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    Plan détaillé Texte intégral Questionnement autour des résiliences au Mexique Conclusion Annexe : Le mouvement « Yo soy 132 », communiqué de presse à diffuser aux médias français et internationaux, à la population en général Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    E-révolutions et révolutions

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La démocratisation, les manipulations des moyens de communication au Mexique et le mouvement « Yo soy 132 »

    Lidia Yolanda Lopez

    p. 243-262

    Résumé

    Résumé : Pour assurer la démocratie, le Mexique a besoin d’établir une concurrence effective dans le secteur des télécommunications, et de réformer les procédures administratives en vigueur pour l’octroi de concessions pour la radio et la télévision, afin de garantir la liberté d’expression, et de créer des médias comme outils préservant l’intérêt social de la manipulation médiatique. Le mouvement « Yo soy 132 » (« Je suis le 132 ») a manifesté notamment pour démocratiser les médias, et s’est appuyé sur les réseaux sociaux via Internet avec une volonté politique.

    Texte intégral Questionnement autour des résiliences au Mexique Pourquoi les jeunes sont-ils absents depuis 1968, et comment est apparu le mouvement « Yo soy 132 » dans les médias et les réseaux sociaux de cinquante pays du monde, aujourd’hui ? Le mouvement « Yo soy 132 » peut-il être considéré comme une e-révolution favorable à la démocratie au Mexique ? Le mouvement « Yo soy 132 » demande-t-il la transformation des moyens de communication au Mexique ? Peut-on considérer que le contrôle exercé par l’autorité électorale IFE (Institut Fédéral Électoral) ne laisse aucun doute quant à la légalité et la légitimité de l’élection présidentielle, qui porta au pouvoir Enrique Peña Nieto dans un pays démocratique constitutionnel ? Peut-on comparer le mouvement « Yo soy 132 » avec le « Printemps arabe » et l’appeler « Printemps à la mexicaine » ? Conclusion Annexe : Le mouvement « Yo soy 132 », communiqué de presse à diffuser aux médias français et internationaux, à la population en général Bibliographie Références Réseaux sociaux Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    « L´unique dictature qui persiste en Amérique latine est la dictature des médias. »
    Rafael Correa, président de l’Équateur

    1Pour établir une liberté d’expression démocratique au Mexique, il est nécessaire que les moyens de communication et les chaînes de télécommunication ne soient pas monopolisés. Des étudiants ont créé le mouvement « Yo soy 132 » (« Je suis le 132 ») et ont manifesté, notamment pour réclamer la démocratisation et la concurrence des médias, la fin de la corruption et du clientélisme ; pour une véritable démocratie, ils demandent un changement du pouvoir. Le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel)1 est resté plus de soixante-dix ans à la tête du pays, et après douze années d’interruption, il a repris la présidence le 1er décembre 2012. « Yo soy 132 » est un mouvement pacifique et autonome, qui promeut la participation politique après un silence de quarante-quatre ans, très précisément depuis 1968. Actuellement, il s’appuie sur les réseaux sociaux via Internet dans cinquante pays. De nos jours, il ne suffit pas simplement d’écouter : une efficacité démocratique des résultats, passant par la participation citoyenne, est nécessaire, comme notre actuel président Enrique Peña Nieto l’avait promis2 avant son élection.

    2Originaires d’un pays riche de traditions et coutumes ancestrales, impressionnant par ses beautés naturelles, bénéficiant de tous les types de climats, de végétations, de nourritures, à l’art et l’artisanat aux coloris chatoyants… nous nous sommes rendus en France, pays de naissance des droits de l’Homme, où la liberté d’expression et les responsabilités civiles et sociales sont protégées, où existent la liberté, l’égalité et la solidarité.

    Questionnement autour des résiliences au Mexique

    3Initialement, cherchant sur Internet s’il existait une comparaison de l’e-révolution en Tunisie avec le Mexique et le mouvement des étudiants « Yo soy 132 », je me suis aperçue qu’il n’y avait aucune comparaison, parce que le mouvement 132 est un mouvement pacifique. Pour autant, quelles que soient les différences, la liberté d’expression et de communication se trouve menacée et parfois même confisquée au Mexique.

    4Dans cet ordre d’idées, cinq questions peuvent être posées :

    Pourquoi les jeunes sont-ils absents depuis 1968, et comment est apparu le mouvement « Yo soy 132 » dans les médias et les réseaux sociaux de cinquante pays du monde, aujourd’hui ?

    5Le silence de la jeunesse a duré quarante-quatre ans parce que le 2 octobre 1968, sur la place des Trois Cultures à Mexico, des centaines d’étudiants ont été massacrés, alors qu’ils revendiquaient la liberté d’expression et la démocratie. Ce jour-là, le gouvernement a envoyé l’armée pour faire feu sur les étudiants et mettre fin à la manifestation, qui pouvait perturber le début des Jeux olympiques. Le président Adolfo Lopez Mateos est pleinement responsable d’un tel massacre.

    6De là, les pratiques violentes ou autoritaires du PRI ne sauraient continuer plus longtemps.

    7Le mouvement « Yo soy 132 » a commencé par une révolte à l’université ibéroaméricaine3 de Mexico le 11 mai 2012, suite à la désignation de Enrique Peña Nieto, et contre l’oligarchie démocratique. Les étudiants ont hué le candidat à l’élection présidentielle Peña Nieto dont ils dénonçaient la participation au forum Le Bon Citoyen Ibéro, qui a apporté son soutien à trois des quatre candidats à l’exécutif.

    8Les étudiants n’ont pas été satisfaits de la réponse apportée par le candidat Enrique Peña Nieto à propos du conflit à San Salvador Atenco4. En effet, celui-ci a affirmé qu’il avait pris la décision d’utiliser la force publique pour rétablir l’ordre à Atenco, puisque c’est un droit de l’État et même une obligation de l’exécutif.

    9Les étudiants ont vivement réagi à cette réponse. En effet, ils ont raccompagné le candidat au pas de course en criant « Dehors ! dehors ! dehors ! », le contraignant à se cacher et à sortir par la porte arrière, où il a été rejoint. Peña Nieto a été alors accueilli par des masques de Carlos Salinas de Gortari, l’ex-président du Mexique, et par des slogans, des pancartes et des messages tels que « Je te déteste », « Aucun applaudissement à cet assassin », « On n’oublie pas Atenco5,6 ».

    10Or par la suite, il fut rapporté dans les médias, les journaux et dans les vidéos sur YouTube, que la visite de Enrique Peña Nieto avait été un succès total7 et que les étudiants avaient très bien reçu le candidat lors de sa conférence. À la télévision comme dans les vidéos, des personnes se sont largement exprimées qui, prétendant étudier à l’université, appuyaient la candidature de Peña Nieto et déclaraient vouloir voter pour lui. Les mêmes témoignages accusaient les étudiants fauteurs de troubles d’être autant d’extrémistes de gauche.

    11Les étudiants ont dénoncé ces allégations mensongères. Puis, un par un, ils sont apparus dans une vidéo sur YouTube, montrant leur carte d’étudiant avec leur numéro d’enregistrement à l’université ibéroaméricaine. Ils ont affirmé n’avoir été ni achetés ni manipulés par quelque parti politique que ce soit.

    12Cependant, sur cette vidéo, il n’y avait que 131 participants. Aussi des informations virales ont commencé à se propager dans les réseaux sociaux, parmi les étudiants de diverses facultés, publiques et privées. La dénomination générale « Yo soy 132 » (« Je suis le 132 ») a diffusé à travers le monde dans cinquante-deux pays8. Par exemple en France, il est possible de trouver des membres du mouvement à Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse, ou Dijon9.

    Le mouvement « Yo soy 132 » peut-il être considéré comme une e-révolution favorable à la démocratie au Mexique ?

    13Effectivement, le mouvement est considéré comme une e-révolution en faveur de la démocratie, une manifestation pacifique relayée grâce aux réseaux qui luttent pour la liberté d’expression, dans trente-deux États mexicains et dans le monde entier. Les jeunes sont descendus manifester dans les rues de cinquante pays.

    14Et quand on parle d’une e-révolution qui vise à la liberté d’expression et la démocratisation des médias, l’interaction entre les jeunes, la participation à l’agenda politique, la transparence des responsabilités des partis politiques, des dépenses de campagne, le droit à l’information sur la période des fonctionnaires, le droit à la vérité dans les médias avec une analyse critique sans manipulation : n’est-ce pas là la définition de la démocratie ? C’est-à-dire, tout simplement, le droit de défendre les droits de l’Homme dans l’évolution politique, économique et sociale.

