Introduction. Origines de la Casa Gonzaga
p. 23-30
Texte intégral
Le passé tumultueux d’un petit fief
1Une légende fait remonter l’origine de la ville à l’époque romaine, attribuant sa fondation à Manto, fille de Tirésias devin de Thèbes, et en 70 avant notre ère la cité accueille la naissance du grand poète Virgile. Après avoir subi l’invasion gothique, elle tombe sous la domination des Lombards au VIIe siècle puis des marquis de Toscane au Xe. Entourée de trois lacs formés par le Mincio, sa situation stratégique et les circonstances lui permettent dès le Moyen-Âge, de jouer peu à peu un rôle prépondérant et principalement de résister au pouvoir des grandes puissances qui la cernent, le Saint-Empire romain germanique, le duché de Milan, la République de Florence et la Sérénissime. Ainsi dès le XIIe siècle elle devient une commune quasi indépendante bénéficiant de libertés républicaines dans le cadre de la Ligue lombarde du 7 avril 1167 avant de passer en 1228, sous le pouvoir d’une famille aristocratique, les Bonacolsi qui y règnent en véritables tyrans.
2Profitant d’une révolte du peuple excédé par les abus, Louis Corradi, gibelin partisan de l’Empire, hostile au parti guelfe favorable au pape, s’empare brutalement du pouvoir à Mantoue en 1328. Originaire de la cité de Gonzague, il appartient à une famille de condottières, propriétaires de grands domaines. Il met fin à la domination de Passerino Bonacolsi après un coup d’état éclatant dont l’un des épisodes les plus sanglants est illustré par un tableau de Domenico Morone, L’expulsion des Bonacolsi, retrouvé au palais Saint Sébastien au XVIe siècle et que l’on peut voir aujourd’hui à l’entrée du palais ducal, son site d’origine.
3Le sujet de cette toile, commanditée en 1494 par François II de Gonzague, frère de Claire, marque la naissance emblématique du marquisat de Mantoue. Les seigneurs de Gonzague s’imposent rapidement par leurs qualités de chefs militaires, de diplomates et de mécènes, passionnément attachés à la gloire de leur petit état et mus par l’ambition de rivaliser avec les puissances voisines. Conscients que Mantoue occupe une situation stratégique « que ce soit en raison des intérêts opposés
de l’empereur et des Français en Italie, ou bien en raison du conflit entre Milan et Venise »1, ils comptent bien en tirer parti pour satisfaire une ambition dévorante.
L’alliance avec la branche des Hohenzollern apparentés à l’empereur
4Parmi les petits états de la Péninsule comme Ferrare, Modène ou Parme, Mantoue à l’instar de Venise, jouit d’une position privilégiée protégée par la barrière naturelle des eaux qui l’entourent, ce qui théoriquement la rend imprenable. Néanmoins les Gonzague dès leur prise du pouvoir sur la cité font preuve de réalisme et de prudence, cherchant des alliés qui leur garantiront une protection inaliénable : la papauté avec laquelle ils s’efforcent de préserver des relations pacifiques et surtout l’Empire qui leur accorde dès l’origine un titre irrévocable, dont les conditions d’attribution excluent toutefois le cas de félonie2.
5Le cardinal Cesarini mène la négociation de mariage entre Barbara, nièce du prince Électeur du Saint-Empire germanique et Louis, l’héritier premier-né des Gonzague, dont la famille s’engage à verser à Jean l’Alchimiste, père de la fiancée, la somme considérable de cinquante mille florins d’or. Le lien féodal de Mantoue avec l’empereur n’est pas seulement honorifique, « la devise creuse d’un blason », mais il confère à son prince « incorporé dans l’ordre féodal-impérial » une position solide. Quelques décennies plus tard, François de Gonzague et Isabelle d’Este en restent convaincus, déclarant qu’ils ne veulent jurer fidélité qu’à sa majesté comme l’ont toujours fait leurs ancêtres, qui ont été investis par l’empereur et par personne d’autre : « cette garantie du pouvoir princier […] même si celle-ci n’était que morale et conforme à la loi, a joué sensiblement et durablement pour assurer la longue vie de la dynastie des Gonzague à Mantoue. Il n’y a aucune autre maison princière italienne qui, jusqu’au XVe siècle, ait contracté autant d’alliances matrimoniales avec des princes allemands de l’Empire, margraves de Brandebourg, ducs de Bavière, archiducs d’Autriche. »3.
6En 1433 le mariage de Louis de Gonzague avec Barbara de Brandebourg, dont le petit fief mantouan retire de nombreux avantages, constitue la première étape de ce rapprochement avec l’Empire. La même année Louis est nommé chevalier de l’empereur Sigismond, le 22 septembre a lieu le couronnement et deux ans plus tard l’empereur Frédéric reconnaît l’existence de son état. Francesco Folengo est envoyé à la cour impériale pour obtenir l’investiture du marquisat qui prend effet le 27 août 1445. Puis le marquis devient capitaine général de l’armée florentine en 1447 avant d’entrer au service du duc de Milan Francesco Sforza.
7Barbara de Brandebourg a joué un rôle primordial dans la diplomatie ambitieuse des Gonzague, entretenant habilement des relations étroites à la fois avec l’empereur et avec le pape. Elle arrive très jeune à la cour mantouane où elle reçoit une éducation soignée, grâce en particulier à l’enseignement dispensé par l’illustre Vittorino da Feltre. Ses qualités naturelles lui viennent de surcroît pour forger une personnalité exceptionnelle, apte aux finesses diplomatiques du pouvoir. La marquise joue avec brio sur l’échiquier des relations internationales, plaçant et déplaçant judicieusement ses pions, au gré des aléas de la conjoncture politique dont le pape et l’empereur sont des piliers essentiels.
8En quelques étapes clés, elle va donner au petit fief mantouan une dimension politique et une aura culturelle qui lui permettront de le protéger face à l’avidité des états plus puissants qui l’entourent, en particulier le duché de Milan et la République de Venise. L’influence de la marquise se fait sentir dans les moindres détails, ainsi a-t-elle veillé à placer auprès de son époux Louis de Gonzague un conseiller appartenant à sa famille qui deviendra un instrument de contrôle discret et efficace.
9La volonté bien arrêtée de la marquise Barbara de Brandebourg de faire respecter la modeste principauté par ses puissants voisins la conduit à ne pas négliger la papauté de laquelle dépend toute accession au cardinalat, signe de prestige et ambition récurrente de toutes les familles princières de la Renaissance pour ceux de leurs membres qui ne choisissent pas le métier des armes. Aussi compte-t-elle profiter des relations privilégiées que l’empereur entretient avec la Curie romaine, relations initiées lors de la Diète organisée par le pape. Dès qu’elle apprend que Pie II a décidé de réunir un concile général des princes en vue de préparer une croisade contre les Turcs et que le Saint-Père hésite entre les villes d’Udine et de Mantoue, la marquise met tout en œuvre pour que la Diète se tienne dans la cité des Gonzague. Après avoir envoyé ses ambassadeurs, Giovanni da Grignano et Gabrielo da Crema, auprès de l’empereur et contacté son oncle Albert Achille de Brandebourg pour obtenir que Mantoue soit distinguée, elle obtient gain de cause. Le souverain pontife, conscient des nombreux avantages qu’il peut tirer de ce choix et « qui tenait absolument à la présence de l’empereur, inaugura la Diète à Mantoue le 26 septembre 1459. »4.
10L’élection de la modeste cité obtenue grâce à l’illustre parenté de Barbara, nièce de l’empereur Sigismond et petite-fille de l’électeur impérial Frédéric Ier de Hohenzollern, permet à Louis de Gonzague de rehausser considérablement son prestige diplomatique face aux cours voisines plus renommées. Dès 1452 la marquise a intrigué pour obtenir que son fils François, devenu protonotaire à dix ans, obtienne le cardinalat malgré les réticences du pape en raison de l’âge du jeune prince. Elle a sollicité l’aide de son oncle Albert de Brandebourg, le chargeant de recommander son fils puis elle a utilisé le réseau d’amitiés mis en place lors du Concile, s’adressant aux cardinaux qui ont bénéficié de l’hospitalité des Gonzague. Le duc de Milan est pressenti lui aussi mais la marquise compte surtout sur les liens avec sa famille germanique proche de l’empereur. L’enjeu est tellement capital qu’elle n’hésite pas à mentir sur l’âge réel de leur fils. Le 18 décembre 1461, la papauté exprime sa reconnaissance à Louis de Gonzague et Barbara de Brandebourg pour l’accueil fastueux reçu pendant la Diète en élevant François, qui n’a que dix-sept ans, à la dignité de cardinal. Le marquis qui a engagé des dépenses considérables, a surtout obtenu un succès de prestige. Le 22 décembre, quand arrive à Mantoue la bonne nouvelle de la nomination, Louis de Gonzague témoigne sa gratitude au duc de Milan Francesco Sforza qui avec l’empereur a été « l’artisan de cette pourpre »5, lui jurant une reconnaissance éternelle.
11Le premier janvier 1462, suite à la lettre de la duchesse Bianca Maria Visconti déclarant que son époux est mourant et exprimant ses craintes quant à l’avenir de son état, Louis de Gonzague se rend immédiatement à Milan. Sur sa route à Bozzolo il croise son fils François qui revient de Pavie où il poursuit ses études, accompagné de son frère Frédéric, héritier du marquisat et père de Claire : cette scène rapportée par le chroniqueur contemporain Andrea Schivenoglia est magnifiée pour l’éternité par le talent de l’artiste attitré de la famille Gonzague. Andrea Mantegna recouvre de fresques les murs et le plafond de la chambre privée du marquis qui prendra le nom de Camera dipinta. L’iconographie de la voûte met en scène une Rome impériale, symbole clair du rôle prépondérant de Barbara dans le rapprochement avec son oncle l’empereur qui a entraîné de nombreux bénéfices.
12François de Gonzague reçoit le chapeau rouge des mains du pape Pio Piccolomini le 24 mars 1462, et Alessandro de Gonzague inaugure le récit qu’il en fait à Barbara par les versets d’un psaume d’allégresse : « Haec dies quam fecit Dominus, exultemus et letemur in ea ». Un cardinal dans une Maison « signifiait avoir un pied à Rome, là où se traitent toutes les grandes affaires du monde, cela voulait dire prestige, honneur et surtout richesse »6.
13Le mariage de Frédéric de Gonzague avec Marguerite de Bavière7, le 7 juin 1463, procède également de l’ingénieuse stratégie diplomatique mise en place par Barbara de Brandebourg. Né en 1442, le fils aîné des Gonzague a reçu une éducation soignée, conduite par des précepteurs lettrés. L’humaniste Mario Filelfo, prenant appui sur Aristote, établit un rapport entre la nature de son caractère et celle de son esprit, déclarant au marquis : « Ton Frédéric est de nature mélancolique et Aristote nous apprend combien les mélancoliques sont intelligents »8. Le jeune prince suit également l’enseignement de l’illustre Bartolomeo Sacchi, dit Le Platina, qui sera nommé par la suite premier bibliothécaire de la Bibliothèque apostolique vaticane par Sixte IV.
14L’alliance d’un seigneur de Gonzague avec une princesse allemande, cousine de sa famille et parente de l’empereur comme elle l’est elle-même, démontre clairement l’influence prépondérante de Barbara de Brandebourg à la cour mantouane. En 1462, la marquise a convié à Mantoue une délégation bavaroise pour organiser le mariage de son fils aîné. Après quelques mois de négociations, le contrat est signé le 8 septembre au château Saint-Georges « dans la grande chambre de la tour qui donne sur le lac du milieu » destinée à devenir deux ans plus tard la Camera dipinta9.
Fig. 1. Francesco Segala, Buste de Marguerite de Bavière Mantoue, Palais ducal, Salle des Marquis
15Frédéric de Gonzague « bossu, courtois et agréable »10 est fiancé à Marguerite de Wittelsbach, sœur du duc de Bavière et parente de Barbara de Brandebourg. Mais comme le prince tombé amoureux d’une jeune femme du peuple refuse le mariage, la marquise l’envoie faire un voyage. Détroussé sur le trajet, il se retrouve à Naples pauvre et malade, entretenu par ses serviteurs jusqu’à ce qu’il soit découvert par le roi Ferrant d’Aragon qui le recueille à sa cour avec tous les honneurs dus à son rang. Rentré à Mantoue, il obtient le pardon paternel et se résigne à épouser Marguerite. Cependant les historiens ne peuvent apporter aucun fondement historique sérieux à cette fable romanesque.
16Reste cette certitude que le jeune Frédéric, bien qu’il ait hérité comme plusieurs de ses frères et sœurs de la malformation du dos de sa grand-mère Paola Malatesta, est rebuté par l’aspect rustre et le manque de culture de sa future épouse dont l’historien contemporain Andrea Schivenoglia a brossé un portrait peu flatteur : « petite, le teint blanc, rougeaude et le visage assez lourd », relevant qu’elle ne savait même pas parler italien. Le chroniqueur n’est pas moins indulgent à l’égard de l’ambassade du duc de Bavière et de sa suite, venue à Mantoue le 7 septembre 1462, soulignant férocement le décalage de culture et de raffinement entre les deux cours. Les membres du cortège bavarois, qui ressemblaient à des marmitons à l’allure fruste, provoque la stupéfaction des Mantouans, et Schivenoglia précise avec une ironie cruelle que le jour du mariage, les nombreux Allemands qui accompagnaient les mariés, étaient « tous vêtus de rouge, avec des tissus grossiers et de couleur voyante »11.
17Le 6 juin 1463, lorsqu’elle épouse Frédéric, prince héritier des Gonzague, Marguerite a dix-huit ans. Après avoir accompli un voyage éprouvant, à travers le Tyrol – préfigurant celui que fera sa fille Claire outremonts en juin 1481 – elle est accueillie à Innsbrück par les frères du marié, Jean-François et Rodolphe, et de nombreux gentilshommes qui l’accompagnent jusqu’à Vérone où elle reçoit un accueil chaleureux avant de rejoindre Mantoue où vont se dérouler des fêtes somptueuses. L’escorte impressionnante est composée de quatre mille chevaux et de neuf chariots contenant des présents offerts par les deux familles. Le chroniqueur emporté par l’enthousiasme, donne à son récit des résonances épiques : fêtes, bals et joutes vont se succéder joyeusement au son des trompettes, des fifres, des trombones et des tambours « et il y avait tant d’instruments qu’il semblait que le monde entier jouait de la musique »12.
18Ensuite les jeunes mariés rejoignent la chambre que le marquis leur a fait préparer, une petite pièce décorée d’étoffes précieuses avec vue sur les lacs – paysage qui sera magnifiquement illustré par Andrea Mantegna dans son tableau La mort de la Vierge13 – avant que le génie pictural de l’artiste ne la transforme, dix ans plus tard, en « plus belle chambre du monde », comme on l’appellera dès le XVe siècle. L’année suivante, Claire naît, vraisemblablement dans l’une des pièces attenantes qui correspondent aux appartements privés de Marguerite de Wittelsbach, la Camera étant réservée au marquis Louis de Gonzague qui y dort seul veillé par ses serviteurs et y reçoit ses hôtes de marque. Lorsque Frédéric succède à son père en 1478, la Camera dipinta garde la même affectation de salle d’audience prestigieuse destinée à éblouir les ambassadeurs étrangers qui bien souvent supplieront pour obtenir l’honneur d’y être reçus14.
19Louis et Barbara consolident les relations avec l’Allemagne en mariant leurs filles Barberina et Paola avec des princes germaniques, la première avec Everard Ier de Würtemberg en 1474 et la seconde avec le comte de Gorizia en 1477 tandis que Jean-François, leur second fils, est envoyé à la cour d’Albert Achille de Brandebourg pour y parfaire son éducation.
Des liens privilégiés avec le duché de Milan
20Louis de Gonzague constamment pris en tenaille entre Venise et Milan15 qui guettent en permanence le moment opportun de s’emparer de son marquisat, estime judicieux d’opérer un rapprochement stratégique avec l’une des deux puissances.
21Son contrat avec le duc Francesco Sforza datant du 27 septembre 1445 a été reconfirmé à plusieurs reprises en 1454 puis en 1459 et les relations politiques entre les deux états sont excellentes. Pour conforter cette alliance Louis de Gonzague et Barbara de Brandebourg avaient entamé une politique matrimoniale qui sera régulièrement mise en échec : les Sforza refusent successivement les alliances proposées, en raison de la malformation des Gonzague héritée des Malatesta : d’abord Suzanne dont le mariage avec Galeazzo est conclu en 1450 et ratifié en 1454 avant d’être brutalement annulé en 1457 ensuite Dorothée, agréée en 1458 puis rejetée en 1463 après une visite médicale qui dévoile sa mauvaise santé16. Enfin, alors que Louis de Gonzague tente vainement de proposer la petite Barbara, le duc de Milan, qui en août 1465 avait envoyé son fils en France pour offrir un renfort militaire à Louis XI contre les seigneurs féodaux qui menaçaient son pouvoir, a déjà accepté la proposition du roi de marier Galeazzo avec Bonne de Savoie17.
22Malgré l’abandon des alliances matrimoniales le contrat militaire est maintenu. Rejetant la proposition de Venise qui lui offre un commandement à partir de mars 1466, date à laquelle s’achève son engagement avec Francesco Sforza, le marquis reste fidèle à son accord avec Milan. À la mort du duc, sa veuve Bianca Maria Visconti décide de se rapprocher de Mantoue et le marquis signe auprès de Galeazzo Maria Sforza et du roi d’Aragon un nouvel engagement qui stipule la cession de Vicenza, d’Asola et de Lonato, clause qui a motivé son choix. L’accord avec Milan est confirmé en 1470, amplifié en 1472 et reconduit pour cinq ans à partir du 28 avril 1474 pour un montant de trente deux mille ducats en temps de paix et quatre vingt deux mille en temps de guerre. Le jeune Frédéric, père de Claire, inclus dans le contrat, reçoit pour sa part douze mille ducats.
23Toutefois le marquis doit toujours se méfier de Venise, son ambitieuse voisine. Lorsque celle-ci tente de dévier le cours du Mincio, Louis de Gonzague, soucieux de protéger le système défensif de sa cité, avertit aussitôt Milan qui s’entremet auprès de la Sérénissime pour obtenir qu’elle renonce à son projet et il bénéficie du soutien du pape qui agit dans le même sens.
24Cette politique prudente et habile aboutit en 1474 à la signature d’un pacte entre Milan, Venise et Florence. Mais deux ans plus tard en décembre 1476, l’assassinat mystérieux de Galeazzo Maria Sforza risque de remettre en question le statu quo obtenu. C’est pourquoi, lorsqu’il apprend la nouvelle, le marquis, malgré de graves ennuis de santé, se rend aussitôt dans la cité des Sforza afin d’assurer la succession du jeune prince sous la régence de sa mère Bonne de Savoie tout en veillant à maintenir de bons rapports avec Venise18.
Notes de bas de page
1 Graham Pollard, « Le medaglie dei Gonzaga » dans Silvana Balbi de Caro, I Gonzaga, moneta, arte, storia, catalogue de l’exposition de Mantoue, Electa, Milano, 1995, p. 384.
2 Le 6 mai 1432, l’empereur Sigismond crée le marquisat de Mantoue pour Gian Francesco de Gonzague. Voir Giancarlo Malacarne, I Gonzaga di Mantova, I Gonzaga marchesi, Il sogno del potere, Il Bulino, Modena, 1994, t. I, p. 22.
3 Ernesto Sestan, La storia dei Gonzaga nel Rinascimento dans « Mantoue e i Gonzaga nelle civiltà del Rinascimento », Atti del convegno organizzato dall’Accademia Nazionale dei Lincei, Città di Mantova, Mantova, Mondadori, 1977, p. 18-19 et note 6.
4 Andrea Schivenoglia, Cronaca di Mantova dal MCCCCXLV al MCCCCLXXXIV trascritta ed annotata da Carlo d’Arco, dans Raccolta di cronisti e documenti storici lombardi inediti, II, Milano, 1857, p. 131, 142-143. Le pape avait pris sa décision le 13 octobre 1458.
5 Rodolfo Signorini, Mantova e i Gonzaga nella civiltà del Rinascimento, Accademia nazionale Virgiliana di scienze, Città di Mantova, Mondadori, Mantova, 1977, p. 236. A. Schivenoglia, Cronaca, op. cit., p. 147.
6 R. Signorini, ibid., p. 40 et note 122 : Psaume 117, 24.
7 Giuseppe Lanzoni, Sulle nozze di Frédéric I Gonzaga e Margherita di Wittersbach, L. F. Cogliati, Milano, 1898. Marguerite est la sœur du duc Jean François qui règne sur la Bavière depuis la mort de leur père Albert III en 1460.
8 Alessandro Luzio et Rodolfo Renier, I Filelfo e l’umanismo alla corte dei Gonzaga, estratto da Giornale storico della letteratura italiana, vol. XVI, 1890, p. 164-165, note 1.
9 R. Signorini, Opus hoc tenue, La « archetipata » Camera dipinta detta « degli sposi » di Andrea Mantegna, éd. MP marketing pubblicità, Mantova, 2007, p. 167 et note 37.
10 A. Schivenoglia, op. cit., p. 149.
11 Ibid., p. 151, 153.
12 Ibid., p. 153. G. Lanzoni, ibid. et Documents p. 28 : lettre de Barbara au cardinal François de Gonzague le 11 juin 1463, copialettere lib. 41, qui évoque les trois jours de réjouissances, agrémentés de joutes et de palios mais aussi de danses et de festins avant d’énumérer les cadeaux luxueux offerts par les invités.
13 Tableau initialement prévu pour la chapelle du palais ducal, commandé à l’artiste dès 1450 et réalisé en 1461. Voir Jacques de Voragine, La légende dorée, Gallimard, Paris, 2004. Actuellement conservé au musée du Prado de Madrid.
14 Concernant les différentes appellations de la Camera et son affectation, voir R. Signorini, Opus, op. cit., p. 167 ; Clifford Malcolm Brown, « New documents for Andrea Mantegna’s Camera degli Sposi », The Burlington magazine, Shorters notices, t. 114 (1972), p. 861-863.
15 À Francesco Sforza et Bianca Maria Visconti succèdent Galeazzo Maria Sforza et Bonne de Savoie puis, à la mort de Galeazzo en 1494, Ludovic Sforza confisque le pouvoir et devient officiellement duc de Milan.
16 Voir la généalogie des Gonzague dans les Annexes.
17 Giuseppe Coniglio, I Gonzaga, Dall’ Oglio, Milano, 1967, p. 70-75. Voir aussi Leonardo Mazzoldi, Mantova La storia, Istituto Carlo d’Arco per la storia di Mantova, Mantova, 1958-1965, p. 19 et 23. Barberina dont le mariage est prévu depuis 1467, épouse le comte de Würtemberg en 1474. Le mariage de Galeazzo Maria Sforza avec Bonne de Savoie aura lieu en 1468.
18 L. Mazzoldi, ibid., p. 27-28 et note 87. Liens de parenté des Gonzague avec les autres cours : Élisabeth de Gonzague, sœur cadette de Claire, épouse Guidobaldo I da Montefeltro, fils du duc d’Urbino, en 1488. Madeleine, la plus jeune sœur de Claire épouse Jean Sforza, seigneur de Pesaro en 1489 ; Éléonore d’Aragon, fille du roi de Naples Ferrant I, épouse d’Hercule, est la mère d’Isabelle d’Este qui se marie avec François II de Gonzague en 1490 ; Béatrice d’Este, sœur d’Isabelle, épouse le duc de Milan, Ludovic Sforza en 1491.
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