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    Plan détaillé Texte intégral Les injustices environnementales au prisme des valeurs et des principes de l’action territoriale Conceptions et principes de justice dans les grandes approches des inégalités environnementales L’environnement comme épreuve cosmopolitique de la modernité De la justice environnementale au modèle d’égalité des politiques urbaines Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Guide des Humanités environnementales

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Inégalités environnementales

    Justices environnementales et urbaines. Des valeurs de l’action à une cosmopolitique pour l’agir

    Guillaume Faburel

    p. 529-544

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les injustices environnementales se sont affirmées, d’abord dans les pays anglo-saxons, comme une nouvelle catégorie d’analyse de phénomènes et mécanismes inégalitaires. Or, bien que croissantes dans les grandes villes, elles ne concourent que rarement aux débats sur la justice urbaine, de même qu’elles ne font que fort peu l’objet d’attention dans les politiques des villes. Puisant dans les différentes approches des inégalités environnementales à travers le monde, et passant par les théories sociales de la justice ainsi que par les champs de valeurs déployés dans l’action, nous montrons en quoi les conceptions institutionnelles de l’environnement jouent un rôle premier dans ce défaut de croisement.

    2Nous proposons particulièrement à la discussion de considérer la ville comme milieu* de vie et comme habiter pour questionner la prise en compte des singularités et ainsi interpeller le fonctionnement des démocraties urbaines. Le premier temps montre la nécessité d’analyser les politiques urbaines sous l’angle des valeurs, et le deuxième la primauté reconnue de l’impératif « participatif ». La troisième partie situe les conceptions de l’environnement, particulièrement par la place qu’elles font aux enjeux démocratiques, pour alors achever le propos sur notre modèle d’égalité, et le rôle des injustices environnementales pour interpeller en retour nos rapports historiques à la nature.

    Les injustices environnementales au prisme des valeurs et des principes de l’action territoriale

    3Les pauvres sont bien plus vulnérables et soumis aux dégradations de l’environnement ainsi qu’aux risques de leur survenue. De même, plus récemment mises en lumière, les pratiques favorables à l’environnement (habitat, mobilités, alimentation, tourisme…) s’affirment comme non moins fortement inégalitaires. Or, l’égalité d’un droit individuel à un environnement de qualité et sain a été transcrit dans plusieurs textes, dont certains constitutionnels, aux échelles internationale (exemple : Charte d’Aalborg) comme nationale (exemple : Charte de l’environnement adossée à la Constitution française). Cette orientation morale participe même de nombre de définitions des inégalités environnementales1. Enfin, si l’on ajoute une lecture par l’inégale capacité sociale à interpeller la puissance publique pour remédier à de telles situations, attribut cette fois-ci de la définition donnée dès les années 1970 par le courant de l’Environmental Justice aux États-Unis (Bullard, 1994), dans le sillage des mouvements ethniques pour les droits sociaux, et transcrite dans l’Executive Order 12898 de 1994 (Federal Actions to Adress Environmental Justice in Minority Populations and Low-Income Populations), nous obtenons le champ ample et entier de ce qui est ce jour admis à l’échelle internationale comme celui des injustices environnementales (Walker, 2012).

    4Or, lieu devenu premier de concentrations humaines et donc de tensions potentielles entre de multiples domaines d’existence et d’intérêts, les grandes villes sont le siège d’une conversion néolibérale (Harvey, 2011) renforçant de nos jours des ségrégations historiques, voire construisant de nouveaux partages sociaux dans l’espace, pour donner à voir des fragmentations de plus en plus vives. Et l’environnement participerait de plus en plus de tels phénomènes, que ce soit par le « bucolisme » et le paysage « sensible » des patrimoines architecturaux et de nature des centres-villes (exemple : restauration des berges), par la requalification écologique de friches industrielles, ou encore par le foisonnement de quartiers promus comme écologiques (BedZed à Londres, BO01 à Malmö…), devenus de véritables fétiches de l’aménagement, en France notamment.

    5Toutefois, les débats sur la justice en ville ne font que peu de cas des inégalités et encore moins des injustices environnementales, alors même que la ville est devenue ces trente dernières années le creuset principal de questionnements vifs sur la justice sociale et spatiale (avec, pour dernier exemple français en date de ce peu d’intérêt, Dufaux, Philifert, 2013). Plus largement, le retour foisonnant dans les discours du concept de « droit à la ville » (Lefebvre, 2009 [1968]) ces dix dernières années, ou l’apparition plus récente de celui de « ville juste » (Fainstein, 2010), voire de « bonne ville » (Connolly, Steil, 2009) l’attestent, à leur mesure.

    6Dans le même temps, partant cette fois-ci de quelques écrits de référence, principalement étrangers, consacrés à la justice environnementale (Dobson, 1998 ; Walker, 2012), les problématiques urbaines y constituent un enjeu focalisant particulièrement peu l’attention. Il y est certes largement admis que les crises écologiques globales et les épreuves environnementales locales ont fait naître de nouvelles questions, et ce à différentes échelles : depuis l’échelle internationale des réfugiés climatiques, de la dette et de l’empreinte écologiques, jusqu’à celle, bien plus locale, de la précarité énergétique ou encore de l’habitat insalubre, en passant, par exemple, par la distribution des risques* industriels aux échelles nationales. Mais l’échelle urbaine demeure à ce jour le parent pauvre à la fois de l’analyse et des discours de l’action. De même, lorsque de tels travaux existent, nous y trouvons des constats souvent encore fort statiques d’inégalités socio-économiques ou de santé, impliquant l’environnement, avec une profusion d’indicateurs (santé sociale, développement humain, défaveur sociale ou indice de Townsend…)2. Même s’ils donnent parfois à voir d’autres géographies, ces travaux n’abordent alors que très rarement et partiellement les dynamiques socio-spatiales et mécanismes ségrégatifs à l’œuvre derrière les faits inégalitaires en ville – alors même que ces mécanismes peuvent donner lieu à des situations que la description statique ne permet pas d’élucider3.

    7Or, troisième et dernier constat, ce déficit sur la ville interpelle particulièrement l’action et les politiques urbaines. Des choix ont historiquement participé de la survenue a minima de disparités sociales face à l’environnement, particulièrement ceux de l’aménagement et de l’urbanisme4. Opérant un retour remarqué dans les politiques d’aménagement urbain ces vingt dernières années, l’implantation d’un nouveau tramway en ville améliorera toujours la desserte des espaces traversés et permettra souvent un embellissement des espaces publics, renchérissant inexorablement les coûts d’accès à l’immobilier, avec pour effet plus ou moins direct et immédiat l’éloignement des plus pauvres. L’influence de telles actions dans l’apparition de situations environnementalement inégalitaires demeure bien au premier chef à comprendre, ceci particulièrement en France où, comparativement au monde anglo-saxon, le thème des inégalités environnementales souffre d’un déficit d’ambition et d’un défaut de portage politique (Theys, 2007).

    8Il y a, plus précisément encore, nécessité d’appréhender de telles politiques sous l’angle de leurs doctrines et référentiels d’action, donc de leur construction axiologique et de leur justification symbolique, au moment où les gouvernements des villes accèdent à plus de pouvoirs d’intervention. La mobilisation même du terme de justice (environnementale), comme le constat d’écarts évoqués plus haut entre faits inégalitaires et mots d’ordre moraux, invitent à le faire. En outre, les défis posés par la justice en ville apparaissent, selon nous, du registre premier des principes (normes sociales et règles de mise en œuvre) et des valeurs (références morales, sociales et / ou esthétiques d’un groupe donné à une époque donnée) car, particulièrement en France, les récits de l’action y puisent beaucoup leur justification première, notamment par quelques valeurs cardinales du pacte républicain. Concrètement, comme le mentionnait la Délégation interministérielle à la ville en 2006, il est dorénavant difficile de prétendre à la mixité sociale dans des quartiers dont l’environnement est fortement dégradé.

    Conceptions et principes de justice dans les grandes approches des inégalités environnementales

    9Il existe globalement à ce jour deux grandes approches des inégalités environnementales à travers le monde (Villalba, Zaccai, 2007 ; Faburel, 2010). La première, apparue dès les années 1960-1970, est celle de l’Environmental Justice, déjà mentionnée. Particulièrement développée aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons, elle déploie une vision plus individuée de l’environnement (Agyeman, 2005), fondée sur des droits moraux, et développe sur cette base une justice essentiellement distributive, assise sur la mesure des valeurs, souvent économiques, de l’environnement (preference-based approaches : Clayton, 2000). Elle est centrée sur les handicaps et dommages environnementaux, d’abord sanitaires puisque les industries chimiques ont précédé l’étude d’autres activités, et plus récemment ouverte aux effets du fonctionnement des marchés fonciers et immobiliers.

    10Prévalant également dans les pays européens, cette approche s’est toutefois écartée des seules catégories d’analyse selon les critères ethniques de la discrimination raciale, originelle, des États-Unis, pour aussi se concentrer sur la vulnérabilité sociale (Fairburn, 2008). Mais, malgré quelques différences nationales, la perspective rawlsienne (Rawls, 1971) de la réparation et de la compensation à destination des populations et des territoires les plus discriminés fonde le principe de justice. Compris ici comme équité, il se retrouve dorénavant dans nombre de politiques publiques nord-américaines, mais également européennes, à ce jour par la « juste égalité des chances ».