    15Par contre, pour comprendre l’organisation du mouvement « Yo soy 132 », il est nécessaire de connaître quelques lignes directrices de son architecture.

    16L’assemblée locale autonome se compose d’un groupe de personnes appartenant à un établissement d’enseignement ou à une fraction définie de la population, qui se réunit pour prendre des décisions concernant le mouvement. Chaque assemblée élit régulièrement deux porte-parole qui se succèdent par rotation, et qui sont chargés de porter à l’Assemblée Générale Interuniversitaire (AGI)10 les propositions émanant du dialogue interne.

    17Pour sa part, l’AGI est intégrée dans 130 assemblées locales à travers le pays et le monde, qui se réunissent avec les représentants de chaque assemblée locale et leurs observateurs respectifs. Cette dernière a pour charge d’appuyer les décisions locales et générales qui ont été prises précédemment.

    18Ce mouvement étudiant populaire s’articule autour de huit principes généraux permettant de coordonner et synchroniser tous les comités et, à terme, de contribuer à la sensibilisation du public.

    19Ainsi, à la lumière des droits de l’Homme11 et sur la base des modalités énoncées dans l’article premier12 indiqué ci-dessous, les principes constitutifs du mouvement13 le définissent comme :

    • non partisan : la structure et l’organisation du mouvement sont dépourvues de tout lien organique avec les partis politiques ;
    • pacifique : toutes les manifestations, protestations ou actions subséquentes doivent rejeter toute forme de violence comme moyen d’atteindre leurs objectifs ;
    • rassembleur et pluriel : le mouvement vise à inclure toutes les personnes qui, quelle que soit leur nationalité, partagent les principes régissant l’organisation « Yo soy 132 ». Ainsi, il cherche à reconnaître un lien de solidarité et d’unité dans la lutte, non seulement avec ceux qui veulent en faire partie, mais aussi avec d’autres mouvements – sans que cela affecte leur autonomie. Aussi « Yo soy 132 » n’exclut pas les personnes mais les arguments, sans distinction ni préjudice ;
    • à caractère politique et social : les actions générées au sein du mouvement doivent être liées aux affaires politiques et publiques. Le mouvement veut la construction d’espaces de dialogue, la sensibilisation et le travail de tous les citoyens et, par principe, le développement des valeurs éthiques dans la société ;
    • autonome et responsable : le mouvement construit son autonomie à travers et au sein des commissions qui le composent, et les décisions qu’elles prennent à travers le dialogue. Dans son organisation, les membres assument une responsabilité partagée, et tour à tour reconnaissent et valorisent les accords internes des universités participantes ;
    • respectant la liberté d’expression : à l’intérieur du mouvement sont recherchés un échange horizontal de l’information et la transparence, par la pratique constante du dialogue, et ceci, dans le cadre de la libre expression démocratique que nous recherchons pour chaque Mexicain ;
    • engagé dans la construction de la nation et la transformation de la société : les étudiants qui cherchent à intégrer le mouvement s’engagent à faire de la connaissance une arme pour combattre l’ignorance. Ils s’engagent aussi à une participation active en faveur de la société et la vie publique ;
    • rejetant la fausse démocratie et les restrictions : le mouvement organise ses actions à l’encontre des facteurs qu’il estime opposés à la construction de la démocratie et de la citoyenneté (ce qui est le cas de la corruption).

    20Le mouvement « Yo soy 132 » est un modèle institutionnel qui compte sept comités relatifs à :

    • la sécurité ;
    • la logistique ;
    • les questions juridiques ;
    • les droits de l’Homme ;
    • la coordination ;
    • le contrôle citoyen ;
    • les supports de communication.

    21Le mouvement reconnaît qu’il fait partie d’une communauté qui le précède et le détermine. Partant, il vise à orienter les compétences de ses membres vers des actions utiles à la société et, à terme, à créer les bases de la transformation du pays par la conviction, la sensibilisation, la construction et la mise en œuvre de propositions viables et élaborées de manière interdisciplinaire.

    22Il sait qu’il ne doit pas sous-estimer les connaissances, l’expérience et les opinions des tiers, et croit qu’il est important au contraire de construire un impératif moral et une volonté collective porteurs de changement.

    23Il reconnaît qu’il n’y a pas de différences essentielles entre les individus, mais des inégalités dans les conditions et les circonstances, que le mouvement doit corriger.

    24Il cherche à créer des liens de solidarité et de respect de la citoyenneté, grâce auxquels il est possible d’articuler un plan d’action pour la transformation. Il est organisé par la participation démocratique, plurielle et autonome des assemblées locales horizontales représentées à l’AGI.

    Le mouvement « Yo soy 132 » demande-t-il la transformation des moyens de communication au Mexique ?

    25Le mouvement « Yo soy 132 » demande effectivement l’évolution des moyens de communication, actuellement en faveur de Enrique Peña Nieto14. Par ailleurs, les cas de manipulation des médias sont légion, par exemple dans les journaux d’information qui sont importants pour les agences de presse américaines (telles que AOL Time Warner, Gannett, General Electric, Corporation Nouvelle, la McClatchy Company, The New York Times Company, Washington entreprise, Viacom, Vivendi Universal et Walt Disney Company – soit actuellement la moitié des dix monopoles de télécommunications15 les plus importants), Reuters16 au Royaume-Uni et France-Presse17 en France.

    26La propriété des médias est essentielle à la classe dirigeante et la puissance de communication et de propagation des nouvelles à la télévision est cruciale, car ces canaux véhiculent l’idéologie. Cela existe partout, mais dans le cas particulier du Mexique, il y a deux chaînes de télévision duopolitiques : Televisa et TV Azteca. Certes les monopoles sont interdits dans la Constitution18, mais cela n’empêche pas l’existence d’une économie dysfonctionnelle dans les télécommunications, avec uniquement deux chaînes de télévision et de radio. De plus, Televisa et TV Azteca bénéficient de la « loi Televisa »19, la première dirigée par Emilio Azcarraga et la deuxième par Ricardo Salinas Pliego. En outre, Carlos Slim contrôle Telmex20et Telecom21 et est considéré comme l’homme le plus riche du monde.

    27De même, les télécommunications au Mexique sont régies par l’Autorité de régulation des télécommunications qui est la Cofetel22 : ses statuts et modalités de fonctionnement sont suffisamment ouverts pour permettre une prestation de services complets et la participation de l’investissement privé, national et étranger. Il s’agit d’un organisme indépendant du ministère des Communications et des Transports, avec une autonomie technique et opérationnelle.

    28La loi Televisa susmentionnée a donné la possibilité à Televisa (avec des arguments issus du droit de la propriété intellectuelle, de la liberté d’entreprise, du droit d’auteur et de certains aspects du copyright), de toujours pouvoir justifier ce qu’elle affiche dans les médias.

    29La télévision, dominée à la fois par Televisa et TV Azteca, est affligeante quant à son contenu : séries affichant les sentiments humains les plus vils, émissions mettant en avant la criminalité et la drogue, talk-shows23 où les plus démunis sont exposés à confesser des situations personnelles dégradantes. Il s’agit d’une « télé-poubelle » avec un contenu dénigrant, centré sur les rumeurs, les plaintes ou les concours de danse ne valorisant les femmes que d’un point de vue esthétique et non intellectuel, en les humiliant si elles sont sans beauté, sans analyse critique.

    30Une preuve de cette télévision-spectacle peut être trouvée dans la retransmission sur Televisa du mariage d’Enrique Peña Nieto avec Angelica Rivera, l’une des actrices mexicaines les plus célèbres et les plus belles, bénéficiaire d’une large audience par les feuilletons. À travers les émissions diffusées par Televisa, l’image politique d’Enrique Peña Nieto, et partant, du PRI, a été développée.

    31Toutefois, selon l’Institut fédéral électoral (IFE)24, il n’y a aucune preuve qu’il y ait eu achat illégal d’espaces à la radio et à la télévision pour Enrique Peña Nieto. Il n’y a aucune trace que les sondages aient eu un caractère propagandiste en sa faveur, et il a affirmé que le recomptage des districts a été fait conformément au droit25. Et, si l’on regarde du point de vue juridique, les élections ont été effectivement légales et démocratiques, parce qu’il y a eu une participation des citoyens.

