• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16497 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16497 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • Esthétique et sciences des arts
  • ›
  • Entre les mondes, Iannis Xenakis
  • ›
  • Dialectique architecture / musique. Exte...
  • ›
  • La BaXen, de l’expérimentation acoustiqu...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Une œuvre inspirante pour des architectes 2. L’acoustique expérimentale des frères Baschet 3. Une expérience publique collective Notes de bas de page Auteurs

    Entre les mondes, Iannis Xenakis

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    La BaXen, de l’expérimentation acoustique à l’expérience d’écoute

    Cécile Regnault et Luc Bousquet

    p. 149-170

    Résumé

    Ce récit relate l’histoire d’une création mondiale : la BaXen (2011). Cette œuvre d’art total entendait rendre hommage à Xenakis, au dixième anniversaire de sa disparition. De la conception à la fabrication, de la réalisation d’un objet design sonore à sa mise en espace, de la composition à l’interprétation la BaXen est le résultat d’un atelier intensif de 5 jours suivi par 15 étudiants du Master en architecture de l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon, accompagnés par un compositeur, un musicien, un luthier et une architecte.
    En s’inspirant de la figure du mathématicien compositeur et de l’instrumentarium des frères Baschet, les étudiants ont donné naissance à un objet hybride entre instrument de musique et structure sonore, entre micro-architecture et sculpture sonore. Engagés dans un processus global de création, ils ont participé à toutes les étapes du projet : intégrer les gestes du percussionniste dans l’ergonomie de la structure, usiner avec précision les instruments Baschet sous les conseils avisés du luthier, mettre en scène le concert dans les murs de l’école et participer en tant que choristes à la création mondiale de la pièce d’André Serre-Milan spécialement écrite pour la BaXen et prenant place dans un programme ponctué de pièces de Iannis Xenakis.

    Texte intégral 1. Une œuvre inspirante pour des architectes 2. L’acoustique expérimentale des frères Baschet L’univers Baschet : entre sonore et visuel Une découverte de la matière par le jeu Expérimentation acoustique comme mode de conception formelle La conception-fabrication d’une structure sculpturale 3. Une expérience publique collective Organiser et participer à un concert dans une école d’architecture Devenir « acteur » de son projet L’esprit de La semaine du son Une mise en scène par les ambiances Valoriser la BaXen Un projet multidimensionnel et multi-sensoriel Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1Le projet de recherche-création dit BaXen est l’heureux résultat d’une rencontre entre Cécile Regnault, architecte, professeure à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon (ENSAL) et Laurent Mariusse, musicien, percussionniste, passionné d’art sonore et de musique contemporaine. De cette première rencontre fortuite, un soir d’automne 2010, est née l’envie de créer un évènement pour commémorer le dixième anniversaire de la mort de Iannis Xenakis, disparu en février 2001. Mais comment rendre hommage à ce maitre des correspondances entre architecture et musique ? La première idée consista à croiser la création musicale avec la conception architecturale. La seconde, à joindre ces visées artistiques avec des enjeux pédagogiques, en proposant d’inscrire l’événement dans un enseignement dédié à l’apprentissage des ambiances1. À cela s’ajouta l’ambition d’inscrire la fabrication d’une « architecture-instrument » à travers une démarche de recherche-création, dans l’esprit des inventions de Xenakis.

    2De là, émergea le désir que cette microarchitecture sonore puisse être conçue, fabriquée et jouée au sein même de l’ENSAL.

    3L’organisation générale du projet « Architecture percutée » s’est ainsi mise en place à partir de ces premières envies collaboratives : organiser un concert de percussions en jouant plusieurs pièces emblématiques de Xenakis, avec un programme enrichi d’un double enjeu de création : fabriquer un instrument – support d’une pédagogie en acoustique – et composer une pièce originale dédiée à l’instrument.

    Fig. 1 – Affiche du concert de janvier 2012 à l’ENSA de Lyon.

    Image

    4Face à cet ambitieux programme, les initiateurs du projet se sont attaché les services de deux autres protagonistes dont les compétences étaient indispensables au développement du projet : le compositeur André Serre-Milan et le facteur d’instruments contemporains Frédéric Bousquet. Profitant de l’énergie et de la disponibilité de l’équipe ainsi constituée, le projet pédagogique a naturellement pris place dans l’option de master « Construire l’événementiel » imaginée et conduite par Cécile Regnault afin de développer chez les jeunes architectes les savoir-faire et les savoir-être nécessaires à toute conception sonore de l’espace. Il fallait que la séquence d’apprentissage relativement courte (40 heures) et son calendrier soient suffisamment souple pour s’adapter à la réalisation de l’événement, tout en permettant d’initier les étudiants à la fabrication d’ambiances. L’acoustique singulière et l’architecture théâtrale de l’ENSAL se prêtaient à merveille à ce type d’expérimentations.

    1. Une œuvre inspirante pour des architectes

    5Travailler sur la personnalité de Iannis Xenakis s’est avéré être une excellente opportunité et un moteur créatif prolifique pour les apprentis architectes. En effet, la figure emblématique de ce célèbre compositeur située à la croisée des sciences mathématiques, de la musique et de l’architecture se prêtait idéalement à l’exercice. Du fait de sa formation initiale d’ingénieur et de sa collaboration avec l’architecte Le Corbusier, Xenakis est un des compositeurs français le plus aguerri aux transpositions spatiales de la musique à l’architecture. Ces correspondances disciplinaires sont profondément ancrées dans sa pratique, qu’elle soit animée par un projet d’architecture ou à l’inverse qu’elle parte du sonore pour aller vers le visuel, comme le prouve son intérêt pour la notation musicale et le développement de l’UPIC2. Cécile Regnault exploite depuis plusieurs années déjà la richesse didactique de sa pensée dans ses cours d’initiation aux ambiances délivrés en première année de Licence. À ce titre, elle avait développé de 2006 à 2012 une séquence pédagogique en immersion au Couvent de la Tourette à Eveux-sur-l’Arbresle. L’approche par l’écoute s’est avérée fondatrice du parcours d’initiation sensible à l’architecture en ce tout début de cycle d’apprentissage. Si l’on prend le temps d’y séjourner au moins trois jours, le Couvent est le lieu idéal pour développer une sensibilité à la multi-sensorialité de l’espace. Basée sur l’expérience concrète des analogies entre les rythmes musicaux et spatiaux, les exercices de parcours à l’aveugle proposés aux étudiants permettaient de détourner pour un temps le regard afin qu’ils éprouvent l’espace architectural par le corps, en focalisant leur attention aussi sur l’espace généré par l’oreille. Imaginée par Le Corbusier, cette architecture du milieu du XXe siècle doit beaucoup à Xenakis. Précieux collaborateur de l’atelier de la rue de Sèvres, il a su concilier à la fois son savoir-faire d’ingénieur et sa passion pour les mathématiques. Son apport a été fondamental dans le dessin des façades3, où il s’est employé par de savants calculs à appliquer les séries chiffrées du Modulor. De surcroît, les parties de façades mettant en œuvre les pans de verre ondulatoires4 doivent leur extraordinaire effet rythmique à son génie créatif, puisque dans le même temps il travaillait à la composition de la pièce Metastasis. La rythmicité du dessin des façades et celle de la partition graphique de cette pièce présentent de fortes similitudes, mettant en scène le principe même du glissando, étant générées par une variation continue des mesures. Le meilleur moyen d’ailleurs de faire comprendre cette correspondance aux étudiants consiste à « faire sonner » les pans de verre ondulatoires, et de leur faire entendre à l’oreille l’influence des dimensions des verres percutés. Cette expérience a d’ailleurs été largement reprise par plusieurs artistes invités en résidence au Couvent de La Tourette.

    6Mais revenons à la conception de la BaXen. En s’immergeant dans l’œuvre et la vie trépidante de Xenakis, les étudiants ont été saisi par l’ambivalence du créateur. Xenakis étant pour eux l’emblème d’un intellectuel jonglant avec de multiples compétences. Ils se sont attachés à exprimer l’image d’une personnalité bicéphale à laquelle les portraits photographiques du compositeur renvoyaient, avec toute l’ambiguïté que la représentation tourmentée de son visage soulève. Ainsi, l’idée de transposer le portrait du compositeur dans la forme sculpturale du diffuseur du cristal a fait l’unanimité du groupe.

    Fig. 2 – Portrait de Xenakis et du projet de voile diffuseur du cristal Baschet.

    Image

    7Outre le fait de jouer deux de ses pièces durant le concert, sa présence tout au long de la manifestation était assurée à travers cette figure stylisée, trônant au centre de la scène musicale : l’œil et l’oreille attentifs du compositeur étaient ainsi présents au milieu des spectateurs disposés tout autour de la BaXen.

    Fig. 3 – La Baxen de face en situation de concert le 27 janvier 2012 à Lyon.

    Image

    2. L’acoustique expérimentale des frères Baschet

    L’univers Baschet : entre sonore et visuel

    8La deuxième source d’inspiration de la BaXen5 vient de l’univers acoustique et esthétique des frères Baschet6, et de leur principale invention : les Structures Sonores.

    9François Baschet est artiste et musicien, il parcourt le monde avec sa guitare gonflable, présentée au concours Lépine. Dès 1952, il dessine ses premières sculptures sonores. Bernard Baschet est ingénieur et acousticien. Il voit dans les recherches plastiques et sonores de son frère une magnifique opportunité pour l’invention d’objets sonores d’un nouveau genre, inclassables. Des sculptures sonores d’intérieur aux mobiliers sonores, monuments pour l’espace public, le succès qu’ils vont connaitre auprès de non-musiciens et notamment des enfants les amèneront à mettre au point un outil pédagogique inédit : l’instrumentarium, véritable support d’éveil au monde sonore7.

    Fig. 4 – Sculpture sonore Baschet – Saint-Michel-sur-Orge.

    Image

    Fig. 5 – Panel de la palette sonore de l’Instrumentarium Baschet.

    Image

    10Reconnu dans le monde entier, l’intérêt didactique de l’œuvre des Baschet est de s’inscrire dans ce que les historiens de l’art nomment une « œuvre ouverte8 », c’est-à-dire une œuvre mobile à l’intérieur de laquelle chacun peut construire une trajectoire d’apprentissage, puis d’expression. Cet univers sonore inspirant, propice aux transferts entre disciplines, s’est avéré très pertinent pour stimuler l’invention d’une forme architecturale libre.

    Une découverte de la matière par le jeu

    11Pour s’imprégner de l’esthétique sonore et visuelle de l’œuvre des frères Baschet, la première étape d’apprentissage fut de tester l’instrumentarium, c’est-à-dire de permettre aux étudiants de jouer avec des sonorités inouïes ; de les plonger dans de nouvelles formes d’écoutes, de frotter leurs oreilles au plus près de cette matière sonore produite par la résonance du métal ou du verre. Cette expérience d’écoute collective a pu mettre en exergue la richesse de la confrontation directe au jeu sonore, depuis une découverte individuelle des effets sonores jusqu’à la prise de conscience de la puissance du jeu à plusieurs. N’étant pas mélodiques, les structures sonores donnent une grande liberté d’expression de la matière. Elles mettent à la portée des débutants l’invention de sonorités à travers trois modes de jeux : la percussion du métal à mains nues ou avec des mailloches, les cordes pincées, le cristal qui se joue avec les doigts humidifiés.

    12La présence du percussionniste visait moins à transmettre une technique de jeu qu’à prendre la mesure de l’ergonomie des instruments à imaginer : tester les tailles maximales et les variations possibles pour dimensionner l’ensemble des registres possibles à assembler sur une structure rigide et stable.

    Expérimentation acoustique comme mode de conception formelle

    13Après s’être exercés à l’oreille sur des sets d’instruments prêtés par le luthier, la deuxième étape consistât à passer à l’expérimentation acoustique par la réalisation d’un prototype. Les étudiants ont d’abord été sensibilisés aux principes acoustiques des plaques vibrantes9 revisités par les frères Baschet pour créer leurs structures sonores. Ces dernières reposent sur la production de vibrations acoustiques dans le métal et d’amortissement par caoutchouc lorsqu’il s’agit de freiner les transmissions sonores dans les structures porteuses. L’élément vibrant est une tige métallique encastrée par une seule extrémité dans une plaque relativement lourde. Le son est ensuite radié vers l’extérieur (voie aérienne) par des diffuseurs qui modulent le timbre.

    14Régis par des calculs acoustiques complexes dont nous ne disposions ni des formules, ni des compétences pour les appliquer, les différents modes d’encastrement et leurs propriétés vibrantes associées ont tout simplement été expérimentés à l’oreille. C’est en testant les différentes épaisseurs de plaques, diamètres et longueurs des tiges filetées que les étudiants ont pu comprendre et exploiter les possibilités sonores offertes par la matière ; les règles de fabrication des pièces métalliques (percements, proportions) ont été mises en œuvre sans l’aide d’aucune nomenclature de pièces. Les savoir-faire en la matière ont été transmis oralement par le luthier.

    La conception-fabrication d’une structure sculpturale

    15L’enjeu de la conception de la structure porteuse de l’instrument était guidé par trois principes : légèreté, stabilité, ergonomie.

    Fig. 6 – Photo de la structure en fabrication aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau.

    Image

    16S’inspirant du panel d’une cinquantaine de sculptures sonores créées entre les années 50 et 90 du siècle dernier, la forme triangulaire qui a émergé des esquisses offrait l’avantage de disposer de trois faces pour accrocher l’instrumentarium pré-dimensionné avec le compositeur, selon les registres de sons intégrés à sa création musicale.

    17Le passage à la fabrication fut une réelle mise à l’épreuve de la matière au service du résultat acoustique qui était testé en continu. Si l’usinage des pièces supposait une grande précision dans la mesure et les percements anticipés sur le dessin, le montage à l’échelle réelle permit de réajuster les positions d’équilibre des différents instruments ainsi que la justesse de leur fixation et surtout d’adapter les poids en porte-à-faux constitués par le voile-masque et les diffuseurs acoustiques.

    Fig. 7 – Éléments de la Baxen en cours de montage aux Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau.

    Image

    18Le geste délicat d’emboutissage manuel de la feuille d’inox faisait appel à l’expérience du luthier, lui-même initié à cette technique auprès des ateliers Baschet.

    Fig. 8 – Emboutissage du voile métallique diffuseur sur l’établi des Grands Ateliers de l’Isle d’Abeau.

    Image

    19Ce projet expérimental a pu montrer toute la richesse de faire travailler les étudiants en atelier intensif durant quinze jours, dans une dynamique d’allers-retours entre l’atelier de fabrication et la future mise en scène à l’ENSAL. Ainsi, les choix de conception de l’ensemble étaient continuellement mis à l’épreuve de la fabrication minutieuse des différentes pièces de l’instrument. Si ce principe de continuum conception-fabrication est familier pour de nombreux artistes, il s’avère aussi très efficient en situation d’apprentissage ou de transmission de l’architecture, participant d’ailleurs au renouveau de certaines pratiques du métier d’architecte.

    3. Une expérience publique collective

    Organiser et participer à un concert dans une école d’architecture

    20L’ambition d’aboutir à la création d’une sculpture sonore « jouable » était le premier objectif à atteindre pour les étudiants. Celui de penser et d’organiser le concert avec le compositeur et le percussionniste au sein même de leur école s’est également révélé très formateur et conforme à l’idée de créer une œuvre d’art total. De ce fait, ce projet expérimental a pris une autre dimension, pour devenir un projet culturel complet, mobilisant l’ensemble des communautés de l’ENSAL, notamment les services administratifs, peu habitués à ce genre de performance. Au final, l’évènement a été une réussite, grâce notamment à l’extraordinaire synergie suscitée par le projet. C’est bien la mise en commun de l’ensemble des compétences de l’institution qui a permis de former les étudiants à l’organisation d’un tel projet, les amenant bien au-delà de leur activité canonique d’apprentissage de la conception architecturale.

    21Un travail de coordination très intense s’est donc mis en place avec le secrétariat général, la direction de la recherche et des partenariats, le service informatique, audiovisuel & multimédia (SIAM), le service logistique et le service diffusion, pour embrasser l’ensemble des aspects organisationnels, financiers et communicationnels que nécessitait une telle entreprise.

    Devenir « acteur » de son projet

    22En effet, l’étape de préparation du concert a permis de mobiliser les étudiants d’une manière active, en définissant ensembles les différents rôles à jouer pour anticiper, préparer et assurer le déroulement de l’événement. Il s’agissait entre autres de concevoir les documents de communication (affiche, courriers, programme…) en lien avec le service diffusion, préparer un livret témoin de la genèse et du déroulement du projet, définir et mettre en œuvre avec le service informatique audiovisuel et multimédia (SIAM) un projet de scénographie et de mise en lumière de l’ENSAL. La mise en ambiance des différents sets de percussion, la définition d’un parcours du public mettaient les compétences spatiales des étudiants à l’épreuve du résultat attendu.

    Fig. 9 – Extrait des partitions musicale et spatiale d’André Serre-Milan.

    Image

    23La répartition des tâches aura ouvert la porte à des collaborations plus étroites avec les professionnels mobilisés à chaque étape. Et les sollicitations ne se sont pas seulement arrêtées aux rôles d’organisation de l’événement. André Serre-Milan, compositeur de la pièce Pyramidal, spécialement écrite et jouée sur la BaXen, a offert l’opportunité aux étudiants de participer aux parties chantées, intégrées à son œuvre. Si l’une d’entre elle était assurée par une voix soprano professionnelle, les autres lignes de la partition s’adressaient à des chanteurs amateurs. Enthousiaste à l’idée d’aller jusqu’à l’expression musicale du projet, trois des étudiantes accompagnées de leur professeure et de sa fille chanteuse se sont prêtées au jeu en participant activement aux chœurs et à leur mise en scène dans le vaste espace de l’atrium de l’ENSAL.

    Fig. 10 – Les voix dans les coursives de l’atrium servant de scène musicale.

    Image

    24Cette participation à l’interprétation de la création mondiale de l’œuvre jouée ce soir-là sur la BaXen, leur a sans nul doute permis d’entrer de manière plus intime dans la compréhension de l’œuvre de Xenakis.

    L’esprit de La semaine du son

    25En s’approchant de l’esprit des œuvres d’art total imaginée par l’École du Bauhaus ; en offrant l’occasion de découvrir et de partager les sons inouïs issus d’une pensée croisée entre architecture et musique, le projet « Architecture percutée » s’inscrit dans les missions sociétales plus vastes que la Semaine du son de l’Unesco porte aujourd’hui.

    « Amener chaque être humain à prendre conscience que le sonore est un élément d’équilibre personnel fondamental dans sa relation aux autres et au monde, dans ses dimensions environnementale et sociétale, médicale, économique, industrielle et culturelle…10 »

    26Avec ce concert ouvert au grand public, l’événement du 27 janvier 2012 produit par l’ENSAL s’est donc logiquement inséré dans l’esprit universel de l’Unesco, répondant ainsi aux préoccupations grandissantes de la société sur l’attention au monde sonore dans lequel nous vivons.

    Une mise en scène par les ambiances

    27Les étudiants se sont trouvés confrontés à une question très classique pour un spectacle musical : allier l’image et le son tout en conciliant l’équilibre entre la mise en lumière et la mise en son sans que l’une ne l’emporte sur l’autre. Ils ont ainsi pu construire des propositions de scénographie lumineuse directement avec le percussionniste, à partir de ses gestes, des productions sonores, en tenant compte aussi des indications du compositeur ; à cela s’ajoutait la nécessité de concilier les impératifs techniques d’effets lumineux aux moyens d’éclairage dont disposait l’ENSAL. Sur la base de leur connaissance fine des lieux, ils ont su renouveler les ambiances de leur propre école.

    Valoriser la BaXen

    28Ce type de recherche-création pose la question de sa valorisation : comment produire des traces sensibles capables d’archiver un projet architectural expérimental ? L’enjeu de documenter la démarche expérientielle au fur et à mesure de son avancement est parfois contradictoire avec la spontanéité requise et l’esprit de liberté recherché à travers un tel dispositif. Bien qu’expérimental, l’aspect scientifique portée par Cécile Regnault ne pouvait échapper à la démarche : le choix de relater la chaine des expériences vécues du point de vue des étudiants s’est naturellement imposé comme une méthode éprouvée par ailleurs par la chercheure (Architecture à l’écoute, à paraître). Le système organisationnel mis en place imposait un retour critique sur les apports des allers-retours inhérents à cette démarche de projet incrémental.

    29L’accumulation des traces a permis de disposer de la matière nécessaire à la production d’un livret à destination du public du concert, restituant le processus de conception de la BaXen. Outre sa vocation publique, mettant en relief la spécificité de l’événement entre conception architecturale et création musicale, elle permettait d’installer des réflexes bienvenus auprès des étudiants visant à apprendre à restituer le travail de toute une équipe. Réflexe sain et didactique, notamment pour les futurs candidats à l’exercice du métier d’architecte où la part scientifique de la démarche de projet pourrait être plus utilement mise en avant dans les projets pluridisciplinaires qu’ils auront à conduire.

    30Le versant communicationnel de la valorisation du travail a consisté à conserver les traces de l’événement. Deux étudiants ont été missionnés pour réaliser les prises de vue photographiques durant toute la préparation et le déroulement du concert. En parallèle, le SIAM a pris en charge la captation vidéo du concert, ayant ensuite fait l’objet d’un montage et d’une mise en ligne sur le site de l’ENSAL.

    Fig. 11 – Photo du concert du 27 janvier 2012.

    Image

    Fig. 12 – Extrait du dossier de communication produit en amont par les étudiants.

    Image

    31Enfin, plusieurs étudiants ont mis leurs compétences graphiques au service de la communication du projet avec la réalisation de l’affiche et du flyer, conseillés et guidés par la graphiste de l’ENSAL.

    32En résonnance avec le concert, deux conférences ouvertes au public ont été données en amont de la représentation.

    33La première était orientée sur la démarche esthétique, où se sont exprimés le trois « artisans » du projet : le musicien-interprète Laurent Mariusse, le compositeur André Serre-Milan et le facteur d’instrument Frédéric Bousquet, ayant chacun à leur tour exprimé, à chaud, leur vision esthétique du projet « Architecture percutée ».

    34La seconde développait une réflexion théorique sur les relations entre la musique et l’architecture : Cécile Regnault a proposé une lecture critique de la notion d’analogie présente dans la genèse du Pavillon Philips, conçu pour l’Exposition universelle de 1957 par Le Corbusier et Xenakis pour magnifier l’avant-garde sonore (musique originale d’Edgard Varèse conçue pour le Pavillon) croisée avec les avancées techniques en matière d’éclairage, portées par la société Philips.

    Un projet multidimensionnel et multi-sensoriel

    35En procédant à une cartographie générale de l’ensemble des acteurs mobilisés tout au long du projet, nous avons pu prendre la mesure de l’intérêt grandissant en pédagogie de penser le contexte d’organisation humain et matériel du projet d’architecture, comme un élément-clé de sa réussite, notamment dans la conduite de la conception-fabrication et du suivi de sa réception.

    Fig. 13 – Cartographie schématique du jeu d’acteurs tout au long du projet.

    Image

    36Ce schéma met en exergue la place déterminante des diverses compétences professionnelles nécessaires à la réalisation collective d’un projet d’école, mariées à la forte implication des étudiants à chacune des étapes, accomplissant ainsi des tâches soigneusement réparties entre acteurs, qu’ils soient initiateurs ou suiveurs.

    37À noter l’engagement inconditionnel de la direction de l’ENSAL dans la transdisciplinarité du projet, acceptant par là même de dépasser ses missions classiques de transmission en favorisant la réalisation d’un projet musical. Sans cet engagement l’événement n’aurait pu voir le jour.

    38En résumé, l’ambition holistique de mêler dans une même action pédagogie, innovation constructive, création musicale et valorisation de l’architecture, s’est cristallisée dans un moment musical partagé qui a permis à tout un chacun de re-découvrir l’espace architectural de l’ENSAL. Pour ce concert donné à la nuit tombée, ce soir-là, l’espace demandait ou plutôt proposait d’être écouté avant d’être regardé. Cette attention à l’écoute du lieu était d’autant plus active que le public devait se déplacer avec le musicien, au fur et à mesure du déroulement du programme ; ce concert déambulatoire proposait de découvrir les instruments de percussion et les effets acoustiques qui modulaient l’espace sonore de la rue à chaque pièce choisie en conséquence. Qui plus est, la puissance sonore des percussions et la prégnance de leur résonance dans l’espace très réverbérant de l’atrium et de la grande rue intérieure, combinées à la possibilité d’une grande proximité avec l’instrumentiste ont largement saisi, voir dérangé le public positionné aux premières loges. La taille et la liberté de mouvement n’empêchait personne de trouver tout de même refuge dans le champ diffus de la musique réverbérée. Immergés dans ce bain sonore enveloppant, les auditeurs ont pu sentir physiquement la pression acoustique dans tout leur corps ; le parcours sonore offrait à tout un chacun de ressentir l’espace en dehors de l’empire prégnant du regard et de mieux apprécier les autres dimensions sensorielles d’un espace devenu « espace-temps » vécu avec tous ses sens.

    39Le projet trouve ainsi son accomplissement dans l’accumulation d’expériences vécues et d’expérimentations auditives fortes : partager la puissante capacité évocatrice de l’espace sonore, capable de transcender l’architecture. Depuis ce mémorable concert en 2012, la BaXen a été mise en scène par deux fois dans d’autres lieux. Elle ne demande qu’à être jouée de nouveau, en écho à l’œuvre de Xenakis.

    Fig. 14 – Photo du concert organisé pour l’inauguration du belvédère du Revard en Savoie, 6 juillet 2012.

    Image

    Notes de bas de page

    1 Si au sein des écoles d’architecture françaises l’enseignement de la maitrise des ambiances est historiquement ancré dans l’enseignement des sciences et techniques pour l’architecture, c’est en mobilisant des sciences humaines que la notion d’ambiance a pu enrichir la part sensible des projets d’architecture. Enseignante à Lyon depuis 2006, Cécile Regnault œuvre avec constance à favoriser les connexions entre créations, techniques constructives et pratiques habitées, via des expérimentations concrètes qui cherchent à croiser les connaissances et les savoir-faire entre arts, sciences physiques et sciences du vivant.

    2 Unité Polyagogique Informatique du CEMAMu (UPIC). Voir la présentation de l’UPIC sur http://www.centre-iannis-xenakis.org/cix_upic_presentation?lang=en.
    L’Unité Polyagogique Informatique du CEMAMu (UPIC) est un outil de composition musicale assisté par ordinateur, inventé par le compositeur Iannis Xenakis. Il a été développé jusqu’en 1977 au Centre d’Études de Mathématique et Automatique Musicales (CEMAMu) à Paris. Xenakis l’utilisa pour Mycènes Alpha (1978) ) et il fut également utilisé par des compositeurs comme Julio Estrada, Jean-Claude Risset, François-Bernard Mâche, Takehito Shimazu, Horacio Vaggione, Carlos Grätzer, Mari King et Curtis Roads (extrait de la fiche Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/UPIC).

    3 Les apports de Xenakis dans ce projet sont plus précisément exposés dans l’ouvrage suivant : Sergio Ferro, Chérif Kebbal, Philippe Potié, Cyrille Simonnet, Le Corbusier : Le Couvent de La Tourette, Marseille, Parenthèses, coll. « Monographies d’architecture », 1er mars 1988, 127 p.

    4 Kiourtsoglou Elisavet. De la musique à l’architecture : Le mystère des pans de verre « ondulatoires » du couvent de La Tourette de Le Corbusier et Xenakis, Intersections : Canadian Journal of Music / Intersections : revue canadienne de musique, vol. 35, no°2, 2015. https://doi.org/10.7202/1043822ar.

    5 D’où l’origine du nom de l’instrument, très justement trouvé par les étudiants (Ba pour Baschet Xen pour Xenakis).

    6 En étroite collaboration avec les héritiers des frères Baschet, l’association Structures sonores Baschet préserve leur héritage, qu’elle met à disposition du public (pour en savoir plus : www.baschet.org).

    7 Ensemble de 14 instruments disponible à la fin des année 70, conçu pour être accessible aux enfants, s’inscrivant dans la philosophie des frères Baschet : rendre l’art sonore accessible à tous.

    8 Mussat Marie-Claire. Trajectoires de la musique du XXe siècle, Paris, Klincksieck, 2002, pp.84-86

    9 Les principales sources d’inspiration scientifiques des frères Baschet sont les écrits de l’acousticien Français Henri Bouasse dont les études sur les plaques vibrantes n’avaient pas donné lieu à des créations organologiques.

    10 Extrait de la résolution 39C/59 de l’Unesco, signée par 195 pays en 2017.

    Auteurs

    • Cécile Regnault

      Architecte diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Strasbourg (FR-1992) et conceptrice d’environnements sonores. Professeure à l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon, responsable depuis 2016 du double-cursus architecte-ingénieur, elle questionne dans ses enseignements les rapports arts-sciences et s’intéresse à l’émergence de pratiques alternatives dans les métiers de la conception spatiale. Elle mène aujourd’hui ses recherches avec l’équipe du LAURe (ENSA Lyon, UMR CNRS 5600 Environnement Ville et Société), autour de trois thématiques : l’expérience et les représentations sensibles de l’espace, la dimension sonore de l’architecture et du paysage, la recherche-création par l’expérimentation. Elle est par ailleurs directrice de l’atelier Aciréne, mettant en pratique des observatoires sonores du territoire, participant à des missions de concertation et de conseils sur la dimension sonore des projets urbains, réalisant des expositions et installations sonores. Elle est par ailleurs impliquée dans les projets de La Semaine du son avec l’Unesco.

    • Luc Bousquet

      Architecte diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Strasbourg (FR-1995). De 1996 à 2003, il a été architecte-conseil au sein du réseau des conseils d’architecture d’urbanisme et de l’environnement (Saône-et-Loire, Doubs, Ardèche). Titulaire en 2004 du concours des Architecte et Urbaniste de l’État, il pilote de 2005 à 2008 des programmes de recherche et d’expérimentation pour le Plan Urbanisme Construction Architecture (ministère de l’Équipement), puis participe en 2008 et 2009 au développement de l’Atelier national des territoires (dans le même ministère, devenu celui de l’Écologie). En 2010, il devient directeur de la recherche et des partenariats à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Lyon, où il crée la filière doctorale en architecture et développe les partenariats pédagogiques et scientifiques en France et à l’international.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    La part du spectateur

    La part du spectateur

    Essai de philosophie à propos du cinéma

    Florence Gravas

    2016

    Œuvrer à plusieurs

    Œuvrer à plusieurs

    Regroupements et collaborations entre artistes

    Véronique Goudinoux

    2015

    Rencontres, thérapie et création

    Rencontres, thérapie et création

    Christophe Boulanger, Annouck Cape et Catherine Denève (dir.)

    2014

    Accords intimes

    Accords intimes

    Danse et musique chez Anne Teresa De Keersmaeker

    Philippe Guisgand

    2017

    Mythologies et mythes individuels

    Mythologies et mythes individuels

    À partir de l'art brut

    Anne Boissière, Christophe Boulanger et Savine Faupin (dir.)

    2014

    Anthony Mann. Arpenter l'image

    Anthony Mann. Arpenter l'image

    Natacha Pfeiffer et Laurent Van Eynde

    2019

    Au service d'une biologie de l’art. Tomes I et II

    Au service d'une biologie de l’art. Tomes I et II

    Recherches sur les arts de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est

    Jean Naudou, Claudine Picron et Philippe Stern

    1978

    Les fils d’un entrelacs sans fin

    Les fils d’un entrelacs sans fin

    La danse dans l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker

    Philippe Guisgand

    2008

    Walter Benjamin, le critique européen

    Walter Benjamin, le critique européen

    Heinz Wismann et Patricia Lavelle (dir.)

    2010

    Gaston Bachelard musicien

    Gaston Bachelard musicien

    Une philosophie des silences et des timbres

    Marie-Pierre Lassus

    2010

    Tombeau de Léonard De Vinci

    Tombeau de Léonard De Vinci

    Le peintre et ses tableaux dans l’écriture symboliste et décadente

    Jean-Pierre Guillerm

    1981

    Peinture et musique

    Peinture et musique

    Penser la vision, penser l’audition

    Catherine Kintzler (dir.)

    2002

    Voir plus de livres
    1 / 12
    La part du spectateur

    La part du spectateur

    Essai de philosophie à propos du cinéma

    Florence Gravas

    2016

    Œuvrer à plusieurs

    Œuvrer à plusieurs

    Regroupements et collaborations entre artistes

    Véronique Goudinoux

    2015

    Rencontres, thérapie et création

    Rencontres, thérapie et création

    Christophe Boulanger, Annouck Cape et Catherine Denève (dir.)

    2014

    Accords intimes

    Accords intimes

    Danse et musique chez Anne Teresa De Keersmaeker

    Philippe Guisgand

    2017

    Mythologies et mythes individuels

    Mythologies et mythes individuels

    À partir de l'art brut

    Anne Boissière, Christophe Boulanger et Savine Faupin (dir.)

    2014

    Anthony Mann. Arpenter l'image

    Anthony Mann. Arpenter l'image

    Natacha Pfeiffer et Laurent Van Eynde

    2019

    Au service d'une biologie de l’art. Tomes I et II

    Au service d'une biologie de l’art. Tomes I et II

    Recherches sur les arts de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est

    Jean Naudou, Claudine Picron et Philippe Stern

    1978

    Les fils d’un entrelacs sans fin

    Les fils d’un entrelacs sans fin

    La danse dans l’œuvre d’Anne Teresa De Keersmaeker

    Philippe Guisgand

    2008

    Walter Benjamin, le critique européen

    Walter Benjamin, le critique européen

    Heinz Wismann et Patricia Lavelle (dir.)

    2010

    Gaston Bachelard musicien

    Gaston Bachelard musicien

    Une philosophie des silences et des timbres

    Marie-Pierre Lassus

    2010

    Tombeau de Léonard De Vinci

    Tombeau de Léonard De Vinci

    Le peintre et ses tableaux dans l’écriture symboliste et décadente

    Jean-Pierre Guillerm

    1981

    Peinture et musique

    Peinture et musique

    Penser la vision, penser l’audition

    Catherine Kintzler (dir.)

    2002

    Voir plus de chapitres

    Se laver dans le parcours de l’habiter éclaté

    Florent Ottello, Julie Bernard, Corentine Baudrand et al.

    Voir plus de chapitres

    Se laver dans le parcours de l’habiter éclaté

    Florent Ottello, Julie Bernard, Corentine Baudrand et al.

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Si au sein des écoles d’architecture françaises l’enseignement de la maitrise des ambiances est historiquement ancré dans l’enseignement des sciences et techniques pour l’architecture, c’est en mobilisant des sciences humaines que la notion d’ambiance a pu enrichir la part sensible des projets d’architecture. Enseignante à Lyon depuis 2006, Cécile Regnault œuvre avec constance à favoriser les connexions entre créations, techniques constructives et pratiques habitées, via des expérimentations concrètes qui cherchent à croiser les connaissances et les savoir-faire entre arts, sciences physiques et sciences du vivant.

    2 Unité Polyagogique Informatique du CEMAMu (UPIC). Voir la présentation de l’UPIC sur http://www.centre-iannis-xenakis.org/cix_upic_presentation?lang=en.
    L’Unité Polyagogique Informatique du CEMAMu (UPIC) est un outil de composition musicale assisté par ordinateur, inventé par le compositeur Iannis Xenakis. Il a été développé jusqu’en 1977 au Centre d’Études de Mathématique et Automatique Musicales (CEMAMu) à Paris. Xenakis l’utilisa pour Mycènes Alpha (1978) ) et il fut également utilisé par des compositeurs comme Julio Estrada, Jean-Claude Risset, François-Bernard Mâche, Takehito Shimazu, Horacio Vaggione, Carlos Grätzer, Mari King et Curtis Roads (extrait de la fiche Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/UPIC).

    3 Les apports de Xenakis dans ce projet sont plus précisément exposés dans l’ouvrage suivant : Sergio Ferro, Chérif Kebbal, Philippe Potié, Cyrille Simonnet, Le Corbusier : Le Couvent de La Tourette, Marseille, Parenthèses, coll. « Monographies d’architecture », 1er mars 1988, 127 p.

    4 Kiourtsoglou Elisavet. De la musique à l’architecture : Le mystère des pans de verre « ondulatoires » du couvent de La Tourette de Le Corbusier et Xenakis, Intersections : Canadian Journal of Music / Intersections : revue canadienne de musique, vol. 35, no°2, 2015. https://doi.org/10.7202/1043822ar.

    5 D’où l’origine du nom de l’instrument, très justement trouvé par les étudiants (Ba pour Baschet Xen pour Xenakis).

    6 En étroite collaboration avec les héritiers des frères Baschet, l’association Structures sonores Baschet préserve leur héritage, qu’elle met à disposition du public (pour en savoir plus : www.baschet.org).

    7 Ensemble de 14 instruments disponible à la fin des année 70, conçu pour être accessible aux enfants, s’inscrivant dans la philosophie des frères Baschet : rendre l’art sonore accessible à tous.

    8 Mussat Marie-Claire. Trajectoires de la musique du XXe siècle, Paris, Klincksieck, 2002, pp.84-86

    9 Les principales sources d’inspiration scientifiques des frères Baschet sont les écrits de l’acousticien Français Henri Bouasse dont les études sur les plaques vibrantes n’avaient pas donné lieu à des créations organologiques.

    10 Extrait de la résolution 39C/59 de l’Unesco, signée par 195 pays en 2017.

    Entre les mondes, Iannis Xenakis

    X Facebook Email

    Entre les mondes, Iannis Xenakis

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Entre les mondes, Iannis Xenakis

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Regnault, C., & Bousquet, L. (2023). La BaXen, de l’expérimentation acoustique à l’expérience d’écoute. In S. Bridoux-Michel (éd.), Entre les mondes, Iannis Xenakis. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.146511
    Regnault, Cécile, et Luc Bousquet. « La BaXen, de l’expérimentation acoustique à l’expérience d’écoute ». In Entre les mondes, Iannis Xenakis, édité par Séverine Bridoux-Michel. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.146511.
    Regnault, Cécile, et Luc Bousquet. « La BaXen, de l’expérimentation acoustique à l’expérience d’écoute ». Entre les mondes, Iannis Xenakis, édité par Séverine Bridoux-Michel, Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.146511.

    Référence numérique du livre

    Format

    Bridoux-Michel, S. (éd.). (2023). Entre les mondes, Iannis Xenakis. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.146366
    Bridoux-Michel, Séverine, éd. Entre les mondes, Iannis Xenakis. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.146366.
    Bridoux-Michel, Séverine, éditeur. Entre les mondes, Iannis Xenakis. Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.146366.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement