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    Plan détaillé Texte intégral La définition d’un espace dépendant d’une église Les conflits de délimitation aux XIIe-XIIIe siècles Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge

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    Table des matières

    Les actes de délimitation paroissiale dans les diocèses de Rennes, Dol, et Saint-Malo (XIe-XIIIe siècles)

    Anne Lunven

    p. 35-54

    Texte intégral La définition d’un espace dépendant d’une église Fondation prieurale et naissance d’une seigneurie ecclésiastique Les récits de délimitation Les conflits de délimitation aux XIIe-XIIIe siècles Les sources de discorde Les procédures de délimitation paroissiale  Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    Fig. 1- Localisation des lieux mentionnés dans les actes étudiés. Réalisation : A. Lunven.

    Image

    1Les recherches sur la paroisse médiévale ont longtemps reposé sur le postulat que celle-ci avait été dotée dès l’origine de limites parfaitement définies. Le principal souci était alors d’identifier les paroisses primitives et leurs démembrements successifs à partir de critères de superficie et de morphologie des territoires1. Le renouvellement profond des recherches a totalement remis en question cette conviction : la territorialisation de la paroisse apparaît désormais comme un processus très progressif et l’établissement de limites reconnues comme un phénomène tardif, conjoncturel et non systématique2. Daniel Pichot, dans un article sur les limites paroissiales dans l’Ouest, conclut ainsi en l’absence d’une vraie délimitation jusqu’à une époque avancée3. Élisabeth Zadora-Rio, dans l’ouvrage consacré aux paroisses de Touraine, insiste sur la cospatialité des territoires paroissiaux, avant que les nouvelles normes cartographiques et la création des communes n’imposent une ligne continue de partage des territoires4.

    2Je souhaiterais me consacrer ici à l’étude des procédures de délimitation paroissiale, dans les diocèses de Rennes, Dol et Saint-Malo au Moyen Âge. La documentation réunie s’est avérée particulièrement réduite, et se concentre entre les XIe et XIIIe siècles, malgré un dépouillement systématique des sources conservées par les institutions détentrices d’églises et de dîmes dans l’espace étudié jusqu’au XVe siècle5. Cette recherche a confirmé les observations précédentes et un désintérêt certain pour une définition stricte des territoires. Les expressions fines parrochialis ou terminum parrochialis apparaissent ainsi exceptionnellement dans les textes ; les localisations en périphérie des territoires paroissiaux attestent de contours incertains ou de « limites épaisses »6 en situant les biens « entre » ou, encore, « aux confins » de deux paroisses mitoyennes, sans trancher à laquelle ils appartiennent7. Les actes qui précisent une limite ou rapporte une véritable opération de débornement demeurent très restreints, moins d’une dizaine de pièces. Il s’agit donc de comprendre dans quelles circonstances une limite est décrite ou établie et plus précisément quels enjeux la motivent.

    3Dès le XIe siècle, les premiers actes de délimitations apparaissent en lien avec la fondation d’un prieuré (I). Aux siècles suivants, les conflits entre institutions patronales concurrentes donnent naissance aux premiers débornements paroissiaux (II).

    La définition d’un espace dépendant d’une église

    Fondation prieurale et naissance d’une seigneurie ecclésiastique

    4Au XIe siècle, deux donations d’églises à un établissement bénédictin en vue de l’installation d’une petite communauté de moines s’accompagnent de la description d’un espace. La charte de donation du monasterium de Gahard à l’abbaye de Marmoutier par le duc de Bretagne Alain III, entre 1015 et 1019, se clôt ainsi par la description de ses termini8. Concernant la seconde donation, il faut distinguer plusieurs temps : entre 1013 et 1022, ce même Alain, duc de Bretagne, renouvèle, la donation par son père, le comte Geoffroy, de l’église de Livré, à l’abbaye Saint-Florent de Saumur9. L’acte de Geoffroy ne nous est pas parvenu mais entre 1055 et 1066, Conan II, son petit-fils, confirme de nouveau cette aumône, en précisant cette fois-ci ses limites, telles qu’elles avaient été fixées par son aïeul10. Ces textes appartiennent à un corpus de documents plus important qui enregistrent les premières donations en faveur d’établissements monastiques par le pouvoir comtal, alors en pleine affirmation11. Selon la conception théocratique du pouvoir royal, hérité des Carolingiens, son devoir est alors de répandre la foi chrétienne pour faire régner sur terre l’ordre céleste12. Les moines bénédictins de Marmoutier et Saint-Florent de Saumur apparaissent parmi les plus à même de réaliser ce dessein dans l’Ouest : les deux couvents viennent en effet d’être réformés et jouissent d’un prestige important13.

    5Les actes de fondation des prieurés de Gahard et Livré sont particulièrement généreux. Ils comprennent naturellement les lieux de culte, dont l’origine doit être ancienne et qui sont fondés en lisière de la forêt comtale de Rennes (figure 1)14. D’ailleurs à Gahard, les moines obtiennent des terres à défricher. La donation des deux églises s’accompagne également de la concession de larges prérogatives en matière de ban, désigné sous le terme de potestas à Livré et qui, à Gahard définissent une véritable immunité15. Les moines de Marmoutier reçoivent en effet le monastère avec toutes ses dépendances, droits qui sont définis un peu plus haut dans l’acte, au sujet de Guiddenoch, fidelis du comte qui détenait jusqu’alors le lieu de culte en bénéfice des ancêtres d’Alain III. Il est précisé qu’à ce titre, il était le seul à appliquer la justice sur les hommes de la parochia et à exercer le bannum, notamment en prélevant des droits sur les récoltes, les cochons de lait, le fumage des viandes et les vaches16. À Livré, le même Alain octroie explicitement ce privilège d’immunité aux moines saumurois, selon une formule empruntée aux diplômes carolingiens17. Le duc s’inscrit d’ailleurs ici résolument dans le legs du pouvoir royal qu’il revendique littéralement dans ce document sous le titre de Britannorum monarchus.

    6En outre, les moines obtiennent l’exemption épiscopale18. Gautier, évêque de Rennes concède ainsi l’église de Livré, consacrée à la Vierge Marie, aux moines de Saint-Florent de Saumur avec tout ce qui relève de son droit épiscopal : quicquid ad nos jure ecclesiastico pertinebat totum19. Aucun acte ne s’y rapporte concernant Gahard au XIe siècle, mais en 1214, lorsque l’évêque de Rennes exige que lui soit reconnu son droit de visite dans cette église, il se voit opposer que celle-ci en avait été exemptée par ses premiers fondateurs20.

    7Ces libertés ne sont pas directement concédées à l’abbaye-mère, comme au haut Moyen Âge, mais à sa dépendance, qui constitue ainsi une manière de réduction. Ces privilèges de juridiction s’appliquent alors sur une large fraction de territoire qui institue les bases d’une domination temporelle locale par les moines et les conditions d’une libertas ecclesiae totale, que la limite est censée garantir21.

    8La limite vient donc renforcer le statut d’exception de la terre, soustraite ainsi des pouvoirs terrestres pour ne relever que du saint bénéficiaire22. D’ailleurs, chaque adjonction et extension du domaine devra à son tour faire l’objet d’un bornage. Peu avant 1050, Raoul Le Large concède ainsi, aux moines de Gahard, le bois de Borne, dont les limites sont précisément déterminées23. Le dominium des moines de Saint-Florent à Livré sera également successivement augmenté sur la forêt alentour : en 1089, par le duc Alain IV 24 et en 1136, par le duc Conan III 25. Cette succession de donations qui complète les actes de fondation des prieurés de Gahard et de Livré semble donc confirmer l’authenticité de ces derniers dont aucun original n’est connu, malgré l’ampleur des prérogatives concédées à l’origine.

    Les récits de délimitation

    9Les récits de délimitation de Gahard et Livré sont très différents. Le premier, daté du début du XIe siècle, est construit en référence aux églises limitrophes et aux saints qu’elles honorent, l’acte indiquant que : « ce locus est terminé d’une part par la terre de saint Aubin, de l’autre celle de saint Sulpice, puis celle de saint Germain du vieux vicus, et enfin celle de saint Martin de l’église du vicus nommé Mézières jusqu’à la voie publique »26. Cette description adopte le sens des aiguilles d’une montre et tourne autour de Gahard du midi vers l’orient en passant au sud-ouest, par « la terre de saint Aubin », aujourd’hui Saint-Aubin-d’Aubigné, au nord-ouest, par celle de « saint Sulpice », aujourd’hui Sens, au nord, par celle de « saint Germain du vieux vicus », aujourd’hui Vieux-Vy-sur-Couësnon, et enfin, à l’est, par celle de « saint Martin », aujourd’hui Mézières. De ce côté, la route mentionnée doit correspondre à l’itinéraire antique Avranches-Nantes, qui traverse la commune actuelle de Mézières du nord au sud (figure 2)27.

    Fig. 2- La délimitation de Gahard selon l’acte de 1015-1019. Réalisation : A. Lunven.

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    10Le document concernant Livré, établi au milieu du XIe siècle, fait appel à une connaissance beaucoup plus pratique des lieux. Il précise un véritable circuit qui démarre à l’église, puis se dirige vers le Vendelais, suit la Veuvre jusqu’au ruisseau de la Brézille qu’il suit à son tour ; puis il emprunte la voie publique de Rennes vers Rahate en passant par le chêne Pouilleux et le chêne Fourchu28. Le Vendelais, est le nom d’un pagus, mentionné dans deux actes de Marmoutier datés du milieu du XIe siècle29, et d’un doyenné cité au XIVe siècle qui s’étendait à l’est de Livré, notamment sur la paroisse limitrophe de Mécé30. La Veuvre sépare toujours aujourd’hui la commune de Livré de celles de Dourdain et du Val d’Izé, jusqu’à son affluent le ruisseau de la Brézille. Le grand chemin rennais évoqué pourrait être la voie Rennes-Bayeux ou Rennes-Jublains, qui traversait la forêt de Liffré et se dirigeait vers le nord-est, en direction de Vendel31. Le lieu-dit Rachate ou Rahate ne s’est pas conservé. Quant aux deux chênes remarquables, leur mention révèle une expérience vécue du terrain (figure 3).

    Fig. 3- La délimitation de Livré selon l’acte de 1055-1066. Réalisation : A. Lunven.

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    11La délimitation de Livré est donc plus précise : elle emprunte surtout le linéaire, en suivant les voies d’eau et de communication et s’oppose donc à la définition essentiellement par l’extérieur de Gahard, circonscrit par les espaces religieux alentours. Par contre, le sanctuaire se trouve dans les deux récits au centre de l’espace défini, celui-ci apparaissant comme son véritable prolongement. La boucle part ainsi de l’église de Livré et c’est le locus de Gahard – le terme locus désignant plus précisément ici le lieu saint, le monastère32 – qui est délimité selon une synecdoque dans laquelle le centre vaut pour la périphérie. Les églises limitrophes apparaissent alors comme autant de pôles en expansion qui entrent en interaction. Ils se définissent les uns par rapport aux autres créant autant d’aires ecclésiales ou terrae sancti. Au sud, aucune église ne rentre en concurrence avec le sanctuaire de Gahard, la forêt devant former une barrière naturelle à son pouvoir d’attraction.

    12Les « proceintes », c’est-à-dire les territoires spécialement privilégiés, proche du sanctuaire et bénéficiant d’une immunité renforcée33, qui sont ainsi déterminées à Livré et Gahard héritent donc de l’aire de rayonnement du lieu de culte, selon une véritable dilatation du pôle sacré dans l’espace34. Le mot parrochia n’est pas encore utilisé pour les désigner ; il est pourtant bien présent dans la charte de donation de Gahard, mais ici, son sens est plus juridique que territorial et semble désigner les habitants relevant du monastère35. En 1089, lorsqu’Alain IV augmente la possession des moines de Saint-Florent, la concordance est enfin établie entre la seigneurie ecclésiastique et la paroisse. Le duc consent ainsi à céder « une part de terre sauvage contigüe à la parochia de Livré, les anciens Livriens assurant qu’elle relevait de saint Florent, avec le reste de cette terre »36. L’extension du dominium de Saint-Florent équivaut donc à un véritable agrandissement paroissial. En outre, la protestation de la communauté ecclésiale locale, relayée par les moines, atteste que la définition du domaine de Livré n’est pas seulement institutionnelle mais qu’il s’agit d’un espace social, hérité de la pratique37.

    13Les prieurés de Livré et Gahard ne sont pas les uniques fondations comtales dans la première moitié du XIe siècle. Elles sont pourtant les seules à inclure une concession de droits très larges, à l’origine de la formation d’une véritable seigneurie ecclésiastique donnant naissance à une paroisse38. Le privilège d’immunité s’est donc spatialisé à cette époque et seule la limite permet de concrétiser dans le sol la libertas concédée aux moines. Le phénomène demeure toutefois marginal. Dès la seconde moitié du XIe siècle, les comtes se retirent du mouvement de fondation prieurale qui continue sous l’égide de leurs vassaux. Ces derniers n’ont plus les moyens comtaux et les gratifications deviennent moins importantes39. Surtout, les donations se spécialisent et se cristallisent autour de la récupération systématique des droits paroissiaux. Au siècle suivant, la défense de ces prérogatives multiplie les conflits entre institutions patronales rivales, selon le même idéal libertaire, et contribuent à de nouvelles délimitations paroissiales.

    Les conflits de délimitation aux XIIe-XIIIe siècles

    Les sources de discorde

    14À partir du XIIe siècle, les conflits relatifs à une limite paroissiale font leur apparition. Quatre actes s’y rapportent au XIIe siècle et trois au siècle suivant. Les origines des contentieux ne sont pas toujours évoquées et apparaissent variées, mais dans l’ensemble des actes répertoriés la limite garantit le droit des patrons collateurs, selon la prescription du Deutéronome « Maudit celui qui déplace les bornes de son voisin » (27, 17).

    15À Dinan, la délimitation des paroisses intervient en 1123 alors que les moines de Marmoutier reprochent à ceux de Saint-Jacut d’avoir enseveli un de leurs paroissiens, nommé Joscnon et d’en accueillir plusieurs autres lors des offices divins des jours de fêtes, « contrairement à la règle ecclésiastique »40. L’agglomération, qui a grandi aux abords du château, érigé il y a moins d’un siècle sur un promontoire dominant la Rance, est déjà le siège de deux églises paroissiales : Saint-Sauveur et Saint-Malo, toutes deux annexées à un prieuré bénédictin41. L’église Saint-Malo constitue certainement le premier sanctuaire, fondé par les ancêtres de Geoffroy de Dinan qui, en 1108, abandonne aux moines de Marmoutier tous les droits qu’il pouvait y exercer42. Cette église n’occupait pas alors son emplacement actuel où elle fut reconstruite au XVe siècle : elle s’élevait plus au nord, là où se trouve aujourd’hui la chapelle Saint-Joachim. La fondation de l’église Saint-Sauveur est attribuée à Rivallon Le Roux, frère de Geoffroy, à son retour de Terre Sainte entre 1112 et 112043. On ignore les circonstances dans lesquelles les moines de Saint-Jacut l’ont obtenue44. Cette église dominait, au sud, le château primitif (figure 4).

    Fig. 4- La délimitation des paroisses de Dinan en 1123. Réalisation : A. Lunven.

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    16Pour résoudre le contentieux, l’évêque d’Alet, Donoald, prie les moines de Saint-Jacut de se justifier auprès de ceux de Saint-Malo pour le corps qu’ils ont enseveli et de ne plus commettre à l’avenir une telle offense. Les paroissiens reçus par Saint-Jacut doivent également revenir comme de droit à Saint-Malo et aux moines de Marmoutier45. Enfin, pour éviter le passage des paroissiens à l’une ou l’autre paroisse, et garantir à chacun le maintien de ses prérogatives, il est finalement décidé de définir les fines parrochiarum 46. La proximité sur le site de Dinan de deux églises paroissiales est donc à l’origine d’une véritable situation de concurrence que la limite doit venir tempérer.

    17Les paroisses d’origine castrale animent particulièrement les tensions au XIIe siècle : deux nouveaux accords sont ainsi successivement conclus à Fougères, en 1169 et 1171 pour délimiter ses paroisses. Contrairement à Dinan, il ne s’agit pas d’une division interne, mais relative aux paroisses rurales limitrophes de Lécousse et Laignelet (figure 1). Les motifs des griefs ne sont pas évoqués, mais tout semble désigner l’extension de la ville au détriment des églises environnantes.

    18Le premier contentieux oppose, en 1169, les moines de Pontlevoy, qui détiennent l’église de Lécousse47 à ceux de Marmoutier, titulaires de l’église Saint-Sulpice de Fougères48, fondée au sud du château, dans une boucle du Nançon (figure 5). L’acte délimite un véritable espace qui revient à Saint-Sulpice49, tout ce qui s’y trouve, à l’intérieur, relevant de son droit paroissial : quicquid in ipsis fieri poterit de jure ipius parrochiali. Une clause est toutefois introduite concernant les dîmes de seigle qui relèvent depuis toujours du droit de Lécousse et, par conséquent, lui reviennent50. De telles exigences semblent indiquer l’ancienne primauté de la paroisse rurale sur cet espace, et le développement progressif de l’agglomération de Fougères à ses dépens, depuis la fondation du château dans la première moitié du XIe siècle51. Plusieurs indices témoignent d’ailleurs de ce dynamisme : en 1150, Alain, évêque de Rennes prend ainsi des mesures face à l’accroissement démographique de la ville et décide de transférer la paroisse de Saint-Sulpice à l’église de la Trinité, prieuré de Marmoutier, fondé de l’autre côté du Nançon, qui est plus spacieuse. En effet, l’église Saint-Sulpice ne suffisait plus à l’accueil de tous les paroissiens52. En outre, une seconde paroisse sous le patronage de saint Léonard, a déjà vu le jour autour du bourg nouveau, établi sur la rive droite du Nançon. En 1171, les limites de cette paroisse font également l’objet d’un compromis avec les moines de l’abbaye d’Evron qui possèdent l’église de Laignelet, établie à environ six kilomètres à l’est, de Fougères53. L’église Saint-Léonard était alors aux mains des moines de Pontlevoy, qui l’avaient acquise à la suite d’un accord conclu en 1143, dans lequel Henri, seigneur de Fougères, s’engageait à ce que le développement de l’agglomération en dehors du castrum – c’est-à-dire sur la rive droite du Nançon – profite aux bénédictins, les nouveaux habitants dépendant de leur paroisse54. L’essor dut être rapide puisque, moins d’une trentaine d’années après, une délimitation précise avec la paroisse rurale de Laignelet s’avère nécessaire.

    Fig. 5- Localisation des églises de Fougères, Lécousse et Laignelet et détail de l’organisation paroissiale de Fougères au XIIe siècle. Réalisation : A. Lunven.

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    19Les espaces incultes sont également l’objet de litiges. En 1138, les moines de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes et le chapitre cathédral de la ville s’opposent ainsi au sujet de la chapelle de Frétillé, qui est établie en lisière de forêt (figure 1). En effet, les bénédictins se plaignent que celle-ci dépendait de la paroisse de Pacé et qu’ils en avaient été investis avant que les chanoines ne les en dépouillent55. Le chapitre de Rennes possède de nombreuses paroisses autour de Pacé, et la chapelle doit donc se situer en marge de deux juridictions voisines (figure 6)56. Le lieu-dit Frétillé, existe toujours en la commune de l’Hermitage, bien que toute trace d’un lieu de culte ait disparu57. Le sanctuaire est de fondation nouvelle et accompagne certainement un habitat pionnier. L’enjeu est de taille, puisque la chapelle est dotée de larges prérogatives, comme l’indique la mention d’un cimetière58. La tutelle sur l’édifice implique par conséquent l’encadrement d’une population et la perception des droits y afférents.

    Fig. 6- Églises possédées par l’abbaye S.-Melaine et le chapitre cathédral de Rennes autour de la chapelle de Frétillé au XIIe siècle. Réalisation : A. Lunven.

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    20Les dîmes apparaissent parmi ses droits comme très disputées, particulièrement à partir du XIIIe siècle, où plusieurs entreprises de délimitation en découlent. Un premier conflit oppose ainsi le chapitre de Dol aux moines du Mont-Saint-Michel concernant les paroisses de Saint-Coulomb et Saint-Méen de Cancale, non loin de Saint-Malo (figure 1). Un premier accord intervient en 1265 afin de déterminer des certis terminis entre les deux paroisses59. Seul le début de l’acte est connu et les raisons du contentieux nous échappent. En 1291, les deux institutions doivent de nouveau négocier. La copie de l’acte est également fragmentaire mais indique un accord conclu au sujet des dîmes établies in finibus des paroisses de S.-Méloir et S.-Méen de Cancale relevant du diocèse de Saint-Malo, et la paroisse Saint-Coulomb du diocèse de Dol60.

    21Le chapitre de Dol demeure protagoniste dans une seconde affaire, intervenue en 1274, contre les moniales de l’abbaye Saint-Georges de Rennes. Janette, leur abbesse, revendique des dîmes situées dans la paroisse Saint-Georges de Grehaigne, toutes les dîmes de cette paroisse relevant de son monastère61. Le chapitre prétend au contraire qu’elles dépendent de la paroisse voisine de Roz-sur-Couësnon (figure 1), dans laquelle il perçoit également toutes les dîmes62. Les deux partis s’entendent pour désigner Guillaume Gourhant et Robert Morel – certainement les fermiers décimateurs de chaque paroisse – pour collecter les fruits des décimations des lieux litigieux, jusqu’à ce que le bornage des paroisses soit entrepris63. L’issue du conflit demeure inconnue mais les terrains où les dîmes sont disputées font l’objet d’une description détaillée et sont situés « entre la terre que Matheus Gachot cultivait et détenait au nom du feu chevalier Bertrand de Saint-Gilles, et l’enclos des moines du Mont-Saint-Michel ». Le litige ne porte toutefois que sur la moitié de cette terre, qui serait divisée longitudinalement « à partir de la terre du dit chevalier jusqu’à la clôture des dits religieux » 64. La précision est ici très importante : il s’agit de déterminer le statut paroissial d’une terre à la moitié près.

    22Les cas de délimitation paroissiale répertoriés demeurent donc peu nombreux aux XIIe-XIIIe siècles. Une évolution semble toutefois se dessiner. Les premiers conflits s’articulent tous autour du contrôle des hommes et de leur habitat : à Dinan, les deux paroisses se disputent des paroissiens ; à Fougères, le développement de l’agglomération génère des tensions avec les paroisses rurales voisines ; à Frétillé, la forêt n’était convoitée d’aucun côté, jusqu’à la fondation d’une chapelle qui implique l’implantation d’une population. Au siècle suivant, l’objet des litiges se transforme : les dîmes apparaissent alors au centre des controverses. Au XIIIe siècle, leur récupération s’achève et confère enfin à la redevance son véritable statut ecclésiastique65. La dîme est d’ailleurs de plus en plus souvent associée au mot parochia66 et de nombreux actes emploient la formule decime infra fines parrochie, ce qui pourrait témoigner d’une correspondance de plus en plus importante entre la paroisse et le territoire de prélèvement des dîmes, particulièrement lorsqu’elles sont levées par une main unique.

    Les procédures de délimitation paroissiale 

    23Les évêques jouent un rôle de premier plan dans la résolution de ces conflits. L’épiscopat jouit d’un nouveau prestige depuis la nomination à ce poste d’ardents réformateurs comme Marbode à Rennes ou Donoald à Alet. Les recours à la juridiction épiscopale deviennent plus fréquents au cours du XIIe siècle, et l’évêque devient l’arbitre obligé dans les querelles entre établissements religieux. Il intervient ainsi dans tous les procès de délimitations paroissiales67, qu’il soit l’auteur des actes, à Fougères ou Pacé, ou qu’une notice relate son action, à Dinan68 ; lorsque la limite disputée est également diocésaine, comme dans le cas des paroisses Saint-Coulomb et Cancale en 1265, ce sont les deux prélats concernés qui sont désignés pour être arbitres : « Jean, élu arbitre avec Étienne, évêque de Saint-Malo par l’abbé du Mont-Saint-Michel, le prieur de S. Méloir et le chapitre de Dol pour diviser par des limites précises les paroisses de Saint-Coulomb relevant du diocèse de Dol et de Saint-Méen de Cancale du diocèse de Saint-Malo »69.

    24Les textes sont peu diserts sur les modalités de définition de la limite, voire l’occultent totalement. Étienne, évêque de Rennes, se contente ainsi de sceller l’accord entre l’abbaye de Pontlevoy et d’Evron concernant les limites entre les paroisses Saint-Léonard et Laignelet. L’entreprise de débornement qui en a découlé n’est pas abordée, à moins que la copie d’érudit qui nous est parvenue n’ait pas retranscrit la pièce originale en intégralité. Ce problème apparaît notamment pour les textes concernant la délimitation des paroisses de Cancale et de Saint-Coulomb, nous privant ainsi de tout récit de délimitation pour le XIIIe siècle.

    25Le dispositif est plus développé dans l’acte concernant la chapelle de Frétillé. L’évêque de Rennes, Hamelin, explique en effet, qu’il s’est déplacé avec les parties opposées, « pour contempler les limites de la forêt dans lequel le nouveau cimetière de Frétillé est situé » 70, vraisemblablement pour trancher de quelle paroisse il dépend. La recherche sur le terrain se couple d’une enquête auprès des connaisseurs de la terre. Un certain Gautier Doloire, dont le nom rappelle certainement sa qualité de bûcheron, est sollicité et confirme par serment que les limites sont telles que lui-même avec beaucoup d’autres les avaient marquées71. Des repères, peut-être incisés sur les troncs des arbres, viennent donc pérenniser la limite, faute de pouvoir l’officialiser par écrit, avec des noms de lieux précis72.

    26À Dinan, la division de l’agglomération entre les deux paroisses s’appuie sur le partage successoral de la ville entre les deux fils de Geoffroy. Les moines de Marmoutier héritent ainsi de la partie de l’agglomération attribuée à Olivier, avec l’église Saint-Malo ; les moines de Saint-Jacut, de la partie cédée à Alain, avec l’église Saint-Sauveur73. Une ligne de séparation complète le système et divise clairement les deux paroisses : « […] il [l’évêque Donoald] divise la paroisse en suivant la voie qui du pont de la Rance conduit à la porte [porte Jerzual], passe devant l’église Sainte-Marie de l’hôpital [actuelle place Duclos-Pinot], jusque dans la Haie [espace défriché au XIIIe siècle, situé au sud-ouest de l’agglomération de Dinan] »74. La limite adoptée reprend donc le tracé d’une route, qui traverse Dinan d’est en ouest en suivant la rue du Petit Fort, celle de Jerzual, La lainerie et enfin la Grande Rue. Ce tracé fournit une ligne de démarcation pratique et visible, mais nécessite d’introduire une clause d’exception : le château dépendra ainsi de la paroisse de Saint-Malo bien qu’il soit enclavé dans celle de Saint-Sauveur75 (figure 4).

    27La délimitation des paroisses Saint-Sulpice de Fougères et Lécousse s’appuie également sur le réseau de lignes horizontales que forment voies et rivières, bien qu’ici la description s’avère particulièrement difficile à suivre. Elle indique que « le jardin de Sicher et tout ce qui se continue depuis la partie supérieure de ce jardin jusqu’au Nançon, ainsi que tout ce qui, de l’autre côté du chemin de Pérousel, est renfermé entre le Nançon et ce chemin de Pérousel relève et relèvera de la paroisse Saint-Sulpice […]. Quant aux terrains, qui s’étendent dans la direction de Lécousse, depuis le jardin de Sicher et de l’autre côté du chemin de Pérousel, ils sont et seront de Lécousse »76.

    28Il s’agit plus précisément ici de statuer sur un espace entier, qui à l’origine devait appartenir à Lécousse, plutôt que de véritablement délimiter les deux paroisses77. L’identification des lieux évoqués est impossible78, mais il faudrait les situer vraisemblablement au-delà de la boucle du Nançon, qui forme comme une ceinture autour de l’église Saint-Sulpice (figure 5). La rivière devait ainsi constituer une première limite naturelle, avant que le développement de l’habitat au-delà n’entraîne un contentieux avec l’église de Lécousse. D’ailleurs, Étienne, évêque de Rennes règle également le statut paroissial du lieu le Marchix, aux abords de l’église de la Sainte Trinité, où s’est développé le bourg des Moines, et celui de la terre de Savigny, qui donnera naissance au faubourg du même nom, tous deux établis en dehors de la boucle du Nançon : « Le lieu qui s’appelle le Marchix des Moines relève et relèvera de la paroisse Saint-Sulpice […] à l’exception de la terre de Savigny, attenante aux moulins des Pèlerins qui relève et relèvera de la paroisse de Lécousse » 79.

    29Au XIIe siècle, l’entreprise de délimitation est donc partout restreinte à la zone litigieuse. Les cours d’eaux et les voies routières constituent alors naturellement des limites privilégiées mais la frontière n’est pas complètement linéaire : bien qu’il soit parfois difficile de la suivre aujourd’hui sur la carte, des exceptions existent pour certains lieux qui forment alors des enclaves dans les nouvelles limites établies. Surtout, il apparaît que seuls les espaces habités font l’objet de tractation et de délimitation. Au XIIIe siècle, la procédure évolue certainement, bien que nous manquions de documentation pour l’appréhender. Le contrôle des dîmes, et des terres sur lesquelles elles pèsent, nécessite de recourir à des descriptions très développées, ainsi que le démontre un accord conclu en 1291, entre le chapitre de Dol et l’abbaye du Mont Saint-Michel au sujet des dîmes de la paroisse Saint-Coulomb80. Les terres disputées y sont précisément délimitées, leur capacité évaluée et leurs dîmes partagées entre les deux parties. L’acte révèle donc une opération de débornement particulièrement complexe, mais qui intervient au sein de la même paroisse et relativise donc le rôle des dîmes dans la fixation du territoire paroissial, lorsque les décimateurs sont multiples81.

    Conclusion

    30Les cas de délimitations documentés, dans l’espace étudié, montrent que l’officialisation des limites paroissiales ne constitue aucunement une exigence. Celle-ci intervient dans des circonstances très précises : la constitution d’une seigneurie ecclésiastique à partir d’un prieuré, le polycentrisme paroissial sur les sites castraux qui peut interférer avec un maillage ecclésial plus ancien, l’intégration des espaces de marge et enfin les partages de dîmes. Si la pratique et les héritages jouent certainement un rôle prédominant dans l’établissement d’une limite, celle-ci n’est véritablement négociée avec les communautés locales que lorsqu’elle implique directement leur intérêt, notamment en ce qui concerne l’intégration des espaces forestiers comme à Livré, éventuellement à Gahard au sujet du Bois de Borne ainsi qu’à Frétillé, où la chapelle pourrait être destinée à une communauté de bûcherons marginalisée.

    31Les premiers récits témoignent du rayonnement du pôle ecclésial dans l’espace environnant qui, dès le milieu du XIe siècle, est défini par un véritable tracé linéaire autour de l’église de Livré, symbolisant la clôture des moines. À partir du XIIe siècle, seules les zones litigieuses sont délimitées par l’évêque. L’intervention épiscopale révèle une autorité plus affirmée et un contrôle plus étroit sur les églises du diocèse malgré leur possession fréquemment monastique. Si la définition territoriale de la paroisse gagne alors certainement en précision, les cas de conflits recensés révèlent moins la volonté de contrôler la terre que les populations qui y sont installées : là, où les hommes sont absents, les patrons collateurs peuvent encore se contenter de limites floues. Dans ce contexte, le contrôle du cimetière apparaît un enjeu décisif, puisqu’il détermine l’identité paroissiale des fidèles, ainsi que le démontre les cas de Dinan et de la chapelle Frétillé82.

    32Au XIIIe siècle, la levée des dîmes, lorsqu’elle est centralisée, oblige à préciser le statut paroissial de toutes les terres. La paroisse est alors devenue un véritable territoire fiscal. Toutefois, la définition précise des contours paroissiaux reste un phénomène largement marginal au Moyen Âge : l’enchevêtrement des droits et des pouvoirs qui les possèdent, particulièrement dans les paroisses anciennes, a certainement nui, pendant longtemps, à l’apparition d’une circonscription homogène.

    Notes de bas de page

    1 Maurice Chaume, « Le mode de constitution et de délimitation des paroisses rurales aux temps mérovingiens et carolingiens », Revue Mabillon, 27 (1937) ; 61-73, 28 (1938), pp. 1-9.

    2 Aux origines de la paroisse rurale en gaule méridionale (IVe-IXe siècles). Actes du colloque international du 21 au 23 mars 2003 à Toulouse, éd. par Christine Delaplace (Toulouse : Errance, 2005) ; Dominique Iogna-Prat et Élisabeth Zadora-Rio (dirs.), « Dossier. La paroisse, genèse d’une forme territoriale », Médiévales, 49 (2005), pp. 5-119. Cette nouvelle réflexion sur la paroisse accompagne plus largement un renouveau historiographique sur l’espace au Moyen Âge. Parmi une bibliographie abondante, voir notamment : Monique Bourin et Élisabeth Zadora-Rio, « Analyses de l’espace », Les tendances actuelles de l’histoire du Moyen Âge en France et en Allemagne, actes des colloques de Sèvres (1997) et Göttingen (1998) organisés par le Centre national de la recherche scientifique et le Max-Planck-Institut für Geschichte, éd. par Jean-Claude Schmitt et Otto Gerhard Oexle (Paris : Publication de la Sorbonne, 2002), pp. 493-510 ; Construction de l’espace au Moyen Âge : pratiques et représentations, éd. par Thomas Lienhart (Paris : Publications de la Sorbonne, 2007) ; Michel Lauwers et Laurent Ripart, « Représentation et gestion de l’espace dans l’occident médiéval (Ve-XIIIe siècles) », Rome et l’État moderne européen : une comparaison typologique. Actes du colloque international qui s’est tenu à Paris les 31 janvier, 1er et 2 février 2002, éd. par Jean-Philippe Genet (Rome : École française de Rome, 2007), pp. 115-171.

    3 Daniel Pichot, « Paroisse, limites et territoires villageois de l’ouest (XIe-XIIIe siècles) », Mélanges offerts à Monique Bourin, éd. par Didier Boisseuil, Pierre Chastang, Laurent Feller et Joseph Morsel (Paris : Publications de la Sorbonne, 2010), pp. 219-235.

    4 Élisabeth Zadora-Rio, « Territoires paroissiaux et construction de l’espace vernaculaire », Médiévales, 49 (2005), pp. 105-120 ; Élisabeth Zadora-Rio, « Deuxième partie : habitat et territoire », Des paroisses de Touraine aux communes d’Indre-et-Loire : la formation des territoires (Tours : Fédération pour l’Édition de la Revue Archéologique du Centre de la France, 2008), pp. 105-119.

    5 Mon corpus totalise environ un millier d’actes et se compose des sources conservées par les établissements bénédictins (hors de Bretagne particulièrement Marmoutier et Saint-Florent-de-Saumur, et localement, les abbayes Saint-Melaine et Saint-Georges de Rennes) et dans une moindre mesure, cathédraux dont les fonds ont pratiquement disparus dans les diocèses à l’est de la Bretagne. Il s’agit essentiellement d’actes de la pratique conservés à l’état d’original, de reproductions dans des cartulaires ou de copies d’érudits de l’époque moderne. Les cisterciens, titulaires de nombreuses dîmes dans l’espace étudié, ne livrent aucune documentation relative aux débornements paroissiaux, car ils ne possèdent aucune église, conformément à leur idéal monastique.

    6 J’emprunte cette expression à Samuel Leturcq : « Mutualisation de la limite et exploitation de la mitoyenneté dans la France médiévale », Medieval Constructions of Space : Practice, Place, and Territory from the 9th to the 15th century, Congrès annuel de la Société Internationale des Médiévistes, Paris, 24-26 juin 2009, inédite. Voir résumé: <http://www.ims-paris.org/Symposium%2009/Abstracts/Leturcq.htm>.

    7 En 1055, l’abbaye Saint-Florent de Saumur reçoit la moitié d’un moulin situé sur l’Islet, aux confins des paroisses d’Ercé et de Gahard : Archives départementales de Maine-et-Loire, Livre Blanc de Saint-Florent, Archives départementales 49, H 3713, fº 64r-v : […] medietatem unius molendini quod erat in confinio illius parrochie que vocatur hercei et alterius que vocatur Gualhart. Super fluvium Islel. Trois cent ans plus tard, en 1341, le territoire appelé « les Communs » est localisé entre les paroisses de Noyal et de Vern : Bibliothèque Municipale de Rennes, ms. 271, Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, fº 107v. : […] in territorio nuncupato Communibus sitis in parrochiis predictis de Noyal et de Verno [...].

    8 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148)  (Paris : Université Paris 2 [thèse de doctorat], 1973), pp. 74-77, doc. nº 19. Pour la correction de la datation proposée par Hubert Guillotel, voir : Aurélien Hénot, Les moines, le châtelain et les hommes. Le rôle politique et social des prieurés de Marmoutier près de Gahard et dans les seigneuries banales de Fougères et de Vitré (XIe-XIIIe s.) (Rennes: Université Rennes 2 [Mémoire de Maîtrise], 1998).  

    9 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 45-48, doc. nº 13.

    10 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , pp. 217-218, doc. nº 62 : […] Livriacus dicitur ipsa elemosyna quae sic divisa est comitis Gautfridi jussu.

    11 André Chédeville et Noël-Yves Tonnerre, La Bretagne féodale du XIe au XIIIe siècle (Rennes : Éditions Ouest-France, 1987), pp. 23-58.

    12 Florian Mazel, La noblesse et l’Église en Provence, fin Xe-début XIVe siècle. L’exemple des familles d’Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille (Paris : Éditions du Le comité des travaux historiques et scientifiques, 2002), p. 146.

    13 Le choix des abbayes de Marmoutier et Saint-Florent-de-Saumur s’inscrit plus globalement dans la politique extérieure des comtes de Rennes et leur alliance traditionnelle avec les comtes de Blois, qui contrôlent les deux établissements ligériens. Olivier Guillot,  Le comte d’Anjou et son entourage au XIe siècle  (Paris : Université de Paris [thèse de doctorat], 1969), vol. 1, pp. 173-181.

    14 Le monastère de Gahard est dédié à saint Exupère, évêque de Toulouse, mort au début du Ve siècle et dont le culte doit remonter au haut Moyen Âge. L’église actuelle de Livré, consacrée à Notre-Dame, a été édifiée dans la première du XIe siècle et s’élève sur deux bâtiments antérieurs découvert lors des fouilles du chœur en 1999 : Fanny Tournier et Mickaël Batt, Livré-sur-Changeon, choeur de l’église. Évaluation archéologique, (Rennes : Service Régional de l’Archéologie Bretagne ; Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales, ville de Livré-sur-Changeon, 1999). En 1186, Urbain III dans une bulle de confirmation établie pour l’abbaye Saint-Florent-de-Saumur, qualifie l’église de Livré d’antiqua dignitate. Archives départementales de Maine-et-Loire, Livre Rouge de Saint-Florent, Archives départementales 49, H 3714, fº 15v-17v.

    15 Sur les privilèges d’immunité concédés aux moines au Moyen Âge voir : Barbara Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe (Ithaca : Cornell University Press, 1999).

    16 Hubert Guillotel, Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , pp. 74-77, doc. n° 19 : Quod monasterium de antecessoribus nostris idem vir [Guiddenoch] ita honorabiliter in beneficium tenere visus est, ut nec comes nec ullus ex vicarriis ejusdem regionis nec alia prorsus aliqua persona praeter ipsum habere visa sit ullam dominationem in hominibus ipsius parrochiae distringendis, nec annonaticum, nec friscingaticum, nec fumaticum, nec vaccatium, nec ullam redhibitiones, nec vel ipsum bannum. L’obtention de telles prérogatives banales par Guiddenoch montre que la détention d’une église implique alors aussi bien le contrôle de droits ecclésiaux que seigneuriaux, selon une partition ne voyant le jour que sous l’influence de la réforme grégorienne. Sur la polarisation des droits autour des lieux de culte, voir : Zadora-Rio « Deuxième partie : habitat et territoire », p. 111.

    17 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 45-48, doc. n° 13 : […] sed liceat memorato abbati suisque successoribus res praedictae potestatis sub emunitatis nostrae defensione quieto ordine possidere.

    18 Aux temps mérovingiens, l’exemption épiscopale accompagne souvent le privilège d’immunité concédé par les rois, mais à l’époque carolingienne, cette tendance diminue. À partir du Xe siècle, l’exemption épiscopale dépend souvent de la mise sous tutelle de Rome. Jean-François Lemarignier, « L’exemption monastique et les origines de la Réforme grégorienne », À Cluny. Fêtes et cérémonies liturgiques en l’honneur des saints abbés Odon et Odilon, Congrès scientifique 9-11 juillet 1949, Travaux du Congrès, art, histoire, liturgie, publiés par la Société des Amis de Cluny (Dijon : Bernigaud et Privat, 1950), pp. 288-340 ; Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe.

    19 Livre Blanc de Saint-Florent, ms. 49, H37173, f° 68r (Bibliothèque Nationale de France, Livre Noir de Saint-Florent, Nouv. Acq. 1930, f° 61r) : […] de quadam ecclesia quae est sita in nostra parrechia et vulgo vocatur Livriacus et est consecrata in honorem perpetue Virginis Marie quicquid ad nos jure ecclesiastico pertinebat totum et ad integrum concederemus.

    20 Pierre-Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne, vol. 1 (Paris : Ch. Osmont, 1742-1746), col. 823.3 : […] predicta ecclesia […] ut monachi asserebant, immunis omnino fuerat et exempta, tum loci libertate a primus fundotoribus instituta et usque ad eos inviolabiter observata.

    21 Les cas de Gahard et Livré témoignent plus largement de la spatialisation du privilège d’immunité à partir du Xe siècle : Jean-François Lemarignier, Étude sur les privilèges d’exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes depuis les origines jusqu’en 1140 (Paris : Archives de la France monastique, 1937), pp. 127-130 ; Jean-François Lemarignier, « De l’immunité à la seigneurie ecclésiastique. Les territoires coutumiers d’églises en Île-de-France et dans les régions voisines d’après les diplômes des premiers Capétiens (987-1108) », Études d’histoire du droit canonique dédiées à Gabriel Le Bras, éd. par Roger Aubenas, Jean Becquet et Jean Bernhard (Paris : Sirey, 1965), pp. 619-630.

    22 Dominique Iogna-Prat désigne ce processus par « la mise hors espace de l’espace » : Ordonner et exclure : Cluny et la société chrétienne face à l’hérésie, au judaïsme et à l’islam (1000-1150) (Paris : Aubier, 1998), pp. 177-185. La délimitation du ban sacré de Cluny constitue une sorte de paroxysme du phénomène. Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe, pp. 156-183 ; Didier Méhu, Paix et communautés autour de l’abbaye de Cluny, Xe-XVe siècles (Lyon : Presses universitaires de Lyon, 2001), pp. 133-195.

    23 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148)  p. 188, doc. n° 51 : Sunt autem latere ipsius silvae : ab aquilone, oriente et meridie terra ejusdem sancti Martini, ab occidente vero via publica quae ducit ad sanctum Michaelem a Redone venientes per crucem supradictae Junargandis.

    24 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 303, doc. n° 96 : Protenditur autem praedicta pars [pars sylvaticae] ab aïa Ingelsendis usque ad Burgundinariam per crucem Triscandi […].

    25 Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne, 1, col. 574 : Ipsis siquidem monachis concessi totum boscum et saltus qui cinguntur terminis, hinc rivo Berzille, illinc Fonte Cooperto, inde quadrigaria Fontis Trabium atque aiä Mucie quae cadit in liminium et protenditur ad oriente usque Rocham Bermuni et Burgundriam.

    26 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , p. 77, doc. n° 19 : Terminatur autem idem locus ex una parte terra sancti Albini, ex alia sancti Sulpicii, tertia parte sancti Germanni Veteris vici, quarta sancti Martini de ecclesia vici illius qui Macerias appelatur cum via publica.

    27 Gilles Leroux et Alain Provost, Carte archéologique de la Gaule : l’Ille-et-Vilaine (Paris : Académie des inscriptions et belles-lettres, 1990), p. 226, doc. n° 269.

    28 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 217-218, n° 62 : […] ab ecclesia usque ad terram quae nuncupatur Vendeliscum, sicut Veouris currit usque ad torrentem Birzillae, atque de torrente ad publicam viam Redonensem uti dirigitur ad Rahatam per quercum Pediculosum quercumque Fercatum.

    29 Dans les années 1040 Main, provinciae Redonensis miles, donne à Marmoutier l’église dédiée au Saint-Sauveur [aujourd’hui Saint-Sauveur-des-Landes], située in Vendellensi pago : Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 171-172, doc. n° 46. Au milieu du XIe siècle, les moines de Saint-Martin reçoivent du comte Conan II toutes les coutumes dans leur possession du Vendelais in territorio Vendeliacensi : Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 240, doc. n° 68.

    30 Au XIVe siècle, ce doyenné comprenait les églises de Billé, Chesné, Parcé, Châtillon-en-Vendelais, Saint-Jean-sur-Couesnon, Vendel, Saint-Christophe des Bois et Mécé : Auguste Longnon, Pouillé de la Province de Tours (Paris : Paris Klincksieck, 1930), p. 172.

    31 Leroux et Provost, Carte archéologique de la Gaule : l’Ille-et-Vilaine, p. 136, doc. n° 154.

    32 Marie-Anselme Dimier, « Le mot locus employé dans le sens de monastère », Revue Mabillon, 62 (1972), pp. 133-154.

    33 Lemarignier, Étude sur les privilèges d’exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes depuis les origines jusqu’en 1140, p. 124.

    34 Sur la sacralisation de l’espace par les lieux de culte et la dilatation du pôle ecclésial voir notamment : Michel Lauwers, Naissance du cimetière : lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval (Paris : Aubier, 2005), pp. 201-208 ; Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu : une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge : v. 800-v. 1200 (Paris : Seuil, 2006), pp. 352-353 et 483-485.

    35 L’utilisation du terme monasterium pour Gahard n’est pas incompatible avec des fonctions paroissiales, le vocabulaire relatif au statut des églises se normalisant progressivement au cours du XIIe siècle.

    36 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 303, doc. n° 96 : […] quandam partem silvatice terre adherentem Livriacensi parochie, quam Livriacenses antiqui affirmabant quondam fuisse sancti Florentii cum cetera terra Livriacensi.

    37 En 1136, un nouvel accord intervient pour que le duc Conan III agrandisse cette part de foresta, les moines de Livré se plaignant, certainement à la demande des paroissiens, des vexations continuelles des forestiers : voir note 25. La donation du bois de Borne par Raoul Le Large aux moines de Marmoutier pourrait également découler de la réclamation des habitants de Gahard : voir note 23.

    38 Le phénomène de création paroissiale à partir des domaines monastiques a été mieux mis en lumière pour les abbayes-mères que pour leur prieuré. Dans l’espace étudié, les paroisses urbaines Saint-Jean et Saint-Pierre du Marché à Rennes découlent ainsi des espaces contrôlés par les abbayes Saint-Melaine et Saint-Georges autour de leur établissement.

    39 Les monastères continuent à bénéficier de la donation de droits de ban spatialisé mais plus à l’échelle d’une paroisse. Voir notamment la donation par Main II, seigneur de Fougères de l’église de Louvigné à Marmoutier qui se conclut par le parcours de la terre concédée, par les autorités concernées : Arthur De La Borderie et Paul De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne. Chartes du prieuré de la Sainte-Trinité de Fougères », Bulletin archéologique de l’Association Bretonne, 3 (1851), pp. 183-185, doc. n° 1.

    40 Anatole de Barthélémy et Jules-Henri Geslin De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, (Paris : Dumoulin-Saint-Brieuc - Frères Guyon, 1855-1864), vol. 4, pp. 396-397, n° 9 : […] de quodam parrochiano Sancti Machuti, Joschone nomine, quem monachi Sancti Jacuti sepelierant nec non et parrochianis allis quos tam isti quam illi diebus festis ad divina officia contra ecclesiastica instituta suscipiebant […].

    41 Un troisième prieuré a été fondé en 1058 sur les bords de la Rance, la Madeleine du Pont, dépendance de l’abbaye Saint-Florent de Saumur. Il ne donnera jamais naissance à une paroisse, malgré l’établissement d’un bourg, et restera attachée à la paroisse de Lanvallay.

    42 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 390-393, doc. n° 3.

    43 André Chédeville, « Dinan aux temps des seigneurs, des origines à 1283 », Dinan au Moyen Âge, éd. par Loïc-René Vilbert (Dinan: Pays de Dinan, 1986), pp. 15-30.

    44 Les archives de l’abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer font totalement défaut avant la deuxième moitié du XIIe siècle : Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 251-295.

    45 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : De corpore vero quod monachi Sancti Jacuti sepulure tradiderant, monachis sancti Machuti digne satisfaciant, et de cetero hujusmodi injuriam nullatenus incurrant. De parrochianis autem quos causa controversia que inter eos erat vicissim suscipiebant, decisum est quatenus queque ecclesia quid sui juris fuerit in pace deinceps possideat.

    46 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] et ut juxta tenorem privilegiorum, parrochiarum fines dinoscantur certum omnibus esse volumus.

    47 Au temps d’Hilbert, abbé de Pontlevoy, une notice rappelle que l’église de Lécousse avait été cédée à l’abbaye par le doyen Moran : Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères,. 35, 1F558.

    48 L’église SaintSulpice a été cédée à Marmoutier lors de la fondation du prieuré de la Trinité par Raoul de Fougères, vers 1070. La charte originale, établie lors de la donation, n’en fait pas mention ; seule la notice établie entre 1113 et 1124 indique : Dederunt quoque Adelaidis atque Radulfus ecclesiam Sancti Sulpici in valle que subjacet Filgeriis a parte Australi cum tota parochia atque sepultura Castelli Filgeriensis. De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », p. 187, n° 4 et p. 194, doc. n° 9. Pour la critique de ces sources, voir : Florian Mazel, « Seigneurs, moines et chanoines. Pouvoir local et enjeux ecclésiaux à Fougères à l’époque grégorienne », Annales de Bretagne, 113 (2006), pp. 115-116.

    49 Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères, Archives Départamentales Ille-et-Vilaine, 1F558 et voir infra, « Les procédures de délimitation ».

    50 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », pp. 236-237, n° 16 : […] de parrochia Beati Sulpicii sunt et erunt, et quicquid in ipsis fieri poterit de jure ipsius parrochiali, exceptis segetum decimis, que, quia jure Excusse fuerunt, ad Excussam deinceps revertentur.

    51 Nous ne partageons pas le point de vue d’André Chedeville qui fait remonter l’origine du conflit entre les deux abbayes à un partage de dîmes : André Chédéville et Noël-Yves Tonnerre, La Bretagne féodale XIe‑XIIIe siècle (Rennes : Ouest-France-Université Rennes, 1987), p. 225.

    52 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », p. 199, doc. n° 15 : […] Sancti Sulpicii ecclesia in brevi insula collocata universitati parrochie minus sufficere viedbatur, ecclesia vera Trinitatis majoris pluralitatis capax et magis idonea erat.

    53 Yannick Hillion, Le chartrier de l’abbaye Notre-Dame d’Evron (essai de reconstitution), 4 vols. (Rennes : Université Rennes 2 [thèse de doctorat], 1978), vol. 3, p. 79, doc. n° 14.

    54 Cet accord est relaté par deux traditions : certainement la charte originale (bien que nous n’en possédons qu’une copie moderne) et la notice établie à partir d’elle, dont le développement est moins long, mais le fond comparable. Pontlevoy : copies d’actes du prieuré d’Igné près Fougères : Denique, si dante Deo, aliquando extra castrum Filgeriarum aliquod augmentum habitandi succrescet, illud totum dominus Henricus et canonicii monachis concesserunt, quod tamen in parrochia Sancti Leonardi : monachi vero [capellam] S. Nicolai et ecclesiam S. Leonardi quiete possideant.

    55 Bibliothèque Municipale de Rennes, Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : Querebantur monachi quod capellam de Fristilliaco injuste tenerent canonici, pro eo quod ad parrochiam de Paceio pertinere deberet, et de illa investituras monachi priusquam canonici habuissent.

    56 Le chapitre était patron collateur de l’église du Rheu, au sud, de celle de Vézin, à l’est, et Mordelles au sud-ouest : Monique Chauvin et Chantal Reydellet, « L’abbaye Saint-Melaine de Rennes à Pacé et aux bords de la Seiche en 1138 », Mondes de l’ouest et villes du monde, regards sur les sociétés médiévales. Mélanges en l’honneur d’André Chédeville, éd. par Catherine Laurent, Bernard Merdrignac et Daniel Pichot (Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1998), p. 151.

    57 Il n’y a plus de forêt alentour, également.

    58 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] foreste in qua situm est cymiterium Fristilliaci novum […].

    59 Seule l’analyse de cette pièce par Pierre Hévin, archiviste du département, est connue. Elle était retranscrite au folio 217 du Liber Alanus, cartulaire du chapitre de Dol, dont il ne reste plus que des débris : Archives Départementales Ille-et-Vilaine, Dol : chapitre, copies d’actes, 1F412. Voir la notice consacrée à ce cartulaire par Hubert Guillotel, « Les cartulaires bretons médiévaux », Les cartulaires, Actes de la Table ronde organisée par l’École nationale des chartes et le GDR 121 du CNRS, Paris, 5-7 décembre 1991, éd. par Olivier Guyotjeannin, Laurent Morelle et Michel Parisse (Paris : École des Chartes, 1993), p. 338.

    60 Archives Départementales Ille-et-Vilaine, Mont-Saint-Michel : copies d’actes du prieuré de Saint-Méloir, 1F551 : Concordia facta […] super quibusdam decimis in finibus parrochiarum S. Melorii et S. Mewani de Kancale Macloviensis et S. Colombani Dolensis diocesis.

    61 Dol : chapitre, copies d’actes : […] a nostrum monasterium pertinere, eo quod omnes decime ejusdem parrochie ad dictum nostrorum monasterium pertinere dignoscuntur […]. Entre 1040 et 1066, le duc Conan II donne à l’abbaye Saint-Georges le domaine de Vilers avec son église dédiée à Saint-Georges, qui donnera naissance au prieuré Saint-Georges-de-Grehaigne. Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 208, doc. n° 58.

    62 Dol : chapitre, copies d’actes : […] dicto vero capitulo in contrarium dicente eo quod dicerunt et proponent eas sitas esse in parrochia de Ros super Coaysnon cujus omnes decime sue sunt […]. L’église de Roz-sur-Couesnon a été léguée au chapitre de Dol par Jean Lizanet, évêque entre 1203 et 1231 : Dol : chapitre, copies d’actes.

    63 Dol : chapitre, copie d’actes : Concedimus unanimi consensu quod Guillelmus Gourhant et Robertus Morel a nobis et dicto capitulo electi fructus et decimationes locorum contentiorum colligant et custodiant quousque jus nostrorum vel capituli declaretur et limitatione parrochiarum erit et quiquid erit de parrochia de Ros erit capituli, et convenimus quod nihil percipiemus de fructibus quousque limitatis fiat parrochiarum.

    64 Dol : chapitre, copie d’actes : […] videlicet inter terram quam Matheus Gachot solebat colere et tenere nomine Bertranni de Sancto Egidio militis defunctis et clausum religisiorum abbatis et conventus S. Michaelis in Periculo Maris, prout se propertas dicta media pars de longo in longum divisa ut dictum est a terra dicti militis usque ad clausuram dictorum religiosorum […].

    65 Sur la répartition chronologique des donations de dîmes dans l’espace étudié : Marine Bellier, « Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle. Étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial » (Rennes: Université Rennes 2 [Mémoire de maîtrise 2], 2009).

    66 Bellier, Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle. Étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial, pp. 208-210.

    67 Jacques Péricard note également que les évêques du diocèse de Bourges remédient aux problèmes des limites paroissiales à partir du XIIe siècle : Ecclesia Bituricensis : Le diocèse de Bourges des origines à la réforme Grégorienne (Clermont-Ferrand - Paris : Fondation Varenne, 2006), p. 99.

    68 L’acte qui relate la délimitation des paroisses de Dinan introduit un discours à la première personne au moment de définir les limites paroissiales : Et ut juxta tenorem privilegiorum parrochiarum fines dinoscantur, certum omnibus esse volumus […]. L’auteur en rédigeant la notice semble donc avoir rapporté les propos de l’évêque sans les transformer, peut-être pour donner plus d’autorité au règlement adopté. Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, vol. 4, pp. 396-397, doc. n° 9.

    69 Dol : chapitre, copie d’actes (Liber Alanus, fª. 217) : Johannus electus arbiter cum Stephano Maclov. Episcopo ab abate sancti Michaelis, priore sancti Melorii et capitulo Dolensi, ad dividendas certis terminis parrochias Sancti Columbani diocesis Dolensis et sancti Mewenni de Cancale diocesis Macloviensis.  La paroisse Saint-Coulomb était une enclave doloise dans le diocèse de Saint-Malo.

    70 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] processimus itaque ad contemplandos terminos foreste in qua situm est cymiterium Fristilliaci novum.

    71 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] juravit quidam Gualterius agnomento Dolabra, ita se habere terminos foreste, sicut ipse cum multis aliis presignavit.

    72 Daniel Pichot, « Paroisse, limites et territoires villageois de l’ouest (XIe-XIIe siècles), pp. 219-235.

    73 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] monachi Sancti Maclovii [ecclesiam] cum cimiterio et integrate parrochie porcionis castelli que ad sortem Oliverii pervenit quiete in posterum teneant, monachi Sancti Jacuti ecclesiam Sancti Salvatoris cum cimiterio et integra parrochia partis castelli que cedit Alano de cetero in pace possideant.

    74 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] sicut via, que a capite pontis tendit par portam et ante ecclesiam Sancte Marie hospitalus usque in haiam, utramque parrochiam dividit […]. Pour l’identification des lieux et la restitution de la ligne de partage entre les deux paroisses : Chédéville, « Dinan aux temps des seigneurs, des origines à 1283 », pp. 15-30.

    75 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] excepto castello Oliverii quod est parrochie Sancti Maclovii.

    76 Archive Départementale Ille-et-Vilaine, Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères : Virgultum itaque Sicherii et quod a superiori parte Virgulti usque ad Nanson et viam Petroselli continetur de parrochia Beati Sulpitii sunt […]. Que autem a Virgulto Sicherii et ex altera parte a via Petroselli versus Excussam pretenduntur, de parrochia Excusse sunt et erunt […].

    77 Une restitution a été proposée par Charles Le Bouteiller, que Julien Bachelier a tenté de cartographier, mais elle ne repose sur aucun argument tangible : Charles le Bouteiller, Note sur l’histoire de la ville et du pays de Fougères, (Bruxelles : Plihon et Hommay, 1976), vol. 2, pp. 263-266 ; Julien Bachelier, « À l’ombre des clochers. Naissance et développement des églises et des paroisses de Fougères du XIe au XIIIe siècle », Société d’Histoire et d’Archéologie du pays de Fougères, 64 (2006), p. 37.

    78 Une restitution a été proposée par Charles Le Bouteiller, que Julien Bachelier a tenté de cartographier, mais elle ne repose sur aucun argument tangible : Charles Le Bouteiller, Note sur l’histoire de la ville et du pays de Fougères (Bruxelles : Éditions Culture et civilisation, 1912-1913), vol. 2, pp. 263-266 ; Julien Bachelier, « À l’ombre des clochers. Naissance et développement des églises et des paroisses de Fougères du XIe au XIIIe siècle », Société d’Histoire et d’Archéologie du pays de Fougères, 64 (2006), p. 37.

    79 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », pp. 236-237, n° 16 : Locus vero qui Marcheil monachorum appelatur de parrochia beati Sulpitii est et erit […] excepto quod terra Savigneii versus molendinum Peregrine de parrochia Excusse est et erit […]. L’abbaye de Savigny possède des terres à Fougères depuis 1150 : Julien Bachelier, « Histoire d’une ville médiévale. Naissance de Fougères (XIe-XIIIe s.) » (Rennes : Université Rennes 2 [Mémoire de maîtrise], 2002), p. 153.

    80 Dol : chapitre, copie d’actes. Le début de l’acte manque et on ne saurait de quelle paroisse il s’agit, si une main n’avait inscrit, au dos, les mots français : « Accord entre le chapitre de Dol et les religieux du Mont-Saint-Michel touchant les dîmes de Saint-Coulomb ». Cet acte devait appartenir au Liber Alanus.

    81 Daniel Pichot, Le village éclaté : habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen Âge (Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2002), p. 230 ; Marine Bellier, « Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle : étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial » (Rennes : Université de Rennes 2 [thèse de Master], 2010), pp. 254-255.

    82 Sur les conflits de sépultures voir notamment : Jean-Marc Bienvenu, « Les conflits de sépultures en Anjou aux XIe et XIIe siècles », Bulletin Philologique et Historique (1968), pp. 673-685 ; Élisabeth Zadora-Rio, « The making of Churchyards and parish territories in the early medieval landscape. Of France and England in the 7th-12th centuries : a reconsideration », Medieval Archaeology, 47 (2003), pp. 1-19.

    Auteur

    • Anne Lunven

      Université Rennes 2. Centre de Recherches Historiques de l’Ouest (CERHIO)

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    1 Maurice Chaume, « Le mode de constitution et de délimitation des paroisses rurales aux temps mérovingiens et carolingiens », Revue Mabillon, 27 (1937) ; 61-73, 28 (1938), pp. 1-9.

    2 Aux origines de la paroisse rurale en gaule méridionale (IVe-IXe siècles). Actes du colloque international du 21 au 23 mars 2003 à Toulouse, éd. par Christine Delaplace (Toulouse : Errance, 2005) ; Dominique Iogna-Prat et Élisabeth Zadora-Rio (dirs.), « Dossier. La paroisse, genèse d’une forme territoriale », Médiévales, 49 (2005), pp. 5-119. Cette nouvelle réflexion sur la paroisse accompagne plus largement un renouveau historiographique sur l’espace au Moyen Âge. Parmi une bibliographie abondante, voir notamment : Monique Bourin et Élisabeth Zadora-Rio, « Analyses de l’espace », Les tendances actuelles de l’histoire du Moyen Âge en France et en Allemagne, actes des colloques de Sèvres (1997) et Göttingen (1998) organisés par le Centre national de la recherche scientifique et le Max-Planck-Institut für Geschichte, éd. par Jean-Claude Schmitt et Otto Gerhard Oexle (Paris : Publication de la Sorbonne, 2002), pp. 493-510 ; Construction de l’espace au Moyen Âge : pratiques et représentations, éd. par Thomas Lienhart (Paris : Publications de la Sorbonne, 2007) ; Michel Lauwers et Laurent Ripart, « Représentation et gestion de l’espace dans l’occident médiéval (Ve-XIIIe siècles) », Rome et l’État moderne européen : une comparaison typologique. Actes du colloque international qui s’est tenu à Paris les 31 janvier, 1er et 2 février 2002, éd. par Jean-Philippe Genet (Rome : École française de Rome, 2007), pp. 115-171.

    3 Daniel Pichot, « Paroisse, limites et territoires villageois de l’ouest (XIe-XIIIe siècles) », Mélanges offerts à Monique Bourin, éd. par Didier Boisseuil, Pierre Chastang, Laurent Feller et Joseph Morsel (Paris : Publications de la Sorbonne, 2010), pp. 219-235.

    4 Élisabeth Zadora-Rio, « Territoires paroissiaux et construction de l’espace vernaculaire », Médiévales, 49 (2005), pp. 105-120 ; Élisabeth Zadora-Rio, « Deuxième partie : habitat et territoire », Des paroisses de Touraine aux communes d’Indre-et-Loire : la formation des territoires (Tours : Fédération pour l’Édition de la Revue Archéologique du Centre de la France, 2008), pp. 105-119.

    5 Mon corpus totalise environ un millier d’actes et se compose des sources conservées par les établissements bénédictins (hors de Bretagne particulièrement Marmoutier et Saint-Florent-de-Saumur, et localement, les abbayes Saint-Melaine et Saint-Georges de Rennes) et dans une moindre mesure, cathédraux dont les fonds ont pratiquement disparus dans les diocèses à l’est de la Bretagne. Il s’agit essentiellement d’actes de la pratique conservés à l’état d’original, de reproductions dans des cartulaires ou de copies d’érudits de l’époque moderne. Les cisterciens, titulaires de nombreuses dîmes dans l’espace étudié, ne livrent aucune documentation relative aux débornements paroissiaux, car ils ne possèdent aucune église, conformément à leur idéal monastique.

    6 J’emprunte cette expression à Samuel Leturcq : « Mutualisation de la limite et exploitation de la mitoyenneté dans la France médiévale », Medieval Constructions of Space : Practice, Place, and Territory from the 9th to the 15th century, Congrès annuel de la Société Internationale des Médiévistes, Paris, 24-26 juin 2009, inédite. Voir résumé: <http://www.ims-paris.org/Symposium%2009/Abstracts/Leturcq.htm>.

    7 En 1055, l’abbaye Saint-Florent de Saumur reçoit la moitié d’un moulin situé sur l’Islet, aux confins des paroisses d’Ercé et de Gahard : Archives départementales de Maine-et-Loire, Livre Blanc de Saint-Florent, Archives départementales 49, H 3713, fº 64r-v : […] medietatem unius molendini quod erat in confinio illius parrochie que vocatur hercei et alterius que vocatur Gualhart. Super fluvium Islel. Trois cent ans plus tard, en 1341, le territoire appelé « les Communs » est localisé entre les paroisses de Noyal et de Vern : Bibliothèque Municipale de Rennes, ms. 271, Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, fº 107v. : […] in territorio nuncupato Communibus sitis in parrochiis predictis de Noyal et de Verno [...].

    8 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148)  (Paris : Université Paris 2 [thèse de doctorat], 1973), pp. 74-77, doc. nº 19. Pour la correction de la datation proposée par Hubert Guillotel, voir : Aurélien Hénot, Les moines, le châtelain et les hommes. Le rôle politique et social des prieurés de Marmoutier près de Gahard et dans les seigneuries banales de Fougères et de Vitré (XIe-XIIIe s.) (Rennes: Université Rennes 2 [Mémoire de Maîtrise], 1998).  

    9 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 45-48, doc. nº 13.

    10 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , pp. 217-218, doc. nº 62 : […] Livriacus dicitur ipsa elemosyna quae sic divisa est comitis Gautfridi jussu.

    11 André Chédeville et Noël-Yves Tonnerre, La Bretagne féodale du XIe au XIIIe siècle (Rennes : Éditions Ouest-France, 1987), pp. 23-58.

    12 Florian Mazel, La noblesse et l’Église en Provence, fin Xe-début XIVe siècle. L’exemple des familles d’Agoult-Simiane, de Baux et de Marseille (Paris : Éditions du Le comité des travaux historiques et scientifiques, 2002), p. 146.

    13 Le choix des abbayes de Marmoutier et Saint-Florent-de-Saumur s’inscrit plus globalement dans la politique extérieure des comtes de Rennes et leur alliance traditionnelle avec les comtes de Blois, qui contrôlent les deux établissements ligériens. Olivier Guillot,  Le comte d’Anjou et son entourage au XIe siècle  (Paris : Université de Paris [thèse de doctorat], 1969), vol. 1, pp. 173-181.

    14 Le monastère de Gahard est dédié à saint Exupère, évêque de Toulouse, mort au début du Ve siècle et dont le culte doit remonter au haut Moyen Âge. L’église actuelle de Livré, consacrée à Notre-Dame, a été édifiée dans la première du XIe siècle et s’élève sur deux bâtiments antérieurs découvert lors des fouilles du chœur en 1999 : Fanny Tournier et Mickaël Batt, Livré-sur-Changeon, choeur de l’église. Évaluation archéologique, (Rennes : Service Régional de l’Archéologie Bretagne ; Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales, ville de Livré-sur-Changeon, 1999). En 1186, Urbain III dans une bulle de confirmation établie pour l’abbaye Saint-Florent-de-Saumur, qualifie l’église de Livré d’antiqua dignitate. Archives départementales de Maine-et-Loire, Livre Rouge de Saint-Florent, Archives départementales 49, H 3714, fº 15v-17v.

    15 Sur les privilèges d’immunité concédés aux moines au Moyen Âge voir : Barbara Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe (Ithaca : Cornell University Press, 1999).

    16 Hubert Guillotel, Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , pp. 74-77, doc. n° 19 : Quod monasterium de antecessoribus nostris idem vir [Guiddenoch] ita honorabiliter in beneficium tenere visus est, ut nec comes nec ullus ex vicarriis ejusdem regionis nec alia prorsus aliqua persona praeter ipsum habere visa sit ullam dominationem in hominibus ipsius parrochiae distringendis, nec annonaticum, nec friscingaticum, nec fumaticum, nec vaccatium, nec ullam redhibitiones, nec vel ipsum bannum. L’obtention de telles prérogatives banales par Guiddenoch montre que la détention d’une église implique alors aussi bien le contrôle de droits ecclésiaux que seigneuriaux, selon une partition ne voyant le jour que sous l’influence de la réforme grégorienne. Sur la polarisation des droits autour des lieux de culte, voir : Zadora-Rio « Deuxième partie : habitat et territoire », p. 111.

    17 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 45-48, doc. n° 13 : […] sed liceat memorato abbati suisque successoribus res praedictae potestatis sub emunitatis nostrae defensione quieto ordine possidere.

    18 Aux temps mérovingiens, l’exemption épiscopale accompagne souvent le privilège d’immunité concédé par les rois, mais à l’époque carolingienne, cette tendance diminue. À partir du Xe siècle, l’exemption épiscopale dépend souvent de la mise sous tutelle de Rome. Jean-François Lemarignier, « L’exemption monastique et les origines de la Réforme grégorienne », À Cluny. Fêtes et cérémonies liturgiques en l’honneur des saints abbés Odon et Odilon, Congrès scientifique 9-11 juillet 1949, Travaux du Congrès, art, histoire, liturgie, publiés par la Société des Amis de Cluny (Dijon : Bernigaud et Privat, 1950), pp. 288-340 ; Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe.

    19 Livre Blanc de Saint-Florent, ms. 49, H37173, f° 68r (Bibliothèque Nationale de France, Livre Noir de Saint-Florent, Nouv. Acq. 1930, f° 61r) : […] de quadam ecclesia quae est sita in nostra parrechia et vulgo vocatur Livriacus et est consecrata in honorem perpetue Virginis Marie quicquid ad nos jure ecclesiastico pertinebat totum et ad integrum concederemus.

    20 Pierre-Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne, vol. 1 (Paris : Ch. Osmont, 1742-1746), col. 823.3 : […] predicta ecclesia […] ut monachi asserebant, immunis omnino fuerat et exempta, tum loci libertate a primus fundotoribus instituta et usque ad eos inviolabiter observata.

    21 Les cas de Gahard et Livré témoignent plus largement de la spatialisation du privilège d’immunité à partir du Xe siècle : Jean-François Lemarignier, Étude sur les privilèges d’exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes depuis les origines jusqu’en 1140 (Paris : Archives de la France monastique, 1937), pp. 127-130 ; Jean-François Lemarignier, « De l’immunité à la seigneurie ecclésiastique. Les territoires coutumiers d’églises en Île-de-France et dans les régions voisines d’après les diplômes des premiers Capétiens (987-1108) », Études d’histoire du droit canonique dédiées à Gabriel Le Bras, éd. par Roger Aubenas, Jean Becquet et Jean Bernhard (Paris : Sirey, 1965), pp. 619-630.

    22 Dominique Iogna-Prat désigne ce processus par « la mise hors espace de l’espace » : Ordonner et exclure : Cluny et la société chrétienne face à l’hérésie, au judaïsme et à l’islam (1000-1150) (Paris : Aubier, 1998), pp. 177-185. La délimitation du ban sacré de Cluny constitue une sorte de paroxysme du phénomène. Rosenwein, Negotiating space : power, restraint, and privileges of immunity in early medieval Europe, pp. 156-183 ; Didier Méhu, Paix et communautés autour de l’abbaye de Cluny, Xe-XVe siècles (Lyon : Presses universitaires de Lyon, 2001), pp. 133-195.

    23 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148)  p. 188, doc. n° 51 : Sunt autem latere ipsius silvae : ab aquilone, oriente et meridie terra ejusdem sancti Martini, ab occidente vero via publica quae ducit ad sanctum Michaelem a Redone venientes per crucem supradictae Junargandis.

    24 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 303, doc. n° 96 : Protenditur autem praedicta pars [pars sylvaticae] ab aïa Ingelsendis usque ad Burgundinariam per crucem Triscandi […].

    25 Morice, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire civile et ecclésiastique de Bretagne, 1, col. 574 : Ipsis siquidem monachis concessi totum boscum et saltus qui cinguntur terminis, hinc rivo Berzille, illinc Fonte Cooperto, inde quadrigaria Fontis Trabium atque aiä Mucie quae cadit in liminium et protenditur ad oriente usque Rocham Bermuni et Burgundriam.

    26 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148) , p. 77, doc. n° 19 : Terminatur autem idem locus ex una parte terra sancti Albini, ex alia sancti Sulpicii, tertia parte sancti Germanni Veteris vici, quarta sancti Martini de ecclesia vici illius qui Macerias appelatur cum via publica.

    27 Gilles Leroux et Alain Provost, Carte archéologique de la Gaule : l’Ille-et-Vilaine (Paris : Académie des inscriptions et belles-lettres, 1990), p. 226, doc. n° 269.

    28 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 217-218, n° 62 : […] ab ecclesia usque ad terram quae nuncupatur Vendeliscum, sicut Veouris currit usque ad torrentem Birzillae, atque de torrente ad publicam viam Redonensem uti dirigitur ad Rahatam per quercum Pediculosum quercumque Fercatum.

    29 Dans les années 1040 Main, provinciae Redonensis miles, donne à Marmoutier l’église dédiée au Saint-Sauveur [aujourd’hui Saint-Sauveur-des-Landes], située in Vendellensi pago : Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), pp. 171-172, doc. n° 46. Au milieu du XIe siècle, les moines de Saint-Martin reçoivent du comte Conan II toutes les coutumes dans leur possession du Vendelais in territorio Vendeliacensi : Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 240, doc. n° 68.

    30 Au XIVe siècle, ce doyenné comprenait les églises de Billé, Chesné, Parcé, Châtillon-en-Vendelais, Saint-Jean-sur-Couesnon, Vendel, Saint-Christophe des Bois et Mécé : Auguste Longnon, Pouillé de la Province de Tours (Paris : Paris Klincksieck, 1930), p. 172.

    31 Leroux et Provost, Carte archéologique de la Gaule : l’Ille-et-Vilaine, p. 136, doc. n° 154.

    32 Marie-Anselme Dimier, « Le mot locus employé dans le sens de monastère », Revue Mabillon, 62 (1972), pp. 133-154.

    33 Lemarignier, Étude sur les privilèges d’exemption et de juridiction ecclésiastique des abbayes normandes depuis les origines jusqu’en 1140, p. 124.

    34 Sur la sacralisation de l’espace par les lieux de culte et la dilatation du pôle ecclésial voir notamment : Michel Lauwers, Naissance du cimetière : lieux sacrés et terre des morts dans l’Occident médiéval (Paris : Aubier, 2005), pp. 201-208 ; Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu : une histoire monumentale de l’Église au Moyen Âge : v. 800-v. 1200 (Paris : Seuil, 2006), pp. 352-353 et 483-485.

    35 L’utilisation du terme monasterium pour Gahard n’est pas incompatible avec des fonctions paroissiales, le vocabulaire relatif au statut des églises se normalisant progressivement au cours du XIIe siècle.

    36 Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 303, doc. n° 96 : […] quandam partem silvatice terre adherentem Livriacensi parochie, quam Livriacenses antiqui affirmabant quondam fuisse sancti Florentii cum cetera terra Livriacensi.

    37 En 1136, un nouvel accord intervient pour que le duc Conan III agrandisse cette part de foresta, les moines de Livré se plaignant, certainement à la demande des paroissiens, des vexations continuelles des forestiers : voir note 25. La donation du bois de Borne par Raoul Le Large aux moines de Marmoutier pourrait également découler de la réclamation des habitants de Gahard : voir note 23.

    38 Le phénomène de création paroissiale à partir des domaines monastiques a été mieux mis en lumière pour les abbayes-mères que pour leur prieuré. Dans l’espace étudié, les paroisses urbaines Saint-Jean et Saint-Pierre du Marché à Rennes découlent ainsi des espaces contrôlés par les abbayes Saint-Melaine et Saint-Georges autour de leur établissement.

    39 Les monastères continuent à bénéficier de la donation de droits de ban spatialisé mais plus à l’échelle d’une paroisse. Voir notamment la donation par Main II, seigneur de Fougères de l’église de Louvigné à Marmoutier qui se conclut par le parcours de la terre concédée, par les autorités concernées : Arthur De La Borderie et Paul De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne. Chartes du prieuré de la Sainte-Trinité de Fougères », Bulletin archéologique de l’Association Bretonne, 3 (1851), pp. 183-185, doc. n° 1.

    40 Anatole de Barthélémy et Jules-Henri Geslin De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, (Paris : Dumoulin-Saint-Brieuc - Frères Guyon, 1855-1864), vol. 4, pp. 396-397, n° 9 : […] de quodam parrochiano Sancti Machuti, Joschone nomine, quem monachi Sancti Jacuti sepelierant nec non et parrochianis allis quos tam isti quam illi diebus festis ad divina officia contra ecclesiastica instituta suscipiebant […].

    41 Un troisième prieuré a été fondé en 1058 sur les bords de la Rance, la Madeleine du Pont, dépendance de l’abbaye Saint-Florent de Saumur. Il ne donnera jamais naissance à une paroisse, malgré l’établissement d’un bourg, et restera attachée à la paroisse de Lanvallay.

    42 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 390-393, doc. n° 3.

    43 André Chédeville, « Dinan aux temps des seigneurs, des origines à 1283 », Dinan au Moyen Âge, éd. par Loïc-René Vilbert (Dinan: Pays de Dinan, 1986), pp. 15-30.

    44 Les archives de l’abbaye Saint-Jacut-de-la-Mer font totalement défaut avant la deuxième moitié du XIIe siècle : Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 251-295.

    45 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : De corpore vero quod monachi Sancti Jacuti sepulure tradiderant, monachis sancti Machuti digne satisfaciant, et de cetero hujusmodi injuriam nullatenus incurrant. De parrochianis autem quos causa controversia que inter eos erat vicissim suscipiebant, decisum est quatenus queque ecclesia quid sui juris fuerit in pace deinceps possideat.

    46 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] et ut juxta tenorem privilegiorum, parrochiarum fines dinoscantur certum omnibus esse volumus.

    47 Au temps d’Hilbert, abbé de Pontlevoy, une notice rappelle que l’église de Lécousse avait été cédée à l’abbaye par le doyen Moran : Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères,. 35, 1F558.

    48 L’église SaintSulpice a été cédée à Marmoutier lors de la fondation du prieuré de la Trinité par Raoul de Fougères, vers 1070. La charte originale, établie lors de la donation, n’en fait pas mention ; seule la notice établie entre 1113 et 1124 indique : Dederunt quoque Adelaidis atque Radulfus ecclesiam Sancti Sulpici in valle que subjacet Filgeriis a parte Australi cum tota parochia atque sepultura Castelli Filgeriensis. De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », p. 187, n° 4 et p. 194, doc. n° 9. Pour la critique de ces sources, voir : Florian Mazel, « Seigneurs, moines et chanoines. Pouvoir local et enjeux ecclésiaux à Fougères à l’époque grégorienne », Annales de Bretagne, 113 (2006), pp. 115-116.

    49 Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères, Archives Départamentales Ille-et-Vilaine, 1F558 et voir infra, « Les procédures de délimitation ».

    50 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », pp. 236-237, n° 16 : […] de parrochia Beati Sulpicii sunt et erunt, et quicquid in ipsis fieri poterit de jure ipsius parrochiali, exceptis segetum decimis, que, quia jure Excusse fuerunt, ad Excussam deinceps revertentur.

    51 Nous ne partageons pas le point de vue d’André Chedeville qui fait remonter l’origine du conflit entre les deux abbayes à un partage de dîmes : André Chédéville et Noël-Yves Tonnerre, La Bretagne féodale XIe‑XIIIe siècle (Rennes : Ouest-France-Université Rennes, 1987), p. 225.

    52 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », p. 199, doc. n° 15 : […] Sancti Sulpicii ecclesia in brevi insula collocata universitati parrochie minus sufficere viedbatur, ecclesia vera Trinitatis majoris pluralitatis capax et magis idonea erat.

    53 Yannick Hillion, Le chartrier de l’abbaye Notre-Dame d’Evron (essai de reconstitution), 4 vols. (Rennes : Université Rennes 2 [thèse de doctorat], 1978), vol. 3, p. 79, doc. n° 14.

    54 Cet accord est relaté par deux traditions : certainement la charte originale (bien que nous n’en possédons qu’une copie moderne) et la notice établie à partir d’elle, dont le développement est moins long, mais le fond comparable. Pontlevoy : copies d’actes du prieuré d’Igné près Fougères : Denique, si dante Deo, aliquando extra castrum Filgeriarum aliquod augmentum habitandi succrescet, illud totum dominus Henricus et canonicii monachis concesserunt, quod tamen in parrochia Sancti Leonardi : monachi vero [capellam] S. Nicolai et ecclesiam S. Leonardi quiete possideant.

    55 Bibliothèque Municipale de Rennes, Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : Querebantur monachi quod capellam de Fristilliaco injuste tenerent canonici, pro eo quod ad parrochiam de Paceio pertinere deberet, et de illa investituras monachi priusquam canonici habuissent.

    56 Le chapitre était patron collateur de l’église du Rheu, au sud, de celle de Vézin, à l’est, et Mordelles au sud-ouest : Monique Chauvin et Chantal Reydellet, « L’abbaye Saint-Melaine de Rennes à Pacé et aux bords de la Seiche en 1138 », Mondes de l’ouest et villes du monde, regards sur les sociétés médiévales. Mélanges en l’honneur d’André Chédeville, éd. par Catherine Laurent, Bernard Merdrignac et Daniel Pichot (Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1998), p. 151.

    57 Il n’y a plus de forêt alentour, également.

    58 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] foreste in qua situm est cymiterium Fristilliaci novum […].

    59 Seule l’analyse de cette pièce par Pierre Hévin, archiviste du département, est connue. Elle était retranscrite au folio 217 du Liber Alanus, cartulaire du chapitre de Dol, dont il ne reste plus que des débris : Archives Départementales Ille-et-Vilaine, Dol : chapitre, copies d’actes, 1F412. Voir la notice consacrée à ce cartulaire par Hubert Guillotel, « Les cartulaires bretons médiévaux », Les cartulaires, Actes de la Table ronde organisée par l’École nationale des chartes et le GDR 121 du CNRS, Paris, 5-7 décembre 1991, éd. par Olivier Guyotjeannin, Laurent Morelle et Michel Parisse (Paris : École des Chartes, 1993), p. 338.

    60 Archives Départementales Ille-et-Vilaine, Mont-Saint-Michel : copies d’actes du prieuré de Saint-Méloir, 1F551 : Concordia facta […] super quibusdam decimis in finibus parrochiarum S. Melorii et S. Mewani de Kancale Macloviensis et S. Colombani Dolensis diocesis.

    61 Dol : chapitre, copies d’actes : […] a nostrum monasterium pertinere, eo quod omnes decime ejusdem parrochie ad dictum nostrorum monasterium pertinere dignoscuntur […]. Entre 1040 et 1066, le duc Conan II donne à l’abbaye Saint-Georges le domaine de Vilers avec son église dédiée à Saint-Georges, qui donnera naissance au prieuré Saint-Georges-de-Grehaigne. Hubert Guillotel,  Les actes des ducs de Bretagne (944-1148), p. 208, doc. n° 58.

    62 Dol : chapitre, copies d’actes : […] dicto vero capitulo in contrarium dicente eo quod dicerunt et proponent eas sitas esse in parrochia de Ros super Coaysnon cujus omnes decime sue sunt […]. L’église de Roz-sur-Couesnon a été léguée au chapitre de Dol par Jean Lizanet, évêque entre 1203 et 1231 : Dol : chapitre, copies d’actes.

    63 Dol : chapitre, copie d’actes : Concedimus unanimi consensu quod Guillelmus Gourhant et Robertus Morel a nobis et dicto capitulo electi fructus et decimationes locorum contentiorum colligant et custodiant quousque jus nostrorum vel capituli declaretur et limitatione parrochiarum erit et quiquid erit de parrochia de Ros erit capituli, et convenimus quod nihil percipiemus de fructibus quousque limitatis fiat parrochiarum.

    64 Dol : chapitre, copie d’actes : […] videlicet inter terram quam Matheus Gachot solebat colere et tenere nomine Bertranni de Sancto Egidio militis defunctis et clausum religisiorum abbatis et conventus S. Michaelis in Periculo Maris, prout se propertas dicta media pars de longo in longum divisa ut dictum est a terra dicti militis usque ad clausuram dictorum religiosorum […].

    65 Sur la répartition chronologique des donations de dîmes dans l’espace étudié : Marine Bellier, « Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle. Étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial » (Rennes: Université Rennes 2 [Mémoire de maîtrise 2], 2009).

    66 Bellier, Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle. Étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial, pp. 208-210.

    67 Jacques Péricard note également que les évêques du diocèse de Bourges remédient aux problèmes des limites paroissiales à partir du XIIe siècle : Ecclesia Bituricensis : Le diocèse de Bourges des origines à la réforme Grégorienne (Clermont-Ferrand - Paris : Fondation Varenne, 2006), p. 99.

    68 L’acte qui relate la délimitation des paroisses de Dinan introduit un discours à la première personne au moment de définir les limites paroissiales : Et ut juxta tenorem privilegiorum parrochiarum fines dinoscantur, certum omnibus esse volumus […]. L’auteur en rédigeant la notice semble donc avoir rapporté les propos de l’évêque sans les transformer, peut-être pour donner plus d’autorité au règlement adopté. Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, vol. 4, pp. 396-397, doc. n° 9.

    69 Dol : chapitre, copie d’actes (Liber Alanus, fª. 217) : Johannus electus arbiter cum Stephano Maclov. Episcopo ab abate sancti Michaelis, priore sancti Melorii et capitulo Dolensi, ad dividendas certis terminis parrochias Sancti Columbani diocesis Dolensis et sancti Mewenni de Cancale diocesis Macloviensis.  La paroisse Saint-Coulomb était une enclave doloise dans le diocèse de Saint-Malo.

    70 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] processimus itaque ad contemplandos terminos foreste in qua situm est cymiterium Fristilliaci novum.

    71 Cartulaire de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, f° 18 : […] juravit quidam Gualterius agnomento Dolabra, ita se habere terminos foreste, sicut ipse cum multis aliis presignavit.

    72 Daniel Pichot, « Paroisse, limites et territoires villageois de l’ouest (XIe-XIIe siècles), pp. 219-235.

    73 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] monachi Sancti Maclovii [ecclesiam] cum cimiterio et integrate parrochie porcionis castelli que ad sortem Oliverii pervenit quiete in posterum teneant, monachi Sancti Jacuti ecclesiam Sancti Salvatoris cum cimiterio et integra parrochia partis castelli que cedit Alano de cetero in pace possideant.

    74 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] sicut via, que a capite pontis tendit par portam et ante ecclesiam Sancte Marie hospitalus usque in haiam, utramque parrochiam dividit […]. Pour l’identification des lieux et la restitution de la ligne de partage entre les deux paroisses : Chédéville, « Dinan aux temps des seigneurs, des origines à 1283 », pp. 15-30.

    75 Barthélémy et De Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, 4, pp. 396-397, doc. n° 9 : […] excepto castello Oliverii quod est parrochie Sancti Maclovii.

    76 Archive Départementale Ille-et-Vilaine, Pontlevoy, copies d’actes du prieuré d’Igné près de Fougères : Virgultum itaque Sicherii et quod a superiori parte Virgulti usque ad Nanson et viam Petroselli continetur de parrochia Beati Sulpitii sunt […]. Que autem a Virgulto Sicherii et ex altera parte a via Petroselli versus Excussam pretenduntur, de parrochia Excusse sunt et erunt […].

    77 Une restitution a été proposée par Charles Le Bouteiller, que Julien Bachelier a tenté de cartographier, mais elle ne repose sur aucun argument tangible : Charles le Bouteiller, Note sur l’histoire de la ville et du pays de Fougères, (Bruxelles : Plihon et Hommay, 1976), vol. 2, pp. 263-266 ; Julien Bachelier, « À l’ombre des clochers. Naissance et développement des églises et des paroisses de Fougères du XIe au XIIIe siècle », Société d’Histoire et d’Archéologie du pays de Fougères, 64 (2006), p. 37.

    78 Une restitution a été proposée par Charles Le Bouteiller, que Julien Bachelier a tenté de cartographier, mais elle ne repose sur aucun argument tangible : Charles Le Bouteiller, Note sur l’histoire de la ville et du pays de Fougères (Bruxelles : Éditions Culture et civilisation, 1912-1913), vol. 2, pp. 263-266 ; Julien Bachelier, « À l’ombre des clochers. Naissance et développement des églises et des paroisses de Fougères du XIe au XIIIe siècle », Société d’Histoire et d’Archéologie du pays de Fougères, 64 (2006), p. 37.

    79 De La Borderie et De La Bigne-Villenueve, « Documents inédits sur l’histoire de Bretagne », pp. 236-237, n° 16 : Locus vero qui Marcheil monachorum appelatur de parrochia beati Sulpitii est et erit […] excepto quod terra Savigneii versus molendinum Peregrine de parrochia Excusse est et erit […]. L’abbaye de Savigny possède des terres à Fougères depuis 1150 : Julien Bachelier, « Histoire d’une ville médiévale. Naissance de Fougères (XIe-XIIIe s.) » (Rennes : Université Rennes 2 [Mémoire de maîtrise], 2002), p. 153.

    80 Dol : chapitre, copie d’actes. Le début de l’acte manque et on ne saurait de quelle paroisse il s’agit, si une main n’avait inscrit, au dos, les mots français : « Accord entre le chapitre de Dol et les religieux du Mont-Saint-Michel touchant les dîmes de Saint-Coulomb ». Cet acte devait appartenir au Liber Alanus.

    81 Daniel Pichot, Le village éclaté : habitat et société dans les campagnes de l’Ouest au Moyen Âge (Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2002), p. 230 ; Marine Bellier, « Les dîmes ecclésiastiques en haute Bretagne du IXe au XIIIe siècle : étude sur la réforme grégorienne et l’espace paroissial » (Rennes : Université de Rennes 2 [thèse de Master], 2010), pp. 254-255.

    82 Sur les conflits de sépultures voir notamment : Jean-Marc Bienvenu, « Les conflits de sépultures en Anjou aux XIe et XIIe siècles », Bulletin Philologique et Historique (1968), pp. 673-685 ; Élisabeth Zadora-Rio, « The making of Churchyards and parish territories in the early medieval landscape. Of France and England in the 7th-12th centuries : a reconsideration », Medieval Archaeology, 47 (2003), pp. 1-19.

    Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge

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    Ce livre est cité par

    • La construction des liens de sujétion à travers les enquêtes en Provence entre le XIIIe et le XIVe siècle. DOI: 10.70675/bde868a1z61ffz4ea4zb6a4z7cd7fa5793cd
    • "Habiter", entre normes et folie : cliniques et politiques du seuil. DOI: 10.70675/cc7a4803z846ez4740z802ez9970379bc8a8

    Ce chapitre est cité par

    • Pieve, paese è paisaghju. Une histoire spatiale de la plaine du Fretu et de l’Extrême-Sud de la Corse (XIIIe- XIXe siècles). DOI: 10.70675/8be9dcd1z4d6dz4c95z98adz6e9db70b22b2
    • Le roi en son duché : étude sur les relations entre le roi de France et l'aristocratie de Bretagne (1199-1328). DOI: 10.70675/2bc437adzbc65z4ea9z804ezda5db37cf4b7

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    Lunven, A. (2016). Les actes de délimitation paroissiale dans les diocèses de Rennes, Dol, et Saint-Malo (XIe-XIIIe siècles). In N. Baron-Yelles, S. Boisselier, C. François, & F. Sabaté (éds.), Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.12416
    Lunven, Anne. « Les actes de délimitation paroissiale dans les diocèses de Rennes, Dol, et Saint-Malo (XIe-XIIIe siècles) ». In Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge, édité par Nacima Baron-Yelles, Stéphane Boisselier, Clément François, et Flocel Sabaté. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.12416.
    Lunven, Anne. « Les actes de délimitation paroissiale dans les diocèses de Rennes, Dol, et Saint-Malo (XIe-XIIIe siècles) ». Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge, édité par Nacima Baron-Yelles et al., Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.12416.

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    Baron-Yelles, N., Boisselier, S., François, C., & Sabaté, F. (éds.). (2016). Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.12406
    Baron-Yelles, Nacima, Stéphane Boisselier, Clément François, et Flocel Sabaté, éd. Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.12406.
    Baron-Yelles, Nacima, et al., éditeurs. Reconnaître et délimiter l’espace localement au Moyen-Âge. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.12406.
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