Écocritique
p. 165-172
Texte intégral
Origines et définitions de l’écocritique
1On considère couramment que le mouvement environnementaliste a débuté dans les années 1960, mais ce n’est qu’au début des années 1990 que le champ émergent dans les études littéraires et culturelles qu’est l’écocritique s’est développé. Le terme « écocritique » serait cependant apparu à la fin des années 1970 (dans un article de William Rueckert publié en 1978 et intitulé « Literature and Ecology : An Experiment in Ecocriticism »), et l’on trouve des antécédents proto-écocritiques chez Raymond Williams, The Country and the City (1973), ou encore bien plus tôt chez Norman Foerster, Nature in American Literature (1923).
2L’écocritique est à la fois une méthode critique et un discours éthique, et elle se présente comme un point de convergence entre les arts et les sciences. Elle est définie comme l’étude du « lien entre la conscience environnementale et l’esthétique littéraire » (Blanc, Pughe, Chartier, 2008), du lien que la littérature et les arts entretiennent avec la réflexion sur les relations entre l’humain et son habitat (Buell, 1995 ; 2001 ; 2005), incluant des analyses sur l’espèce, la biodiversité et l’étendue sauvage (wilderness). Il s’agit d’analyser certains genres littéraires, comme par exemple le récit de voyage ou le roman de la route, comme véhicule d’une pensée écologique et donc éthique. Même si l’on a tendance à associer l’écocritique à l’étude de la nature, au rôle de la nature dans les œuvres littéraires, le milieu urbain est également au cœur des préoccupations de ce nouveau courant critique et théorique.
3Le mouvement écocritique est né en réaction aux approches postmoderne1 et post-structurale2, pour lesquelles la nature et l’environnement avaient perdu leur importance. La pensée écocritique reproche au postmodernisme d’avoir évacué à tort le concept de « nature » de ses théories, au profit d’une focalisation trop importante sur l’homme. Il est donc apparu nécessaire à de nombreux écocritiques de se concentrer exclusivement sur la vie non-humaine, afin de réparer les dommages accumulés par des siècles d’anthropocentrisme (Drew, Sitter, 2011). L’approche postmoderne, qui considère que la vie se déroule dans un royaume virtuel, peut amener à fermer les yeux sur l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes (Bayer, 2009), et la vision écocritique implique que la nature n’est véritablement authentique que lorsque l’homme en est absent, c’est-à-dire dans les étendues sauvages, appelées en anglais wilderness (Garrard, 2009 [2004]). De même, selon les écocritiques, la représentation post-structuraliste d’une réalité toujours « différée », selon Jacques Derrida et son concept de « différance3 », d’une réalité toujours insaisissable et virtuelle, ainsi que le rejet qu’ont fait les post-structuralistes d’une réalité fixe en dehors du texte, ont fait perdre la notion de l’importance de l’environnement naturel. En réaction à cela, les écocritiques insistent sur la réalité physique et sur l’influence (la plupart du temps nocive) des activités humaines sur l’environnement. Il existe une rhétorique quasi apocalyptique qui traverse les textes écocritiques, mettant en garde le lecteur contre les menaces qui pèsent sur l’environnement et lui rappelant le caractère bucolique de la nature avant les destructions engendrées par l’homme, comme en témoigne l’utilisation récurrente d’images pastorales.
4Alors que l’écocritique s’est développée à contre-courant du postmodernisme et du post-structuralisme, elle a connu un développement conjoint avec celui du postcolonialisme, comme le souligne Robert Marzec dans son étude écologique et postcoloniale de la littérature, An Ecological and Postcolonial Study of Literature. From Daniel Defoe to Salman Rushdie (2007). En effet, ces deux discours convergent et s’entrecroisent à différents niveaux (Huggan, 2004), permettant de voir comment la nature est perçue dans différentes cultures, et soulignant surtout que l’attitude occidentale envers la nature a contribué au projet de domination et d’exploitation colonialiste (Bayer, 2009). Le postcolonialisme, plus centré à l’origine sur l’homme que sur la nature, évolue au contact de l’écocritique vers une conscience accrue de l’impact du colonialisme sur l’environnement.
5Lawrence Buell est l’auteur d’une étude qui a plus ou moins donné l’impulsion au mouvement écocritique : The Environmental Imagination (1995). Il définit l’écocritique comme le mélange interdisciplinaire des études littéraires et environnementales. Ses analyses se poursuivent dans Writing for an Endangered World (2001) et The Future of Environmental Criticism. Environmental Crisis and Literary Imagination (2005). Michael Bennett, dans l’ouvrage The ISLE Reader, souligne les apports de Lawrence Buell qui, selon lui, « réutilise les concepts fondamentaux de la critique littéraire dans une perspective écocritique. Il revient aux termes qui sont aux racines de l’analyse littéraire – tels que la représentation, la métaphore, le cadre, la caractérisation des personnages, les personae et le canon littéraire – afin de suggérer que chacun de ces éléments est transformé de façon spectaculaire par une perspective environnementale » (Bennett, in : Branch, Slovic, 2003, p. 308, notre traduction). Parmi les autres théoriciens de l’écocritique, il convient de citer Cheryll Glotfelty et Harold Fromm (1996), qui définissent cette approche comme l’étude de la relation entre la littérature et l’environnement physique. Richard Kerridge et Neil Sammells, dans Writing the Environment. Ecocriticism and Literature, écrivent que « l’écocritique cherche à évaluer textes et idées en fonction de leur cohérence et de leur utilité dans la réponse qu’ils apportent à la crise environnementale » (1998, p. 5, notre traduction). Dès l’introduction, Richard Kerridge place l’écriture de l’environnement dans un contexte non pas rhapsodique, comme chez certains écocritiques qui vantent les beautés et l’abondance de la Nature, mais dans celui plus amer de la Jérémiade, en soulignant dans une rhétorique quasi biblique, dès les premières pages, que les désastres écologiques sont autant de punitions divines pour les transgressions humaines, pour être allé trop loin dans l’exploitation des ressources naturelles (ibid., p. 3) pour s’être aliéné et avoir aliéné la Nature. En 1980, Carolyn Merchant avait déjà publié un ouvrage au titre choc, The Death of Nature. Glen Love, dans Practical Ecocriticism (2003), invite l’homme à prendre véritablement conscience de sa place au sein d’un environnement menacé. Il existe donc sur fond de continuum autour du rapport éthique entre l’homme et la nature une variété d’approches théoriques et d’influences disciplinaires qui façonnent l’écocritique.
6Quelles sont les finalités de l’écocritique ? Quels sont ses enjeux ? Le dénominateur commun aux différentes approches théoriques énoncées ci-dessus réside dans la volonté d’attirer l’attention des lecteurs sur le rôle de la nature (comprise comme monde matériel incluant, mais pas toujours, les êtres humains) et de l’environnement (considéré au sens strict comme « l’espace qui entoure l’homme »)4 par les textes littéraires entre autres, en utilisant notamment le pouvoir évocateur des images (pastorales comme apocalyptiques) de manière à ce que les lecteurs se sentent connectés à l’espace, aux lieux et aux éléments qui les entourent. Il s’agit, selon Greg Garrard, d’un « discours véritablement transformatif » (2009 [2004], p. 5, notre traduction), d’un « mode d’analyse qui se veut politique […], les écocritiques [liant] généralement leurs analyses culturelles à une moralité “verte” et une visée politique » (2009 [2004], p. 3, notre traduction). Cette volonté de faire prendre conscience au lecteur de l’importance de la nature ne passe pas que par la littérature, mais se caractérise au contraire par son interdisciplinarité, par une forme de dialogisme entre les sciences naturelles et les disciplines culturelles, qui confèrent au discours écocritique une hybridité. Parmi les autres disciplines qui sont le vecteur d’un message écocritique, se trouvent le cinéma, la géographie humaine, les études urbaines, l’art pictural et notamment le Land Art, représenté entre autres par l’artiste marcheur Hamish Fulton. L’ASLE (Association for the Study of Literature and Environment) est une association interdisciplinaire qui a vu le jour en 1992 aux États-Unis et qui publie un journal, l’ISLE (Interdisciplinary Studies in Literature and Environment), dans lequel sont représentées les différentes disciplines qui s’adonnent à l’écocritique. Son pendant britannique, Green Letters, propose le même mélange de contributions diverses sur l’environnement par des artistes, des enseignants, des activistes, et pas seulement des littéraires.
Perspective diachronique sur les objets étudiés par l’écocritique
7De même qu’il n’existe pas un seul discours écocritique confiné à une seule discipline, l’écocritique n’est pas une grille analytique qui ne s’applique qu’à notre époque frappée par ce que l’on peut appeler la crise environnementale. Une perspective diachronique sur les objets étudiés par l’écocritique permet de voir qu’il s’agit d’un discours en évolution, et qui peut s’appliquer à des aires géographiques ou des ères temporelles différentes.
8Au départ, l’écocritique s’est intéressée exclusivement à la littérature de l’Ouest américain et à la représentation de la nature américaine à l’intérieur d’écrits non-fictionnels qui étaient centrés sur le concept d’étendue sauvage (the wild). Les auteurs de prédilection des premiers écocritiques étaient Henry D. Thoreau (Walden, 1990 [1854]), Mary Austin (The Land of Little Rain, 1903), Ralph W. Emerson (Nature, 1836), mais aussi John Muir (1981 [1901]), Wendell Berry (1972), Edward Abbey (1991) et Annie Dillard (1988), chez qui ils trouvaient de véritables modèles de relations éthiques entre l’homme et l’espace qu’il traverse. Un des textes les plus commentés par les écocritiques, et qui a eu un réel impact sur les politiques publiques, est Silent Spring (Le printemps silencieux) de la biologiste et zoologiste Rachel Carson (1962) : dans cette œuvre sur la pollution, Rachel Carson fait le lien entre les produits chimiques utilisés dans l’agriculture et la disparition des oiseaux, soulignant par le recours à une forme de nostalgie pastorale et à la rhétorique apocalyptique la catastrophe écologique mythique engendrée par l’homme. Puis, dans un deuxième mouvement, on constate un élargissement de l’application des théories écocritiques au contexte britannique5 et à des textes plus anciens pour lesquels une lecture écocritique ne paraît pas évidente de prime abord. Dans son ouvrage Romantic Ecology (1991), ainsi que dans son article sur Thomas Hardy et Jane Austen (1999), Jonathan Bate prône un retour nostalgique à la conception du XIXe siècle de William Wordsworth comme « poète de la nature » (Garrard, 2004, p. 42) et met en valeur cette époque où l’homme vivait au rythme de la nature, où la sur-consommation des ressources naturelles était encore absente, et où la nature était l’emblème de ce qui reste et dure, par opposition au caractère éphémère de la vie humaine. L’expérience du marcheur solitaire dans les Alpes (Voir la notice Montagne*) ou celle des habitants des contrées de Thomas Hardy sont valorisées sous la plume de Jonathan Bate, qui cite le titre du huitième livre du Prélude de William Wordsworth : « l’amour de la Nature [amène à] l’amour de l’humanité » (« Love of Nature [leads] to love of mankind »). Cependant, cette conception nostalgique d’un passé pastoral et bucolique où l’homme et la nature s’inscrivaient dans un continuum est contestée, car, selon certains écocritiques dont Greg Garrard, la nature mise en valeur par William Wordsworth n’a pas grand-chose à voir avec la nature que les défenseurs actuels de l’environnement tentent de protéger et n’a jamais vraiment été mise en danger.
9Cependant, cette attitude qui consiste à utiliser le concept moderne d’écocritique comme grille de lecture valable pour des textes plus anciens est de plus en plus répandue. Basil Willey s’était déjà penché sur la question en 1939 dans The Eighteenth-Century Background. Studies on the Idea of Nature in the Thought of the Period. Plus récemment, Erin Drew et John Sitter (2011), qui appliquent la grille de lecture écocritique à des textes du XVIIIe siècle, trouvent qu’il s’agit d’une approche prometteuse pour étudier et enseigner cette période, qui est à l’origine de notre attitude envers la nature. C’est également ce que souligne Christopher Hitt, selon lequel, grâce à la perspective écocritique, les étudiants peuvent voir comment la littérature du XVIIIe siècle qu’on leur demande de lire est connectée à leur vie actuelle (Hitt, 2004, p. 125). Il faut cependant prendre garde à ne pas commettre d’anachronisme en voulant projeter des idées d’aujourd’hui sur des textes de l’époque des Lumières. Selon Erin Drew et John Sitter, « la plupart des écrits du XVIIIe siècle traitent du monde naturel d’une façon beaucoup plus écocentrique et moins égocentrique dans leur orientation que les écrits romantiques » (2011, p. 227, notre traduction). On peut en effet déceler dans un certain nombre de textes du XVIIIe siècle un sentiment proto-environnemental, une forme de sensibilité à la nature qui s’est ensuite effacée avec les romantiques, qui étaient plus concentrés sur leur propre sentiment au contact de la nature que sur la nature elle-même.
10Un bon exemple de texte du XVIIIe siècle britannique pour lequel une perspective écocritique est particulièrement pertinente est le poème de James Thomson The Seasons (1970 [1726]), qui présente de manière très précise la relation entre la nature et l’imagination du poète. Dans ce « poème de la nature » (nature poem), James Thomson prend à de multiples reprises la défense de l’environnement, comme quand il dénonce le fait de tuer des animaux* pour se nourrir (Spring, 336-373), quand il critique la chasse (Autumn, 360-457), ou encore quand il dénonce la mise en cage des oiseaux (Spring, 1172-1207).
11Dans mes travaux récents, j’ai appliqué les théories écocritiques aux textes de Daniel Defoe, et plus précisément à Robinson Crusoe (1994 [1719]). Mon hypothèse de départ était de voir s’il était possible de déceler l’existence d’une conscience proto-environnementale et d’une sensibilité à la nature chez Daniel Defoe, qui était un pragmatique pour qui la nature était avant tout l’outil du développement de la Grande-Bretagne sur le plan économique et politique. Il a, par exemple, écrit un très long état des lieux des ressources naturelles de la Grande-Bretagne dans A Tour Thro’ the Whole Island of Great-Britain (1724-1726). J’ai donc étudié le rôle joué par l’environnement dans les romans du début du XVIIIe siècle, et notamment Robinson Crusoe (Peraldo, 2012). En effet, un des passages clés de Robinson Crusoe est l’épisode où Robinson découvre une empreinte de pas sur le sable, qui est un motif ambivalent, symbolisant, d’une part, la volonté de l’homme de marquer la nature de son empreinte pour mieux la contrôler et l’exploiter, et, d’autre part, la continuité qui lie l’homme et son environnement. Le milieu dans lequel Robinson se retrouve le fait évoluer : Daniel Defoe donne ainsi à l’île une capacité d’action qui l’élève au rang d’actant, selon la terminologie de Jacques Lévy et Michel Lussault (2003, p. 38-47). L’île est élevée au rang de sujet, au même titre que Robinson. L’utilisation de nombreux hypallages et la personnification de l’île permettent de voir qu’au-delà des développements urbains et industriels du XVIIIe siècle qui laissaient penser que la nature était un simple instrument, il existait une réelle connexion et continuité entre l’homme et la nature.
12Les dernières évolutions de l’écocritique consistent à en souligner les limites, notamment en la sortant du cadre nord-américain dans lequel elle a émergé. Alain Suberchicot, dans son essai Littérature et environnement. Pour une écocritique comparée (2012), reproche à cette littérature environnementale (et notamment celle d’Edward Abbey, 1991 ; et d’Annie Dillard, 1988) d’être « trop “facile”, trop lyrique, trop étrang[ère] aux questions sociales » (Specq, 2012). Il n’est pas le seul à souligner cette vision idéalisée et outrancièrement romantisée voire déshumanisée de la nature que l’écocritique tend à véhiculer. Tout un pan de la critique préfère se tourner vers la géocritique (Westphal, 2005 ; 2007 ; 2011 ; Tally, 2011 ; 2013) qui s’intéresse davantage au lien entre la littérature et l’espace, mais qui aborde également les questions liées au paysage*, à la nature ou à l’environnement, en étant moins orientée sur un plan politique. De plus, pour des textes plus anciens comme ceux du XVIIIe siècle que nous avons abordés, le risque de l’écocritique est de plaquer une grille de lecture trop moderne et de tomber dans l’anachronisme.
13Les théories et les pratiques de la nature ont évolué entre le XVIIIe siècle et la période romantique, qui mettait beaucoup plus l’accent sur le concept de sympathie et de compassion de l’homme envers l’environnement et les animaux. Elles ont encore subi de nombreux changements pendant les siècles qui ont suivi, surtout dans le contexte actuel qui témoigne de l’impact des nouvelles technologies, qui re-figurent et parfois défigurent la Nature. Mais quelle que soit la période, on remarque que la tension entre activisme et esthétique reste au cœur des textes qui mêlent littérature et environnement.
Bibliographie
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Format
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Notes de bas de page
1 Le postmodernisme est un courant dans lequel la référence temporelle et locale est éclatée.
2 Le post-structuralisme est un courant philosophique, représenté par Michel Foucault et Jacques Derrida, qui propose un décentrement du sujet en même temps qu’une déconstruction dans l’analyse.
3 Pour une définition de ce concept-clé de Jacques Derrida, voir : http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0508281130.html. Consulté le 21/08/2015. La « différance » y est définie comme « impensable, infinie, innommable. Sa trace étant enfouie, effacée, oubliée, on ne peut la nommer qu’à partir du tracé laissé par son effacement ou par les chaînes d’autres mots qu’elle produit ».
4 Pour une définition et une distinction précise entre les concepts de « nature » et d’« environnement », voir le glossaire qui figure à la fin de l’ouvrage de Lawrence Buell (2005, p. 140-143).
5 L’écocritique s’est également étendue dans d’autres pays, comme la France. Alain Suberchicot, en proposant dans son essai d’écrire une « écocritique comparée » (2012) va contre l’idée reçue que la France était « réfractaire à la nature » (Specq, 2012), en convoquant des auteurs allant de Jacques-Henri Fabre et Victor Segalen, Marguerite Duras et Jean-Marie Le Clézio. Il va plus loin, en comparant des textes écocritiques en français, en anglais et en chinois, mais également des textes qui appartiennent à des catégories génériques différentes.
Auteur
-
Emmanuelle Peraldo
Maître de conférences en littérature britannique du XVIIIe siècle à la Faculté des langues de l’université Jean Moulin Lyon 3, et chercheure au laboratoire IETT (Institut d’études transtextuelles et transculturelles, EA 4186)
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