1Renaud Epstein, La rénovation urbaine, démolition‑-reconstruction de l’État, Paris, Presses de Sciences Po, 2013.
2Émilie Saint‑Macary, « Peuplement et mobilité résidentielle dans les opérations de rénovation urbaine : garder les ménages du quartier ou attirer les ménages extérieurs », in Sylvie Fol, Yoan Miot et Cécile Vignal, Mobilités résidentielles, territoires et politiques publiques, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2014. Agnès Deboulet, « La rénovation urbaine, entre délogement et relogement. Les effets sociaux de l’éviction », L’Année sociologique, 2018/1, vol. 68, p. 155-184.
3Une « coordination anti‑démolition » a vu le jour en 2005 sans donner lieu à un véritable mouvement collectif cf. Agnès Deboulet, « De l’épreuve à l’enjeu urbain : gestion du risque et mobilisations collectives autour de la démolition », in Catherine Neveu, Marion Carrel (dir.), Les Intermittences de la démocratie. Formes d’action et visibilités citoyennes dans la ville, Paris, L’Harmattan, 2009. Isabelle Berry-Chikhaoui et Lucile Medina, « “Justice pour le Petit Bard”. Contester la rénovation et imposer la participation », Métropolitiques, 9 avril 2018. Sur les luttes urbaines des années 1970 Paula Cossart et Julien Talpin, Lutte urbaine Participation et démocratie d’interpellation à l’Alma-Gare, Paris, Éditions du Croquant, 2015.
4François Dubet et Didier Lapeyronie, Les Quartiers d’exil, Le Seuil, Paris, 1992. Michel Kokoreff, « La dépolitisation des banlieues » in Serge Paugam (dir.), L’intégration inégale : Force, fragilité et rupture des liens sociaux, France, Presses Universitaires de France, 2014, p. 397-412. Pour une critique de l’approche en termes d’anomie ou de désaffiliation voir Caroline Guibet-Lafaye, « Anomie, exclusion, désaffiliation : dissolution de la cohésion sociale ou du lien social ? » Pensée plurielle, 2012-1, vol. 29, p. 11-35.
5Renaud Epstein, La Rénovation urbaine. Op.cit. Julien Talpin « Une répression à bas bruit. Comment les élus étouffent les mobilisations dans les quartiers populaires », Métropolitiques, consulté le 22 février 2016. Pierre Gilbert, « Fragmenter la population et défaire les collectifs militants. La rénovation urbaine comme dispositif de désarmement des mobilisations collectives », in Stéphanie Dechézelles et Maurice Olive (dir.), Politique du proche. Les lieux de vie comme espaces de mobilisation, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019.
6Marion Carrel et Suzanne Rosenberg, « Injonction de mixité sociale et écueils de l’action collective des délogés. Comparaison entre les années 1970 et 2000 », Géographie, économie, société, 2011-2, vol. 13, p. 119‑134 ; Marie-Hélène Bacqué et Éric Charmes (dir.), Mixité sociale, et après ?, Paris, Presses universitaires de France, La Vie des idées, 2016.
7Les noms de lieux et de personnes ont été modifiés.
8Le Nouveau Programme de Rénovation Urbaine (NPNRU) doit concerner 450 quartiers et engager 10 milliards d’euros de subventions.
10Pierre Gilbert, op. cit., 2019.
11Loïc Wacquant, Parias Urbains, ghetto, banlieues, État, Paris, La Découverte, 2006.
12Paul Kirkness « The cités strike back: restive responses to territorial taint in the French banlieues », Environment and Planning, 2014, vol. 46, p. 1281-1296 ; David Garbin et Gareth Millington « Territorial Stigma and the Politics of Resistance in a Parisian Banlieue: La Courneuve and Beyond », Urban Studies, 2012, 49 (10), p. 2067-2083.
13Muriel Cohen et Cédric David, « Les cités de transit : le traitement urbain de la pauvreté à l’heure de la décolonisation », Métropolitiques, 2012 et Janoé Vulbeau, « Reloger les familles populaires dans les années 1960, entre gestion des familles “inadaptées” et ethnicisation de la question sociale », Droit et Ville, 2020/1 (n° 89), p. 147-163.
14Jean-Paul Tricart, L’action socio-éducative dans trois cités de transit de la métropole-nord, CREGE, étude commanditée par la Direction de la Construction, février 1974, p. 50 (titre partiellement modifié afin de respecter l’anonymisation).