    32Ensuite, l’IFE26 a refusé de sanctionner le PRI et Enrique Peña Nieto, pour les actions et la diffusion supposées de propagande à travers la chaîne Televisa entreprises durant la campagne. Avec huit voix pour et une contre, le Conseil général de l’IFE a approuvé le projet dans lequel il a déclaré non fondées les demandes de sanction présentées par le PRD (Parti Révolutionnaire Démocrate) et le PT (Parti du travail) – tous les deux situés à gauche – et le Mouvement des citoyens. Selon le secrétaire exécutif Edmund James Molina, les arguments n’étaient pas suffisants pour sanctionner cette intervention, non seulement parce que les autres candidats ont également participé à d’autres programmes de radio et de télévision, mais aussi parce que les médias ont la liberté constitutionnelle de sélectionner leur programmation et les nouvelles, faits et personnalités qu’ils considèrent pertinents. Toutefois, le ministre Alfredo Figueroa Fernandez, secrétaire exécutif, est considéré comme ne s’étant pas vraiment donné les moyens nécessaires pour étudier la plainte déposée.

    Peut-on considérer que le contrôle exercé par l’autorité électorale IFE (Institut Fédéral Électoral) ne laisse aucun doute quant à la légalité et la légitimité de l’élection présidentielle, qui porta au pouvoir Enrique Peña Nieto dans un pays démocratique constitutionnel27 ?

    33Finalement, on peut dire qu’Enrique Peña Nieto a gagné légalement. Mais le doute sur sa légitimité demeure, en raison du conflit entre partis politiques qui a mis en lumière un certain nombre de désaccords. Le coordonnateur de la campagne, Andrés Manuel López Obrador (de gauche), et le sénateur Ricardo Monreal ont qualifié l’élection du 1er juillet 2012 comme « la plus sale » de l’histoire électorale mexicaine. La plainte de la gauche contre le candidat à la présidentielle PRI Enrique Peña Nieto, pour dépassement des dépenses de campagne, va dans le même sens.

    34Par ailleurs, après l’élection, le PRD (Parti Révolutionnaire Démocrate), de gauche, a présenté une plainte pour achats de votes28. Mais sa légitimité est contestée par une partie significative de la jeunesse qui a écrit ce qui suit, en faisant usage de sa liberté d’expression sur Facebook : « Le mouvement “Yo soy 132” se pose la question de la légalité et de la légitimité de nos élections, à savoir si elles ont été légales ou sans légitimité parce que le doute au Mexique persiste ». Ils demandent au Conseil général de l’Institut fédéral électoral un éclaircissement sur le comptage des votes et qu’ils soient diffusés sur les réseaux sociaux.

    35Le mouvement « Yo soy 132 » a demandé à l’IFE d’indiquer si dans ce comité figurent des sociétés privées et leur rôle éventuel. Il demande qu’il n’y ait pas de spots publicitaires calomniant les candidats, ou dénigrant et attaquant leur image. Ils demandent pour cela des enquêtes plus transparentes, et que les dépenses de campagne soient clarifiées. En effet, la liste nominative rurale présente une augmentation de plus de 9 millions d’électeurs par rapport à 2006, un phénomène qui crée la suspicion d’un possible favoritisme, et que quelque parti puisse profiter de ce phénomène.

    36Cela est facilité par :

    • l’usage d’un site web commun à toutes les universités, contenant les informations les plus importantes, telles que la presse écrite de diffusion de la lutte. Le propos doit être rapide, efficace et clair et informer sur l’influence de mouvement par le média ;
    • le regroupement de l’information sur les activités menées dans chaque école et chaque niveau général, en la rendant disponible sur le site officiel du mouvement ;
    • la tenue de conférences de presse via un comité de communication, et la recherche d’espaces ouverts à la radio pour diffuser la lutte ;
    • la réponse à l’influence des médias qui dévalorisent leurs activités, par le biais de communiqués de presse émis par une commission nommée par le mouvement ;
    • la promotion de la réforme globale des médias, dont les projets de la société civile doivent représenter au moins 30 % d’espace. Un membre de l’université du film et de la communication a proposé avec d’autres artistes d’unifier, de codifier et de diffuser l’information sur le mouvement dans un long-métrage ;
    • le mouvement est celui des étudiants. Il est non partisan, non lié à un parti politique, ni organiquement, ni financièrement. Ses membres se déclarent laïcs, solidaires, civiques, ce qui les identifie comme « Yo soy 132 » ;
    • le mouvement ne peut pas être considéré comme contre Peña Nieto, mais en faveur de la reddition de comptes, de l’élimination de la corruption, de la recherche du respect de la loi ;
    • les membres du mouvement protestent dans la mesure où le diagnostic et les procédures de l’élection constituent leur ordre du jour. Ils doivent respecter l’exercice démocratique dans l’assemblée, il conduit toujours à organiser une réunion entre les universités à la lumière des nouveaux événements qui ont lieu actuellement à la faculté des sciences de l’Université nationale.

    37De ce qui précède, en somme, il reste le doute quant à la légalité et la légitimité de l’élection présidentielle qui a porté au pouvoir Enrique Peña Nieto. Il apparaît qu’au Mexique, il y a une consolidation lente et incertaine de la démocratie, et bien plus qu’un système d’élections libres, justes et transparentes. Cela suppose la participation des citoyens à la prise des décisions publiques.

    Peut-on comparer le mouvement « Yo soy 132 » avec le « Printemps arabe » et l’appeler « Printemps à la mexicaine » ?

    38Nous ne pouvons pas comparer « Yo soy 132 » aux révolutions démocratiques arabes ni aux Printemps arabes, dans lesquels il y a eu une série de soulèvements populaires dans les pays concernés, principalement dans le nord de l’Afrique, décrite par la presse internationale en tant que telle, à commencer par la Tunisie. Selon le critère de Noam Chomsky29, il est possible d’envisager les manifestations d’octobre 2010 dans le Sahara occidental comme point de départ des émeutes. Dans le cas du Mexique, il peut effectivement advenir de grands changements générateurs d’autres mouvements sociaux de combat pour la liberté d’expression et la démocratie. Mais l’ampleur de la manifestation doit être vue comme une exagération de la presse nationale et internationale.

    39Le mouvement « Yo soy 132 » est né d’une manifestation à l’Université ibéroaméricaine contre le candidat du PRI à l’élection présidentielle. À l’heure actuelle, il représente un conglomérat de différentes façons de penser des étudiants au Mexique. Il ne s’agit pas d’un mouvement de rébellion par les armes, mais d’un mouvement pacifique à travers les réseaux sociaux.

    Conclusion

    40Nous pouvons conclure par ce constat que le mouvement « Yo soy 132 » a initié une « e-révolution » pacifique, et a montré qu’une pensée critique pouvait naître au Mexique. La jeunesse veut sortir de quatre décennies de silence. La liberté d’expression, y compris la liberté de participation politique, a soulevé dans les réseaux sociaux un sentiment de rébellion contre l’oppression oligarchique.

    41Les jeunes reconnaissent, en particulier, le mouvement des étudiants du 2 octobre 1968 et soutiennent une pensée comme celle de Taibo30, étudiant de 1968, qui leur a dit en conférence publique (nous traduisons) :

    « Le néolibéralisme nous a détruits tant en ce qui concerne la santé, que l’éducation et la recherche, par des coupes dans les investissements. Il a provoqué la destruction des chemins de fer, la disparition de Mexicana [transport aérien], la disparition de Luz y Fuerza [Compagnie d’électricité] et a ouvert la porte aux entreprises espagnoles, la capitalisation serait admise au Mexique. En outre, la corruption, en particulier depuis le retour du PRI au Mexique, où une route coûte sept fois plus que dans les autres pays d’Amérique latine, est une insulte à la Nation. »

    42Taibo reconnaît l’existence du mouvement « Yo soy 132 ».

    43Comment on le voit, il est tout simplement impossible d’avoir seulement deux chaînes de télévision : Televisa et TV Azteca, qui déforment l’information et exercent un monopole sur les médias ; la participation démocratique est inefficace, les médias sont manipulés, et le secteur des télécommunications (et notamment la téléphonie portable) est contrôlé.

    44D’autre part, notre autorité électorale, l’IFE, a fait douter de la légitimité de notre démocratie. Nous devons travailler de plus en plus sur l’exigence d’une rigueur dans l’exécution des opérations électorales.

