Sensibilités et solidarités : l’ethos de Laval
p. 19-28
Texte intégral
1Paru originalement en 1971, L’architecture flamboyante en France fait partie de ces livres qui possèdent les dimensions multiples de l’institution. Institution d’abord selon le sens vieilli d’éducation : l’étude se présente comme un corpus des connaissances sur l’architecture du Moyen Âge français au regard du lecteur, où ce dernier acquiert et développe un savoir sur un objet. Institution aussi suivant l’acception de la chose instituée : l’exhaustivité de la recherche, la finesse de l’analyse et le souci pédagogique traversant une argumentation limpide en ont fait une référence incontournable en histoire de l’Art médiéval. Institution enfin du fait de l’action d’instituer : par devant sa réception, ce livre est le résultat d’une production, le fruit de la rencontre entre un auteur – Roland Sanfaçon – et son milieu – celui des historiens de l’Université Laval à Québec pendant les années 1960. Ce milieu singulier, celui de l’Institut d’histoire, constitue depuis 1947 un système de relations sociales doté d’une certaine stabilité dans le temps ; il est en voie d’institutionnalisation dans le champ scientifique québécois et international, une institution en devenir à laquelle Roland Sanfaçon contribue d’ores et déjà au rayonnement par ses talents et par son énergie.
2Certes, il serait exagéré de discerner un plan préconçu, de supputer des objectifs sur le long terme dans l’élaboration de l’œuvre. Umberto Eco soulignait naguère que l’auteur perd le contrôle de son texte une fois qu’il dépose sa plume et ce, au profit de son lecteur. L’Architecture flamboyante en France se saisit donc dans un contexte d’énonciation pour reprendre le concept opératoire de Quentin Skinner1. Comprendre sa production, c’est alors pénétrer les conditions contextuelles de cette rencontre entre Roland Sanfaçon et son milieu, des conditions modelées par l’expérience des solidarités et des sensibilités.
Une cohorte de professeurs de carrière
3Dans l’enquête, procédons par un mouvement en spirale, en se déplaçant du milieu vers l’individu. Puisque nul homme n’est une île, un livre ne nait pas des simples gestes du démiurge : il relève des solidarités qui engendrent des sensibilités. Les solidarités, ce sont d’abord celles nouées par la collégialité universitaire. À l’orée de la Révolution tranquille québécoise, dès la fin des années 1950, l’Université Laval rassemble alors un nombre important de professeurs laïcs, surtout des hommes pour la plupart jeunes et souvent ayant fait un séjour de formation à l’étranger, dont l’enthousiasme à l’égard du savoir se heurte aux contraintes matérielles de l’institution. De ce groupe, Jean-Charles Falardeau, Fernand Dumont et Yves Martin en sociologie ; Léon Dion, Gérard Bergeron et Vincent Lemieux en science politique ; Arthur Tremblay en administration et politique scolaire ; Maurice Lamontagne et Arthur Faucher en économie ; Marc-Adélard Tremblay en anthropologie ; Jeanne Lapointe en littérature ; Jean-Charles Bonenfant en droit ; Marcel Trudel, Claude Galarneau, Jean Hamelin, Fernand Ouellet, Pierre Savard, Yves Roby en histoire, constituent une cohorte confrontée aux défis de leur temps.
4Les défis sont nombreux en effet. Plus d’un siècle après l’octroi de sa charte, l’Université Laval est à un tournant en 1960. Les activités d’enseignement et de recherche quittent progressivement les locaux exigus du Vieux-Québec pour se déployer dans un nouveau campus à l’américaine sur les hauteurs de Sainte-Foy. Conçus comme autant d’entités autonomes issues d’une institution cléricale, les facultés et les instituts se sclérosent et répondent difficilement aux attentes sociales et aux besoins de main-d’œuvre de l’après-guerre. Tanguant au choc des disputes entre les deux ordres de gouvernement fédéral et provincial, le financement universitaire demeure labile en dépit d’octrois sporadiques. Enfin et surtout, en ces années de prospérité générale où fleurent les idéaux de la démocratisation du savoir, les étudiants et étudiantes du baby-boom se pressent maintenant aux portes de l’institution2.
5Dans ce contexte de gestion des ressources fragiles et des demandes de plus en plus pressantes, il faut agir. Les professeurs de l’Université Laval entendent l’appel. Cette cohorte masculine et laïque possède des idées fortes sur l’institution universitaire. Au-delà des amitiés solides et des inimitiés féroces, ces fortes personnalités partagent des valeurs, des pratiques d’enseignement et de recherche qui assurent le maintien d’un esprit de corps. Plus précisément, ils développent un ethos professionnel, « un ensemble objectivement systématique de dispositions à dimension éthique, de principes pratiques3 ». L’ethos professionnel promu par les membres de cette cohorte, c’est celui du professeur de carrière qui produit et diffuse le haut savoir. Le sociologue J.-C. Falardeau en souligne d’emblée les éléments constitutifs en 1959 : « Le professeur d’université canadien-français, qu’il soit physicien, psychologue, historien ou démographe, ambitionne ce qu’ambitionnait le Magister de jadis : être un chercheur, un chercheur de vérités, un amant de la sagesse. Il veut être absorbé par un savoir à construire. Comme l’universitaire et le savant des époques antérieures, il estime que c’est en étant lui-même, en poursuivant sa recherche spéculative ou empirique selon sa propre inclination, qu’il peut le mieux servir les autres : ses disciples d’abord, la collectivité ensuite4 ». L’historien M. Trudel attribue en 1964 une mission à l’universitaire, qui « est à la fois un chercheur et un professeur : chercheur, parce qu’il doit faire avancer les connaissances dans une discipline spéciale ; et professeur, parce qu’il doit communiquer le résultat de sa recherche5 ». Enfin, l’historien Y. Roby recadre en 1968 la fonction de l’institution qui n’est plus, si elle l’a été, une école de pédagogie : « l’Université n’a pas pour premier but de former des maîtres mais de fournir un enseignement supérieur, de la recherche et, […], de former des historiens6 ».
L’ethos disciplinaire
6En réduisant la focale d’observation, l’ethos lavallois se raffermit en se disciplinant. Pour R. Sanfaçon, le milieu disciplinaire de l’Université Laval est en premier celui de l’histoire. Après son cours classique chez les Eudistes, il fréquente les bancs du tout récent Institut d’histoire et de géographie de l’Université Laval, fondé en 1947. À la suite de son séjour à Poitiers, il revient en 1960 comme chargé de cours d’histoire du Moyen Âge, puis comme professeur agrégé en 19657. Cette donnée importe : dans son enseignement et sa recherche, Laval nourrit un regard singulier sur le passé, le présent et l’avenir des êtres et des choses ; un regard fondé sur les conditions matérielles, méthodologiques et épistémologiques du savoir historique ; un regard qui se méfie de la spéculation doctrinaire. Influence majeure de la cohorte lavalloise, le sociologue F. Dumont explicite ainsi les composantes fondamentales de ce regard et de sa fonction sociale :
« Pour sa part, la science historique est une impitoyable et incessante démystification des systématisations idéologiques : par la distance qu’elle oppose à l’immédiat, par les liens qu’elle tisse du présent au passé, par son rappel inlassable que le rapport de l’homme à son histoire n’est jamais entièrement déterminé tout en étant intelligible. Elle assure ainsi une irremplaçable présence dans les débats qui agitent nos sociétés. Derrière les affirmations des factions, elle montre, et de la manière la plus concrète, la place de la critique et de la liberté8. »
7L’un des principaux historiens à avoir transité dans ses murs, M. Trudel, cerne rétrospectivement les contours de ce regard lavallois. Selon lui, s’il y a eu une école historique à l’Université de Montréal, « il n’y eût d’école de Québec, si l’on entend par là un système de pensée, un corpus historique, une problématique propre que propage un groupe cohérent d’historiens ». Toutefois, celle-ci existerait « si on entend plutôt une façon d’aborder l’histoire, un comportement particulier devant le document, une ouverture systématique de l’esprit à toute recherche et à toute interprétation9 ». A contrario de l’embrigadement idéologique et de la scolastique doctrinaire, le regard lavallois est donc affaire de sensibilités de praticiens d’une science, il s’enchâsse dans leurs valeurs disciplinaires. R. Sanfaçon adopte volontiers cette inclinaison. Analysant « les perspectives d’avenir pour l’historiographie canadienne » au moment du dépôt du rapport de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec, mieux connue sous le nom de commission Parent, il précise ainsi en 1965 les deux « moyens à utiliser pour le travail de l’historien : bibliothèques, musées, séjours d’études à l’étranger etc. ; et une certaine orientation des esprits10 ».
L’incubateur lavallois
8Cette école qui n’en est pas une11 se présente sous la forme d’un incubateur, dirait-on aujourd’hui, où germe l’ethos historien lavallois au cours des années 1960. Un incubateur encore jeune – l’Institut a seulement dix années d’existence lorsque R. Sanfaçon le quitte pour ses études à Poitiers en 1957 – et plutôt frêle en effectifs professoraux – outre Jean Bernier, Cl. Galarneau et Richard Pattie qui occupent respectivement les domaines de l’Antiquité, de l’Europe moderne et des Amériques, il ne compte que deux historiens canadianistes à temps plein : M. Trudel qui enseigne l’histoire de la Nouvelle-France et la méthodologie ; J. Hamelin qui se charge du reste12. Néanmoins, cet incubateur catalyse les énergies pour pallier les déficiences matérielles. D’emblée et dès les origines en 1947, il fédère les apports dans un dialogue interdisciplinaire, où le cursus de formation accorde une part royale à la méthodologie13.
9Ces deux tendances agissent en pulsation pour modeler l’ethos. Vu la faiblesse du nombre, étant donné leur sensibilité à la pertinence sociale de leur discipline, les historiens de Laval doivent coopérer avec leurs collègues de l’École des sciences sociales dirigée jusqu’en 1955 avec vigueur par le père Georges-Henri Lévesque14. Cette coopération engendre des effets d’attraction que J. Hamelin signale pour les années 1950 : « Tout naturellement, les méthodes, les techniques, les préoccupations et les paradigmes des sciences sociales sont graduellement introduits dans les pratiques historiennes par les jeunes diplômés de l’Institut qui cherchent dans la sociologie et l’économique l’outillage mental dont ils ont besoin pour comprendre et analyser la société15 ». Toutefois, ils doivent aussi se distinguer pour ne pas se confiner dans l’orbite satellitaire des sciences sociales : les historiens lavallois opposent aussi une résistance disciplinaire pour éviter le statut d’inféodés. Inspirée par le positivisme, la méthodologie historienne devient une référence cardinale. Elle fournit l’armature scientifique aux entreprises historiennes : sensibles aux contextes et aux temporalités, les monographies sont exhaustives avec une épaisse fondation de notes en références ; elles reposent sur des problématisations qui réfutent l’esprit de système et puisent aux autres disciplines ; le passage obligé par la critique des sources permet de collecter précisément les données avant de les interpréter prudemment ; complets, les instruments de travail se veulent d’usage pratique.
10Parmi les entreprises issues de l’incubateur lavallois, celle des Cahiers de l’Institut d’Histoire est à signaler. Sous la direction originelle de M. Trudel et au rythme de deux par année – l’un au printemps, l’autre à l’automne –, les Cahiers consacrent de 1959 à 1972 les meilleures études des professeurs et étudiants qui témoignent de l’éclat de l’approche lavalloise, parfois dans la controverse16. L’objectif de la collection est double : « faire connaitre des textes dont l’accès n’est pas toujours facile et […] présenter de brèves études qui tenteront d’éclairer telle question mal connue ». Par ces publications, « l’Institut compte aider ainsi à la recherche historique et prolonger l’enseignement de l’université17 », lui assurant ainsi sa progressive insertion dans le champ historien québécois et, volens nolens, international. R. Sanfaçon participe à cette entreprise. Dirigée par Robert Boutruche et soutenue à la ive section de l’École pratique des hautes études, sa thèse sur le Haut-Poitou du xie au xiiie siècle est accueillie dans la collection en 1967 : la monographie du médiéviste est la première parution portant sur un sujet autre que canadien, élargissant le faisceau au-delà des frontières nationales18. Elle constitue la pierre d’assise de sa reconnaissance comme professeur de carrière en histoire, une pierre d’assise sur laquelle il peut poursuivre ses travaux dans les domaines de la connaissance. Avec Défrichements, peuplement et institutions seigneuriales…, R. Sanfaçon montre encore une fois19 sa sensibilité à la matérialité des choses et à l’expérience des êtres humains dans le temps. L’étude débroussaille ainsi le terrain pour L’Architecture flamboyante en France.
Liberté et discipline
11Pour qu’il puisse assurer sa mission, l’incubateur lavallois s’ouvre aussi vers l’extérieur. Expression de la liberté nécessaire au professeur de carrière dans la pratique de sa discipline, l’ouverture se manifeste d’abord par la formation offerte aux étudiants. De 1947 à 1971, moment de sa transformation en département et de l’adoption du modèle américain, l’Institut d’histoire organise son enseignement sur le type européen : « licence composée de quatre certificats, qui donnait la priorité, non pas à la spécialisation dans un champ donné, mais à la culture générale de l’historien ; un certificat en histoire du Canada (un seul), un deuxième en histoire moderne et contemporaine, un troisième en antiquité et en Moyen Âge ; le quatrième devait être nécessairement en géographie20 ». Néanmoins, les demandes sociales se font impérieuses avec le développement des savoirs scientifiques et les besoins en main-d’œuvre qualifiée. Aussi, au cours de la Révolution tranquille, l’enseignement disciplinaire se ramifie sur des plans vertical et latéral. D’abord, le haut savoir dans le monde universitaire se reconnaît par le mystère du ministère, par la production d’une interprétation originale des connaissances – une thèse – dans une discipline donnée. « Toujours soucieux de former des professeurs, des historiens et des chercheurs », comme le rappelle le directeur C. Galarneau, l’Institut d’histoire se rend « compte du besoin de plus en plus grand de ces spécialistes dont on nous fait un appel pressant21 », en inaugurant son programme de doctorat en 1965.
12La spécialisation est aussi celle des domaines du passé. Déjà, outre l’histoire, l’Université Laval assure une formation pratique en archéologie, avec l’antiquisant Jean Des Gagniers qui dirige dès 1961 des campagnes de fouilles à Laodicée en Turquie22. Depuis 1960, l’histoire de l’art fait partie du cursus universitaire. Avec la ramification des domaines du passé, un processus de disciplinarisation s’enclenche en deux phases. Dans un premier temps, les ressources humaines augmentent. Enseignant l’art contemporain, Jean Coutu se joint en 1965 à J. Des Gagniers et à R. Sanfaçon23. À partir en 1969, les effectifs croissent fortement. Avec l’appui du directeur J. Hamelin, R. Sanfaçon accueille de nouveaux collègues en histoire : André Ségal, Rodrigue Lavoie et Joseph-Claude Poulin en 1970. Il en va de même en histoire de l’art : Claude Bergeron, Raymond Vézina et Jean-Guy Violette en 1969 ; Luc Noppen en 1972 ; David Karel en 1973 et John R. Porter en 1978 deviennent professeurs de carrière à l’Université Laval24.
13Le deuxième temps de la disciplinarisation est celui de la formalisation des savoirs et de leur enseignement. L’offre de cours sur le Moyen Âge se fait plus abondante et spécialisée, afin de mieux préparer les étudiants aux études avancées et à la recherche de pointe dans ce domaine. R. Sanfaçon n’a plus à se cantonner, comme à ses débuts en 1960, à la civilisation médiévale : l’enseignement et la recherche peuvent reposer sur les documents d’archives. Néanmoins, la disciplinarisation en ce domaine demeure ardue entre 1970 et 1990. Comme les historiens Marc Potter et Yves Gingras le mentionnent, « le temps fort de ces activités s’est déroulé dans un contexte où les études médiévales, et non l’histoire médiévale, étaient dominantes ». En dépit des efforts et du réseautage, les professeurs de Laval et de Montréal ne réussissent pas « à renverser cette tendance et à enclencher un processus de reproduction ayant permis de renforcer la présence de l’histoire médiévale dans l’ensemble des départements d’histoire au Québec25 ».
14Dans le cas de l’histoire de l’art, la disciplinarisation passe par la création d’un programme spécialisé26 – une licence à l’origine, un baccalauréat en 1971. Le programme en histoire de l’art ne cherche plus à former des généralistes, « mais des diplômés engagés dans une voie bien précise débouchant soit sur l’enseignement, la critique, l’analyse, l’animation ou l’information dans le monde de l’art et dans le monde de la culture en général ». À l’instar de ceux poursuivis par l’ethos lavallois en histoire, les objectifs de ce programme en histoire de l’art veulent « sensibiliser les étudiants aux formes anciennes et nouvelles afin qu’ils comprennent mieux les besoins, les préoccupations des divers milieux de toutes les époques ». Pour ce faire, les études de l’art visent l’acquisition « de bonnes connaissances théoriques, philosophiques, psychologiques, sociologiques, scientifiques, techniques, etc. », qui permettent à l’étudiant « d’apporter dans ses dialogues avec les artistes et le monde actuel un complément de réflexion indispensable ». Grâce à « la compréhension des œuvres du passé », elles recherchent également « dans les formes du passé celles qui expriment le mieux les aspirations humaines fondamentales ». R. Sanfaçon ajoute que, « si nous arrivons à affiner la sensibilité des gens, ceux-ci seront ouverts dans tous les domaines – une société ouverte est prête à comprendre l’univers27 ».
Réseaux et maillages
15À la manière des flux migratoires, l’ouverture de l’incubateur lavallois opère ensuite en réseaux pour former des maillages : dans une impulsion centrifuge, les talents prometteurs partent se perfectionner dans des centres d’excellence ; dans un mouvement centripète, l’Institut accueille des sommités à la fine pointe de la recherche. Les fondateurs de l’Institut d’histoire avaient acquis une formation dans d’autres lieux : Arthur Maheux à l’Université de Toronto, Luc Lacoursière à la Bibliothèque du Congrès à Washington, Maurice Lebel à l’École française d’Athènes, M. Trudel à Harvard28. Au cours des décennies 1950 et 1960, le recrutement des professeurs privilégie ceux dont le parcours de spécialisation s’est éloigné du sérail des universités canadiennes-françaises.
16Dès lors, l’influence de deux pôles innovants en histoire se font fortement sentir à l’Université Laval : celui de l’École des Annales et celui des universités américaines. Ces deux pôles possèdent des perspectives communes sur le métier d’historien : ils se défient de l’excès de théorie, s’appuient sur l’historiographie et sur les sources pour poser un questionnement – une problématique – sur le passé, s’inspirent des sciences sociales, accordent un intérêt au commun des mortels29. Ainsi, les sensibilités des historiens des Annales et des départements américains font consonance avec celles des historiens lavallois. Pour la plupart, ces derniers séjournent quelque temps aux États-Unis30 et en France, souvent à l’École pratique des hautes études grâce à l’aide financière des bourses d’Europe avant 195931, du Conseil des Arts et des autres mécènes étatiques ou privés. Composant une chaîne de solidarités qui engendre de puissants effets de renforcement des convictions éthiques sur le métier, les historiens lavallois s’insèrent dans les réseaux scientifiques internationaux, en bénéficiant souvent du soutien d’un collègue aîné, pour recommander à leur tour un étudiant plus jeune. Ainsi, pour son séjour d’études en France, Cl. Galarneau jouit de l’appui d’André Latreille et de Pierre Deffontaines32 ; l’historien du socio-culturel incite ensuite au départ pour l’Europe P. Savard33 et R. Sanfaçon34 ; le médiéviste envoie enfin Rodrigue Lavoie se perfectionner auprès de Georges Duby35. Dans les salles de classe, ces professeurs essaiment leurs connaissances auprès de leurs étudiants : à partir de 1953, Cl. Galarneau enseigne la pensée de Marc Bloch et de Lucien Febvre ; J. Hamelin les initie dès 1957 aux travaux d’Ernest Labrousse en histoire socio-économique ; R. Sanfaçon fait part des études de G. Duby sur le monde rural médiéval36. Généreux de son savoir acquis ailleurs, le médiéviste lavallois diffuse également les dernières avancées scientifiques issues des universités américaines. Il fréquente les congrès de la Mediaeval Academy of America à Harvard37, et de l’International Congress on Medieval Studies à Kalamazoo au Michigan38, dont il commente les séances pour les Cahiers de civilisation médiévale. Enfin, il ne néglige pas le public savant de sa propre société, comme en témoignent ses interventions aux congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, où il échange avec des experts érudits comme le père Benoît Lacroix39 et il invite des collègues français tels que Noël Coulet40.
17Le passage de N. Coulet à Québec en 1967 n’est pas fortuit : il remplace R. Sanfaçon dans son enseignement au moment de son année sabbatique. Lorsqu’ils ne s’acquittent pas eux-mêmes de la tâche de propagation du savoir, les historiens lavallois accueillent leurs collègues provenant des différents lieux de ce maillage international. G. Duby vient prodiguer son enseignement à Québec au cours de l’automne 196041, à l’exemple de plusieurs compatriotes tels qu’André Latreille et Robert Mandrou42. Répondant à l’invitation de son jeune collègue médiéviste lavallois, le séjour de G. Duby bénéficie notamment de l’aide financière conjuguée de l’Institut scientifique franco-canadien et des budgets universitaires43. Dans un contexte budgétaire où les universités ne peuvent financer tous les besoins en enseignement et en recherche, les professeurs de Laval sont des habitués des demandes de subvention, dont ils connaissent le vocabulaire et les critères. Ces subventions soutiennent des initiatives majeures comme le Dictionnaire biographique du Canada ou les travaux historiques sur la socio-économie québécoise. Elles couvrent les frais des activités de réseautage et de maillage, à l’instar de l’important colloque France et Canada français du xvie au xxe siècle, organisé par Cl. Galarneau et Elzéar Lavoie en octobre 1963, qui réunit dans une perspective à la fois interdisciplinaire et internationale les F. Ouellet, J. Hamelin, J.-Ch. Bonenfant, Luc Lacoursière, J.-Ch. Falardeau, F. Dumont, Alphonse Dupront, Ernest Labrousse, R. Mandrou et R. Sanfaçon44.
18Les subventions ne servent pas seulement à attirer des chercheurs étrangers. Elles assurent aussi le financement des séjours à l’extérieur pour les études et les recherches. Avec l’aide financière de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, une quinzaine d’étudiants, dont L. Noppen et J. R. Porter, peuvent ainsi accompagner R. Sanfaçon dans un stage d’étude en France en 1970. Pendant trois semaines, l’équipe a « directement accès aux formes qu’ils avaient étudiées pendant l’année » universitaire45. Ils rapportent « 6500 photographies et diapositives portant sur l’architecture flamboyante en France et en Belgique, sur l’église Saint-Urbain de Troyes ainsi que sur plusieurs monuments », qu’ils versent à la cinématique de l’Université46. Résultat d’une formation exigeante au haut savoir et de la recherche appliquée sous le magistère d’un professeur de carrière, ce corpus documentaire, c’est celui de L’Architecture flamboyante en France.
19Œuvre d’institution, L’Architecture flamboyante en France résulte de la conjonction des sensibilités et des solidarités qui caractérisent l’ethos lavallois. Sensibilités disciplinaires, d’abord. Le rapport entre le passé, le présent et l’avenir se fonde sur une nécessaire dialectique de la distance et de l’engagement, une dialectique où la science ne saurait se concevoir sans la conscience, une conscience où l’exigence éthique prime dans les intentions et les pratiques. Solidarités historiennes, ensuite. En amont, l’auteur enfante son livre avec les apports conjugués de ses prédécesseurs, de ses collègues et de ses étudiants. En aval, le livre a un lectorat qui peut y puiser savoir, science et sapience. Somme toute, l’œuvre est d’humaine condition par son projet et son accomplissement.
20Au cœur de l’œuvre se trouve l’auteur. Comme professeur de carrière, R. Sanfaçon se situe assurément au cœur flamboyant : au cœur de la formation des êtres au haut savoir, au cœur de son domaine et de sa discipline, au cœur de l’institution lavalloise, au cœur des réseaux et des maillages, au cœur de son temps. Avec élégance et pertinence, il contribue fermement à la constitution de l’ethos disciplinaire lavallois, tout en étant l’un de ses fleurons d’élite de pair avec M. Trudel, Cl. Galarneau, J. Hamelin, P. Savard, Y. Roby. Tenus en 1965, ses propos synthétisent éloquemment l’essence même de l’ethos de Laval, de son regard singulier sur le passé, le présent et l’avenir des êtres et des choses : « il ne s’agit pas, dans ce cas, d’essayer de faire de l’histoire non-canadienne pour expliquer et comprendre nos origines, nos tendances et nos comportements. Ce qui compte, c’est l’être humain où qu’il soit et c’est à sa recherche que nous devons toujours être47 ».
Notes de bas de page
1 Voir entre autres, Les Fondements de la pensée politique moderne, Paris, Albin Michel, 2001.
2 Sur ces questions : J. Hamelin, Histoire de l’Université Laval. Les péripéties d’une idée, Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 1995, p. 211-237 ; J. Racine-Saint-Jacques, « Les universités québécoises avant la Révolution tranquille », Découvrir, 3, 2017 [En ligne], https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2017/03/universites-quebecoises-revolution-tranquille (31 mars 2019).
3 P. Bourdieu, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1984 [2002], p. 133.
4 J.-Ch. Falardeau, « Les chaînes de Prométhée », Liberté, 1, 2, mars-avril 1959, p. 69-78.
5 M. Trudel, Mémoires d’un autre siècle, Montréal, Boréal, 1987, p. 235. Aussi M. Trudel, « Les débuts de l’Institut d’histoire à l’Université Laval », Revue d’histoire de l’Amérique française, 27, 3, 1973, p. 397-402.
6 Cité dans M. Duval, « Au secondaire, l’enseignement de l’histoire doit viser au général (Hamelin) », Le Soleil, 12 février 1968, p. 8.
7 « Plusieurs nominations à l’Université Laval », Le Soleil, 21 juin 1965, p. 16.
8 F. Dumont, « La fonction sociale de l’histoire », Histoire sociale, 2, 4, 1970, p. 14-15. Sur la représentation de l’histoire selon Fernand Dumont : J. Goyette, Temps et culture. Fernand Dumont et la philosophie de l’histoire, Québec, Presses de l’Université Laval, 2017, p. 55-68.
9 M. Trudel, op. cit., 1985, p. 191.
10 M. Duval, « Par le rapport Parent, l’histoire se voit enfin décerner ses lettres d’émancipation, selon le professeur Trudel », Le Soleil, 3 avril 1965, p. 15.
11 La question fait débat depuis l’article paradigmatique de Serge Gagnon en 1966, d’autant plus que l’emploi du terme « École » s’inscrit dans une grille de lecture fondée sur le clivage partisan entre indépendantistes et fédéralistes : S. Gagnon, « Pour une conscience historique de la révolution québécoise », Cité libre, 16, 83, janvier 1966, p. 4-19. Plus soucieux de l’autonomie du champ historien, Ronald Rudin nuance l’appellation sous le terme « Laval Approach » : R. Rudin, Making History in Twentieth-Century Quebec, Toronto, University of Toronto Press, 1997, p. 129-170. Enfin, François-Olivier Dorais souligne avec raison que « le recours aux écoles historiques dans l’étude du passé disciplinaire » réduit « la valeur des productions intellectuelles ainsi désignées aux strictes controverses politiques, idéologiques, identitaires ou sociales qui les ont motivées, prêtant ainsi le flanc à une vision unidimensionnelle de la réalité, mais aussi à une analyse qui oscille strictement entre la sympathie et l’antipathie » : Fr.-O. Dorais, « Classifier et organiser la production historiographique au Québec : réflexions critiques autour de la notion d’“école historique” », Bulletin d’histoire politique, 24, 3, printemps 2016, p. 166. Aussi du même auteur, Un combat d’école ? Le champ historiographique vu de Québec (1947-1965), Montréal, Université de Montréal, thèse de doctorat en histoire, 2018.
12 N. Voisine, « Jean Hamelin : un portrait », dans Érudition, humanisme et savoir,. Actes du colloque en l’honneur de Jean Hamelin, Y. Roby, N. Voisine dir., Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 1996, p. xxiv.
13 M. De Waele, M. Pâquet, « Introduction », dans Québec, Champlain, le monde, M. De Waele, M. Pâquet dir., Québec, Presses de l’Université Laval, 2008, p. 18.
14 Voir J. Racine-Saint-Jacques, L’Engagement du père Georges-Henri Lévesque dans la modernité canadienne-française, 1932-1962. Contribution à l’histoire intellectuelle du catholicisme et de la modernité au Canada français, Québec, Université Laval, thèse de doctorat en histoire, 2015.
15 J. Hamelin, « L’histoire des historiens : entre la reconstruction d’une mémoire collective et la recherche d’une identité », dans Mémoires et histoires dans les sociétés francophones, J. Dagneau, S. Pelletier dir., [Québec], celat/Université Laval, 1992, p. 59-71. Cité dans Parole d’historiens. Anthologie des réflexions sur l’histoire au Québec, É. Bédard, J. Goyette dir., Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2006, p. 213.
16 La plus notoire est celle de l’étude de Fernand Ouellet, Julie Papineau, un cas de neurasthénie et d’éducation janséniste, qui fait l’objet d’une poursuite judiciaire par les descendantes de Louis-Joseph Papineau. Ces dernières ayant gain de cause, l’ouvrage est retiré du commerce : R. Rudin, op. cit., 1997, p. 149-161 ; R. Rudin, « Julie Papineau, un cas de neurasthénie et d’éducation janséniste », dans Dictionnaire de la censure au Québec : littérature et cinéma, P. Hébert, K. Landry, Y. Lever dir., Montréal, Fidès, 2006, p. 372-375.
17 G. P., « Un troisième cahier de l’Institut d’histoire », La Presse, 25 février 1961, p. 16.
18 R. Sanfaçon, Défrichements, peuplement et institutions seigneuriales en Haut-Poitou du xie au xiiie siècle, Québec, Presses de l’Université Laval, 1967. À ce propos, voir P. Savard, « Un quart de siècle d’historiographie québécoise, 1947-1972 », Recherches sociographiques, 15, 1, 1974, p. 93.
19 Familier de la transhumance en recherche, il avait montré sa sensibilité dès ses premières études sur la Nouvelle-France : R. Sanfaçon, « La construction du premier chemin Québec-Montréal et le problème des corvées (1706-1737) », Revue d’histoire de l’Amérique française, 12, 1, juin 1958, p. 3-29.
20 M. Trudel, loc. cit., 1973, p. 399.
21 « Dès septembre, enseignement en vue du doctorat à l’institut d’histoire de l’Université Laval », Le Soleil, 7 avril 1965, p. 10.
22 M. Lebel, « À la Faculté des lettres de l’Université Laval », L’Action catholique, 19 mars 1962, p. 4.
23 M. Duval, « La vie universitaire », Le Soleil, 3 avril 1965, p. 15.
24 S. D. Daussy, « Présentation. Entre France et Canada. Écrire une histoire de l’architecture flamboyante en 1970 », ce livre, p. £££, n. £££.
25 M. Potter, Y. Gingras, « Des “études” médiévales à “l’histoire” médiévale : l’essor d’une spécialité dans les universités québécoises francophones », Historical Studies in Education / Revue d’histoire de l’éducation, 18, 1, 2006, p. 44. Aussi D. Angers, « Les intellectuels québécois et le Moyen Âge : histoire d’une passion », Cap-aux-Diamants, 42, 1995, p. 19.
26 Commission des universités sur les programmes, Les Programmes d’arts dans les universités du Québec : arts visuels et médiatiques, design, art dramatique, études et production cinématographiques, enseignement des arts, histoire de l’art, muséologie, rapport 24, avril 2000, p. 10. Le programme de licence est mis sur pied grâce aux démarches de Roland Sanfaçon et d’Odette Dick : J. R. Porter, John R. Porter. Devenir un leader culturel. Récit d’un rêveur pragmatique, Québec, Presses de l’Université du Québec, 2013, p. 22.
27 C. Brunelle, « Pour décoder le langage formel. Section des Études de l’Art de la Faculté des lettres/Interview », Le Soleil, 13 mars 1971, p. 42. La référence à la société ouverte renvoie à l’analyse en philosophie politique de Karl Popper, The Open Society and Its Enemies. Dans sa défense de la liberté et de la démocratie, le philosophe critique vertement l’historicisme, critique partagée par les historiens lavallois : K. Popper, The Open Society and Its Enemies, Londres, Routledge, 1945.
28 M. De Waele, M. Pâquet, op. cit., 2008, p. 18.
29 Y. Frenette, N. Voisine, « Yves Roby, l’homme et l’historien », dans Les Parcours de l’histoire. Hommage à Yves Roby, Québec, Y. Frenette, M. Pâquet et J. Lamarre dir., Presses de l’Université Laval, 2002, p. 8-10.
30 Par les nombreux exemples de l’influence américaine à l’Université Laval, Yves Roby fréquente en 1964 l’Université de Rochester, où enseignent les cliométriciens Stanley Engelman, Douglas North et Robert Fogel – futurs lauréats du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel –, le spécialiste de l’histoire de l’esclavage Eugene Genovese, l’historienne féministe Elizabeth Fox : Y. Frenette, N. Voisine, op. cit., 2002, p. 9. L’historien lavallois Richard Jones fait son baccalauréat à Princeton, où le spécialiste des relations internationales George Kennan lui enseigne : D. Dupont, « Pour une refondation de la nation. Entrevue avec Simon Langlois », Aspects sociologiques, 2004, p. 145. Enfin, l’historien de l’art David Karel reçoit un doctorat de l’Université de Chicago en 1974.
31 De ce groupe, mentionnons Marcel Trudel, Claude Galarneau et Jean Hamelin : R. Gagnon, D. Goulet, « Les “boursiers d’Europe”, 1920-1959 : La formation d’une élite scientifique au Québec », Bulletin d’histoire politique, 20, 1, p. 65.
32 Cl. Galarneau, « Itinéraire d’historien », dans L’Histoire de la culture et de l’imprimé :hommages à Claude Galarneau, Y. Lamonde, G. Gallichan dir., Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 1996, p. 12-15.
33 Cl. Galarneau, « Pierre Savard, mon ami », dans Constructions identitaires et pratiques sociales, Actes du colloque en hommage à Pierre Savard, Université d’Ottawa, 4, 5, 6 octobre 2000, P. Lanthier, J.-P. Wallot, H. Watelet dir., Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 2002, p. 387-388.
34 R. Sanfaçon, Témoignage en mémoire de Claude Galarneau, 23 mars 2018 [En ligne], https://www.fcfq.coop/avis-de-deces/claude-galarneau-149539/ (14 avril 2019).
35 M. Zerner, « Le grand atelier de Georges Duby : les années aixoises », dans André Masson et Georges Duby. Arts plastiques et Sciences humaines, Aix-en-Provence, 1948-1968, colloque du Centre aixois des Arch. dép./umr telemme, Aix-en-Provence, 11-13 septembre 2008 (texte remis pour les Actes, non parus), p. 9-10 [En ligne], https://www.academia.edu/26774767/LE_GRAND_ATELIER_DE_GEORGES_DUBY_LES_ANNÉES_AIXOISES.
36 J. Hamelin, loc. cit., 2006 [1992], p. 213-215 ; A. Dubuc, « L’influence de l’école des Annales au Québec », Revue d’histoire de l’Amérique française, 33, 3, décembre 1979, p. 357-386 ; Patrick-Michel Noël et Martin Pâquet, « L’Hexagone et la disciplinarisation de l’histoire au Québec : l’influence française sur l’historiographie québécoise, 1895-1963 », Bulletin d’histoire politique, 20, 1, automne 2011, p. 104-108.
37 R. Sanfaçon, « Réunion annuelle des médiévistes d’Amérique », Cahiers de civilisation médiévale, 5, 17, janvier-mars 1962, p. 97 ; R. Sanfaçon, « États-Unis », Cahiers de civilisation médiévale, 6, 22, avril-juin 1963, p. 207-208.
38 G. T. Beech et R. Sanfaçon, « États-Unis », Cahiers de civilisation médiévale, 11, 42, avril-juin 1968, p. 255-257.
39 Annales de l’acfas pour l’année 1961-1962, 29, 1963, p. 92-95 ; Annales de l’acfas pour l’année 1962-1963, 30, 1964, p. 86-87 ; Annales de l’acfas pour l’année 1963-1964, 31, 1965, p. 68-69.
40 Annales de l’acfas pour l’année 1967-1968, 35, 1969, p. 141-142.
41 M. Lebel, « À la Faculté des lettres de l’Université Laval », L’Action catholique, 25 mai 1960, p. 4.
42 Fr.-O. Dorais, « Présence et influence de Robert Mandrou au Québec », Revue d’histoire de l’Amérique française, 69, 3, hiver 2016, p. 59-82.
43 F. Harvey, « L’Institut scientifique franco-canadien, 1926-1967, précurseur de la coopération franco-québécoise », Bulletin d’histoire politique, 20, 1, automne 2011, p. 78-81 ; M. Trudel, loc. cit., 1973, p. 399.
44 France et Canada français du xvie au xxe siècle (colloque d’histoire), Actes du colloque international de Québec, 10-12 octobre 1963, Cl. Galarneau, E. Lavoiedir., Québec, Presses de l’Université Laval, 1966.
45 C. Brunelle, loc. cit., 1971, p. 42.
46 M. Duval, « Plusieurs acquisitions à la Cinémathèque de l’Université Laval », Le Soleil, 28 décembre 1971, p. 14.
47 M. Duval, loc. cit., 1965, p. 15.
Auteur
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Martin Pâquet
Département des sciences historiques, Université Laval
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