Le rayonnement de la Société académique de l’arrondissement de Boulogne à travers ses membres correspondants (1864-1921)
p. 255-280
Texte intégral
1Au XIXe siècle, les sociétés savantes se créent dans le Pas-de-Calais, répondant à un besoin impérieux des élites intellectuelles d’approfondir l’étude de leur région, sur le plan de l’histoire, des arts, de l’archéologie, de la géographie, des sciences de la vie et de la terre, ou dans le domaine de la linguistique. La Société académique de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer, créée en 1864, est l’une des toutes dernières du département à voir le jour1.
2C’est à l’initiative du sous-préfet de Boulogne, Charles Boyer de Sainte-Suzanne2, qu’est fondée cette Société le 27 mai 18643. De 1864 à 1929, elle publie 12 bulletins et 27 mémoires d’un intérêt considérable. Après la guerre de 1914-1918, le rôle de la Société académique diminue fortement. Outre la disparition des figures de proue, tels que l’abbé Daniel Haigneré, Ernest Deseille, Ernest Hamy, De Rosny, Alphonse Lefebvre et de bien d’autres personnages déjà étudiés par ailleurs, il faut bien réaliser que Boulogne, comme toutes les villes de France, pleure ses soldats morts qui sont au nombre de 1 600, auxquels il faut ajouter les 40 victimes civiles dues aux bombardements. Inévitablement, l’intérêt pour les cimetières mérovingiens et les chartes de l’abbaye Saint-Josse est moindre pour le citoyen de Boulogne qui vient de perdre un fils ou un frère.
3Il reste qu’au moment de sa pleine activité, cette société s’appuie sur un dense réseau de correspondants qui lui permet de rayonner dans la France entière et même à l’étranger, et qu’elle utilise autant pour augmenter sa réputation à l’extérieur que pour conforter la qualité de sa production savante.
4Le premier président de la Société académique est Narcisse Delye4. Homme de loi, avoué et conseiller municipal à Hesdin en 1830, avoué près le tribunal de première instance de Montreuil-sur-Mer, puis magistrat à Dunkerque, et enfin juge de paix à Boulogne jusqu’à sa mort, il est choisi grâce à son expérience de président dans le monde associatif : il avait été élu en 1859 président de la Société dunkerquoise pour l’encouragement des Sciences des Arts et des Lettres, fondée en 1851 par Louis Cousin, un Boulonnais. Pendant son séjour à Montreuil, il écrit dans le journal boulonnais La Feuille d’annonces des articles tels que « Montreuil un jour de marché », « Les fausses vocations littéraires », « Les fêtes données au passage de la duchesse de Berry », etc.
5Moins de deux ans après sa fondation, dans le tome 1 des mémoires daté de 1866, la société publie le nom de 13 membres correspondants et elle continue à le faire les années suivantes.
Répartition géographique des membres correspondants (1864-1921).

6Comme on le voit sur ce graphique, les correspondants proviennent essentiellement de deux zones géographiques : la région parisienne et le Pas-de-Calais (le Boulonnais en grande part), ce qui tend à renforcer les circulations culturelles entre les deux aires. L’origine ne fait pas tout et nombreux sont les Parisiens qui se rendent dans le port pour y prendre un poste de travail et finissent par s’y marier, et les Boulonnais qui, en sens inverse, travaillent et/ou font leur vie à Paris. Nous allons revenir sur les personnages principaux qui alimentent ces circulations entre la Société boulonnaise et la capitale.
7Des précisions sur le métier de ces correspondants indiquent le type de collaboration que la Société souhaitait mettre en place, ainsi que les domaines qu’elle ciblait pour sa production écrite, car ces correspondants allaient à Boulogne donner des conférences et envoyaient des livres et des articles à la Société. Comme on le voit, près de la moitié des correspondants sont des professionnels des savoirs historiques, ce qui va dans le sens souhaité par la Société qui compte laisser une large part à l’histoire et aux lettres.
Profession des membres correspondants.

8Même s’ils ne résident plus à Boulogne au moment de leur activité de correspondant, nombreux sont ceux qui y sont nés et, à distance, continuent de s’intéresser à leur ville d’origine et à produire des écrits sur son histoire. Louis Chauveau (1865)5, publiciste (spécialiste de droit public) et avocat à Paris, auteur en 1874 d’un Guide descriptif du chemin de fer de Boulogne à Saint-Omer6, est de ceux-là, tout comme Louis Cousin7 (1866), membre fondateur de la Société dunkerquoise comme on l’a vu, avocat, magistrat à Dunkerque, et également président des marguilliers de l’église Saint-Éloi. Cousin écrit par ailleurs de nombreux articles et ouvrages sur le Boulonnais, dont 18 sont conservés à la bibliothèque municipale de la ville. Ses notices intitulées « Fouilles à Wissant » (1855), « Fouilles à Audembert » (1865), « Fouilles à Boulogne » (1842 et 1868), « Trois voies romaines du Boulonnais » (1859) montrent qu’il participe aux fouilles archéologiques de la région. Une de ses notices sur l’emplacement de Quentovic est l’objet de contestations de la part de François Robert, curé de Grigny (également membre correspondant), qui écrit que l’emplacement de Quentovic est Saint-Josse, et non Étaples sur la rive droite de la Canche, comme l’affirment Cousin et l’abbé Haigneré. Robert ayant confondu un nom de lieu avec un nom de personne, le secrétaire de la Société académique dit avec un humour sarcastique « qu’il a confondu le Pirée avec un homme ». Le même secrétaire fait alors remarquer avec acrimonie8 que « ces luttes de spécialistes sont frappées d’avance de stérilité, car les auteurs mettent autant de soin à faire le silence sur les documents contraires à leurs thèses que d’ardeur à exagérer l’importance de ceux qui leur sont favorables ».
9Un autre enfant du pays, le Boulonnais Edmond Dupont9 rencontre à l’âge de 12 ans Pierre Daunou, conservateur des Archives nationales, également Boulonnais et ami de la famille, qui le guide dans ses études. Dupont devient à 17 ans employé aux archives et, tout en continuant à travailler, il entre en 1852 à l’École des chartes. Par ses qualités et son travail, il devient chef de section à la direction des archives. En 1882, il dédie à sa ville natale sa transcription du « Registre des dépenses et recettes de Boulogne en 1414-1415 », publiée dans le tome 7 des mémoires de la Société académique, dont l’original est aux Archives nationales. Il n’a de cesse de faire parvenir à la bibliothèque de Boulogne des archives concernant la ville, même si ses travaux portent sur les sujets les plus divers10. Signalons qu’Edmond Dupont et l’écrivain Sainte-Beuve sont cousins par alliance du 4e au 3e degré : Augustine Coilliot, mère de Sainte-Beuve, et Marie Griset, mère d’Edmond Dupont, ont un ancêtre commun : Jean Coilliot (1669-1736), capitaine de navire corsaire, époux de Nicole Fontaine. En 1866, Sainte-Beuve intervient auprès d’un ministre pour que « son cousin » Edmond Dupont obtienne d'ailleurs la Légion d’honneur.
10Eugène Dramard11, homme de lettres, est avocat à la cour de Paris, conseiller à la cour d’appel de Limoges, administrateur des hospices de Boulogne, et marié à une Boulonnaise depuis 1857. S’il est l’auteur d’une Histoire d’Étampes (1855), primée par l’Académie française au concours des antiquités nationales, il a aussi écrit sur sa ville d’adoption. La bibliothèque municipale de Boulogne contient 10 de ses travaux dont « La cathédrale de Boulogne » (1874) ; une « Notice historique sur la Société des Antiquaires de la Morinie » (1882) ; une « Bibliographie géographique et historique du Boulonnais », publiée en 1868 sous l’égide et avec l’aide financière de la Société académique ; « Les volontaires boulonnais en 1791/1793 » (1871) ; « Le capitaine Thurot » (1863).
11De même, Pierre Marguet, né à Paris, se marie à une Boulonnaise, après être venu dans le port pour y officier en tant qu’ingénieur des ponts et chaussées (1811). Nommé correspondant en 1865, il est polytechnicien de formation12. Il rénove le port et construit une écluse sur le fleuve Liane qui porte son nom. L’effet de chasse de cette écluse permettait aux paquebots d’entrer dans le port. Il est aussi l’inventeur, pour les dames, des voitures-cabines de bains sur la plage, « qui garantissent des injures de l’air et des regards indiscrets ». Marguet fait également construire un phare au cap Gris-Nez et à l’embouchure de la Canche. Il s’engage auprès des plus démunis et donne même gratuitement des cours de dessin d’architecture aux ouvriers. Marguet préside la Société humaine des naufrages. Suspecté par le préfet en 1851 d’être « un rouge », il quitte Boulogne en 1853 et s’installe à Lausanne où il crée avec son fils une école polytechnique.
12Charles Barreswil13, chimiste à Paris, meurt à Boulogne en 1870. L’on ne sait s’il s’y est rendu à des fins professionnelles, ou suite à son mariage. Cela demanderait confirmation. Outre ses recherches avec Claude Bernard sur la digestion du sucre par le foie (la glycogenèse), il est professeur à l’école supérieure de commerce de Paris et expert près le ministère de l’agriculture. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur la chimie, dont La chimie photographique, qu’il offre à la Société académique. Il fonde en 1865 La Société de protection des enfants dans les manufactures et contribue à codifier l’Inspection du travail.
13D’autres correspondants ont un lien plus diffus avec Boulogne, même si une certaine familiarité avec le lieu et ses habitants est décelable14. Né à Calais, Athanase Cucheval-Clarigny15 a passé de nombreux séjours à Boulogne, port dans lequel il compte des amis proches. Ancien élève de l’école normale supérieure et de l’École des chartes, agrégé d’histoire, il est publiciste, économiste et historien, et aussi conservateur de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris. L’histoire de Boulogne tient peu de place dans ses œuvres conservées à la bibliothèque municipale, qui concernent plutôt L’instruction publique en France (1883), une Histoire de la presse en Angleterre et aux États-Unis (1857), une Histoire de la constitution de 1852 (1869), L’équilibre européen après la guerre de 1870 (1871). Cent ans après le traité de Versailles de 1918, ce dernier ouvrage conserve encore un vif intérêt, puisqu’il y écrit notamment que « Bismarck rêve de reconstituer le Saint Empire au profit de la Prusse, il faut mesurer la faute que l’Angleterre, la Russie, l’Autriche-Hongrie, ont commise en assistant impassibles à l’écrasement de la France […] Bismarck a des visées d’annexion sur la Belgique (pour Anvers), le Luxembourg et même les Pays-Bas […] La France se doit de répéter à l’Europe que la reprise de l’Alsace-Lorraine est désormais le but invariable, l’unique motif déterminant de sa politique ». La guerre de 1914-1918 était déjà annoncée !
14Cucheval-Clarigny a par ailleurs été témoin au mariage d’un autre membre correspondant, Charles de Ricault16 (1864), né à Boulogne, connu pour ses talents de journaliste à Paris, romancier et historien du Boulonnais. Il passe sa jeunesse au manoir de Questrecques nommé Les Camps-Greslins17, où demeurent ses grands-parents, à la fin de l’Ancien Régime. C’est là que ces derniers subissent les affres de la Révolution que déteste de Ricault. Dans son livre Almanach de la Révolution (1889), il décrit ainsi leurs persécuteurs qui rêvent de les envoyer à la guillotine : « Pierre Patoulet un étranger nommé pour venir espionner le pays, un ex instituteur ivrogne et poussif surnommé Vasseur le pansu, frère du savetier non moins pansu » ; plus loin « le tailleur bossu, le savetier ivrogne, le manouvrier paresseux : les princes du nouveau régime ». La bibliothèque municipale de Boulogne conserve ses œuvres en 20 volumes (1870-1879), surtout consacrées à la Révolution de 1789.
15Certains membres correspondants, tel que Victor Derode18 (1865), le sont à cause des fonctions qu’ils exercent. Secrétaire perpétuel de la Société dunkerquoise, Derode, qui a écrit une Histoire de Dunkerque (1852), conservée à la bibliothèque municipale de Boulogne, et une Histoire de Lille (1848), fait souvent des échanges de mémoires avec la Société académique.
16Les personnages dont il vient d’être question sont les premiers membres correspondants de la Société académique (1864-1866). Leurs qualités intellectuelles suggèrent que, dès sa fondation, cette société savante a une certaine aura en dehors de Boulogne. Deux autres éléments nous semblent d’importance. En premier lieu, la biographie de ces correspondants montre les liens pérennes entre Boulonnais vivant sur place et Boulonnais expatriés. Ensuite, l’animation du port, sa situation au carrefour des grandes voies de chemins de fer et maritimes du nord-ouest de l’Europe, et aux confins de cultures diverses, attirent des Parisiens mais aussi des ressortissants d’autres régions dans ses murs et, à travers des mariages avec des Boulonnaises, leur donnent un nouveau point d’ancrage. C’est le cas de Marguet, membre correspondant par nostalgie de Boulogne qu’il a quittée, ou encore de Dupont et Dramard qui écrivent des ouvrages sur l’histoire de Boulogne et qui correspondent avec la Société académique. C’est donc un réseau de Boulonnais expatriés et de Boulonnais d’adoption qui constitue la matière vive des échanges entre la Société et ses membres correspondants.
17Le prestige de la Société académique devait aller grandissant jusqu’en 1890 environ, année où l’on compte plus de 40 correspondants, dont des étrangers, pour 50 membres titulaires. Ces membres correspondants vont ensuite diminuer jusqu’à atteindre le nombre fatidique de un en 1921 ! Les séquelles de la guerre de 1914 sont là. Dès cette époque, on cesse de les citer dans les mémoires.
Nombre de membres titulaires et correspondants de la Société académique de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer (1864-1921).

18La courbe supérieure du graphique ci-dessus donne le nombre total de membres titulaires (résidents et non-résidents, fondateurs et associés) suivant les années. La courbe inférieure concerne les membres correspondants. On note l’absence de corrélation nette entre les deux courbes, elles évoluent même en sens opposé, sauf dans les années 1880-1900. Autre remarque : en 1890, il y a presque autant de correspondants que d’adhérents, puis le déclin de leur nombre s’amorce et continue jusqu’à leur quasi-disparition.
19Analysons les membres correspondants des années 1866-1872 par le biais des tomes 2, 3, 4 des mémoires. La composante boulonnaise du réseau de correspondants se maintient-elle après l’impulsion de départ ? Elle a sans doute un peu fléchi, compte tenu de l’inflation du nombre de membres correspondants en nette hausse, mais reste active.
20Guillaume Duchenne19, dit Duchenne de Boulogne, est né dans la ville et y exerce par la suite en tant que médecin, avant d’être neurologue à Paris à partir de 1842. Comme on le sait, il utilise l’électricité pour soigner la myopathie et la poliomyélite. Duchenne est aussi un artiste doué pour le dessin et la photographie. À son décès, la Société de médecine de Paris « salue le plus illustre de ses enfants ». De même, Gustave Regnault20, professeur de mathématiques au collège municipal de la ville, puis principal du collège de Péronne, a des attaches à Boulogne. Gustave Lemattre21, médecin, a pour sa part un père avocat à Boulogne ; il obtient en 1865 un prix de l’Institut pour son ouvrage « Recherches expérimentales et cliniques sur les alcaloïdes des solanées », travail qu’il offre à la Société académique et qui est conservé aujourd’hui à la bibliothèque municipale. Durant la guerre de 1870, il est médecin auxiliaire de l’armée du Rhin et soigne au mois d’août à Metz les soldats victimes de maladies contagieuses, dont il meurt lui-même peu après, « victime de son zèle », selon l’inscription que porte sa pierre tombale.
21Pour d’autres correspondants, le lien avec les Boulonnais et leur ville est plus sujet à caution22. Parfois, un rattachement indirect, à travers un Boulonnais de Paris, est néanmoins possible. Ainsi, même si l’on ignore comment le Belge Édouard Dupont23 (1867), un des plus brillants membres correspondants étrangers, l’est devenu, l’on peut pressentir dans sa nomination la médiation d’un Ernest Hamy, lui-même membre associé de la Société académique, médecin et passionné d’anthropologie aux côtés de Broca, préparateur au muséum, à Paris, qui fit entrer à la Société d’autres correspondants (Alphonse Pinart, en particulier). Après un doctorat en sciences naturelles à Louvain, Dupont est nommé directeur du musée d’histoire naturelle de Bruxelles, à l’âge de 27 ans. Un autre motif suggère qu’Hamy aurait pu servir d’intermédiaire à sa nomination : les thématiques de ses recherches et les ouvrages les décrivant, dont L’homme fossile en Europe (1877). Lors de fouilles, il trouve une mandibule d’homme de Néanderthal, dont l’étude contribue aux hypothèses de Darwin concernant l’évolution des espèces. Hamy et ses maîtres Quatrefages et Broca font partie des pionniers en la matière.
22Nul doute que les Boulonnais de Paris firent profiter la Société locale de leur carnet d’adresses. La Société n’est-elle pas placée sous le patronage de Maurice Hamy (1861-1936), neveu d’Ernest, membre d’honneur de la Société académique24 ? De plus, le beau-frère d’Ernest Hamy, Adolphe Delhaye25, professeur de sciences au lycée de Limoges, puis à celui de Saint-Omer, devient également membre correspondant. En 1859, comme professeur de chimie, il est chargé de l’inspection des pharmacies de l’arrondissement de Saint-Omer pour ce qui est de la qualité des médicaments.
23Dans le tome V des mémoires (p. 170-172) pour la période 1873-1876, Ernest Deseille fait un premier bilan de la Société académique. Il déclare notamment que « Par la Société académique, la ville de Boulogne possède un centre d’émulation intellectuelle qui n’a pas été sans exercer une heureuse influence sur la vocation de jeunes érudits promis à la célébrité : MM. Ernest Hamy, Émile Sauvage, Alphonse Pinart, lui donnèrent les prémisses des études par lesquelles ils ont conquis une position fort en vue dans le monde savant […] Alphonse Pinart, voyageur français de haut dévouement, au retour de sa première exploration, voulut bien réserver à notre Société la description d’une chasse aux animaux marins sur la côte nord-ouest de l’Amérique […] Donner à l’Histoire des bases certaines, vérifier les faits à la source même, reconstituer fidèlement le passé historique et géologique, voilà ce qui sera le mérite incontesté du XIXe siècle, et il le devra en partie aux Sociétés Savantes qui, multipliées partout, ont fourni les éléments de la critique historique et scientifique […] ». Le glorieux patronage de membres honoraires comme Sainte-Beuve, Mariette Bey et Sainte-Claire-Deville est également rappelé. Deseille évoque ensuite les conséquences de la guerre franco-prussienne de 1870-1871 sur la vitalité de la Société académique. La France pleure ses provinces et ses fils perdus. La crainte du lendemain et l’angoisse des cœurs humiliés sont les causes d’une torpeur qui éloigne les Français de l’étude du passé. En juillet 1872, on désespère que la Société académique se reconstitue, au point qu’il est même question de l’ensevelir ! Mais elle reprend ses travaux et de nombreux membres correspondants sont alors élus pendant la période 1873-1876.
