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    Plan détaillé Texte intégral 1. Recife, ville-centre d’une métropole pauvre 2. Les conséquences des disparités socio-spatiales sur l’eau et l’assainissement Notes de bas de page Auteurs

    Affronter le manque d’eau dans une métropole

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre 1. Recife, métropole régionale aux contrastes socio-spatiaux importants

    Paul Cary et Ana Maria Melo

    p. 37-50

    Texte intégral 1. Recife, ville-centre d’une métropole pauvre 1.1. Une métropole hétérogène 1.2. Entre ségrégation et fragmentation L’importance de la ségrégation Métropole fragmentée 1.3. Une métropole incomplète 2. Les conséquences des disparités socio-spatiales sur l’eau et l’assainissement 2.1. Des services d’eau et d’assainissement inégalement répartis 2.2. Une compagnie publique au centre des difficultés : la COMPESA Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Recife est la capitale de l’État régional du Pernambuco, située dans le Nordeste du Brésil. 1,537 million d’habitants peuplaient la ville en 2010, population estimée à 1,617 pour 2015. Au cœur d’une région métropolitaine de presque 4 millions d’habitants, la ville est un haut lieu de l’histoire brésilienne, même si son importance politique et culturelle a décliné au XXe siècle. La colonisation portugaise débute dans la région autour des années 1530 et c’est un siècle plus tard, avec la domination temporaire des Hollandais sur les lieux, que Recife prend de l’importance, remplaçant Olinda comme centre de la capitainerie du Pernambuco en 1639. Ville portuaire, Recife devra son développement à ses fonctions économiques, et notamment à son rôle central dans l’exploitation de la canne à sucre et dans la traite des esclaves venus d’Afrique. Si la croissance démographique et l’industrialisation ont transformé le paysage urbain, les traces de ce passé demeurent car Recife s’est construite par absorption progressive des engenhos, usines de transformation de la canne, qui étaient reliées par des routes au port. La concentration foncière reste particulièrement forte et Recife a fait l’objet de nombreuses études pour la spécificité des formes de la ségrégation socio-spatiale, sur lesquelles ce chapitre va s’attarder quelque peu.

    1. Recife, ville-centre d’une métropole pauvre

    1.1. Une métropole hétérogène

    2Les dernières données du recensement (2010) donnent à voir un panorama très contrasté dans la ville de Recife, marquée par les inégalités. Ainsi, si le revenu moyen par tête d’un ménage s’élève à 894 Reais1, il est inférieur à 185 Reais pour le premier quartile et ne dépasse pas 840 Reais par personne pour 75 % de la population. En conséquence, l’indice de Gini qui caractérise les inégalités est particulièrement élevé, se montant à 0,68 pour Recife, soit le plus élevé des capitales régionales brésiliennes (Bitoun et Souza, 2015). Les inégalités ethniques demeurent particulièrement marquantes. Alors que les personnes « brancas » disposent d’un revenu moyen de 2 300 Reais, ce montant tombe à 850 Reais pour les « pretas » et 1 094 pour les « pardas »2. Les inégalités de genre restent importantes, les hommes recevant en moyenne 40 % de revenus en plus que les femmes. 7,1 % de la population de plus de 15 ans est analphabète. Notons enfin que la population vieillit. L’âge moyen s’élevait en 2010 à 33,7 ans à Recife contre 30,2 ans dix années auparavant.

    3Si on prend en considération la RMR3, la pauvreté est encore plus importante. Le revenu moyen par foyer est ainsi inférieur de moitié à Jaboatão dos Guararapes par rapport à Recife. L’Indice de Développement Humain de Recife (0,772) est bien supérieur à celui de Jaboatão (0,717), de São Lourenço da Mata (0,653), ville qui abrite le stade construit pour les rencontres de la coupe du monde de football Fifa, ou encore d’Ipojuca (0,619), ville touchée par la croissance démographique autour du port de Suape.

    4Dans la dynamique métropolitaine, Recife perd de l’importance en termes de population. Alors que sa population représentait 50,3 % de la RMR en 1980, ce chiffre est tombé à 41,6 % en 2010. Jaboatão est un pôle de forte croissance avec désormais 17,5 % de la population contre 10,2 % pour Olinda et 8,1 % pour Paulista.

    5Le phénomène marquant des années 2000 s’avère être l’importance de la croissance économique locale qui a profondément transformé la métropole. Alors que Recife, depuis les années 1980, connaissait une perte d’attractivité continue et un déclin au sein de la hiérarchie des métropoles brésiliennes, les années 2000 ont été marquées par un net regain de croissance économique. Pour Bitoun et Souza (2015) deux dynamiques conjoncturelles en sont le symbole. D’un côté on observe un processus de réindustrialisation autour de pôles comme le Complexe industrialo-portuaire de Suape au sud, et celui comprenant une usine du groupe Fiat et un pôle pharmaceutique au nord, avec à l’ouest de grands projets immobiliers (construction du stade Arena Pernambuco et de l’ensemble résidentiel Cidade da Copa), ce qui dessine un arc métropolitain très dynamique. De l’autre, les politiques nationales (amplifiées au niveau local) ont favorisé l’augmentation du salaire minimum et le transfert de revenus par des programmes comme Bolsa Família4 (Rocha, 2014), tout comme un accès plus facile au crédit. Comme ces politiques ont été très favorables aux populations pauvres et aux bas salaires, de fait, la demande a été stimulée et la croissance économique a été de plus de 3 % par an sur la décennie 2000-2010. Dans ces dynamiques de croissance, la ville de Recife joue un rôle central de par la concentration des fonctions tertiaires et de commandement, même si les industries se localisent désormais dans les périphéries métropolitaines.

    1.2. Entre ségrégation et fragmentation

    L’importance de la ségrégation

    6Ces grandes évolutions économiques n’ont cependant pas fondamentalement transformé le mode d’occupation très différencié de l’espace urbain. Elles ont nettement amélioré le sort des plus pauvres mais l’occupation urbaine n’a pas connu de transformation radicale. Si on cherche à en tracer les grands traits, on peut souligner deux points remarquables : d’importants contrastes sociaux, d’une part, une présence des populations pauvres dans la plupart des quartiers de la ville, de l’autre.

    7En premier lieu, on observe des contrastes majeurs sur l’espace urbain. La richesse économique caractérise certains quartiers historiques (Graças, Casa Forte, rive gauche du fleuve Capibaribe), d’autres en forte croissance à partir des années 1950 (Boa Viagem et Piedade, quartiers des nouvelles élites, en bord de mer) ou certains quartiers d’occupation plus récente (par exemple, les ensembles résidentiels fermés littoraux au Sud comme Paiva). Ces zones abritent les professions intellectuelles supérieures et les cadres dirigeants mais également beaucoup de populations issues des classes moyennes. D’autres espaces, notamment ceux des mornes de la partie occidentale, apparaissent en contraste comme particulièrement pauvres (cf. cartes 3 et 4). L’augmentation de la population et l’importance des projets du secteur immobilier qui ont soutenu la croissance locale ont provoqué un double effet. D’un côté, on observe une densification, liée notamment au phénomène de verticalisation dont le bord de mer est le symbole, observable également dans les autres zones dites nobles de la ville, cette densification valant aussi pour les secteurs populaires les plus valorisés comme Brasília Teimosa5. De l’autre, la multiplication des projets immobiliers destinés aux classes populaires/moyennes, sous l’impulsion des programmes nationaux comme « Minha Casa, Minha Vida » a aussi conduit à des formes de dispersion, notamment sur les franges métropolitaines.

    8En second lieu, on constate que les populations pauvres ont historiquement pu se maintenir, certes à des niveaux très divers, dans pratiquement l’ensemble des quartiers de la ville6. Cela renvoie à une importante capacité d’articulation des mouvements populaires avec certaines élites locales et notamment, pendant la période de la dictature, avec des membres des classes moyennes sensibles à la question sociale. Les luttes pour le maintien sur l’espace urbain culmineront en 1983 avec la mise en place des ZEIS (Zones spéciales d’intérêt social), puis celle d’un plan (PREZEIS) et d’un fonds pour leur régularisation foncière et urbaine (cf. carte 5). Ainsi, la ségrégation ne se limite pas à une opposition binaire (de type Nord/Sud par exemple), d’autant plus que de nombreux quartiers abritent des populations « intermédiaires » (quartier de Várzea par exemple). Certaines zones fortement valorisées du point de vue de la localisation, comme Brasília Teimosa, restent donc l’apanage des classes populaires grâce aux politiques publiques – en particulier le PREZEIS – ayant permis aux populations de rester sur place.

    Métropole fragmentée

    9Les grands projets urbains des années 2000 et 2010 n’ont pas été sans effets socio-spatiaux. Bien qu’ils n’aient pas remis en cause les matrices de la distribution socio-spatiale, ils ont renforcé la fragmentation urbaine. Ils ont attiré une main-d’œuvre peu qualifiée notamment dans le secteur du bâtiment. Ainsi la croissance économique autour du port de Suape, au sud de la RMR, a attiré des populations logées dans des conditions très précaires autour des industries, avec une explosion des problèmes sanitaires et sociaux. À des échelles moindres, des projets comme celui du centre commercial RioMar (quartier du Pina) ont déplacé des centaines d’habitants dans de nouveaux ensembles résidentiels publics bas de gamme. De même, la croissance d’ensembles résidentiels fermés a également pu alimenter une impression de sécession urbaine de la part de certaines classes moyennes/aisées. Les murs de protection des immeubles se sont peu à peu élevés et les formes de protection (grilles électriques, services de sécurité externalisés) se sont complexifiées, généralisées et renchéries. En ce sens, l’espace urbain est l’expression d’une fragmentation socio-spatiale (Prévôt-Schapira, 1999) qui revêt trois dimensions. En premier lieu, la discontinuité marque l’espace urbain, discontinuité symbolisée soit par les ensembles résidentiels aisés soit par des favelas dans les interstices de l’espace urbain. Cette discontinuité est renforcée par les contraintes propres à la topographie locale (fleuves et leurs rives, mangrove, mornes etc., autant de zones sous pression face à la croissance urbaine). En second lieu, la fragmentation renvoie à de multiples stratégies, répétées au quotidien, d’évitement de certains lieux ou de certaines populations : cela passe par des gestes banals (ne pas prendre une route qui a mauvaise réputation, ne pas s’arrêter aux feux rouges la nuit, prendre une tenue passe-partout lorsqu’on fréquente les espaces publics). On pourrait parler de « micro-fragmentation » tant elle structure de multiples actes du quotidien. En troisième lieu, la fragmentation est également de type politico-administratif : les limites municipales, les frontières politico-administratives des quartiers ne répondent pas nécessairement aux échelles d’intervention des projets nationaux ou régionaux, par exemple en matière de réseaux urbains. Les frontières de certains fiefs politiques investis au moment des campagnes électorales et où les jeux de clientélisme politique demeurent forts ne sont pas à sous-estimer puisqu’ils ont conduit à la construction de multiples (petits) réseaux d’assainissement indépendants les uns des autres au long des années.

