I. Les animaux nous parlent
p. 15-22
Texte intégral
1Alors que de nombreuses civilisations vivent ou ont vécu sur une base de coexistence avec les traces animales (au point qu’il n’existe à leurs yeux qu’un seul Tout-monde, défini par la Relation), la société occidentale, au moins depuis Descartes, s’est résolument écartée des animaux, les excluant au titre de bêtes, et ne tolérant leur présence qu’en situation domestique ou alimentaire. Il y a certes de bonnes raisons pour lesquelles un être rationnel se doit d’exclure l’animal ou s’en garder. L’animal inquiète en ce qu’il nous confronte au tout autre et fait vaciller notre identité. Ce que « chaque animal peut nous communiquer, pour peu que nous sachions en « décider » dans l’obscurité du désir, c’est la profondeur la plus insaisissable du monde réel : sa contingence, son mouvement, son anarchie », affirme Georges Bataille1, qui s’en explique ainsi : « La bête est pour nous l’un des signes les plus puissants de l’inexplicable », ce qu’il appelle l’hétérogène, et qu’il illustre en évoquant l’absurdité de la forme du chameau ou la lubricité du derrière des grands singes. Ailleurs, il évoquera en ces termes ce sentiment : « Rien à vrai dire n’est aussi impénétrable pour nous que cette vie animale dont nous sommes un prolongement ». Termes que reprendra Jean Baudrillard lorsqu’il affirme, en distinguant à son tour entre bête et animal : « Partout la bestialité doit céder le pas à l’animalité réflexe, exorcisant un ordre de l’indéchiffrable, du sauvage, dont précisément les bêtes, par leur silence, sont restées l’incarnation »2.
La question animale : états des lieux
2Mais la bête s’anime, pour finir, et, ce faisant, nous anime aussi. La question animale a suscité de nombreux débats ces dernières années dans le champ littéraire, philosophique et scientifique. Ce n’est sûrement pas notre propos ici de nous pencher sur la question de la souffrance animale. Mais il est important de constater que la fréquence de la figure de l’animal dans la littérature francophone contemporaine rencontre une problématique actuelle dans d’autres disciplines. Voilà donc que des penseurs se sont mis à « suivre » l’animal, pour reprendre un mot de Derrida. Quand bien même la littérature s’ingénie à lui attribuer la parole, c’est avant tout le silence de l’animal, sa mutité, qui semble poser une énigme pour le lecteur qui s’associe à ses errances. Ce dernier s’engage dans une espèce de course-poursuite face à l’énigme du retrait de l’animal. Le lecteur se positionne donc en tant que chasseur, à l’affût d’une bête qu’il suit après l’avoir chassée – alors que selon J.-C. Bailly3, c’est en réalité l’humain qui s’est exclu du monde animal et qui, depuis cette exclusion, parle, c’est-à-dire interroge le versant muet de son être et de son autre.
3Si dans le monde anglo-saxon, la question des droits de l’animal préoccupe les chercheurs depuis bien plus longtemps, on voit depuis une quinzaine d’années les chercheurs français se pencher sur la question, multipliant colloques et publications4. Pourquoi donc cette soudaine fixation sur l’animal ? Et quel rapport à la littérature ? Il ne s’agit pas ici de verser dans des considérations philosophiques ou éthiques, mais nous ne pouvons nier l’importance ni l’influence décisive qu’ont eu dans ce domaine les travaux de Dominique Lestel sur la réévaluation des rapports homme/animal. L’Occident a défini l’humain contre l’animal, déclenchant une terrible violence envers ce dernier. Or pour Lestel, « la question importante n’est pas celle de savoir comment vivre avec l’animal mais comment je me constitue à travers l’animal, et inversement comment certains animaux se constituent à travers moi. La connexion homme/animal est donc première par rapport à l’individuation plus ou moins apparente des uns et des autres »5. L’animal ne saurait donc être réduit à une machine, comme l’a soutenu Descartes, qu’on a pris, peut-être un peu hâtivement, l’habitude d’accuser de cette exclusion. Pour J.