    11Une seconde approche, plus macro-spatiale, s’est développée au travers d’une lecture des inégalités écologiques de développement. Elle cherche à montrer les liens étroits qui unissent inégalités sociales, écarts de pauvreté et crises écologiques. Cette approche déploie une autre conception de l’environnement, plus tournée vers les droits et surtout les devoirs écologiques des sociétés entières : rights-based approaches (Martinez-Alier, 2002). Les discriminations en termes d’accès à un mode de vie écologique et les effets environnementaux inégaux des politiques à l’échelle internationale sont ici particulièrement traités. Une conception de la justice différente y est véhiculée : bien plus sociale et procédurale que strictement (re)distributive, elle plaide en faveur de politiques publiques transformatrices plutôt que de seules compensations d’ordre économique ou juridique.

    12Cette seconde approche critique alors l’équité comme principe de justice, qui requiert d’admettre collectivement l’idée d’inégalités productrices de justice, pour, rarement, emprunter à la critique marxiste, et bien plus mobiliser une épistémologie post-moderne, reconnaissante des spécificités et positions de chacun des groupes sociaux (Soja, 1999), de leur citoyenneté différenciée (Young, 2000), en vue de lutter contre les inégalités structurelles (Fraser, 1999). Car, comme Iris Marion Young le pointait dès 1990, il y aurait très souvent mésestimation des processus sociaux comme des relations de pouvoir qui conditionnent qui reçoit quoi et qui est laissé pour compte. Critiquant de manière toutefois moins affirmée la justice comme équité, Amartya Kumar Sen appelle quant à lui à une approche en termes de capabilités (1993 ; 2000), rejoignant ainsi Martha Nussbaum (2000). Dans cette perspective, les pouvoirs publics, au premier chef l’État, se doivent de viser l’autonomie des individus, plutôt que la seule (re)distribution de biens d’abord matériels.

    13Face à ces différents courants, Nancy Fraser (1999) distingue alors les stratégies « affirmatives », corrigeant les résultats inéquitables sans perturber la structure sociale, des stratégies « transformationnelles », qui s’y attaquent en tant que causes fondamentales des injustices. Or, pour revenir à la ville, dans cette seconde visée, « transformationnelle », Peter Marcuse (2009) appelle à définir un « aménagement pour tous » plutôt que « juste », portant alors critique à la perspective rawlsienne de Susan Fainstein : « La ville désirée […] ne devrait pas être uniquement une ville avec une redistribution équitable, mais une ville qui supporte pleinement le développement pour tous des capacités humaines » (cité in : Fainstein, 2010, p. 5). Concernant les normes minimales que cette dernière propose pour orienter les politiques urbaines vers plus de justice, Mustafa Dikeç (2001) note ainsi l’insuffisance d’élaboration de principes politiques et philosophiques fondant ses critères pour l’aménagement.

    14En outre et surtout, à la croisée, d’une part, des approches des inégalités environnementales, et des débats sur la justice (urbaine), de l’autre, il est à constater que toutes les démarcations théoriques – auxquelles nous aurions pu ajouter la « rationalité communicationnelle » de Jürgen Habermas (1987 [1981]), pour les conditions délibératives – impliquent d’abord le droit à la reconnaissance de la différence sociale (Honneth, 2004), et ainsi la capacité individuelle de s’impliquer dans les processus socio-politiques, inégalitaires, de la délibération publique. Pour exemple, dans les deux grandes approches environnementales rappelées, la « participation » apparaît ostensiblement, mais selon des modalités fort dissemblables (cf. class action, et autodétermination environnementale locale dans le cadre de l’Environmental Justice). Et ce à l’inverse du rapport officiel de l’Inspection générale de l’environnement et du Conseil général des Ponts et chaussées qui rejetait en 2005 cette dimension participative comme intégrante de la thématique des inégalités environnementales, esseulant ainsi toujours plus la France sur cette question.

    15Tout abord de la justice impliquerait donc les valeurs démocratiques de la délibération collective dans les décisions d’aménagement et d’urbanisme, impliquant d’apprécier les politiques urbaines et leur construction axiologique sous cet angle. Et ce, particulièrement à l’ère, souvent prophétique, d’une ville qui se voudrait plus durable, revisitant avec plus ou moins d’incidence valeurs et principes de l’agir (voir la notice Urbanisme durable*). Viable, vivable et surtout équitable, voici ce dont le développement durable* serait le garant. C’est ici que, bien plus que précédemment, les conceptions socioculturelles de l’environnement et de la nature, ainsi que leurs constructions politiques, entrent véritablement en scène. Il est vrai que toute approche de l’environnement véhicule… une conception de la justice (Wenz, 1988 ; Jamieson, 2007 ; Schlosberg, 2007).