    45En bref, « Yo soy 132 » est un mouvement pacifique qui implique une participation politique, mais non partisane. La preuve en est que les militants ont manifesté et ont des réseaux. L´orchestration d’une e-révolution peut se faire de l’étranger, comme ici en France où « Yo soy 132 » a pu s’exprimer. Bien entendu, la France n’a pas à intervenir dans les décisions électorales souveraines du Mexique (cela relèverait d’une ingérence inacceptable), mais elle est la plateforme de diffusion sur la liberté d’expression et communication.

    46Finalement, ce mouvement « Yo soy 132 » m’a fait réfléchir sur ce dont nous avions besoin au Mexique : la participation à l’agenda politique, la responsabilité des partis politiques, les dépenses de campagne, la transparence, l’exigence des droits de l’Homme au système du PRI, la construction de la connaissance, l’éradication de la pauvreté, de la misère, de la corruption, du narcotrafic, le travail sanitaire, la sécurité sociale, pour être compétents en face de la mondialisation – et surtout la volonté d’y parvenir.

    47Pour le Mexique, il est temps d’écouter, d’exprimer des sentiments critiques après soixante-quinze ans de PRI. Mais avant tout, nous avons besoin d’une volonté politique31 et surtout d’un État efficace par ses résultats, une démocratie certaine et une société prête à changer…

    Annexe : Le mouvement « Yo soy 132 », communiqué de presse à diffuser aux médias français et internationaux, à la population en général

    48Le collectif « #YO SOY 132 France », constitué de citoyens mexicains résidant dans différentes villes de France, tient à informer les médias français et étrangers de la situation politique qui règne dans notre pays à l’occasion du voyage officiel qu’effectue en Europe du 11 au 18 octobre [2012, NDR] Monsieur Enrique Peña Nieto, déclaré président élu du Mexique. L’élection présidentielle mexicaine s’est déroulée le 1er juillet dernier, en même temps que des élections législatives partielles. Des membres de notre mouvement, des organismes internationaux et la population mexicaine en général ont suivi attentivement le processus électoral. Nous avons constaté avec regret que, loin de s’être déroulées dans le respect des règles de la démocratie, elles ont été entachées de nombreuses irrégularités, allant des actes raturés à l’achat massif de voix.

    49Une grande partie de la population au Mexique conteste le résultat qui donne la victoire au candidat du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), Enrique Peña Nieto. En effet, le PRI a eu recours aux plus divers moyens de fraude : l’achat organisé de voix, la coercition, l’intimidation ; de plus, de graves soupçons de corruption pèsent sur les autorités et les institutions électorales, l’Institut Fédéral Électoral (IFE) en tête, dans le but de cautionner la fraude. Le PRI, parti politique né en 1929 et s’étant maintenu au pouvoir pendant plus de 70 ans, est affilié à l’Internationale Socialiste – au sein de laquelle, au demeurant, il entretient d’excellentes relations avec le Parti Socialiste français depuis longtemps. Le PRI a perdu l’élection présidentielle pour la première fois de son histoire en 2000 face au « Partido Acción Nacional » (PAN, droite). Cette alternance du pouvoir avec Vicente Fox du PAN a pu représenter à l’époque un espoir de changement. Cependant, le PRI a conservé le pouvoir dans plus de la moitié des 32 états qui composent le Mexique (État fédéral). Dans ces territoires n’ont cessé de sévir répression, corruption, clientélisme, manipulation des médias, violence ouverte envers les journalistes et, de manière générale, la plus grande opacité non seulement dans la gestion des affaires publiques, mais aussi dans les relations entretenues avec les puissants cartels de la drogue32. Entre autres irrégularités notables, on peut citer les suivantes :

    • Le PRI et son candidat ont largement dépassé le budget alloué aux candidats (Peña Nieto aurait dépensé 2 016 000 000 pesos, la limite étant fixée à 167 260 766,68 pesos33). Il est apparu, suite à l’investigation acharnée de journalistes indépendants, que plusieurs millions d’euros ont été blanchis au travers d’un complexe montage financier international. L’IFE a reconnu le dépassement sans que cela remette en cause le résultat de l’élection34.
    • On a constaté que le nombre de votants donné dans plusieurs circonscriptions est supérieur au nombre de votants inscrits35.
    • De très nombreux cas d’achat organisé des voix, notamment en collusion avec une chaîne de la grande distribution, Soriana36, où l’on a constaté des attroupements de citoyens exigeant d’être payés comme promis37, ainsi que des cas de vote contraint sur les lieux de travail, de bourrage, vol et disparition d’urnes, de saisie frauduleuse dans le système informatique38…

    50Ces nombreuses violations de la loi électorale ont, pour certaines, été reconnues par l’IFE, lequel n’a pas pour autant nécessairement donné suite et encore moins remis en cause les résultats, et ce malgré les très nombreuses preuves matérielles recueillies par les organisations non gouvernementales et les citoyens39. Ceci a été confirmé par la Mission d’experts électoraux de l’Union Européenne (MEE), envoyée au Mexique, tel que le note son rapport sur le déroulement du dernier processus électoral dans notre pays40. Une bonne partie du peuple mexicain n’accepte pas l’imposition d’un président qui, de toute évidence, n’a pas été élu de manière libre et démocratique. Par ailleurs, le curriculum d’Enrique Peña Nieto est entaché de sang et de corruption. En effet, pendant son mandat comme Gouverneur de l’État de Mexico (État adjacent à la ville de Mexico), il a commis de graves violations des droits de l’Homme. Le cas le plus clair de répression commise par les forces de l’ordre est celui qui a eu lieu les 3 et 4 mai 2006 dans le village de San Salvador Atenco à l’encontre des marchands de fleurs qui protestaient pacifiquement avec le soutien des habitants du village et des ONG. Enrique Peña Nieto, dans sa fonction de gouverneur, a refusé tout dialogue et envoyé des milliers de policiers pour réprimer les vendeurs. Résultat : 2 morts, 191 détenus dont 183 ayant subi des brutalités et 31 femmes sur un total de 50 ayant subi des viols et des agressions sexuelles perpétrées lors de leur arrestation. Cela a pu être constaté par diverses ONG qui militent pour les droits de l’Homme dans notre pays, ainsi que par la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Ces faits font l’objet d’une procédure auprès de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme41. Ensuite, lors de la campagne présidentielle, une véritable opération de manipulation de l’opinion publique a été mise à jour le 7 juin 2012 : le quotidien britannique The Guardian a publié une enquête mettant en évidence les contrats secrets signés entre Peña Nieto et Televisa, principal consortium médiatique du Mexique, par lesquels Televisa s’engageait à promouvoir l’image du candidat, mais aussi à discréditer leur principal opposant au moyen d’une stratégie de communication clairement négative et en sa défaveur. Dans cette affaire ont été impliqués également la chaîne TV AZTECA, deuxième conglomérat médiatique, et l’ancien président de la République, Vicente Fox42. L’EPN est une honte pour notre pays : il ne représente pas la volonté du peuple. En ce moment même et avant d’assumer officiellement la Présidence, il voyage dans divers pays d’Europe en qualité de « président élu ». Étant donné le contexte de graves irrégularités et la présomption de fraude qui pèse sur le résultat, le mouvement #YoSoy132 rejette Enrique Peña Nieto43 comme président élu et manifeste sa vive opposition à sa réception officielle par les différents mandataires européens. Le collectif #Yo soy 132 France rejette catégoriquement cette visite en France. Nous exigeons, entre autres, le respect de la démocratie dans notre pays ainsi que l’accès à une information objective et fiable. Nous appelons au soutien du Peuple français ; nous attendons de la France le respect de valeurs qui lui sont chères et que le président François Hollande a promis de porter dans le monde. En recevant Enrique Peña Nieto, le président Hollande pourrait se trouver dans un avenir pas très lointain dans la même situation que le président Sarkozy lorsqu’il recevait des dictateurs tels que Ben Ali ou Khadafi. Nous appelons les médias français et étrangers à remplir leur mission d’information en s’intéressant et en diffusant la vraie situation du Mexique, et des droits de l’Homme en particulier. Une information objective est une contribution à la démocratie dans n’importe quel pays au monde. Depuis 2006 le président sortant, Felipe Calderón, a entamé un programme de lutte contre le trafic de drogue ; aujourd’hui, on estime à 120 00044 le nombre de morts liés à cette « lutte contre le narco » et dont la plupart étaient des citoyens innocents pris dans le feu croisé. Dans ce contexte de violence généralisée, notre droit à la libre expression et à l’information est gravement atteint par la vague de violence qui touche les journalistes et toutes sortes d’activistes. Trente-neuf journalistes ont été assassinés dans l’exercice de leur fonction ces six dernières années (chiffres de l’Association Mondiale des Journaux et de Reporters sans frontières RSF/Reporters Without Borders. « Pour une démocratie authentique »).

