Méliès et l’âge d’or du cinéma forain en France (1896-1914)
p. 295-302
Texte intégral
« On ne sait guère que c’est sur les champs de foire qu’est né le cinéma, longtemps ambulant […]. Et pourtant, quel meilleur berceau pour l’usine à rêve qu’est le film, que la fête foraine ? »1.
1De retour de Londres où il a appris la prestidigitation, Georges Méliès se produit sur scène dès l’âge de 23 ans, dans un théâtre de la Galerie Vivienne et dans le Cabinet Fantastique du musée Grévin. C’est comme illusionniste qu’il acquiert l’expérience du public, dans un registre spécifique, celui du spectacle d’attraction. Directeur du prestigieux théâtre Robert-Houdin en 1888, il en rénove le répertoire et attire un public plus nombreux, plus populaire. Sa principale innovation consiste à relier par un fil narratif divers tours et sketches magiques émaillés d’éléments comiques. Cet assemblage éclectique de trucs raffinés et de mystifications constitue alors un aspect majeur de son esthétique2. S’étant approprié le cinématographe pour prolonger sa pratique d’illusionniste, il réalise quelque 520 films de 1896 à 1913, dans ses studios de Montreuil-sous-Bois, tout en continuant de diriger son théâtre. De 1917 à 1923, il crée et dirige le Théâtre des Variétés Artistiques, aménagé dans l’un de ses anciens studios. La troupe est composée de membres de sa famille. On y monte des opéras, des opérettes mais aussi les pièces écrites et jouées par Méliès. Ruiné, il détruit tous ses films en 19233.
2L’association Cinémathèque Méliès, créée en 1961 pour soutenir le travail de recherche, de restauration et de projections entrepris par la famille Méliès, a permis de retrouver 198 films, ceci même au bout du monde : en Nouvelle-Zélande et en Australie4. On peut supposer qu’ils ont effectué ce périple grâce aux forains, dont Méliès est l’un des fournisseurs à la fin du XIXe siècle.
3En ville comme à la campagne, la projection de « vues animées » (ces termes désignent alors les films) devient vite un phénomène de culture de masse. Elle est d’emblée très populaire, comme le constatent Jacques Deslandes et Jacques Richard dans le tome 2 de leur Histoire comparée du cinéma, qui fait référence5. En ville, d’abord à Paris dès avril 1896, les projections constituent un numéro de variété qui s’inscrit dans les programmes de café-concert, puis de music-halls. Au théâtre Robert-Houdin, la première projection de vues animées, des vues Edison pense-t-on, a lieu le 4 avril 1896. Ces vues sont remplacées quelques semaines plus tard par celles prises par Méliès lui-même. Là aussi, comme dans d’autres théâtres et salles polyvalentes, la projection fait partie d’un programme qui peut comprendre des numéros d’ombres, des sketches magiques et d’autres intermèdes variés. C’est ainsi que Martin Barnier peut affirmer dans un ouvrage dédié aux projections avant 1914 : « Quand un spectateur se rend dans un caf’conc’ ou dans une loge de forain, il se doute qu’il va entendre chanter, voir des acrobates et peut-être quelques films. Ce public sait dans quelles séries culturelles s’inscrivent les films, attractions parmi d’autres ».6 Des auteurs comme Tom Gunning et André Gaudreault distinguent cette forme de cinématographie, dite d’attraction, de celle, dite narrative qui prédomine7 lorsque le cinéma devient une institution identifiée comme telle, avant la 1re guerre mondiale.8
4Si ce sont surtout des tourneurs qui organisent des projections dans les cafés-concerts et dans les music-halls, comme le signale Jean-Jacques Meusy dans son ouvrage Cinémas de France, 1894-19189, ce sont les forains qui diffusent les vues animées auprès des populations rurales : elles représentent alors près des deux tiers de la population française. Comme l’écrit Dominique Lejeune, que cite Martin Barnier : « Sur 39 millions d’habitants, la population rurale domine largement avec au moins 60 % des Français vivant à la campagne en 1900. La population urbaine ne devient dominante que dans les années 1930 ». Martin Barnier conclut : « ceci explique l’importance des tournées foraines pour la propagation du cinématographe ».10 L’engouement est si fort qu’en 1898, alors que les forains se sont équipés en masse d’appareils de projection, les éditeurs ne produisent pas assez de films, sauf Méliès qui fournit des vues très appréciées. En effet, Méliès a l’expérience d’un public friand d’attractions, et du contact direct avec les forains qui viennent visionner les films au théâtre Robert-Houdin, puis en acheter les copies dans sa boutique du Passage de l’Opéra. Deslandes et Richard citent le propos du forain Jérôme Dulaar rapporté par son fils : « [En 1898] nous allions mourir sur nos appareils, Méliès nous donna à manger ».11
5Le forain est un entrepreneur d’un type particulier. Il est désigné par les termes d’industriel forain, qui forment aussi le titre d’une revue corporatiste. Il est également appelé banquiste ; il est répertorié selon son métier ou sa loge, c’est-à-dire son entreprise. Le cirque, la ménagerie, le musée de cire, l’exhibition de phénomènes, la pantomime sont des métiers ; tout comme le théâtre d’ombres, le théâtre de marionnettes ou celui de fantoches (grandes marionnettes à fils), ou encore le montreur de lanterne magique, de panoramas, de dioramas. N’oublions pas le métier de physicien expert en « physique amusante » : les anciens escamoteurs, qui exercent depuis des siècles sur les champs de foire, se sont dotés de titres pompeux pour exhiber de récentes découvertes scientifiques dont le caractère merveilleux enchante le badaud.
