit, Weilerswist : Velbrück Wissenschaft, 2004.
15 Celia Applegate, A Nation of Provincials. The German Idea of Heimat. Berkeley : University of California Press, 1990.
16 Pour la comparaison, on peut se référer à Jurij Fikfak, Reinhard Johler (dir.), Ethnographie in Serie. Zu Produktion und Rezeption der „österreichisch-ungarischen Monarchie in Wort und Bild“, Wien : Institut für Europäische Ethnologie, 2008 ; Peter Stachel, « Die Harmonisierung national-politischer Gegensätze und die Anfänge der Ethnographie in Österreich », in : Karl Acham (dir.), Geschichte der österreichischen Humanwissenschaften, Wien : Passagen-Verlag, 2002, p. 323-368.
17 Jacques Le Rider, Mitteleuropa. Auf den Spuren eines Begriffs, Wien : Deuticke 1994, p. 32.
18 Pour ce qui concerne les Alpes, on peut se référer à Bernhard Tschofen, « Ethnographische Alpenforschung als “public science”. Das Elementare als Erlebnisofferte », in : Eugenie Goldstern und ihre Stellung in der Ethnographie, Wien : Österreichisches Museum für Volkskunde, 2005, p. 213-229.
19 On en trouve un exemple impressionnant pour ce qui concerne les associations des Carpates pour la Volkskunde pour la Transylvanie et les régions avoisinantes dans Bernhard Tschofen, Ethnographische Landvermessungen. Die historische Volkskunde der Karpaten zwischen Akademie und Öffentlichkeit [manuscript non-publié, Stará Lesná 2012].
20 Gisela Welz, Antonia Davidovic-Walther, Anke Weber (dir.), Epistemische Orte [voir la note de bas de page 2].
Auteurs
-
Bernhard Tschofen
ISEK – Institut d’anthropologie sociale et de sciences empiriques de la culture, université de Zurich
-
Jean-Louis Georget
(trad.)
Institut franco-allemand de sciences historiques et sociales/ Centre Georg Simmel (UMR 8131 CNRS/EHESS)
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