    L’environnement comme épreuve cosmopolitique de la modernité

    16Parlant des modalités d’action des urbanistes et aménageurs, et des situations qu’elle considère comme « bonnes » ou « mauvaises » pour la « ville juste », Susan Fainstein (2010) ne mobilise que deux critères (sur 21) touchant à l’environnement :

    • la « qualité de l’environnement construit », pour lequel le « bon » est rattaché à une « architecture de pointe » et une « fidélité historique », alors que le « mauvais » consiste en l’« architecture conformiste » et une « non authenticité » ;
    • et l’« environnement », où le bon est « régulation et développement écologique » et le mauvais un « laisser-faire ».

    17Or, moteurs de l’aménagement dans toutes les villes métropolitaines, l’« architecture de pointe » de même que la « régulation écologique » trient à ce jour considérablement socialement les populations, notamment par le renchérissement des coûts d’accès et les nouvelles capitalisations / patrimonialisations induites : aménagement des berges fluviales, esthétisation des parcs et jardins, réhabilitation énergétique de parcs immobiliers entiers… Ainsi, plus peut-être que le faible niveau d’intérêt accordé, c’est bien la conception de l’environnement au fondement des régulations proposées qu’il convient de questionner. En France, les découpages sectoriels et critères techniques d’appréhension des problèmes (et donc de construction des enjeux) y apparaissent encore souvent légion, au point de parler d’approche techno-centrée (Theys, 2010). Or, comme déjà indiqué, de tels découpages et critères ne parviennent pas à saisir les fondements des dynamiques inégalitaires5.

    18En fait, cette conception, encore largement prégnante dans les différents champs d’action des pouvoirs publics, s’incarne dans nombre d’interventions promues dès la création, dans les années 1960-1970 selon les pays, de l’arrangement politico-administratif de l’environnement, que ce soit dans des conventions administratives (par exemple : interdictions momentanées d’activités polluantes, notamment des installations classées Seveso) ; dans quelques droits dérogatoires (comme les zonages protecteurs d’écosystèmes remarquables et de milieux spécifiques, tels, par exemple, certains massifs forestiers, littoraux…) ; ou encore dans des évaluations et suivis réglementaires (par exemple : classements et surveillance pour le respect des seuils quantitatifs d’exposition, avec notamment le classement sonore des voiries).

    19Cette conception incarne une orientation cognitive assez contemporaine « conditionnée par la possibilité de lui faire correspondre une mesure normative » (Charvolin, 2003, p. 9), traduisant la visée rationaliste et moderniste de l’assemblage historique (descendant) du général au singulier. Cette orientation représenterait pour la France une bifurcation épistémologique intervenue au cours des années 1960, en défaveur de ce qui fait relations et dynamiques dans et par l’environnement. Elle aurait conduit à « très largement nier les particularismes sociaux, et à faire de l’environnement une valeur universelle » (Theys, 2007, p. 29), à l’inverse, par exemple, de la Grande-Bretagne, qui développe pragmatiquement une représentation des liens de l’homme au monde vivant historiquement plus ouverte aux rapports qualitatifs à l’environnement, et qui s’est d’ailleurs plus tôt ouverte à la question des inégalités environnementales.

    20Dès lors, « poser la question de la justice environnementale en France a donc un sens fort, qui est de ramener sur le devant de la scène la question des inégalités, souvent masquée derrière des constructions collectives à caractère technique, social ou politique larges » (Charles et al., 2007, p. 2). Car, par cette universalité, cette conception de l’environnement n’est pas propre aux politiques… d’environnement. Elle irrigue nombre de politiques publiques, singulièrement urbaines, qui ont dû, parce que de doctrine antérieure, s’ajuster, et ce faisant intégrer ces enjeux plus récents. Si l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS) a pu montrer en 2004 la situation particulièrement pénalisée de ces espaces en termes de nuisance, pollution et risque* environnementaux, cette observation rappelle à quel point les rapports des sociétés à l’environnement sont interprétés dans le périmètre du seul quartier, qui plus est selon les canons définis par quelques critères techniques et objectivants. Il est vrai que, historiquement, l’environnement « s’inscrit avant tout dans une logique de rationalisation du champ administratif et non de participation du public ou de communication écologique » (Charles, Kalaora, 2003).

    21Pourtant, l’environnement s’est affirmé, dans différents contextes socioculturels, comme l’un des tout premiers sujets d’intéressement et de concernement individuels, d’implication sociale, de mobilisation collective (Lolive, 2010), que peuvent défendre de plus en plus par et pour l’environnement d’autres modes et styles de vie (Jagers, 2009 ; Dobré, Juan, 2009). Et, comme entrevu précédemment, il déplie et dévoile une évolution remarquée des types (affinitaire, communautaire, etc. : Dobson, 2003) et natures de l’engagement dans les projets concernant directement le devenir de lieux et territoires (Ion, 2012).

    22Malgré tout, l’environnement n’est, dans nombre d’écrits sur la justice urbaine (pour certains cependant largement ouverts aux problématiques dialogiques de l’agir voire, parfois, à la négociabilité des valeurs démocratiques, supra), quasiment jamais compris comme l’interrogateur premier des modèles de justice, de leur construction démocratique et de leur héritage délibératif. Par-delà quelques adaptations encore largement réglementaires (par exemple : dispositifs institués de concertation émanant pour nombre de ce domaine), l’environnement comme stimulation démocratique, qui, accompagné de ses doubles de la reconnaissance sociale et de la capacitation individuelle (supra), est vecteur d’une participation active, coopérative, créative…, ne fonde que fort rarement réflexivité et recul perspectif sur nos démocraties (Schlosberg, 2013)… urbaines.

    23Nous entrevoyons dès lors ici comment l’environnement invite particulièrement à penser l’apport de la justice au débat en termes de capacité d’action. Les capacités propres des individus et groupes – à accéder à des ressources environnementales et à une qualité de cadre de vie, plus peut-être qu’à se protéger de certains risques*, de certaines pollutions ou nuisances – constitueraient ainsi à ce jour le cœur des questions adressées – par l’environnement – aux politiques urbaines, aux valeurs qu’elles défendent historiquement, et à la justice comme construction axiologique. Car, non sans toutefois quelques inégalités persistantes ou croissantes (esthétiques paysagères des centres-villes, protection locale des résidences fermées…), cette conscience environnementale traverserait de plus en plus catégories, cellules et pensées sociales : solidarités alimentaires qui dérogent aux découpages sociaux classiques ; retour remarqué des jardins ouvriers ; mélange social dans l’habitat écologique (auto-construction, auto-promotion)… D’ailleurs, parmi d’autres, Jason Corburn (2005) a pu montrer que les populations pauvres s’impliquaient de plus en plus dans des luttes locales pour cause environnementale (en l’occurrence ici la qualité de l’air à New York).

    24En fait, par-delà la simple déclaration d’une sensibilité de bon aloi (cf. les sondages d’opinion), cette conscience a, du fait de sa généralité, hissé l’environnement au rang de filtre interprétatif, voire d’opérateur réflexif (Abélès et al., 2000) parmi les plus puissants sur notre modernité occidentale. C’est dans ce cadre que les problématiques environnementales concourraient à une lente refondation du gouvernement conjoint des hommes et de la nature (Latour, 1999), œuvrant en théorie à d’autres gouvernementalités, a priori bien plus pluralistes (cf. humains et non-humains) et coopératives (Sennett, 2012). Or, l’environnement n’est que peu, voire jamais, véritablement envisagé dans les politiques urbaines comme un habiter lieux et territoires (Paquot, Lussault, Younès, 2007) et, encore moins, comme espace politique de résistance, ou infrapolitique (Scott, 2008 [1990]).

    De la justice environnementale au modèle d’égalité des politiques urbaines

    25Pour certains économistes, nous aurions, du fait des questions vives adressées à la justice sociale par le thème des inégalités environnementales, le levier premier de la socialisation de l’environnement, ainsi que la perspective naissante d’une social-écologie (Laurent, 2011). Certes. Mais, bien plus fondamentalement, par une lecture qui puise à une conception cosmopolitique de l’environnement, notamment dans ses liens à l’aménagement (Lolive, Soubeyran, 2007), il ne s’agit pas tant de réviser le pacte fondateur, voire la centralité originelle du principe d’égalité, et ainsi de prôner quelques autres compromis entre progrès et conservation (Laurent, 2011). À moins de sombrer une nouvelle fois dans ce que d’autres, non sans raison, entrevoient dans le courant gestionnaire de l’environnementalisme : une « modernisation écologique des pouvoirs » (Harvey, 1996) (Voir aussi la notice Modernisation écologique*). Avec, dès lors, une justice environnementale qui formerait en fait une voie d’extension du contrôle des rapports sociaux (Pezzulo, Sandler, 2007). Il s’agit bien plus encore de revisiter pleinement ce pacte, par les questions que ce thème adresserait consubstantiellement aux conceptions historiquement enchâssées de la justice et de l’environnement – en l’occurrence, en France, le paradigme redistributif de la justice sociale et la conception techno-centrée de l’environnement.

    « Departing from mechanistic models of EJ rooted in the equity paradigm, the authors force us to consider not only how communities might repel toxic facilities but also how communities might feed themselves, provide energy, build new systems of governance and decision making while influencing existing ones, and produce and control new knowledge about public health and the environment. This is the next generation of environmental justice theory and action » (Pellow, Brulle, 2005, p. 295).

    26Cette conception cosmopolitique de l’environnement et les champs de valeurs esthétiques, patrimoniales, symboliques, dès lors conviés auraient alors quelques vertus axiologiques (Faburel, 2014), cet environnement plus dynamique, situé et actant étant en fait à la croisée des différentes lignes de partage de valeurs et principes réapparues ces trente dernières années, par la coalescence des crises.

    27Nous passerions de la seule liberté individuelle d’action (par exemple, les choix résidentiels), droit certes au fronton de nos démocraties libérales mais qui participe, par le soutien apporté aux mécanismes marchands, à des divisions sociales croissantes dans l’espace, à la responsabilité commune du geste localisé, non pas par l’éducation à l’environnement mais par une éthique environnementale* (Larrère, 2009) dans l’accompagnement des « pauvres » au droit à l’amélioration de leurs situations environnementales d’ores et déjà habitées.

    28Nous passerions de la mixité sociale (et intergénérationnelle, à la proue du développement durable*) des quotas sociaux mis en œuvre, par exemple, dans les politiques de l’habitat, qui ont largement montré leurs limites pour la cohésion sociale recherchée, à des solidarités plus ancrées et actives qui se multiplient par et pour l’environnement notamment, dessinant alors en retour un questionnement vif sur le type de solidarités en jeu (puisque l’on sait que cohabiter ne signifie pas échanger, et encore moins partager, ni s’entraider).

    29Nous passerions enfin de l’égalité de traitement par les politiques institutionnelles du pacte social, qui, dans des secteurs à fortes assises territoriales, n’ont pas permis par les seules redistributions d’éviter exclusions et relégations (cf. les politiques de la ville)… à l’égalité dans les capacités de mobilisation et d’engagement des plus démunis, avec ici, par exemple, les réflexions vives sur l’inclusion sociale et le pouvoir d’agir.

    30Par l’environnement comme construction participative du commun (Di Chiro, 1996), donc de l’agir en commun, les politiques urbaines pourraient alors revisiter le régime dominant descendant de l’action, largement adossé au « mythe du citoyen passif » (Rosanvallon, 2008), et alors nourrir un nouveau modèle d’égalité, structuré selon Pierre Rosanvallon (2011) autour de trois notions clés : la singularité, la réciprocité et la communalité. Par singularité est entendue une forme d’égalité qui reconnaît les particularités et refuse les discriminations, ne pouvant prendre forme que dans la relation à autrui et dont la construction est un combat voire « l’un des nouveaux objets pour la lutte des classes » (Rosanvallon, 2011, p. 370). La réciprocité s’exerce sous la forme d’un équilibre des engagements dans la vie sociale, notamment d’une égalité d’engagement dans la cité, produite par les moyens convergents et complémentaires que sont les droits et les devoirs. Toujours relationnels, ils ont en ce sens une fonction d’institution du social et sont à voir comme « facultés et capacités que se confèrent mutuellement les individus pour faire société » (ibid., p. 376). La communalité envisage, quant à elle, la forme sociale de la citoyenneté à côté de sa traditionnelle forme juridique, soit le regroupement selon des caractéristiques étroitement socio-culturelles, qui se manifeste tout particulièrement dans l’espace urbain, devenu le marqueur le plus évident de nouvelles inégalités.

    31À condition donc toutefois de considérer les capacités des individus et groupes à accéder, par leurs propres expériences, modes de vie et vécus des lieux, à des ressources environnementales de qualité (physiques et esthétiques, matérielles et symboliques), autant qu’à se protéger de certains risques*, de certaines pollutions ou nuisances, comme premier droit à la ville. Il est vrai que, pour prendre cette fois-ci chacune des dimensions réunies dans la qualification donnée par Steve Pye et al. (2008) aux inégalités environnementales pour la Commission européenne :

    • Comment l’inégale répartition de la qualité environnementale des lieux pourrait-elle s’affranchir de dimensions qualitatives et vécues de l’environnement6 ?
    • Comment l’inégal impact environnemental des différents groupes sociaux pourrait-il nier les capacités non moins inégales des comportements sociaux positifs comme négatifs pour l’environnement ?
    • Comment, enfin, considérer l’inégal impact des différentes politiques environnementales, sans prendre la mesure du désir, nouveau, des individus pour leur implication dans la construction de ces mêmes actions ?

    32Ici, il y a un besoin reconnu de recherches considérant bien plus les enjeux de reconnaissance sociale dans les problématiques de justice environnementale, utilisant des méthodes plus qualitatives, centrées sur les expériences et la participation habitante, plutôt que le seul croisement de données statistiques (Walker, 2012, p. 219).