6Selon Deslandes et Richard, les projections de vues animées vont tout naturellement prendre place parmi les attractions dédiées aux phénomènes optiques, mais pas seulement. Ainsi ces auteurs reproduisent une publicité qui affirme « Le plus grand cinématographe se trouve chez Adrien Pezon, la première ménagerie de France », en la sous-titrant de façon humoristique : « Le cinéma parmi les fauves ». Jean-Jacques Meusy mentionne également le théâtre de Fantoches de la famille Levergeois qui alterne projections de vues animées et numéros de danses lumineuses.12 C’est l’époque des grands théâtres cinématographiques, véritables « Palais des merveilles » aux façades surchargées somptueusement décorées.
7Exploitant la revue L’Industriel Forain, Deslandes et Richard recensent 9 forains convertis au cinématographe dès septembre 1896. Jean-Baptiste Hennion, dans un article publié dans la revue 1895, signale des projections foraines plus précoces. Ainsi le journal Le Républicain Orléanais mentionne la présence, dès le 31 mai 1896, d’une baraque de cinéma forain à la foire du Mail d’Orléans. Cette baraque appartient au jeune forain Jacques Inaudi, en copropriété avec Georges Méliès. Jacques Inaudi est un phénomène de foire, calculateur prodige qui, enfant, s’est produit au théâtre Robert-Houdin mais dix ans avant que Méliès n’en devienne le directeur.13
8La plupart des métiers de cinéma forain sont tenus par des « gens du voyage », dont les traditions sont transmises oralement de génération en génération. Ils exercent de façon artisanale, en famille et se marient souvent entre eux, comme le montrent Deslandes et Richard qui reproduisent quelques arbres généalogiques de gros banquistes aux branches entremêlées. On peut citer les frères Dulaar : Abraham, Jérôme (déjà cité) et Maurice, ainsi que les familles Levergeois, Rancy, Grenier, Iunk, Kétorza, cette liste n’étant pas limitative.14
9C’est en train que ces forains effectuent les trajets longs. Il faut 4 wagons pour transporter un cinéma forain de taille moyenne, mais l’important cinéma Kétorza nécessite 14 wagons en 1905. C’est en tout cas la publicité qui en est faite, jouant peut-être sur le nom de Kétorza. Ces wagons sont déchargés en gare par des treuils, des grues, puis sont acheminés par des chars à bœufs ou des attelages jusqu’au champ de foire. Ces équipements volumineux comprennent un groupe électrogène qui fonctionne au pétrole ou au gaz pour assurer les projections. Les déplacements se feront plus tard en roulotte automobile.15
10Selon Deslandes et Richard, le nombre de cinémas forains quadruple en trois ans, de 1896 à 1899, puis se stabilise vers 1905-1906. Or le goût du public évolue ; la vogue du merveilleux, du cinéma d’attraction, faiblit. En août 1905, Schlomo Kétorza solde par voie de presse quelques fééries de Méliès, qu’il a du mal à vendre.16 De son côté Jean-Jacques Meusy estime que peu de cinémas forains sont créés après 1909-1910, et qu’il en reste très peu après la 1re guerre mondiale. Selon plusieurs auteurs dont Meusy, le cinéma forain affronte une crise qui débute vers 1905-1906 et qui culmine en 1910. Les raisons de cette crise, qui va affecter aussi bien Méliès que les forains, sont aussi d’ordre économique.
11Alors que Méliès occupe une position de pionnier comme créateur du spectacle cinématographique et qu’il adopte une posture d’auteur d’œuvres artistiques, il va très vite être dépassé par des entrepreneurs qui ont compris les perspectives offertes par l’ouverture de ce marché de masse. Si les frères Lumière cessent leur activité cinématographique en 1905 pour se recentrer sur leur cœur de métier, la photographie, deux firmes vont rapidement dominer le marché : Pathé, dont la position devient prépondérante en 1905, et Gaumont en deuxième position, avec une offre d’abord axée sur des actualités et des vues documentaires, et qui se concentre plus sur l’amélioration des appareils que sur la production massive de films.17
12Charles Pathé est très introduit dans le milieu forain car il y vend des phonographes dès 1894. Comme le constate Laurent Creton lors du colloque Georges Méliès, l’illusionniste fin-de-siècle : « Pathé n’est ni ingénieur, ni cinématographiste, ni artiste. Il excelle dans l’art d’être un homme d’affaires ».18 La société Pathé Frères, créée fin 1896, se transforme en société anonyme le 11 décembre 1897 avec un capital d’un million de francs-or, grâce à l’apparition magique d’un bon génie. C’est un gros industriel dans l’appareillage électrique qui croit en l’avenir du cinématographe, il se nomme Claude Grivolas. Grivolas rencontre ensuite Méliès, qu’il connaît car il est prestidigitateur amateur, pour lui faire une proposition similaire. Mais Méliès, rendu méfiant à la suite d’une escroquerie, refuse cette manne financière.19 La firme Pathé Frères, elle, accepte avec bonheur d’ouvrir son capital et de se transformer. La Star Film de Méliès n’est pas une société, c’est une marque20. Méliès ne constituera pas de société, il ne rendra de comptes ni à un conseil d’administration, ni à des actionnaires. Par fidélité à sa conception personnelle du spectacle cinématographique et faute de moyens financiers, sa manufacture de vues ne basculera pas vraiment dans la production industrielle de films. Aussi, ce « cinéma d’auteur » avant la lettre ne survivra pas.
13Si Pathé intensifie sa production de films en 1905, avec un capital qui dépasse 3 millions de francs or cette année-là, la société en commandite Léon Gaumont et Cie lui emboîte le pas, avec quelque retard. Le capital de la société Gaumont, transformée en société anonyme en janvier 1907, est porté à 3 millions en octobre de la même année. Les deux firmes mettent en place une politique d’intégration verticale de la filière, depuis la fabrication d’appareils et de pellicule, jusqu’à l’intégration de l’exploitation, par l’achat ou l’implantation de salles à partir de 1906. Pathé, qui fournit 90 % des programmes des cinémas forains dès 1905, instaure en force le système de la location des films en 1907, suscite un réseau de concessionnaires en 1908 en leur fixant des objectifs de rentabilité, et contrôle ses exploitants par des contrats d’exclusivité. L’ensemble des éditeurs de films adopte la règle de la location en 1909, au grand dam des exploitants indépendants qui vont devoir s’adapter ou disparaître. Laurent Le Forestier résume ainsi la politique de Pathé : « raflant un marché naissant (l’exploitation foraine) grâce à l’ampleur de ses investissements, Pathé dissuade provisoirement la concurrence ».21 Méliès ne tourne aucun film en 1910, mais monte avec sa troupe du théâtre Robert-Houdin une revue de sketches magiques, Les Fantômes du Nil, pour l’Alhambra et l’Olympia. La troupe, Méliès compris, part ensuite en tournée en France, en Italie et en Belgique.
14Malgré de vigoureuses protestations à l’encontre de Pathé, certains gros exploitants forains devront prendre la décision de se sédentariser ; les autres tenteront de survivre. Selon Deslandes et Richard, Schlomo Kétorza crée le cinéma Katorza à Nantes, Jérôme Dulaar se fixe à Lyon où il exploite plusieurs salles de cinéma, Pierre Iunk fait construire une salle de cinéma au Kremlin-Bicêtre. À partir de l’été 1911 et jusqu’au début 1913, c’est Pathé qui commandite les six derniers films réalisés par Méliès22, mais le public n’est pas au rendez-vous. Aussi Pathé fera partie des créanciers de Méliès ; toutefois il ne sera pas le premier à déclencher la procédure de recouvrement des créances par adjudication au plus offrant.23
15Méliès et les forains partagent la même conception du spectacle cinématographique et la même façon de travailler, qui passe de mode avant la Grande Guerre. Ils privilégient l’attraction, le spectaculaire, le merveilleux. Ils préfèrent la libre entreprise indépendante et la pratique artisanale, manuelle du métier. La tradition orale est valorisée tant chez les forains que chez l’illusionniste Méliès.24 Le travail en famille, également, avec l’aide de collaborateurs fidèles. Eugénie, l’épouse de Méliès, puis Georgette, leur fille, gèrent l’affaire familiale et les comptes. Georgette est l’une des premières opératrices de cinéma à l’âge de 15 ans, en 1903 et figure dans le tout premier film de Georges25. Méliès travaille avec ses proches, ses domestiques, ses amis, des artistes de music-halls et de théâtres musicaux.
16Les forains ont conservé la mémoire de Méliès. En 1995, en marge des célébrations du « Premier siècle du cinéma », Marcel Campion, dit « le roi des forains », a généreusement accueilli à la Foire du Trône le Théâtre cinématographique Georges Méliès, la loge de la Cinémathèque Méliès. Du 5 avril au 8 mai 1995, on y donna 66 représentations de films, bonimentés selon la tradition familiale et accompagnés au piano.26 C’est à cette occasion que les « bonimenteuses » de ces spectacles, Madeleine Malthête-Méliès et Marie-Hélène Lehérissey, descendantes de Méliès, ont rencontré la foraine Ménica Fabulet dont la famille exploitait un cinéma forain. En 2011, Civa de Gandillac a filmé Ménica et Madeleine échangeant leurs souvenirs, cette dernière ayant tenu des rôles d’enfant dans les tournées en roulotte d’un théâtre forain27.
Notes de bas de page
1 Collectif, Le monde des forains du 16e au 20e siècle, Éditions des 3 continents, Lausanne, 1986, p. 28.
2 Matthew Solomon, Disappearing Tricks, University of Illinois Press, Urbana and Chicago, 2010, p. 43, 44.
3 Madeleine Malthête-Méliès, Georges Méliès l’Enchanteur, La Tour Verte, Grandvilliers, 2011. À ce jour, la biographie la plus complète consacrée à Méliès.
4 En Australie Le manoir du diable, 1897, n° 78-80 du catalogue Star-Film. En Nouvelle-Zélande Le vitrail diabolique, 1911, n° 1548-1556 du catalogue, film réalisé sous commandite Pathé. Pour la filmographie de Méliès, voir Jacques Malthête, L’œuvre de Georges Méliès, Éditions La Martinière/ Cinémathèque française, Paris 2008, p. 334-356.
5 Jacques Deslandes et Jacques Richard, Histoire comparée du cinéma. Du cinématographe au cinéma, 1896-1906 (tome II). Casterman, Paris, 1968, p. 14 et suivantes, et p. 416 (1re projection au théâtre Robert-Houdin).
6 Martin Barnier, Bruits, cris, musiques de films, les projections avant 1914, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 17.
7 André Gaudreault, Cinéma et attraction. Pour une nouvelle histoire du cinématographe, CNRS Éditions, Paris, 2008, p. 145-147 et suivantes.
8 Jean-Jacques Meusy, Cinémas de France. 1894-1918, Arcadia Éditions, Paris, 2009, p. 94 : « Le cinéma a évolué d’un spectacle essentiellement d’attraction, héritier à la fois des jouets optiques et des exhibitions foraines, vers un spectacle essentiellement narratif bien que ces deux aspects aient toujours cœxisté et cœxistent encore ».
9 J.-J. Meusy, p. 89.
10 M. Barnier, p. 22.
11 Deslandes et Richard, p. 219.
12 Deslandes et Richard, p. 148 ; Meusy, p. 54.
13 Jean-Baptiste Hennion, Éclairage sur l’année 1896. Éléments chronologiques relatifs à l’introduction du spectacle cinématographique sur les champs de foire, n° 55 de la revue 1895, AFRCH, Paris, 2008, p. 35 à 47.
14 Tableau intitulé « Quelques dynasties du voyage », Deslandes et Richard, p. 240.
15 Deslandes et Richard, p. 223-226.
16 Deslandes et Richard, p. 221. Et p. 240 : « L’attraction merveilleuse s’est vulgarisée, le cinéma est partout. Le mot “crise” revient de plus en plus souvent dans les propos de directeurs de cinéma forain. Pour eux, qui exploitaient en famille, avec quelques employés, des établissements somptueux, l’époque de la libre entreprise touche à sa fin ».
17 Deslandes et Richard examinent l’évolution financière des firmes : Pathé, p. 301-303, 321 et 322 (remarquer en bas de cette page le constat qu’en 1907 Pathé vend 4 fois plus que Gaumont) ; Gaumont p. 337. Voir aussi sur le Net le résumé de la thèse de Camille Rebours qui a consulté les archives Gaumont pour l’obtention de son diplôme d’archiviste-paléographe en 2013 : Léon Gaumont, un pionnier méconnu du cinéma (1864-1929).
18 Figures de l’entrepreneur, filières d’innovation et genèse de l’industrie cinématographique. Lumière, Pathé et Méliès, communication de Laurent Creton dans Méliès, l’illusionniste fin de siècle ?, Colloque de Cerisy dirigé par Jacques Malthête et Michel Marie, Presses de la Sorbonne Nouvelle, Paris, 1997, p. 143.
19 Deslandes et Richard, p. 301-302, et Madeleine Malthête-Méliès p. 216.
20 Mémoires et notes d’André Méliès, bulletin de la Cinémathèque Méliès n° 16, 1er semestre 1990, p. 15 et recherches de Jacques Malthête, Appendice : les 17 marques de Georges Méliès, bulletin de la Cinémathèque Méliès n° 34, 1er semestre 1999, p. 32-36.
21 Laurent Le Forestier, Aux sources de l’industrie du cinéma. Le modèle Pathé. 1905-1908, Paris, l’Harmattan, p. 22. Les autres informations citées dans ce paragraphe figurent p. 14 et 30 de son ouvrage.
22 Jacques Malthête, Méliès, images et illusions, Exporégie, Paris 1996, p. 152-154.
23 Anne-Marie Quévrain, article Méliès est ruiné mais l’honneur est sauf, Cinémathèque Méliès, Lettre d’information n° 15, juillet 2005, p. 5-7. La suite de l’article, intitulée L’affiche noire, publiée dans la Lettre d’information n° 16, décembre 2005, mentionne la vente du 8 novembre 1922. Un acte liquidatif complémentaire du 30 juin 1946 précise que tous les prix d’adjudication ont été absorbés en totalité par les créanciers inscrits. Ces derniers ne formulant aucune réclamation, il ne s’agit pas d’une faillite.
24 Fils d’un compagnon du Tour de France et illusionniste, Méliès entretient une proximité avec la transmission par initiation et avec les milieux où l’on est « entre-soi », comme celui des forains. La bannière de l’Union Syndicale des Industriels Forains, fondée en 1882, porte l’insigne maçonnique ; nombre d’illusionnistes sont également francs-maçons (voir l’article cité en note 26, p. 14), mais Méliès ne l’était pas. Dans son article La grande aventure des tourneurs, publié dans le Bulletin de la Cinémathèque Méliès n° 26, 1er semestre 1995, Madeleine Malthête-Méliès signale que de nombreux forains sont francs-maçons. C’est aussi fréquemment le cas chez les illusionnistes, mais Méliès ne l’était pas : ceci a été vérifié par Madeleine Malthête-Méliès.
25 Georgette figure dans Une partie de cartes, 1896, n° 1 du catalogue Star-Film, et dans Entre Calais et Douvres, 1897, n° 112 du catalogue Star-Film. André Méliès, le fils de Georges, figure, âgé de 4 ans, dans La légende de Rip Van Vinckle, 1905, n° 756-775 du catalogue Star-Film.
26 Les ciné-concerts de la Foire du Trône sont cités dans le Bulletin n° 27, 2e semestre 1995, p. 4.
27 Lors du colloque, la conférence d’Anne-Marie Quévrain fut suivie du visionnage de cette rencontre puis de la projection de films de Méliès.
Auteur
-
Anne-Marie Quévrain
Secrétaire générale de l’association Cinémathèque Méliès – Les Amis de Georges Méliès
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