• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16595 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16595 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • War Studies
  • ›
  • Quand l’histoire sert à faire la guerre...
  • ›
  • Du dévoiement de l’Histoire au génocide....
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Manipulations et faiseurs de mythes. La Première Guerre mondiale et le traité de Versailles Frappes « préventives » et propagande pour la paix Un nouveau 1918 ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Quand l’histoire sert à faire la guerre

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Du dévoiement de l’Histoire au génocide. L’Allemagne nazie et la préparation de la Seconde Guerre mondiale (années 1920-1930)1

    Deborah Barton

    p. 53-66

    Texte intégral Manipulations et faiseurs de mythes. La Première Guerre mondiale et le traité de Versailles Frappes « préventives » et propagande pour la paix Un nouveau 1918 ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans un article de la Frankfurter Zeitung paru en 1926, Joseph Roth écrivait que « les gens ont des senti­ments historiques, c’est-à-dire rétrospectifs. […] Ils investissent les pieds ailés du temps d’une charge sentimentale2 ». L’observation du journaliste allemand souligne l’importance de l’Histoire dans les sociétés contemporaines. L’émotivité qui l’accompagne explique que les gouvernements et les chefs d’État exploitent continuellement l’Histoire et la mémoire pour justifier une opinion ou un acte politique, voire une agression. Provoquer l’émotion, qu’il s’agisse de l’indignation, de la peur ou du sentiment d’injustice, alimente en effet le soutien de la population.

    2Ce chapitre aborde la manière dont le chef du Parti national-socialiste de l’Allemagne des années 1920 et 1930, Adolf Hitler, a su mobiliser efficacement une version dévoyée de l’histoire de la Première Guerre mondiale pour promouvoir sa politique intérieure et étrangère. S’appuyant sur le mythe du « coup de poignard dans le dos », largement répandu et propagé dans les cercles de la droite allemande après 1918, il a réussi à diaboliser puis à persécuter les « ennemis » du régime nazi. Selon ce mythe, l’armée germanique n’aurait pas perdu la Première Guerre mondiale sur le champ de bataille. Elle aurait été trahie par des ennemis de l’intérieur, en particulier par les Juifs allemands. Hitler a également utilisé l’opinion répandue – acceptée par l’ensemble du spectre politique dans les années 1920 – selon laquelle le traité de Versailles, qui mit officiellement un terme à la guerre en 1919, était un instrument de la vengeance des Alliés, conçu uniquement pour punir et opprimer la Nation allemande et son peuple.

    3Afin d’examiner comment le parti nazi a déformé et utilisé l’histoire de la Première Guerre mondiale pour préparer la seconde, ce chapitre revient sur les mythes nés de la défaite allemande de 1918, avant de traiter de leur appropriation par le chef du parti national-socialiste. Dans son détournement de l’histoire récente, le peuple allemand – celui qui vivait effectivement en Allemagne, mais aussi les populations de souche allemande (Volksdeutsche) installées hors de ses frontières – devenait la victime d’une guerre et d’un ordre inter­national déterminé à encercler et à affaiblir le Reich. Sa rhétorique des « leçons tirées » du premier conflit mondial a ainsi contribué à préparer les esprits allemands à une nouvelle guerre et au génocide, tout en rassurant le monde sur les intentions pacifiques du leader de l’Allemagne nazie.

    Manipulations et faiseurs de mythes. La Première Guerre mondiale et le traité de Versailles

    4Le 11 novembre 1918, le chef du Deutsche Zentrumspartei, parti à tendance centriste et catholique, et membre de la nouvelle république parlementaire, Mathias Erzberger, signa l’armistice. Il mit ainsi fin aux hostilités entre l’Allemagne et les Alliés. Depuis un certain temps déjà, les généraux Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg avaient compris que l’armée allemande serait incapable de poursuivre le combat sur le front occidental. Celle-ci était d’ailleurs sur le point de manquer de munitions, lorsque Ludendorff informa l’empereur Guillaume II et le Parlement, fin septembre, que l’Allemagne ne pourrait pas gagner la guerre et qu’elle devait négocier un armistice. La nouvelle de la défaite imminente provoqua une onde de choc d’autant plus importante que, jusque-là, Hindenburg et Ludendorff avaient dissimulé les difficultés de l’armée et maintenu le gouvernement et la population dans l’illusion de la victoire prochaine grâce à un flot de propagande.

    5Cette annonce entraîna de profonds changements politiques dans le pays : l’abdication de l’empereur, le 9 novembre 1918, marqua la fin de l’empire, remplacé par une république démocratique et parlementaire, la République de Weimar. Ludendorff, qui cherchait à protéger l’institution militaire, rejeta la responsabilité de la défaite sur le régime nouvellement établi. Et bien que l’Allemagne eût effectivement fonctionné comme une dictature militaire, dirigée par Ludendorff et Hindenburg à partir de 1916, il incomba au nouveau gouvernement d’accepter les conditions imposées par les Alliés, de signer l’armistice et finalement le traité de Versailles.

    6Comme Ludendorff l’avait prévu, cette manœuvre permit au haut commandement de se distancier de la défaite et de construire le mythe du « coup de poignard dans le dos » (Dolchstosslegende). Selon celui-ci, l’armée aurait été trahie par le nouveau gouvernement social-démocrate, dont les membres furent désignés comme les « criminels de novembre ». En 1919, Hindenburg formalisa cette réécriture de l’histoire dans son témoignage devant une commission d’enquête parlementaire.

    Un général anglais a dit avec justesse : « L’armée allemande a été poignardée dans le dos. » Aucune faute n’incombe au noble cœur de l’armée. L’origine de la culpabilité a été clairement démontrée. S’il fallait une preuve supplémentaire, elle se trouverait dans la déclaration de ce général anglais et dans l’étonnement extraordinaire de nos ennemis devant leur victoire3.

    7La défaite de l’Allemagne était d’autant plus difficile à comprendre pour la population que la propagande de l’armée avait proclamé le succès imminent sur le front occidental. Après tout, les troupes allemandes n’étaient-elles pas encore positionnées au cœur des territoires français et belge ? L’Allemagne n’avait-elle pas remporté un franc succès dans l’Est face à la Russie et gagné de vastes territoires grâce au traité de Brest-Litovsk, signé avec le nouveau gouvernement bolchevique en mars 1918 ? Dans les années d’après-guerre, cette dissonance entre l’illusion d’une victoire assurée et la réalité de la défaite offrit un terrain fertile à l’épanouissement dans la population allemande du mythe du « coup de poignard dans le dos ». Les atermoiements du gouvernement, placé dans la délicate position de créer une nouvelle démocratie tout en respectant les conditions de la paix, entretenaient dans leur idée ceux qui prétendaient que l’Allemagne était injustement traitée par les vainqueurs.

    8Car le traité de Versailles était largement perçu par les Allemands, toutes tendances politiques confondues, comme particulièrement coercitif, et il l’était dans une certaine mesure. Il privait l’Allemagne d’une partie de ses territoires : l’ensemble de ses colonies lui fut confisqué, les parties orientale et centrale enlevées à la Prusse servirent à refonder la Pologne, et l’Alsace-Lorraine fut rendue aux Français. La région du Rhin, l’une des plus industrialisées de l’Allemagne, fut, quant à elle, démilitarisée et confiée à l’occupation française pour une période de quinze ans. L’Allemagne se vit interdire, par ailleurs, l’incorporation de territoires où résidaient d’importantes populations germanophones, comme en Autriche ou dans certaines parties de la Bohême. Sur le plan militaire, les capacités de la nouvelle république furent limitées : les effectifs de la marine furent réduits à quinze mille hommes et ceux de l’armée de terre à cent mille. Comparé cependant au traité de Brest-Litovsk et aux exigences imposées par l’Allemagne au gouvernement bolchevique, le traité de Versailles pouvait être considéré comme modéré.

    9Parmi les clauses de ce traité, l’article 231, commu­nément appelé « clause de culpabilité de guerre », fut l’un des plus dénoncés en Allemagne. Le traité ne faisait pourtant aucune référence à la culpabilité des Allemands. L’article 231 n’y est que le premier de la section consacrée aux réparations de guerre. Les Alliés ne demandaient donc pas la reconnaissance de la responsabilité du déclenchement de la guerre, mais plutôt le paiement de ses dommages. Des clauses similaires figuraient d’ailleurs dans les traités conclus avec la Bulgarie et l’Autriche. Malgré tout, l’article 231 devint un symbole puissant pour cette partie de la population allemande qui refusait de croire en la défaite. Cette conviction entretint un sentiment victimaire et l’idée selon laquelle les difficultés de l’Allemagne trouvaient leur origine dans cette « paix répressive » plutôt que dans la guerre elle-même.

    10Elle facilita également les manipulations politiques de la droite qui s’agitait contre la République démocratique de Weimar. Peu importait pour elle que le territoire national n’ait pas été occupé par une puissance étrangère après la guerre ; peu importait que le montant initial des réparations exigées ait été restructuré et réduit en 1924 puis en 1929 avec les plans Dawes et Young respectivement. Face à l’hyperinflation des années 1920, cause de tant de souffrances mais liée à la politique fiscale allemande de la guerre et de l’après-guerre plutôt qu’aux paiements des réparations, le traité – et les sociaux-démocrates qui l’avaient signé – demeurait responsable.

    11Ce dévoiement du passé récent et la rhétorique victimaire du gouvernement ont effacé aux yeux de la population les souffrances causées par la guerre aux autres pays européens, ainsi que les gains diplomatiques des accords de paix4. Car, si le coût de la guerre fut élevé en Allemagne, la plupart des destructions eurent lieu hors de ses frontières, et ses infrastructures furent relativement épargnées en comparaison de celles de ses anciens ennemis, en particulier la France. Le bilan humain y fut également plus élevé qu’en Allemagne. En outre, la menace d’opérations militaires extérieures disparut. La Russie s’enfonça dans une guerre civile violente et coûteuse dans laquelle plusieurs États, dont l’Allemagne, intervinrent. Plus significativement encore, l’Allemagne, bordée de pays puissants en 1914, vit disparaître de ses frontières en 1919 les Empires austro-hongrois et ottoman au profit d’États nouvellement créés ou recréés et relativement faibles comme la Tchécoslovaquie et la Pologne. La France était, elle, épuisée. Paradoxalement, l’Allemagne devint donc après 1919 la première puissance d’Europe centrale.

    12Le principal grief de l’Allemagne concernait cependant la restauration de la Pologne à partir des territoires de la Prusse-Occidentale et de la Silésie, ainsi que l’existence du corridor de Dantzig, qui offrait à la Pologne un accès à la mer Baltique. Ce corridor séparait la Prusse-Orientale du reste de l’Allemagne et faisait de Dantzig (aujourd’hui Gdańsk), en grande partie allemande, une ville libre sous le contrôle des Nations unies. Bien que la Pologne eût constitué une zone tampon entre l’Allemagne et la Russie, les questions de la frontière orientale et du corridor devinrent de puissants symboles de l’« oppression » de l’Allemagne.

    Frappes « préventives » et propagande pour la paix

    13Hitler et l’appareil de propagande nazie exploitèrent avec succès la légende du « coup de poignard dans le dos », ainsi que la signature du traité de Versailles. L’humiliation et les souffrances nationales dont il aurait été la cause lui permirent de diaboliser la République de Weimar et les « criminels de novembre » – les traîtres juifs et socialistes – cherchant à détruire l’Allemagne. Le chef du Parti national-socialiste comprit le besoin de la population de croire, comme il le faisait lui-même, à cette version déformée de l’Histoire. Il s’en servit pour atteindre ses objectifs expansionnistes, qui allaient bien au-delà de l’annulation du traité de Versailles et du rétablissement des frontières de l’Allemagne de 1914, malgré ses affirmations contraires

    14La pensée d’Hitler était influencée par l’idée impériale et les principes fondamentaux du nazisme qu’étaient la race et l’espace. Ces deux notions étaient d’ailleurs liées dans son esprit. La survie des différentes « races » dépendait de leur lutte incessante et de l’accroissement de leur espace vital (Lebensraum). Celles qui ne cherchaient pas à l’accroître et à s’imposer aux autres étaient vouées, selon lui, à l’extinction. L’espace vital permettait à une race de prospérer en produisant de la nourriture et en élevant de nouvelles générations de soldats. Celui de l’Allemagne se trouvait en Union soviétique. L’Allemagne devait également se protéger des Juifs et des Slaves, considérés comme la principale menace pour la « pureté » de la race allemande et la survie du pays. Dans l’esprit d’Hitler, ces deux menaces devaient être traitées, bien qu’aucune politique d’extermination n’eût été adoptée avant l’invasion de l’URSS, en juin 1941. Pour lui, une nouvelle guerre – dont les objectifs inédits et étendus en feraient autre chose que la simple poursuite de la Première Guerre mondiale – était donc inévitable.

    15À partir du début de l’année 1933, le régime nazi commença à préparer la guerre. Pour cela il dut d’abord libérer l’Allemagne des obligations du traité de Versailles, notamment des limites imposées à son armée. Le réarme­ment, commencé sous Weimar, s’accéléra donc sous le Troisième Reich. En mars 1935, le dirigeant nazi annonça le réarmement et la réintroduction de la conscription, se libérant ainsi du « diktat » imposé à Versailles. Il justifia les dépenses engagées à cette fin en affirmant que l’accord de paix avait laissé le pays sans défense face aux agressions potentielles de ses concurrents, en particulier la France, présentée comme lourdement armée. En réalité cette dernière, comme la Grande-Bretagne et les États-Unis, avait adopté une politique de désarmement dans les années 1920. Les déclarations d’Hitler visaient cependant à renforcer le sentiment de vulnérabilité et d’oppression des Allemands. Face à la communauté internationale, il affirma que son seul désir était de doter son pays des moyens de défense dont l’aurait privé le traité de Versailles.

    16Pour se donner le temps de se préparer à la guerre, le régime développa un effort de propagande visant à démontrer qu’il était pacifiste. Dans un discours du 17 mai 1933, le chef du Parti national-socialiste évoqua ainsi tout à la fois le fardeau de l’Allemagne et son désir de paix, rejetant en outre toute accusation d’expansionnisme :

    La génération actuelle de cette nouvelle Allemagne, qui n’a connu jusqu’ici que la pauvreté, la misère et la détresse de son propre peuple, a trop profondément souffert de la folie de notre époque pour pouvoir envisager de traiter les autres de la même manière. Notre amour illimité et notre loyauté pour nos traditions nationales nous font respecter les revendications nationales des autres et désirer du fond du cœur de vivre avec eux dans la paix et l’amitié5.

    17Dans ses discours publics, Hitler se servit souvent de l’expérience allemande de la Première Guerre mondiale pour prouver la bienveillance de son gouvernement :

    Si l’Allemagne en a la responsabilité, la guerre ne se reproduira pas. Ce pays a une perception plus marquée que tout autre du mal que cause la guerre […]. Pour nous, la guerre n’offrirait aucun gain ; 1918 a été une leçon et un avertissement…6

    18Ses appels à la paix s’inscrivaient toutefois dans sa version de l’histoire selon laquelle l’Allemagne avait été persécutée par la communauté internationale depuis la fin de la guerre. Il prétendait, par exemple, que le désir de paix de son pays était plus fort que celui des autres nations parce que « nous avons le plus souffert de cette guerre malheureuse7 ».

    19Alors qu’il prétendait vouloir la paix, Hitler exigea également que l’oppression de son pays cesse. L’Allemagne devait avoir « les droits dont jouissent les autres », affirmait-il. Son peuple ne devait pas « être humilié et traité comme un esclave ». Il devait « être capable de se respecter à nouveau8 ». Cette rhétorique s’adaptait donc parfaitement à la croyance répandue selon laquelle l’Allemagne souffrait seule des conséquences de la guerre et d’une paix injuste.

    20Outre le réarmement, Hitler s’efforça encore d’éliminer les « ennemis de l’intérieur » qui représentaient, selon lui, une menace pour le régime nazi et pour l’Allemagne. Les partis communiste et social-démocrate furent déclarés illégaux et des arrestations massives d’opposants politiques commencèrent. Pour atteindre son objectif premier, celui de créer un « État racial » fondé sur une hiérarchie arbitraire des races, l’idéologie nazie racisa les identités religieuses et sociales, et plaça l’antisémitisme et la persécution des Juifs en son cœur. La communauté juive allemande représentait pourtant moins de 1 % de la population et vivait sur le territoire germanique depuis plus de seize siècles.

    21Ainsi, et bien que l’Allemagne n’eût pas particulière­ment cultivé la haine des Juifs avant la Première Guerre mondiale, l’antisémitisme se propagea dans toutes les couches de la société. Il se nourrissait des rumeurs colportées par la droite nationaliste sur la déloyauté des Juifs durant la guerre, et qui les rendaient responsables de la défaite, de la crise économique et des transformations politiques, sociales et culturelles d’après-guerre. La falsification du passé récent contribua donc à alimenter la haine du Juif. En octobre 1916 déjà, sur la base de fausses affirmations venues de cercles antisémites de l’armée accusant les Juifs de se dérober à leurs devoirs militaires et de profiter de la guerre, le ministre prussien de la Guerre, Adolf Wild von Hohenborn, lança un « recensement des Juifs » (Judenzählung). Il s’agissait de déterminer si la proportion d’hommes juifs combattant dans l’armée correspondait effectivement à celle dans l’ensemble de la population. Le recensement démontra que les Allemands d’origine juive ne se soustrayaient pas à leurs devoirs : sans surprise, les résultats ne furent jamais officiellement communiqués au public. L’existence de ce recensement et la rétention de ses résultats n’en donnèrent pas moins du crédit au mythe du « coup de poignard dans le dos » et aux autres poncifs antisémites des partis politiques de droite. Hitler n’hésita pas à s’en saisir pour justifier la persécution de la communauté juive afin, disait-il, d’éviter une nouvelle trahison lors d’une guerre à venir9.

    22L’oppression des Juifs commença en avril 1933 par une combinaison de lois et d’actes d’intimidation et de violence destinée à isoler leur communauté du reste de la société allemande. Comme le régime l’avait compris, le soutien unanime de la population n’était pas essentiel pour mettre en place ses mesures antisémites ; son indifférence suffisait et la marginalisation des Juifs la suscitait. Les lois raciales de Nuremberg (1935) constituèrent la pierre angulaire des politiques racistes nazies. Celle pour la protection du sang et de l’honneur germaniques interdisait, par exemple, le mariage ou les relations sexuelles entre les Juifs et les Allemands dits Aryens. Celle sur la citoyenneté du Reich définissait la judaïté sur la base de la foi et de l’ascendance comme une race distincte, excluait les Juifs de la citoyenneté et leur confisquait leurs droits politiques10. Leur stigmatisation passa par leur assimilation à des étrangers déloyaux et dangereux. Établir une catégorie pour les rassembler facilita leur isolement, leur spoliation et, en fin de compte, la déportation et l’extermination des Juifs allemands, puis européens.

    23La politique étrangère du régime fut également orientée vers la préparation de la guerre. Là encore, une interprétation biaisée du passé récent s’avéra utile. Hitler était convaincu que pour atteindre le Lebensraum à l’est, il devait d’abord isoler et vaincre ses ennemis à l’ouest, notamment la France. La sécurisation de la frontière occidentale de l’Allemagne lui permettrait d’éviter la guerre sur deux fronts que l’Allemagne avait dû affronter en 1914. Ainsi, la guerre à l’ouest n’avait de valeur pour Hitler que parce qu’elle servait son objectif final. De la réoccupation de la Rhénanie démilitarisée en mars 1936 à l’Anschluss avec l’Autriche en mars 1938, en passant par l’annexion des Sudètes en Tchécoslovaquie en octobre de la même année, Hitler ne cessa de bafouer le traité de Versailles au nom de l’autodétermination de l’Allemagne, de l’égalité avec les autres nations et de la protection des droits des populations allemandes.

    24Pour le leader de l’Allemagne nazie, l’annexion de l’Autriche devait « empêcher de nouveaux outrages contre la population pro-allemande11 ». L’agression en Tchécoslovaquie fut justifiée par le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », en exploitant les demandes (certes pas totalement injustifiées) des minorités germanophones des Sudètes d’obtenir une meilleure reconnaissance de leurs droits. Une intense campagne de propagande orchestrée dans la presse allemande allégua de la brutalité des autorités tchèques à l’égard des communautés de Volksdeutsche et décrivit, une nouvelle fois, les Allemands comme des victimes du traité de paix. Après que les accords de Munich eurent permis l’annexion des Sudètes en octobre 1938, Hitler s’attaqua à ce qu’il restait de son voisin pour « rayer la Tchécoslovaquie de la carte », s’emparer de ses ressources naturelles et s’assurer qu’elle ne constitue pas une menace pour les prochaines étapes de son plan. L’Allemagne nazie l’envahit en mars 1939 et établit le « Protectorat du Reich de Bohême et de Moravie » ; après avoir manipulé les tensions tchéco-slovaques et encouragé les Slovaques à demander leur autonomie, elle faisait de la Slovaquie un État fantoche à sa botte.

    25Après chaque violation du traité de Versailles, Hitler promettait la paix, assurant au monde que l’agression en cours était nécessaire et serait la dernière. En réalité, chacune d’elles était une étape dans la préparation de la guerre. Ses déclarations sur son désir de paix et sur le statut de victime de l’Allemagne trouvèrent d’ailleurs un écho chez certains Européens et Nord-Américains. La rhétorique de l’État nazi s’appuyait en effet sur les principes des quatorze points de Wilson, la pierre angu­laire des traités de 1919, et sur la notion d’autodétermination des minorités nationales pour faire valoir ses droits sur les territoires dont l’Allemagne avait été dépouillée et ceux des populations germanophones à y être rattachées. En Grande-Bretagne, bien que certaines personnalités eussent mis en garde contre la menace nazie, d’autres pensaient, au contraire, que l’Allemagne souffrait injuste­ment du traité de Versailles et ne réclamait que son dû. En outre, Hitler tira parti de la profonde aversion de la France et de la Grande-Bretagne pour la guerre, alors que les plaies de la dernière restaient béantes.

    26La population allemande craignait également la guerre, mais chaque succès remporté « pacifiquement » par Hitler sur la scène internationale accroissait sa popularité. Sa croyance dans les intentions pacifiques du régime posait cependant un problème au leader allemand. Car si l’objectif final était la guerre, elle devait être prête à la mener. En novembre 1938, le chef national-socialiste prononça un discours secret devant des représentants de la presse allemande, un outil essentiel pour préparer l’opinion. Il y déclarait avoir été contraint de parler de paix afin de gagner du temps dans la préparation de ses véritables objectifs. Lors de la crise des Sudètes déjà, pour préparer le public à l’éventualité d’une guerre, Hitler notait qu’« il était nécessaire de ne pas recommander l’usage de la force en tant que telle, mais de dépeindre au peuple allemand les événements diplomatiques sous un jour tel que la voix intérieure de la nation elle-même en appellerait progressivement à la force12 ». C’est ainsi qu’il faut comprendre la campagne de propagande intensive dénonçant les prétendus mauvais traitements de la Tchécoslovaquie sur les minorités germanophones qui avaient précédé l’annexion des Sudètes.

    27Outre la Tchécoslovaquie, il fallait mettre la Pologne au pas. C’est ici qu’apparut le plus clairement l’utilisation concomitante du Lebensraum, du racisme et du récit sur la souffrance des Volksdeutsche pour justifier la construction de l’empire nazi. La haine largement répandue des Polonais, prétendument inférieurs, et celle de la Pologne elle-même s’inscrivaient parfaitement dans le cadre des récriminations incessantes sur la nature punitive du traité de Versailles. Si Dantzig jouait un rôle central dans le discours de la presse, les directives nazies recommandaient aux journalistes de présenter l’Est comme un espace fondamentalement allemand. Les journaux du parti, les quotidiens et les publications féminines couvrirent dès lors cette question ad nauseam. En août 1935, le journal officiel du Parti destiné aux femmes, le NS-Frauen-Warte, publia un article intitulé « Dantzig dans le besoin ».

    28La journaliste, Erika Meyer, y reprenait les affirmations habituelles sur l’infériorité polonaise et la répression des germanophones. Elle décrivait comment Dantzig s’était appauvrie depuis sa séparation de l’Allemagne et comment la culture allemande y était lentement éradiquée en raison de l’intransigeance polonaise. Son article s’achevait par un appel à ses compatriotes : « N’oubliez pas Dantzig, qui monte seule la garde, se bat et nous attend à l’Est.13 » Ses paroles laissaient croire que l’Allemagne avait des droits non seulement sur Dantzig, mais sur l’ensemble du territoire polonais.

    29Dans un autre article, intitulé « La Silésie comme pays frontalier » et consacré à l’importance de cette région, dont une grande partie avait été cédée à la Pologne, Hanna Koblick convoqua une rhétorique de la survie et de la lutte : « Nous nous battons pour notre terre silésienne, non seulement pour le bien de la Silésie, mais aussi […] pour le bien de notre Reich et de notre Mère Patrie allemande ». Après avoir repris le trope nazi des persécutions polonaises contre les individus de race allemande, elle affirmait que « l’esprit allemand, poursuivant résolument son objectif, assurera que dans quelques décennies, seules la langue et les coutumes allemandes auront cours dans cette région14 ». Ces articles faisant de l’Est un espace naturellement germanique, associés aux récits de violence contre la minorité allemande, connurent une importante croissance durant l’été 1939. Leur discours se traduisit durant la Seconde Guerre mondiale par l’expulsion violente des Polonais des régions annexées de la Pologne (celles du Wartheland) et par le massacre de millions de Juifs dans le cadre du projet de « regermanisation » du territoire.

    30L’enjeu pour Hitler dépassait pourtant la simple restitution de Dantzig ou de la Silésie. Il ne pouvait pas, en effet, lancer sa guerre contre l’Europe occidentale ou l’Union soviétique sans contrôler la Pologne. En mai 1939, Hitler confirma dans un discours adressé à ses principaux généraux que « ce n’est pas Dantzig qui est en jeu. Pour nous, il s’agit d’étendre notre espace vital à l’est15 ». Il exigea donc de la Pologne qu’elle rende Dantzig et qu’elle établisse une liaison routière et ferroviaire à travers le « corridor polonais ». Ces concessions auraient fait de la Pologne un satellite de l’Allemagne nazie. Et c’est en raison du refus polonais que le leader allemand planifia son invasion. Une fois encore, l’Histoire expliquait sa décision. Hitler pensait en effet que l’échec de l’Allemagne durant la Première Guerre mondiale provenait de ce qu’elle avait attendu trop long­temps pour déclencher l’offensive. Elle avait manqué le meilleur moment pour s’engager dans le conflit. Aussi était-il déterminé à ne pas commettre la même erreur. Lors d’une discussion avec son haut commandement militaire, il déclara qu’en raison « des restrictions qui pèsent sur nous, notre situation économique est telle que nous ne pouvons tenir que quelques années encore. […] Nous n’avons pas le choix, nous devons agir. […] Par conséquent, mieux vaut un conflit maintenant16 ». Hitler voulait cependant s’assurer qu’il n’aurait pas à mener une guerre sur deux fronts, au début du moins. En août 1939, il déclara donc à Carl Burckhardt, commissaire de la Société des Nations à Dantzig :

    Tout ce que j’entreprends est dirigé contre les Russes ; si l’Occident est trop stupide et aveugle pour le comprendre, je serai alors obligé de conclure un accord avec les Russes, de battre l’Occident, puis, après leur défaite, de me retourner contre l’Union soviétique avec toutes mes forces. J’ai besoin de l’Ukraine pour qu’ils ne puissent pas nous affamer comme lors de la dernière guerre17.

    31Le même mois, l’Allemagne nazie signait un pacte de non-agression avec l’URSS. Si la plupart des Allemands ne voulaient pas de la guerre, ils ne soutenaient pas non plus l’existence de la Pologne. Vingt ans de rancœur contre sa (re)création et le traité qui l’avait dictée avaient porté leurs fruits. Les rapports des sociaux-démocrates allemands en exil confirmaient en effet qu’« une action contre la Pologne serait accueillie favorablement par l’écrasante majorité du peuple allemand18 ».

    32Dans la nuit du 31 août 1939, une unité SS et un groupe de prisonniers d’un camp de concentration déguisés en saboteurs polonais organisèrent une attaque sous une fausse couverture contre une station de radio allemande à Gleiwitz, à cinq kilomètres de la frontière polonaise. Les cadavres des prisonniers assassinés furent laissés comme prétendue preuve de l’« agression polonaise ». Cette farce avait été organisée afin de fournir au leader allemand un motif pour envahir la Pologne en tant qu’acte de défense nationale. Depuis 1919, et surtout depuis 1933, la population allemande avait été préparée à accepter l’idée que l’Allemagne était victime des machinations polonaises, britanniques et françaises, et qu’elle avait le droit de s’en défendre. Le contrôle de la presse avait contribué à infuser ces théories dans tous les segments de la société allemande. Le message trouvait un écho même chez ceux qui ne s’identifiaient pas au nazisme. Jochen Klepper, par exemple, un antinazi dont la femme était juive, craignait la guerre et observait avec clairvoyance que la communauté juive serait d’une manière ou d’une autre tenue responsable du conflit. Pourtant, l’invasion de la Pologne était justifiée à ses yeux, car l’« Est allemand est trop important pour que nous ne cherchions pas à comprendre ce qui s’y décide actuellement19 ». Le matin du 1er septembre 1939, dans un discours devant le Parlement, Hitler affirma que « l’histoire allemande ne connaîtrait jamais un nouveau 191820 ». Sa proclamation devait désamorcer les craintes de la population de subir des pertes et une humiliation analogues à celles de la Première Guerre mondiale.

    Un nouveau 1918 ?

    33Le régime nazi déclencha la Seconde Guerre mondiale par une attaque injustifiée contre la Pologne. Présentée comme un conflit défensif dans lequel la sécurité de l’Allemagne et les droits des minorités germanophones étaient en jeu, cette guerre devint le conflit le plus destructeur de l’histoire de l’humanité à ce jour. Le détournement de l’Histoire de la Première Guerre mondiale a contribué à préparer ce nouveau conflit dans l’esprit de la population allemande. Le mythe du « coup de poignard dans le dos » a entretenu chez elle l’idée que l’Allemagne n’avait pas perdu la guerre. Le traité de Versailles, qui limitait ses capacités militaires et la dépouillait d’une partie de son territoire, ajouta au sentiment d’injustice de la population et à son ressentiment. Encouragés par des personnalités politiques de tous les partis, de nombreux Allemands considéraient que la cause des problèmes du pays résidait dans la paix et non dans la guerre. Pourtant, l’Allemagne était restée une puissance européenne importante après 1918.

    34La déformation de l’Histoire de la guerre, ainsi que le récit de l’encerclement et de la persécution d’après-guerre apportèrent de l’eau au moulin du nazisme et ouvrirent la voie à une nouvelle guerre raciale et territoriale.

    35Malgré les promesses d’Hitler, l’Allemagne fut vaincue par l’Union soviétique et les alliés occidentaux. Cependant, novembre 1918 ne s’est pas répété. Après cinq ans et demi de violences extrêmes et la perpétration d’un génocide contre les Juifs, les Roms et les Sintés d’Europe, les Alliés n’acceptèrent rien de moins que la reddition inconditionnelle de l’Allemagne en 1945. Des dizaines de villes allemandes furent réduites en ruine, le gouvernement nazi s’effondra, le pays fut occupé et finalement divisé. On estime que cinquante-cinq millions de personnes sont mortes dans le monde pendant la Seconde Guerre mondiale, parmi lesquelles environ vingt-sept millions de citoyens soviétiques, près de six millions de Juifs, des millions de Polonais et plus de cinq millions de soldats allemands. Malheureusement, des versions dévoyées de l’Histoire de cette époque tragique sont aujourd’hui utilisées pour perpétrer de nouvelles agressions. Les messages de propagande utilisés pour justifier la violence restent également similaires à ceux employés par le régime nazi : la notion de trahison, l’impression d’injustice infligée par des puissances étrangères, la désignation de boucs émissaires, le contrôle des médias et la description d’une menace imminente pour la sécurité nationale par des ennemis intérieurs et extérieurs. La violence et le souvenir de la guerre ont des ramifications bien au-delà de la fin des hostilités militaires.

    Bibliographie

    Anna von der Goltz, Hindenburg. Power, Myth, and the Rise of the Nazis, New York, Oxford University Press, 2009.

    Ian Kershaw, L’Europe en enfer (1914-1949), traduction de Pierre-Emmanuel Dauzat et Aude de Saint-Loup, Paris, Seuil, 2016.

    Gerhard L. Weinberg, A World at Arms. A Global History of World War II, New York, Cambridge University Press, 2005.

    Notes de bas de page

    1 Ce chapitre a d’abord été rédigé en anglais par l’auteure ; il est publié ici dans une traduction de Benjamin Deruelle.

    2 Joseph Roth, The Hotel Years, traduction de Michael Hofmann, New York, New Directions, 2015, p. 27.

    3 Paul von Hindenburg, témoignage datant de novembre 1919, aujourd’hui consultable grâce au German Historical Institute, sous le titre « The Stab in the Back ».

    4 Voir Gerhard L. Weinberg, Hitler’s Foreign Policy (1933-1939). The Road to World War II, New York, Enigma Books, 2010, p. 11.

    5 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), dans Nazism (1919-1945), volume 3 : Foreign Policy, War and Racial Extermination, Liverpool, Liverpool University Press, 2014, p. 50.

    6 Adolf Hitler, cité par Norman Hepburn Bayes (dir.), dans The Speeches of Adolf Hitler (April 1922 – August 1939), Oxford, Oxford University Press, 1942, p. 1181.

    7 Ibid., p. 1229.

    8 Ibid., p. 1177.

    9 Voir Michael Geheran, « Judenzählung (Jewish Census) », 1914-1918-Online. International Encyclopedia of the First World War, 9 juillet 2015 (accessible en ligne).

    10 Les personnes qui avaient au moins trois grands-parents de confession juive étaient considérées comme juives, et celles qui en avaient deux comme des Mischlinge (métisses).

    11 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 95.

    12 Ibid., p. 113.

    13 Erika Meyer, « Danzig in Not », NS-Frauen-Warte, août 1935 (traduction de l’allemand par Deborah Barton).

    14 Hanna Koblick, « Schlesien als Grenzland », NS-Frauen-Warte, juillet 1935 (traduction de l’allemand par Deborah Barton).

    15 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 129.

    16 Ibid., p. 132.

    17 Ibid., p. 131.

    18 Nicholas Stargardt, The German War. A Nation Under Arms (1939-1945), Londres, Bodley Head, 2015, p. 26.

    19 Ibid., p. 29.

    20 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 148.

    Auteur

    • Deborah Barton

      Université de Montréal
      Groupe de Recherche en Histoire de la Guerre

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Ce chapitre a d’abord été rédigé en anglais par l’auteure ; il est publié ici dans une traduction de Benjamin Deruelle.

    2 Joseph Roth, The Hotel Years, traduction de Michael Hofmann, New York, New Directions, 2015, p. 27.

    3 Paul von Hindenburg, témoignage datant de novembre 1919, aujourd’hui consultable grâce au German Historical Institute, sous le titre « The Stab in the Back ».

    4 Voir Gerhard L. Weinberg, Hitler’s Foreign Policy (1933-1939). The Road to World War II, New York, Enigma Books, 2010, p. 11.

    5 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), dans Nazism (1919-1945), volume 3 : Foreign Policy, War and Racial Extermination, Liverpool, Liverpool University Press, 2014, p. 50.

    6 Adolf Hitler, cité par Norman Hepburn Bayes (dir.), dans The Speeches of Adolf Hitler (April 1922 – August 1939), Oxford, Oxford University Press, 1942, p. 1181.

    7 Ibid., p. 1229.

    8 Ibid., p. 1177.

    9 Voir Michael Geheran, « Judenzählung (Jewish Census) », 1914-1918-Online. International Encyclopedia of the First World War, 9 juillet 2015 (accessible en ligne).

    10 Les personnes qui avaient au moins trois grands-parents de confession juive étaient considérées comme juives, et celles qui en avaient deux comme des Mischlinge (métisses).

    11 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 95.

    12 Ibid., p. 113.

    13 Erika Meyer, « Danzig in Not », NS-Frauen-Warte, août 1935 (traduction de l’allemand par Deborah Barton).

    14 Hanna Koblick, « Schlesien als Grenzland », NS-Frauen-Warte, juillet 1935 (traduction de l’allemand par Deborah Barton).

    15 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 129.

    16 Ibid., p. 132.

    17 Ibid., p. 131.

    18 Nicholas Stargardt, The German War. A Nation Under Arms (1939-1945), Londres, Bodley Head, 2015, p. 26.

    19 Ibid., p. 29.

    20 Adolf Hitler, cité par Jeremy Noakes et Geoffroy Pridham (dir.), op. cit., p. 148.

    Quand l’histoire sert à faire la guerre

    X Facebook Email

    Quand l’histoire sert à faire la guerre

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Quand l’histoire sert à faire la guerre

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Barton, D. (2023). Du dévoiement de l’Histoire au génocide. L’Allemagne nazie et la préparation de la Seconde Guerre mondiale (années 1920-1930). In B. Deruelle (éd.), Quand l’histoire sert à faire la guerre. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.152730
    Barton, Deborah. « Du dévoiement de l’Histoire au génocide. L’Allemagne nazie et la préparation de la Seconde Guerre mondiale (années 1920-1930) ». In Quand l’histoire sert à faire la guerre, édité par Benjamin Deruelle. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.152730.
    Barton, Deborah. « Du dévoiement de l’Histoire au génocide. L’Allemagne nazie et la préparation de la Seconde Guerre mondiale (années 1920-1930) ». Quand l’histoire sert à faire la guerre, édité par Benjamin Deruelle, Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.152730.

    Référence numérique du livre

    Format

    Deruelle, B. (éd.). (2023). Quand l’histoire sert à faire la guerre. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.152686
    Deruelle, Benjamin, éd. Quand l’histoire sert à faire la guerre. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.152686.
    Deruelle, Benjamin, éditeur. Quand l’histoire sert à faire la guerre. Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.152686.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement