• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • War Studies
  • ›
  • Naissance des cinémas militaires (1914-1...
  • ›
  • Singularités nationales
  • ›
  • La Roumanie derrière l’écran : le servic...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral L’armée roumaine et son implication dans la cinématographie au début de la Première Guerre mondiale : la guerre des Balkans, une occasion ratée La création et l’activité du SPCAR, 1916-1919 La genèse du SPCAR – La contribution française L’organisation, l’activité et les résultats du SPCAR Comment a été filmée la Grande Guerre ? La mémoire roumaine du SPCAR Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Naissance des cinémas militaires (1914-1939)

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    La Roumanie derrière l’écran : le service cinématographique de l’armée roumaine pendant la Première Guerre mondiale (1916-1919)

    Dorin Stanescu

    p. 101-114

    Texte intégral L’armée roumaine et son implication dans la cinématographie au début de la Première Guerre mondiale : la guerre des Balkans, une occasion ratée La création et l’activité du SPCAR, 1916-1919 La genèse du SPCAR – La contribution française L’organisation, l’activité et les résultats du SPCAR Comment a été filmée la Grande Guerre ? La mémoire roumaine du SPCAR Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les premières images filmées en Roumanie en 1897 par Paul Menu1, qui représentent le roi, la reine, l’état-major et les attachés militaires, ont été diffusées quelques semaines plus tard lors de la fête nationale ; le premier film roumain autonome, intitulé La guerre d’indépendance, a pour sujet la guerre, avec l’armée comme actrice principale. C’est une heureuse coïncidence car l’armée jouera ensuite un rôle important dans le développement et l’affirmation d’une cinématographie nationale. Il existe alors un certain intérêt pour la prise de vues et pour son utilisation à des fins didactiques et patriotiques au sein de l’armée. Suite à un décret de 1902, une section de photographie militaire est créée2 dans le cadre d’un régiment du génie. Dans les premières décennies du XXe siècle, l’armée a cependant un rôle mineur : les soldats sont loués pour des tournages, ou bien on les fait venir dans les salles de projection. De nombreux soldats, passant en effet leur temps libre dans les petites villes de province où se trouvent les garnisons, constituent une source sûre de revenus pour les propriétaires de cinématographes et pour les loueurs de films.

    2Après 1906, les filiales bucarestoises des sociétés françaises commencent à exécuter pour les journaux d’actualités des tournages de scènes de la vie militaire (Le relevé de la garde, Le serment des recrues, L’armée roumaine en ordre de bataille3), à tel point qu’entre 1913 et 1916, on réalise en Roumanie pas moins de trente-deux films à thématique militaire4. L’importance de l’armée dans la vie cinématographique est révélée aussi par le fait que, sur le total des trois cent cinq journaux d’actualités produits entre 1906 et 1914, les plus nombreux sont dédiés aux activités politico-sociales (116), sportives (53), et militaires (39)5.

    3Les applications du cinéma sont des plus diverses, celui-ci étant même utilisé comme moyen de persuasion pour des acquisitions stratégiques dans le domaine militaire. Par exemple à l’approche des guerres balkaniques, le commandement de l’armée roumaine et des membres du gouvernement assistent à une démonstration cinématographique se déroulant dans l’emblématique « Athénée Roumain » de Bucarest. Le film, présenté par le directeur des usines Schneider du Creusot, est en fait une publicité pour le célèbre canon de 75 millimètres que la société française souhaite vendre à l’armée roumaine. La projection est couronnée de succès, les canons sont achetés mais un scandale éclate parce qu’on considère qu’on a profané un temple de la culture roumaine avec des projections cinématographiques « affairistes6 ».

    L’armée roumaine et son implication dans la cinématographie au début de la Première Guerre mondiale : la guerre des Balkans, une occasion ratée

    4Le début des guerres balkaniques porte l’armée roumaine en posture de combattant mais les officiels militaires ne prennent pas au sérieux l’image filmée et ne sont pas conscients de l’importance de pouvoir filmer la bataille. Ceux qui saisissent l’opportunité, l’intérêt du public, sont de nouveau les représentants des sociétés privées. C’est ainsi qu’à la demande de la maison Gaumont de Paris, la filiale de Bucarest envoie deux personnes pour filmer le conflit sur le front en Bulgarie, afin de présenter les images dans les journaux d’actualités7. Malheureusement, le directeur de Gaumont Bucarest et l’opérateur Constantin Ivanovici ne peuvent filmer que quelques plans à Turtucaia pendant deux ou trois jours et sont ensuite obligés de quitter la Bulgarie, les deux ayant contracté la dysenterie8. Ils ont plus de succès en filmant la conférence de la paix à Bucarest (29 juillet-10 août 1913). La maison Leon Popescu a réussi, elle aussi, à réaliser le documentaire La guerre avec la Bulgarie : images de la campagne militaire roumaine de 1913, dont la première se déroule à Bucarest le 8 juin de la même année9.

    5La Grande Guerre éclate en 1914 et la Roumanie reste neutre jusqu’en 1916, situation qui déclenche une bataille de propagande entre l’Entente et les pouvoirs centraux pour attirer la Roumanie dans la guerre. La bataille est menée sur le terrain cinématographique également : s’il n’existe pas, durant cette période, d’actualités roumaines qui prennent le parti de l’Entente ou de la Triple Alliance, les belligérants mènent néanmoins une bataille pour diffuser autant que possible leurs films et journaux d’actualités dans les salles roumaines. Témoin de l’époque, Constantin Ivanovici observe que la propagande allemande offre gratuitement aux salles de cinéma des films de guerre allemands10. Au début de l’année 1916 arrivent en Roumanie, comme dans d’autres États neutres, des films, journaux d’actualités de propagande française11 qui sont très bien accueillis, surtout par le public bucarestois francophile. Ceci pousse les Allemands à payer les cinémas pour promouvoir les films importés d’Allemagne mais, le public étant souverain, les films allemands sont refusés après que des jets d’œufs et de légumes sur l’écran eurent été constatés pendant les projections12.

    La création et l’activité du SPCAR, 1916-1919

    6Le 27 août 1916, la Roumanie entre en guerre aux côtés de l’Entente, dans l’enthousiasme général de la population. La participation de la Roumanie à la guerre a comme objectif l’intégration à la Roumanie de territoires inclus dans l’Empire austro-hongrois – la Transylvanie – où les Roumains représentent la population majoritaire. L’armée roumaine pénètre en Transylvanie et avance vertigineusement jusqu’à ce que l’Allemagne y déplace en urgence quelques divisions venues du front de l’ouest et réussisse à stabiliser la situation. En même temps, au sud du Danube, des troupes allemandes et bulgares conduites par le général August von Mackensen attaquent la Roumanie qui est prise dans une bataille inégale sur deux fronts, ce qui la pousse à passer en mode défensif. Les mois de septembre à novembre 1916 sont marqués par des batailles difficiles menées par l’armée roumaine. Son manque d’expérience de la guerre moderne et son faible niveau d’équipement conduisent à sa défaite et à la perte des deux tiers du territoire national. Le soir du 6 décembre 1916, les Allemands occupent Bucarest ; l’armée, l’administration et une partie de la population se retirent chaotiquement vers le nord-est du pays, en Moldavie, la ville de Iași devenant la capitale de la Roumanie libre. L’hiver 1916-1917 apporte une forte épidémie de typhus qui, avec trois cent mille morts, décime l’armée et la population civile. Au printemps et à l’été de l’année 1917, avec l’aide de la mission militaire française conduite par le général Henri Mathias Berthelot et d’importantes quantités d’armements fournies par les Alliés, l’armée roumaine renaît et résiste face à l’offensive allemande de juillet à septembre, réussissant à repousser les attaques lors des grandes batailles de Mărăști, Mărășești et Oituz. Ces batailles sont le Verdun des Roumains et sont considérées, à juste titre, comme de grandes victoires face à une grande puissance, l’Allemagne de l’époque. Les événements de 1917 en Russie, la paix de Brest-Litovsk signée entre la Russie et l’Allemagne empêchent la Roumanie de faire face au front en Moldavie et la placent dans la situation d’accepter la paix injuste de Buftea/Bucarest le 7 mai 1918. En novembre 1918, l’armée roumaine est mobilisée à nouveau : aux côtés de l’armée française du Danube commandée par le général Berthelot, elle reprend possession du territoire roumain contrôlé par les Allemands, et rapidement de la Transylvanie. En 1919, elle occupe Budapest et met fin à l’aventure de la République bolchevique de Bela Kun13.

    7La contribution du SPCAR à la production et à la conservation de l’iconographie de la Grande Guerre a été essentielle. On lui doit les films, les photographies et les manuscrits conservés aux Archives nationales, au musée militaire et aux Archives nationales du cinéma. Les travaux relatifs à l’histoire nationale, à l’histoire militaire, seuls ouvrages officiels, n’ont pas consigné le rôle de cette institution, pour se concentrer sur d’autres aspects des événements et de l’idéologie. Même les travaux historiques sur le cinéma roumain ont abordé de manière restreinte l’activité de ce service, en le traitant comme un simple épisode de l’histoire de la cinématographie nationale. Il est aussi vrai que les historiens se sont heurtés à l’absence d’un lieu de conservation dédié exclusivement au SPCAR et à la perte ou à la destruction des preuves de ses activités en 1917, ce qui a rendu plus difficile l’étude de ce service et a conduit à l’utilisation d’informations contradictoires. On ne sait encore que peu de choses sur Ion Oliva, le chef de ce service. Certains affirment qu’il était français d’origine roumaine, d’autres qu’il était officier roumain, et on n’a pas trouvé d’image de lui.

    8Des travaux publiés ces dernières années ont essayé d’éclairer l’histoire de ce service14. Cependant, les documents existant dans les archives françaises n’ont pas été valorisés, nous privant ainsi d’informations importantes sur la contribution française à la création de ce service.

    La genèse du SPCAR – La contribution française

    9L’entrée de la Roumanie dans la Grande Guerre a soulevé la nécessité de la création d’un service afin d’immortaliser l’action de l’armée roumaine et d’offrir au futur une source de connaissances. Dès août 1916, les officiels de l’armée reçoivent des offres venues du pays (Leon Popescu) et de l’étranger (The Sport & General Press Agency de Londres, The Film Bureau15) pour envoyer des hommes et du matériel afin de photographier et filmer l’armée roumaine. Ces offres sont déclinées car, en septembre 1916, on demande de l’aide aux alliés français pour une expertise en vue de la réorganisation de l’armée roumaine selon le modèle français, suite à l’expérience acquise par l’armée française en deux ans de guerre. Puisque les archives roumaines ne contiennent pas de documents directs sur l’organisation du SPCAR et sur le rôle de la mission française en ce sens, on peut se baser sur les documents existants dans les archives françaises cités par Laurent Véray16 et sur les témoignages de Constantin Ivanovici et Tudor Posmantir, opérateurs de cinéma ayant filmé le front roumain, qui attestent que ce service a été créé avec l’aide des Français.

    10On avance l’hypothèse que le sous-lieutenant Ion/Jean Oliva s’est renseigné sur l’organisation et sur le fonctionnement du service français. En faveur de cette hypothèse, on peut noter qu’en 1915 il ne s’était pas présenté auprès des services de recrutement17 de l’armée, probablement à cause de son absence du pays pour cause d’études d’architecture effectuées à Paris. Au moment de l’entrée en guerre de la Roumanie, pour clarifier sa situation militaire, Oliva a contacté l’attaché militaire roumain Rudeanu, qui l’a mandaté pour consulter les Français en vue de la mise en place du SPCAR avant de revenir en Roumanie. Dans les années 1960, Tudor Posmantir, un ancien subordonné d’Oliva, affirmera que ce dernier n’avait pas de connaissances en photographie ni en cinématographie18. Il est probable que sa formation d’architecte, utile pour l’évaluation des dommages commis par les Allemands et pour indiquer ce qui devait être photographié et filmé, le fait qu’il parlait très correctement le français, qu’il pouvait communiquer avec les membres de la mission militaire française et le besoin d’avoir un coordinateur pour ce service aient déterminé les officiels roumains à le nommer à la tête du SPCAR. On sait qu’en novembre 1916, Oliva arrive en Roumanie et qu’il commence à organiser le SPCAR. Un premier document important est l’ordre no 1041 du 29 novembre 1916, qui crée le SPCAR auprès du bureau du renseignement du grand quartier général19, par la fusion des sections photographiques du « bataillon de spécialité », et au sein duquel on prépare aussi la mise en place d’une section de cinématographie. À cet instant, on peut parler du service cinématographique comme d’une intention, puisqu’on n’a pas encore identifié les personnes qui vont faire ce travail et que la situation sur le front est très difficile. Seulement une semaine après l’émission de cet ordre, les troupes allemandes entrent déjà dans Bucarest. Oliva y arrive avec un groupe de membres de la mission militaire française, dont le soldat Georges Grassi20, qui travaille pour Gaumont Paris et qui a comme mission de suivre les affaires de Gaumont en Roumanie et probablement de contribuer, au nom de l’armée française, à la constitution du SPCAR. Grassi a apporté deux appareils à filmer Gaumont, six cassettes de douze mètres, deux objectifs pour chaque appareil et cinq mille cinq cents mètres de pellicule Kodak21. Sont aussi apportés quelques appareils à plaques photographiques 13/18, qui seront plus tard utilisés pour la photographie aérienne. Grassi donne aux employés de Gaumont à Bucarest, presque tous roumains, l’autorisation formelle d’utiliser l’équipement ; certains deviennent actifs au sein du SPCAR. Au début de l’année 1917, quand le SPCAR devient opérationnel, y compris pour son volet cinématographique, Grassi quitte la Roumanie pour la Russie et ensuite pour Paris.

    11Au printemps 1917, entre le 24 mars et le 9 avril, le SPCAR réalise un accord avec le général Berthelot, chef de la mission militaire française en Roumanie, afin que les négatifs filmés sur le front roumain soient envoyés à Paris, copiés ensuite retournés22. Ion Oliva commence une correspondance avec Paris ; entre le 24 juin et le 7 juillet 1917, il remercie son homologue français pour les « félicitations adressées en ce qui concerne le service cinématographique, dont je suis très ému23 ». Dans une autre lettre adressée à la même personne le 18 août 1917, Oliva affirme que, depuis septembre 1916, aucun film de propagande français n’était plus arrivé en Roumanie24, sollicitant l’envoi de ces productions jugées importantes pour souligner au sein de l’armée roumaine les efforts des Alliés. La conséquence est que quelques films arrivent effectivement, le nombre de films de propagande français projetés étant de quinze25.

    12À son tour, le SPCAR envoie à Paris en 1917-1918 une partie des photographies réalisées et 1 806 m de pellicule sur du film négatif ; quelques productions des opérateurs roumains, comme L’hiver au front, La visite du roi Ferdinand sur le front, La visite en Roumanie du ministre Albert Thomas ou encore Le général Berthelot sur le front roumain, ont été diffusées dans les salles de cinéma de Paris26.

    13Une autre face de la collaboration franco-roumaine a été la permission accordée à l’opérateur travaillant pour Pathé News de Russie, le Franco-Irlandais Georges Ercole, de filmer les armées russe et roumaine pendant quelques mois sur le front roumain en Moldavie en 1917. Ercole, une véritable célébrité parmi les cameramen de guerre, a filmé en Russie pendant la Première Guerre mondiale. En Moldavie, il a signé dix reportages sur deux mille mètres de pellicule ; certains plans de l’un d’eux, intitulé Avec la brave armée roumaine, ont été utilisés par le SPCAR. Peu de temps après le départ de la mission militaire française en mars 1918, Ion Oliva quitte lui aussi la Roumanie en accompagnant à Paris une partie du matériel filmé par le SPCAR, qu’il a confié à la SPCA française27, le lieutenant Sava Georgescu lui succédant à la tête du service.

    III.1. La reine Marie de Roumanie.

    Image

    1917, Archives nationales de Roumanie, fonds de la photothèque, FI 60.

    L’organisation, l’activité et les résultats du SPCAR

    14Bien que, sur le papier, le SPCAR naisse en novembre 1916, le service commence à fonctionner entièrement en janvier 1917. Au début, le siège du SPCAR est un wagon du train appartenant au grand état-major ; ensuite, pendant la retraite, on utilise pendant une brève période le lycée de la ville de Bârlad. C’est ici qu’on développe les premières photographies prises pendant la retraite28, celles-ci représentant la seule contribution importante du SPCAR à la campagne de 1916. Tudor Posmantir est envoyé à Iași pour y trouver le futur siège du service pour la période allant de décembre 1916 à novembre 1918. On choisit le bâtiment de l’école d’infanterie, dans lequel on réserve deux grandes pièces – l’une pour le laboratoire de développement et montage de films et l’autre pour des bureaux. Comme mentionné précédemment, le SPCAR bénéficie d'une petite dizaine d'appareils photographiques, qui sont également utilisés pour la prise vue aérienne, les appareils de projection Gaumont apportés par Grassi, ainsi que les appareils apportés par le cinéaste Tudor Posmantir, comme un appareil de développement et montage, deux caméras Parvo produites par André Debrie et achetées en 1913, et un appareil de projection de construction allemande.

    15Selon un rapport d’Ion Oliva du 2 janvier 1917, le service a alors cinq sections : photographie, cinématographie, développement et enregistrement de clichés, multiplication et contrôle des copies, archive29. La principale mission du SPCAR est de photographier et filmer les événements du front de Moldavie. Le personnel compte entre dix et quinze personnes qui sont photographes, personnels auxiliaires, opérateurs de prises de vues (Constantin Ivanovici à la 3e armée et Tudor Posmantir à la 1re armée). Quelques photographes sont formés pour la prise de vues aérienne, parmi les élèves de l’école de pilotes militaires de Botoșani. En ce qui concerne le film aérien, un seul opérateur roumain, Ivanovici, avoue avoir filmé en avion mais, probablement par manque d’expérience, la pellicule n’a rien enregistré30.

    16Les membres du SPCAR – surtout les photographes – sont accrédités auprès des unités diverses de l’armée, y compris la marine militaire, qui décident où et comment les employer. Les missions sont transmises directement au responsable du SPCAR par le quartier général et réparties aux subordonnés. Seuls les deux cadreurs ont un statut à part, recevant directement les appels téléphoniques du grand quartier général et étant transportés en voiture vers les objectifs, selon les dires de Tudor Posmantir. Le plus souvent, Oliva et Ivanovici participent ensemble aux missions, Oliva prenant des photos et Ivanovici filmant. En sa qualité de chef du service, on a conféré à Oliva le privilège d’être près de la famille royale pour les activités privées et les cérémonies officielles. Toutes les images sont portées au siège de Iași, où elles sont développées, enregistrées et archivées. Tout le matériel visuel doit passer l’étape de la censure. Certaines images sont copiées et transmises aux unités militaires, d’autres vers des journaux et la population pour servir la propagande officielle. D’ailleurs, le SPCAR devient, aux côtés de la presse, un vecteur important de la propagande de guerre.

    17Le 20 avril 1917, le SPCAR prend l’initiative d’organiser la première projection d’images prises sur le front roumain ; plus tard, il improvise des salles de cinéma dans différents endroits des villes de Bacău et Iași. Dans la capitale moldave, le premier cinématographe qui commence à fonctionner le 23 juin 191731 est le cinéma des Invalides ; ensuite sont organisées des projections au théâtre national de Iași, et des cinémas sont signalés dans les villes de Botoșani, Bârlad, Galați. On utilise même un cinéma ambulant où l’on projette des journaux de guerre et des films de fiction. Cette initiative n’est pas le fruit du hasard si l’on pense à un document daté du 16 juillet 1917 contenant des instructions destinées au SPCAR en lien, entre autres, avec sa mission de propagande.

    18Après trois années d’activité pendant la guerre, le SPCAR laisse deux cent huit clichés pris pendant la campagne de 1916, cinq mille photographies réalisées entre janvier 1917 et mai 1918, 7 079 m de pellicule filmée32 et, jusqu’à la fin de l’année 1919, vingt mille mètres de film. Sur le territoire roumain, le SPCAR réalise neuf reportages en 1916, trente-huit en 1917, vingt-trois en 1918 et dix-huit en 1919 ; sur ces quatre-vingt-huit reportages de guerre, cinquante-trois sont filmés par les Roumains avec l’aide d’opérateurs français de Gaumont et Pathé33, trente-cinq le sont par des Allemands du Militar Film und Photo Stele34 pendant l’occupation militaire du sud de la Roumanie en 1916-1918. Après la guerre, le service continue de fonctionner et réalise d’autres images d’importance historique comme celles du couronnement en 1922 des souverains de la Roumanie réunifiée, le roi Ferdinand Ier et la reine Maria. De nombreuses photographies et films réalisés par le SPCAR ont résisté au temps, restant encore aujourd’hui dans le patrimoine de l’État roumain.

    Comment a été filmée la Grande Guerre ? La mémoire roumaine du SPCAR

    19L’opérateur présent sur le front de la Première Guerre mondiale n’a pas la liberté de filmer ce qu’il souhaite, où il le souhaite. Le sujet, l’endroit, souvent les personnes à filmer lui sont indiqués par la hiérarchie militaire. Il en résulte des images-documents produites dans une perspective officielle. Il arrive alors rarement que l’opérateur obtienne des images fortes illustrant d’autres aspects de la guerre, mais n’oublions pas que ces possibles images « libres » n’échappent pas à l’œil attentif de la censure et qu’elles peuvent être éliminées au montage. Selon C. Ivanovici, on interdit aux opérateurs roumains de filmer l’épidémie de typhus à Iași, la retraite du gouvernement en Moldavie ou les images apocalyptiques des incendies des raffineries de Ploiești35. Ces images auraient sans doute eu une valeur de document historique mais auraient aussi pu être utilisées comme preuves pour demander des comptes à ceux qu’on aurait pu accuser du désastre de la campagne roumaine de 1916, et leur diffusion aurait contribué à la baisse du moral et à une moindre mobilisation de la population.

    20On filme surtout à l’arrière du front : des défilés, des cérémonies de remise de décorations, des visites dans les hôpitaux, dans des unités de récupération, la population qui soutient l’effort de guerre, la famille royale, les visites des Alliés à Iași. Sur le front, on filme rarement et on choisit des images démonstratives, de propagande : les tranchées, l’artillerie en action, le départ à l’assaut. Les premières images filmées par le SPCAR, L’hiver au front, montrent une armée roumaine maîtresse de ses positions et s’inscrivent dans la catégorie du message plus ou moins subliminal qui transmet l’idée que malgré des conditions difficiles, l’armée est présente, résiste et prépare la victoire. Les personnages sont les soldats et l’élite politico-militaire (le roi, la reine, le général français, des généraux roumains). La plupart sont des hommes ; les femmes y sont présentes rarement, visibles uniquement dans les hôpitaux où elles travaillent comme infirmières.

    21En grande partie, les films roumains réalisés sur le front ont pour mission de renforcer les positions de l’élite dirigeante par l’abondance des images de la famille royale, des responsables politiques et militaires. La reine Maria, le roi Ferdinand sont omniprésents et actifs, et on suggère leur implication dans la lutte afin de limiter les souffrances du peuple. Souvent présente est la figure du général Berthelot, auprès des autres membres de la mission militaire française, afin de renforcer le moral de l’armée qui voit ainsi que les Alliés sont près des troupes roumaines : la France nous aidera à vaincre ! On filme aussi les sacrifices des membres de la mission française et leurs cérémonies funéraires. L’ennemi est moins souvent visible ; on voit des colonnes de prisonniers, les explosions d’obus allemands à grande distance, parfois des édifices bombardés par l’ennemi.

    22Une vue d’ensemble sur le contenu des faits filmés sur le front roumain suggère quelques conclusions : d’abord, les documentaires filmés en temps de guerre ont des similarités avec des images prises sur d’autres fronts, ce qui répond à un usage social immédiat, celui de servir comme arme idéologique contre l’adversaire. Les images de soldats montrent une armée fonctionnelle, bien organisée, qui vaincra l’ennemi, utilisant du matériel de bonne qualité, exécutant des défilés, des parades, tandis que les activités des soldats pendant leur repos veulent démontrer le moral excellent de l’armée36. Les reportages au front ont une autre importance immédiate : ils rappellent aux familles les êtres chers qui se trouvent loin, ils sont un moyen de communion, et les soldats peuvent y voir un miroir de leur héroïsme37.

    23Comme il a été mentionné, les images de vraies batailles sont relativement peu nombreuses et filmées à grande distance, ce qui peut s’expliquer par un manque d’expérience des opérateurs roumains mais aussi par un instinct de conservation : ce sont des jeunes de 22-24 ans qui n’ont ni l’expérience du guerrier, ni celle du professionnel de l’image. On peut facilement faire la différence entre les scènes qu’ils filment, eux, et celles beaucoup plus dynamiques réalisées par un opérateur chevronné comme Georges Ercole qui a une longue expérience du front russe. De toute façon, filmer une bataille est difficile, à cause aussi des contraintes techniques : les caméras sont placées sur des trépieds, ont une mobilité réduite ; on doit choisir un angle, tourner la manivelle pour faire dérouler la pellicule, les bobines de film doivent être échangées relativement souvent, la lumière doit être maîtrisée, on ne peut pas faire de prise d’image pendant la nuit, la fumée des explosions est un handicap, tout comme le manque de son – on n’a pas accès à l’horreur des sons produits par les projectiles et par les humains.

    24L’opérateur est lui-même une cible pour l’ennemi et sa vie doit être protégée. Souvent, il risque sa vie et, après le traitement et le développement des scènes filmées, une autre difficulté apparaît puisque des images sont éliminées au montage, censurées, voire détruites. On filme à une cadence d’environ seize images par seconde et, pendant la projection, le mouvement des personnages, toutes les séquences sont diffusées à seize images par seconde. Les textes qui annoncent les titres sont des images dessinées, filmées et insérées obligatoirement au début des journaux d’actualités38. Dans ces conditions, et malgré tout cela, les documentaires du SPCAR ont contribué à une mythologisation de la guerre, au sens de l’accentuation de son côté héroïque, la famille royale roumaine étant largement bénéficiaire de cette image positive.

    25En ce qui concerne l’aire géographique filmée, elle couvre la Moldavie, la Bassarabie, la Munténie, la Transylvanie et la Hongrie. Parmi les cinquante-trois documentaires roumains réalisés entre 1917 et 1919, quatorze ont été filmés à Iași, cinq à Bucarest, deux à Piatra Neamț, un pour chacune des localités Botoșani, Adjud, Târgu Ocna, Hârlău, Priseaca, Roman, Coțofenești, Valea Siretului, Cristești, Mărășești, Sculeni, Hârșova, Chișinău et Budapest39.

    Conclusion

    26La Grande Guerre signe les débuts de la cinématographie roumaine : elle est fortement liée, comme par un cordon ombilical, à l’industrie française qui, à travers les sociétés Gaumont et Pathé, apporte à Bucarest la science et la technologie de réalisation de films et des journaux d’actualités. Afin de pouvoir filmer dans un but de propagande et de documentation historique, l’armée roumaine fait appel à son homologue française pour développer son propre service photographique et cinématographique (SPCAR). Ceci se traduit par une collaboration croissante, surtout en 1917, qui a consisté dans l’apport d’appareils pour la partie roumaine, dans l’échange de films de propagande et d’images filmées sur le front. Avec cette aide française, deux opérateurs d’exception, Tudor Posmantir et Constantin Ivanovici, ainsi que le Franco-Irlandais Georges Ercole, ont réussi à immortaliser le front roumain pendant la période 1917-1919, à travers plus de cinquante reportages qui ont utilisé plus de vingt kilomètres de film, auquel il faut ajouter la contribution de ceux qui ont photographié l’armée et les paysages roumains pendant le conflit à travers plus de cinq mille photographies. Bien que certains reportages film et photo aient été perdus, ce qui en reste fait partie du patrimoine historique roumain et mondial comme témoignage de ce qui s’est passé dans cette région pendant la période 1916-1919. Dans le même registre, on retrouve les mémoires des trois cadreurs qui ont filmé la guerre sur le front roumain, en partant de localisations différentes. Leurs témoignages sont importants par la richesse de l’information technique, qui permet de savoir comment et ce que l’on filmait, par la description détaillée des coulisses de la vie quotidienne mais aussi de la vie politique. L’activité du SPCAR mérite de rester dans l’histoire, d’être mieux connue et valorisée, y compris au-delà du centenaire de la Première Guerre mondiale, qui porte sous les feux de la rampe les événements et les personnes de la période 1916-191940.

    Notes de bas de page

    1 Paul Menu (1876-1973), né à Paris, vient en Roumanie comme photographe et réalise entre le 10 mai et le 20 juin 1897 quelques prises de vues qui le font entrer dans l’histoire du cinéma roumain. Il rentre en France en 1947.

    2 J. Mihail, Filmul românesc de altădată [Le film roumain d’autrefois], Bucarest, Meridiane, 1967, p. 16.

    3 V. Domenico, Scutul de celuloid [Le bouclier de celluloïd], Bucarest, Ed. Militară, 1991, p. 21.

    4 Ibid., p. 43.

    5 D. Mateescu, « Marginalii la o istorie a jurnalului de actualități [Les marginaux lors d’une histoire du journal d’actualités] », dans I. Cantacuzino (dir.), Contribuții la istoria cinematografiei în România (1896-1948) [Contributions à l’histoire du cinéma en Roumanie], Bucarest, Editura Academiei Republicii Socialiste România, 1971, p. 161. L’auteur ne précise pas de date : ce pourrait être 1911 ou 1912.

    6 ANF, Bucarest : C. Ivanovici, Amintiri [Souvenirs], partie I, ms., f. 23.

    7 Ibid., f. 27.

    8 Ibid., f. 28.

    9 B. Rîpeanu, Filmat în România : filmul documentar (1897-1948) [Filmé en Roumanie : le documentaire (1897-1948)], Bucarest, Meronia, 2008, p. 86.

    10 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 46.

    11 L. Véray, Les films d’actualité français de la Grande Guerre, Paris, SIRPA/AFRHC, 1995, p. 63.

    12 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 46.

    13 Le 21 mars 1919, la République bolchevique dirigée par Bela Kun s’établit à Budapest. Le non-respect, par le commandement militaire de l’Entente, de la retraite de l’armée hongroise sur certaines lignes frontalières, ainsi que les attaques contre l’armée roumaine, corroborant le danger d’expansion des idées bolcheviques en Europe centrale et occidentale, ont amené les États de l’Entente à consentir à l’offensive roumaine en Hongrie, entraînant l’occupation de Budapest le 4 août 1919 et la destitution du régime bolchevique hongrois.

    14 V. Domenico, Scutul de celuloid… ; V. Domenico, M. Țuțui, « Armée et cinéma », dans l’Encyclopédie de l’armée, dir. M. Gheorghe, Bucarest, Editura Centrului Tehnic / Editorial al Armatei, 2009, p. 1234-1243 ; A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei și contribuția sa la iconografia Războiului cel Mare » [Le service photographique de l’armée et sa contribution à l’iconographie de la Grande Guerre], dans Muzeul Național de Istorie a României [annuaire], no 25, 2013.

    15 Ibid., p. 182.

    16 L. Véray, Les films d’actualité français…, p. 20.

    17 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 183.

    18 ANF, Bucarest : T. Posmantir, Memorii [Mémoires], partie II, ms, f. 7.

    19 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 182.

    20 Selon d’autres sources, Grassi était déjà arrivé en Roumanie et avait filmé en août à Sinaïa, bien que Ivanovici dise de lui qu’il ne savait pas filmer.

    21 Ivanovici, Amintiri…, f. 55.

    22 ANF, Bucarest : A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească în vremea Primului Război Mondial [La cinématographie militaire roumaine au temps de la Première Guerre mondiale], ms., f. 21.

    23 V. Domenico, Scutul de celuloid…, p. 63.

    24 A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, f. 19.

    25 Ibid., f. 20.

    26 Ibid., f. 22.

    27 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 70.

    28 Ibid., p. 55.

    29 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 202.

    30 L’opérateur anglais Geoffrey Malins décrit dans ses mémoires l’expérience extrêmement difficile d’une prise de vues aériennes dont les deux heures lui paraissent une journée entière et le vol à haute altitude le fait grelotter, le gel lui paralysant les mains et le visage, la rencontre potentielle des avions ennemis faisant monter l’adrénaline mais lui offrant aussi une sensation de sublime liée au vol. G. Malins, How I filmed the War, Londres, 1920, p. 106-116.

    31 A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, f. 17.

    32 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 205.

    33 Cf. B. Rîpeanu, Filmat în România…, p. 118 et passim ; A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, annexe 2.

    34 Service du film et de la photographie de l’armée allemande, faisant référence à la fusillade en Transylvanie (en 1916-1918, territoire austro-hongrois habité principalement par des Roumains) et Munténie (territoire roumain).

    35 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 54-55.

    36 L. Véray, Les films d’actualité français…, p. 42.

    37 Id., « Réflexions sur les usages des images d’archives de la Grande Guerre dans les documentaires télévisuels actuels », dans 1895, no 64, mai-août 2011, p. 11-29.

    38 Id., Les films d’actualité français…, p. 94.

    39 La centralisation des données a été réalisée à partir de l’annexe no 2 du manuscrit d’A. Lupășteanu, conservé à l’ANF.

    40 La recherche pour ce travail a été soutenue par CENDARI (projet grant : 284 432 ; thème : FP7-INFRASTRUCTURES-2011-1), projet quadriennal de la Commission européenne visant à intégrer les ressources historiques numériques pour l’histoire médiévale et moderne en Europe.

    Auteur

    • Dorin Stanescu
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Paul Menu (1876-1973), né à Paris, vient en Roumanie comme photographe et réalise entre le 10 mai et le 20 juin 1897 quelques prises de vues qui le font entrer dans l’histoire du cinéma roumain. Il rentre en France en 1947.

    2 J. Mihail, Filmul românesc de altădată [Le film roumain d’autrefois], Bucarest, Meridiane, 1967, p. 16.

    3 V. Domenico, Scutul de celuloid [Le bouclier de celluloïd], Bucarest, Ed. Militară, 1991, p. 21.

    4 Ibid., p. 43.

    5 D. Mateescu, « Marginalii la o istorie a jurnalului de actualități [Les marginaux lors d’une histoire du journal d’actualités] », dans I. Cantacuzino (dir.), Contribuții la istoria cinematografiei în România (1896-1948) [Contributions à l’histoire du cinéma en Roumanie], Bucarest, Editura Academiei Republicii Socialiste România, 1971, p. 161. L’auteur ne précise pas de date : ce pourrait être 1911 ou 1912.

    6 ANF, Bucarest : C. Ivanovici, Amintiri [Souvenirs], partie I, ms., f. 23.

    7 Ibid., f. 27.

    8 Ibid., f. 28.

    9 B. Rîpeanu, Filmat în România : filmul documentar (1897-1948) [Filmé en Roumanie : le documentaire (1897-1948)], Bucarest, Meronia, 2008, p. 86.

    10 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 46.

    11 L. Véray, Les films d’actualité français de la Grande Guerre, Paris, SIRPA/AFRHC, 1995, p. 63.

    12 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 46.

    13 Le 21 mars 1919, la République bolchevique dirigée par Bela Kun s’établit à Budapest. Le non-respect, par le commandement militaire de l’Entente, de la retraite de l’armée hongroise sur certaines lignes frontalières, ainsi que les attaques contre l’armée roumaine, corroborant le danger d’expansion des idées bolcheviques en Europe centrale et occidentale, ont amené les États de l’Entente à consentir à l’offensive roumaine en Hongrie, entraînant l’occupation de Budapest le 4 août 1919 et la destitution du régime bolchevique hongrois.

    14 V. Domenico, Scutul de celuloid… ; V. Domenico, M. Țuțui, « Armée et cinéma », dans l’Encyclopédie de l’armée, dir. M. Gheorghe, Bucarest, Editura Centrului Tehnic / Editorial al Armatei, 2009, p. 1234-1243 ; A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei și contribuția sa la iconografia Războiului cel Mare » [Le service photographique de l’armée et sa contribution à l’iconographie de la Grande Guerre], dans Muzeul Național de Istorie a României [annuaire], no 25, 2013.

    15 Ibid., p. 182.

    16 L. Véray, Les films d’actualité français…, p. 20.

    17 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 183.

    18 ANF, Bucarest : T. Posmantir, Memorii [Mémoires], partie II, ms, f. 7.

    19 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 182.

    20 Selon d’autres sources, Grassi était déjà arrivé en Roumanie et avait filmé en août à Sinaïa, bien que Ivanovici dise de lui qu’il ne savait pas filmer.

    21 Ivanovici, Amintiri…, f. 55.

    22 ANF, Bucarest : A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească în vremea Primului Război Mondial [La cinématographie militaire roumaine au temps de la Première Guerre mondiale], ms., f. 21.

    23 V. Domenico, Scutul de celuloid…, p. 63.

    24 A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, f. 19.

    25 Ibid., f. 20.

    26 Ibid., f. 22.

    27 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 70.

    28 Ibid., p. 55.

    29 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 202.

    30 L’opérateur anglais Geoffrey Malins décrit dans ses mémoires l’expérience extrêmement difficile d’une prise de vues aériennes dont les deux heures lui paraissent une journée entière et le vol à haute altitude le fait grelotter, le gel lui paralysant les mains et le visage, la rencontre potentielle des avions ennemis faisant monter l’adrénaline mais lui offrant aussi une sensation de sublime liée au vol. G. Malins, How I filmed the War, Londres, 1920, p. 106-116.

    31 A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, f. 17.

    32 A.-S. Ionescu, « Serviciul Fotografic al Armatei… », p. 205.

    33 Cf. B. Rîpeanu, Filmat în România…, p. 118 et passim ; A. Lupășteanu, Cinematografia militară românească…, annexe 2.

    34 Service du film et de la photographie de l’armée allemande, faisant référence à la fusillade en Transylvanie (en 1916-1918, territoire austro-hongrois habité principalement par des Roumains) et Munténie (territoire roumain).

    35 C. Ivanovici, Amintiri…, f. 54-55.

    36 L. Véray, Les films d’actualité français…, p. 42.

    37 Id., « Réflexions sur les usages des images d’archives de la Grande Guerre dans les documentaires télévisuels actuels », dans 1895, no 64, mai-août 2011, p. 11-29.

    38 Id., Les films d’actualité français…, p. 94.

    39 La centralisation des données a été réalisée à partir de l’annexe no 2 du manuscrit d’A. Lupășteanu, conservé à l’ANF.

    40 La recherche pour ce travail a été soutenue par CENDARI (projet grant : 284 432 ; thème : FP7-INFRASTRUCTURES-2011-1), projet quadriennal de la Commission européenne visant à intégrer les ressources historiques numériques pour l’histoire médiévale et moderne en Europe.

    Naissance des cinémas militaires (1914-1939)

    X Facebook Email

    Naissance des cinémas militaires (1914-1939)

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Naissance des cinémas militaires (1914-1939)

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Stanescu, D. (2023). La Roumanie derrière l’écran : le service cinématographique de l’armée roumaine pendant la Première Guerre mondiale (1916-1919). In S. Denis, B. Rochet, & X. Sené (éds.), Naissance des cinémas militaires (1914-1939). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.145202
    Stanescu, Dorin. « La Roumanie derrière l’écran : le service cinématographique de l’armée roumaine pendant la Première Guerre mondiale (1916-1919) ». In Naissance des cinémas militaires (1914-1939), édité par Sébastien Denis, Bénédicte Rochet, et Xavier Sené. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.145202.
    Stanescu, Dorin. « La Roumanie derrière l’écran : le service cinématographique de l’armée roumaine pendant la Première Guerre mondiale (1916-1919) ». Naissance des cinémas militaires (1914-1939), édité par Sébastien Denis et al., Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.145202.

    Référence numérique du livre

    Format

    Denis, S., Rochet, B., & Sené, X. (éds.). (2023). Naissance des cinémas militaires (1914-1939). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.145102
    Denis, Sébastien, Bénédicte Rochet, et Xavier Sené, éd. Naissance des cinémas militaires (1914-1939). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2023. doi:10.4000/books.septentrion.145102.
    Denis, Sébastien, et al., éditeurs. Naissance des cinémas militaires (1914-1939). Presses universitaires du Septentrion, 2023, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.145102.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement