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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral 1. Lille Métropole au défi d’une économie de la connaissance émergente 2. Les lieux et territoires mouvants de la diffusion de la connaissance 3. Vivre la ville de la connaissance : formes d’habiter, équipements culturels et œuvres d’art dans l’espace public Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Lille, métropole créative ?

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    Lille métropole créative ? Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires : une synthèse

    Didier Paris, Dominique Mons et Christine Liefooghe

    p. 13-26

    Texte intégral 1. Lille Métropole au défi d’une économie de la connaissance émergente 2. Les lieux et territoires mouvants de la diffusion de la connaissance 3. Vivre la ville de la connaissance : formes d’habiter, équipements culturels et œuvres d’art dans l’espace public Bibliographie Notes de bas de page Auteurs

    Texte intégral

    1« Spécificité culturelle, Europe du nord-ouest, passé industriel : ce n’est certainement pas un hasard si le levier culturel, au-delà de la question du patrimoine, a été utilisé ici avec autant de vigueur, comme vecteur d’émancipation et d’intégration sociale. L’enjeu est ici de passer d’une culture du salariat dominante à une culture de la créativité. […] Le modèle revendiqué est bien celui des villes européennes créatives qui inventent la ville de demain et renouvellent la production urbaine par une mise en perspective stratégique ». Ces propos, tirés de la conclusion du livre1 consacré à Lille, en 2009, suite au premier programme POPSU, font le lien avec le présent ouvrage, issu du second volet de POPSU (2011-2013) et relatif à la question de la place et au rôle de l’économie de la connaissance dans les stratégies métropolitaines. C’est en effet à l’aune de la transformation urbaine des villes industrielles européennes qu’il convient d’analyser les questions de l’économie et de la société de la connaissance qui sont au cœur de la réflexion menée collectivement dans le présent ouvrage.

    2Plus qu’ailleurs, la mobilisation de l’économie de la connaissance pour le développement et la transformation de la société représente un enjeu majeur dans ces villes et agglomérations d’Europe tellement marquées par la révolution industrielle, puis touchées par les mutations économiques de la seconde moitié du XXe siècle. La problématique de développement liée à la stratégie de Lisbonne2 se décline en effet différemment, localement, selon les territoires et les échelles. Quoi de commun en matière de recherche, par exemple, entre la situation du Plateau de Saclay, principal pôle de recherche français au sein de la région parisienne, celle des villes de l’arc sud méditerranéen, qui ont bénéficié de nombreuses décisions d’aménagement du territoire en matière de délocalisation de la recherche depuis la fin des années 1960, et celle des villes industrielles laissées pour compte par une mutation économique douloureuse à partir des années 1960-1970, avec ses tragédies sociales des années 1980 et qui connaissent des difficultés récurrentes jusqu’aujourd’hui ? Les politiques de conversion conduites entre les années 1960 et les années 1980 (Paris, 1993), fondées sur le remplacement des emplois de production disparus par d’autres emplois de production (automobile, par exemple), répondaient à l’urgence sociale de l’emploi, à partir des qualifications disponibles, plus qu’à une vision stratégique de long terme. Pouvait-il en être autrement ? Sans doute non.

    3Cependant, le cas de l’agglomération lilloise est certainement assez spécifique. Avec plus d’un million d’habitants3, c’est d’abord l’une des agglomérations françaises les plus importantes. C’est aussi l’une de celles qui, à partir de sa base industrielle, a su construire une économie diversifiée, dans le commerce (vente à distance, grande distribution), les services financiers (banque, assurance…), les services aux entreprises, etc. Elle offre aussi, en Europe, une expérience et un savoir-faire emblématiques du renouveau urbain, que ce soit avec la Capitale européenne de la culture en 2004 ou toute une série d’opérations urbaines4 qui ont transformé la ville depuis un quart de siècle, comme Euralille, et qui se poursuivent, à l’exemple du quartier de l’Union entre Roubaix, Tourcoing et Wattrelos ou d’Euratechnologies et des Rives de la Haute Deûle dans l’ouest lillois, ou s’inscrivent aujourd’hui dans le projet, tel Saint-Sauveur sur une ancienne gare de marchandises désaffectée au cœur de Lille.

    4De fait, la bifurcation métropolitaine (Paris et Stevens, 2000), imprimée à ce territoire à partir des années 1990, mobilise les ingrédients de l’économie de la connaissance, de façon implicite dans un premier temps puis de façon de plus en plus formalisée par les acteurs politiques et économiques, autour de la question de l’économie créative notamment. Le colloque du 30 septembre 2009, organisé à l’issue du premier programme POPSU au moment de la sortie de l’ouvrage Lille Métropole, Laboratoire du Renouveau urbain et consacré à la place de cette économie créative dans les stratégies des métropoles, avait souligné ce point5. C’est aussi ce thème qui a focalisé l’intérêt des chercheurs réunis au sein de l’équipe POPSU pour le second cycle de recherche de ce programme national6.

    5Les questionnements ne manquent pas, en effet, sur la façon dont ce qui composerait une « économie de la connaissance » pourrait être mobilisé, explicitement ou implicitement, dans le cadre du processus de développement métropolitain. Ces interrogations sont d’autant plus importantes pour le territoire qu’elles concernent un gisement d’emplois qu’il ne faut pas sous-estimer et qui contribue au renouvellement de la fonction de production.

    6Ainsi, dans une stratégie métropolitaine, la formation (notamment l’enseignement supérieur) et la culture peuvent favoriser la mobilité intellectuelle et donc également sociale des individus. Des « lieux » (maisons folies, musées, campus, etc.) concrétisent, en particulier dans la ville, cette stratégie territoriale de la connaissance et jouent un rôle dans sa transformation globale aux différentes échelles en tant que lieux de mobilité intellectuelle. La question de l’émergence des milieux créatifs est ainsi posée. Quelles sont les dynamiques locales qui émergent et sur quels fondements ? Des politiques publiques peuvent-elles accompagner un tel mouvement ? Comment, dans une agglomération née de l’industrie textile, la question des « nouvelles fabriques » et de leur insertion dans le tissu urbain est-elle prise en compte ? De la fabrique manufacturière à la fabrique immatérielle (jeu vidéo, image…), c’est la ville de la connaissance qui se met en place.

    7Cette créativité culturelle et intellectuelle, nouveau signe de l’économie de la connaissance dans les territoires, se concentre ou se diffuse dans des lieux particuliers et selon des processus complexes, dans un souci d’attractivité pour répondre au postulat de la ville renouvelée. La mutation des formes urbaines s’établit ainsi selon trois modes impliquant des acteurs et des modes de faire très contrastés : polarisation, diffusion, émergence.

    8La métropole lilloise, agglomération fondée sur le développement de l’industrie depuis le XIXe siècle, poursuit une profonde mutation urbaine. Cependant, elle reste confrontée, dans son effort de transformation, à des enjeux environnementaux importants (requalification des friches polluées, préservation de la ressource en eau, production de nouveaux espaces de nature : trames bleues et vertes, corridors biologiques, nouveaux parcs, etc.), ainsi qu’à la nécessité de poursuivre la requalification des espaces publics pour en faire des lieux de convivialité et d’échanges.

    9Par rapport à cette mutation continue, un enjeu essentiel concerne le risque de perte de sens des « lieux ». Une réponse possible consiste à les réinventer par le projet en renouvelant les contenus afin de produire des valeurs nouvelles. Cela sollicite à la fois l’approche sensible, la dimension émotive de la perception de la ville, mais aussi sa dimension cognitive associant valorisation de l’héritage et innovation à travers l’art et la culture. Par ailleurs, cela nous interpelle quant à la capacité des acteurs à mettre en œuvre la mixité sociale, le « vivre ensemble », et plus encore, le « créer ensemble ».

    10Concernant la métropole lilloise, ces réflexions sont déclinées ici autour trois grandes parties qui organisent le rapport.

    1. Lille Métropole au défi d’une économie de la connaissance émergente

    11La première partie de ce travail a pour objectif, d’une part, de préciser les cadres conceptuels dans lesquels a été développée la recherche et, d’autre part, d’approfondir l’analyse des ressorts du développement d’une économie créative et des mécanismes de son inscription physique dans un territoire comme celui de la métropole lilloise.

    12Dans un premier chapitre (C. Liefooghe, D. Leducq et B. Lusso), la créativité est identifiée comme un des moteurs de l’économie de la connaissance. Correspondant à une phase amont de l’innovation dans les entreprises, elle pose la question des relations avec la recherche et le développement dans un contexte où le savoir est devenu le nouveau terrain de la compétition mondiale. Les débats portant sur la valeur économique de la connaissance reflètent ceux qui divisent les chercheurs sur les industries culturelles, la marchandisation de la culture ou le rôle de la créativité dans le développement économique des territoires. C’est la raison pour laquelle nous proposons de croiser les trois entrées : connaissance, culture et créativité. Le passage à une « nouvelle économie » fondée sur ces trois processus cognitifs signifierait que la croissance économique pourrait trouver dans ces ressources immatérielles, celles de l’inventivité humaine, un moteur durable et inépuisable. La territorialisation de ces ressources passe par l’attractivité des talents, qui sont les vecteurs et producteurs des connaissances, mais aussi par une dynamique locale et cumulative des connaissances qui permet l’émergence de communautés de connaissance. Milieux créatifs et clusters, en association avec l’urbanisme et la fabrique urbaine, sont des outils de développement dont il faut alors interroger l’articulation et la pertinence.

    13Au-delà des attendus classiques sur l’économie de la connaissance et de la créativité, emplois créés et apparition de nouvelles activités, le deuxième chapitre (D. Paris, C. Liefooghe, I. Estienne, C. Grout, P. Bosredon, M.-T. Grégoris, D. Leducq et B. Lusso) prolonge le cadrage théorique pour prendre en compte la culture, l’expérience des individus et la créativité à travers les notions de « territoire apprenant » et de « ville expérientielle ». Le territoire apprenant renvoie notamment aux sphères sociales et citoyennes, voire au développement et à l’épanouissement des individus, au sens où l’entend Amartya Sen (1993, 1999) dans sa théorie des capacités. En effet, si la notion de territoire apprenant insiste sur l’apprentissage comme processus collectif propice à l’innovation et la compétitivité, elle peut aussi valoriser, dans le champ de l’aménagement et de l’urbanisme, le caractère participatif et expérientiel du processus d’apprentissage qui dépasse alors la simple mémorisation ou le traitement rationnel des informations pour participer à la construction de savoirs et de sens. La dimension expérientielle de la ville, en particulier de l’espace public, est précisée à partir d’exemples pris dans le champ culturel et artistique. Le chapitre montre comment de nombreuses initiatives peuvent sensibiliser les citoyens, par exemple, à l’environnement ou au patrimoine et peuvent favoriser l’interaction sensorielle entre les habitants et leur territoire. Tous ces processus ont évidemment des implications sur le mode de faire la ville aujourd’hui et demain.

    14Le troisième chapitre (C. Liefooghe) propose un cadrage conceptuel sur les logiques de cluster et la polarisation géographique en pôles d’excellence dans la métropole lilloise. Il situe les initiatives des acteurs locaux dans leur cadre de pensée, à l’occasion d’une confrontation entre étude empirique et approche théorique. LMCU, Lille Métropole Communauté Urbaine, avant sa transformation récente en Métropole européenne de Lille (MEL), avait misé, entre autres, sur la recherche, à la fois pour moderniser des secteurs industriels traditionnels en crise (textile, distribution) et pour soutenir l’émergence de quelques secteurs de haute technologie particulièrement porteurs (image, TIC, biologie et santé). Cependant, analyser l’adaptation de la Métropole lilloise à l’économie de la connaissance et de la créativité implique de comprendre comment se sont transformés, sur le temps long, le tissu économique, les formes urbaines mises en place pour accueillir les nouveaux projets et les systèmes d’apprentissage collectif et de gouvernance qui conditionnent la transformation en profondeur du milieu métropolitain. Comment passer, notamment, des grands projets urbains supports de laboratoires et de nouvelles activités à des milieux innovateurs réellement porteurs d’une dynamique de création d’entreprises et d’emplois ? Ces paris sur l’avenir nécessitent des changements institutionnels et culturels, pour faciliter la transition d’une économie industrielle vers une économie de la connaissance et de la créativité.

    15L’exemple du secteur de l’image en mouvement, qui représente l’un des axes stratégiques de développement pour la métropole lilloise, est ici développé dans le chapitre 4 (B. Lusso). Dès les années 1980, des mesures locales visaient à faciliter le développement des métiers de l’image. Une première initiative, originale et novatrice, consistait en un soutien à la production cinématographique par le biais de la création, entre 1985 et 1990, du premier fonds de coproduction audiovisuelle avec le Centre régional des ressources audiovisuelles (CRRAV). Par ailleurs, dans une région marquée par un certain retard en matière de formation initiale, les acteurs régionaux et communautaires (pouvoirs publics, chambres de commerce et d’industrie, entreprises…) ont été souvent à l’origine de la création de grandes écoles dans la métropole lilloise, comme l’illustrent des formations professionnelles à l’image d’Esupcom et Efficom à Lille, de l’ESAAT et de C.COM à Roubaix. Le Studio du Fresnoy à Tourcoing, sorte de Villa Médicis des métiers de l’audiovisuel, occupe dans ce dispositif une place spécifique de niveau mondial. C’est sur ce terreau que se développent des entreprises, à l’exemple d’Ankama dans le jeu vidéo, donnant corps aux politiques qui ont initié ce développement.

    16Cette mutation économique autour des activités créatives s’accompagne-t-elle d’une mutation des formes urbaines dans le cadre de la stratégie de « ville renouvelée » ? La concentration des activités innovantes dans les « pôles d’excellence » engendre en effet des transformations notables dans le paysage urbain sous l’effet de projets de grande échelle qui se veulent plus urbains que strictement fonctionnels pour produire un milieu urbain diversifié de qualité, qui fasse écho au concept de « ville intense » affiché par LMCU jusqu’en 2014 et dont il faudra suivre s’il reste encore d’actualité dans le nouveau cadre de la Métropole Européenne de Lille.

    2. Les lieux et territoires mouvants de la diffusion de la connaissance

    17Autour de sujets comme l’université, les Learning Centers, dont le conseil régional du Nord – Pas de Calais soutient le développement en tant que nouveaux lieux du savoir, ou des nouveaux espaces de travail collaboratif, qui font l’objet d’une attention récente dans les réflexions urbaines, la seconde partie explore les nouveaux contours des « territoires de la connaissance ».

    18C’est ainsi que les nouveaux enjeux liés à l’université et à la recherche (chapitre 5, D. Paris et D. Mons) n’ont pas échappé aux acteurs locaux de la région Nord – Pas de Calais et de Lille Métropole Communauté Urbaine (LMCU), et maintenant de la Métropole Européenne de Lille (MEL). Les politiques se sont ainsi saisis du nouveau rôle accordé à la recherche : celui d’être un véritable acteur du développement territorial. La prise de conscience s’opère depuis une vingtaine d’années. Les débats récents sur les orientations politiques relatives à l’enseignement supérieur (constitution des PRES, puis des COMUE, projets Campus, effets du grand emprunt…) ont ainsi replacé l’université au cœur des réflexions stratégiques locales dans toutes les métropoles. La question de la gouvernance du processus de développement universitaire est posée, en particulier à Lille où les universités de l’enseignement supérieur public coexistent avec un important secteur privé, la fédération universitaire polytechnique de Lille (FUPL) à l’ancrage catholique, sans doute le pôle d’enseignement supérieur privé le plus important en province. Par ailleurs, dans cette région à deux départements, très densément peuplée, l’ambition de construire l’université métropolitaine pose d’emblée la question politique du devenir des trois autres universités régionales7, dont les nombreux sites sont en grande proximité géographique avec le pôle métropolitain. À travers ce sujet, c’est plus globalement la question de la relation de la métropole à la région qui est posée.

    19Dans le prolongement de ces réflexions, l’étude de la diffusion des lieux d’enseignement supérieur et de recherche à l’échelle de la métropole permet d’évaluer leur rôle urbanisant et structurant. On sort ici de la forme du campus universitaire pour rejoindre l’idée de diffusion et de germination tant physique (action sur la forme urbaine) que sociale et économique (mixité et attractivité) dans des lieux improbables de la ville post-industrielle. En effet, si l’on considère la localisation, dans l’espace métropolitain, des universités, grandes écoles et organismes de recherche, on se rend compte que l’ensemble du tissu urbain constitue un territoire physique « apprenant ». La complexité de ce réseau a des origines historiques depuis le XIXe siècle, via la période des délocalisations en « campus » périphériques (années 1960), des relocalisations urbaines (années 1990), des nouvelles implantations (fin des années 2000). Toutes ces localisations, qui intéressent le « Plan Campus », s’accompagnent d’architectures qui font signe, d’un renouveau de la trame urbaine, d’une attention à l’espace public qui se diffuse dans les quartiers d’implantation, pour une plus grande mixité et diversité des usages économiques et des relations sociales.

    20Mais aujourd’hui, de nouveaux lieux de la connaissance émergent, dans le prolongement du développement du monde ouvert de l’Internet qui génère de nouveaux liens. Ainsi, un aspect particulier de la question de la formalisation des lieux du savoir concerne l’émergence, sur le campus universitaire, de l’objet Learning Center à partir de la notion de territoire apprenant (chapitre 6, M. Prévot et C. Leclercq). Un aspect particulier de la question de la mobilisation de l’économie de la connaissance au service du développement des territoires concerne l’émergence, dans le discours, de la notion de « territoire apprenant ». Au-delà, tout un vocabulaire (Learning Center, centre de ressources…) est utilisé dans la construction d’un discours performatif du territoire. Le concept de « territoire apprenant » est désormais au cœur des stratégies de développement territorial. Il s’inscrit dans un courant de pensée scientifique qui tente de maîtriser les systèmes complexes contemporains en les appréhendant dans leur globalité et non plus par leur détail, et en tant que structures autonomes dotées d’un métabolisme propre, autorégulées et capables de s’optimiser par elles-mêmes (le retour d’expérience ou feedback). Sur le campus scientifique de Lille 1, un projet de Learning Center est à l’œuvre depuis quelque temps, dans le but affiché d’une démocratisation de l’accès au savoir et de la mise en place d’une transition vers une société et une économie fondée sur la connaissance.

    21Cette transition est justement amorcée dans de nouveaux types de lieux, en l’occurrence regroupés sous le vocable de tiers-lieux (chapitre 7, C. Liefooghe). Quand le sociologue américain Ray Oldenburg propose cette terminologie dans les années 1980, l’extension des banlieues américaines fait se diluer les liens sociaux traditionnels. Les tiers-lieux sont alors les espaces hors du domicile, hors du lieu de travail, où peuvent se créer de nouvelles sociabilités. La résurgence de ce terme depuis quelques années traduit une interrogation similaire sur les liens sociaux, mais d’une part dans le cadre du développement des technologies numériques, d’autre part dans une redéfinition des modes de travail et des relations de travail dans le cadre de l’hypermobilité des personnes et de l’économie de la connaissance, de l’innovation et de la créativité. Ces tiers-lieux sont tantôt des coworking spaces, tantôt des FabLabs, tantôt des hackerspaces ou tout autre lieu où des communautés de connaissance, de pratique et de projet se créent dans un esprit collaboratif et participatif. Ce chapitre a pour objectif de décrypter l’émergence, à Lille, en France et dans le monde, d’espaces hybrides, encore mal définis mais où s’inventent de nouveaux modèles de développement économique.

    22Enfin, le chapitre 8 (B. Lusso, C. Liefooghe et D. Paris) est consacré aux pôles de la création et de l’innovation lancés dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain de la métropole lilloise. En 2002, lors de la révision du schéma directeur, Lille Métropole Communauté Urbaine identifie cinq pôles d’excellence métropolitains (Euralille, Eurasanté, La Haute Borne, Euratechnologies et l’Union), qui ont pour objectif d’assurer un meilleur transfert des connaissances développées dans les laboratoires de recherche universitaire en direction du monde entrepreneurial. Cette carte des pôles dédiés à l’innovation a été complétée par l’implantation, dans d’anciens quartiers industriels, de parcs d’activités dédiés aux industries créatives, telles que l’image en mouvement (la Plaine Images), la mode (Faubourg des modes et Quartier des modes). Ces projets urbains posent la question de leur insertion dans la ville, en tant qu’outil de régénération urbaine, économique et sociale. Constituent-ils des enclaves de développement dans des quartiers en difficulté ou participent-ils à la restructuration de l’espace environnant pour constituer de nouveaux « quartiers », des morceaux de ville à part entière et non des parcs d’activités intra-urbains ? Une série de dispositifs a été mise en place par les aménageurs pour faire de ces sites des lieux d’expérimentation, d’échange et de diffusion de l’innovation au profit du tissu économique local, même si on sait d’ores et déjà que, pour certaines de ces opérations urbaines, l’impact économique ne sera pas immédiat. Quant à l’insertion des parcs d’activités innovantes et créatives dans des quartiers populaires, des dispositifs sont mis en œuvre pour encourager l’acceptabilité par les populations de ces équipements de haut niveau. À l’aune de l’expérience lilloise, il s’agira aussi de voir si ces opérations sont spécifiques au milieu local ou si elles s’inscrivent dans des modèles de développement expérimentés dans d’autres types de territoires.

    3. Vivre la ville de la connaissance : formes d’habiter, équipements culturels et œuvres d’art dans l’espace public

    23Dans cette troisième partie les chercheurs interrogent la façon dont les enjeux associés à la constitution d’un « territoire apprenant » interfèrent avec la forme urbaine et le fonctionnement de la ville, aussi bien dans ses quartiers que dans l’espace public. Leurs réflexions se focalisent notamment sur la notion de créativité culturelle et ses effets sociaux, résidentiels et fonctionnels, ainsi que sur la question de l’expérience individuelle et collective face à l’art contemporain dans la ville.

    24Le chapitre 9 (Y. Miot) s’intéresse à la question résidentielle dans les démarches de ville créative. L’objectif de ce chapitre vise à analyser le présupposé selon lequel les ménages considérés comme créatifs auraient une préférence pour les lieux de vie urbains. En effet, ce présupposé est au cœur des démarches et des politiques urbaines conduites au nom de la théorie de la ville créative, et ce, alors que celui-ci a été peu investigué. Dans ce cadre, le chapitre propose, après avoir posé les éléments de débats théoriques sur la localisation résidentielle des créatifs, une mesure de la « classe créative » de l’agglomération lilloise fondée sur les professions et catégories sociales. Celle-ci permet de révéler le poids du périurbain dans les localisations résidentielles des ménages créatifs. En complément de cette approche statistique, une analyse qualitative est menée sur les habitants des lofts de Roubaix, pour voir comment ils s’insèrent, ou non, dans un milieu urbain en pleine mutation.

    25Le chapitre 10 (P. Bosredon, S. Gravereau et M.-T. Grégoris), qui étudie le rôle urbanisant et structurant des lieux de la culture, permet de mieux comprendre les nouvelles dynamiques urbaines fondées sur l’émergence de nouveaux territoires de la culture dans le cadre de la mise en place d’une société de la connaissance. Le questionnement s’attache ici à comprendre ces nouvelles dynamiques à travers la germination culturelle, notamment par le biais des associations qui ont en partie recours à des financements publics mais restent indépendantes dans leur choix de localisation et de programmation. Ces nouveaux territoires de l’art constituent le nouveau terreau culturel de la métropole et constituent les bases d’une solidarité réelle. En effet, de nombreux spécialistes des villes ont mis en lumière le rôle des mondes de l’art et de la culture dans l’évolution économique, physique, sociale et symbolique des grandes métropoles contemporaines : les artistes (entendus ici dans un sens large), considérés comme des initiateurs du changement, participeraient à la valorisation et à la requalification des territoires urbains. Dans cette perspective, analyser l’émergence des milieux artistiques et culturels dans la métropole lilloise consiste à réfléchir aux relations construites entre les créateurs, les mondes de la création et leur territoire d’élection. Quels rôles réciproques les artistes et la ville partagent-ils dans l’élaboration de leurs identités respectives ?

    26En effet, depuis plusieurs années, la métropole lilloise a largement privilégié les initiatives artistiques et culturelles, telles Lille 2004 ou Lille 3000, comme outil de valorisation et de requalification urbaine. Redonnant à la ville une nouvelle lisibilité, créateurs et milieux de la création développeraient le potentiel artistique et esthétique des lieux et des espaces urbains. De plus, la multiplication des actions créatives favoriserait les relations citadines à l’échelle des quartiers, mais également de la ville. Créateurs d’art, les milieux artistiques locaux seraient-ils également révélateurs d’une nouvelle forme d’urbanité et du « vivre ensemble » ? Dans les villes héritières du modèle de développement industriel, à l’instar de Lille, la créativité dans les domaines artistiques s’appuie souvent sur un ancrage dans le territoire autour de hauts lieux qui renvoient à la notion de patrimoine, sa désignation, son appropriation, son usage et sa mise en valeur, voire son détournement.

    27Il est également important de se pencher à la fois sur le système d’acteurs en jeu (artistes, associations, acteurs publics, mécènes, public, résidents…), sur les lieux de création (lieux dédiés traditionnels comme les théâtres, lieux dédiés résultant de la réaffectation d’espaces ayant connu une fonction antérieure autre, détournement éphémère de lieux dont l’usage est généralement différent, espace public, rue) et sur le rapport entre créativité artistique et lieux de la mémoire urbaine. Pour quels types de création ? Pour quels effets en termes de cohésion sociale, de perception et d’appropriation de la ville ? Pour quelle ré-invention, enfin, d’une société urbaine héritière d’une histoire industrielle révolue ?

    28Un aspect particulier de la relation de la culture au territoire dans le cadre de la ville expérientielle concerne le rôle de l’art contemporain dans les espaces publics (chapitre 11, C. Grout, C. Mariey, M. Christmann et F. Plihon). Dans la métropole lilloise et ses quartiers, des œuvres d’art (objet, installation ou processus) sont présentes depuis Lille 2004. Le programme Lille 3000, qui en est le prolongement, poursuit la démarche. Cette présence permet de mettre en question les approches traditionnelles de la ville, et ce à différents niveaux : urbanistique, esthétique et politique. Elle agit également sur la manière de vivre la ville pour ceux qui l’habitent et la visitent. Nous pouvons alors retrouver les mots de la philosophe Hannah Arendt, pour qui « la source immédiate de l’œuvre d’art est l’aptitude humaine à penser »8. Cette aptitude est celle de l’artiste, tout autant que celle des personnes qui rencontrent une œuvre et qui se sentent transformées par cette expérience. Lorsque cet événement a lieu, il peut motiver l’envie d’art pour et dans la ville correspondant à un renouvellement de celle-ci, de la manière de la concevoir, d’y être avec autrui et de s’y projeter. Fondamentalement, l’expérience de l’art, la rencontre avec des œuvres nous ouvrent des possibles, éclairent et modifient les manières de voir et de considérer les espaces (publics) ainsi que les espaces-temps.

    29Dans cette recherche-action sur la ville qui se construit, au cœur du programme POPSU, l’attention est portée sur l’expérience du milieu urbain et plus précisément d’un espace public, la place Degeyter, associée à la « présence agissante » d’une œuvre, La Demoiselle de Fives réalisée par Kenny Hunter. Nous étudions ici comment celle-ci sollicite le passant, l’habitant ou le visiteur, quels ont été le désir et l’ambition de la part des maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre. Par ailleurs, l’expérience d’une œuvre est plus complexe que la reconnaissance de signes mémorisables et déjà connus. Sollicitant les sens, potentiellement, elle transforme mentalement et corporellement toute personne disponible. Même s’il est difficile de savoir ce qui s’est alors passé par résonance interne, nous verrons que l’expérience comme « être-au-monde » est au cœur du projet urbain en tant que projet commun.

    30La question de l’économie de la connaissance, suggérée par le programme POPSU, telle que nous l’avons posée ici, a été volontairement abordée de façon holistique. Afin de ne pas tomber dans le piège d’un projet scientifique trop uniquement utilitariste, plus que d’analyser simplement la transformation d’une structure économique vers une « économie de la connaissance » ou encore de répondre à un sujet d’actualité, la question des universités autour des plans campus notamment, qui émergeait au début du programme, nous avons embrassé le sujet de manière plus globale, pointant la façon dont une société se transforme et surtout comment cette transformation se concrétise dans la ville et le territoire à travers la production de nouveaux lieux : il s’agit pour nous avant tout d’une recherche en aménagement-urbanisme, en géographie et en architecture.

    31Ces nouveaux lieux peuvent devenir les « hauts lieux » de la ville en train de se faire. À Lille, outre le Tri postal, lieu d’exposition désormais incontournable à côté de la gare Lille-Flandres, l’exemple de Saint-Sauveur constitue sans doute la meilleure illustration de ce processus : le site culturel créé au printemps 2010 dans quelques bâtiments de l’ancienne friche ferroviaire est aussitôt devenu un de ces hauts lieux, avant même que le projet urbain sur le tènement de 21 hectares ne soit lancé. L’appropriation immédiate se consolide à chaque nouvel évènement, ce qui révèle à la fois l’appétence des habitants pour ces lieux reliés à une histoire collective et au potentiel fort, mais aussi la compréhension de cette attente par les acteurs et leur habileté à faire vivre le lieu avant la définition du projet. L’implantation de l’Institut du monde arabe dans le quartier de l’Union, entre Roubaix, Tourcoing et Wattrelos, s’il monte en puissance, peut jouer un rôle comparable, en complément de celui assuré par la Maison de l’Union. Les « Maisons Folies » héritées de Lille 2004, capitale européenne de la culture, en sont d’autres.

    32Ces nouveaux lieux doivent favoriser le tissage de nouveaux liens au sein de la société, ce qui, au-delà de la seule réalisation d’un programme, s’impose aussi aujourd’hui comme un des objectifs centraux des projets urbains. La production de nouveaux espaces dédiés aux savoirs (Learning Centers), celle de nouvelles formes d’organisation du travail favorisant l’échange intellectuel (coworking spaces), ou encore, sur un autre registre, l’irruption de l’art contemporain dans l’espace public, qui permet une expérience sensorielle et intellectuelle unique vécue de manière individuelle et collective, sont autant de processus qui contribuent à cette émergence de nouveaux lieux dans la ville, participant ainsi de la construction d’un territoire apprenant. Toutefois, comme l’indiquait Catherine Grout en 2003, les nouveaux lieux ne font pas forcément les nouveaux liens : « Les liens ne se font pas parce qu’il y a des structures mais parce que des personnes pensent et agissent ensemble, renouvelant l’expérience de la pluralité. »9 Si les nouveaux lieux ne sont qu’un outil, l’émergence de nouveaux liens sociaux reste un enjeu politique.

    33Laboratoire du renouveau urbain, telle que nous l’avions définie dans POPSU 1, la métropole lilloise se révèle sans doute ici aussi un laboratoire du vivre ensemble dans la façon dont les acteurs de l’aménagement et du développement du territoire se saisissent de ces nouveaux objets qui fondent la société de demain dans les projets d’aujourd’hui. Cependant, cette notion du vivre ensemble cache aussi, il faut le dire, des logiques de cloisonnement qui continuent de traverser un territoire aux contrastes sociaux toujours très marqués. C’est sans doute le défi des générations futures, formées dans le cadre de cette société de la connaissance en devenir, que de réussir à effacer ces clivages en s’emparant des nouveaux outils offerts au sein d’un territoire apprenant, peut-être en cours de constitution, que ce soit par l’apport de la technologie ou celui de la sensibilité à l’art et la culture. Cependant, ne s’agit-il pas là d’une nouvelle utopie, comme le suggère Paul Ardenne (2012) ? Est-il possible, à partir d’une frange créative, de transformer toute une société urbaine ? Paul Ardenne s’interroge en effet sur l’épuisement du concept de ville créative. Selon lui, les nouveaux lieux créatifs correspondraient plus à un moment de la reconfiguration des villes, ce qui pour nous est loin d’être anodin : ils constituent dans l’instant les leviers mobilisables d’une transformation de la ville et du développement d’un territoire.

    Bibliographie

    Ardenne P., 2012, « Une fiction complaisante ? », dans J.-J. Terrin (dir.), La ville des créateurs, Marseille, Éditions Parenthèses, p. 200-215.

    Arendt H., 1988, Condition de l’homme moderne, Paris, Édition Calmann-Lévy [traduction par Georges Fradier de l’ouvrage de 1958].

    Paris D., 1993, La mutation inachevée : mutation économique et changement spatial dans le Nord – Pas de Calais, Paris, Éditions L’Harmattan.

    Paris D., Stevens J.-F., 2000, Lille et sa région urbaine. La bifurcation métropolitaine, Paris, Éditions L’Harmattan, collection « Métropoles 2000 ».

    Paris D., Mons D. (dir.), 2009, Lille Métropole, laboratoire du renouveau urbain, Marseille, Éditions Parenthèses.

    Sen A., 1993, « Capability and Well being », dans M. Nussbaum, A. Sen (dir.), Quality of Life, Oxford, Clarendon Press, p. 30-53.

    Sen A., 1999, Un nouveau modèle économique, de développement, justice et liberté, Paris, Éditions Odile Jacob.

    Notes de bas de page

    1 Paris et Mons, 2009, p. 233.

    2 Cette stratégie, définie en 2000 au Conseil européen de Lisbonne, visait à ce que l’Europe développe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ». Nous sommes en 2016… beaucoup reste à faire !

    3 1,1 million pour la communauté urbaine ainsi que pour l’agglomération INSEE dans sa partie française (mais avec des périmètres différents). Environ 1,6 million avec la partie belge agglomérée ; 2,1 millions pour le GECT Lille Kortrijk Tournai qui réunit les intercommunales belges et la Communauté urbaine de Lille et 3,8 millions pour l’aire métropolitaine transfrontalière de Lille qui s’étend au sud jusque l’ancien pays minier, devenu l’arc sud métropolitain au sein du vaste système métropolitain animé par la métropole lilloise dans un cercle d’environ 45 kilomètres de rayon.

    4 Ces sites sont abordés dans les chapitres du livre. Voir notamment la carte du chapitre 3.

    5 Voir le compte rendu du colloque dans le n° 35 de la revue Traits urbains.

    6 Une autre partie des chercheurs lillois a travaillé sur les gares et quartiers de gare pour le même programme POPSU 2.

    7 Universités de Valenciennes Hainaut-Cambrésis, d’Artois et du Littoral Côte d’Opale.

    8 Arendt Hannah, 1988, p. 223.

    9 Grout C., 2003, « Nouveaux lieux, nouveaux liens », conférence du 24 juin 2003 à l’Institut des villes, Paris [http://www.artfactories.net/Nouveaux-lieux-nouveaux-liens.html].

    Auteurs

    • Didier Paris

      professeur en aménagement et urbanisme, Université de Lille 1, laboratoire TVES (EA 4477)

    • Dominique Mons

      maître-assistante honoraire, École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, laboratoire LACTH

    • Christine Liefooghe

      maître de conférences en géographie, Université de Lille 1, laboratoire TVES (EA 4477)

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    Didier Paris, Christine Liefooghe et Dominique Mons

    Chapitre 7. Tiers-lieux, coworking spaces et FabLabs : nouveaux lieux, nouveaux liens et construction de communautés de connaissance créatives

    Christine Liefooghe

    Chapitre 3. Lille Métropole : de la reconversion industrielle aux défis de l’économie de la connaissance et de la créativité

    Christine Liefooghe

    Chapitre 1. Connaissance, culture, créativité : vers un nouveau modèle de développement métropolitain ?

    Christine Liefooghe, Divya Leducq et Bruno Lusso

    Roubaix face aux enjeux de la métropolisation

    Didier Paris

    De la ville aux grands territoires : les nouveaux enjeux du développement métropolitain à Lille et Belo Horizonte

    Didier Paris et Roberto Luís de Melo Monte-Mór

    Introduction Créativité et innovation comme processus solidaires : vivre le territoire et faire la ville autrement ?

    Didier Paris

    Chapitre 2. Du territoire apprenant à la ville expérientielle : Penser et produire la ville au XXIe siècle pour de nouveaux liens, de nouveaux lieux et de nouveaux territoires

    Didier Paris, Christine Liefooghe, Isabelle Estienne et al.

    Chapitre 5. Enjeux de gouvernance universitaire et structuration du « territoire apprenant » dans la métropole lilloise

    Didier Paris et Dominique Mons

    Chapitre 2. Propositions pour une méthode d’analyse globale des inégalités écologiques

    Philippe Deboudt et Didier Paris

    Chapitre 8. Les quartiers de la création et de l’innovation de la métropole lilloise : projets urbains, animation économique et retombées territoriales

    Bruno Lusso, Christine Liefooghe et Didier Paris

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    Didier Paris, Christine Liefooghe et Dominique Mons

    Chapitre 7. Tiers-lieux, coworking spaces et FabLabs : nouveaux lieux, nouveaux liens et construction de communautés de connaissance créatives

    Christine Liefooghe

    Chapitre 3. Lille Métropole : de la reconversion industrielle aux défis de l’économie de la connaissance et de la créativité

    Christine Liefooghe

    Chapitre 1. Connaissance, culture, créativité : vers un nouveau modèle de développement métropolitain ?

    Christine Liefooghe, Divya Leducq et Bruno Lusso

    Roubaix face aux enjeux de la métropolisation

    Didier Paris

    De la ville aux grands territoires : les nouveaux enjeux du développement métropolitain à Lille et Belo Horizonte

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    Didier Paris

    Chapitre 2. Du territoire apprenant à la ville expérientielle : Penser et produire la ville au XXIe siècle pour de nouveaux liens, de nouveaux lieux et de nouveaux territoires

    Didier Paris, Christine Liefooghe, Isabelle Estienne et al.

    Chapitre 5. Enjeux de gouvernance universitaire et structuration du « territoire apprenant » dans la métropole lilloise

    Didier Paris et Dominique Mons

    Chapitre 2. Propositions pour une méthode d’analyse globale des inégalités écologiques

    Philippe Deboudt et Didier Paris

    Chapitre 8. Les quartiers de la création et de l’innovation de la métropole lilloise : projets urbains, animation économique et retombées territoriales

    Bruno Lusso, Christine Liefooghe et Didier Paris

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    1 Paris et Mons, 2009, p. 233.

    2 Cette stratégie, définie en 2000 au Conseil européen de Lisbonne, visait à ce que l’Europe développe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ». Nous sommes en 2016… beaucoup reste à faire !

    3 1,1 million pour la communauté urbaine ainsi que pour l’agglomération INSEE dans sa partie française (mais avec des périmètres différents). Environ 1,6 million avec la partie belge agglomérée ; 2,1 millions pour le GECT Lille Kortrijk Tournai qui réunit les intercommunales belges et la Communauté urbaine de Lille et 3,8 millions pour l’aire métropolitaine transfrontalière de Lille qui s’étend au sud jusque l’ancien pays minier, devenu l’arc sud métropolitain au sein du vaste système métropolitain animé par la métropole lilloise dans un cercle d’environ 45 kilomètres de rayon.

    4 Ces sites sont abordés dans les chapitres du livre. Voir notamment la carte du chapitre 3.

    5 Voir le compte rendu du colloque dans le n° 35 de la revue Traits urbains.

    6 Une autre partie des chercheurs lillois a travaillé sur les gares et quartiers de gare pour le même programme POPSU 2.

    7 Universités de Valenciennes Hainaut-Cambrésis, d’Artois et du Littoral Côte d’Opale.

    8 Arendt Hannah, 1988, p. 223.

    9 Grout C., 2003, « Nouveaux lieux, nouveaux liens », conférence du 24 juin 2003 à l’Institut des villes, Paris [http://www.artfactories.net/Nouveaux-lieux-nouveaux-liens.html].

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    Paris, D., Mons, D., & Liefooghe, C. (2016). Lille métropole créative ? Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires : une synthèse. In C. Liefooghe, D. Mons, & D. Paris (éds.), Lille, métropole créative ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.13429
    Paris, Didier, Dominique Mons, et Christine Liefooghe. « Lille métropole créative ? Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires : une synthèse ». In Lille, métropole créative ?, édité par Christine Liefooghe, Dominique Mons, et Didier Paris. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.13429.
    Paris, Didier, et al. « Lille métropole créative ? Nouveaux liens, nouveaux lieux, nouveaux territoires : une synthèse ». Lille, métropole créative ?, édité par Christine Liefooghe et al., Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.13429.

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    Liefooghe, C., Mons, D., & Paris, D. (éds.). (2016). Lille, métropole créative ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.13400
    Liefooghe, Christine, Dominique Mons, et Didier Paris, éd. Lille, métropole créative ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.13400.
    Liefooghe, Christine, et al., éditeurs. Lille, métropole créative ?. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.13400.
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