16Environ 1 000 euros pour des espaces équivalents.
17Il est à noter que le gestionnaire de la cité, qui est un bailleur très social, n’est pas le propriétaire des murs.
18On trouve principalement des familles algériennes, portugaises et françaises.
19Sur le « garage à ciel ouvert » comme activité de subsistance des classes populaires. Collectif Rosa Bonheur, « Les garages à ciel ouvert : configurations sociales et spatiales d’un travail informel », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 2017-1, no 216‑217, p. 80‑103.
20Pierre Gilbert, « L’effet de légitimité résidentielle : un obstacle à l’interprétation des formes de cohabitation dans les cités HLM », Sociologie, 2012-1, vol. 3, p. 61‑74.
21Pierre Gilbert, « “Ghetto”, “relégation”, “effets de quartier”. Critique d’une représentation des cités », Métropolitiques, 9 février 2011.
22Ce dispositif inspiré du « neighbourhood watch » aux États‑Unis a été importé en France vers 2007, à la suite de la campagne de Nicolas Sarkozy fortement axée sur les enjeux sécuritaires. Les habitant·e·s d’un quartier sont ainsi poussés à prévenir la gendarmerie lorsqu’ils constatent une « activité suspecte ». Celle-ci étant laissée à l’appréciation libre des intéressés. Matthijs Gardenier, « Les Voisins Vigilants : le sentiment d’insécurité peut-il recréer du lien social ? », Sociétés, 2017-4, vol. 138, p. 53‑64.
23Documents de présentation du projet ANRU.
24Attractivité des quartiers : changer l’image des quartiers, p. 3.
25Avis de l’architecte-conseil d’État 14/06/2017.
26Comme le remarque Renaud Epstein, l’analyse de la rénovation urbaine en France a peu dialogué avec le courant dit de la « critique urbaine » incarnée par des figures appartenant au marxisme comme David Harvey, Neil Smith, Edward Soja, Neil Brenner ou Peter Marcuse. S’il ne s’agit pas de plaquer des analyses concernant la « ville néolibérale », une réflexion en termes d’opposition de classes appliquée à l’espace nous semble en revanche tout à fait heuristique. Renaud Epstein, « (Dé)politisation d’une politique de peuplement : la rénovation urbaine du XIXe au XXIe siècle », in Fabien Desage, Christelle Morel‑Journel, Valérie Sala Pala, Le peuplement comme politiques, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 329-354. Neil Smith, The New Urban Frontier. Gentrification and the revanchist city, London, Routledge, 1996.
27Les habitant·e·s apprirent par la suite qu’un premier cabinet d’architecte prévoyait un nombre moindre de démolitions, mais qu’il n’a pas été retenu par les élus. Nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses sur les raisons de ce changement. D’une part, il est possible que les élu·e·s aient anticipé les demandes de l’ANRU généralement plus favorable à une démolition complète et d’autre part un nombre moindre de démolitions impliquait que certain·e·s puissent rester sur place.
28Marion Carrel et Julien Talpin, « Cachez ce politique que je ne saurais voir ! Ethnographie des conseils de quartier roubaisiens », Participations, 2012/3 (n° 4), p. 179-206.
29Hélène Hatzfeld, Les légitimités ordinaires. Au nom de quoi devrions-nous nous taire ?, Paris, Adels L’Harmattan, 2011.
30James C. Scott, La domination et les arts de la résistance. Fragments du discours subalterne, Paris, Éditions Amsterdam, 2009 (1990).
31Sa position s’explique également par son désir de trouver à terme un autre poste dans une autre région. Sur la notion d’« alliée de l’intérieur », voir l’introduction de cet ouvrage.
32Certain·e·s ont eu un parcours partisan dans des organisations à gauche. La plupart sont inspirés par les idées libertaires et d’autogestion sans que cela fasse l’objet d’un corpus idéologique cohérent.
33Voir sur ce point voir l’ouvrage collectif de Frédérique Giuliani, Denis Lafrogue et Jean-Paul Payet (dir.), La voix des acteurs faibles. De l’indignité à la reconnaissance, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
34Le premier article a pour titre « La peur du déracinement » (28/11/2017), et le second citant une habitante : « On n’est pas obligé d’ouvrir le quartier avec un bulldozer » (12/03/2018).
35Ce plan « alternatif » prévoyait la destruction de 19 logements (contre 63 dans le plan initial), la réhabilitation de 42 logements et la création de 38 nouveaux logements.
36Marie‑Hélène Bacqué et Carole Biewener, L’Empowerment, une pratique émancipatrice ?, Paris, Éd. La Découverte, coll. Poche, 2013.
37Anselm L. Strauss, La trame de la Négociation, sociologie qualitative et interactionnisme, textes réunis et présentés par Isabelle Baszanger, Paris, Éditions L’Harmattan, Paris, 1992. Erving Goffman, La présentation de soi. La Mise en scène de la vie quotidienne I, Paris, les éditions de Minuit, 1973.
38Rémi Lefebvre, « Être maire à Roubaix. La prise de rôle d’un héritier », Politix, 1997, vol. 10, no 38, p. 63-87.
39Il le rappellera à plusieurs reprises, conscient de l’impératif délibératif qui s’impose à tout projet urbain. Sur ce point et sur les liens entre participation institutionnelle et mouvements sociaux : Loïc Blondiaux, Le nouvel esprit de la démocratie. Actualité de la démocratie participative, Seuil, coll. « La république des idées », 2008 et Catherine Neveu, « Démocratie participative et mouvements sociaux : entre domestication et ensauvagement ? », Participations, 2011/1 (No 1), p. 186‑209.
40Karim, 30 ans, marié, une fille, sans emploi.
41Ce militant fait alors référence à la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014 qui impose une « démarche de co‑construction avec les habitants, les associations et les acteurs économiques » (Art. 1, loi n° 2014‑173).
42Nous reviendrons par la suite sur le rôle du conseil citoyen.
43Un premier cabinet d’architecte avait proposé un plan où le nombre de destructions était réduit.
44Son usage à l’oral par la technicienne semblait ainsi relativement exceptionnel. Peut‑être parce qu’il peut paraître, à bien des égards, trop péjoratif et que d’autres termes comme celui « d’image » du quartier permettent l’emploi d’un vocabulaire plus consensuel.
45On voit ici comment le principe de « gouvernement à distance » des territoires identifiés par Renaud Epstein s’inspirant des réflexions de Michel Foucault, s’applique particulièrement à la rénovation urbaine. Cf. Renaud Epstein, op. cit.
46Cette stratégie, où l’infamie devenait un motif de fierté, était par exemple utilisée dans les années 1930‑1960 par le parti communiste face aux territoires plus bourgeois. On retrouve ce type de stratégie chez certains rappeurs par exemple.
47Voir sur ce point le dossier n° 24 de la revue Participations coordonné par Marie‑Hélène Bacqué et Jeanne Demoulin, intitulé Les conseils citoyens, beaucoup de bruit pour rien ? Participations, 2019/2 (No 24). L’enquête menée par Léa Billen au sein de ce dossier sur Romainville montre de manière concordante que le Conseil Citoyen reste relativement marginal au sein des prises de décisions concernant la rénovation urbaine d’une part et qu’il se montre assez réticent à inclure les revendications des associations qui contestent la rénovation urbaine d’autre part.
48Journal local, 31/12/2015.
49Les sociologues Carriou et Fijalkow ont qualifié la formation proposée par l’ANRU, de « bricolage idéologique ». Claire Carriou et Yankel Fijalkow, « La galaxie “École de la rénovation urbaine” et son offre de formation », in Agnès Deboulet et Christine Lelévrier (dir.), Rénovations urbaines en Europe, Rennes, Presses universitaires de Rennes, p. 37-49, 2014.
50Compte rendu de réunion du conseil citoyen du 5 mai 2018.
51Howard Becker, Outsiders. Études de sociologie de la déviance. Paris. Ed. Métailié, 1985 (1963).
52Le fait qu’aucune mesure concrète n’ait été reprise du rapport Bacqué Mechmache en est un exemple criant.
53Ainsi on a parfois privilégié la notion de « lien social » et d’« intégration » à celle de « discrimination ». Sylvie Tissot, L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique, Paris, éd. du Seuil, 2007.
54Pierre Gilbert, « “Ghetto”, “relégation”, “effets de quartier”. Critique d’une représentation des cités », op. cit.
55Des expériences comme Just Space à Londres, APPUII et Pas Sans Nous à Paris nous semblent être de possibles exemples d’une coopération entre chercheurs et mouvements sociaux.