    33La production d’une justice urbaine se situerait ainsi moins dans la seule remédiation réglementaire que dans un « droit à la ville globale », englobant celui à l’appropriation de l’espace urbain et, pour ce faire, celui à sa co-production à toutes les échelles de l’habiter, depuis les petits espaces du quotidien et de son ordinaire, jusqu’aux grandes stratégies territoriales et de leurs imaginaires (Purcell, 2003). Mais cet appel à la reconnaissance de la multitude des singularités et à d’autres constructions démocratiques devra alors certainement plus se frotter, voire se confronter, à l’évolution des grandes villes, dans une période de renouveau de certaines techniques, normatives, de gouvernement, par l’écologie (« capitalisme vert »).

    34Ici, entre deux héritages, celui de la vision occidentale dominatrice de la nature par les sciences et les techniques, et celui d’une protection à tous crins d’une nature dès lors naturalisée (wilderness à l’américaine), ne serait-ce pas, loin de toute subordination, le moyen par cet agir en commun de « faire avec » la nature (Larrère, Larrère, 1997), et donc de reconstruire cet habiter. Il est vrai que cette vague métropolitaine d’urbanisation planétaire est justement le produit direct de tels agencements historiques des rapports nature / culture, comme l’attestent les équipements de surveillance et de gestion urbaine des biens de nature accompagnés des grands parcs de loisirs des périphéries plus ou moins éloignées. Il est vrai que les accès contemplatifs ou récréatifs à la nature figurent parmi les premières injustices environnementales, au détriment d’appropriations sensibles et surtout d’aspirations redevenues, semble-t-il, productives dans nos rapports à la nature.

    Bibliographie

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    10.1002/9781119084679.ch19 :

    Notes de bas de page

    1 Dont la suivante sera retenue pour notre propos : « Une différence de situation entre des individus ou des groupes sociaux, qui s’apprécie non seulement au regard de considérations “écologiques” au sens strict (pollutions, hygiène publique, milieux naturels…), mais aussi en termes d’espace vital, de ressources renouvelables accessibles, de qualité des établissements humains, de conditions de vie, de paysage, etc., que l’on considère comme contraire aux droits ou au respect de la personne humaine, et de surcroît susceptible d’engendrer des déséquilibres préjudiciables au bon fonctionnement de la collectivité » (Comité français pour le Sommet mondial du développement durable de Johannesburg, 2002, p. 164).

    2 Cette profusion vise le plus souvent à croiser des données factuelles sur les compositions sociales et niveaux de revenus, les états physico-chimiques de l’environnement et quelques constats de santé (exemple : taux de certaines maladies).

    3 Souvent sinon qualifiables de dégradés, tout du moins soumis à d’importants niveaux de bruit et de pollution de l’air* (densité des trafics), les centres-villes réunissent en Europe occidentale des populations aisées. En outre, les banlieues proches conservent de bons niveaux d’accès aux services urbains, en raison notamment d’une offre de transports rapides… qui pourtant dégrade l’environnement de leurs quartiers. De même, lorsque les catégories sociales intermédiaires, autrement dénommées classes moyennes, réagissent à l’augmentation des coûts du foncier et de l’immobilier, elles exercent davantage de pressions sur l’environnement (étalement urbain et mitage des espaces naturels et agricoles ; dépendance à l’automobile et trafics alors induits). Elles bénéficient toutefois sur leur lieu d’habitation d’un cadre de vie de meilleure qualité.

    4 Par exemple, un quartier d’habitat collectif de banlieue avait en France à la fin des années 1980 une probabilité quatre fois supérieure d’être traversé par une voie rapide. De même, les populations modestes étaient, en 1986, proportionnellement quatre fois plus exposées à des niveaux sonores gênants dus aux infrastructures de transport.

    5 Par exemple, sur le thème des grands équipements structurants, Hanneke Kruize (2007) a analysé l’équité environnementale à l’échelle des Pays-Bas et de deux régions fortement urbanisées, dont la zone de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. Elle montre que les populations à revenus modestes vivent généralement dans des conditions environnementales légèrement moins favorables, avec de plus fortes disparités en ce qui concerne la présence d’espaces verts. Nous serions là de plain-pied dans l’approche par la justice environnementale. Mais, « étonnamment », les populations bénéficiant des revenus les plus élevés sont apparues plus soumises aux expositions sonores que les populations aux revenus les plus faibles. De même, pour rester sur le thème des grands équipements dits structurants des territoires, un travail mené en 2004 dans huit communes proches de l’aéroport d’Orly (Faburel, Maleyre, 2007) montre que la décote immobilière pour cause de bruit augmente durant la période allant de 1995 à 2003, passant de 0,86% du prix du logement par décibel de différence avec la commune témoin, à 1,48%... alors même que les charges sonores seraient demeurées stables, selon les indicateurs techniques officiels, du fait d’une limitation des trafics intervenue en 1994 sur cet aéroport.

    6 Pour quelques exemples empiriques, cf. Guillaume Faburel et Sandrine Gueymard (2008) et Sandrine Gueymard (2009) pour l’Île-de-France.

    Auteur

    • Guillaume Faburel

      Professeur à l’université Lyon 2, ainsi qu’enseignant à l’Institut d’études politiques de Lyon et à l’université de Saint-Étienne. Chercheur à l’UMR Triangle (CNRS, École normale supérieure, université Lyon 2, IEP de Lyon et université de Saint-Étienne)

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    1 Dont la suivante sera retenue pour notre propos : « Une différence de situation entre des individus ou des groupes sociaux, qui s’apprécie non seulement au regard de considérations “écologiques” au sens strict (pollutions, hygiène publique, milieux naturels…), mais aussi en termes d’espace vital, de ressources renouvelables accessibles, de qualité des établissements humains, de conditions de vie, de paysage, etc., que l’on considère comme contraire aux droits ou au respect de la personne humaine, et de surcroît susceptible d’engendrer des déséquilibres préjudiciables au bon fonctionnement de la collectivité » (Comité français pour le Sommet mondial du développement durable de Johannesburg, 2002, p. 164).

    2 Cette profusion vise le plus souvent à croiser des données factuelles sur les compositions sociales et niveaux de revenus, les états physico-chimiques de l’environnement et quelques constats de santé (exemple : taux de certaines maladies).

    3 Souvent sinon qualifiables de dégradés, tout du moins soumis à d’importants niveaux de bruit et de pollution de l’air* (densité des trafics), les centres-villes réunissent en Europe occidentale des populations aisées. En outre, les banlieues proches conservent de bons niveaux d’accès aux services urbains, en raison notamment d’une offre de transports rapides… qui pourtant dégrade l’environnement de leurs quartiers. De même, lorsque les catégories sociales intermédiaires, autrement dénommées classes moyennes, réagissent à l’augmentation des coûts du foncier et de l’immobilier, elles exercent davantage de pressions sur l’environnement (étalement urbain et mitage des espaces naturels et agricoles ; dépendance à l’automobile et trafics alors induits). Elles bénéficient toutefois sur leur lieu d’habitation d’un cadre de vie de meilleure qualité.

    4 Par exemple, un quartier d’habitat collectif de banlieue avait en France à la fin des années 1980 une probabilité quatre fois supérieure d’être traversé par une voie rapide. De même, les populations modestes étaient, en 1986, proportionnellement quatre fois plus exposées à des niveaux sonores gênants dus aux infrastructures de transport.

    5 Par exemple, sur le thème des grands équipements structurants, Hanneke Kruize (2007) a analysé l’équité environnementale à l’échelle des Pays-Bas et de deux régions fortement urbanisées, dont la zone de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol. Elle montre que les populations à revenus modestes vivent généralement dans des conditions environnementales légèrement moins favorables, avec de plus fortes disparités en ce qui concerne la présence d’espaces verts. Nous serions là de plain-pied dans l’approche par la justice environnementale. Mais, « étonnamment », les populations bénéficiant des revenus les plus élevés sont apparues plus soumises aux expositions sonores que les populations aux revenus les plus faibles. De même, pour rester sur le thème des grands équipements dits structurants des territoires, un travail mené en 2004 dans huit communes proches de l’aéroport d’Orly (Faburel, Maleyre, 2007) montre que la décote immobilière pour cause de bruit augmente durant la période allant de 1995 à 2003, passant de 0,86% du prix du logement par décibel de différence avec la commune témoin, à 1,48%... alors même que les charges sonores seraient demeurées stables, selon les indicateurs techniques officiels, du fait d’une limitation des trafics intervenue en 1994 sur cet aéroport.

    6 Pour quelques exemples empiriques, cf. Guillaume Faburel et Sandrine Gueymard (2008) et Sandrine Gueymard (2009) pour l’Île-de-France.

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    Faburel, G. (2016). Inégalités environnementales. In A. Choné, I. Hajek, & P. Hamman (éds.), Guide des Humanités environnementales. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.19376
    Faburel, Guillaume. « Inégalités environnementales ». In Guide des Humanités environnementales, édité par Aurélie Choné, Isabelle Hajek, et Philippe Hamman. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.19376.
    Faburel, Guillaume. « Inégalités environnementales ». Guide des Humanités environnementales, édité par Aurélie Choné et al., Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.19376.

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    Choné, A., Hajek, I., & Hamman, P. (éds.). (2016). Guide des Humanités environnementales. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.19284
    Choné, Aurélie, Isabelle Hajek, et Philippe Hamman, éd. Guide des Humanités environnementales. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.19284.
    Choné, Aurélie, et al., éditeurs. Guide des Humanités environnementales. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.19284.
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