Introduction de la deuxième partie
p. 89-90
Texte intégral
1Durant l’étrange et inédit huis clos national du printemps 2020, les Français n’étaient pas seuls chez eux. En effet, dès les premiers jours, le coronavirus s’y est invité quotidiennement, de façon particulièrement invasive, à la faveur d’une médiatisation sans précédent, aussi bien sur les canaux médiatiques traditionnels que via les réseaux sociaux. Cette « infodémie » est d’autant plus frappante que nous verrons que, dans le même temps, tout au long du confinement, même si le virus a très vite mis en tension les moyens hospitaliers, en revanche il est resté à distance de la grande majorité de la population. Exposés presque en continu à un tel flot d’informations souvent anxiogènes, comment les Français ont-ils réagi ? Et quels étaient les éventuels marqueurs sociaux associés à ces réactions ?
2Il sera également utile de mobiliser ici les outils forgés par les économistes pour étudier la perception d’un risque, outils qui distinguent en particulier la façon dont les individus se représentent la contagiosité d’un virus d’une part, et sa gravité d’autre part. Cela permettra de comparer ces perceptions à celles suscitées par d’autres virus, en particulier celui de la grippe saisonnière, mais aussi celui de la grippe H1N1 de 2009-2010 : à l’aune de ces références, quelles étaient la contagiosité et la gravité perçues du coronavirus ?
3Nous verrons enfin que, tout au long du confinement, ces perceptions ne sont pas restées figées, d’autant qu’il est progressivement devenu clair, pour une partie croissante de la population, que le déconfinement annoncé début mai ne signifiait en rien la fin prochaine de la pandémie. À tel point d’ailleurs qu’une partie importante de la population appréhendait ce déconfinement et la seconde vague annoncée, et envisageait plutôt de rester confinée au-delà du 10 mai…
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