    Encadré 1 – Recife, ville métamorphosée ? Un aperçu à partir des quartiers du Pina, Boa Viagem et Brasília Teimosa.

    Juillet 2015. Nous sommes devant l’immense baie vitrée du Shopping RioMar, ce gigantesque centre commercial situé dans à l’entrée du quartier du Pina quand on vient du centre-ville et qui domine désormais le bassin de Recife. Cette œuvre du groupe commercial, immobilier et médiatique JCPM fait partie de ces quelques grands projets urbains qui continuent à rogner les marges de la mangrove de Recife, ou à l’éventrer comme la bien-nommée route à 4 voies Via Mangue qui permet de relier directement le centre-ville et le cœur de Boa Viagem afin d’alléger le trafic sur les grandes avenues de ce quartier.

    Les palafittes se sont entassés dans la zone pendant des décennies. Le maire João Paulo (2001-2008) s’était d’ailleurs engagé à les faire disparaître à l’issue de ses mandats. Disparus aujourd’hui, reviendront-ils dans ce secteur d’une métropole « modernisée » où tours de bureaux et d’appartements résidentiels dominent le paysage ? Certes, les habitants des zones limitrophes ont été relogés dans des immeubles spécialement bâtis pour eux au sein des Conjuntos Habitacionais Via Mangue, inaugurés plusieurs fois par la présidente Dilma Rousseff. Mais pour beaucoup la vie n’a pas changé : toujours pas d’emploi et des charges de logement qui ne sont pas insignifiantes. Faute d’accompagnement dans la transition vers ces nouveaux logements, beaucoup ne peuvent faire face aux nouvelles contraintes.

    À quelques centaines de mètres à vol d’oiseau s’étend le quartier populaire de Brasília Teimosa. Ce bout de terre, isthme qui prolonge Boa Viagem est un condensé des évolutions urbaines de Recife. Les habitants ont obtenu de haute lutte le droit de se maintenir dans ce quartier déjà décrit par le célèbre géographe Josué de Castroa, objet de luttes importantes contre la police et les propriétaires fonciers. La zone s’est urbanisée, avec de nombreux services (supermarchés, écoles, crèches) et densifiée avec un accroissement significatif du nombre d’habitants ; elle a également fait l’objet d’une très importante opération de réhabilitation du bord de mer avec le retirement des palafittes qui s’y trouvaient. L’inauguration avait été l’occasion de la venue du président Lula lui-même. Dans le même temps, les prix immobiliers s’y sont envolés, comme dans le quartier environnant qui ne fait pas entièrement l’objet de protection juridique en matière foncière (Pina).

    Les quelques kilomètres carrés autour du bassin du Pina et notamment les quartiers du Pina et de Brasília Teimosa reflètent les effets des années 2000 et leur ambivalence. La présence au pouvoir national du Parti des travailleurs a trouvé des relais locaux (trois mandats consécutifs du PT à la mairie) et régionaux (à partir de l’élection d’Eduardo Campos, du Parti Socialiste Brésilien, comme gouverneur). Les politiques publiques axées en faveur des classes populaires, comme l’augmentation du salaire minimum et le programme Bolsa Família au niveau national, la reprise de la croissance économique, d’abord nationale puis régionale, les nombreux investissements publics, relayées par des politiques locales favorisant la participation populaire, ont transformé les conditions de vie des classes populaires. Dans le même temps, de grands projets immobiliers (tours résidentielles, immeubles de bureau, centres commerciaux) se sont succédé sur la zone, avec une explosion des prix immobiliers et d’importants bénéfices pour la poignée de groupes de construction locaux, qui ont eu les coudées franches pour construire avec des autorisations très permissives en termes de préservation de l’environnement ou du paysage.

