Épilogue
p. 519-526
Texte intégral
1Depuis plus de vingt ans, les membres du programme consacré aux victimes de la procédure de condamnation de mémoire, mise en place à Rome et dans le monde romain à l’issue des ultimes guerres civiles de la République tardive et développée sous le Principat, ont enrichi leurs travaux de dépouillement des sources épigraphiques et littéraires, destinés à constituer une base de données associée à un site accessible aux chercheurs et étudiants, par des rencontres régulières, depuis l’automne 2003 jusqu’à l’automne 2022, afin de réunir des spécialistes au-delà du simple cercle des historiens, philologues et épigraphistes du monde romain antique1. Il s’est agi d’améliorer notre compréhension des mécanismes à l’œuvre, tant du point de vue juridique, des définitions républicaines de l’atteinte à la majesté à la déclaration d’hostis publicus, ou à la perduellio, que du point de vue pratique, afin de montrer comment, pour un damnatus, les mesures à son encontre ont eu pour but d’effacer sa mémoire de diverses manières, notamment les traces écrites et figurées de son identité politique et de son action. En abordant les façons romaines d’appréhender la mémoire collective, au sein d’une culture politique spécifique, et de retoucher l’histoire de la cité, en jouant sur la tradition, le mos maiorum, et ce qui pourrait apparaître comme susceptible de la remettre en cause, les res nouae ou tout simplement le comportement d’un individu – prince, sénateur, chevalier ou notable local, leurs épouses, mères, filles et sœurs –, ses actes mais également son ethos, du moins tel qu’une grille de lecture normée pouvait le rejeter à un moment donné comme déviant. C’est ainsi que les princes et les membres de la domus Augusta ont pu faire l’objet d’une approche orientée de leurs actes et être condamnés de mémoire, au motif qu’ils ne se conformaient plus aux normes considérées comme une règle intangible d’une vision polarisée des bons et mauvais princes, sur le modèle de ce que les Anciens considéraient comme de bons ou mauvais magistrats. L’invective animait les discours des hommes politiques, comme les vertus alimentaient la réflexion des rhéteurs et des philosophes. Le discours sur les boni et mali principes accompagne dès lors dans nos sources les traces de la condamnation des mauvais princes, cette damnatio memoriae que les Modernes ont définie et que nous avons proposé de renommer abolitio memoriae2.
2La richesse des chapitres qui précèdent, dans le cadre de trois grandes parties et des vingt-sept chapitres qu’elles contiennent, ne nous semblait pas devoir être résumée dans une conclusion générale formelle, qui n’aurait pu que reprendre une dernière fois les attendus d’une démarche collective, aventure intellectuelle de longue haleine, qui s’est sans cesse enrichie des apports des collègues nous ayant rejoints dans une même volonté d’éclairer une spécificité romaine, très tôt relevée par l’érudition allemande, puis reformulée dans les trois dernières décennies, à savoir ce que l’on définit comme une culture politique fondée sur des rituels et une construction originale de ce qui fait société, ces linéaments d’une communauté amenée à identifier sa dimension urbaine à l’orbis terrarum en construisant un jeu d’échelle, de l’Vrbs à l’Imperium Romanum. Dans ce cadre, la mémoire collective, l’écriture d’un récit historique au long cours, et les traces de cette procédure spécifique de condamnation de certains individus, concouraient à nourrir nos réflexions collectives sur les rapports entre memoria et oubli.
3S’il convient de relever un des apports majeurs de notre programme collectif de recherche, c’est d’avoir engagé, dans un dialogue fructueux avec de nombreux spécialistes, un travail méthodique et systématique d’inventaire des sources attestant les mesures concrètes de condamnation de mémoire : il s’agit du relevé des traces du martelage des inscriptions, voire de leur regravure3, du poinçonnage des monnaies4, de la retouche des portraits de la statuaire ou des reliefs historiés5, enfin du grattage des papyrus6. Même si, dès les inventaires judicieux mais partiels de Vittinghoff 1936 ou la synthèse très stimulante de Flower 2006, reposant sur un ensemble de dossiers fort bien choisis, une partie substantielle de ce que l’on peut dire de la damnatio / abolitio memoriae a bien été établie et publiée, en assurant ainsi une large diffusion auprès des spécialistes des autres périodes historiques, et notamment du monde contemporain, l’analyse exhaustive de la documentation épigraphique (toujours en cours), attestant les martelages, leur nombre, leur étendue, la répartition province par province, siècle par siècle, personnage par personnage…, a bien prouvé la validité d’une telle enquête. Celle-ci peut apparaître modeste dans son relevé méthodique des traces, mais ô combien ambitieuse dans son approche renouvelée des modes de fonctionnement d’une culture politique, d’un rapport structurant entre mémoire collective et pratique instrumentalisée de l’oubli, d’une diversité des situations rappelant à tout observateur plus ou moins avisé des mondes anciens le pragmatisme des Romains, partagés entre aspects pédagogiques de l’oubli et impossibilité d’une abolition totale d’un individu, de son action, de son insertion dans l’aventure collective de sa cité, de sa province, voire de tout l’Imperium Romanum.
4La diversité et la richesse des dossiers, tant littéraires qu’épigraphiques, qui ont fait l’objet d’analyses collectives de la part du programme de recherche durant une vingtaine d’années ont permis d’acquérir une certaine expertise, nourrie par les dépouillements, province par province, et de proposer des résultats nuancés, en particulier concernant l’extension du phénomène, la variabilité des modalités d’intervention des autorités à tous niveaux, cités, provinces, armées, pouvoir central, ce que confirme le dossier des milliaires (2e partie) traité par différents intervenants lors de notre rencontre madrilène de mai 2022 à la Casa de Velázquez (chapitres 5-14 à propos des « pratiques d’une communication instrumentalisée de la mémoire »).
5C’est par étapes que le processus de condamnation de la mémoire s’est mis en place, à la fin de la République. Une fois élaborés les éléments concourant à une procédure juridique adaptée à la poursuite et la condamnation des hostes publici, le dispositif était prêt à être développé. Marc Antoine apparaît ainsi comme le premier à voir son nom martelé, dès l’annonce de la défaite d’Actium, puis de manière plus systématique à la nouvelle de son suicide et de la prise d’Alexandrie. Les exemples suivants concernent aussi bien des princes et des membres de l’élite aristocratique au service du prince, que des personnages de moindre envergure, dont les fautes relevaient du ressort de leur cité et non du cadre impérial, ce qui atteste l’imitation dans un cadre local des procédures mises en place à l’échelle de l’empire. La 1re partie de ce volume expose les acquis méthodologiques et conceptuels de cette recherche de grande envergure, de la dénomination à la pratique, en grande partie sous le contrôle du Sénat, le prince, a fortiori le nouveau titulaire de la statio principis veillant au sort réservé à son prédécesseur, glorieux ou misérable, futur diuus par la procédure de consecratio ou voué à un oubli très pédagogique7.
6Le réexamen des sources littéraires, la mise en série des inscriptions concernant un prince damnatus comme Domitien, et la découverte de nouveaux documents comme le Senatus consultum de Cn. Pisone Patre (SCPP) au tout début du renouveau d’intérêt pour la « damnatio memoriae » durant les années 1990, nous ont permis de mieux appréhender les modalités de l’application de la condamnation de mémoire depuis la prise de décision par le Sénat à Rome, souvent à la demande de celui qui se trouvait alors légitimé comme nouveau princeps8. Les ordres envoyés ensuite dans les provinces n’ont pas toujours été appliqués avec la même célérité et sévérité : les gouverneurs, pour des raisons qu’il est aujourd’hui rarement possible d’analyser, n’ont bien souvent pas été des relais totalement efficaces. Et quand bien même les ordres étaient transmis avec soin, les cités ou les camps, dans certains territoires de l’empire, n’ont pas appliqué avec efficacité la décision sénatoriale : il était notamment plus difficile d’oublier la mémoire d’un prince proche de l’armée comme Domitien, ou ayant des liens spécifiques avec une cité, une province, et de faire disparaître ainsi le nom d’un prince bienfaiteur, Néron en Achaïe par exemple. C’est ce que nous rappellent les chapitres consacrés aux noms des fêtes et cités de l’empire, ou bien des corps de troupes (3e partie, chapitres 15-23). En revanche, dans d’autres secteurs de l’Imperium Romanum, l’application a pu être plus rude et entraîner des dommages collatéraux pour un individu au nom proche du damnatus et pouvant être confondu avec lui, l’oncle de Géta par exemple, ou pour des membres proches de sa famille, mère ou épouse (ce que développe l’exemple des princesses de la famille impériale, chapitres 24-27). Il convient d’être attentif à cette multiplicité des acteurs engagés dans la procédure d’abolitio memoriae, du centre du pouvoir, dans l’entourage impérial proche, aux gouverneurs des provinces aux statuts divers, publiques et impériales, sous le contrôle de sénateurs ou de chevaliers, jusqu’aux autorités des cités, plus promptes à appliquer les mesures de ce type, qu’elles soient des colonies ou des municipes, et des cités pérégrines, d’Occident et de la partie hellénophone de l’empire. Ces espaces à différentes échelles sont essentiels afin de juger de l’impact différencié des mesures prises, dans des contextes plus ou moins troublés, en particulier lors de conflits militaires, de guerres civiles, d’affrontements plus ou moins violents entre militaires et civils.
7C’est seulement en confrontant une grande diversité de sources, qu’elles soient épigraphiques, numismatiques, littéraires mais aussi iconographiques (statues, reliefs), que nous avons pu constituer des dossiers pertinents pour l’analyse des différents cas. Très vite, il nous est apparu qu’il fallait tenir compte, non seulement du texte, mais aussi du support, peu décrit dans les publications les plus anciennes. Dans la mesure du possible, une nouvelle autopsie sur le terrain ou au moins en recourant à de bonnes photographies a permis de prendre en compte la qualité du martelage : profond, soigneux, ou au contraire par des ratures rageuses témoignant de la violence soudaine entraînée par ce que, pour d’autres périodes historiques, on a pu définir comme des émotions populaires9. La description du martelage permet de compléter notre perception de l’application de la condamnation dans l’ensemble de l’empire. Il ne faut pas oublier que le martelage n’est pas la seule modalité possible d’élimination d’un nom de l’espace public : bases déplacées, plâtrage de la surface… sont autant de modalités qui demandent à tout observateur des pratiques romaines de bien connaître le contexte de localisation initiale, ce qui n’est pas toujours possible à la lecture des comptes rendus archéologiques. Ce contexte peut induire une réécriture sur la zone touchée par le martelage, voire une réutilisation complète de la surface de la pierre, qui devient alors un véritable palimpseste. D’autres textes sont en revanche laissés bien visibles dans les espaces publics, devenant ainsi un exemple pour tous de la punition du personnage condamné, dans ce que nous avons appelé une « pédagogie du martelage ». Ce sont autant de situations variées que nous avons pu illustrer dans le passé, et qui trouvent place également dans les diverses contributions de ce volume.
8Le travail collectif se poursuivra par le dépouillement des martelages des provinces qu’il nous reste à inventorier, il reste tant à faire ! La base de données, conçue à nouveaux frais en raison des évolutions des logiciels durant le dernier quart de siècle10, se complète petit à petit, en devenant ainsi l’objectif premier des membres du programme VAM, qui comptent s’adjoindre de nouveaux collaborateurs, l’objectif étant d’achever les dépouillements dans la décennie qui vient, le site internet associé étant destiné à accueillir au fur et à mesure les nouvelles données épigraphiques collectées. La thématique de la condamnation de mémoire est désormais bien présente dans de nombreuses recherches, couvrant l’ensemble des périodes de l’histoire, le concept de damnatio memoriae ayant été utilisé par des chercheurs de nombreuses disciplines. L’Antiquité offre à ce propos de larges horizons pour des enquêtes renouvelées, comme plusieurs de nos volumes collectifs en témoignent, auxquels on peut ajouter des publications plus récentes ; l’Antiquité tardive, à partir des affrontements entre Païens et Chrétiens, mais également le Haut Moyen-Âge, sont depuis le début du nouveau millénaire un territoire d’investigations fécond aux multiples enjeux11.
9Nos sociétés contemporaines chérissent les commémorations et tentent de sauver de l’oubli tous objets mémoriels jugés essentiels à l’identité des communautés humaines et les recherches historiques tentent, de nos jours, de redonner vie et sens aux traces d’un passé collectif, que le souvenir mais également l’oubli ont pu affecter pour des besoins politiques, sociaux, religieux ou culturels. Les liens entre souvenir ou mnemé, effacement et lieu(x) de mémoire ont été soulignés à de nombreuses reprises depuis les événements traumatiques du xxe siècle, et les effets de certains totalitarismes dans l’instrumentalisation et la réécriture d’un récit mémoriel imposé aux communautés. En nous emparant de ces pratiques antiques, et en essayant de les analyser, nous nous faisons nous-mêmes les agents et vecteurs du rappel, de la récollection, de l’anamnesis, ce qui nous permet d’avancer dans la connaissance des mondes anciens, ici du passé de Rome et du monde romain, de l’histoire et des processus mémoriels. Cette image que nous essayons de recomposer, la plus proche possible de la réalité historique, est, comme le dit Paul Ricœur, dans son maître livre La mémoire, l’histoire, l’oubli, « l’expérience vive : ne parle-t-on pas de souvenir-image, voire de souvenir comme d’une image que l’on se fait du passé12 ? » Gageons que cette image que nous venons de faire naître dans les esprits ait pour vertu de nous mener plus loin dans la connaissance, afin de nous réjouir collectivement d’avoir fait un pas de plus pour l’histoire de Rome et du monde romain, en laissant au poète, figure de proue de nos sociétés bien souvent sans mémoire ni repères, les ultimes mots :
« Figurants dans la mémoire, qui reviennent autrement assemblés.
Revient le quotidien, pesant du poids de mille rencontres d’autrefois.
Il revient, gardant par devers lui vestiges et vertige de la pérennité. »
Henri Michaux13
Bibliographie
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Benoist & Daguet-Gagey 2008 : S. Benoist & A. Daguet-Gagey (dir.), Un discours en images de la condamnation de mémoire, « Collection du CRUHL » 34, Metz, 2008.
Benoist, Daguet-Gagey, Hoët-van Cauwenberghe & Lefebvre 2009 : S. Benoist, A. Daguet-Gagey, C. Hoët-van Cauwenberghe & S. Lefebvre (dir.), Mémoires partagées, mémoires disputées. Écriture et réécriture de l’histoire, « Collection du CRUHL » 39, Metz, 2009.
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de Jong 2007 : J. de Jong, « Propaganda or pragmatism? Damnatio memoriae in the third-century papyri and imperial representation », dans Benoist & Daguet-Gagey 2007, p. 95-111.
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Flower 1999 : H. I. Flower, « Piso in Chicago: A Commentary on the APA/AJA Joint Seminar on the Senatus Consultum de Cn. Pisone Patre », AJPh., 120, 1999, p. 99-115.
Flower 2006 : H. I. Flower, The Art of Forgetting. Disgrace and Oblivion in Roman Political Culture, Chapel Hill, 2006.
Hedrick 2000 : Ch. W. Hedrick Jr., History and Silence. Purge and Rehabilitation of Memory in Late Antiquity, Austin, 2000.
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Stewart 2003 : P. Stewart, Statues in Roman Society. Representation and Response, Oxford, 2003.
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Vittinghoff 1936 : Fr. Vittinghoff, Der Staatsfeind in der römischen Kaiserzeit. Untersuchungen zur « damnatio memoriae », Berlin, 1936.
Notes de bas de page
1Se reporter aux bibliographies et références fournies en ouverture de ce volume (avant-propos et introduction).
2Cf. chapitre 1 et les propos introductifs de P. D. Conesa Navarro, chapitre 26, consacré plus particulièrement aux représentations statuaires, à partir du cas de Fulvia Plautilla et des remarques de Polini 2010.
3On se reportera aux multiples exemples développés dans ce volume, en partant des cas de figure inventoriés dans les exposés collectifs à dimension méthodologique, chapitres 4 et 26, mais également des introductions et conclusions des réflexions ayant porté sur les milliaires, la mémoire en actes des noms de cités, de fêtes ou de corps de troupes, et les données propres aux cas des femmes de la domus Augusta, en tant que victimes collatérales, 2e et 3e parties : chapitres 5 et 14, 15, 16 et 20.
4En partant de Hostein 2004. Pour une illustration des différentes expressions des procédures de la condamnation de mémoire sur supports variés, l’exposition du British Museum : cf. Calomino 2016, avec une importante documentation numismatique.
5On citera les travaux de Stewart 1999 & 2003 et la thèse de Varner 2004.
6Avec les recherches de de Jong 2006 (sa thèse de doctorat sous la direction de L. de Blois), 2007 & 2014 (deux travaux publiés dans le cadre des rencontres organisées par le programme ou bien la SFER, « Société française d’études épigraphiques sur Rome et le monde romain »).
7Sur cette alternative, diuus / diua ou damnatus / damnata, l’exposé de Hekster & de Jong 2008.
8Outre les développements dans ce volume, notamment chapitres 2 & 3, renvoyons à la rencontre de Chicago publiée par l’American Journal of Philology en 1999, avec notamment les remarques de Flower 1999.
9Qui peuvent faire toutefois l’objet d’une réécriture a posteriori, comme en témoigne le témoignage tardif de Lactance à propos de l’élimination de Domitien (Lactant., De mort. pers., 3, 2-4, cité supra Introduction, p. 32, note 8).
10La base VAM est désormais transférée sur le logiciel Heurist, grâce à l’aide de Lucie Salamor, doctorante en Histoire romaine à l’université de Lille, laboratoire HALMA.
11On peut se reporter aux trois volumes messins : Benoist & Daguet-Gagey 2007, 2008 et Benoist, Daguet-Gagey, Hoët-van Cauwenberghe & Lefebvre 2009, pour des ouvertures aux autres périodes de l’histoire, avec Hedrick 2000, à propos de l’Antiquité tardive.
12Ricœur 2000, p. 53.
13Michaux 1972, p. 63.
Auteurs
-
Stéphane Benoist
Université de Lille/UMR 8164 HALMA
stephane.benoist@univ-lille.fr
ORCID : 0000-0003-1910-7986
IdRef : 035272058
-
Sabine Lefebvre
Université Bourgogne-Europe/UMR 6298 ARTEHIS
sabine.lefebvre@u-bourgogne.fr
IdRef : 035272074
-
Anne Daguet-Gagey
Université d’Artois/UR 4027 CREHS
anne.gagey@univ-artois.fr
IdRef : 035428872
-
Christine Hoët-van Cauwenberghe
Université de Lille/UMR 8164 HALMA
christine.vancauwenberghe-hoet@univ-lille.fr
IdRef : 088218465
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