-F. Chevrier et C. Maurice, « l’animalité est un mot des philosophes, qui en avaient besoin pour définir l’homme, définir les limites internes de l’humain, le point, le moment où l’homme en amont de son apparition se perd, le moment où le mot « homme » ne peut plus être appliqué à la réalité de l’homme en général ou d’un homme en particulier : l’animalité est en somme une ouverture dans l’identité prêtée à l’homme par son semblable, une sorte de réserve mise à une reconnaissance, un trouble de l’identité spéculaire. L’animalité n’est pas seulement le monde animal, mais plutôt une marque, la façon de nommer le hors-champ de l’humain, une marque d’infamie à la surface de l’espèce humaine, une ascendance honteuse »6. Cependant, cette tendance ne prévaut guère plus dans la littérature actuelle, l’animalité étant loin d’y être encore « l’uniformisation négative d’un pluriel de différences »7. Dominique Lestel affirme que nos relations avec les animaux n’ont de sens « que dans des histoires à travers lesquelles nous créons nos identités et celles des agents en questions » (L, 714). Selon Lestel toujours, « la bonne question n’est donc pas de savoir si les animaux sont des personnes mais si nous sommes prêts à vivre dans une société dans laquelle certains animaux au moins pourraient être considérés comme des personnes. Sommes-nous vraiment prêts à travailler pour qu’on puisse légitimement les considérer comme telles ? Je pense que c’est en particulier là que la littérature a un rôle majeur à jouer. Toute la tradition culturelle européenne a considéré qu’en abaissant l’animal on élevait l’humain. Nous réalisons aujourd’hui que c’est plutôt en complexifiant l’animal qu’on augmentera substantiellement la densité de l’humain » (L, 715)8.
4Dans la philosophie française actuelle les travaux sur le « Devenir-animal » de Deleuze, sur l’« Animot » de Derrida, et le « Versant animal » de Bailly ont fortement contribué à dessiner un nouvel espace de pensée, en réalité déjà exploré en littérature par un petit nombre d’auteurs. Anne Simon est l’une des premières à poursuivre cette quête animalière dans la littérature française du XXe siècle9. En se basant sur les œuvres de Kessel, de Genevoix et de Jean Rolin (nous reviendrons sur ce dernier cas plus tard dans notre étude), elle décrit l’animal comme « un être de fuite ou d’esquive imposant au lecteur qui devient chasseur un décryptage de ces traces », – ce dernier se lançant donc dans « un paradigme de l’indice », une sorte de traque qui débouche sur une nouvelle relation. La littérature faciliterait ainsi la découverte d’une fraternité fondamentale des hommes et des bêtes. Cette fraternité fut l’objet d’étude de Lucile Desblache : à la lueur d’écrits antillais tels que ceux de Chamoiseau et de Glissant, elle découvre une célébration de « la diversité du monde animal et naturel où baigne l’homme », une mise en cause de la « frontière » « qui sépare humains et animaux, au profit de nouvelles zones de contact »10. Enfin, signalons le travail de Lucie Campos, qui, à partir des œuvres de W.G. Sebald et de J.M. Coetzee, souligne l’importance de la figure animale pour une littérature qui conjugue « crise du réalisme, crise des cadres de l’éthique et nouvelle crise du langage », en ce que l’animal prévient tout « figement identitaire »11.
Le silence animal
5Pourquoi la littérature éprouve-t-elle ce besoin de se tourner constamment vers la question animale ? Quelle est la distinction qu’elle instaure entre l’animal et la bête ? Où se place la sauvagerie dans cette thématique ? Les animaux ont tous été sauvages avant d’être soumis à la domestication : si certains sont restés sauvages, c’est qu’ils n’ont pas subi de sélection par l’homme. Mais domestiqués, ils peuvent aussi redevenir sauvages : les catégories animalières évoluent dans l’espace et le temps, elles sont constamment en mouvance. Sans doute ce va-et-vient par lequel les animaux se rapprochent de l’homme ou s’en éloignent, est-il pour quelque chose dans la fascination que l’homme éprouve à leur égard. Depuis toujours, l’animal fut l’objet d’affabulation en littérature que ce soit dans la culture orale ou écrite, ou dans les dessins préhistoriques. Mais une constante s’en dégage : nous n’arrivons à qualifier l’animal qu’en fonction de sa relation avec l’homme, seule condition qui favorise un transfert d’affect envers l’animal. Et sur ce plan l’octroi de la parole aux animaux, auquel s’adonne si souvent la littérature, à travers fables et métamorphoses, constitue bien une arme à double tranchant, puisqu’elle nie l’animalité en même temps qu’elle humanise la bête12.
6De fait, nous ne pouvons contourner une question centrale de notre étude : un animal qui parle, est-ce vraiment un animal ? Car c’est le langage qui permet le déclassement des animaux au profit de l’humain. La singularité de l’animal est définie par l’homme et elle l’est au moyen de mots. Selon J.-C. Bailly, la littérature peut toutefois inverser ces rapports de domination : « le jeu de la fable est de faire parler les animaux et, en leur accordant le logos, non de les faire rentrer dans le rang, mais de nous faire sortir nous, du nôtre »13. Si l’animalité qu’explore la littérature désigne la parenté ressentie face aux animaux, continue-t-il, « il n’y a pas plus de sens à aller dénicher, dans l’homme, des parcelles d’animalité que d’accorder aux animaux, comme cela se fait sentimentalement, quelque chose d’humain ». Bailly poursuit sa réflexion en affirmant : « il va de soi aussi que, sans que nous puissions aucunement entrer dans les représentations que les animaux se font du monde, nous pouvons tout de même tenter de suivre leurs lignes et d’élargir par là même notre propre appréhension et nos propres modalités d’approche, tenter de nous pénétrer d’un peu de ce qu’ils sont dans le monde et de ce qu’ils ont à disposition comme monde »14.
L’animal dans l’homme
7Comment donc renouer avec l’animal, alors que tout semble nous éloigner de lui. Ainsi, l’animal est souvent associé à la folie. Comme l’a démontré Foucault15, les fous furent longtemps considérés comme des animaux, et traités comme tels. La folie peut être vue comme le rapport de l’homme envers son animalité : une régression vers un stade antérieur à l’humain. Selon Foucault, « le dressage du fou ne vise pas à élever le bestial vers l’humain mais à restituer l’homme à ce qu’il peut avoir de purement animal, l’animalisation le protégeant des dangers de sa maladie en l’endurcissant contre la faim, la chaleur, le froid, la douleur »16. Cette conception offre de l’animal une vision tronquée : pour des aliénistes tels qu’Esquirol ou Morel, l’animal serait aliéné de ses besoins, vivant dans un état de perpétuelle voracité. Il exercerait des mouvements sans en connaître la cause. Instinctif, il n’aurait aucune conscience de soi. Enfin son langage est atrophié. L’animal serait donc comme l’idiot ou le dégénéré : un « être incomplet ». Et Foucault, notant que la culture occidentale a mis longtemps avant d’accepter l’évidence que l’animal participait à la plénitude de la nature, à sa sagesse et à son ordre, conclut que cette idée n’a pas encore, au XXe siècle, pénétré bien profondément dans les mentalités. Nous retrouverons ce trait dans notre analyse de Moi L’interdite, roman d’Ananda Devi, dont l’héroïne, enfermée parce que considérée comme folle par ses proches, réagira à son enfermement en poussant plus loin cette métaphore animale de la folie, jusqu’à la métamorphose, en évoluant selon un « devenir-animal » deleuzien. Baudrillard à son tour formulera sans ambiguïté ce rapport des bêtes à l’aliénation, créant de surcroît un lien entre animalité, folie et racisme : « Au fond, la filière qu’ont suivie les bêtes n’est pas différente de celle de la folie et de l’enfance, du sexe ou de la négritude. Logique de l’exclusion, de la réclusion, de la discrimination »17.
L’animal comme être de fuite
8À l’encontre des vues réductrices des aliénistes, la littérature contemporaine perçoit en effet l’animal comme un accélérateur de fuite, en l’inscrivant dans le concept mouvant du « devenir ». Le rapport individuel qui se tisse entre le chasseur et sa proie a fasciné plus d’un écrivain. Songeant au cas classique de Moby Dick, qui ne se définit pas seulement « comme une allégorie du mal, de la passion, de la folie ou de l’inconscient, mais aussi et surtout un cachalot, se définit avant tout par sa fuite devant l’homme »18, Anne Simon fait de la traque en tant que « parcours d’espaces » un motif majeur dans la littérature du XXe siècle, en partie liée au processus de création : « Plus l’animal fuit, plus l’écrivain le cherche, dans une poursuite qui le mène non seulement vers une des caractéristiques fondamentales du rapport des bêtes aux hommes – l’esquive –, mais aussi vers lui-même ». Tel est, selon Simon, le cas de Moby Dick, « qui représente le paradigme de l’animalité et, pour l’homme, du désir d’altérité ». Moby Dick, poursuit-elle, se laisse caractériser par trois points majeurs : premièrement, « il appartient à une espèce radicalement différente, vivant dans un élément où l’homme ne peut survivre ; il représente tout à la fois un danger physique, une remise en cause de soi et un désir d’accomplissement ; il se confond, on l’a vu, avec une esquive qui a partie liée avec le mouvement même de la narration, celle-ci se terminant abruptement une fois la proie enfin apparue »19.
9Cependant, ce mouvement de traque n’est pas irréversible : à tout moment il peut s’inverser. Jacques Derrida choisit de mettre en relief cette interversion permanente des rôles : « Je ne sais plus qui …je suis ou qui je chasse. Qui vient avant et qui est après qui. Je ne sais plus où donner de la tête »20. Nous évoquerons plus tard L’esclave vieil homme et le molosse, récit de Patrick Chamoiseau qui se construit autour d’une telle alternance des rôles dans la traque entre l’homme et l’animal. L’animal ne se transforme plus en humain comme dans les contes ou mythes, mais en un « autre lui-même ». Il ne s’agit pas de lui donner une forme humaine, mais plutôt de l’inscrire dans (de le restituer à) un « devenir » incessant. Pour reprendre les propos de Bailly cité par Simon : « les indices, les signaux et les traces » ont pour fonction chez l’animal en fuite de marquer non pas la présence, mais « l’éclipse, l’intermittence, l’effacement »21 – un effacement qui peut aller jusqu’à l’extinction pure et simple des espèces, comme en témoigne le beau roman d’Eric Chevillard, Sans l’ourang-outan22, dans lequel une bande d’humains tente de devenir « singe » dans l’espoir vain de raviver l’espèce disparue, et d’ainsi sauver un monde finissant. Le lecteur à son tour devient ce chasseur virtuel qui traque le sens en décryptant les signes de l’animal, non pas en vue d’établir sa présence, mais son incessante et insistante disparition.
La place des animaux dans les nouvelles écritures
10Il semblerait que l’actuelle littérature francophone, parce que moins ancrée dans une tradition pesante, soit mieux placée que son aînée métropolitaine pour pousser plus loin l’expérience animale, la relation animale et les métamorphoses qu’elles permettent. Ces transformations multiples se heurtant à « la difficulté de penser et de définir les bêtes à travers la tradition philosophique occidentale », comme l’affirme Lucile Desblache23, il s’agit donc d’imaginer de nouvelles zones de contact ; et la poétique du vivant pratiquée par les auteurs caribéens favorise précisément la création de telles zones, selon D. Lestel, nous permettant de nous ouvrir enfin au monde non humain :
Ces écrivains, inquiets de se défaire des références établies et des fondements dualistes qui sont à la base des cultures occidentales, proposent des textes qui sortent des deux modèles de pensée prédominants, l’un anglo-saxon et l’autre, « gréco-continental », établi dans la longue tradition humaniste des présocratiques à Derrida. À l’aube du XXIe siècle, où les modes de pensée anglo-saxons dominent dans le domaine fraîchement établi des Animal Studies, l’émergence d’une « trace » originale, comme pourrait la désigner E. Glissant, est unique dans le monde de l’expression française. La pensée créole d’aujourd’hui valorise les culturelles plurielles, leurs rencontres et leurs hybridités ; elle souligne que les perceptions dualistes sont des « mèmes » colportés et transmis, et rend compte de l’instabilité des frontières, en particulier de celles qui dissocient nature/cultures et espèces humaines/non humaines. Cette méfiance à l’égard de barrières trop bien gardées se retrouve dans l’attitude caribéenne vis-à-vis des productivités littéraires et philosophiques, pensée et représentation y étant conçues comme deux éléments indispensables à toute forme d’écriture24.
Notes de bas de page
1 G. Bataille, Œuvres complètes XI, Paris, Gallimard, 1988 cité par E. Arnould-Bloomfield dans « De « l’aspect » au sacrifice : L’animal dans les premiers textes de Georges Bataille », Contemporary French and Francophone Studies, Vol. 16, n° 4, September 2012, p. 500. Cependant, en soutenant que, dans les dessins rupestres de Lascaux, l’homme chercha à se distancier de l’animal, Bataille ne remet-il pas en cause leur obscure relation ? Tout retour vers l’espèce antérieure serait une régression : ce à quoi échappe toutefois la notion deleuzienne de « devenir-animal ».
2 J. Baudrillard, Simulacres et simulations, Paris, Galilée, 1981, p. 188. L’auteur s’y révolte contre les pratiques dégradantes dans les élevages industriels, auxquelles il oppose le caractère sacré des bêtes sacrifiées autrefois, où celles-ci étaient « objet de terreur et de fascination, mais jamais négative, toujours ambivalente » (p. 196). Dans l’ordre de la domestication toujours dégradante, Bataille donne l’exemple du cheval qui soudain s’emballe (Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1988, XI, p. 169).
3 Dans son avant-propos à l’ouvrage de C. Coquio, L. Campos et J.-P. Engélibert, La question animale entre science, littérature et philosophie, Presses Universitaires de Rennes, 2011.
4 Citons parmi d’autres, l’ouvrage de Lucile Desblache La plume des bêtes (Paris, L’Harmattan, 2011) ; celui de J.-C. Bailly, Le versant animal (Paris, Bayard, 2007) ; et celui de J. Poirier, L’animal littéraire (Presses univ. de Dijon, 2010). Voir aussi le dossier À quoi bon l’animal ? in La Sœur de l’Ange, 11, printemps 2012, Paris, Hermann. Et surtout le programme de recherche en zoopoétique dirigé par Anne Simon sur les Animots.
5 Dominique Lestel, L’Animal singulier, Paris Éd. du Seuil, 2004, p. 717 (L).
6 Jean-François Chevrier, Christine Maurice, L’animalité, Critique n° 375-376, 2004, p. 838.
7 Ibid.
8 On se souviendra ici, à rebours de tous les Buffon, de la classification « chinoise » évoquée par J.-L. Borgès dans son Manuel de zoologie fantastique (1957) à laquelle fait écho la nomenclature donnée par Valère Novarina dans Je, tu, il (Arfuyen, Paris, 2012), dont on peut citer encore Le discours aux animaux, où revient une liste similaire, indexant le rapport de l’animal avec « lalangue ».
9 A. Simon, « Chercher la trace, écrire l’esquive : l’animal comme être de fuite, de Maurice Genevoix à Jean Rolin », in C. Coquio, L. Campos et J.-P. Engélibert, La question animale entre science, littérature et philosophie, Presses Universitaires de Rennes, 2011, p. 167-181.
10 Cité dans La question animale entre science, littérature et philosophie, p. 14.
11 Ibid.
12 Même si Louis Marin a rappelé comment on faisait jadis d’Esope, inventeur de la fable animale, bègue et laid, un portrait d’homme-bête.
13 Jean-Christophe Bailly, « Les animaux sont des maîtres silencieux », in C. Coquio, L. Campos et J.-P. Engélibert, La question animale entre science, littérature et philosophie, p. 17.
14 Id., p. 21, 23.
15 M. Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1982, p. 162.
16 Id., p. 152.
17 J. Baudrillard, op. cit., p. 197.
18 A. Simon, « Chercher l’indice, écrire l’esquive : l’animal comme être de fuite, de Maurice Genevoix à Jean Rolin », in C. Coquio, L. Campos et J.-P. Engélibert, La question animale entre science, littérature et philosophie, p. 167-181.
19 Id., p. 170.
20 J. Derrida., L’animal que donc je suis, Paris, Galilée, 2006, p. 27. À noter que l’auteur préfère mettre « animal » au pluriel irrégulier, en référence à la meute et à la langue qui fait défaut – ce qui favorisera le jeu de mot sur « animot ».
21 Op. cit., p. 174.
22 E. Chevillard, Sans l’orang-outan, Paris, Éd. de Minuit, 2007. À rapprocher de Nos animaux préférés, d’Antoine Volodine (Seuil, 2006), assortiment de contes post-humains, dans lesquels, sur une terre quasiment dépeuplée, l’avenir de l’homme ne dépend plus que de son impossible croisement avec des pachydermes esseulés.
23 L. Desblache, « Sur la trace des bêtes : nouvelles écritures caribéennes du vivant », dans La question animale entre science, littérature et philosophie, p. 197.
24 Cité dans C. Coquio, L. Campos et J.-P. Engélibert, La question animale entre science, littérature et philosophie, p. 200.
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