    Ainsi le paysage urbain a complétement changé dans sa morphologie et sa composition sociale. D’un côté, les tours ont poussé à grande vitesse dans cette zone du Pina autrefois délaissée parce qu’associée à l’endroit où on se débarrassait dans la mer des corps d’esclaves morts, mais aussi par sa proximité immédiate avec des poches de précarité. La zone est désormais prisée car bien desservie du point de vue autoroutier ; elle permet de relier rapidement le centre. De l’autre, les conditions d’habitation et de vie se sont améliorées dans les zones populaires alentour. D’un point de vue visuel, ces transformations sont frappantes et on peine à reconnaître certains endroits tant les changements ont été massifs. Rien n’est d’ailleurs plus marquant que les transformations en bord de mer. En portant le regard vers le nord, on découvre d’immenses tours qui ont modifié à jamais la ligne d’horizon, rompant la continuité historique avec Olinda. Vers l’ouest, la mangrove est désormais coupée par une liaison routière tandis qu’un peu plus loin, les entrepôts de sucre si caractéristiques qui bordaient le bassin du Pina ont été partiellement démolis par un projet qui fait l’objet d’importantes contestations sociales.

    a. Auteur en 1946 d’un ouvrage qui a fait date, « Géographie de la faim » mais également d’ouvrages traitant des conditions de vie et des luttes des classes populaires recifenses.

    1.3. Une métropole incomplète

    10Pour certains auteurs, Recife apparaît aujourd’hui comme une métropole qui n’aurait pas achevé sa mutation. Si Recife a depuis dix ans récupéré le statut de première métropole régionale du Nordeste que ses voisines Salvador de Bahia et Fortaleza avaient sérieusement pu lui contester étant donné son déclin économique continu entre les années 1970 et 2000, elle apparaît néanmoins comme « une métropole régionale incomplète, périphérique et inégale » (Bitoun et Souza, 2015, p. 20). Le caractère « incomplet », serait lié, selon ces auteurs, au fait que la métropole en question ne dispose pas de l’ensemble des fonctions nécessaires à la macro-intégration de son territoire, en particulier en ce qui concerne l’organisation économique. De fait, le processus d’intégration de la RMR demeure incertain, avec des périphéries très distinctes. De même son caractère périphérique renvoie au statut du Nordeste, marginalisé dans l’organisation spatiale du Brésil, lui-même semi-périphérique dans l’économie mondiale. La dimension « inégale », quant à elle, ne souffre pas discussion en raison des contrastes sociaux qu’elle recèle (Carrère et de la Mora, 2014).

    11Ce diagnostic doit cependant être affiné. Recife a pris, depuis les années 1990, le pli de la métropolisation, au sens d’une politique destinée à acquérir les atouts métropolitains7, notamment en développant plusieurs plans stratégiques destinés à lui conférer davantage d’attractivité nationale et continentale (plans métropolitains). Recife s’est aussi inscrite dans la politique de visibilité liée à de grands projets urbains (parc Dona Lindu de l’achitecte Niemeyer, accueil de rencontres de la coupe du Monde de football 2014 avec la construction d’un nouveau stade, politique de restauration et d’aménagement des quais du port de Recife) mais aussi de marketing urbain (« Recife, capitale de la participation »). Plusieurs pôles de développement économique ont fait l’objet de politiques publiques d’appui, comme le Porto Digital ou aujourd’hui le pôle pharmaceutique au Nord de la RMR (Cary et Melo, 2010 ; Melo, 2010 ; Melo, 2013).

    12Cette politique de métropolisation a accompagné la forte croissance du marché immobilier local qui a bénéficié de l’importante verticalisation des zones nobles mais également de l’importante construction d’ensembles résidentiels de classe moyenne/populaire. Cette forte croissance n’est pas allée sans entorses à la législation existante, notamment dans les quartiers centraux. Tout un processus de spéculation foncière s’est également mis en place notamment parce que les propriétaires terriens – en particulier des marges périurbaines – ont fortement fait pression pour viabiliser les terres dont ils étaient propriétaires. En ce sens, on a assisté à la mise en place « d’une gouvernance entrepreneuriale dans laquelle la planification et la régulation sont remplacées par un modèle d’intervention fondé sur la création d’exceptions dans la législation et de procédures qui affaiblissent les canaux institutionnels de participation démocratique » (Bitoun et Souza, 2015, p. 28).

    13Ce point n’est pas nouveau. Ana Maria Melo (2011) a bien montré comment s’est mise en place une double échelle de planification urbaine. L’échelle stratégique, liée aux grands projets urbains, concentre autour de la personne du maire et du gouverneur les quelques représentants des grands groupes économiques locaux qui ont bénéficié de l’incroyable dynamisme du marché immobilier. Les liens entre la presse locale et les constructeurs immobiliers ne sont d’ailleurs plus à démontrer et ont tendu à minimiser les entorses à la législation, comme dans le cas du projet autour du quai José Estelita, qui s’est soldé par une occupation des lieux par des mouvements sociaux locaux et un bras de fer judiciaire encore en cours concernant la légalité des procédures d’attribution de ces terrains centraux. Cette échelle stratégique renvoie à l’idée du « grand maire », soucieux d’inscrire son héritage dans l’histoire en marquant l’empreinte urbaine et en se distinguant des aires d’intervention privilégiées de son prédécesseur.

    14Subsiste également une échelle participative avec des procédures comme les budgets participatifs (Cary, 2006), les Conseils ou encore le PREZEIS dans lesquelles l’expression citoyenne demeure fortement valorisée et permet au maire de gérer la ville en s’appuyant sur les mouvements populaires. Ces expériences ne représentent pas quantité négligeable car au-delà des budgets qui leur sont dédiés, elles jouent également le rôle de canaux permettant de relayer les revendications populaires et surtout permettent de légitimer l’action publique municipale sous l’argument de la participation et de la démocratie.

    2. Les conséquences des disparités socio-spatiales sur l’eau et l’assainissement

    2.1. Des services d’eau et d’assainissement inégalement répartis

    15Ces contrastes socio-spatiaux provoquent des conséquences en matière d’accès aux services d’eau et d’assainissement. Il ne suffit en effet pas de dupliquer les inégalités sociales pour disposer d’un portrait complet des inégalités d’accès aux réseaux d’eau. En premier lieu, l’accès au réseau formel – de la COMPESA – dépend d’un certain nombre de considérations techniques liées à la localisation géographique et au type d’urbanisation. Le paysage urbain n’étant pas homogène, des quartiers pauvres peuvent être très bien reliés aux réseaux et des quartiers aisés ne pas en bénéficier. En second lieu, les calendriers de l’intermittence mis en place lors des périodes de rationnement semblent témoigner d’un souci d’égalité – tout le monde étant théoriquement touché – mais la position dans le réseau devient alors fondamentale (davantage de pression en début de distribution alors qu’en « fin » de réseau, celle-ci est bien moindre). Enfin, la qualité de l’eau, dans un réseau dont les canalisations sont dégradées et susceptibles de drainer des contaminants, va fortement varier indépendamment du niveau social des quartiers desservis : l’eau peut ainsi s’avérer très chlorée en début de distribution et de qualité moindre en « fin » de réseau. On peut aussi rajouter, pour ceux qui disposent d’un puits, le fait que la qualité des eaux souterraines est extrêmement variable selon l’aquifère concerné et le degré de salinisation ou de contamination.

    16Cette complexité ne saurait masquer, cependant, que la dépendance à l’eau du réseau public est bien supérieure chez les populations précaires qui disposent de moins de moyens alternatifs de stockage et d’approvisionnement. En outre, la répartition des problèmes de santé liés à l’eau (dengue, filariose, diarrhées…) met en évidence une surexposition des zones pauvres (Prefeitura do Recife, 2014). Ces problèmes provoquent des inégalités importantes – on sait par exemple que les maladies intestinales provoquent des retards dans le développement intellectuel des enfants qui les subissent – et entrainent également d’importantes dépenses de santé. En ce sens, le coût de l’absence d’assainissement s’avère extrêmement lourd pour la société.

    17Les données les plus récentes indiquent, pour Recife, un taux de couverture en eau de 83,27 % en de 38,69 % pour les égouts (ce qui signifie que moins de 40 % des eaux usées sont collectées). À titre de comparaison, la voisine Jaboatão affiche des données de 73,19 % et 7,19 % respectivement (Instituto Trata Brasil, 2016, d’après données du SNIS8). Ces données sont différentes de celles du recensement de l’IBGE (2010) qui indiquent que 59,8 % des recifenses disposent d’un assainissement adéquat et 39,9 % d’un assainissement semi-adéquat. Cela renvoie au fait que des toilettes existent au sein du domicile, indépendamment de la sortie et du traitement des eaux usées.

    18Ces données, en outre, ne préjugent pas de l’effectivité du service. Les canalisations peuvent exister sans que l’eau n’y circule. C’est ainsi le cas pendant de nombreuses journées lors du rationnement instauré par la COMPESA. Les données infra proviennent de la COMPESA (citées in Ferreira et al. 2015) et rendent compte de la difficulté de l’approvisionnement des zones spéciales d’intérêt social9 (euphémisme pour les zones pauvres). Non seulement ces zones connaissent, comme l’ensemble de la ville en 2006, un système de « tournante » mais s’y ajoute un autre fractionnement de l’approvisionnement qui réduit encore davantage l’effectivité du service.

    Tableau 1. Cycles d’approvisionnement en eau au Recife (2006).

    Localisation des zones d’approvisionnement

    Cycle d’approvisionnement

    Variation du cycle d’approvisionnement par secteur
    (heures avec de l’eau vs heures sans eau)

    Fractionnement du cycle

    Zones normales d’approvisionnement

    Zones plaines en dessous de la côte 20

    48 heures

    20 X 28

    Zones spéciales d’approvisionnement

    Mornes de la zone nord

    75 heures

    14 X 58

    28 X 44

    48 heures

    24 X 24

    24 heures

    9 X 15

    15 X 9

    96 heures

    24 X 72

    Mornes de la zone sud

    144 heures

    72 X 72

    72 heures

    21 X 51
    23 X 49
    17 X 55
    22 X 50
    19 X 53
    13 X 59
    14 X 58
    6 X 66
    7 X 65
    52 X 20

    12 zones
    4 heures pour chaque zone

    Plaine

    48 heures

    20 X 28

    4 X 44
    3 X 45

    Source : COMPESA, 2006 in Ferreira et al., 2015 (traduction des auteurs).

    2.2. Une compagnie publique au centre des difficultés : la COMPESA

    19Au cœur du fonctionnement des réseaux d’eau et d’assainissement se trouve la COMPESA. L’histoire de l’approvisionnement en eau de Recife est ancienne et c’est en 1837 que se crée la première compagnie privée, Companhia do Beberibe, qui met en place un approvisionnement à deux facettes. D’un côté, le réseau dessert les maisons des populations les plus aisées. De l’autre, un système de fontaines implantées dans différents quartiers permet de vendre directement de l’eau dans des seaux (Ferreira et al., 2015). Cette compagnie qui persistera jusqu’en 1912 ne réussit cependant pas à satisfaire les demandes et l’État créera pendant les décennies suivantes différents organes pour prendre en charge le problème de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement. Après la rédaction en 1968 du premier plan pour l’assainissement de la région métropolitaine, avec la collaboration des services de l’État, de l’Université Fédérale du Pernambuco (UFPE) et de la Superintendance du Développement du Nordeste (SUDENE), le lancement en 1971 du Plan National d’Assainissement (PLANASA) par le gouvernement fédéral conduit à la création de la COMPESA, compagnie régionale qui doit réaliser les grands travaux d’adduction et d’assainissement. C’est dans les 15 ans qui suivent que la COMPESA met en place le complexe système de distribution d’eau dans la métropole. Sous le mandat du Gouverneur Miguel Arraes (1986-1990), 250 000 habitants des mornes et de la ville « informelle » qui n’avaient pas initialement été prévus, sont reliés à ce système. Cependant, cela ne s’accompagne pas d’une croissance des ressources en eau disponibles et la COMPESA s’avère incapable de garantir l’effectivité du service, d’autant plus que les fonds nationaux s’assèchent avec la fin du PLANASA en 1982 (Ferreira et al., 2015). Après les sécheresses très aigues des années 1990, les difficultés de la COMPESA s’aggravent et la multiplication des puits privés en est un symptôme.

    20L’assainissement restant le parent pauvre des politiques publiques dans les années 2000, la décision est prise en 2007 de réaliser les premières études devant déboucher sur la concession de l’assainissement à un consortium privé. Le Partenariat Public-Privé qui en a résulté est relativement inédit, puisqu’il concède l’assainissement à un opérateur privé (Foz, renommé Odebrecht Ambiental), en échange d’un investissement massif dans la remise en état et l’expansion du système d’assainissement de la RMR et de Goiana. Cependant la COMPESA garde la mainmise sur l’eau et sur l’ensemble de la facturation et de la relation avec les clients. Les travaux démarrent en 2013, après la publication du contrat de concession entre Odebrecht Ambiental et COMPESA le 15 février 2013. C’est dans ce contexte que nos travaux de recherche démarrent, avec une concession accordée pour 35 ans à l’opérateur privé qui s’engage à couvrir 81 % de la population du territoire en 13 ans10. Les coûts d’investissement sont de 3,5 Mds de Reais pour l’opérateur privé et de 1 Md pour les pouvoirs publics. Ce ne sont pas moins de 9 000 kilomètres de réseau qui devront être restaurés ou mis en place.

    Encadré 2 – Visite à la SANEAR. Retour sur une expérience symbole : l’assainissement intégré de MustardinhaVisite réalisée par Paul Cary, avril 2013..

    La difficulté à prendre contact aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Impossible de convenir d’un rendez-vous par le biais de la mairie de Recife pour rencontrer des membres de la SANEAR (Agence d’Assainissement de Recife), cette entreprise municipale d’assainissement, qui fait manifestement doublon avec le secrétariat à l’assainissement de la mairie. Il me faut activer des réseaux personnels pour obtenir un rendez-vous. Trahi par une météo capricieuse, j’arrive trempé au rendez-vous. Qu’à cela ne tienne, la secrétaire me propose de mettre ma chemise à sécher en attendant que mon interlocuteur arrive, ce qui prendra un certain temps. Dans les vastes bureaux de cette maison située dans le quartier de Graças, je ne croiserai que trois employé(e)s. La poussière s’est accumulée sur des revues et surtout sur des maquettes réalisées il y a plus de 10 ans pour le quartier de Mustardinha. L’entretien est quelque peu démoralisant. La SANEAR aurait dû être l’agence de la transformation des modes d’action municipaux. Elle avait vocation, lorsqu’elle fut créée, à se substituer au secrétariat municipal à l’assainissement. En effet, son statut d’agence devait lui donner davantage de flexibilité pour moduler les salaires, passer des accords ou avoir accès à des financements variés. L’idée de ses créateurs était avant tout de faciliter l’action municipale dans un domaine complexe puisque lié à des financements croisés. En fait, elle est devenue un doublon du secrétariat municipal à l’assainissement, lequel n’a finalement pas été supprimé.

    À quoi renvoie l’expérience tant commentée de l’assainissement intégré des quartiers de Mangueira et Mustardinha ? Elle nous ramène au premier mandat de João Paulo (2001-2004). Le choix de ces deux favelas fut fortement lié à un héritage historique tragique, celui de l’importance des cas de filariose dans la zone. Les mobilisations sociales locales pesèrent fortement dans leur choix comme zones prioritaires. Les équipes du secrétaire municipal à l’assainissement de l’époque, Antônio Miranda, décidèrent d’en faire les lieux d’un nouveau paradigme d’intervention, celui de l’assainissement intégré qui renvoie, pour résumer, à deux idées fortes. D’un côté, il n’est pas souhaitable de mettre en place l’assainissement sans urbanisation complète des lieux, sans prise en compte intégrée des questions liées à celle-ci, notamment la collecte des déchets. De l’autre, la mise en place de l’assainissement doit s’appuyer sur la participation communautaire puisque les solutions techniques retenues – ce qu’on appelle l’esgoto condominial (égout collectif) – requièrent un travail d’entretien nécessairement collectif. Antônio Miranda parvint à l’époque à convaincre le maire João Paulo d’investir massivement dans ces deux zones et surtout considéra que la mairie devait jouer le premier rôle dans la mise en place de ces politiques, reléguant ainsi la COMPESA à son statut d’opérateur, ce qui ne manqua pas de provoquer des tensions. Lors d’un entretien, Antônio Miranda évoque les réunions houleuses de l’époque :

    La COMPESA, à l’époque, alléguait qu’elle ne disposait pas des équipements nécessaires pour faire l’entretien. Nous avons acheté les équipements, nous avons acheté les équipements pour désobstruer les égouts, pour tout. Nous avons pris sous contrat du personnel pour le faire et alors, au moment crucial de mettre en place les termes de l’accord, une figure importante de l’équipe de gestion de la COMPESA nous dit : « Mais donc cela, si je comprends bien, va nous créer de gros problèmes. Un de ses collègues de la COMPESA dit alors : mais quel problème cela peut créer ? Et il a répondu : tu imagines si tout le monde se met à réclamer le même niveau de service ? Nous sommes foutus ! Si on accepte de faire un niveau de service comme celui-ci pour Mangueira et Mustardinha, tout le monde va vouloir être traité de la même façon, et nous sommes perdus, comment pourrons-nous faire cela ? »

    Les hautes ambitions d’Antônio Miranda se heurteront à ces fortes réticences de la COMPESA mais également aux choix politiques de João Paulo qui, une fois réélu, ne le maintiendra pas en poste malgré le succès emblématique de l’expérience qui avait été menée. Se condensent dans cet inachèvement un certain nombre des maux qui ont historiquement gêné l’expansion des réseaux d’assainissement au Brésil et sur lesquels ce livre reviendra : leur coût élevé, bien entendu, qui fait que, pour un maire, il peut être tentant d’investir dans d’autres chantiers, surtout en période de disette budgétaire ; la difficulté d’intervenir dans les zones d’urbanisation informelle, notamment parce que les solutions techniques peuvent dans un second temps renforcer les conflits de voisinage si l’entretien n’est pas bien réalisé ; les rivalités entre services et la fragmentation institutionnelle du secteur de l’assainissement ; mentionnons enfin les stratégies politiques de nomination de membres de certains partis pour obtenir une majorité (municipale ou régionale) et l’ensemble de la corruption et des financements occultes liés aux travaux publics, que l’opération Lava Jato ne cesse de révéler, notamment au Pernambuco.

    a. Visite réalisée par Paul Cary, avril 2013.

    21En conclusion, Recife apparaît comme une métropole du Sud de taille moyenne, avec nombre de caractéristiques qu’on retrouve en Amérique du Sud : contrastes socio-spatiaux, opposition de la ville-centre et de ses périphéries, politiques de métropolisation incomplètes, forte pauvreté urbaine malgré des politiques destinées aux plus pauvres. Métropole régionale et non globale, Recife abrite pourtant un PPP majeur pour son réseau d’assainissement, signe du décalage entre la forte croissance économique des années 2000 et les problèmes sanitaires liés à l’eau et l’assainissement qui demeurent prégnants.

    22Les chapitres suivants souligneront que ces problèmes sont alimentés par une vulnérabilité environnementale aigüe, liée entre autres, aux changements climatiques et à la géologie particulièrement complexe de la ville.

    Notes de bas de page

    1 Le taux de change, début 2018, était d’environ 4 Reais pour 1 euro. La monnaie brésilienne a particulièrement baissé ces dernières années.

    2 Cinq catégories ethno-raciales sont retenues par le recensement brésilien : branco (blanc), preto (noir), pardo (métis), amarelo (jaune/asiatique) e indígena (indien). Ces catégories ont varié depuis la fin du XIXe siècle, en fonction notamment des orientations politiques des gouvernements, et du mot d’ordre du blanchiment de la population fin XIXe et début XXe.

    3 Celle-ci regroupe les 14 municipes, suivants, par ordre d’importance démographique : Recife, Jaboatão dos Guararapes, Olinda, Paulista, Igarassu, Abreu e Lima, Camaragibe, Cabo de Santo Agostinho, São Lourenço da Mata, Araçoiaba, Ilha de Itamaracá, Ipojuca, Moreno, Itapissuma.

    4 Bourse Famille.

    5 Il s’agit pour les aires aisées de la construction d’immeubles dépassant allégrement la quinzaine d’étages. Dans les aires populaires, il s’agit souvent de l’augmentation d’un ou deux étages du rez-de-chaussée de la construction initiale et de la réduction des espaces libres (par exemple avec la construction d’une autre maison là où se trouvait le jardin).

    6 Des 94 quartiers de la ville, seuls 2 n’abritent pas de favelas dans leur périmètre.

    7 Le lecteur non-averti en matière de métropolisation pourra se référer à Halbert (2011) ou à Le Galès (2011).

    8 SNIS : Système national d’information sur l’assainissement du Brésil.

    9 D’autres zones spéciales existent notamment pour la protection du patrimoine.

    10 Ces 81 % correspondent à ce qu’on appelle universalisation, alors même que celle-ci est définie par l’OMS à partir de 90 %. La clé de compréhension réside dans le fait que la COMPESA estime qu’elle n’arrivera qu’à 90 % de l’approvisionnement en eau, FOZ s’engage à traiter 90 % de ces 90 %, d’où ce chiffre de 81 %.

    Auteurs

    • Paul Cary
    • Ana Maria Melo
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    2016

    Filles et garçons des cités aujourd’hui

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    2017

    Nos vies, nos objets

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    Enquêtes sur la vie quotidienne

    Valérie Sacriste (dir.)

    2018

    Affronter le manque d’eau dans une métropole

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    Le cas de Recife – Brésil

    Paul Cary, Armelle Giglio et Ana Maria Melo (dir.)

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    Introduction de la première partie. La catastrophe pour réactiver l’utopie ?

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    Introduction. L’effondrement, last call pour les sociologues ?

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    Reconfigurations à l’œuvre dans les espaces publics métropolitains au Brésil

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    Dynamiques de l’économie solidaire à Lille et Belo Horizonte

    Paul Cary, Sibelle Diniz et Roberto Luís de Melo Monte-Mór

    Conclusion. Les défis de la mise en place d’une gestion vertueuse d’une ressource commune

    Paul Cary

    Chapitre 11. La gouvernance de l’eau à Recife. Des transformations sans révolution

    Paul Cary et Ana Maria Melo

    Les effets des malls sur la ségrégation socio-spatiale

    Paul Cary

    Introduction

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    2 Cinq catégories ethno-raciales sont retenues par le recensement brésilien : branco (blanc), preto (noir), pardo (métis), amarelo (jaune/asiatique) e indígena (indien). Ces catégories ont varié depuis la fin du XIXe siècle, en fonction notamment des orientations politiques des gouvernements, et du mot d’ordre du blanchiment de la population fin XIXe et début XXe.

    3 Celle-ci regroupe les 14 municipes, suivants, par ordre d’importance démographique : Recife, Jaboatão dos Guararapes, Olinda, Paulista, Igarassu, Abreu e Lima, Camaragibe, Cabo de Santo Agostinho, São Lourenço da Mata, Araçoiaba, Ilha de Itamaracá, Ipojuca, Moreno, Itapissuma.

    4 Bourse Famille.

    5 Il s’agit pour les aires aisées de la construction d’immeubles dépassant allégrement la quinzaine d’étages. Dans les aires populaires, il s’agit souvent de l’augmentation d’un ou deux étages du rez-de-chaussée de la construction initiale et de la réduction des espaces libres (par exemple avec la construction d’une autre maison là où se trouvait le jardin).

    6 Des 94 quartiers de la ville, seuls 2 n’abritent pas de favelas dans leur périmètre.

    7 Le lecteur non-averti en matière de métropolisation pourra se référer à Halbert (2011) ou à Le Galès (2011).

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    10 Ces 81 % correspondent à ce qu’on appelle universalisation, alors même que celle-ci est définie par l’OMS à partir de 90 %. La clé de compréhension réside dans le fait que la COMPESA estime qu’elle n’arrivera qu’à 90 % de l’approvisionnement en eau, FOZ s’engage à traiter 90 % de ces 90 %, d’où ce chiffre de 81 %.

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    Cary, P., & Melo, A. M. (2018). Chapitre 1. Recife, métropole régionale aux contrastes socio-spatiaux importants. In P. Cary, A. Giglio, & A. M. Melo (éds.), Affronter le manque d’eau dans une métropole. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21361
    Cary, Paul, et Ana Maria Melo. « Chapitre 1. Recife, métropole régionale aux contrastes socio-spatiaux importants ». In Affronter le manque d’eau dans une métropole, édité par Paul Cary, Armelle Giglio, et Ana Maria Melo. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2018. doi:10.4000/books.septentrion.21361.
    Cary, Paul, et Ana Maria Melo. « Chapitre 1. Recife, métropole régionale aux contrastes socio-spatiaux importants ». Affronter le manque d’eau dans une métropole, édité par Paul Cary et al., Presses universitaires du Septentrion, 2018, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21361.

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    Cary, P., Giglio, A., & Melo, A. M. (éds.). (2018). Affronter le manque d’eau dans une métropole. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21344
    Cary, Paul, Armelle Giglio, et Ana Maria Melo, éd. Affronter le manque d’eau dans une métropole. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2018. doi:10.4000/books.septentrion.21344.
    Cary, Paul, et al., éditeurs. Affronter le manque d’eau dans une métropole. Presses universitaires du Septentrion, 2018, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21344.
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