24Des membres correspondants sont toujours recrutés parmi les Boulonnais expatriés ou à travers les liens familiaux et le mariage avec des filles du Boulonnais. Paul Dewisme26 (1873), natif du port, est greffier au tribunal de Saint-Omer puis à celui de Boulogne. Dans son éloge funèbre retranscrit dans le tome XI du bulletin, Jules Le Cat du Bresty écrit : « Quand la Préfecture et le Parquet lui donnèrent l’ordre de verser aux Archives d’Arras ce que la Révolution avait laissé de pièces et registres de la Sénéchaussée, il le fit à contrecœur, mais il refusa catégoriquement de livrer les registres paroissiaux, sauvant ainsi, de l’incendie du Palais Saint-Vaast en 1915, des documents qu’une centralisation égoïste et sans mesure réunissait à son insu. Le Boulonnais lui doit, pour ce fait, une reconnaissance bien méritée ».
25Autre enfant de Boulogne promis à un bel avenir, Henri Cazin27, médecin à Boulogne, puis à l’hôpital de Berck, où il succède en 1879 à son beau-père Paul Perrochaud. En 1866, il soigne gratuitement des marins victimes du choléra. Pendant la guerre de 1870-1871, Cazin est chirurgien d’un bataillon de la garde nationale et prodigue ses soins aux blessés à l’ambulance du couvent de la Visitation. Il est plusieurs fois lauréat de la faculté de médecine pour ses ouvrages sur le rachitisme et les soins hélio-marins, la syphilis, les varices, et les plantes médicinales indigènes. D’autres correspondants moins connus participent aussi à la vie de la Société : Auguste Leprince28, professeur d’histoire à Meaux puis à Vanves, dont la nostalgie du pays natal a probablement motivé sa nomination comme membre correspondant.
26La ville, en tant que terre de passage depuis l’Antiquité, est des principales raisons de l’agrégation de certains personnages de la région à la Société, car le Boulonnais constitue un authentique domaine de recherche. Georges Vallée29 (1874), avocat, conseiller de préfecture, sous-préfet de Bar-sur-Aube en 1893, député du Pas-de-Calais de 1900 à 1910, confie à la Société académique la copie d’un manuscrit des archives d’Hesdin : « Le livre provincial des blasons d’armes du Boulonnais », daté d’avant 1500. On y retrouve les armes de la ville de Boulogne « De geul au cigne d’argent, bec et pied de sable », tandis que celles de l’abbaye de Samer-au-Bois « D’or à 3 torteaux de geul, à 3 crosses d’azur posées en sautoir, à une teste de cerf de geul en chef » rappellent que les comtes de Boulogne étaient inhumés dans cette abbaye. Par ailleurs, Vallée co-écrit avec un autre membre correspondant, Jules Bertin30, inspecteur des forêts à Douai, une Étude sur les forestiers de Flandre et l’établissement du comté héréditaire de Flandre en 1876, et aussi une « Notice sur les Saxons-Transelbains-Scandinaves en Flandre » en 1879. Ces travaux faits en commun sont les témoins d’un autre processus de nomination des membres correspondants, souligné pour Hamy : la cooptation. En effet, Jules Richard31 (1875) est condisciple de Jules Bertin à l’école forestière de Nancy, puis obtient le diplôme d’archiviste avec une thèse sur « L’administration de Louis VII » à l’École des chartes, institution par laquelle sont passés plusieurs Boulonnais. Archiviste du Pas-de-Calais, il écrit de nombreux ouvrages et mémoires dont Mahaut comtesse d’Artois et de Bourgogne (1887) ; « Les baillis d’Artois au XIVe siècle » (1886), tous deux conservés à la bibliothèque municipale, ainsi que « Thierry d’Hireçon agriculteur artésien (13.. -1328) » et « Deux anciens plans de Thérouanne ». Dans une lettre à sa mère, Richard écrit le 8 février 1874 : « Le patriotisme breton n’atteint pas la fougue artésienne, c’est à croire que la France a été annexée à l’Artois […] Les Douaisiens appellent leur ville l’Athènes du Nord […] Un caractère de ce pays est l’esprit d’association, il y a je ne sais combien de cercles, de sociétés artistiques, savantes, agricoles, etc. »
27Les religieux, bien qu’en petit nombre, participent à l’essor de la Société. L’abbé François Robert32 (1874) est successivement curé de Merck-Saint-Liévin, Le Transloy, Gouy-Saint-André, Fouquières-les-Lens et Grigny. Il écrit des notices historiques sur Merck-Saint-Liévin, Fauquembergue, la vie de saint Martin évêque et martyr, les églises de Busnes et Bomy. Il est aussi membre correspondant de la Société des antiquaires de la Morinie, pour laquelle il écrit un mémoire sur l’emplacement de Quentovic. Il conteste l’hypothèse de l’abbé Haigneré plaçant Quentovic sur la rive droite de la Canche, ce qui provoque l’ire du secrétaire de la Société académique33. Il semble finalement que l’abbé Robert ait eu raison ! Jean Dhondt, archiviste à Bruxelles, montre en 1962 que Quentovic se trouvait sur la rive gauche de la Canche. D’autres découvertes archéologiques faites en 1983 par Pierre Leman confirment cette dernière hypothèse.
28Jules Lion34 est conducteur des ponts et chaussées et aussi inspecteur des promenades du 1e arrondissement à Paris. Il est chargé de l’amélioration des boulevards extérieurs, de la construction d’aqueducs, des travaux de soutènement de la butte Montmartre. En 1870, lors du siège, il renforce les portes Dauphine et de la Muette. Intéressé par l’histoire de sa région, il écrit des notices sur les voies romaines d’Amiens à Boulogne et de Boulogne à Cassel ; les batailles de Crécy et de Renty ; les églises d’Auchy-les-Hesdin et Cavron-Saint-Martin, Portus Itius. Lion a aussi rédigé Hesdinfort : Histoire d’Hesdin, d’après le nouveau nom donné à la ville suite à sa destruction par Charles Quint en 1553.
29Gatien Chaplain-Duparc35, quant à lui, est ingénieur diplômé de l’École centrale. Il est ensuite capitaine au long cours et voyage en Amérique du Nord où il est chercheur d’or, puis il s’intéresse à la vie des Indiens Utes, ce qui développe en lui une vocation d’archéologue et d’ethnologue. Il fait de nombreuses fouilles en France, notamment en Bretagne, et lègue ses collections au Mans. Chaplain-Duparc participe aussi aux fouilles dans le Boulonnais aux côtés d’Ernest Hamy et d’Émile Sauvage. C’est ainsi qu’en 1874 il étudie la grotte de Clèves, située dans les carrières de marbre de la Vallée Heureuse à Rinxent, et y découvre les ossements d’un ours des cavernes, des débris de rennes et des silex taillés en couteaux36. Dans la Haute et Basse Falize (entre Hydrequent et Rinxent), il met au jour des ateliers pour la taille du silex. Grâce à Hamy, les vestiges ainsi découverts sont confiés au musée de Boulogne.
30Des étrangers, comme le Suédois Herman Hofberg37, d’abord médecin, se tournent ensuite vers l’histoire et l’archéologie. Dans le tome IV des mémoires de la Société académique (p. 229), il décrit les vestiges de l’âge de pierre en Égypte trouvés par Ernest Hamy et François Lenormant, lors de leur voyage en 1869 pour l’inauguration du canal de Suez. Pendant une excursion sur une montagne face à Louxor de l’autre côté du Nil, Hamy et Lenormant trouvent des silex qui semblent avoir été travaillés comme ceux façonnés en Europe. Hamy confie ces objets à un Suédois présent à cette inauguration : le capitaine Oscar von Knorring qui n’est autre que le beau-frère d’Hofberg ! Les archéologues suédois confirment ensuite que les silex proviennent d’un âge de pierre existant jadis en Égypte38. On voit dans ce nouveau cas de figure, l’importance d’Ernest Hamy et de ses proches dans l’activité de la Société.
31L’apport d’Alfred Giard39 au Boulonnais est tout à fait singulier. D’abord élève à l’École normale supérieure, il obtient dans des délais très brefs trois licences, de mathématiques, sciences physiques et sciences naturelles, puis un doctorat dans cette dernière spécialité. Avec ses propres ressources, il crée en 1874 le laboratoire de recherches marines à Wimereux, à côté de Boulogne. En 1881, il est professeur de zoologie à la faculté de Lille, puis devient maître de conférences à l’École normale supérieure en 1887. Il est un des pionniers de la théorie de l’évolution. En 1888, dans La Revue scientifique, il présente une histoire du transformisme naissant chez Buffon, se développant dans trois pays avec Gœthe, Darwin et Lamarcq.
32On crée pour lui une chaire en Sorbonne, celle de L’évolution des êtres organisés. Dans le tome VIII des bulletins de la Société académique, Giard écrit avec Casimir Cépède, son préparateur à Wimereux, une étude sur la ponte de la morue en mer du Nord. Giard est aussi député radical de gauche à Valenciennes de 1882 à 1885 ; en 1884, pendant une période de grèves des mineurs, il fait visiter le bassin minier à Émile Zola qui s’apprête à écrire Germinal.
33De même, François Cossonnet40 (1889), pourtant né en dehors de Boulogne, y est conseiller municipal avant de le devenir à Versailles où il n’oublie pas son domicile précédent. Il écrit plusieurs ouvrages ou articles sur le château de Boulogne, la colonne de la Grande Armée, les héros de 1793 Bara et Viala, conservés à la bibliothèque municipale, ainsi que sur Versailles, Champlan, Châteaufort et Palaiseau. Il est vivement remercié le 8 août 1886 (tome IV du bulletin) par la Société académique pour avoir offert à la ville de Boulogne des plaques à poser sur les maisons natales ou mortuaires de six célébrités de Boulogne : Pierre Daunou, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Jacques-Oudart Fourmentin dit Bucaille, Jacques-François Henry, Jean-Jacques Leuliette, Frédéric Sauvage.
34Natif de Saint-Omer, Émile Pagart d’Hermansart41 (1884) est licencié en droit et président de la Société des antiquaires de la Morinie. Il a écrit 40 notices et livres sur l’histoire locale, parmi lesquels : « Adam de Milly bailli de Saint-Omer en 1216 » ; « L’ambassade de Raoul de Fiennes en Angleterre en 1330 » ; « Histoire du bailliage de Saint-Omer de 1193 à 1790 » ; « La Ghisle ou Coutume de Merville ». Dans le tome IV du bulletin de la Société académique, il écrit une notice sur son aïeul François Pagart d’Hermansart, qui fut le dernier président et lieutenant général de la sénéchaussée du Boulonnais de 1770 à 179042.
35D’autres personnages, tels que Stanislas Meunier43 (1880), s’intéressent aux paysages du Boulonnais. Docteur ès sciences en 1869, il est géologue, journaliste scientifique et professeur de géologie au muséum d’histoire naturelle, et de physiologie à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses. La bibliothèque municipale conserve plusieurs de ses ouvrages ou articles (une centaine environ) dont « Excursion géologique aux falaises de la Manche entre Boulogne et Wimereux en 1891 » ; « Traité pratique de paléontologie française ». Il étudie aussi les tremblements de terre, l’histoire des pierres tombées du ciel, l’origine du système solaire, la constitution des météorites. En 1921, il envoie son livre Les glaciers et les montagnes à la Société académique.
36D’autres correspondants, originaires de Paris, participent aux concours provinciaux. Raphaël Pinset44 (1880), instituteur, directeur d’école puis inspecteur primaire à Paris, est l’auteur de « L’histoire du portrait en France » pour lequel il obtient un prix de 500 francs par la Société des études de Paris en 1882, dont il devient plus tard le secrétaire. En 1884, Pinset obtient une mention honorable lors du concours d’histoire de la Société académique pour un mémoire intitulé « Un épisode de l’histoire de Boulogne : la guerre de Lustucru ».
37Celle-ci ne dédaigne pas non plus les personnages hauts en couleur, autodidactes de la dernière heure. Ces correspondants plus lointains disent l’ambition régionale de la Société qui, par ses écrits, entend aussi couvrir les territoires limitrophes de l’Aisne, de l’Artois et du Nord. Frédéric Moreau45 demeurant à Paris, rue de la Victoire n° 98, admis membre correspondant en 1883, est un de ces personnages atypiques. Il est d’abord « marchand de bois carrés », puis membre du conseil d’escompte de la banque de France et conseiller général de la Seine. Il décide à 75 ans de se retirer des affaires et de devenir archéologue. Il fait don à la Société académique d’un album, fruit de ses recherches dans les sépultures de Caranda (Aisne), de bijoux, armes, concernant des objets d’époque préhistorique, gauloise, romaine et franque. Il est dit que ces objets sont visibles au domicile de Moreau qui a installé un musée chez lui. Moreau fait aussi des fouilles à Nampteuil-sous-Muret et à Ciry-Salsogne, dans l’Aisne, dont il communique les résultats à la Société.
38Robert Guerlin46, propriétaire, conseiller municipal, est président de la Société des antiquaires de Picardie. Il offre à la Société académique deux de ses ouvrages : « La confrérie de saint Sébastien à Amiens au XVIIe siècle » ; « Amiens pendant la maladie de Louis XV ». Dans le tome IV du bulletin de la Société académique, il publie les notices « Notes sur les comptes communaux d’Amiens en 1415 » concernant les relations militaires entre Amiens et Boulogne ; « Documents inédits du château d’Heilly » contenant par exemple la prise de possession du prieuré de Saint-Inglevert en 1609 par François Le Vasseur, chanoine de Boulogne ; « Un pèlerinage judiciaire à Notre-Dame de Boulogne à Noël 1467 » concernant une femme prisonnière du beffroi d’Amiens pour larcin. C’est grâce à lui que les Archives départementales de la Somme possèdent un fonds (12J) de 77 581 fiches alphabétiques des habitants d’Amiens de 1550 à 1888 qui avaient été élaborées par Dubois (1824-1900), chef de bureau à la mairie d’Amiens.
39Léon Plancouart47 est lui aussi élu membre correspondant à 19 ans. Il est instituteur à Berck-sur-Mer, puis en région parisienne, pour les enfants de l’assistance publique. Il est aussi archéologue et historien du Vexin. À ce titre, il écrit des notices sur l’histoire de Verton et celle de Chars, l’art en Vexin, un cimetière mérovingien à Guéry, l’église de Bellay et les cloches d’Arthies. Il a aussi écrit sur Berck : « Scènes et coutumes de la vie berckoise » ; « Notes sur la population de Berck pendant la Révolution » ; « Monographie sur l’église de Berck ».
40De même, Célestin Landrin48 (1887), juge de paix à Guînes puis à Ribemont, communique à la Société académique son ouvrage daté 1885 sur l’industrie des tulles et dentelles mécaniques depuis sa création jusqu’à nos jours. Il publie aussi en 1893 une notice intitulée : « Un voyage à Calais, Guînes, Ardres et Saint-Omer en 1682 », voyage fait par White Kennet, un prêtre anglican âgé de 22 ans. Avant la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, Guînes est un centre important du protestantisme en France, ce que décrit simplement mais clairement ce pèlerin qui est aussi un touriste pendant son voyage de trois semaines.
41Des Boulonnais expatriés ou itinérants continuent d’alimenter la catégorie des correspondants. Charles Varey49 (1883), publiciste et homme de lettres, est journaliste à Boulogne à La Colonne de 1866 à 1875, puis rédacteur scientifique aux journaux parisiens L’Estafette, La France, La Presse de 1875 à 1880. Il crée ensuite à Paris un journal de type nouveau, La correspondance scientifique et devient chargé de mission lors d’expositions internationales. De même, Edmond Magnier50 fait sa carrière entre Paris et Boulogne. Il est d’abord imprimeur à Boulogne, puis journaliste ; il fonde en 1869 le journal La France du Nord, puis quitte Boulogne après 1871 pour Paris, où il fonde L’Événement en 1872. Il a ensuite une carrière politique agitée et devient sénateur du Var de 1891 à 1895. Comme membre correspondant de la Société académique, il obtient un prix pour son Histoire de Boulogne dans la première moitié du XVIIIe siècle en 1866, dont le contenu figure dans le tome V des mémoires. Il a écrit aussi « Dante et le Moyen Âge ».
42Autre personnage en devenir, Camille Enlart51 (1881), alors élève à l’École des chartes, est élu membre correspondant à l’âge de 19 ans. Historien de l’art, il est spécialiste de l’archéologie médiévale et de l’art médiéval français, l’art cistercien en particulier, en Europe et dans les pays de l’Orient latin. Il devient directeur du musée d’architecture du Trocadéro. Il a laissé à la postérité, non seulement ses collections au musée de Boulogne en 1926, mais aussi 147 ouvrages et notices, parmi lesquels Boulogne monumental, Monuments religieux de l’architecture romaine et de transition dans la région picarde, Origines françaises de l’architecture gothique en Italie, conservés à la bibliothèque municipale. Toute sa vie, Enlart s’insurge contre l’usage du mot « gothique » ; il rappelle qu’en 1410 lors de la construction de la cathédrale de Milan confiée au parisien Jean Mignot, ce que nous appelons aujourd’hui oculus gothique se nommait alors oculus français. Pour la Société académique, il a rédigé : « Joseph Hector de Rosny (1806-1892) : notice biographique » ; « La Porte des Degrés à Boulogne » ; « Notice sur les travaux de Victor-Jules Vaillant ». Il a aussi écrit des notices sur les remparts et les monuments anciens de Boulogne dont le beffroi et la léproserie de la Madeleine, ainsi que sur les cathédrales disparues : Arras, Boulogne, Thérouanne.
43La période 1885-1890 marque l’apogée de la Société académique pour ce qui est du nombre et de la qualité de ses membres correspondants. Si l’on rencontre des amateurs-érudits, on y trouve aussi beaucoup de chercheurs universitaires au sens actuel du terme. La qualité des articles des mémoires et bulletins en témoigne. Il n’y a pas de nouveaux membres correspondants entre 1890 et 1898, signe d’un léger essoufflement, puis le recrutement reprend par la suite, entre 1898 et 1915, mêlant toujours Boulonnais expatriés, résidents boulonnais et non-Boulonnais.
44Natif de Boulogne, Henri Malo52 (1897) est d’abord historien. Vers 1890, il part à Paris, suit les cours de l’École du Louvre, où il obtient un doctorat pour une thèse sur « Renaud de Dammartin et la coalition de Bouvines ». Cet ouvrage sur un des comtes de Boulogne est récompensé d’un prix de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Malo écrit aussi une Petite Histoire de Boulogne. En 1908, il publie Les Corsaires, où il répertorie les corsaires boulonnais, leurs navires, leurs prises et rédige une biographie pour chacun d’eux. Il écrit en tout 40 ouvrages. Pendant la guerre de 1914-1918, il séjourne à La Panne comme correspondant de guerre de plusieurs journaux parisiens dont L’Excelsior. Cette période tragique l’amène à écrire plusieurs ouvrages sur les villes meurtries de Flandre et de Picardie. Il devient conservateur du musée Condé de Chantilly, en 1931, où il inaugure la notion d’exposition temporaire, meilleur moyen selon lui pour faire connaître au public les collections des musées. Malo préside l’Amicale des Boulonnais de Paris qui compte 170 adhérents en 1927, dont Paul Graf statuaire, Jules Bénart, Georges Mabille, Eugène Aigre, Marcel Altazin, Georges Lenglet, Ludovic Naudeau journaliste, et Camille Enlart. Il a donc outre sa production intellectuelle un rôle majeur dans le dynamisme des relations culturelles entre Boulogne et le reste de la France.
45Dans un autre registre, un autre Boulonnais de Paris, s’est fait remarquer. Artiste peintre à Paris, élève de Bouguereau, Florent-Pascal Buret53 a exécuté en 1889 un portrait posthume d’Auguste Mariette conservé au musée de Boulogne.
46Roger Rodière54 (1895), quant à lui, est une célébrité dans le monde des historiens locaux et des généalogistes. Il étudie et transcrit les « Registres aux insinuations du Boulonnais », analyse d’innombrables minutes notariales de Montreuil-sur-Mer et Boulogne. Parmi ses œuvres on note l’Épigraphie du Pas-de-Calais55 ; La Picardie historique et monumentale ; Le pays de Montreuil ; Notice sur les anciennes églises et monastères de Montreuil-sur-Mer. Rodière a une préférence pour l’histoire religieuse. Il publie Les corps saints de Montreuil-sur-Mer. Dans le tome XXIX des mémoires de la Société académique (1910), il rédige le « Terrier de Beaulieu en 1256 » et une étude sur l’église de Dannes. Dans ce dernier travail, il milite pour une restauration « intelligente » des églises et écrit « dans les campagnes, depuis la restauration de l’art gothique, la manie des nouveautés sévit avec fureur. J’ai vu à Blendecques démolir un chœur merveilleux du XIIe siècle, sous le fallacieux prétexte qu’il n’était pas dans l’axe d’une nef neuve ». En 1925, Rodière publie une autre œuvre majeure, Les vieux manoirs du Boulonnais56. Dans la préface, il est écrit : « Le Boulonnais est une terre accidentée, pittoresque, au sol âpre et rude, éternellement balayée par les vents du large […] Dans la suite des siècles, il fut un champ de bataille, une marche guerrière, quelque chose comme les confins militaires du royaume de France ». Cela explique le nombre élevé de manoirs boulonnais dans cette région qui fut longtemps la plus septentrionale du royaume. On note que dans la liste des premiers souscripteurs figurent un grand nombre de membres de la Société académique, tels que Enlart, Vallée, Thobois, Gros, Dutertre, Deschamps de Pas, Delamotte, de Calonne, de Loisne, de Rosny, signe d’une bonne ambiance dans cette Société et d’un intérêt mutuel.
47Auguste Menche de Loisne57 (1903), docteur en droit est archéologue et historien ; il milite dans de nombreuses sociétés savantes qu’il préside parfois comme la Société des antiquaires de France. Avec Henri Loriquet et Roger Rodière, eux-mêmes membres correspondants de la Société, il contribue à la rédaction de l’Épigraphie du Pas-de-Calais. Parmi ses nombreuses publications on note : Le cartulaire des chapellenies d’Arras ; Une cour féodale vers la fin du XIIIe siècle : l’hôtel de Robert II comte d’Artois ; Catalogue raisonné des cartes et plans de l’ancienne province d’Artois ; Superstitions, croyances de usages particuliers d’autrefois à Montreuil-sur-mer ; Les anciennes localités disparues du Pas-de-Calais ; Les baillis et gouverneurs de Béthune de 1210 à 1789 ; France et Angleterre, étude sociale et politique.
48Trois religieux sont recrutés dans les années 1890-1910. L’abbé Henri Debout58 (1896), curé à Arras, s’intéresse aussi à l’histoire de sa région. Il édite des notices sur un calvaire d’Arras, un séjour de Jeanne d’Arc dans cette ville, l’appréciation du duc de Bedfort sur l’œuvre de Jeanne d’Arc, les Cent-Jours, la vie de saint Vincent de Paul. Il est aussi archéologue et communique à la Société académique les résultats de ses fouilles au cimetière de Tardinghen, où il met au jour une tombe franc-carolingienne contenant un coquillage cyprae vinosa qui était, dans l’Antiquité, une sorte d’amulette que les femmes portaient pour conjurer la stérilité. Le 26 juin 1897, à Boulogne, il fait une allocution lors de la prise de vœux de sa sœur Péronne au monastère de la Visitation. Debout devient ensuite archiprêtre à Calais et contribue à la construction de la chapelle de Notre-Dame-des-Armées, inaugurée en 1924.
49L’abbé Georges Delamotte59 (1908) est vicaire à Boulogne (Saint-Nicolas), professeur à Saint-Omer et Arras, aumônier du lycée Ribot en 1908 et bibliothécaire à Saint-Omer. Il publie plusieurs études dans les bulletins et mémoires de la Société académique : « Sondages pour découvrir du charbon, faits à Quesques dès le règne de Louis XIV » ; « Une scène d’anarchie à Boulogne en 1581 » ; « Les religieux de Notre-Dame de Boulogne en 1571 » ; « La nomination des maîtres d’école avant la Révolution » ; « Le collège des Dominicains de Desvres » ; « Chartes provenant de Courset » ; « L’impôt de 3 000 livres à Desvres en 1661 » ; « La chapelle castrale d’Acquembronne à Lumbres » ; « Le renouvellement de la loi à Desvres au XVIe siècle » ; « Répertoire des archives communales de Saint-Omer », etc.
50L’abbé Jules Gerrebout60 est curé d’Ambleteuse de 1909 à 1912, des Baraques près de Calais en 1912, et de Saint-Omer (Saint-Sépulcre) de 1936 à 1959. Aux Baraques, il joue un rôle de syndicaliste en faveur des marins les plus démunis. Historien, il publie dans le tome XXVIII des mémoires une monographie d’Ambleteuse. Il rédige d’autres notices sur les souvenirs des relations entre Calaisiens et Audomarois entre 1533 et 1539, les martyrs anglais à Calais, l’émail conservé au musée de Calais, relatif à la reprise de cette ville par le duc de Guise.
51Des étrangers comptent toujours dans l’effectif des correspondants. L’Anglais Horace Round61 (1900), docteur en droit à Édimbourg, est historien et généalogiste de la période médiévale anglaise. Il publie des notices sur Geoffroy de Mandeville (1092-1144), baron anglo-normand qui joue un rôle important dans la période appelée l’anarchie anglaise (1138-1153) qui oppose deux prétendants au trône ; l’Angleterre féodale des XIe et XIIe siècles ; les débuts d’Anne Boleyn ; la commune de Londres. Horace Round contribue à l’étude et à la traduction du latin en anglais, du Domesday Book, réalisé en 1066 pour Guillaume le Conquérant. Il est également conseiller de la famille royale pour les questions de généalogie.
52Le Belge Robert Beaucourt de Noortvelde62 (1913) est un historien local demeurant à Ghistelles près d’Ostende. En 1899, il écrit une brochure décrivant et vantant les qualités de la jeune station balnéaire « Den Haan » (alias Le Coq-sur-Mer) ; selon la légende, c’est grâce aux cris d’un coq sur un bateau en détresse que les riverains ainsi prévenus ont pu sauver les passagers. Il écrit pour la Société des antiquaires de la Morinie une « Étude généalogique sur les Beaucourt du nord de la France ». Son œuvre majeure « Sinte Godelieve van Gistel » (1897) est consacrée à la vie de sainte Godeleine, née vers 1045 à Wierre-Effroy, décédée dans des conditions tragiques vers 1070 à Ghistelles, suite à un mariage malheureux.
53Casimir Cépède63 (1907) est biologiste. Il est d’abord préparateur à la station zoologique de Wimereux, obtient un doctorat en sciences naturelles, puis en 1907 quitte Wimereux pour Paris, où il crée un cours de bactériologie clinique dans une école technique. En 1918, il fonde et dirige l’Institut de biologie appliquée à Paris. Il écrit 94 mémoires scientifiques, entre autres sur le paludisme et la fièvre aphteuse, et fait 40 conférences de biologie pour l’hygiène. Pour la Société académique il écrit des notices sur la formation des dunes dans le Boulonnais, la biologie de la sardine, une nouvelle diatomée méritique (sorte de plancton), un tumulus funéraire à Wimereux. Dans son dossier pour l’obtention de la Légion d’honneur, on signale qu’à trois reprises il a sauvé la vie d’une personne de la noyade, et que pendant la Grande Guerre, il est bénévole au laboratoire contre la typhoïde aux armées, et aussi professeur bénévole à l’école des ambulancières.
54À partir de 1920 (tome XI du bulletin, années 1922-1929), la Société académique ne cite plus de membres correspondants, mais continue à recruter de nouveaux adhérents. Chaque mois, lors des réunions, on signale que 10 sociétés savantes environ ont envoyé leurs publications qui proviennent d’horizons variés (Aix, Toulon, Versailles, Bourges, la Creuse, Philadelphie, la Suède, le Danemark). À cause de la Grande Guerre, non seulement il n’y a aucun échange de courriers ou d’ouvrages avec l’Allemagne, mais même en France les blessures tant matérielles que morales freinent la diffusion de la culture. Cependant, la Société académique, comme on peut le voir dans ce même bulletin, continue au mieux ses recherches historiques et géologiques. On cherche à savoir si les Mérovingiens ferraient leurs chevaux comme les Gaulois, alors que les Romains ne le faisaient pas.
55Roger Rodière organise des sorties culturelles dans le Boulonnais et écrit une notice sur « Les prieurs de la Chartreuse Notre Dame des Prés à Neuville sous Montreuil ». Camille Enlart démontre en 1926 que le reliquaire du Saint Sang de Boulogne est l’œuvre de Guillaume Julien, orfèvre de Philippe le Bel, car il connaît déjà 14 pièces de ce style faites par cet orfèvre. Ce roi a probablement offert le reliquaire à Notre-Dame de Boulogne lors du mariage de sa fille Isabelle avec le roi d’Angleterre en 1308. Le docteur Émile Dutertre prouve que le pillage de la cathédrale de Boulogne en 1567-1568 est le fait de huguenots flamands et non de huguenots boulonnais. Il étudie aussi les toponymes d’origine germanique dans le Boulonnais et signale que pendant la Grande Guerre, étant prisonnier en Allemagne, il a lu dans La Gazette de Francfort un article donnant la nomenclature de ces noms d’origine germanique dans le Boulonnais et donc que cette région devait leur revenir, la Somme servant de frontière ! On discute de la présence des femmes dans les sociétés savantes ; un orateur dit « qu’il faut lever les vannes au ruisseau qui chante, mais qu’il faut les fermer au torrent qui pourrait tout emporter » ; en 1921, pour la première fois, une dame est admise à la Société académique : madame Lorgnier du Mesnil, femme de lettres.
56Même si, vers 1935, la Société académique perd de son éclat, la présente étude de ses membres correspondants et de leurs travaux montre qu’elle a bien été un moteur du lien culturel entre Boulogne et l’extérieur, et de diffusion de la recherche, tant historique que géologique ou zoologique. Il est donc étonnant que dans l’Histoire de Boulogne-sur-Mer, dirigée par Alain Lottin (Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2014), la Société académique de l’arrondissement de Boulogne-sur-Mer, créée en 1864, ne soit pas citée une seule fois dans le chapitre consacré à « La vie culturelle à Boulogne au XIXe siècle ».
Notes de bas de page
1La Société des Antiquaires de la Morinie, fondée en 1831 à Saint-Omer, étudie les monuments et documents anciens concernant l’ancienne Morinie. L’Académie d’Arras pour l’encouragement des lettres et des arts, qui existe depuis 1737, et dont les archives ont été dispersées à la Révolution, publie néanmoins 37 volumes de documents inédits de 1818 à 1866. À Calais est fondée en 1799 (le 5 ventôse an VII) la Société d’Agriculture, des Sciences et des Arts, qui publie de 1839 à 1851 de nombreux ouvrages sur l’histoire du Calaisis. Depuis 1797 existe à Boulogne la Société d’Agriculture, des Sciences et des Arts qui publie aussi de nombreux mémoires ; dissoute le 8 mai 1858 par le préfet, elle est rétablie le 10 août suivant mais ne s’intéresse pas à l’histoire.
2Charles Boyer de Sainte-Suzanne est né le 4-11-1824 à Paris, fils de Maurice Boyer, officier d’état-major, et d’Alexandrine Bruneteau de Sainte-Suzanne. Il est sous-préfet à Boulogne de 1862 à 1868. Le 3-5-1854 à Dijon, il épouse Marie de La Cuisine, née le 25-10-1829 à Dijon, fille de François, président de la Cour de Dijon, et de Marie Brenet. Charles Boyer meurt à Monaco le 14-1-1884 où il était gouverneur.
3Pour simplifier nous l’appellerons désormais Société académique.
4Narcisse Delye est né à Paris le 2 frimaire an II, fils de Charles et Marie Duquesnel. Le 13-6-1840 à Montreuil-sur-Mer, il épouse Louise Famechon, née le 20-11-1817 à Aire-sur-la-Lys, fille de Louis, contrôleur des contributions directes, et de Louise Leroy. Ils décèdent à Boulogne, lui le 1-10-1866 et elle le 31-8-1881. Notons que Charles Delye père était né le 24-1-1743 à Neufchâtel (près de Boulogne). Il y a quelque part un atavisme de Delye pour le Boulonnais.
5Entre parenthèses figure la date à laquelle la nomination comme membre correspondant a été faite. Constant Hippolyte Louis Chauveau est né à Boulogne le 12-1-1826, fils de Constant, négociant en bois, charbon, eau-de-vie, maire de Boulogne en 1848/1849, et de Geneviève Sire. Il meurt à Lille (ou environs) le 29-1-1889.
6Bibl. mun. de Boulogne, S.B.A. 3b, no 13.
7Louis Célestin Cousin est né le 19 floréal an XI à Boulogne, fils de Philippe, brasseur de bière, et Euphroisine Dhoyer. Le 1-5-1843 à Dunkerque, il épouse Caroline Alard, née audit lieu le 12-10-1813, fille de Philibert, négociant, et de Julie Lieven. Louis Cousin meurt à Wormhout (Nord) le 17-9-1872 dans sa maison de campagne.
8Bulletin de la Société académique, 13-1-1875, p. 242.
9Edmond Louis Dupont est né le 16-10-1827 à Boulogne, fils de Louis, capitaine d’un régiment d’infanterie, et Marie Elisabeth Griset. Le 14-4-1857 à Ribémont (Aisne), il épouse Julie Madeleine Nicolette Châtelain, née à Ribémont le 3-1-1829, fille de Pierre, lieutenant de cavalerie, et Élisa Hécart. Une fille de ce couple est Nicolette Louise Dupont, née à Paris (8e) le 25-5-1858, qui épouse audit lieu le 19-4-1881 Léon Hennique, homme de lettres de tendance naturaliste en relation amicale avec Émile Zola avant l’affaire Dreyfus, président de l’Académie Goncourt en 1912, qui est décoré en 1895 de la Légion d’honneur par Alphonse Daudet. Edmond Dupont et son épouse meurent à Paris (8e), lui le 2-3-1886 et elle le 1-2-1895.
10Parmi ses œuvres figurent « Les sceaux du Châtelet de Paris » ; « Documents inédits de la période constitutionnelle de Louis XVI » ; une « Liste générale des noms de lieux cités dans les listes de saints d’après le martyrologe universel » (1866) et « Du droit que la Lorraine et l’Alsace ont de rester françaises » (1871).
11Eugène Dramard est né le 6-3-1831 à Étampes (Essonne), fils de Hêtre, notaire à Boulogne de 1836 à 1843, et Marguerite Godin. Le 16-2-1857 à Boulogne, il épouse Charlotte Duchochois, née audit lieu le 9-9-1835, fille de Louis, négociant et juge au Tribunal de commerce, et de Charlotte Saint-Gest. Il meurt à Boulogne le 18-12-1906.
12Pierre Marguet est né le 14-8-1785 à Paris (Saint-Jean-en-Grève), fils de Claude, cordonnier natif du Doubs, et Jeanne Roy. Le 5-1-1814 à Boulogne, il épouse Stéphanie Julbin, née le 18 vendémiaire an V, fille d’Étienne, receveur des droits, et Jeanne Cuvelier. Il épouse en secondes noces le 25-11-1846 audit lieu Désirée Livois, née le 6 brumaire an 8, fille d’Amable et Robertine Guerlain, sœur d’Eugène Livois futur maire de Boulogne. Pierre Marguet meurt à Lausanne le 29-11-1870.
13Charles Barreswil est né le 13-12-1817 au Château de Versailles, fils de Cyr, employé du château, et Madeleine Cambon. Le 22-6-1847 à Paris, il épouse Louise Leroy, née le 22-6-1817 à Paris. Barreswil meurt à Boulogne le 23-11-1870.
14Charles Henneguier (1865), avocat à Montreuil-sur-Mer, écrit de nombreuses notices sur l’histoire de la Picardie. La Bibliothèque conserve « Les jeux de l’enfance à Montreuil » (1845), les Archives départementales possèdent un fonds coté 7J relatif à ses écrits. Charles Henneguier est né le 26-10-1811 à Montreuil (62), fils de Charles, propriétaire, et Félicité Maffré. Le 3-10-1831 audit lieu, il épouse Ursule de Lhomel, née le 24-10-1808, fille de Jean Baptiste, notaire, et Ursule Devillers. Il meurt à Hazebrouck (Nord) le 22-10-1872. Théophile Coffinier (1864) prépare son baccalauréat ès lettres à l’institution Haffreingue de Boulogne avant de faire son droit à Paris. Il est chef de division à la préfecture d’Arras, puis sous-préfet des Sables-d’Olonne (1875), de Péronne et Abbeville (1877). Membre de plusieurs sociétés savantes, il écrit quelques pièces en vers. Théophile Coffinier est né le 19-1-1831 à Condé-Folie (Somme), fils de Jean Baptiste, agriculteur, et Victoire Tillier. Le 14-7-1859 à Arras, il épouse Stéphanie Pillain, née audit lieu le 23-3-1838, fille de Philippe, propriétaire, et Stéphanie Logez. Il meurt à Condé-Folie le 23-7-1886. Édouard Sens est né le 20-2-1826 à Arras, fils de Chrétien, marchand de charbon, et Émélie Beugnet. Vers 1851 aux environs de Mont-de-Marsan, il épouse Flore/Laure Taler, abandonnée à sa naissance le 8-2-1834 à Arras, adoptée par Joseph Le Boucher et Adélaïde Saladin. Ils meurent à Arras, lui le 29-8-1905 et elle le 7-4-1866. Édouard Sens (1865) est polytechnicien et ingénieur du Corps des Mines. Il travaille aux usines métallurgiques de Marquise, surveille les tourbières et contrôle les machines à vapeur du Pas-de-Calais. Entre 1851 et 1861, il contribue à la mise en place du bassin houiller, en particulier à Bruay et Marles. Il est ensuite plusieurs fois élu député à Saint-Pol dans des groupes bonapartistes entre 1866 et 1885. Édouard Sens écrit peu mais voyage beaucoup à l’étranger, notamment au Moyen-Orient.
15Philippe Athanase Cucheval-Clarigny est né le 1-2-1821 à Calais, fils de Jacques, contrôleur de l’octroi, et d’Élie Foube. Il meurt célibataire le 3-11-1895 à Maisons-Laffitte.
16Charles de Ricault est né le 18-12-1823 à Boulogne, fils de Charles, notaire à Boulogne, et de Joséphine Boutin. Il épouse à Tingry (62) le 10-5-1871 Louise Dupont, née à Samer (62) le 17-9-1849, fille de Jean Baptiste, médecin, et de Aménaïde Lévêque ; Cucheval-Clarigny est témoin à ce mariage. Il meurt à Tingry le 2-11-1899. Charles de Ricault, royaliste très marqué, devait ignorer que son épouse Louise Dupont était cousine par alliance avec Jacques Brissot, député girondin guillotiné en 1793, ayant voté la mort de Louis XVI, époux de Félicité Dupont née le 19-12-1759 à Boulogne. En effet Félicité Dupont et Louise Dupont ont comme ancêtre commun Jean Dupont (1677-1738) époux de Marguerite Arnoult ; leur consanguinité est du 2e au 5e degré.
17Cf. Michel Parenty, Les vieux manoirs du Boulonnais de Roger Rodière, p. 156.
18Victor Henri Derode est né à Lille en 1797 (le 6 vendémiaire an VI), fils de Philippe, magistrat de Lille, et de Sophie Rouze. Le 6-11-1854 à Londres (Saint-Pancras), il épouse Mary Brent, née audit lieu le 14-2-1919, fille de William et de Mary Robinson. Victor Derode meurt à Dunkerque le 6-8-1867 sans postérité.
19Guillaume Duchenne est né le 17-9-1806 à Boulogne, fils de Jean-Pierre, capitaine de navire corsaire, et Marie Lasalle. Le 28-12-1831 à Boulogne, il épouse Barbe Boutroy, née le 3-10-1806, fille de Jacques, aubergiste, et Barbe Lisse, qui meurt en 1833 peu après la naissance de leur fils Guillaume Maxime qui sera aussi médecin à Paris. Il épouse en secondes noces au même lieu le 16-7-1839 Honorine Cornu, veuve d’Auguste Lardé, née le 7 messidor an XIII, fille de Charles, capitaine de navire, et Françoise Lasalle. Duchenne de Boulogne meurt à Paris le 15-9-1875.
20Gustave Charles Regnault est né à Douai le 31-5-1819, fils de Philibert, agriculteur à Marquette (Nord) puis commissaire aux vivres à Douai, et Aimée Helleboode. Le 15-8-1853 à Péronne (Somme), il épouse Marie Delaporte, née le 12-4-1831 à Péronne, fille de Grégoire, maréchal-ferrant, et Caroline Lefebvre. Son fils Eugène Regnault, né à Boulogne le 28-12-1857 est diplomate, ambassadeur de France à Tokyo en 1914-1918.
21Gustave Lemattre est né à Dunkerque le 7-1-1839, fils d’Auguste, avocat à Boulogne, et Stéphanie Morel native de Dunkerque. Il meurt à Boulogne le 23-1-1871. La Légion d’honneur lui est attribuée après son décès, avec effet du 12-10-1870.
22Camille Dard (1867), chef de division au ministère des beaux-arts, est ensuite maire d’Aire-sur-la-Lys en 1883. Il écrit plusieurs ouvrages tels que « Biographie Artésienne » (1885), « Les fiefs de Beaulieu et de la Sergenterie à Aire » (1878), « Le canton d’Aire/Lys » (1876). Dans ce dernier ouvrage, il cite pour la première fois le fondateur légendaire d’Aire en 677 : Lydéric de Buck, forestier de Flandre. À sa mort, sa bibliothèque qui comporte 3 000 livres est vendue aux enchères. André Joseph Camille Dard, est né le 16-7-1820 à Aire-sur-la-Lys, fils de François, colonel de dragons promu baron d’Empire, et Élisabeth Saison. Le 9-6-1845 à Paris (1er ancien) il épouse Marie Caroline Lombard. Camille Dard meurt à Aire le 2-5-1892. Louis Leguay est né le 30-1-1825 à Paris (11e ancien), fils de Guillaume, employé de l’Assistance Publique, et Élisabeth Martin. Veuf de Marie Bouillat, il épouse en secondes noces le 24-12-1863 à Paris (11e ancien) Julie Guénot née le 27-2-1832 à Paris (5e ancien), fille de Jean, négociant, et Augustine Gabat. Il meurt à Paris (1er) le 12-2-1884. Louis Leguay (1867), architecte, préside la Société parisienne d’archéologie et d’histoire. Il est l’auteur d’au moins 12 notices relatives aux découvertes archéologiques de la région de Paris, dont « Sépultures des Parsisii à l’âge de pierre » (1865) ; « Note sur la pierre à polir le silex » (1866) ; « Procédés utilisés pour graver les os avec le silex sous la préhistoire » (1877), etc. Ernest Rattier (1866) se décrit comme un homme de lettres à Bordeaux. C’est un personnage surprenant, quelque peu mythomane, qui s’invente un nom à particule (Rattier de Susvallon). Il dirige en 1859 le journal littéraire L’Étincelle où il est seul rédacteur. Rattier écrit « Les nouveaux chants prosaïques » (1864) et « Paris n’existe pas », où il fait une description déroutante et sarcastique du Paris de 1857.
23Édouard François Dupont est né le 31-1-1841 à Dinant (Belgique), fils de François, avocat, et Marie Burton. Il meurt le 31-3-1911 à Cannes, veuf de Marie Henriette Leboulanger, née à Bruxelles le 11-7-1844, fille de Julien et Henriette Berkhof.
24Astronome à Paris, il est en 1929 élu président de l’Académie des Sciences. Son doctorat ès sciences porte sur la forme des corps célestes dont l’intérieur est formé de couches homogènes, la Terre par exemple. Pendant la guerre de 1914-1918, il met au point un instrument de radiographie, permettant aux chirurgiens de localiser les projectiles se trouvant dans les corps des soldats blessés pour mieux les extraire.
25Adolphe Delhaye est né le 31-3-1827 à Boulogne, fils de Jacques, horloger bijoutier, et Austreberthe Lartisien. Le 2-1-1855 à Boulogne, il épouse Sophie Hamy, fille de Théodore, pharmacien, et Védastine Level sa première femme (décédée en 1832). Il meurt à Saint-Omer le 27-10-1881. Ledit Théodore Hamy épouse Louise Isaac en secondes noces en 1835 ; de cette union naît Ernest Hamy.
26Paul Dewisme est né à Boulogne le 18-1-1845, fils de Philippe, pharmacien, et Louise Sanier. Le 14-9-1876 audit lieu il épouse Geneviève Delahodde de Grisendal, y née le 10-7-1848, fille d’Henri, imprimeur, et Geneviève Soubitez. Il meurt le 8-5-1921 à Boulogne.
27Pierre Joseph Henri Cazin est né le 17-10-1836 à Samer (62), fils de François, médecin et maire, et Marie Appel. Le 7-9-1864 à Montreuil-sur-Mer, il épouse Clémence Perrochaud, y née le 23-5-1847, fille de Paul, médecin, et Clémence Mathorez. Il meurt à Berck le 6-5-1891 ; un des témoins est Paul Calot, médecin ami. Il est décoré en 1872 de la Légion d’honneur par son beau-père Paul Perrochaud, pour sa conduite en 1870/71.
28Auguste Leprince est né le 19-8-1845 à Boulogne, fils de Magloire, professeur et régent au collège communal, et Louise Brulé, maîtresse d’institution. Le 6-10-1877 à Saint-Léonard (62), il épouse Germaine Legrand, née à Pernes (62) le 7-10-1852, fille d’Étienne, maire de Pernes, et Marie Duval.
29Georges Vallée est né le 21-8-1853 à Huby-Saint-Leu (62), fils de François, cultivateur, et Caroline de Bordes du Châtelet. Il meurt célibataire à Paris (4e) le 8-12-1926.
30Jules Bertin est né à Douai le 9-6-1830, fils de Jules, capitaine d’artillerie, et Louise Ringuier de Russilly. Le 14-10-1862 à Lille, il épouse Joséphine Delannoy, née le 6-10-1834 à Lille, fille de Charlemagne, propriétaire, et Henriette Somer. Bertin meurt à Boulogne le 15-11-1884 bien après son épouse décédée le 27-11-1867 à Saint-Omer.
31Jules Constant Félix Marie Richard est né le 3-6-1845 à Vitré (Ille-et-Vilaine) fils de Julien, propriétaire à Laval (Mayenne), et Constance de Gennes-Chanteloup. Il épouse le 21-4-1879 à Fougères (Ille-et-Vilaine) Charlotte de Mésenge, née à Laignelet (Ille-et-Vilaine) le 13-7-1855, fille de Charles, propriétaire à Fougères, et Eugénie Le Clerc. Richard meurt à Laval le 14-11-1920.
32François Ange Joseph Robert est né le 26-7-1809 à Hesdin, fils de Jean Médart, chaudronnier, et Marie Beaugois. Il meurt le 28-11-1878 à Grigny (62). Son grand-père paternel est natif du Cantal. Une biographie de François Robert se trouve dans le no 26 (2003) des dossiers de l’Association Généalogique des Sept Vallées.
33Abbé Robert, « Mémoire sur Quantovic », Mém. de la Société des antiq. de la Morinie, 8, 1850, p. 511-534 ; Bull. de la Soc. des antiq. de la Morinie, 1867, p. 62 ; 1868, p. 184-185 et 239 ; 1869, p. 307-310. Cf. également la notice sur Louis Cousin.
34Jules Lion est né le 14-1-1832 à Hesdin (62), fils de Xavier, perruquier et cabaretier, et Marie Voscelle. Le 20-12-1855 à Boubers-sur-Canche (62), il épouse Rose Tahon, née le 29-9-1833 à Auxi-le-Château (62), fille de Louis et Ernestine Bens. Il meurt le 20-8-1909 à Hesdin.
35Gatien Chaplain-Duparc est né le 8-8-1819 au Mans (Sarthe), fils de Gatien, notaire et aussi maître de forges, et Marie Louise Gremy. Il meurt en 1888.
36Cf. t. 2 du Bulletin de la Société académique (1876), p. 327.
37Johan Herman Hofberg est né le 11-6-1823 à Stora Malms en Suède, fils de Jan et Agnès Strand, pasteurs. Le 25-9-1853 à Kvistbro-Ör il épouse Augusta Matilda von Knorring, née le 30-8-1824 à Leksberg, fille de Berndt, colonel, et Magdalena Beckman. Hofberg meurt à Stockholm le 28-4-1883. Augusta von Knorring est la sœur d’Oscar, cité dans le texte ; il est né le 23-2-1822 à Leksberg et meurt le 25-12-1891.
38Sur cette question, Jean-Louis Podvin et Virginie Caron, « Ernest Hamy. Des silex taillés égyptiens aux lampes de Boulogne-sur-Mer », dans J. Contel & J.-Ph. Priotti (dir.), Ernest Hamy, du Muséum à l’Amérique, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018, p. 83-91.
39Alfred Giard est né à Valenciennes le 8-8-1846, fils d’Alfred, épicier, et Jeanne Mortamais. Le 11-2-1892 à Paris (6e), il épouse Annie Bond-Cooke, née le 29-12-1861 à Croydon (Angleterre), fille de Henry et Cécile Faydre, négociants. Il meurt à Orsay (Essonne) le 8-8-1908.
40François Cossonnet est né à Longjumeau (Essonne) le 15-10-1846, fils de Frédéric, cultivateur et marchand de bois, et Aimée Angouillant. Il meurt probablement à Versailles, où il demeure en 1890.
41Émile Pagart d’Hermansart est né le 13-8-1839 à Saint-Omer (62), fils de Gaspard, directeur des domaines, et Émilie Gaddeblé. Il épouse audit lieu le 30-5-1865 Augustine Caullet, y née le 26-7-1843, fille d’Albert, propriétaire, et Alix Deblonde. Il meurt à Saint-Omer le 18-2-1912.
42On apprend que l’achat de cet office de président, vacant suite au décès de son prédécesseur Charles Dauphin d’Halinghen, ainsi que de sa maison située en haute ville, a coûté en tout 50 000 livres.
43Stanislas Étienne Meunier est né le 18-7-1843 à Paris (10e), fils de Victor, homme de lettres, et Isabelle Hack. Le 17-9-1874 à Paris (11e), il épouse Marie Léonie Levallois, romancière, née le 6-7-1852 à Metz, fille de René, maître d’études au lycée de Metz en 1852, et Rose Énée, institutrice en 1874. Il meurt le 23-4-1925 à Paris (7e).
44Raphaël Pinset est né le 23-12-1853 à Paris. Il prend sa retraite le 1-8-1914 après 40 ans de service. Il publie avec la même société de Paris « Origine de l’organisation pédagogique des écoles primaires en 1868 ».
45Frédéric Moreau est né à Paris (11e) en 1798 (le 30 messidor an VI), fils de Ferdinand, censeur à la Banque de France, et Hélène Cugnardy. Le 14-6-1825 à Paris (4e) il épouse Françoise Véron, née le 1-1-1807 à Soissons (St-Gervais), fille de Pierre, marchand de fer, et Eugénie Godard. Il meurt à Paris (9e) le 21-10-1898 et son épouse le 18-1-1858.
46Robert Guerlin est né le 20-4-1861 à Amiens, fils de Jean Baptiste, receveur municipal, et Félicie Guibert. Le 13-1-1897 au même lieu, il épouse Marie Marguerite Deflesselle, née le 20-12-1864, fille de Louis et Marie Léonide Leullier. Guerlin meurt à Amiens le 17-6-1913.
47Léon Plancouart, dit Léon de Cléry, est né le 6-1-1871 à Cléry en Vexin (Val d’Oise), fils d’Auguste, instituteur, et Angélina Roussel. Il réside à Berck en 1892 et à Paris en 1916. Il meurt en 1953 et est inhumé à Arthies (Val d’Oise).
48Siméon Célestin Landrin est né le 5-1-1851 à Saint-Pierre-les-Calais, fils de François, cultivateur, et Joséphine Roussel.
49Charles Varey est né à Boulogne le 3-5-1840, fils de Joseph-Napoléon, marchand, et Jeanne Ternisien. Il meurt célibataire à Paris (10e) le 6-2-1902.
50Pierre Joseph Magnier, dit Edmond Magnier, est né à Boulogne-sur-Mer le 20-4-1841, fils de Pierre cordonnier, et Marie Stubert. À son décès à Paris (7e) le 30-3-1906, il est dit époux de Julie Stéphanie Renard.
51Désiré Louis Camille Enlart est né le 23-11-1862 à Boulogne, fils de Louis, propriétaire, et Félicie Buffin. Le 14-6-1892 à Douai, il épouse Lucie Maugin, née le 5-9-1869 à Meudon (92), fille de Gustave, propriétaire, et Louise Lequien. Il meurt à Paris (7e) le 14-2-1927.
52Henri Malo est né le 5-3-1868 à Boulogne-sur-Mer, fils d’Auguste, professeur de musique, et Victorine Vasseur, professeur de piano. Le 7-1-1913 à Paris (6e), il épouse Marie Jeanne Gillot, née le 19-10-1877 à Quarré-les-Tombes (Yonne), fille d’Antoine, menuisier, et Joséphine Coeuvre. Malo meurt le 17-3-1949 à Chantilly, et son épouse le 18-1-1963 à Neuilly-sur-Seine.
53Florent-Pascal Buret est né à Boulogne le 30-9-1861, fils d’Aimé, épicier, et Flore Wallet.
54Roger Rodière est né le 3-10-1870 à Montreuil-sur-Mer, fils de François, notaire, et Clara Mayeux. Il meurt célibataire au même lieu le 14-9-1944.
55C’est grâce à cet ouvrage que les circonstances du décès de Gustave Lemattre, membre correspondant, ont été trouvées.
56En 2013, Michel Parenty a réalisé, en 3 tomes superbes, une nouvelle édition de ces Vieux manoirs du Boulonnais, en complétant et agrémentant l’édition originale de Rodière. Il préside depuis 2017 l’association des Amis des manoirs boulonnais.
57Auguste Charles Henri Menche de Loisne, est né le 23-7-1853 à Poitiers, fils d’Henri, ingénieur et inspecteur des Ponts et Chaussées, et Louise Quenson de la Hennerie. Le 30-4-1883 à Paris, il épouse Armande Foucher de Brandois, fille de Jean-Marie, baron, et Marie Malet de la Farge. Il est créé comte romain par le pape Léon XIII en 1892 et meurt le 26-12-1943 à Paris.
58Henri Théophile Constant Edmond Debout est né le 22-8-1857 à Arras, fils de Théophile, propriétaire, et Henriette Desongnis. Il meurt à Paris le 18-5-1936.
59Augustin Gabriel Georges Delamotte est né le 10-2-1866 à Desvres (62), fils de Jean, cordonnier, et Marie Gueudré.
60Jules Louis Gerrebout est né à Boulogne le 14-12-1880, fils de Jules Henri, boucher, et Louise Jougleux. Il meurt à Saint-Omer le 19-7-1959.
61John Horace Round est né le 22-2-1854 à Hove (Sussex), fils de John, avocat, et Laura Smith fille d’un poète.
62Robert Beaucourt de Noortvelde est né à Ypres le 3-8-1857, fils d’Auguste et Hélène Struye. Le 2-10-1856 audit lieu il épouse Adriana van Hoobrouck. Il meurt à Ypres le 24-3-1924.
63Casimir Cépède est né le 4-3-1882 à Cannes, fils de Michel, cordonnier, et Rosalie Lavergne. Le 29-9-1906 à Brionne (Loiret) il épouse Catherine Paccard, professeur de sciences, fille de Joachim, de même profession, et Anne Marc. Il meurt le 23-12-1954 à Paris (15e).
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