Introduction

p. 19-20


Texte intégral

1Dans cette première partie, le concept d’attention est abordé depuis la perspective de l’éthique. Pour de nombreux contributeurs de celle-ci, il permet d’aborder sous un angle nouveau les éthiques cliniques et éthiques du soin. Dans un article sur l’éthique clinique, Alain Loute interroge le modèle de la médecine narrative développé par Rita Charon. Cette dernière entend, à travers un « entraînement narratif », faire des professionnels de santé des lecteurs attentifs des récits de leurs patients. Cette première forme d’attention au cœur de la clinique soulève néanmoins de nombreuses questions abordées par cet article : ce concept de lecture attentive est-il un simple changement sémantique pour désigner le travail clinique, ou rapporte-t-il un changement de posture et de pratique des professionnels ? Le récit ne peut-il pas être, loin de ce qui permet de porter attention à la subjectivité du patient, vecteur de son objectivation ?

2La place du concept d’attention dans l’éthique clinique contemporaine est abordée sous un deuxième angle dans l’article de Grégory Aiguier et Jean-Philippe Cobbaut. Pour ces auteurs, la question de l’attention constitue une clef d’interprétation féconde pour relire l’évolution de la bioéthique, le mouvement de l’éthique clinique se définissant précisément par cette volonté de développer une attention plus grande aux situations qui font l’objet des consultations éthiques. Qui sont les « producteurs » de cette attention ? Comment se produit-elle ?

3Natalie Rigaux poursuit le champ ouvert par la réflexion éthique sur le soin, en s’interrogeant sur les modalités et la nécessité de l’attention dans le soin aux personnes démentes. S’appuyant entre autres sur une auteure comme Simone Weil et sur un travail de terrain, elle contribue à éclairer la valeur de l’attention pour une éthique du soin. De l’attention comme éthique, elle va jusqu’à en questionner la dimension politique, dégageant les conditions méso- et macrosociologiques de l’attention.

4Un dernier article clôt cette première partie en questionnant les « modalités réflexives et éthiques de l’attention chez Husserl ». Dans cet article, Valérie Kokoszka montre la place particulière que le concept d’attention occupe au sein de la phénoménologie husserlienne, à la fois marginal et essentiel. À travers cet exercice, Valérie Kokoszka rend manifestes les liens entre attention, réflexion et liberté et de montrer en quoi ils participent d’une éthique phénoménologique concrète.


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