• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16477 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16477 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • Espaces Politiques
  • ›
  • (In)disciplines partisanes
  • ›
  • Partie IV. Éprouver l’ordre partisan : c...
  • ›
  • Contenir sans tenir. Disciplines et indi...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Les ressorts de l’(in)discipline dans une organisation hégémonique La redéfinition du régime disciplinaire en conjoncture de crise Notes de bas de page Auteur

    (In)disciplines partisanes

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Contenir sans tenir. Disciplines et indisciplines dans un parti hégémonique. Le cas du Congrès populaire général au Yémen (2008-2011)

    Marine Poirier

    p. 225-242

    Texte intégral Les ressorts de l’(in)discipline dans une organisation hégémonique La discipline lâche du parti du pouvoir Les conditions sociales de la mise en indiscipline La redéfinition du régime disciplinaire en conjoncture de crise Le repli autoritaire du régime, accélérateur de l’indiscipline partisane Démissionner du parti, l’indiscipline ultime face au régime Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans une configuration politique autoritaire, marquée par la limitation des possibilités d’alternance et la reproduction des dissymétries de pouvoir1, le Congrès populaire général (CPG) est souvent réduit à son prétendu unanimisme et envisagé à travers le seul prisme de l’allégeance au président Ali Abdallah Saleh2. Au pouvoir depuis sa création en 1982, le parti constituait, jusqu’en 2012, moins un appareil de gouvernement – qui exercerait une influence sur les processus de prise de décision politique – qu’un instrument de mobilisation des soutiens au président, et par extension au régime3. Si le CPG jouissait d’un accès privilégié aux ressources de l’État et jouait un rôle central dans leur redistribution, il n’exerçait pas de pouvoir politique indépendant4. Ses détracteurs, tout comme nombre de ses sympathisants et adhérents, s’y référaient d’ailleurs comme le parti « du président » ou « du pouvoir » plutôt qu’« au pouvoir ». Dès lors, la question de la discipline et de l’indiscipline partisanes se posait en des termes singuliers : du fait de la confusion entretenue entre le parti et le régime, et du fait de sa position hégémonique sur la scène politique, la conformation aux directives dictées par les instances dirigeantes du parti, et plus particulièrement l’allégeance à son président, Saleh, dépassaient le cadre de la seule discipline partisane pour s’inscrire dans des rapports de domination propres au régime autoritaire5.

    2La transformation brutale de la scène politique yéménite en 2011 invite pourtant à examiner plus précisément les mécanismes et les modes de fabrication et de contestation de la discipline au sein du parti. La révolte populaire, qui a alors fédéré conjoncturellement l’ensemble des oppositions existantes, est venue bousculer les structures du régime, entraînant une crise exceptionnelle dans le parti au pouvoir6. En effet, alors que les forces de sécurité s’engageaient de plus en plus clairement dans l’option répressive, de nombreux membres et élus du CPG protestèrent contre les violences orchestrées par le régime, gelant leur adhésion au parti, démissionnant voire rejoignant publiquement les rangs des manifestants. Simultanément, la plupart des leaders et représentants du parti se lancèrent dans l’organisation, essentiellement dans la capitale Sanaa, de mobilisations massives de soutien au président, mais aussi du quadrillage sécuritaire de la ville et de la répression des opposants. La conjoncture critique révèle alors en creux des processus de définition, d’imposition, d’accommodement et de subversion des règles du jeu partisan, et plus généralement, du jeu politique institué qui prévalaient auparavant. Elle appelle également à repenser les positionnements des acteurs et à comprendre les stratégies de discipline et d’indiscipline de façon relationnelle, en les liant aux transformations du contexte, aux opportunités conjoncturelles et aux propriétés sociales des individus.

    3L’objet de cet article est d’interroger les modes d’imposition et de contestation de la discipline au sein d’une organisation hégémonique7, dans une situation où cette position dominante est contestée : d’abord avec l’affirmation d’une opposition unifiée8 et la multiplication des conflits régionaux9 (2008-2011), puis, à partir de 2011, interrogée selon de nouvelles modalités dans le cadre du soulèvement révolutionnaire. L’étude des indisciplines au cours de cette période10, caractérisée par d’importantes fractures et transformations, rappelle que loin de constituer un amalgame homogène des soutiens au président au sein duquel la discipline irait de soi, le CPG est travaillé par de profonds clivages (politiques, économiques, sociaux, générationnels, régionaux, etc.) ainsi que des logiques d’action variées. De fait, si la structure lâche du CPG (frontières poreuses, modes d’appartenance au parti souples), l’extrême hétérogénéité de ses membres et de ses structures locales, et l’importante élasticité de sa ligne politique rendent nécessaire l’imposition de schèmes de domination et de relations de pouvoir, elles favorisent conjointement l’organisation d’indisciplines ou de contournements individuels et collectifs des règles. Dans une première partie, on s’intéressera aux ressorts de l’(in)discipline dans une organisation hégémonique, en analysant les liens souples de l’appartenance au parti et la variabilité du régime disciplinaire. On étudiera ensuite la redéfinition des comportements déviants et la transformation des processus de disciplinarisation à la lumière de la crise de 2011.

    Les ressorts de l’(in)discipline dans une organisation hégémonique

    4Dans une organisation hétéroclite à l’idéologie inclusive comme le CPG, conçue comme un relais de l’appareil d’État, la discipline partisane fait l’objet de définitions concurrentes et se confond souvent à l’obéissance politique au régime autoritaire. Il est pourtant possible d’identifier un certain nombre de contraintes qui s’exercent sur les membres du CPG et qui découlent de la structuration historique du parti. Si les comportements déviants semblent généralement tolérés par l’institution, le contrôle et la condamnation sociale opérés par les pairs conduisent pourtant à une mise en indiscipline de certains actes.

    La discipline lâche du parti du pouvoir

    5Le CPG est fondé sur l’accommodation historique d’acteurs politiques divers. L’organisation, conçue par Saleh en 1982, devait permettre de parachever la réconciliation républicaine11 et surtout d’encadrer et de contrôler l’activité de mouvements opérant alors dans la clandestinité (Frères musulmans, nassériens et socialistes notamment) ainsi que de groupes de solidarité « traditionnelle » (tribaux, confessionnels) au Nord. Les membres du CPG insistent toujours sur cette vocation historique de l’organisation à rassembler l’ensemble des acteurs politiques au nom d’une solidarité qui dépasserait les clivages partisans12. Ce « discours d’institution », qui permet de minimiser la conflictualité et l’hétérogénéité sociale et politique pourtant constitutives du parti, fonctionne comme un dispositif de monopolisation de la parole politique légitime. En effet, c’est au nom de son histoire « intégratrice » que le CPG a progressivement naturalisé son hégémonie politique, la reportant systématiquement à une légitimité fondatrice, celle de la construction de l’État moderne et de la réalisation de l’unité yéménite13. C’est aussi à la faveur de ce discours unanimiste que le parti a réussi à accommoder un ensemble de partisans hétéroclites, voire antagoniques (islamistes, nationalistes arabes, trotskistes, commerçants « libéraux », dignitaires tribaux ou encore religieux).

    6Reposant sur un système de promotion privilégiant les dispositions sociales (milieu d’origine, famille, région, tribu, etc.) et les relations interpersonnelles aux compétences acquises et à l’activisme, le CPG se situe aussi au cœur du système politique clientéliste14. Pour nombre de Yéménites, le parti représente jusqu’en 2011 un refuge et une sécurité, et constitue un moyen d’investir un large réseau de solidarités. De fait, les sections locales du parti se font le relais des services publics, tels que l’approvisionnement en eau et en électricité, la construction d’écoles ou d’infrastructures routières. Si l’accès à ces services n’est officiellement pas conditionné à l’affiliation au parti, ses électeurs et militants sont pourtant privilégiés dans les faits, ce qui favorise la formation de relations de patronage. Inversement, les dispositifs d’encadrement de l’action publique fonctionnent comme des instruments de mobilisation particulièrement efficaces15. Ce système s’apparente à un régime d’obligations16 qui génère des dépendances, comme le soulignent de nombreux militants qui considèrent leur engagement au sein du CPG comme un moyen efficace de bénéficier de ressources multiples et de satisfaire leurs aspirations personnelles, voire comme l’unique façon d’assurer leur réussite professionnelle. L’intégration au sein des réseaux de sociabilité du parti au pouvoir facilite l’embauche et conditionne généralement l’avancement dans une carrière (mobilité, formation et surtout promotion)17, comme le rappelle un membre du comité permanent du parti à Sanaa : « Quand on me propose un CV, j’opère mon choix en privilégiant quelqu’un du parti. Ce n’est pas une directive du parti, je le fais »18. L’engagement et la mobilisation en faveur du CPG se fondent ainsi en très grande partie sur un « accord tacite d’intérêts mutuels »19.

    7Du fait du fonctionnement clientéliste du parti, mais aussi du caractère unanimiste de son projet politique et de la forte hétérogénéité de ses partisans, les enjeux disciplinaires au sein du CPG semblent moins se situer au niveau de la conformation à un dogme ou à un code comportemental spécifique, qu’au niveau de l’entretien des privilèges qui découlent de cette affiliation. Le contrôle disciplinaire se résume souvent à des relations de pouvoir et des dépendances matérielles qui ne produisent pas exclusivement une adhésion idéologique. Les ressorts de la discipline s’inscrivent donc principalement dans des rapports de dépendance clientélaire au parti, et plus largement au régime. Le CPG n’étant qu’un des multiples opérateurs du régime, ces mécanismes de contrôle et de domination dépassent le cadre restreint de l’activité partisane et s’exercent à l’encontre de l’ensemble des citoyens yéménites. Ils participent d’un dispositif disciplinaire propre au régime autoritaire qui opère aussi par le biais de l’autocontrainte. Pour autant, il est possible d’observer des incitations disciplinaires propres aux membres du parti, liées tant aux positions de ces derniers au sein de l’organisation qu’à leurs ressources propres, comme évoqué par la suite. Parallèlement, les discours critiques des membres du CPG semblent faire partie du fonctionnement routinier du parti et n’entraîner que rarement une sanction publique par les instances dirigeantes. L’indiscipline fait l’objet de tentatives d’accommodement et de mises en scène d’un pluralisme interne. Ces prises de position sont cependant désapprouvées et condamnées par les pairs et la hiérarchie partisane, dans la mesure où elles contrarient la façade unitaire du parti.

    8Le caractère fortement évolutif de la ligne politique du CPG, qui reste tributaire du positionnement du président Saleh mais aussi d’une conjoncture nationale et internationale mouvante (contraintes liées à l’agenda sécuritaire de la lutte antiterroriste notamment), favorise ces positionnements hétérodoxes. Il en est ainsi du contexte électoral : malgré le lancement de la campagne par le parti en 2009 et en 2011, les élections parlementaires sont reportées à deux reprises suite à une annonce unilatérale du président, dans un contexte de fortes pressions internationales, et malgré les dépenses engagées par les candidats (certains ont même déjà quitté leurs fonctions publiques pour s’engager dans la campagne). Ces retournements politiques et l’inconstance des orientations prises par le leadership limitent la cohésion au sein du parti et favorisent les indisciplines, ou, à minima, les prises de parole contradictoires et les protestations internes.

    9Si le président représente un symbole que l’on n’attaque pas, en revanche, aucune ligne rouge n’interdit en principe aux membres du CPG de critiquer le gouvernement, le Premier ministre, les élus locaux, ou plus généralement la corruption du système politique. Le Parlement en est l’une des illustrations les plus évidentes. En effet, si au sein du bloc parlementaire du CPG, la décision est fortement centralisée et prescrite de façon hiérarchique, le Parlement constitue un lieu privilégié de l’expression critique. Les recommandations centrales sont régulièrement transgressées par les députés du parti au pouvoir. Le jeune parlementaire Abdu Bishr, réputé pour ses prises de position critiques dans l’hémicycle, explique ainsi : « J’ai placé cinq questions aux ministres et proposé plus d’une centaine d’amendements. […] Ça fait bien longtemps que je ne vote plus et que je n’ai pas d’engagement vis-à-vis de l’organisation ! »20. Les auteurs de ces prises de position dissidentes, et notamment les jeunes députés libéraux, ont traditionnellement été mis en avant par la direction du parti comme façade pluraliste. Le président du bloc parlementaire du parti au pouvoir, Sultan al-Barakani, bien au courant des comportements peu disciplinés des élus de son camp, explique ainsi : « Nous, on a plus d’opposition dans nos rangs que du côté des opposants ! »21

    10Cette « opposition interne » permet à la fois de défendre le « pluralisme » et « l’esprit démocratique » du parti, qui respecte « l’avis et son contraire », et de dénoncer l’inactivité des opposants, largement minoritaires au Parlement (jusqu’en février 2011, le CPG disposait de 229 sièges sur 301). Les députés indisciplinés, dont les critiques acerbes de la corruption ou de la politique arbitraire du gouvernement sont rediffusées chaque après-midi sur la télévision officielle, sont qualifiés dans les journaux proches du CPG d’élus « actifs », « honnêtes » et « intègres ». La tolérance relative vis-à-vis des oppositions à la ligne officielle dictée par les instances dirigeantes permet d’accommoder des groupes très hétérogènes de militants. En ce sens, si le parti a vocation à contenir toutes les expressions politiques, il ne cherche pas forcément à les « tenir ». Leur mise en indiscipline systématique fragiliserait l’organisation, alors même que l’entretien de clivages au sein du parti participe de sa longévité au pouvoir et de la stabilité du régime.

    Les conditions sociales de la mise en indiscipline

    11Les règles de l’action partisane ne sont pas figées et ne s’imposent pas de façon homogène et définitive aux membres du CPG. Ces derniers participent au quotidien à la fabrication et à la redéfinition des règles du jeu partisan, des règles fluides et dynamiques. Les indisciplines, qu’elles soient individuelles ou collectives, font également l’objet d’une politique de normalisation menée par les instances dirigeantes du parti. À cet égard, le degré autorisé de critique varie en fonction de contextes fortement évolutifs, et surtout en fonction des ressources et des propriétés sociales des acteurs.

    12Les individus qui portent un discours critique au sein de l’institution ne constituent pas un groupe homogène d’acteurs. Leurs stratégies de contournement ou de contestation frontale des directives imposées par la direction centrale varient en fonction de leurs ressources électives mais aussi de leurs propriétés sociales. En effet, la plupart des militants rencontrés entretenant des ressentiments envers leur direction locale ou étant en conflit avec certains groupes concurrents au sein du parti ne disposent pas des capitaux nécessaires à l’adoption d’une posture pouvant potentiellement faire l’objet de mesures disciplinaires. Dépendant fortement des ressources matérielles et symboliques autorisées par l’adhésion au parti et n’ayant pas les soutiens sociaux (liés aux réseaux familiaux ou aux appartenances tribales, notamment dans le nord), leurs protestations se limitent à l’entre-soi et leurs résistances au contournement silencieux ou à la résignation. La responsable du département des femmes du CPG à Taez, en conflit avec les dirigeants locaux du parti, explique le risque de l’indiscipline en évoquant les conséquences possibles d’une opposition frontale. Pour cette militante, déjà fortement marginalisée au sein de la section locale du parti, la confrontation directe serait synonyme d’auto-exclusion. Or, elle ne peut envisager cette perspective pour le moment, du fait des coûts potentiellement entraînés par une mise en indiscipline : « Je ne peux pas quitter le parti maintenant. Je perdrais plus en partant qu’en restant, même si ma situation n’est pas satisfaisante »22. Ici, la perception de l’acte d’indiscipline se confond avec la sanction pressentie, l’exit (exclusion volontaire ou subie), et l’on peut penser que le choix du maintien d’une discipline vis-à-vis du parti s’opère par défaut.

    13Pour les acteurs mieux dotés en capital social mais aussi politique, comme les députés, les membres de la Chambre haute ou les cadres du parti, l’indiscipline, comprise comme la prise de parole critique et la contestation des orientations centrales, semble participer d’une stratégie politique de distinction et d’une lutte de positionnement au sein de l’institution. Ainsi, nombre de cadres ou de députés qui se définissent comme « réformistes » ou libéraux et partagent des représentations similaires de leur engagement au sein du parti adoptent conjoncturellement le rôle d’indiscipliné, dans des situations, comme lors de congrès internes ou de débats publics, où ils sont susceptibles d’accéder à certaines rétributions matérielles et symboliques. L’enjeu est alors de se construire une figure d’intégrité, mais aussi de négocier sa place au sein de l’organisation (avancement de carrière ou accès privilégié à ses ressources). Mohammed Qubati, directeur du secteur des relations internationales, déclare : « J’ai le sentiment que de l’intérieur je peux davantage influencer. […] Au CPG on sent qu’on peut agir avec une certaine liberté et sans participer à la corruption. […] J’ai présenté ma démission plusieurs fois. Le président l’a toujours refusée. Alors je suis toujours là, mais j’impose mes conditions à chaque fois ! »23 L’indiscipline est alors conditionnée à une certaine indépendance, ou à une moindre dépendance au parti, à ses réseaux de patronage, aux connexions sociales et aux avantages matériels qui en découlent.

    14Bien plus, le refus de certains cadres ou élus de se conformer au rôle prescrit par la direction du CPG souligne le fait que l’affiliation partisane ne prévaut pas sur d’autres types d’appartenances (tribales et sectaires notamment) qui offrent de nombreuses ressources de mobilisation et constituent des réseaux de patronage concurrents. Il en est ainsi de groupes plus conservateurs au sein du parti, qui se revendiquent interprètes et défenseurs des « coutumes et des traditions » locales. Lors de la discussion au Parlement d’une loi visant à rétablir un âge minimum du mariage, une partie des élus CPG organise des manifestations devant l’enceinte du Parlement et s’associe aux députés de l’opposition islamiste al-Islah pour fonder un comité de défense de la charia. La résistance de ce groupe mené par des figures tribales et religieuses aux directives centrales du parti, qui défend le projet de loi, produit un malaise au sein des instances dirigeantes, qui tentent d’euphémiser les dissidences internes en stigmatisant les partisans de l’opposition islamiste24. La tolérance relative de la direction vis-à-vis de ces contre-mobilisations permet pourtant dans les faits de contrebalancer les voix dissidentes. En effet, on peut penser que le maintien de ces clivages permet de neutraliser les comportements déviants, les oppositions portées par les groupes qualifiés de libéraux ou de conservateurs s’annulant entre elles et permettant de maintenir l’hégémonie du groupe dominant proche du président. Plus généralement, l’accommodement de l’institution partisane à l’égard des indisciplines constitue une manière de canaliser les oppositions et de les contenir, c’est-à-dire à la fois de les englober et de les réduire.

    15Si les transactions officieuses et les tentatives d’euphémisation des indisciplines sont privilégiées par la direction centrale du parti, des mécanismes de dénonciation des comportements déviants et des processus de marginalisation de leurs auteurs existent pourtant. Ces dispositifs disciplinaires sont définis par le Comité de contrôle réglementaire et financier, qui existe aux échelons locaux et central du CPG25. Parmi la gamme « officielle » de sanctions, on peut relever des cas de gel d’appartenance au parti, de retrait de l’adhésion au parti ou de retrait de soutien lors d’élections. Le rappel à l’ordre se manifeste principalement lors des épisodes électoraux, lorsque l’investiture est contestée. Si d’autres membres du CPG maintiennent leur candidature en dépit de l’annonce du candidat officiel, ces derniers sont exclus de facto du parti, et ne bénéficient officiellement d’aucune aide financière ou technique dans l’organisation de leur campagne. Mais l’exclusion formelle par le comité central de contrôle est souvent temporaire… En 2003, plusieurs membres du CPG sont exclus du parti pour s’être maintenus face au candidat investi par la direction centrale. Ceux qui ont remporté les élections ont été réintégrés dès l’épisode électoral passé !26

    16À défaut d’exclusion, l’indiscipline entraîne plus communément une mise à l’écart ou une marginalisation politique, économique ou sociale. C’est le cas des nominations à l’étranger (dans les ambassades), de l’exclusion des cercles de décision et des réseaux de patronage ou du retrait du soutien du parti lors d’élections locales. Les campagnes de délation, de stigmatisation et les attaques dans les médias, mais aussi les menaces voire les violences physiques sont également courantes. Face à la pluralité des situations et des comportements déviants, mais aussi aux propriétés sociales des acteurs, la nature et l’échelle des procédures disciplinaires varient.

    La redéfinition du régime disciplinaire en conjoncture de crise

    17Alors que l’action des dirigeants au sein du CPG semblait principalement s’organiser autour d’une politique de cooptation et d’accommodement des mécontentements internes, la conjoncture critique caractérisant l’épisode révolutionnaire semble bousculer les pratiques et transformer les enjeux, les formes et la nature de la discipline ou de l’indiscipline partisane. En effet, de nombreux membres du CPG sont amenés à poursuivre diverses trajectoires de soutien au régime ou d’indiscipline, négociant et redéfinissant au fil des événements les règles et les frontières de leur action au sein du parti. L’éclatement des partisans du CPG, et plus généralement l’effritement des soutiens au régime du président Saleh, donne alors à voir la fluidité des loyautés partisanes.

