Introduction
p. 17-32
Texte intégral
1Le souvenir d’une élection présidentielle se concentre parfois dans une scène de meeting. On se souvient de Ségolène Royal, exaltée, adressant une ode vibrante au « peuple de France, peuple libre, peuple fier, peuple insoumis » au stade Charléty, le 1er mai 2007. De François Hollande, déterminé, désignant « le monde de la finance » comme son véritable « adversaire » au Bourget le 22 janvier 2012, à l’endroit même où François Mitterrand, le 22 avril 1988, avait fait, narquois, un « modeste aveu » : « Je suis socialiste, vous le savez bien… ». De Nicolas Sarkozy, combatif, appelant avec force ses électeurs à se mobiliser « Aidez-moi. J’ai besoin de vous » à Villepinte le 11 mars 2012. Chez d’autres, résonne encore le rire caverneux de Jean-Luc Mélenchon qui saluait avec emphase « le retour » du « peuple des révolutions » à la Bastille le 18 mars 2012. Qui n’a pas souri en voyant Emmanuel Macron, survolté, s’égosillant la voix à la tribune « Parce que c’est notre projet ! » à la Porte de Versailles le 10 décembre 2016 ? Certains, enfin, n’ont pas oublié le regard d’un François Fillon fragilisé par un scandale d’emploi fictif et qui, malgré la tempête judiciaire et météorologique s’abattant ce 5 mars 2017 place du Trocadéro, n’avait pas hésité à mettre sa famille politique au pied du mur au moment le plus critique de sa campagne : « Laisserez-vous les passions du moment l’emporter sur les nécessités nationales ? ». Nul besoin de poursuivre l’inventaire pour comprendre que la mémoire de ces grands rassemblements organisés dans le cadre de l’élection présidentielle se réduit parfois à une image ou une parole captée par les médias et qui, même furtive, peut fixer durablement un trait de personnalité du candidat, voire créer un « moment de campagne » capable de faire basculer les équilibres de la compétition électorale.
1. Le meeting, un objet de curiosité
2La mémoire collective retient volontiers le grandiose des rassemblements nationaux, « ces meetings géants qui façonnent un président1 » et sont organisés en grande pompe pour attirer l’attention de la presse et de l’opinion. Mais qu’en est-il du visage « ordinaire » de la réunion électorale, celle que l’on organise un soir de semaine, dans une salle de moyenne capacité, devant quelques centaines de participants et une dizaine de journalistes locaux ? Ces formes moins spectaculaires des rassemblements n’appartiennent qu’aux témoins directs de l’événement. Pourtant, ce qui se joue dans ces arènes plus modestes n’en est pas moins éclairant sur la façon dont un présidentiable ou une formation politique envisage son rapport aux électeurs et dont se déroule concrètement cette rencontre orientée vers une opération électorale unique : le vote.
3La curiosité préférentielle pour les grands shows supposés « faire événement » dans la campagne a fini par réduire l’objet meeting à quelques lieux communs. Dans les années 2000, beaucoup d’observateurs se sont interrogés : à l’heure des réseaux sociaux et des outils numériques, le meeting ne serait-il pas devenu un objet un peu désuet des campagnes électorales ? Déjà, dans les années 1960, avait retenti ce petit refrain de la querelle revisitée des Anciens et des Modernes. En 1965, le parlementaire MRP André Diligent, dans un célèbre ouvrage questionnant le rôle démocratique de la télévision comme média de masse émergent, prophétisait ainsi :
Les réunions électorales seront moins suivies. Pourquoi, en effet, prendre place sous un préau d’école inconfortable pour écouter un homme de second plan, lorsqu’on pourra s’offrir à domicile les leçons ou d’un président du Conseil ou d’un leader de l’opposition ?2
4Là encore, le meeting apparaissait comme cet objet archaïque inadapté aux mutations des mœurs politiques et aux innovations de l’écosystème médiatique. Force est de constater que ni le petit écran, ni les réseaux sociaux numériques n’ont eu la peau de cet outil incontournable du « faire campagne ». Hier comme aujourd’hui, c’est encore en « métinguant3 » que l’on devient « présidentiable ». Le meeting électoral, au cœur du répertoire d’action collective depuis la fin du XIXe siècle, participe même directement à la fabrique d’une stature présidentielle depuis l’adoption du suffrage universel direct sous la Ve République en s’imposant comme dispositif idéalement dédié à la promotion du candidat et à la mise en scène de la ferveur qu’il suscite.
5Autre poncif fréquemment soulevé par les observateurs : le meeting fait-il gagner l’élection ? On ne retracera pas ici l’histoire d’une constance des contemporains à vouloir mesurer des phénomènes politiques sous l’angle de l’influence (souvent surévaluée) qu’ils exercent sur l’opinion. La question dépasse largement le cas des meetings4. À ce fantasme persistant, des chercheurs en sciences sociales ont ici clairement tranché : non, « les meetings ne font pas l’élection et ne sont pas ou ne sont plus perçus comme un espace privilégié du ralliement des électeurs durant une campagne électorale5 ». Pour autant, l’importance des sommes budgétaires investies par les candidats et les formations politiques pour mettre en scène l’appel à la mobilisation atteste que les effets de croyance en l’efficacité du dispositif demeurent intacts. Cette valeur stratégique attribuée au meeting a même été renforcée avec l’émergence des chaînes d’information continue dans les années 2000. À partir de la campagne de 2012, la retransmission télévisée en direct et en intégralité des meetings des candidats – ou en tout cas de leurs discours - se généralise et transforme ce qui n’était qu’un outil d’action politique en véritable programme télévisuel. La réunion publique se déployant désormais devant plusieurs arènes, l’appel à la mobilisation concerne non seulement quelques milliers de participants mais potentiellement plusieurs millions de téléspectateurs. Parmi eux, de nombreux électeurs indécis… Si l’organisation de meetings n’est donc pas une garantie de victoire, a contrario, un candidat qui ne consentirait pas à en organiser se priverait à coup sûr de chances de succès, réduit à une invisibilité certaine. L’intérêt, dès lors, n’est pas tant de questionner en vain les effets réels du meeting sur le choix électoral que de comprendre concrètement ce que le dispositif parvient encore à produire en termes d’usages, de pratiques et de croyances.
2. Le meeting, un enjeu de débats
6La vie des meetings dépasse la temporalité électorale et la finalité du vote. Longtemps après l’élection, on voit parfois ressurgir dans l’actualité une réflexion sur le rôle de ces réunions publiques. Parce qu’ils mobilisent l’essentiel des dépenses de campagne des candidats en compétition et impliquent un tissu complexe de services facturés à des prestataires, les grands rassemblements sont parfois au cœur de révélations sur des atteintes aux règles de financement des campagnes électorales. Quelques mois après l’issue du scrutin, l’administration indépendante chargée de contrôler le financement de la vie politique, la CNCCFP, commence en effet à publier les comptes de campagne des candidats. Ces documents sont alors disséqués par des journalistes d’investigation qui, après leurs confrères du service politique, plongent dans la complexe matérialité de la campagne passée. Ce qu’ils découvrent en épluchant les milliers de documents révèle parfois de curieuses anomalies, voire de graves infractions pouvant remettre en cause les règles du jeu démocratique. Les dépenses de réunions publiques, en particulier, cristallisent souvent les mauvaises pratiques identifiées. En février 2014, l’hebdomadaire Le Point6, revenant sur l’élection présidentielle de 2012, avait ainsi lancé l’affaire Bygmalion en mettant à jour un système de fausse facturation des prestations effectuées dans le cadre des événements de la campagne de Nicolas Sarkozy. Visant à masquer d’importants dépassements de frais, ces factures litigieuses concernaient en particulier les onéreuses réunions publiques du candidat. Un an après la présidentielle de 2017, Mediapart, Franceinfo et Le Monde révélaient que le candidat Emmanuel Macron avait bénéficié, de la part de certains prestataires, de rabais au-delà de la limite maximale théoriquement tolérée par la CNCCFP (15 à 20 %)7. Une nouvelle fois, ces manquements au code électoral - réfutés par le parti du président de la République – concernaient en premier lieu des prestations de meetings du candidat (location de salles, contrats avec des sociétés du secteur événementiel, etc.). Dans le contexte d’un épuisement démocratique, la question de la transparence, de l’équité et du contrôle du financement de la vie politique se pose désormais avec une acuité accrue dans le débat public8. Par les traces matérielles laissées dans les cartons d’une haute administration, le meeting, bel et bien inscrit dans un système économique, politique et médiatique, est comme ce petit bout de ficelle qui, lorsqu’on le tire, interroge de manière crue les règles de fonctionnement de l’élection et l’équité de notre jeu démocratique. Plus qu’un objet de curiosité et de fantasme, il devient, à son niveau, l’expression d’une préoccupation citoyenne sur l’état des démocraties électorales.
7Si le meeting prospère grâce à l’écho de sa médiatisation, il est, en tant qu’image médiatisée, une fenêtre sur les pratiques journalistiques et plus généralement les rapports entre médias et politiques. À partir de 2007, les journalistes de télévision, qui jusqu’alors gardaient le contrôle de leurs images, ont cédé à la facilité de l’image « propre » et à moindre coût en acceptant de reprendre le signal de retransmission fourni directement par les équipes de campagnes pour diffuser les meetings en direct et en intégralité. L’arrivée des chaînes d’information continue marque ainsi le début de cette privatisation des images de meeting, effet que les rédactions en chef imaginent compenser par l’incrustation d’une mention précisant la nature de ces images (type « images fournies par le parti »). En 2007, la pratique, encore marginale, n’avait fait l’objet d’aucune mise en débat au sein de la profession. En 2012, le phénomène s’est généralisé et interpelle quelques journalistes – en particulier dans les rangs de la presse écrite – soucieux d’alerter ce qu’ils considèrent comme étant un recul de la maîtrise éditoriale des contenus. En février, Daniel Psenny publie ainsi dans Le Monde un article où il décortique « comment les équipes de campagnes contrôlent les images », s’inquiétant des risques dommageables pour le métier. Il constate, certes, l’existence d’une grogne :
Ces dispositions commencent à faire grincer des dents parmi les journalistes audiovisuels qui, pour certains, n'acceptent pas d'être utilisés comme des « relais de communication ». Mais les directeurs des rédactions semblent avoir accepté cette « obligation »9.
8Depuis, force est de constater que la réflexion déontologique, sacrifiée au nom des moyens de production de l’information, n’a pas clarifié ce brouillage nuisible entre information et communication. Dans un contexte de défiance enracinée de l’opinion à l’égard des médias10, on peut s’interroger sur le coût symbolique de cette quête sans retenue de la « belle image » pour la profession.
9Outil le plus spectaculaire du « faire campagne » sur le terrain, le meeting contribue à orchestrer la dynamique de la compétition électorale. Mais quand la mise en scène élaborée par les conseillers et les communicants ne se déroule pas comme prévu à l’avantage du candidat, il peut devenir un révélateur brutal de l’état des tensions sociales et politiques du moment. Sous l’œil des caméras, une belle opération de communication peut même se transformer en naufrage. En 1974, la diffusion télévisée des images de meetings de Jean Royer avait fortement nui à la campagne du candidat de « l’ordre moral ». À Toulouse le 25 avril, le maire de Tours avait par exemple été empêché de s’exprimer à la tribune par des militant.e.s venues dénoncer ses positions réactionnaires, en particulier sur l’avortement. Le journal télévisé avait même osé montrer la poitrine dénudée d’une féministe parmi les perturbateurs11. Pour poursuivre sa campagne de terrain, Jean Royer avait dû transformer ses meetings… en conférences de presse. En 2017, on a vu la campagne de terrain de François Fillon se dérober sous ses pas en raison de l’affaire d’emploi fictif le visant, lui et sa femme. Le bruit des casseroles orchestré par ses opposants produisant une bande sonore dévastatrice, chaque perturbation de ses meetings exprimait l’exigence citoyenne de respect des institutions et de moralisation des mœurs politiques.
10Fenêtre sur l’état de certains rapports sociaux et des sensibilités de l’opinion sur différents thèmes, les meetings sont également le miroir des tensions entre journalistes et politiques. Dans les rassemblements, on a vu se multiplier les violences verbales et physiques contre les reporters de terrain, encouragées parfois directement par certains candidats. Si les attaques contre la presse et la volonté de se présenter en bouc émissaire des médias sont un grand classique de l’histoire des scandales politiques depuis le XIXe siècle, jamais une campagne présidentielle n’avait été à ce point émaillée de violences ou d’intimidations à l’égard des représentants de la presse. La triste nouveauté, en 2012 et surtout 2017, c’est que la remise en cause des grands principes fondamentaux républicains (liberté d’expression, de réunion, droit à l’information, etc.) n’a plus seulement été l’apanage des partis aux extrémités du spectre politique. Ce qui s’est joué parfois dans les meetings, c’est tout simplement la possibilité pour la presse d’exercer pleinement sa liberté et pour le public de préserver son droit à l’information.
11En période électorale ou non, la curiosité manifestée à l’égard de l’objet meeting soulève bel et bien une série d’interrogations révélatrices des préoccupations contemporaines sur l’état de notre vie politique et démocratique. C’est dire si l’objet mérite qu’on lui prête un peu d’attention.
3. Le meeting, un objet de recherche sous-investi
12Ce qui frappe d’emblée le chercheur, c’est le contraste entre le surinvestissement régulier des candidats dans le dispositif du meeting électoral et le relatif sous-investissement de la recherche académique sur cet objet interdisciplinaire.
13En France, les historiens et les socio-historiens ont bien perçu l’intérêt d’étudier l’objet pour comprendre les transformations de l’espace démocratique à la fin du XIXe siècle. Les premiers travaux s’intéressant aux formes et au rôle des mobilisations collectives s’inscrivent ainsi dans le cadre de réflexions portant sur l’apprentissage de la citoyenneté et la mise en place de rituels républicains12, le développement de la démocratie participative13 ou encore l’affirmation des cultures partisanes à travers leurs formes concrètes ou symboliques14. La IIIe République ayant fondé le droit de réunion en 1881, le meeting, conçu originellement sous la forme d’un espace contradictoire, apparaît d’abord comme un lieu privilégié d’apprentissage de l’idéal républicain et un outil de formation du jugement politique capable de stimuler la participation des citoyens. Mais il faut attendre la remarquable étude de Paula Cossart (2010), qui a érigé le meeting en véritable objet de recherche pour les sciences historique et politique, pour comprendre le devenir des rassemblements collectifs et l’importante mutation de la réunion politique dans l’entre-deux-guerres. Abandonnant la forme du contradictoire, le meeting cesse alors d’être l’outil au service d’une entreprise républicaine pour devenir l’instrument des formations partisanes émergentes. Les rassemblements des années 1930, désormais organisés comme des démonstrations de force monopartisanes, visent avant tout à frapper les imaginaires à travers des mises en scène plus théâtralisées pour capter l’attention des citoyens et des médias. Depuis la Libération, sans changer radicalement de nature, le meeting électoral a connu de nouvelles transformations sous l’effet des évolutions politiques (instauration de la Ve République et du suffrage universel direct de l’élection présidentielle) et médiatiques (montée en puissance de la télévision, professionnalisation de la communication politique). Une synthèse historique des formes et usages contemporains de ces meetings organisés en contexte électoral sous la Ve République manque encore à l’appel.
14Depuis les années 1980, les politistes et les sociologues se sont surtout penchés sur ces dispositifs d’appel à la mobilisation électorale pour comprendre les transformations du « répertoire d’action collective15 », interroger la modernisation des partis politiques ou éclairer les pratiques, les sociabilités et les cultures militantes. Car si le meeting de la Ve République, essentiellement composé de militants, ne véhicule plus « l’ivresse de la réunion publique16 » repérable chez les citoyens dans les premières décennies de la IIIe République, à quoi bon les étudier, si ce n’est bel et bien parce que, au-delà de l’aspect toujours conjoncturel d’une élection, ils « constituent des espaces privilégiés d’observation des modalités et des formes des mobilisations partisanes17 » dans un cadre donné et permettent ainsi de mettre en lumière l’économie des ressorts symboliques et matériels de cette mobilisation. Menées au niveau local18, régional19 ou dans d’autres cadres nationaux20, ces recherches précieuses ont en commun de reposer sur un parti pris résolument ethnographique mais dont il est parfois difficile de tirer des enseignements généraux.
15Si la prospérité cathodique des meetings pendant la présidentielle de 2012 a stimulé l’effet de croyance en l’efficacité du dispositif auprès des équipes de campagne, elle a également suscité, en France, un regain d’intérêt académique pour l’objet. En juillet 2013, au Congrès de l’Association française de science politique (AFSP), une section thématique entièrement consacrée à l’objet interrogeait ce « renouveau » sous l’angle de ses dispositifs, de ses acteurs et de ses publics21. Coordonnée par Paula Cossart, Ludivine Balland et Élise Cruzel, la section avait, de manière plus nouvelle, porté un intérêt particulier aux processus de médiatisation et aux logiques journalistiques observés notamment à partir du cas de l’élection présidentielle 2012. Le meeting est tour à tour identifié comme un lieu de rationalisation du travail journalistique de terrain où les bénéfices du point de vue de la « vitalité démocratique et de la qualité de l’information produites sont contradictoires22 », un espace de co-production de l’événement actionné par la relation d’associés-rivaux entre les journalistes et les personnels politiques23 et un outil de transformation et de modernisation pour les organisations partisanes soucieuses d’une plus grande visibilité médiatique24. La section thématique actait également d’un déficit des travaux portant sur les publics de meetings25.
16Au-delà des frontières, la recherche anglo-saxonne paraît avoir plus précocement décelé le potentiel de l’objet. Dans le cas des États-Unis, l’émergence de grands rassemblements partisans et festifs dès le milieu du XIXe siècle a nourri l’intérêt des chercheurs américains pour les formes contemporaines des mobilisations électorales26. Le phénomène des conventions américaines organisées dans le cadre des primaires républicaines ou démocrates s’est constitué en véritable sous objet de la recherche sur les mobilisations électorales dès les années 1960-1970, que ce soit pour en définir une approche méthodologique en élaborant un protocole de collecte des données en situation d’observation27, interroger de manière comparée ce moment de la communication électorale dans la dynamique de campagne des candidats28, examiner le rôle de l’effet candidat et la perception des traits de personnalités tendant à définir les contours du « candidat idéal29 » ou encore étudier les enjeux et les effets de la médiatisation de ces rassemblements30. Les travaux portant sur le cas de la Grande-Bretagne31 complètent cet intérêt académique pour les assemblées électorales historiquement enracinées dans le monde anglo-saxon dès la fin du XVIIIe siècle.
17Au-delà des pays occidentaux, des chercheurs se sont plus récemment intéressés aux usages et aux pratiques de mobilisation électorale dans d’autres contextes nationaux. « La compréhension de ce qui se joue dans les meetings gagnerait à une meilleure connaissance de la forme qu’ils prennent, et ont pris, hors de nos frontières32 ». Que ce soit le cas du Brésil33 ou d’autres pays du continent sud-américain34, le cas de pays africains comme le Bénin35 ou le Niger36 ou de pays du Maghreb comme le Maroc37, ces travaux tentent de mettre à jour les particularismes ou les invariants des cultures politiques par l’observation de ces formes de mobilisations collectives. Là où il est étudié, le meeting apparaît toujours comme un lieu central de la vie politique et un dispositif essentiel des campagnes électorales. En 2016, de jeunes chercheurs français, partant du constat d’un sous-investissement dans l’étude des modalités concrètes et des processus du « faire campagne » ont opté pour un regard décloisonné en faisant dialoguer des terrains géographiquement, politiquement et sociologiquement diversifiés afin de mettre en lumière des logiques de situation dans lesquels s’inscrivent les processus politiques et sociaux de mobilisation électorale38.
4. L’enjeu d’étudier les meetings de l’élection présidentielle 2017
18D’emblée, je souhaite lever de possibles malentendus. Cet ouvrage ne se présente pas comme un « journal de campagne » de l’élection présidentielle 2017, tout aussi singulière que puisse être cette dernière dans notre histoire politique contemporaine. Disons plutôt que l’élection de 2017 a offert un contexte privilégié pour observer les pratiques concrètes de la mobilisation dans la temporalité de la campagne et affiner notre compréhension des mœurs électorales à partir de l’objet meeting. Ce livre a une double ambition.
19D’abord, il s’agit de réaffirmer le principe d’unité d’un objet au croisement des sciences sociales, des sciences du langage et des sciences de la communication. Analyser le meeting en sciences de l’information et de la communication revient trop souvent à limiter l’objet à sa dimension discursive et argumentative, en oubliant l’ensemble du dispositif39. Étudier le meeting sous l’angle de la sociologie des mouvements sociaux ou des partis politiques conduit à négliger le fait que, si le meeting est lié à un système politique et partisan, il est aussi tributaire des logiques propres d’un système médiatique qui influencent directement les décisions et les pratiques des mêmes acteurs politiques. On peut regretter, encore, que les études sur la communication politique numérique, en privilégiant les usages en ligne, entretiennent une dichotomie avec des pratiques plus traditionnelles, alors que le meeting est précisément un lieu où parviennent à se mêler différentes générations d’outils de la communication politique. Toutes ces approches, riches et nécessaires, peinent donc à dialoguer et décloisonner l’objet. L’enjeu, ici, est de comprendre en quoi le meeting électoral produit un effet de composition complexe en étant tout à la fois un lieu d’expression des sociabilités militantes, un outil stratégique au service du candidat mobilisant les savoirs faire de communicants, un dispositif technique reposant sur un tissu de prestataires inscrits dans un cadre réglementé et marchand, un révélateur de processus de rationalisation de la compétition électorale, un objet médiatique enrôlant des mois durant d’importants effectifs de journalistes chargés de suivre la campagne ou encore un outil de communication tourné vers l’innovation numérique et technologique.
20Pour comprendre dans quelle mesure le meeting serait une sorte de point de cristallisation de la campagne, il suffit d’observer les phénomènes de circulation, de détournements ou de réutilisations des images produites dans le cadre des grands rassemblements. Au-delà de l’événement, la vision instantanée du candidat à la tribune irrigue en effet différentes arènes et rejaillit souvent pour alimenter d’autres contenus visuels et d’autres supports d’information ou de communication (spots officiels, affiches de campagne, profession de foi, vidéos parodiques, etc.). On a même vu, en 2017, la chaîne Youtube Acropolis remporter un certain succès en assurant le commentaire en live des meetings des candidats à la façon du commentaire sportif ou de jeux vidéos, afin de réconcilier la jeune génération avec la vie politique40. Bref, les ramifications avec d’autres objets de la communication électorale sont nombreuses. C’est dire à quel point ces mises en scènes de la démonstration de force nourrissent l’imaginaire sensible de la campagne. C’est dire également la force d’un dispositif capable de produire des images aux devenirs et aux postérités multiples. En appliquant une méthode d’enquête basée sur la complémentarité des sources (notes, photographies et vidéos de terrains, sources de presse, entretiens, archives de la CNCCFP), j’ai voulu saisir le meeting sous tous ses angles et, en mobilisant au fil des chapitres les travaux existants, réunir différentes disciplines des sciences humaines et sociales ou des sciences de l’information et de la communication autour de l’objet.
21Le second objectif est de contribuer à la compréhension du « faire campagne ». Si l’histoire de la présidence peut s’écrire à partir des apparitions du chef d’État41, les campagnes électorales gagnent à être davantage appréhendées à partir de l’étude fine des mœurs électorales et des pratiques concrète du « faire campagne » à l’échelle nationale. Force est de constater que le campaigning, en tant qu’étude des activités concrètes de campagne et du travail de mobilisation électorale, conserve des angles morts à cette échelle. « C’est au niveau local que l’on trouve les études les plus détaillées sur certaines pratiques de mobilisations42 ». L’élection présidentielle offre le terrain idéal pour transposer la question des pratiques de mobilisation électorale à l’échelle nationale. Cela suppose, comme nous avons essayé de le faire, de sillonner tout le territoire pour affiner la typologie des formes de meetings et les fonctions spécifiques associées. Cela oblige également à ne pas se limiter au suivi d’un seul candidat (ou d’une seule catégorie de candidats, « petits » ou « gros ») mais bien de s’intéresser à tous les profils afin de mesurer le niveau de leur investissement symbolique et matériel dans cette pratique de mobilisation par les meetings. Situés en aval de la communication contrôlée dont ils sont le fruit savamment élaboré et en amont de la persuasion indirecte à travers l’attention médiatique qu’ils suscitent, les meetings électoraux réunissent un concentré de pratiques, d’usages, de savoir, d’affects et de symboles dont l’examen nous aide à comprendre comment se déroule une campagne et ce qui peut s’y jouer en termes de sensibilité et de rapport des citoyens au politique.
22Ce que l’on observe dans les meetings a bel et bien à voir avec le concept de configuration sociale et sa dynamique historique cher à Norbert Elias43. Les réunions électorales donnent en effet accès à des comportements sociaux ancrés dans une histoire (celle des cultures politiques) et situés dans le moment présent (celui de la performance) : par un jeu d’interdépendance, des règles communes y façonnent des actions individuelles qui, en retour, travaillent et peuvent faire évoluer ces règles collectives. L’observation de terrain conduit ainsi à privilégier la vision d’un microcosme complexe et ramifié dans un monde social, aux dépens de la vision d’une scène limitée à son principal acteur. Le candidat n’est dès lors qu’une composante, certes essentielle, mais non isolable d’un « appareillage symbolique44 » qui, s’il cherche à en contrôler les « façades » – matérielle et personnelle – n’en maîtrise pas systématiquement les effets (la « fausse note », selon Goffman). Comme chez l’acteur goffmanien, il nous importe surtout de comprendre ici comment se produisent les impressions et l’adhésion aux valeurs, qui comptent davantage que la « réalité » de celles-ci. Attentive à ces ancrages théoriques hérités de la sociologie interactionniste et configurationnelle, nous n’oublions pas ce que nous devons à l’histoire culturelle entendue comme une histoire sociale des représentations, c’est-à-dire l’étude de la construction des identités et des pratiques de groupe, la mise à jour d’imaginaires collectifs indissociables du monde social qui les produit, le repérage des imprégnations d’un ensemble de productions (discours, images, sons…) qui circulent dans l’espace public contemporain45. Ici, cet attachement pour une telle démarche – et plus singulièrement à sa sous-discipline qu’est l’histoire des médias46 – se traduit à travers l’attention portée – mais non surestimée – aux productions médiatiques et aux enjeux de médiatisation dont le meeting en tant que démonstration de force est, depuis les années 1930 au moins, un enfant prodigue. Même si le point d’observation de la présidentielle 2017 nous contraint dans notre approche dynamique, nous défendons résolument l’apport de cette histoire des représentations dans notre façon d’appréhender l’objet ici et maintenant.
23Réunis en deux parties, chacun des six chapitres de l’ouvrage aborde l’objet sous un angle thématique en mobilisant diversement les différentes sources collectées. La première partie vise à dégager les enjeux stratégiques du meeting et ses usages formels par les candidats. On proposera dans un premier chapitre une typologie des fonctions de l’objet meeting dépassant largement le cas de la présidentielle de 2017. Examinant le dispositif du meeting à partir de ses éléments scénographiques, matériels et symboliques, le deuxième chapitre interroge la façon dont la réunion politique, instrument historique de la mobilisation électorale, a surtout changé dans ses formes et demeure un lieu d’innovations. Dans la deuxième partie consacrée aux acteurs du meeting, quatre chapitres examinent des catégories de figures distinctes mais interconnectées dans l’espace-temps du meeting. Le troisième chapitre est ainsi consacré à la figure centrale du candidat et appréhende le meeting comme l’espace-temps d’une performance politique non réductible à sa dimension discursive. Dans un quatrième chapitre, on porte la réflexion sur le rôle et les fonctions de soutien des entourages, qu’il s’agisse de personnels politiques ou non. Le cinquième chapitre analyse les comportements et l’expressivité des publics, au cœur de la réussite de la mobilisation. Enfin, le sixième et dernier chapitre envisage l’objet à travers ses enjeux médiatiques et analyse le rôle des sociabilités et des pratiques journalistiques. Dans cette section, on trouvera également des résultats inédits sur une enquête de réception pour comprendre dans quelle mesure le meeting est une scène à multiples arènes.
Notes de bas de page
1 Le Figaro, 12 février 2012.
2 André Diligent, La télévision, progrès ou décadence, Paris, Hachette, 1965, p. 56.
3 Pour reprendre les paroles de la chanson de Mac-Nab « Le grand métingue du Métropolitain » composé en 1887. Maurice Mac-Nab, Chansons du chat noir, Paris, H. Heugel, p. 55-61.
4 Par exemple la question de l’influence de la télévision sur les élections, qui a alimenté de nombreux fantasmes et poussé les sciences sociales à se saisir de l’objet en mobilisant ses outils et ses méthodes pour démonter les idées reçues. En France, on retiendra ici l’article pionner de René Rémond et Claude Neuschwander, « Télévision et comportement politique », Revue Française de science politique, Vol. 13, n° 2, 1963, p. 325-347 ; ou l’incontournable ouvrage de Jay G. Blumler, Roland Cayrol, et Gabriel Thoveron La Télévision fait-elle l’élection ? Une analyse comparative, France, Grande-Bretagne, Belgique, Paris, Presses de la FNSP, 1978.
5 Hélène Combes, « Meetings de fin de campagne au Mexique et ethnographie des milieux partisans », Politix, Vol. 1, n° 85, 2009, p. 149-179.
6 « Sarkozy a-t-il été volé ? L’affaire Copé », Le Point, 27 février 2014.
7 « Campagne de Macron : les cadeaux du “roi de l’événementiel” », Médiapart, 27 avril 2018 ; « Prix cassés, ristournes cachées : les petits arrangements de la campagne d’Emmanuel Macron », Franceinfo, 7 juin 2018 ; « Comptes de campagne : nouveaux éléments sur les ristournes accordées à Emmanuel Macron », Le Monde, 7 juin 2018.
8 Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Paris, Fayard, 2018.
9 Le Monde, 28 février 2012.
10 Voir la tendance lourde que renseigne chaque année le Baromètre de confiance dans les médias, réalisé par Kantar/Sofres pour La Croix depuis 1987.
11 INA, JT de 20h, 1ère chaine, 26 avril 1974.
12 Yves Deloye, « Le charisme contrôlé », Communications, n° 69, 2000, p. 157-172 ; Nicolas Mariot, C’est en marchant qu’on devient président. La république et ses chefs de l’État, 1848-2007, Montreuil, Aux lieux d’être, 2007 ; Nicolas Mariot, « Les formes élémentaires de l'effervescence collective, ou l'état d'esprit prêté aux foules », Revue française de science politique, Vol. 51, n° 5, 2001, p. 707-738 ; Emmanuel Fureix, « Un rituel d’opposition sous la Restauration : les funérailles libérales à Paris (1820-1830) », Genèses. Sciences sociales et histoire, n° 46, mars 2002, p. 77-100 ; Emmanuel Fureix, « Banquets et enterrements », in Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir.), Histoire des gauches, Paris, La Découverte, 2004, Tome 1,p. 197-209.
13 Alain Dalotel, Alain Faure, Jean-Claude Freiermuth, Aux origines de la Commune. Le mouvement des réunions publiques à Paris. 1868-1870, Maspero, 1980 ; Paula Cossart, Le meeting politique, de la délibération à la manifestation (1868-1939), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.
14 Philippe Burrin, « Poings levés et bras tendus. La contagion des symboles au temps du front populaire », Vingtième Siècle, revue d'histoire, n° 11, 1986, p. 5-20 ; Paula Cossart, « La communion militante. Les meetings de gauche durant les années Trente », Sociétés & Représentations, Vol. 2, n° 12, 2001, p. 131-140.
15 Charles Tilly, « Les origines du répertoire de l’action collective contemporaine en France et en Grande-Bretagne », Vingtième siècle, revue d’histoire, Vol. 4, n° 4, 1984, p. 89-108 ; La France conteste, de 1600 à nos jours, Paris, Fayard, 1986 ; Michel Offerlé, « Retour critique sur les répertoires de l’action collective (XVIIIe – XXIe siècles) », Politix, Vol. 1, n° 81, p. 181-202.
16 Michèle Perrot, Les ouvriers en grève. France, 1871-1890, Paris, La Haye, Mouton, 1973, tome 2, p. 589.
17 Hélène Combes, « Meetings de fin de campagne au Mexique et ethnographie des milieux partisans », Politix, Vol. 1, n° 85, 2009, p. 149-179.
18 Citons par exemple l’étude de Nathalie Ethuin et Magali Nonjon sur les réunions publiques de Martine Aubry lors des élections municipales de 2001 (in Jacques Lagroye, Patrick Lehingue, Frédéric Sawicki, dir., Mobilisations électorales : le cas des élections municipales de 2001, Paris, Puf, 2005, p. 171-189.) ; ou l’ouvrage collectif coordonné par Eric Agrikoliansky, Jérôme Heurtaux et Brigitte Le Grignou, Paris en campagne. Les élections municipales de mars 2008 dans deux arrondissements parisiens (Éditions du croquant, 2011), dont une partie des contributions repose sur l’observation des réunions publiques organisées dans les 10e et 16e arrondissements de la capitale.
19 Yves Pourcher, « “Un homme une rose à la main”. Meetings en Languedoc de 1985 à 1989 », Terrain, n° 15, 1990, p. 77-90.
20 Hélène Combes, op. cit.
21 « Un retour des meetings électoraux ? Les meetings dans la campagne présidentielle : dispositifs, acteurs et publics », ST 24, Congrès AFSP, Paris, 9-11 juillet 2013.
22 Eric Lagneau, « Vers un traitement de plus en plus rationalisé des meetings de campagne ? L’exemple de l’AFP en 2012 », Working Paper, Congrès AFSP Paris 2013, ST 24.
23 Omar Haffaf, Jérémie Nollet, « La co-production de l’événement politique. Le travail journalistique et la médiatisation des meetings électoraux de 2012 », Working Paper, Congrès AFSP Paris 2013, ST 24.
24 Vanessa Jérôme, « Penser les meetings comme des émissions de télévision : le tournant médiatique d’Europe écologie Les Verts (EELV) ? », Working Paper, Congrès AFSP Paris 2013, ST 24.
25 Nam Le Si, Guillaume Rollet, « Enquêter sur les publics des meetings de campagne électorale. Quelques enseignements tirés de l’enquête SPEL », Working Paper, Congrès AFSP Paris 2013, ST 24.
26 Richard Jensen, « Armies, Admen and Crusaders : Types of Presidential Election Campaigns », The History Teacher, Vol. 2, n° 2, 1969, p. 33-50 ; Glenn C. Altschuler, Stuart M. Blumin, « Limits of Political Engagement in Antebellum America : A New Look at the Golden Age of Participatory Democracy », The Journal of American History, vol. 84, n° 3, 1997, p. 855-885 ; Darold Leigh Henson, « Lincoln at Lincoln : Abraham Lincoln Rallies Logan County, Illinois, in His First Name saké Town on October 16, 1858 », Journal of the Illinois State Historical Society, Vol. 101, n° 3, 2008, p. 356-392.
27 John Seidler, Katherine Meyer, Lois Mac Gillivray, « Data on Crowds and Rallies : A New Method of Stationary Sampling », Social Forces, Vol. 55, n° 2, 1976, p. 507-519.
28 David M. Timmerman, « 1992 Presidential Candidate Films: The Contrasting Narratives of George Bush and Bill Clinton », Presidential Studies Quarterly, Vol. 26, n° 2, 1996, p. 364-373 ; Lawrence R. Butler, « Momentum in the 2008 Presidential Contests », Polity, Vol. 41, n° 3, 2009, p. 331-344.
29 Judith S. Trent, et al., « The Ideal Candidate Revisited. À Study of the Desired Attributes of the Public and the Media Across Three Presidential Campaigns », American Behavioral Scientist, Vol. 40, n° 8, 1997, p. 1001-1019 ; « Image, Media Bias, and Voters Characteristics », American Behavioral Scientist, Vol. 44, n° 12, 2001, p. 2101-2124 ; « The Idealized Presidential Candidate. À vision Over Time », American Behavioral Scientist, Vol. 49, n° 1, 2005, p. 130-156.
30 Roger D. Masters, Denis G. Sullivan, Alice Feola, Gregory J. McHugo, « Television Coverage of Candidates' Display Behavior during the 1984 Democratic Primariesin the United States », International Political Science Review, Vol. 8, n° 2, 1987, p. 121-130 ; Jonathan S. Morris, « The Daily Show with Jon Stewart and Audience Attitude Change during the 2004 Party Conventions », Political Behavior, Vol. 31, n° 1, 2009, p. 79-102 ; Jonathan S. Morris, Peter L. Francia, « Cable News, Public Opinion, and the 2004 Party Conventions », Political Research Quarterly, Vol. 63, n° 4, 2010, p. 834-849 ; Daniel Kreiss, Laura Meadows, John Remensperger, « Political performance, boundary spaces, and active spectatorship : Media production at the 2012 Democratic National Convention », Journalism, Vol. 16, n° 5, 2014, p. 577-595.
31 Jon Lawrence, Electing our Masters. The Hustings in British Politics from Hogarth to Blair, Oxford UP, 2009.
32 Paula Cossart, « À quoi servent les meetings dans une campagne électorale ? », Blog médiapart du Collectif SPEL, mise en ligne : 23 février 2012.
33 Moacir Palmeira, Beatriz Heredia, « Le temps de la politique », Études rurales, n° 131-132, 1993, p. 73-87 ; Geert A. Banck, « Personalism in the Brazilian Body Politic : Political Rallies and Public Ceremonies in the Eraof Mass Democracy », European Review of Latin American and Caribbean Studies, n° 65, 1998, p. 25-43.
34 Mariela Szwarcberg, « Political parties and rallies in Latin America », Party Politics, 2014, Vol. 20, n° 3, p. 456-466 ; Hélène Combes, « Quand la campagne touche à sa fin. Significations militantes d'un meeting de fin de campagne au Mexique », in Layla Baamara, Camille Floderer, Marine Poirier (dir.), Faire campagne, ici et ailleurs. Mobilisations électorales et pratiques ordinaires, Paris, Les Éditions Karthala, 2016.
35 Cédric Mayrargue, « “Le caméléon est remonté en haut de l'arbre” : le retour au pouvoir de M. Kérékou au Bénin », Politique africaine, n° 62, juin 1996, p. 124-131.
36 William F. S. Miles, « The Rally as Ritual : Dramaturgical Politics in Nigerian Hausaland », Comparative Politics, Vol. 21, n° 3, 1989, p. 323-338.
37 Lamia Zaki (dir.), Terrains de campagne au Maroc. Les élections législatives de 2007, Paris, Les Éditions Karthala, 2016.
38 Layla Baamara, Camille Floderer, Marine Poirier (dir.), Faire campagne, ici et ailleurs. Mobilisations électorales et pratiques ordinaires, Paris, Les Éditions Karthala, 2016.
39 Voir par exemple Raphaël Haddad, Le discours de meeting électoral : rituel d'affrontement, médiatisations, communication politique. Analyse du discours de meeting électoral pour l’élection présidentielle française (2002, 2007, 2012), thèse en sciences de l’information et de la communication (Université Paris-Est), 2017.
40 Créé en 2015 par Jean Massiet, la chaine comptait environ 19 000 abonnés pendant la campagne présidentielle.
41 Nicolas Mariot, C’est en marchant que l’on devient président. La république et ses chefs de l'État, 1848-2007, Montreuil, Éditions Aux lieux d'être, 2007.
42 Jacques Gerstlé, « La communication électorale », in Yves Deloye, Nonna Mayer, Analyses électorales, Bruxelles, Bruylant, 2017, p. 925.
43 Norbert Elias, Qu’est-ce que la sociologie ?, 1970, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube [1991].
44 Erving Goffman, La mise en scène de la vie quotidienne 1 : La présentation de soi, Paris, Les Éditions de Minuit, 1973, p. 29.
45 Laurent Martin, Sylvain Venayre (dir.), L’histoire culturelle du contemporain, Paris, Nouveau monde éditions, 2005 ; Pascal Ory, « Qu’est-ce que l’histoire culturelle ? », Yves Michaud (dir.), Qu’est-ce que la société ?, Paris, Odile Jacob, 2000, p. 255-265.
46 Christian Delporte, « L’histoire des médias en France : mise en perspective », Laurent Martin, Sylvain Venayre (dir.), L’histoire culturelle…, op. cit., p. 139-151 ; Claire Blandin, François Robinet, Valérie Schafer (dir.), Penser l’histoire des médias, Paris, CNRS éditions, 2019
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