Esthétique de la nature
p. 157-164
Texte intégral
1Dès le XVIIIe siècle, le philosophe Emmanuel Kant parle d’esthétique de la nature. Dans ses Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1990 [1764]) et dans sa Critique de la faculté de juger (1995 [1790]), Emmanuel Kant (1724-1804) met en place une approche subjective de la satisfaction esthétique comme libre jeu des facultés et possibilité d’apprentissage en commun ; il en conçoit un nouveau regard sur la nature. Il s’intéresse ainsi à l’appréciation sensible à l’exclusion de tout dogmatisme, et en référence à la formation des subjectivités. Au cours du XIXe siècle, se développe notamment aux États-Unis une nouvelle description de la nature qui lui confère une autonomie et ouvre la possibilité d’un face-à-face avec l’être humain. Elle s’appuie sur les écrits du transcendantalisme américain avec Nature de Ralph Waldo Emerson (1836), ou Walden, ou la vie dans les bois (1990 [1854]), véritable pamphlet et ouvrage fondateur du Nature Writing d’Henry David Thoreau (1817-1862), qui choisit de vivre deux années durant dans une cabane au bord du lac de Walden (1845-1847). Elle est grandement influencée par le constat de la dégradation de cette nature causée par le développement industriel et urbain du XIXe siècle, comme on peut le constater dans Man and Nature (1864) de George Perkins Marsh et A Near View of the High Sierra (1894) de John Muir. Mais il faudra attendre les années 1960-1970 pour que les philosophes de l’esthétique s’intéressent véritablement à la nature. L’article séminal de Ronald Hepburn, « Contemporary aesthetics and the neglect of natural beauty », paru en 1966, invitait à compléter la réflexion esthétique par une investigation du monde naturel, à cette époque largement ignoré par la théorie esthétique. Celle-ci s’est ensuite ouverte à d’autres objets et situations, tels le paysage, l’environnement, la ville, le quotidien... Au-delà des environnements naturels, il s’agissait de regarder vers les environnements construits, voire de considérer la nature tel un patrimoine. Cette assimilation de l’environnement et de la nature sous la terminologie d’environnement naturel requiert, cependant, une attitude circonspecte.
Distinguer environnement et nature
2On doit distinguer le concept d’environnement de celui de nature. La nature est telle pour celui qui l’objective. Le monde ne peut exister comme nature que pour un être qui n’en fait plus partie, et qui peut y poser un regard extérieur, semblable à celui d’un scientifique détaché, à une telle distance de sécurité qu’il est facile de céder à l’illusion qu’il n’est pas affecté par sa présence. La nature est considérée extérieure, non seulement à l’humanité, mais également à l’histoire. Le monde naturel est le décor immuable, à la fois spatial et temporel, où se déroulent les activités humaines. La nature est notre sol, ainsi que l’explique Maurice Merleau-Ponty (1995, p. 19) : « La nature est un objet énigmatique, un objet qui n’est pas tout à fait un objet ; elle n’est pas tout à fait devant nous. Elle est notre sol, non pas ce qui est devant mais ce qui nous porte ». Il lui donne, néanmoins, un sens avant de commencer ses cours :
« Il y a nature partout où il y a une vie qui fait sens, mais où cependant il n’y a pas de pensée ; d’où la parenté avec le végétal : est nature ce qui a un sens, sans que ce sens ait été posé par la pensée. C’est l’autoproduction d’un sens. La nature est donc différente d’une simple chose ; elle a un intérieur, se détermine du dedans ; d’où l’opposition de naturel à accidentel. Et cependant, la Nature est différente de l’homme ; elle n’est pas instituée par lui, elle s’oppose à la coutume au discours. Est nature le primordial, c’est-à-dire le non-construit, le non-institué ; d’où l’idée d’une éternité de la nature (éternel retour), d’une solidité ».
3Pour reprendre ces mots, il faut ajouter que parler de nature renvoie au sol, mais aussi à son histoire, aux cycles naturels à l’échelle des temps géologiques.
4Récemment, les travaux sur l’anthropocène ont popularisé l’idée que le XVIIIe siècle, avec l’invention de la machine à vapeur par James Watt en 1785, inaugurerait une nouvelle ère géologique, celle qui fait de l’être humain le facteur principal de transformation de la Terre. Le terme a été popularisé par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995. Les opposants à cette datation font remonter l’anthropocène à d’autres moments de l’histoire et, notamment, à celui où l’être humain aurait joué sur les milieux forestiers et fait disparaître de grands herbivores éliminant une production de méthane importante. La problématique de l’anthropocène a un double mérite : celui d’attirer l’attention sur le rôle de l’activité humaine dans les grandes transformations environnementales à l’échelle de la planète, et celui de pointer l’importance de l’interdisciplinarité entre sciences sociales et humaines et sciences du vivant et de la matière pour mieux approcher ces phénomènes.
5Dans cette vision, la nature correspond à une histoire, celle de son évolution. Il s’agit alors d’une grande Nature. De manière croissante, l’empreinte de l’être humain sur la nature est mesurée sur une échelle temporelle plus que spatiale. La Nature s’inscrit alors en contrepoint d’une histoire humaine. Dès lors, parler d’esthétique de la nature est très différent d’envisager la question des esthétiques des environnements naturels et construits. La Nature évoque le décor de théâtre de l’histoire des exactions humaines, tandis que l’environnement naturel reviendrait à prendre en considération la part de naturalité, c’est-à-dire la part de processus spontané dans tout environnement. De là, quelle esthétique de la Nature faut-il singulariser, et l’esthétique environnementale serait-elle différente de cette première ?
6En ce sens, une esthétique de la Nature suppose de s’intéresser à l’appréciation de la nature, c’est-à-dire à l’appréciation des processus spontanés et leur rôle en société. Il est, en effet, d’un intérêt considérable d’estimer dans l’appréciation de nos environnements la part qui est faite à ce sol qui nous porte, à cette vie qui fait sens, sans que ce sens ait été posé par la pensée (Merleau-Ponty, 1995). En outre, il est tout aussi important de vérifier le rapport de l’appréciation de la nature avec la qualité reconnue aux environnements ainsi que les phénomènes de santé et de bien-être. Ce propos complexe invite à regarder la nature indépendamment de la culture, à l’objectiver de telle façon à pouvoir poser un regard distancié sur elle. Cette acception du terme de Nature reproduit une coupure entre les productions culturelles et les productions naturelles. Elle conduit à s’inscrire dans le sillage d’un naturalisme sans intériorité (Descola, 2005).
Formes et environnements
7Il s’agit de passer de la perception d’une nature et d’un environnement bâti à l’activité de formation en pensées ou en pratiques des environnements naturels et construits. Pourquoi ? Il importe de ne pas séparer les environnements des individus ou collectifs à leur origine. Insistons. Les environnements naturels et construits participent de l’effort de constitution des individus et des collectifs. Ils ne leur sont pas extérieurs, objectivement posés, alors que ces individus et collectifs se contenteraient d’en avoir une représentation ou appréciation esthétique. L’environnement devient un engagement relatif à la constitution de soi-dans-le-monde. En des termes différents, deux auteurs l’expliquent. Arnold Berleant (2013), philosophe américain héritier de la tradition pragmatique, écrit que l’activité de formation de l’environnement constitue une manière d’être ensemble. Tim Ingold (2013), dans sa critique de la séparation nature / culture, écrit que les multiples formes environnementales sont engendrées par le fonctionnement dynamique des systèmes de développement constitués grâce à l’action des êtres humains dans leurs environnements. En somme, il s’agit de qualifier les modes d’activité qui constituent des sphères environnementales qui diffèrent, tant sur le mode biologique que culturel. Replaçons le processus d’environnementalisation au centre de l’attention, loin d’une définition spécifique de l’humanité qui la séparerait ontologiquement des autres êtres vivants, et d’une opposition entre nature et culture. Ce processus d’environnementalisation, soit de création d’environnements, implique une activité formatrice qui se réalise de par les variations sans cesse renouvelées, dans l’espace-temps. On pourrait mettre l’accent sur la nécessité pour tout être vivant de se développer dans le temps et dans l’espace, dans et avec l’environnement. Les arbres, les paysages, les ciels bleus, ou rouges ou orange liés aux couchers de soleil, innombrables et partagés poétiquement, sont des formes qui, reconnues, définissent ce qui permet d’être ensemble.
Le drame écologique
8Reconsidérer la séparation entre une esthétique de nature, d’une part, et de l’environnement, de l’autre, et une esthétique des environnements naturels et construits, c’est solliciter à nouveaux frais la nature comme un cadre « construit », ou tout au moins dépendant de l’activité humaine. L’appréciation sensible de différents types d’environnements est rendue possible, et oblige à s’interroger sur ce qui constitue un environnement. Jusqu’où s’étend-il, depuis ce qui nous est proche, ce à quoi nos yeux ont accès, cette portion d’espace dans laquelle nous nous mouvons habituellement, jusqu’à cette compréhension de l’environnement en tant que système-monde, actuellement perturbé par des déséquilibres dus aux activités humaines ? Que comprend-il du rapport du corps à un espace donné, à la langue qu’on y parle, aux liens qu’on y tisse avec différents êtres vivants, différents groupes, et aux pratiques qui s’y développent, au fil du temps ?
9La définition de la sphère « environnement » par cette branche de l’esthétique dépasse donc d’emblée une compréhension uniquement en termes d’étendue des objets qu’elle investit, lorsqu’il s’agit par exemple d’appréciation de la biodiversité, de jardinage en milieu urbain ou encore de qualité de l’habitat, pour intégrer une approche complexe tenant compte aussi bien de la connaissance scientifique d’un milieu que des liens sociaux ou des usages culturels liés à un espace donné. L’esthétique environnementale, en ce sens, ne consiste pas simplement à attirer l’attention sur un registre de faits ignorés jusqu’alors. Elle tend à faire émerger une nouvelle façon d’énoncer le drame écologique : c’est une esthétique au-delà de l’art. Cette esthétique caractérise une expérience des phénomènes ordinaires et ne se cantonne pas au musée. Cette esthétique, enfin, développe un souci des formes de l’environnement et des processus qui les caractérisent. John Dewey (2005 [1934]), parmi les premiers, a prôné l’élargissement de l’expérience esthétique à la vie ordinaire. Ce philosophe y voyait une possibilité d’enrichissement de la vie politique qui serait moins élitiste. Faisons un pas de plus et voyons les formes concernées.
Des formes, mais quelles formes ?
10Depuis 2007, en France, et plus encore à l’issue du Grenelle 2 de l’environnement, les trames vertes et bleues (en anglais greenways et blueways) – outils d’aménagement créés dans l’optique de préserver la biodiversité, associant les espaces végétalisés et aqueux de telle façon à former un maillage du territoire, et nées d’une écologie du paysage en plein essor – ont connu un succès foudroyant1. La reproduction de la biodiversité, c’est-à-dire des espèces végétales et animales, des ressources génétiques dont elles sont porteuses, et des écosystèmes variés qu’elles contribuent à définir, est, en effet, une fonction des trames vertes et de leur aménagement. Plus précisément, les trames vertes et bleues se représentent par un schéma où des taches vertes de plus ou moins grande taille, légendées par le terme d’espace végétalisé naturel, sont reliées entre elles par des espaces linéaires végétalisés, également qualifiés de corridors. Les trames vertes et bleues concernent toutes les échelles spatiales depuis les schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) jusqu’aux plans locaux d’urbanisme (PLU), et prennent en charge diverses sortes de milieux (sous-trames forestières, de lande, de prairie, de marais...). Elles sont synonymes de l’extension d’une réflexion sur les services écosystémiques rendus par la nature (de production, de régulation ou culturels et récréatifs).
11Les questions sont nombreuses :
- Quelle est la relation entre une forme d’aménagement, représentée le plus souvent par des principes graphiques, soit un réseau vert mariant des taches et des linéaires, et le vécu de ces trames vertes et bleues ? Une telle interrogation renvoie inévitablement au rapport entre esthétique de la nature de proximité, et une esthétique plus formelle et abstraite, schématiquement cartographique ?
- Quel est le rapport entre la représentation d’un réseau et le paysage ? Si, par paysage on entend une forme particulière sur le plan esthétique, et qui intéresse la mise en valeur d’un rapport à la nature, l’hypothèse est que la spatialité de l’aménagement des trames vertes et bleues fait paysage, d’autant plus qu’elle concerne l’écologie du paysage.
- Enfin, de quoi cette forme paysagère est-elle le signe ? Peut-on croire, en effet, qu’il s’agisse d’une métaphore d’une orientation sociale vers une connectivité généralisée ?
12Un récent colloque interdisciplinaire (mars 2013), Greenways : The Interconnected Pathways of Communication and the Environment à l’Université de Tennessee-Knoxville, invite aménageurs, écrivains, écologues et bien d’autres encore à inscrire les trames vertes dans l’ordre de la métaphore d’une connectivité généralisée, qui renverrait à une pensée écologique :
« Following the natural contours of the landscape, greenways are man-made paths that work to link human communities to the surrounding environment. In the same way, this conference seeks to promote connectivity between various disciplines and their approaches to the environment. Recent conversations about environmental issues illustrate society’s rising concerns for the future of humanity and the planet. Communication about such issues takes many forms: public debates, government policies, scientific research, film and media, poetry and prose, and classroom education. Such a wide range of communicative mediums demonstrates the truly interdisciplinary nature of research seeking to generate social and environmental change. Moreover, if we expand our conceptualization of the environment then we can begin to talk more fluidly across disciplines to understand how multiple environments impact communication practices…2 ».
13Plusieurs éléments plaident donc en faveur de l’idée que les trames vertes et bleues seraient le signe d’une orientation profonde vers une connectivité généralisée. Le premier est que l’aménagement des trames vertes et bleues relaie une écologie du paysage qui alimente une vision paysagère de la biodiversité. Le deuxième est que les trames vertes et bleues jouent d’un lien naturel qui serait fait entre des communautés humaines dans l’espace et le temps par le biais de la protection de la nature. Le troisième reprend la force d’une cartographie qui s’impose de visu, à différentes échelles, comme une manière de représenter, politiquement parlant, les relations au-delà des séparations administratives et des frontières nationales.
14Ce dessin concerne le paysage* au-delà du fait que les trames vertes et bleues soient liées disciplinairement à une écologie du paysage. L’approche formelle du paysage va à l’encontre de l’idée selon laquelle un paysage est seulement un territoire avec des critères esthétiques (Pitte, 2012 [1983]), ou qu’il résulte d’un processus d’« artialisation », au sens de décor disposant d’une valeur esthétique. La notion d’« artialisation », reprise à Montaigne par Alain Roger, consacre l’idée de la « médiation artistique » du regard porté sur le paysage, et reprend le principe de séparation nature / culture (Roger, 1997). Le paysage n’est pas plus un espace perçu, ce qui réduirait son analyse à une phénoménologie. Pour finir, le fait qu’une culture donnée possède un terme pour exprimer le paysage ne suffit pas (Berque, 1990). L’approche en termes de politique des formes du paysage considère qu’une forme est une activité socio-naturellement produite, qu’elle opère en structurant des parties et un tout, qu’elle organise un cadre spécifique de l’espace opérant avec une nature, qu’elle transforme le territoire en pensées et en pratiques, codifiant ce dernier, condensant des fonctions, des services et une étendue. L’ensemble fait sens, constituant aux yeux de tous une représentation abstraite d’un nouveau dispositif socio-politique. S’inscrit ainsi dans le territoire, local, régional, national et international, un paysage qui oblige à la connectivité naturelle, afin de mettre en œuvre la biodiversité.
15Enfin, en termes de vécu, il importe de voir que la manière de se projeter dans un environnement, de s’y sentir relié, la perception esthétique de ces espaces de biodiversité, ne prend que rarement en considération la connectivité des trames vertes et bleues. Pourtant, les trames vertes constituent des lieux « végétalisés » de réunification et de partage du territoire de l’animal, du végétal et de l’être humain. À Strasbourg où les trames vertes sont déjà bien avancées, et participent d’une mobilité partagée, les propos sont précis :
« La nature, c’est la verdure, mais c’est aussi les animaux. C’est tout ce que je vois quand, sur mon vélo, je vais à mon travail, et quand je rentre du travail. Pour moi, le fait d’être sur mon vélo et d’être entourée de cette nature, un cygne, un canard, enfin, je ne sais pas, les oiseaux, tout ça, pour moi, ça me donne de l’oxygène dans la tête. Je me sens bien, je me sens bien. Voilà. Parce que je me dis : “il y a des choses qui vivent”. Je les observe. Et puis, ça me fait du bien, personnellement » (Strasbourg péri-centre, environnementaliste, citée in : Blanc, 2013, p. 155).
Conclusion
16Une esthétique de la nature n’est pas une esthétique environnementale. Elle en est une composante ou vice-versa. Il importe, cependant, de ne pas négliger le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’apprécier la nature comme une composante externe de nos sociétés, mais comme faisant bel et bien partie de nos sociétés et de nos politiques, au sens de ce qui constitue le futur de nos personnes impliquées socialement. Dans la lignée d’Emmanuel Kant, la philosophe Emily Brady (2007, p. 64) parle en ces termes d’esthétique environnementale :
« [Ce nouveau courant] reconnaît que les environnements naturels ne sont pas essentiellement éprouvés comme des paysages mais plutôt comme des environnements au sein desquels le sujet esthétique apprécie la nature comme dynamique, changeante et en évolution. Il s’agit d’une approche esthétique qui, selon ses différentes formes, puise ses racines dans la connaissance écologique, l’imagination, l’émotion et une nouvelle compréhension de la nature comme porteuse de son propre récit ».
17Pour certains habitants, le fait de se sentir relié à la nature est devenu une composante personnelle du bien-être, au-delà de l’affirmation d’un statut social, et les trames vertes et bleues notamment (y contribuent également les jardins partagés, l’agriculture urbaine…) participent de ce projet d’un accès plus commun et égalitaire à la nature dans ses dimensions écologiques, via la biodiversité. Cependant, il ne s’agit pas d’oublier que cette nature procède d’un aménagement particulier. Ainsi, les modalités selon lesquelles le vivant* et sa place seront définis dépendent des compromis sociaux, des conflits territoriaux que cet aménagement engendrera. En outre, cela dépend également de critères esthétiques et éthiques qui expriment les sensibilités différentes aux êtres vivants. Globalement, l’idée de trame verte renvoie à ce qui relie le citadin à la nature. Elle met en lumière les liens spatiaux et temporels entre les êtres humains et les autres êtres vivants. La présence ou non de l’animal joue un rôle de mise à l’épreuve de la réussite de ces aménagements qui passent par le végétal pour leur mise en forme. Revoir la place de la nature, des natures dans nos cultures, ne revient pas simplement à ajouter un acteur ou groupe d’acteurs dans l’exercice de nos démocraties, mais à modifier plus profondément la nature de l’exercice démocratique. Le citoyen est devenu un habitant. Comment, à partir de là, connaissant les difficultés de la démocratie locale, postuler l’intérêt de prendre en considération les attachements territoriaux ? Les évolutions des liens entre nature et artifice ne récusent plus le caractère hybride des espèces et des espaces, et impliquent un nouvel art de l’environnement.
Bibliographie
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Format
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Notes de bas de page
1 Promulguée le 12 juillet 2010, la loi portant « engagement national pour l’environnement (ENE) », dite Grenelle 2, correspond à la mise en application d’une partie des engagements du Grenelle Environnement et met en avant l’idée de trame verte. De nombreux chercheurs ont mobilisé le concept de « trame verte », aux États-Unis comme en Europe (Grande-Bretagne, Italie, Portugal…). Ce terme de trame verte renvoie à de nombreux autres termes : réseau écologique, infrastructure verte. Des aménageurs s’accordent sur le réseau vert, et la structuration de ce réseau, mais rarement sur les méthodes d’aménagement, les finalités de ces aménagements et les objectifs environnementaux, socio-économiques, culturels ou leur combinaison.
2 Appel à communications du colloque Greenways : The Interconnected Pathways of Communication and the Environment. A NEXUS Interdisciplinary Conference, http://web.utk.edu/~nexus/cfp.php. Consulté le 22/05/2014.
Auteur
-
Nathalie Blanc
Directrice de recherche au CNRS, directrice du Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (Ladyss, UMR 7533), CNRS, université de Paris-Diderot
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