    Bibliographie

    Références

    Abbagnano, Nicola, Diccionario De Filosofia, Mexico, Fondo de Cultura Economica, 2000.

    CEPAL, Panorama social de América Latina, <http://www.cepal.org>.

    Carpizo, Jorge, Carbonell, Miguel, Derecho constitucional, Mexico, Éditions Porrúa, 2010.

    Carbonell, Miguel, Diccionario de derecho constitucional, tome AF, 3e édition, Mexico, 2009.

    Transparency International, Corruption Perception Index 2010, octobre 2010.

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    Notes de bas de page

    1 Le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) est un parti né au lendemain de la Révolution mexicaine pour instaurer les idéaux révolutionnaires et fédérer tous les courants politiques révolutionnaires de l’époque. Avec les années, la préservation du pouvoir deviendra la seule inquiétude du Parti qui mènera une politique autoritaire, répressive et corrompue, avec une forte dose de clientélisme. La désignation directe du Président par son prédécesseur est devenue une pratique courante à chaque élection. À partir des années quatre-vingt, le gouvernement mènera une politique fortement néolibérale.

    2 Enrique Peña Nieto, México, la gran esperanza: Un Estado Eficaz para una democracia de resultados, [Le grand espoir du Mexique : un État efficace pour une démocratie des résultats], Mexico, Grijalvo, 2011, p. 51.

    3 Universitad Iberoamericana, <http://http://www.uia.mx/>.

    4 Des militaires ont massacré des paysans et violé des femmes lors du mouvement de résistance civile à la construction sur le territoire du nouvel aéroport de la municipalité de Mexico – un projet qui a finalement été annulé. Atenco est une ville située dans l’État de Mexico, chef de la municipalité d’Atenco, dans l’est de la vallée de Mexico. Son nom vient du nahuatl Bord de l´eau, Atenco se référant à son emplacement sur les rives de l’ancien lac Texcoco. C’est une ville de groupes d’origine préhispanique fondée par les Aztèques et les Toltèques chichimecas autour de 968. Pour en savoir plus : <http://es.wikipedia.org/wiki/San_Salvador_Atenco>.

    5 Version des étudiants : Rius91, « Huida de Peña Nieto de la Ibero », <http://www.youtube.com/watch?v=3OV0A8t1PfA>, 11 mai 2012.

    6 Markovich, « Cobarde Asesino, huida de Enrique Peña Nieto de la Ibero – Atenco no se olvida », <http://www.youtube.com/watch?v=hSc3Fim4_Gk>, 5 juillet 2012.

    7 Version dans les médias d’Enrique Peña Nieto : « Video del sitio de Peña presume “éxito” en visita a la Ibeo », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/05/12/pena-presume-su-visita-a-la-iberocon-sus-simpatizantes>, 13 mai 2012 ; « Visita de Peña Nieto a la Ibero, un éxito: PRI », Diario de Yucatan, <http://yucatan.com.mx/mexico/visita-de-epn-a-la-ibero-un-exito-pri/>, 13 mai 2012.

    8 Un étudiant diplômé de l’UNAM a remarqué que les groupes les plus actifs se trouvent à Londres et dans le Sussex (Angleterre), à Barcelone et Madrid (Espagne), à New York, Washington et Chicago Berckley (États-Unis) et au Québec (Canada). Dante Diego, de l’Université Anahuac, a ajouté que ces groupes se consacrent à diffuser largement des mesures prises par le mouvement, et à faire un rapport sur les irrégularités présumées et la « tentative d’imposition » par les entreprises Monex, Soriana et Televisa du candidat à l’élection présidentielle Enrique Peña Nieto du parti PRI. Plus tard, le 28 juin, les membres du groupe « Yo soy 132 » de Londres et des mariachis se sont regroupés devant les locaux du journal The Guardian, où ils ont donné un concert en signe de gratitude pour la publication par le quotidien britannique de rapports sur les liens présumés entre Televisa et Peña Nieto. Toujours dans la capitale britannique, les jeunes ont pris d’assaut Televisa Deportes lors d’enregistrements effectués dans le cadre des Jeux olympiques. L’expansion dans le monde est une conséquence de la pénétration de la liberté d’expression dans les réseaux sociaux.

    9 Twitter : @YoSoy132Francia, @132_lyon, @gsdsdtk, @lesreseaux, @democratiereell ; sites web : <http://twitter.com/gsdsdtk>, <http://www.yosoy132francia.wordpress.com> ; Facebook : <https://www.facebook.com/pages/Yosoy132-Lyon/134645140009232>, <http://facebook.com/gsdsd>.

    10 Voir le site internet du mouvement à l’adresse : <http://www.yosoy132media.org/quienes-somos/>.

    11 Titre I, Chapitre I des Droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal Officiel de la Fédération le 10 juin 2011).

    12 D’après la Constitution des États-Unis du Mexique, Titre Premier, Chapitre 1, Article Premier (modifié par le décret publié dans le Journal Officiel du 10 juin 2011) : « Aux États-Unis du Mexique, tout individu jouira des droits de l’homme reconnus par cette Constitution et par les traités internationaux ratifiés par l’État mexicain ainsi que des garanties pour leur protection. De telles garanties ne pourront être ni restreintes ni suspendues, sauf si l’on est en présence des cas ou conditions établis par la Constitution elle-même » (traduit par nous, source : <http://info4.juridicas.unam.mx/ijure/fed/9/2.htm?s>).

    13 Voir la page Facebook du mouvement à l’adresse : <http://www.facebook.com/pages/YoSoy132-Derecho-Buap-Anti-Pe%C3%B1a/276010509168348>.

    14 Omar Policroniades, « Publica #yosoy132 pasado oscuro de Televisa y Peña Nieto », La Verdad del Sureste, <http://www.la-verdad.com.mx/publica-yosoy132-pasado-oscuro-televisa-y-pena-nieto-33210.html>, 14 juin 2012.

    15 Federal Communications Commission (FCC), <http://www.fcc.gov/telecom.html>.

    16 Reuters Group Limited.

    17 L’Agence France-Presse (AFP) est la plus ancienne agence de presse dans le monde et l’une des plus importantes avec Associated Press et Reuters. Le siège de l’AFP est situé à Paris, avec des centres régionaux à Washington DC, Hong Kong, Nicosie et Montevideo et des bureaux dans 110 pays. L’AFP transmet des nouvelles en français, anglais, espagnol, arabe, allemand, portugais et russe.

    18 D’après la Constitution des États-Unis du Mexique, Titre Premier, Chapitre I, Des droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal officiel de la Fédération le 10 juin 2011), Article 28 : « Aux États-Unis du Mexique, sont interdits les monopoles, les pratiques monopolistiques […] les débits de tabac et d’exonérations fiscales dans les termes et conditions fixés par les lois ». Le même traitement a été accordé à la protection de l’industrie (Titre interdictions, modifié par le décret publié au Journal officiel le 3 février 1983). […] Ne constituent pas des monopoles les fonctions que l’État exerce exclusivement dans les domaines stratégiques suivants : postes, télégraphie et radiotélégraphie, pétrole et autres hydrocarbures, pétrochimie de base, minéraux radioactifs et production d’énergie nucléaire, électricité et activités expressément prévues dans les lois adoptées par le Congrès. Les communications par satellite et les chemins de fer sont des domaines prioritaires pour le développement national […] (nous traduisons).

    19 La « Loi Televisa » […], de son nom officieux, est connue en raison d’un certain nombre de modifications apportées à la loi fédérale sur les télécommunications (LFT) […] et à la loi fédérale sur la radio et la télévision (LFRTV) […] du Mexique. Elle a été publiée au Journal officiel de la Fédération le 11 avril 2006. Étonnamment, le 1er décembre 2005 une opinion différente de celle abordée au cours des deux années précédentes a été présentée, consistant en une série de réformes ne tenant pas compte des 1 410 propositions faites durant cette période. En outre, cette opinion a été votée à l’unanimité par tous les partis politiques, sans le soutien des participants aux consultations et forums. Elle a été ratifiée par une majorité au Sénat le 21 mars 2006, lors de la dernière année de la présidence de Vicente Fox, peu de temps avant l’élection générale de 2006. […] Vicente Fox aurait opposé son veto à la loi sur les déclarations faites par le ministère des Communications et des Transports contre la loi, mais il a décidé de publier le 11 avril 2006 en faisant valoir que les chambres avaient approuvé la loi démocratiquement ; de fait, la décision est entrée en vigueur. La suspicion a cédé la place à la dissidence et au conflit. La loi a ensuite été baptisée « Loi Televisa » par référence au duopole Televisa/TV Azteca. Apparemment, l’initiative a été un lobbying calme en faveur des chaînes de télévision. Son pari était de saisir le moment d’effervescence politique des campagnes électorales pour convaincre les députés et sénateurs de la nécessité d’une réforme de toute urgence.