    Le repli autoritaire du régime, accélérateur de l’indiscipline partisane

    18Depuis 2010, la radicalisation de la ligne politique officielle et le durcissement des dispositifs d’intimidation et de criminalisation des oppositions provoquent d’importantes tensions au sein du CPG. Dans la presse officielle et au cours des séances de qat (un léger narcotique dont les feuilles sont mâchées pendant l’après-midi) rassemblant les sympathisants du régime, la coalition de l’opposition (le Forum commun) est accusée d’œuvrer contre l’unité et de vouloir accéder au pouvoir par le recours à la violence et au terrorisme. Protestant contre le recul général des libertés, l’opposition, reconnue comme interlocuteur légitime du pouvoir depuis sa percée électorale en 2006, a progressivement adopté une stratégie de boycott lors des scrutins ultérieurs. En opposition à la posture majoritaire d’hostilité au Forum commun, certains membres du parti s’engagent dans la poursuite du dialogue en multipliant les appels au calme. La ligne de confrontation entre conservateurs « godillots »27 du président Saleh (ou « citadelle de la loyauté », pour reprendre une expression locale28) et un groupe réformiste plus libéral mais fortement éclaté se renforce et réduit la lisibilité de la ligne politique du CPG, entraînant dissensions et incompréhensions au niveau local29. La fracture s’aggrave avec l’annonce en décembre d’un projet d’amendement à la Constitution devant permettre le maintien de Saleh au pouvoir et préparer la succession de son fils Ahmed. Cette proposition suscite l’indignation de nombreux membres du parti, et notamment d’une partie de ses cadres qui sont exclus du cercle d’influence autour du président, au sein du parti comme au sein du régime. Alors que la direction du CPG lance la campagne en vue de l’élection parlementaire, boycottée par l’opposition, ces derniers doutent aussi publiquement de l’intérêt et de l’opportunité d’une élection sans concurrent. Mohammed Qubati et Mohammed Abu Luhum, respectivement directeur du secteur des relations internationales et membre du comité général du CPG30, lancent des initiatives « personnelles » pour un retour au dialogue et un ajournement du scrutin. Elles sont accueillies favorablement par l’opposition mais aussitôt condamnées par la direction du parti. La presse pro-CPG se fait le relais de ces désapprobations et accuse notamment Abu Luhum d’être un « caméléon opportuniste » qui « se cherche un rôle au sein du CPG »31. L’initiative de Qubati, traité de « girouette » par ses détracteurs, n’a qu’un écho marginal du fait de sa position dominée dans le champ social et partisan.

    19Après la chute de Ben Ali en Tunisie, le président annonce le report de l’élection et l’abandon du projet d’amendement. Pour autant, les prises de position dissidentes de certains dirigeants du parti se poursuivent en faveur de la conciliation. L’escalade de la violence provoquée par la répression des manifestants pacifiques favorise alors la multiplication des indisciplines. Ces dernières prennent notamment la forme de résistances multiples aux règles institutionnelles (discours subalternes, dérision, absentéisme, désengagement relatif, etc.). Dès février 2011, certains députés CPG quittent l’hémicycle et se retirent dans leur circonscription. C’est le cas de plusieurs députés originaires de Taez, réputés « réformistes » et intègres, comme Mohammed al-Himyari et Ali al-Maamari. De manière similaire, l’absence de certains cadres aux réunions ou aux manifestations partisanes se fait remarquer32. Les membres de la Chambre haute Mohammed Abu Luhum et Ahmed al-Asbahi, ou le cadre dirigeant au CPG Mohammed Qubati, rappellent « ne plus trouver leur place au sein de l’organisation » depuis longtemps et préférer fuir les réunions ou se faire discrets33.

    20Dans les deux cas, la retraite peut être considérée comme un acte d’indiscipline dans la mesure où elle donne à voir publiquement le non-respect des directives centrales, et entame par conséquent l’effort de mobilisation unitaire engagé par les instances dirigeantes. Le groupe dominant au sein du CPG tente en effet d’organiser des mobilisations de mise en scène d’une loyauté indéfectible au président Saleh. Avec la dissymétrie évidente des moyens dont ils disposent, les membres de ce groupe vont orchestrer, en association avec les dignitaires tribaux proches du régime et les administrations étatiques, des rassemblements de centaines de milliers de personnes, qui se limitent cependant à la capitale Sanaa. À Aden par exemple, où le régime peine déjà à maintenir son autorité face aux séparatistes sudistes, les responsables locaux du CPG ne réussissent pas à organiser de marche de soutien au président. Cela vaut à Abdelkarim Shaif son éviction de la direction de la branche locale du parti34. Dans un contexte de forte contestation du pouvoir central, l’incapacité des dirigeants locaux à mobiliser les militants est perçue comme un manquement grave à la discipline partisane.

    21Face à l’amplification du mouvement d’opposition au régime et à la répression des manifestants, les gels d’adhésion au parti ainsi que les menaces de démissions individuelles et collectives se multiplient. Ces actions font l’objet d’un processus de mise en indiscipline aussi bien par les pairs que par les membres du groupe dominant au sein du parti. En février, une trentaine de députés CPG menace de démissionner si le repli autoritaire et la répression se poursuivent et propose une reprise du dialogue. Le chef du bloc parlementaire du CPG, Sultan al-Barakani, invite les députés à déjeuner puis à mâcher le qat chez lui afin d’écouter leur requête et négocier leur maintien dans l’institution. Malgré ces tentatives de médiation et d’intimidation, les menaces sont mises à exécution. Les membres de la « citadelle de la loyauté »35 comme al-Barakani accusent alors les démissionnaires de traîtrise et d’opportunisme. Ils minimisent simultanément la portée de ces départs, en les requalifiant de « mouvement correcteur » ayant permis de « purifier les rangs du parti des impuretés »36. Comme en miroir, les cadres et élus qui développent des carrières déviantes endossent le rôle de réformistes et affirment leur dévouement aux intérêts de la nation et leur fidélité aux principes du parti. Mohammed Abu Luhum explique ainsi : « L’action partisane ça devrait être comment les gens coopèrent pour faire sortir le pays des crises : chaque personne qui a un avis ne doit donc pas forcément être “disciplinée” avec son parti »37. Pour ce dernier, « la ligne rouge c’est de travailler contre le CPG, c’est-à-dire refuser le dialogue, stigmatiser et criminaliser les opposants ». Ce sont autant d’« impératifs de conscience »38 qui permettent de justifier l’indiscipline. On voit bien ici que l’indiscipline est une étiquette mobilisée selon des modes concurrents par les acteurs, un label qui vise à stigmatiser certains comportements. À travers cette lutte de définition de l’indiscipline, se dessinent en filigrane les rapports de forces et les jeux de positionnement et de légitimation entre différents groupes d’acteurs à l’intérieur du parti.

    Démissionner du parti, l’indiscipline ultime face au régime

    22Un après-midi de début mars 2011, sur l’estrade centrale installée par les opposants sur la place du Changement à Sanaa, un membre du CPG annonce sa démission. Alors qu’il déchire sa carte du parti, la foule entonne « Bienvenue à vous, ô les libres du CPG ! », « Dégage Ali ! », « CPG corrompu ! ». Les manifestants acclament ces annonces de démissions qui se multiplient au cours du mois. Certains s’installent avec les protestataires. Le jeune parlementaire Abdelkarim al-Aslami se rend depuis sa démission plusieurs fois par jour au campement des révolutionnaires. Il fait des permanences dans la tente de l’organisation indépendante « Parlementaires contre la corruption » dont il est membre depuis 2005. Il explique que chaque jour de nouvelles personnes viennent le rencontrer, s’asseoir à sa table, lui poser des questions et débattre des possibles issues de la révolution. Député du peuple, il dit qu’il se doit d’être ici, au cœur de la place, disponible et à l’écoute. À l’entrée de la tente, de larges affiches colorées attirent l’attention des passants. Ce sont les portraits de tous les députés CPG qui ont quitté les rangs du parti au pouvoir et se sont joints à la « rue » (fin mars, plus d’une trentaine de députés CPG a fait défection). Si Abdelkarim a été le premier député CPG à démissionner en protestation contre la répression de la révolte populaire le 15 février 2011, nombreux sont les membres du CPG qui ont fait de même au cours des semaines suivantes.

    23La démission est initialement conçue comme une menace. Les démissionnaires interrogés expliquent qu’il s’agit d’interpeller le président face à la crise, mais la possibilité d’une réintégration au sein du parti reste envisagée. Pour les acteurs concernés, la défection semble en effet être conjoncturellement la seule manière de publiciser leur mécontentement et de tenter un rééquilibrage des rapports de forces au sein du parti. Les démissionnaires font alors l’objet de tentatives de négociation de la part des dirigeants proches de Saleh. L’effritement rapide des soutiens au président pousse cependant les démissionnaires à envisager leur sortie du parti comme une sortie définitive. Si la démission relève peut-être davantage de l’opposition au régime que de l’indiscipline partisane, elle peut cependant être considérée dans ce cas comme une forme extrême d’indiscipline puisqu’elle vient bouleverser l’économie générale de l’organisation. Elle participe en effet à rendre visibles les scissions internes au pouvoir et fragilise plus généralement le système d’allégeance au régime. La défection fait par conséquent l’objet d’un processus de mise en indiscipline par le groupe dominant au sein du parti au cours duquel l’exit est fortement dénoncé et stigmatisé.

    24Pour beaucoup, le choix de présenter sa démission se fera le 18 mars, « vendredi de la dignité », à la suite d’une attaque violente des milices pro-régime contre les manifestants. La posture critique passe alors sur le registre de l’indignation morale : démissionner, c’est d’abord réagir face aux morts. Les avertissements, menaces et sanctions des instances dirigeantes du parti qui suivent vont souvent participer à renforcer le sentiment d’avoir fait le bon choix et pousser au développement de ce positionnement critique. Marginalisés, criminalisés, menacés voire attaqués39, les démissionnaires vont alors mettre de côté toute possibilité de réintégrer le parti. Quelques jours plus tard, le 21 mars, le général Ali Mohsin, ancien proche collaborateur du président en charge de la première division blindée, déclare qu’il rejoint les rangs de la révolution. Cette annonce aggrave le sentiment d’incertitude quant au devenir du régime et pousse de nouveaux membres du CPG, notamment des cadres, ministres et membres de la Chambre haute, à démissionner. Ces événements disruptifs vont accélérer le mouvement de défection au sein du parti au pouvoir, de même que la structuration des réseaux de soutien au régime. Par le jeu des allégeances tribales, la défection de certaines personnalités va entraîner celle d’une grande partie des hommes de sa tribu. C’est le cas lorsque le chef de la confédération tribale Hashed, Sadeq al-Ahmar, déclare au nom de l’ensemble des membres de la tribu qu’il rallie la révolution. Par un effet boule de neige similaire, la défection de l’ancien ministre de la Culture et membre de la Chambre haute Abdelwahab al-Rawhani se traduit quelques jours plus tard par celle d’une centaine de membres de la section locale du parti dans sa région d’origine (Mahwit). La transformation rapide de la perception des opportunités mais aussi des risques à agir et à ne pas agir40 se trouve alors au centre de ce processus de redéfinition de l’action.

    25Plus significativement encore, les démissions se comprennent au regard des propriétés sociales des acteurs. Ces derniers, de par leur carrière professionnelle, histoire familiale ou ancrage régional voire tribal, possèdent un certain nombre de ressources sociales, économiques et électives qui sont autant de dispositions (ou non) à l’indiscipline. Les cadres et élus dissidents rencontrés jouissent ainsi pour la plupart d’une base électorale solide et sont intégrés dans des réseaux de solidarité tribale. L’affiliation partisane n’est pas déterminante dans la poursuite de leur carrière politique. C’est le cas d’Abdelwahab al-Rawhani, qui a le sentiment d’avoir davantage à perdre à rester au CPG qu’à en sortir. Dès l’annonce de sa démission, il est renvoyé de la Chambre haute, où il avait été nommé par le président en 2003. Fort de sa popularité dans sa circonscription d’origine et des réseaux de solidarité tribale, il évoque la possibilité de fonder un nouveau parti41. D’autres bénéficient de soutiens locaux ou internationaux, d’une richesse personnelle importante et ont la possibilité de reprendre une profession indépendante. Le cadre du CPG Mohammed Qubati, originaire d’Aden, chirurgien partageant sa vie entre la Grande-Bretagne et le Yémen, explique ainsi que, pour lui, l’indiscipline « n’a aucun coût » : « Je n’ai pas besoin du système. Je n’en dépends pas. Je n’ai besoin de rien, d’aucun avantage »42. Pour ces individus aux trajectoires variées, la conjoncture de crise a bousculé les opportunités, en rendant certaines stratégies politiques moins coûteuses : opportunité de faire résonner le voice, de « sauver » sa carrière en changeant de camp, de négocier, enfin, sa position dans le champ politique et partisan en gagnant en reconnaissance sociale. Des choix individuels, liés tant à des facteurs structurels (capitaux) qu’à une conjoncture favorable à la dissidence, se sont opérés dans un moment d’imprévisibilité, produisant un alignement collectif donnant a posteriori une cohérence à un groupe d’acteurs fortement hétérogène.

    ∙

    26Alors qu’une discipline lâche, reposant principalement sur les liens de dépendance produits par un fonctionnement clientéliste, semblait permettre l’accommodement de groupes hétérogènes au sein du parti au pouvoir et assurer sa position dominante dans le champ politique yéménite, l’épisode révolutionnaire de 2011 a donné à voir la fragilité des systèmes d’allégeance au parti. Dans un contexte de forte imprévisibilité et de remise en cause de la légitimité du régime, les comportements déviants se sont multipliés, provoquant une recomposition de l’organisation. Le raidissement du régime disciplinaire suite à l’échec des traditionnelles stratégies de négociation avec les membres indisciplinés a mis à nu les difficultés de l’organisation à maintenir l’ordre, sans pour autant contrarier les logiques d’action clientélistes et les relations de pouvoir qui en découlent. En dépit du large mouvement de défection en son sein et du lancement fin 2011 d’un processus de transition, le CPG a conservé une position prédominante dans les institutions étatiques (présidence, large majorité au Parlement et au sein des conseils locaux, moitié des portefeuilles ministériels, etc.), tout en investissant progressivement le répertoire de mobilisation d’un parti d’opposition.

    27Plus généralement, l’étude de cas yéménite indique que les stratégies de conformation ou de déviance vis-à-vis des instances dirigeantes ou des « vérités » d’une organisation hégémonique révèlent des représentations hétérogènes et labiles de l’action partisane, en aucun cas réductibles à un simple assujettissement à l’autorité. Même dans un régime autoritaire, trop souvent perçu comme un tout figé et inébranlable, les stratégies d’(in)discipline des militants gagnent à être comprises à l’aune des propriétés sociales des individus et de la perception qu’ils ont de la transformation de leurs opportunités à agir. La variabilité voire l’élasticité du régime disciplinaire, qui se traduit par une gestion instrumentale des comportements déviants, rappelle enfin les capacités d’un parti au pouvoir hégémonique à s’accommoder des oppositions internes afin d’en contenir l’expression et d’en réduire le potentiel disruptif.

    Notes de bas de page

    1 Il s’agit d’une situation fortement contextuelle et évolutive. Sur ce point, voir Michel Camau, Vincent Geisser, Le syndrome autoritaire, Paris, Presses de Sciences Po, 2003, notamment p. 39-40.

    2 Ce dernier, arrivé à la tête de la République arabe du Yémen (RAY) ou Yémen du Nord en juillet 1978, maintenu à la présidence au terme de l’unification avec le Sud en 1990 (République du Yémen), a été déposé par les urnes en février 2012 au profit du vice-président Abd Rubbuh Mansur Hadi.

    3 Pour une genèse du parti, voir Robert D. Burrowes, « Prelude to Unification: The Yemen Arab Republic, 1962‑1990 », International Journal of Middle East Studies, 23 (4), 1991, p. 483-506, et Renaud Detalle, « Les partis politiques au Yémen : paysage après la bataille », Revue d’Études des Mondes musulmans et de la Méditerranée, 81, 1996, p. 331-334.

    4 Le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’élites tribales, militaires et religieuses organisées autour du président Saleh et de ses proches.

    5 Voir notamment Lisa Wedeen, Ambiguities of Domination. Politics, Rhetoric and Symbols in Contemporary Syria, Chicago, The University of Chicago Press, 1999, et Béatrice Hibou, La force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, Paris, La Découverte, 2006.

    6 Voir par exemple Ahmed al-Dhubaybi, « Le parti du président perd ce qu’il a de plus précieux dans un moment difficile », al-MasdarOnline (site d’information indépendant), 23 février 2011, http://almasdaronline.com/article/16727.

    7 J’emploie le terme de parti hégémonique par commodité pour caractériser un appareil de mobilisation jouissant d’une position dominante sur la scène politique du fait de son accès privilégié aux ressources de l’État. Je me dissocie en cela des définitions parfois rigides liées à une démarche typologique.

    8 Le Forum commun (al-liqa al-mushtarak), coalition composée du parti islamiste al-Islah, du Parti socialiste yéménite et de petites organisations nassériennes, baathistes et zaydites, s’est imposé dans les années 2000 comme une force concurrente au CPG. Son candidat a officiellement recueilli 22 % des voix lors de la présidentielle de 2006.

    9 Je pense notamment ici à la rébellion houthiste à Saada (qui a donné lieu à six guerres entre 2004 et 2010), au mouvement sécessionniste sudiste qui a émergé dès 2007 et à la multiplication des actions attribuées à al-Qaïda.

    10 Cet article se base sur une enquête menée auprès de dirigeants et d’élus du CPG dans le cadre d’une recherche doctorale conduite entre 2008 et 2011 dans différentes sections locales du parti.

    11 La République, née de la révolution de 1962 au nord, ne s’est imposée qu’après huit années de guerre civile. La réconciliation entre républicains et royalistes dans les années 1970 a été suivie dans les années 1980 d’une tentative d’accommodement des fronts armés de libération clandestins, alors actifs dans les régions centrales. Robert D. Burrowes, The Yemen Arab Republic. The Politics of Development, 1962–1986, Boulder, Westview Press, 1987.

    12 Communément associé à la division, la corruption et aux allégeances exclusives et étroites, le concept de « parti » désigne aussi dans l’imaginaire collectif yéménite la période socialiste au Sud (1970-1990) et le Parti socialiste yéménite.

    13 Le CPG s’apparente en cela à nombre de partis hégémoniques issus notamment des luttes d’indépendance dans la région, comme l’Union socialiste arabe en Égypte ou les partis baathistes en Syrie et en Irak.

    14 Sarah Phillips, Yemen’s Democracy Experience in a Regional Perspective: Patronage and Pluralized Authoritarianism, London, Palgrave Macmillan, 2008 ; April Longley Alley, « The Rules of the Game. Unpacking Patronage Politics in Yemen », Middle East Journal, 64 (3), 2010, p. 385-409.

    15 Sur la capacité à fournir des services et mener des actions concrètes destinées aux électeurs, voir notamment : Javier Auyero, Poor People’s Politics, Durham/London, Duke University Press, 2001, et Camille Goirand, « Clientélisme et politisation populaire à Rio de Janeiro », in Jean-Louis Briquet, Frédéric Sawicki (dir.), Le clientélisme politique dans les sociétés contemporaines, Paris, Presses universitaires de France, 1998, p. 132-133.

    16 Jean-Louis Briquet, La tradition en mouvement. Clientélisme et politique en Corse, Paris, Belin, 1997, p. 19.

    17 Entretien avec A., Aden, mai 2010. Cette institutrice explique que sans son affiliation (tardive) au parti, elle n’aurait pu être nommée directrice d’école. Elle maintient un engagement minimal (présence lors des réunions et activités partisanes) et des liens lâches avec les membres de la section, notamment du département des femmes.

    18 Entretien avec S., cadre dirigeant au ministère de l’Industrie et du Commerce, Sanaa, 7 avril 2009.

    19 Béatrice Hibou, op. cit., p. 201.

    20 Entretien avec Abdu Bishr, Sanaa, 20 mars 2011.

    21 Entretien avec Sultan al-Barakani, Sanaa, 3 mars 2011. Les expressions entre guillemets qui suivent sont tirées de conversations informelles avec al-Barakani au cours de l’année 2010.

    22 Entretien, Taez, mai 2010.

    23 Entretien avec Mohammed Qubati, mars 2011.

    24 Nabil Subay, « Aklu al-bayd », al-Nida’, 5 avril 2010.

    25 Cette autorité a notamment pour mission de « contrôler et d’évaluer la performance, au niveau des structures centrales et locales […], la conformité au règlement et la mise en œuvre des décisions et des directives […] » (art. 2), « de détecter et d’identifier les abus, erreurs ou lacunes et d’œuvrer au redressement et à la réforme » (art. 7), mais aussi de « présenter réclamation devant les comités d’investigation en cas de déviance et d’abus ou de violation du règlement interne […] » (art. 16). Règlement du Comité de contrôle réglementaire et financier, en ligne sur le site de l’hebdomadaire du CPG al-Mithaq, http://www.almethaq.net/news/news-8484.htm (ma traduction).

    26 Entretien avec Tareq al-Shami, directeur du département central de l’information au CPG, Sanaa, 8 mars 2011.

    27 Pour reprendre l’expression consacrée désignant les parlementaires gaullistes.

    28 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », al-Ula (indépendant) – reproduit par al-MasdarOnline, 17 avril 2011, http://www.almasdar.online/article/18673.

    29 Entretiens avec des membres des sections locales du CPG, Aden et Taez, avril-mai 2010.

    30 Composé de 35 membres, le comité général est l’organe de direction politique et organisationnelle du CPG.

    31 Almotamarnet, 14 janvier 2011, http://www.almotamar.net/news/print.php?id=87826 (ma traduction).

    32 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », op. cit.

    33 Entretiens avec Ahmed al-Asbahi, Mohammed Abu Luhum et Mohammed Qubati, mars 2011.

    34 MarebPress (indépendant), 15 mai 2011, http://marebpress.net/news_details.php?sid=33905.

    35 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », op. cit.

    36 « Les conséquences de la démission des députés dans le pouvoir », News Yemen, 27 février 2011.

    37 Entretien avec Mohammed Abu Luhum, cité.

    38 Expression de Jules Moch (Une si longue vie, Paris, Laffont, 1976, p. 478) citée par Noëlline Castagnez, « Discipline partisane et indisciplines parlementaires », Parlement[s], 6, 2006, p. 54.

    39 C’est le cas notamment de Abdelkarim al-Aslami, dont la maison est incendiée en avril 2011.

    40 Sur ce point, voir Jack Goldstone, Charles Tilly, « Threat (and Opportunity): Popular Action and State Response in the Dynamics of Contentious Action », in Ronald Aminzade et al. (dir.), Silence and Voice in the Study of Contentious Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 179-194.

    41 Entretien avec Abdalwahab al-Rawhani, Sanaa, 21 mars 2011.

    42 Entretien avec Mohammed Qubati, cité.

    Auteur

    • Marine Poirier

      Doctorante en science politique, CHERPA (EA 4261- IEP d`Aix-en-Provence)-IREMAM (UMR 7310)

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    La citoyenneté locale en Suède

    La citoyenneté locale en Suède

    Marie-Pierre Richard

    2016

    E-révolutions et révolutions

    E-révolutions et révolutions

    Résistances et résiliences

    Jean-Jacques Lavenue (dir.)

    2016

    L’Allemagne change !

    L’Allemagne change !

    Risques et défis d’une mutation

    Hans Stark et Nele Katharina Wissmann (dir.)

    2015

    Le Jeu d’Orchestre

    Le Jeu d’Orchestre

    Recherche-action en art dans les lieux de privation de liberté

    Marie-Pierre Lassus, Marc Le Piouff et Licia Sbattella (dir.)

    2015

    La désobéissance civile

    La désobéissance civile

    Approches politique et juridique

    David Hiez et Bruno Villalba (dir.)

    2008

    L'avenir des partis politiques en France et en Allemagne

    L'avenir des partis politiques en France et en Allemagne

    Claire Demesmay et Manuela Glaab (dir.)

    2009

    L'Allemagne unifiée 20 ans après la chute du Mur

    L'Allemagne unifiée 20 ans après la chute du Mur

    Hans Stark et Michèle Weinachter (dir.)

    2009

    L'Europe et le monde en 2020

    L'Europe et le monde en 2020

    Essai de prospective franco-allemande

    Louis-Marie Clouet et Andreas Marchetti (dir.)

    2011

    Les enjeux démographiques en France et en Allemagne : réalités et conséquences

    Les enjeux démographiques en France et en Allemagne : réalités et conséquences

    Serge Gouazé, Anne Salles et Cécile Prat-Erkert (dir.)

    2011

    Vidéo-surveillance et détection automatique des comportements anormaux

    Vidéo-surveillance et détection automatique des comportements anormaux

    Enjeux techniques et politiques

    Jean-Jacques Lavenue et Bruno Villalba (dir.)

    2011

    La politique internationale de l'Allemagne

    La politique internationale de l'Allemagne

    Une puissance malgré elle

    Hans Stark

    2011

    Les Maires

    Les Maires

    Sociologie d'un rôle

    Christian Le Bart

    2003

    Voir plus de livres
    1 / 12
    La citoyenneté locale en Suède

    La citoyenneté locale en Suède

    Marie-Pierre Richard

    2016

    E-révolutions et révolutions

    E-révolutions et révolutions

    Résistances et résiliences

    Jean-Jacques Lavenue (dir.)

    2016

    L’Allemagne change !

    L’Allemagne change !

    Risques et défis d’une mutation

    Hans Stark et Nele Katharina Wissmann (dir.)

    2015

    Le Jeu d’Orchestre

    Le Jeu d’Orchestre

    Recherche-action en art dans les lieux de privation de liberté

    Marie-Pierre Lassus, Marc Le Piouff et Licia Sbattella (dir.)

    2015

    La désobéissance civile

    La désobéissance civile

    Approches politique et juridique

    David Hiez et Bruno Villalba (dir.)

    2008

    L'avenir des partis politiques en France et en Allemagne

    L'avenir des partis politiques en France et en Allemagne

    Claire Demesmay et Manuela Glaab (dir.)

    2009

    L'Allemagne unifiée 20 ans après la chute du Mur

    L'Allemagne unifiée 20 ans après la chute du Mur

    Hans Stark et Michèle Weinachter (dir.)

    2009

    L'Europe et le monde en 2020

    L'Europe et le monde en 2020

    Essai de prospective franco-allemande

    Louis-Marie Clouet et Andreas Marchetti (dir.)

    2011

    Les enjeux démographiques en France et en Allemagne : réalités et conséquences

    Les enjeux démographiques en France et en Allemagne : réalités et conséquences

    Serge Gouazé, Anne Salles et Cécile Prat-Erkert (dir.)

    2011

    Vidéo-surveillance et détection automatique des comportements anormaux

    Vidéo-surveillance et détection automatique des comportements anormaux

    Enjeux techniques et politiques

    Jean-Jacques Lavenue et Bruno Villalba (dir.)

    2011

    La politique internationale de l'Allemagne

    La politique internationale de l'Allemagne

    Une puissance malgré elle

    Hans Stark

    2011

    Les Maires

    Les Maires

    Sociologie d'un rôle

    Christian Le Bart

    2003

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Il s’agit d’une situation fortement contextuelle et évolutive. Sur ce point, voir Michel Camau, Vincent Geisser, Le syndrome autoritaire, Paris, Presses de Sciences Po, 2003, notamment p. 39-40.

    2 Ce dernier, arrivé à la tête de la République arabe du Yémen (RAY) ou Yémen du Nord en juillet 1978, maintenu à la présidence au terme de l’unification avec le Sud en 1990 (République du Yémen), a été déposé par les urnes en février 2012 au profit du vice-président Abd Rubbuh Mansur Hadi.

    3 Pour une genèse du parti, voir Robert D. Burrowes, « Prelude to Unification: The Yemen Arab Republic, 1962‑1990 », International Journal of Middle East Studies, 23 (4), 1991, p. 483-506, et Renaud Detalle, « Les partis politiques au Yémen : paysage après la bataille », Revue d’Études des Mondes musulmans et de la Méditerranée, 81, 1996, p. 331-334.

    4 Le pouvoir est détenu par un groupe restreint d’élites tribales, militaires et religieuses organisées autour du président Saleh et de ses proches.

    5 Voir notamment Lisa Wedeen, Ambiguities of Domination. Politics, Rhetoric and Symbols in Contemporary Syria, Chicago, The University of Chicago Press, 1999, et Béatrice Hibou, La force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, Paris, La Découverte, 2006.

    6 Voir par exemple Ahmed al-Dhubaybi, « Le parti du président perd ce qu’il a de plus précieux dans un moment difficile », al-MasdarOnline (site d’information indépendant), 23 février 2011, http://almasdaronline.com/article/16727.

    7 J’emploie le terme de parti hégémonique par commodité pour caractériser un appareil de mobilisation jouissant d’une position dominante sur la scène politique du fait de son accès privilégié aux ressources de l’État. Je me dissocie en cela des définitions parfois rigides liées à une démarche typologique.

    8 Le Forum commun (al-liqa al-mushtarak), coalition composée du parti islamiste al-Islah, du Parti socialiste yéménite et de petites organisations nassériennes, baathistes et zaydites, s’est imposé dans les années 2000 comme une force concurrente au CPG. Son candidat a officiellement recueilli 22 % des voix lors de la présidentielle de 2006.

    9 Je pense notamment ici à la rébellion houthiste à Saada (qui a donné lieu à six guerres entre 2004 et 2010), au mouvement sécessionniste sudiste qui a émergé dès 2007 et à la multiplication des actions attribuées à al-Qaïda.

    10 Cet article se base sur une enquête menée auprès de dirigeants et d’élus du CPG dans le cadre d’une recherche doctorale conduite entre 2008 et 2011 dans différentes sections locales du parti.

    11 La République, née de la révolution de 1962 au nord, ne s’est imposée qu’après huit années de guerre civile. La réconciliation entre républicains et royalistes dans les années 1970 a été suivie dans les années 1980 d’une tentative d’accommodement des fronts armés de libération clandestins, alors actifs dans les régions centrales. Robert D. Burrowes, The Yemen Arab Republic. The Politics of Development, 1962–1986, Boulder, Westview Press, 1987.

    12 Communément associé à la division, la corruption et aux allégeances exclusives et étroites, le concept de « parti » désigne aussi dans l’imaginaire collectif yéménite la période socialiste au Sud (1970-1990) et le Parti socialiste yéménite.

    13 Le CPG s’apparente en cela à nombre de partis hégémoniques issus notamment des luttes d’indépendance dans la région, comme l’Union socialiste arabe en Égypte ou les partis baathistes en Syrie et en Irak.

    14 Sarah Phillips, Yemen’s Democracy Experience in a Regional Perspective: Patronage and Pluralized Authoritarianism, London, Palgrave Macmillan, 2008 ; April Longley Alley, « The Rules of the Game. Unpacking Patronage Politics in Yemen », Middle East Journal, 64 (3), 2010, p. 385-409.

    15 Sur la capacité à fournir des services et mener des actions concrètes destinées aux électeurs, voir notamment : Javier Auyero, Poor People’s Politics, Durham/London, Duke University Press, 2001, et Camille Goirand, « Clientélisme et politisation populaire à Rio de Janeiro », in Jean-Louis Briquet, Frédéric Sawicki (dir.), Le clientélisme politique dans les sociétés contemporaines, Paris, Presses universitaires de France, 1998, p. 132-133.

    16 Jean-Louis Briquet, La tradition en mouvement. Clientélisme et politique en Corse, Paris, Belin, 1997, p. 19.

    17 Entretien avec A., Aden, mai 2010. Cette institutrice explique que sans son affiliation (tardive) au parti, elle n’aurait pu être nommée directrice d’école. Elle maintient un engagement minimal (présence lors des réunions et activités partisanes) et des liens lâches avec les membres de la section, notamment du département des femmes.

    18 Entretien avec S., cadre dirigeant au ministère de l’Industrie et du Commerce, Sanaa, 7 avril 2009.

    19 Béatrice Hibou, op. cit., p. 201.

    20 Entretien avec Abdu Bishr, Sanaa, 20 mars 2011.

    21 Entretien avec Sultan al-Barakani, Sanaa, 3 mars 2011. Les expressions entre guillemets qui suivent sont tirées de conversations informelles avec al-Barakani au cours de l’année 2010.

    22 Entretien, Taez, mai 2010.

    23 Entretien avec Mohammed Qubati, mars 2011.

    24 Nabil Subay, « Aklu al-bayd », al-Nida’, 5 avril 2010.

    25 Cette autorité a notamment pour mission de « contrôler et d’évaluer la performance, au niveau des structures centrales et locales […], la conformité au règlement et la mise en œuvre des décisions et des directives […] » (art. 2), « de détecter et d’identifier les abus, erreurs ou lacunes et d’œuvrer au redressement et à la réforme » (art. 7), mais aussi de « présenter réclamation devant les comités d’investigation en cas de déviance et d’abus ou de violation du règlement interne […] » (art. 16). Règlement du Comité de contrôle réglementaire et financier, en ligne sur le site de l’hebdomadaire du CPG al-Mithaq, http://www.almethaq.net/news/news-8484.htm (ma traduction).

    26 Entretien avec Tareq al-Shami, directeur du département central de l’information au CPG, Sanaa, 8 mars 2011.

    27 Pour reprendre l’expression consacrée désignant les parlementaires gaullistes.

    28 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », al-Ula (indépendant) – reproduit par al-MasdarOnline, 17 avril 2011, http://www.almasdar.online/article/18673.

    29 Entretiens avec des membres des sections locales du CPG, Aden et Taez, avril-mai 2010.

    30 Composé de 35 membres, le comité général est l’organe de direction politique et organisationnelle du CPG.

    31 Almotamarnet, 14 janvier 2011, http://www.almotamar.net/news/print.php?id=87826 (ma traduction).

    32 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », op. cit.

    33 Entretiens avec Ahmed al-Asbahi, Mohammed Abu Luhum et Mohammed Qubati, mars 2011.

    34 MarebPress (indépendant), 15 mai 2011, http://marebpress.net/news_details.php?sid=33905.

    35 Nabil Subay, « Les réunions secrètes et ultimes du parti “au pouvoir” », op. cit.

    36 « Les conséquences de la démission des députés dans le pouvoir », News Yemen, 27 février 2011.

    37 Entretien avec Mohammed Abu Luhum, cité.

    38 Expression de Jules Moch (Une si longue vie, Paris, Laffont, 1976, p. 478) citée par Noëlline Castagnez, « Discipline partisane et indisciplines parlementaires », Parlement[s], 6, 2006, p. 54.

    39 C’est le cas notamment de Abdelkarim al-Aslami, dont la maison est incendiée en avril 2011.

    40 Sur ce point, voir Jack Goldstone, Charles Tilly, « Threat (and Opportunity): Popular Action and State Response in the Dynamics of Contentious Action », in Ronald Aminzade et al. (dir.), Silence and Voice in the Study of Contentious Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 2001, p. 179-194.

    41 Entretien avec Abdalwahab al-Rawhani, Sanaa, 21 mars 2011.

    42 Entretien avec Mohammed Qubati, cité.

    (In)disciplines partisanes

    X Facebook Email

    (In)disciplines partisanes

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    (In)disciplines partisanes

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Poirier, M. (2016). Contenir sans tenir. Disciplines et indisciplines dans un parti hégémonique. Le cas du Congrès populaire général au Yémen (2008-2011). In A. Allal & N. Bué (éds.), (In)disciplines partisanes. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21222
    Poirier, Marine. « Contenir sans tenir. Disciplines et indisciplines dans un parti hégémonique. Le cas du Congrès populaire général au Yémen (2008-2011) ». In (In)disciplines partisanes, édité par Amin Allal et Nicolas Bué. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.21222.
    Poirier, Marine. « Contenir sans tenir. Disciplines et indisciplines dans un parti hégémonique. Le cas du Congrès populaire général au Yémen (2008-2011) ». (In)disciplines partisanes, édité par Amin Allal et Nicolas Bué, Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21222.

    Référence numérique du livre

    Format

    Allal, A., & Bué, N. (éds.). (2016). (In)disciplines partisanes. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21188
    Allal, Amin, et Nicolas Bué, éd. (In)disciplines partisanes. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.21188.
    Allal, Amin, et Nicolas Bué, éditeurs. (In)disciplines partisanes. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.21188.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement