Cahier photographique
p. 203-210
Texte intégral
Le recours aux peines de détention apparaît sensiblement plus fréquent aux États-Unis que dans les autres démocraties occidentales.

Dans cette localité, par exemple, les propriétaires de chiens sont informés qu’à défaut de ramasser les déjections de leur animal, ils encourent une amende de $1 000 ou une peine d’enfermement pouvant aller jusqu’à six mois.
Didier Combeau.
L’architecture intérieure typique d’un centre de détention aux États-Unis.

Avec une augmentation de 600 % du nombre de condamnés à une peine d’enfermement en 40 ans, le gouvernement fédéral et les 50 États n’ont eu d’autre choix que de se lancer dans de coûteux programmes de construction d’établissements pénitentiaires. Aujourd’hui, le parc des centres de détention apparaît de ce fait moins vieillissant que dans d’autres pays.
Fort Leavenworth Public Affairs Office.
Une vue aérienne de la prison de sécurité maximale de Pelican Bay en Californie.

Le nombre des unités ou établissements classés supermax, censés enfermer les détenus les plus incontrôlables, s’est considérablement accru aux États-Unis depuis 1983, notamment suite à une série de graves incidents au pénitencier fédéral de haute sécurité de Marion (Illinois). Le régime de détention y est particulièrement dur et les interactions humaines strictement limitées, voire parfois même quasi inexistantes.
Jelson25.
Quand il s’agit de se confectionner des armes, les détenus savent souvent faire preuve d’une patience et d’une imagination presque sans limite.

Ici, le tableau de chasse du personnel d’une prison de l’Idaho.
Mark6mauno.
Les gangs, tel l’Aryan Brotherhood, sont implantés dans de nombreuses prisons américaines.

Dans certains États, comme l’Illinois, plus de la moitié des détenus affirme avoir fait allégeance à un gang. Aux yeux de l’administration pénitentiaire, les gangs constituent indéniablement l’une des plus grandes menaces à l’ordre et à la sécurité mais en même temps ceux-ci lui permettent d’éviter que les détenus ne forment un bloc uni contre elle.
US Department of Justice.
Les femmes constituent 10 % de la population carcérale américaine (7 % dans les seuls centres de détention).

En partie à cause du durcissement des peines pour infractions sur les stupéfiants, cette proportion n’a cessé de croitre depuis les années 1980, si bien qu’aujourd’hui, un tiers de toutes les femmes incarcérées dans le monde le sont aux États-Unis.
Officer Bimblebury.
En déclarant la drogue comme une menace à la sécurité intérieure dans les années 1980, le Président Reagan rendit possible une coopération entre police et Pentagone, jusqu'alors inédite en temps de paix.

La multiplication rapide du nombre d'unités SWAT (Special Weapons and Tactics) depuis lors témoigne d'une militarisation croissante des forces de l’ordre ; une tendance elle-même renforcée par la possibilité donnée à la police de saisir jusqu’à 80 % des avoirs détenus par les individus simplement suspectés de trafic de drogue.
Sdlewis.
La surpopulation carcérale a conduit certains États, tout particulièrement la Californie, à transformer des gymnases en vastes cellules collectives dans lesquelles peuvent s’entasser jusqu’à 100 voire 150 détenus.

Il arrive que les sanitaires, dépourvus de la moindre cloison, soient exposés à la vue de tous.
California Department of Corrections.
Ici une unité d’intervention à l’entraînement.

L’assaut parfois très violent de ces équipes et le recours aux technologies modernes de surveillance expliquent en partie pourquoi la fréquence des émeutes en milieu carcéral s’est effondrée en 40 ans malgré l’immense inflation de la population carcérale américaine.
Busterrr.
Aux États-Unis, la peine s’achève rarement à la levée d’écrou.

Suite à plusieurs tragédies fortement médiatisées impliquant des meurtriers pédophiles, de nombreux États ont autorisé la consultation en ligne des registres des délinquants sexuels sur lesquels figurent parfois l’adresse personnelle ou le lieu de travail de l’auteur des faits. En revanche, la nature de son infraction est rarement précisée. La fiche du jeune Phillip Alpert (18 ans au moment des faits) figurera jusqu’à ses 43 ans aux côtés de celles de dangereux prédateurs sexuels suite à sa condamnation pour avoir envoyé à ses contacts téléphoniques une photo dénudée de sa petite amie alors âgée de 16 ans. L’accès public à ces registres a parfois donné lieu à de violentes expéditions punitives.
Florida Department of Law Enforcement.
Depuis plusieurs années maintenant, des citoyens militent au sein d’associations pour réclamer un assouplissement de la législation pénale sur les produits stupéfiants et un recours moins systématique aux peines de détention.

Neon Tommy.
En juillet 2015, sous l'œil des caméras, Barack Obama décida de s’entretenir avec des journalistes et des prisonniers dans le centre de détention fédéral d’El Reno (Oklahoma).

Jamais jusqu’alors un président en exercice ne s’était rendu dans une prison. Par ce geste symbolique, Obama souhaitait sensibiliser l'opinion publique à l'excessive sévérité des sanctions pénales aux États-Unis et à la nécessité de réformer le code pénal.
White House.
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