    20 Téléphones au Mexique.

    21 Télécommunications.

    22 Commission Fédérale de Télécommunications.

    23 Voir les programmes tels que Laura en Amérique et Choses de la vie.

    24 L’Institut fédéral électoral est un organisme public, autonome et permanent chargé d’organiser des élections fédérales, à savoir celles relatives à l’élection du président de la République, des députés et des sénateurs qui composent le Congrès. La Constitution des États-Unis du Mexique dispose que dans la formation de l’IFE, seuls les citoyens concernés et les représentants du pouvoir législatif de l’UE et les partis politiques nationaux, en lui donnant l’indépendance dans son fonctionnement et la prise de décision, et de la personnalité statut juridique et son propre (source : voir <http://www.ife.org.mx/portal/site/ifev2>).

    25 Alonso Urrutia, « Defiende el IFE a encuestas y medios de comunicación », La Jordana, 19 juillet 2012, p. 7, accessible en ligne à l’adresse <http://www.jornada.unam.mx/2012/07/19/politica/007n1pol>.

    26 <http://www.milenio.com/cdb/doc/noticias2011/65b3d51e743bb2923f9d2cc8926f56e4>.

    27 Voir la Constitution des États-Unis mexicains, Titre Premier, Chapitre I, Des Droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal officiel de la Fédération le 10 juin 2011) :

    « Article 3. Sera démocratique, la démocratie étant considérée non seulement comme une structure juridique et un régime politique, mais comme un mode de vie basé sur des villages économiques, sociaux et culturels constants (modifié par le décret publié au Journal officiel de la Fédération le 5 mars 1993) […]

    Article 40 : C’est la volonté du peuple mexicain constituant une république représentative, démocratique, fédérale, libre et souveraine, dans toutes les questions concernant leurs affaires intérieures, mais unis dans une fédération constituée en vertu des principes de la Constitution. » (nous traduisons).

    28 « López Obrador afirma que el PRI “compró” 5 millones de votos », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/09/lopez-obrador-afirma-que-el-pri-compro-5-millones-de->, 9 juillet 2012.

    29 Avram Noam Chomsky (Philadelphie, États-Unis, 7 décembre 1928-) est un linguiste, philosophe et activiste américain. Il est Professeur émérite en linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et l’une des figures saillantes en linguistique au XXe siècle, grâce à son travail en théorie linguistique et sciences cognitives (source : <http://es.wikipedia.org/wiki/Primavera_%C3%A1rabe>).

    30 Dystopia Films Mexico, « Movimiento 132 y el intento de regreso del PRI (Paco Ignacio Taibo II) », <http://www.youtube.com/watch?v=fQ5N-nZzI1s>, 27 mai 2012.

    31 « Il y a une force motrice plus puissante que la vapeur, l’électricité et l’énergie atomique : la Volonté. » (Albert Einstein).

    32 John M. Ackerman, « The PRI peril », Los Angeles Times, <http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-ackerman-mexico-pri-democracy-20120522,0,5963574.story>, 22 mai 2012 ; « El PRI de Villanueva y Peña Nieto », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=315954>, 2 août 2012 ; « Narco detenido en España, priista sonorense cercano a EPN », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=316610>, 10 août 2012.

    33 « Establece IFE tope de gasto de campaña para elecciones 2012 », Informador.mx, <http://www.informador.com.mx/mexico/2011/338785/6/establece-ife-tope-de-gasto-de-campana-para-elecciones-2012.htm>, 18 novembre 2011 ; « Izquierda estima que el PRI gastó 6 veces el tope de campaña », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/08/la-eleccion-a-tribunal-la-izquierda-acusa-al-ife-de-omiso>, 8 juillet 2012.

    34 « El caso “Monexgate” », <http://blogs.cnnmexico.com/aristegui/2012/08/22/el-caso-monexgate>, 22 août 2012 ; « Una de las empresas ligadas a “Monexgate” es de un priista », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/22/una-de-las-empresas-ligadas-a-monexgate-es-de-un-priista>, 22 juillet 2012 ; Vidéo sur <http://www.youtube.com/watch?v=67QhsEUfwRw>.

    35 Selon le dossier de demande d’annulation présenté par le PRD, on estime à 3 millions les bulletins de vote excédant le nombre d’inscrits. Par exemple : à Tapachula (État du Chiapas), le taux de participation s’élève à 250 % ! À Tabasco on a retrouvé 144 000 bulletins de vote excédentaires et à Oaxaca 35 000 ! Voir « AMLO presenta nuevas pruebas supervinientes del fraude: 4 891 tarjetas “MONEX lealtad” », Regeneracion, <http://regeneracion.mx/?s=amlo+presenta+nuevas+pruebas>.

    36 <http://pulsociudadano.com/2012/07/aristegui-revela-que-gobernadores-del-pri-compraron-a-soriana-2-mil-200-millones-de-pesos-en despensas/>. The Associated Press, « Mexican election marred by accusations of vote-buying », CBCNews, <http://www.cbc.ca/news/world/story/2012/07/03/mexico-election-issues.html>, 3 juillet 2012.

    37 Redacción AN, « Los 10 videos del “Sorianagate” », Aristegui Noticias, <http://aristeguinoticias.com/0907/post-elecciones/los-10-videos-del-sorianagate>, 9 juillet 2012.

    38 Cedlg, « Mexique : victoire fictive du candidat Enrique Peña Nieto aux élections présidentielles », Agoravox, <http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/mexique-victoire-fictive-du-119774>, 11 juillet 2012 ; Romain, Robinet, « Mexique : transition dictatoriale ou révolution démocratique », Le Monde, <http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/20/mexique-transition-dictatoriale-ou-revolution-democratique_1735154_3232.html>, 20 juillet 2012.

    39 Un exemple parmi d’autres : Maria Luisa Vivas, « Tuiteros presentan ante el IFE recurso de nulidad de la elección presidencial », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=314021>, 13 juillet 2012.

    40 EU election Expert Mission Mexico, « INFORME FINAL – Elecciones Generales 1 Julio 2012 », <http://fr.scribd.com/doc/108839690/8-Official-Final-Report-to-IFE-ES> ; « Observadores de la UE reprueban la elección mexicana », Europafocus, <http://europafocus.wordpress.com/2012/10/07/recien-publicado-observadores-de-la-ue-reprueban-la-eleccion-mexicana/>, 7 octobre 2012.

    41 Site internet de Amnistia Internacional, <http://www.es.amnesty.org/> ; « ATENCO : Terrorisme d’état 1/3 », <http://www.youtube.com/watch?v=MAVYCG5dWjM>, 30 mars 2009.

    42 Jo Tuckman, « Computer files link TV dirty tricks to favourite for Mexico presidency. Network alleged to have sold favourable election coverage to top politicians », The Guardian, <http://www.guardian.co.uk/world/2012/jun/07/mexico-presidency-tv-dirty-tricks>, 7 juin 2012.

    43 Enrique Peña Nieto a montré son ignorance lors de sa participation à la Foire internationale du livre de Guadalajara en décembre dernier, quand on lui a demandé quels étaient les trois livres qui l’avaient le plus marqué. Le candidat n’a pu citer que la Bible, après un long silence.

    44 « Mexique, la spirale de la barbarie », Le Monde, <http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/08/23/mexique-la-spirale-de-la-barbarie_1749042_3232.html>, 23 août 2012 ; Paulo A. Paranagua, « Mexique : 95 632 homicides en cinq ans », Blog América Latina (VO), Le Monde, <http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/08/22/mexique-95-632-homicides-en-cinq-ans>, 22 août 2012.

    Auteur

    • Lidia Yolanda Lopez
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    1 Le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel) est un parti né au lendemain de la Révolution mexicaine pour instaurer les idéaux révolutionnaires et fédérer tous les courants politiques révolutionnaires de l’époque. Avec les années, la préservation du pouvoir deviendra la seule inquiétude du Parti qui mènera une politique autoritaire, répressive et corrompue, avec une forte dose de clientélisme. La désignation directe du Président par son prédécesseur est devenue une pratique courante à chaque élection. À partir des années quatre-vingt, le gouvernement mènera une politique fortement néolibérale.

    2 Enrique Peña Nieto, México, la gran esperanza: Un Estado Eficaz para una democracia de resultados, [Le grand espoir du Mexique : un État efficace pour une démocratie des résultats], Mexico, Grijalvo, 2011, p. 51.

    3 Universitad Iberoamericana, <http://http://www.uia.mx/>.

    4 Des militaires ont massacré des paysans et violé des femmes lors du mouvement de résistance civile à la construction sur le territoire du nouvel aéroport de la municipalité de Mexico – un projet qui a finalement été annulé. Atenco est une ville située dans l’État de Mexico, chef de la municipalité d’Atenco, dans l’est de la vallée de Mexico. Son nom vient du nahuatl Bord de l´eau, Atenco se référant à son emplacement sur les rives de l’ancien lac Texcoco. C’est une ville de groupes d’origine préhispanique fondée par les Aztèques et les Toltèques chichimecas autour de 968. Pour en savoir plus : <http://es.wikipedia.org/wiki/San_Salvador_Atenco>.

    5 Version des étudiants : Rius91, « Huida de Peña Nieto de la Ibero », <http://www.youtube.com/watch?v=3OV0A8t1PfA>, 11 mai 2012.

    6 Markovich, « Cobarde Asesino, huida de Enrique Peña Nieto de la Ibero – Atenco no se olvida », <http://www.youtube.com/watch?v=hSc3Fim4_Gk>, 5 juillet 2012.

    7 Version dans les médias d’Enrique Peña Nieto : « Video del sitio de Peña presume “éxito” en visita a la Ibeo », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/05/12/pena-presume-su-visita-a-la-iberocon-sus-simpatizantes>, 13 mai 2012 ; « Visita de Peña Nieto a la Ibero, un éxito: PRI », Diario de Yucatan, <http://yucatan.com.mx/mexico/visita-de-epn-a-la-ibero-un-exito-pri/>, 13 mai 2012.

    8 Un étudiant diplômé de l’UNAM a remarqué que les groupes les plus actifs se trouvent à Londres et dans le Sussex (Angleterre), à Barcelone et Madrid (Espagne), à New York, Washington et Chicago Berckley (États-Unis) et au Québec (Canada). Dante Diego, de l’Université Anahuac, a ajouté que ces groupes se consacrent à diffuser largement des mesures prises par le mouvement, et à faire un rapport sur les irrégularités présumées et la « tentative d’imposition » par les entreprises Monex, Soriana et Televisa du candidat à l’élection présidentielle Enrique Peña Nieto du parti PRI. Plus tard, le 28 juin, les membres du groupe « Yo soy 132 » de Londres et des mariachis se sont regroupés devant les locaux du journal The Guardian, où ils ont donné un concert en signe de gratitude pour la publication par le quotidien britannique de rapports sur les liens présumés entre Televisa et Peña Nieto. Toujours dans la capitale britannique, les jeunes ont pris d’assaut Televisa Deportes lors d’enregistrements effectués dans le cadre des Jeux olympiques. L’expansion dans le monde est une conséquence de la pénétration de la liberté d’expression dans les réseaux sociaux.

    9 Twitter : @YoSoy132Francia, @132_lyon, @gsdsdtk, @lesreseaux, @democratiereell ; sites web : <http://twitter.com/gsdsdtk>, <http://www.yosoy132francia.wordpress.com> ; Facebook : <https://www.facebook.com/pages/Yosoy132-Lyon/134645140009232>, <http://facebook.com/gsdsd>.

    10 Voir le site internet du mouvement à l’adresse : <http://www.yosoy132media.org/quienes-somos/>.

    11 Titre I, Chapitre I des Droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal Officiel de la Fédération le 10 juin 2011).

    12 D’après la Constitution des États-Unis du Mexique, Titre Premier, Chapitre 1, Article Premier (modifié par le décret publié dans le Journal Officiel du 10 juin 2011) : « Aux États-Unis du Mexique, tout individu jouira des droits de l’homme reconnus par cette Constitution et par les traités internationaux ratifiés par l’État mexicain ainsi que des garanties pour leur protection. De telles garanties ne pourront être ni restreintes ni suspendues, sauf si l’on est en présence des cas ou conditions établis par la Constitution elle-même » (traduit par nous, source : <http://info4.juridicas.unam.mx/ijure/fed/9/2.htm?s>).

    13 Voir la page Facebook du mouvement à l’adresse : <http://www.facebook.com/pages/YoSoy132-Derecho-Buap-Anti-Pe%C3%B1a/276010509168348>.

    14 Omar Policroniades, « Publica #yosoy132 pasado oscuro de Televisa y Peña Nieto », La Verdad del Sureste, <http://www.la-verdad.com.mx/publica-yosoy132-pasado-oscuro-televisa-y-pena-nieto-33210.html>, 14 juin 2012.

    15 Federal Communications Commission (FCC), <http://www.fcc.gov/telecom.html>.

    16 Reuters Group Limited.

    17 L’Agence France-Presse (AFP) est la plus ancienne agence de presse dans le monde et l’une des plus importantes avec Associated Press et Reuters. Le siège de l’AFP est situé à Paris, avec des centres régionaux à Washington DC, Hong Kong, Nicosie et Montevideo et des bureaux dans 110 pays. L’AFP transmet des nouvelles en français, anglais, espagnol, arabe, allemand, portugais et russe.

    18 D’après la Constitution des États-Unis du Mexique, Titre Premier, Chapitre I, Des droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal officiel de la Fédération le 10 juin 2011), Article 28 : « Aux États-Unis du Mexique, sont interdits les monopoles, les pratiques monopolistiques […] les débits de tabac et d’exonérations fiscales dans les termes et conditions fixés par les lois ». Le même traitement a été accordé à la protection de l’industrie (Titre interdictions, modifié par le décret publié au Journal officiel le 3 février 1983). […] Ne constituent pas des monopoles les fonctions que l’État exerce exclusivement dans les domaines stratégiques suivants : postes, télégraphie et radiotélégraphie, pétrole et autres hydrocarbures, pétrochimie de base, minéraux radioactifs et production d’énergie nucléaire, électricité et activités expressément prévues dans les lois adoptées par le Congrès. Les communications par satellite et les chemins de fer sont des domaines prioritaires pour le développement national […] (nous traduisons).

    19 La « Loi Televisa » […], de son nom officieux, est connue en raison d’un certain nombre de modifications apportées à la loi fédérale sur les télécommunications (LFT) […] et à la loi fédérale sur la radio et la télévision (LFRTV) […] du Mexique. Elle a été publiée au Journal officiel de la Fédération le 11 avril 2006. Étonnamment, le 1er décembre 2005 une opinion différente de celle abordée au cours des deux années précédentes a été présentée, consistant en une série de réformes ne tenant pas compte des 1 410 propositions faites durant cette période. En outre, cette opinion a été votée à l’unanimité par tous les partis politiques, sans le soutien des participants aux consultations et forums. Elle a été ratifiée par une majorité au Sénat le 21 mars 2006, lors de la dernière année de la présidence de Vicente Fox, peu de temps avant l’élection générale de 2006. […] Vicente Fox aurait opposé son veto à la loi sur les déclarations faites par le ministère des Communications et des Transports contre la loi, mais il a décidé de publier le 11 avril 2006 en faisant valoir que les chambres avaient approuvé la loi démocratiquement ; de fait, la décision est entrée en vigueur. La suspicion a cédé la place à la dissidence et au conflit. La loi a ensuite été baptisée « Loi Televisa » par référence au duopole Televisa/TV Azteca. Apparemment, l’initiative a été un lobbying calme en faveur des chaînes de télévision. Son pari était de saisir le moment d’effervescence politique des campagnes électorales pour convaincre les députés et sénateurs de la nécessité d’une réforme de toute urgence.

    20 Téléphones au Mexique.

    21 Télécommunications.

    22 Commission Fédérale de Télécommunications.

    23 Voir les programmes tels que Laura en Amérique et Choses de la vie.

    24 L’Institut fédéral électoral est un organisme public, autonome et permanent chargé d’organiser des élections fédérales, à savoir celles relatives à l’élection du président de la République, des députés et des sénateurs qui composent le Congrès. La Constitution des États-Unis du Mexique dispose que dans la formation de l’IFE, seuls les citoyens concernés et les représentants du pouvoir législatif de l’UE et les partis politiques nationaux, en lui donnant l’indépendance dans son fonctionnement et la prise de décision, et de la personnalité statut juridique et son propre (source : voir <http://www.ife.org.mx/portal/site/ifev2>).

    25 Alonso Urrutia, « Defiende el IFE a encuestas y medios de comunicación », La Jordana, 19 juillet 2012, p. 7, accessible en ligne à l’adresse <http://www.jornada.unam.mx/2012/07/19/politica/007n1pol>.

    26 <http://www.milenio.com/cdb/doc/noticias2011/65b3d51e743bb2923f9d2cc8926f56e4>.

    27 Voir la Constitution des États-Unis mexicains, Titre Premier, Chapitre I, Des Droits de l’Homme et ses garanties (dénomination réformée par décret publié au Journal officiel de la Fédération le 10 juin 2011) :

    « Article 3. Sera démocratique, la démocratie étant considérée non seulement comme une structure juridique et un régime politique, mais comme un mode de vie basé sur des villages économiques, sociaux et culturels constants (modifié par le décret publié au Journal officiel de la Fédération le 5 mars 1993) […]

    Article 40 : C’est la volonté du peuple mexicain constituant une république représentative, démocratique, fédérale, libre et souveraine, dans toutes les questions concernant leurs affaires intérieures, mais unis dans une fédération constituée en vertu des principes de la Constitution. » (nous traduisons).

    28 « López Obrador afirma que el PRI “compró” 5 millones de votos », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/09/lopez-obrador-afirma-que-el-pri-compro-5-millones-de->, 9 juillet 2012.

    29 Avram Noam Chomsky (Philadelphie, États-Unis, 7 décembre 1928-) est un linguiste, philosophe et activiste américain. Il est Professeur émérite en linguistique au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et l’une des figures saillantes en linguistique au XXe siècle, grâce à son travail en théorie linguistique et sciences cognitives (source : <http://es.wikipedia.org/wiki/Primavera_%C3%A1rabe>).

    30 Dystopia Films Mexico, « Movimiento 132 y el intento de regreso del PRI (Paco Ignacio Taibo II) », <http://www.youtube.com/watch?v=fQ5N-nZzI1s>, 27 mai 2012.

    31 « Il y a une force motrice plus puissante que la vapeur, l’électricité et l’énergie atomique : la Volonté. » (Albert Einstein).

    32 John M. Ackerman, « The PRI peril », Los Angeles Times, <http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-ackerman-mexico-pri-democracy-20120522,0,5963574.story>, 22 mai 2012 ; « El PRI de Villanueva y Peña Nieto », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=315954>, 2 août 2012 ; « Narco detenido en España, priista sonorense cercano a EPN », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=316610>, 10 août 2012.

    33 « Establece IFE tope de gasto de campaña para elecciones 2012 », Informador.mx, <http://www.informador.com.mx/mexico/2011/338785/6/establece-ife-tope-de-gasto-de-campana-para-elecciones-2012.htm>, 18 novembre 2011 ; « Izquierda estima que el PRI gastó 6 veces el tope de campaña », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/08/la-eleccion-a-tribunal-la-izquierda-acusa-al-ife-de-omiso>, 8 juillet 2012.

    34 « El caso “Monexgate” », <http://blogs.cnnmexico.com/aristegui/2012/08/22/el-caso-monexgate>, 22 août 2012 ; « Una de las empresas ligadas a “Monexgate” es de un priista », ADN Politico, <http://www.adnpolitico.com/2012/2012/07/22/una-de-las-empresas-ligadas-a-monexgate-es-de-un-priista>, 22 juillet 2012 ; Vidéo sur <http://www.youtube.com/watch?v=67QhsEUfwRw>.

    35 Selon le dossier de demande d’annulation présenté par le PRD, on estime à 3 millions les bulletins de vote excédant le nombre d’inscrits. Par exemple : à Tapachula (État du Chiapas), le taux de participation s’élève à 250 % ! À Tabasco on a retrouvé 144 000 bulletins de vote excédentaires et à Oaxaca 35 000 ! Voir « AMLO presenta nuevas pruebas supervinientes del fraude: 4 891 tarjetas “MONEX lealtad” », Regeneracion, <http://regeneracion.mx/?s=amlo+presenta+nuevas+pruebas>.

    36 <http://pulsociudadano.com/2012/07/aristegui-revela-que-gobernadores-del-pri-compraron-a-soriana-2-mil-200-millones-de-pesos-en despensas/>. The Associated Press, « Mexican election marred by accusations of vote-buying », CBCNews, <http://www.cbc.ca/news/world/story/2012/07/03/mexico-election-issues.html>, 3 juillet 2012.

    37 Redacción AN, « Los 10 videos del “Sorianagate” », Aristegui Noticias, <http://aristeguinoticias.com/0907/post-elecciones/los-10-videos-del-sorianagate>, 9 juillet 2012.

    38 Cedlg, « Mexique : victoire fictive du candidat Enrique Peña Nieto aux élections présidentielles », Agoravox, <http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/mexique-victoire-fictive-du-119774>, 11 juillet 2012 ; Romain, Robinet, « Mexique : transition dictatoriale ou révolution démocratique », Le Monde, <http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/20/mexique-transition-dictatoriale-ou-revolution-democratique_1735154_3232.html>, 20 juillet 2012.

    39 Un exemple parmi d’autres : Maria Luisa Vivas, « Tuiteros presentan ante el IFE recurso de nulidad de la elección presidencial », Proceso.com.mx, <http://www.proceso.com.mx/?p=314021>, 13 juillet 2012.

    40 EU election Expert Mission Mexico, « INFORME FINAL – Elecciones Generales 1 Julio 2012 », <http://fr.scribd.com/doc/108839690/8-Official-Final-Report-to-IFE-ES> ; « Observadores de la UE reprueban la elección mexicana », Europafocus, <http://europafocus.wordpress.com/2012/10/07/recien-publicado-observadores-de-la-ue-reprueban-la-eleccion-mexicana/>, 7 octobre 2012.

    41 Site internet de Amnistia Internacional, <http://www.es.amnesty.org/> ; « ATENCO : Terrorisme d’état 1/3 », <http://www.youtube.com/watch?v=MAVYCG5dWjM>, 30 mars 2009.

    42 Jo Tuckman, « Computer files link TV dirty tricks to favourite for Mexico presidency. Network alleged to have sold favourable election coverage to top politicians », The Guardian, <http://www.guardian.co.uk/world/2012/jun/07/mexico-presidency-tv-dirty-tricks>, 7 juin 2012.

    43 Enrique Peña Nieto a montré son ignorance lors de sa participation à la Foire internationale du livre de Guadalajara en décembre dernier, quand on lui a demandé quels étaient les trois livres qui l’avaient le plus marqué. Le candidat n’a pu citer que la Bible, après un long silence.

    44 « Mexique, la spirale de la barbarie », Le Monde, <http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/08/23/mexique-la-spirale-de-la-barbarie_1749042_3232.html>, 23 août 2012 ; Paulo A. Paranagua, « Mexique : 95 632 homicides en cinq ans », Blog América Latina (VO), Le Monde, <http://america-latina.blog.lemonde.fr/2012/08/22/mexique-95-632-homicides-en-cinq-ans>, 22 août 2012.

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    Lopez, L. Y. (2016). La démocratisation, les manipulations des moyens de communication au Mexique et le mouvement « Yo soy 132 ». In J.-J. Lavenue (éd.), E-révolutions et révolutions. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11807
    Lopez, Lidia Yolanda. « La démocratisation, les manipulations des moyens de communication au Mexique et le mouvement “Yo soy 132” ». In E-révolutions et révolutions, édité par Jean-Jacques Lavenue. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.11807.
    Lopez, Lidia Yolanda. « La démocratisation, les manipulations des moyens de communication au Mexique et le mouvement “Yo soy 132” ». E-révolutions et révolutions, édité par Jean-Jacques Lavenue, Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11807.

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    Lavenue, Jean-Jacques, éd. E-révolutions et révolutions. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.11752.
    Lavenue, Jean-Jacques, éditeur. E-révolutions et révolutions. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11752.
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