• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16451 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16451 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • Histoire et civilisations
  • ›
  • Penser et pratiquer l’histoire du temps ...
  • ›
  • Partie I : Les sources de l’histoire du ...
  • ›
  • Laïka – ou comment écrire l’histoire des...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Laïka et la question des sources Une histoire des animaux est-elle possible ? L’histoire des animaux comme une histoire de la domination Laïka dans le temps et l’espace Laïka dans le monde scientifique Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Penser et pratiquer l’histoire du temps présent

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Laïka – ou comment écrire l’histoire des animaux ?

    Jan Hansen

    Traduit par Claire Trojan

    p. 75-84

    Texte intégral Laïka et la question des sources Une histoire des animaux est-elle possible ? L’histoire des animaux comme une histoire de la domination Laïka dans le temps et l’espace Laïka dans le monde scientifique Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Sur la photographie, nous apercevons un chien, assis dans ce qui ressemble à un carcan métallique. Il nous regarde droit dans les yeux, comme s’il voulait deviner ce que nous attendons de lui. Son regard est couvert, sa gueule ouverte, une oreille repliée – comme épuisé après un effort important. Le chien ne semble pas heureux. Il est engoncé dans un équipement fait de tuyaux, de vis et de boutons. Ce que nous observons est un mélange d’être vivant et de machine, dans lequel l’être est au service de la machine. La photo représente un animal, devenu un objet d’étude dans le cadre d’un projet scientifique initié par l’homme.

    2Le chien est une femelle et s’appelle Laïka. Laïka fut le premier être vivant envoyé en orbite autour de la terre et c’est là qu’elle mourut, le 3 novembre 1957. Sur la photographie, nous sommes témoin de l’une des expériences pratiquées sur elle avant qu’elle ne quitte la terme ferme. Probablement née à Moscou en 1954, Laïka était un chien errant à travers les rues de la capitale avant que l’agence spatiale ne la choisisse pour mourir dans l’espace. L’URSS avait réussi un mois plus tôt à envoyer le premier satellite en orbite, inquiétant par la même ceux qui, à l’Ouest, avaient foi en la supériorité technique et scientifique des États-Unis. L’URSS voulait également être la première à y envoyer un être vivant. Près d’un mois plus tard, les conditions semblaient réunies : la capsule de Laïka contenait de l’eau, de la nourriture et était équipée d’une climatisation. Cependant, le chien mourut seulement 7 heures après le départ à cause de la chaleur, ou peut-être de peur. L’URSS passa longtemps sous silence les circonstances ou l’heure exacte de sa mort ; l’expérience lui avait d’ores et déjà valu une levée de boucliers des défenseurs des droits des animaux du monde entier. Laïka fait partie intégrante de la « Space Race » caractéristique du début de la Guerre froide1 et devint le « symbole pérenne du sacrifice animal d’une part, et des exploits humains de l’autre » 2. Il nous faut raconter son histoire si nous voulons comprendre pourquoi les Soviétiques réussirent à envoyer un homme dans l’espace avant même les Américains3. C’est donc Laïka, un animal, qui ouvrit la voie à une réussite technologique, que ses contemporains vécurent comme une avancée. Alors comment pouvons-nous parler d’elle ?

    3Les animaux ont une histoire. Ils font partie intégrante de notre passé et façonnent le monde à nos côtés. Ce constat aurait été une idée bien provocante il y a tout juste quelques années, mais le champ du dicible semble s’être élargi. Depuis que John Berger entama ses premières réflexions en 1977 sur les raisons qui pourraient fonder un intérêt de l’homme pour l’animal, les choses ont évolué4. Les « Human-Animal-Studies » (HAS) sont apparues dans le champ scientifique au moment même où l’histoire politique et sociale était de plus en plus controversée voire attaquée5. Que l’histoire n’a pas pour unique but d’étudier ce qui s’est imposé, ce qui est devenu « hégémonique », est l’idée fondatrice de nombreux courants de recherche, qui se sont développés à la suite des nouveaux mouvements sociaux apparus dans les années 1960. Les femmes, les noirs, les homosexuels – tous avaient et ont une histoire qui vaut la peine d’être contée selon ces partisans d’une « histoire des subalternes »6.

    4Il n’en est que plus logique que la focale de ces recherches se dirige aussi vers des êtres non humains comme les animaux par exemple. Au départ, les HAS émergent au sein des sciences sociales, dont l’objectif affiché est de traduire la polyvalence des rapports sociaux dans toute leur complexité. La revue « Society and Animals » fondée en 1993 constitue le forum des chercheurs en HAS. Pour ses éditeurs, il s’agissait de redonner à l’animal la place dont les hommes l’auraient privé7, de le libérer de ce rapport de dépendance, créé de la main de l’homme. Vers la fin des années 1990, les historiens et historiennes se saisissent du sujet8. Au départ, les recherches se concentrent surtout sur l’importance des animaux dans le cadre de l’industrialisation et l’urbanisation des XVIIIe et XIXe siècles, sur le processus de domestication, sur les animaux dans le contexte colonial, dans les zoos et les cirques, sur les animaux au service de la science9. Aujourd’hui, elles se consacrent également à l’importance du lien émotionnel qui lie l’homme à l’animal10. Souvent, il s’agit alors d’étudier la construction identitaire de l’homme face à l’altérité – c’est-à-dire l’animal comme l’autre, l’étranger, le danger, dont l’homme s’est distancé en le dominant11. Certains historiens et historiennes des animaux vont plus loin en s’interrogeant : l’animal existe-il vraiment ?12. Selon eux, le mot « animal » doit être historicisé en tant que construction humaine et étudié dans ses significations changeantes à travers les époques. Cette question, à savoir ce que les hommes ont considéré ou non comme un « animal » à un moment donné, a conduit au développement des HAS. Que la catégorie de « vivant » doive être à son tour historicisée est en conséquence l’un des fondements de ce courant de recherche. En découle la volonté d’appliquer les mêmes questionnements à l’histoire des animaux qu’à celle des hommes13.

    5Ce qui est ici décisif, c’est que l’« histoire du temps présent des animaux » est confrontée aux mêmes problèmes que l’histoire du temps présent en général. Dans le cadre de cette contribution, il s’agira d’intégrer les propositions faites par les historiens des animaux pour surmonter les défis rencontrés dans l’écriture de l’histoire de notre temps. Dans les pages qui suivent, je voudrais me saisir de l’exemple du chien soviétique Laïka pour éclairer trois questions fondamentales posées par les HAS : le problème des sources, l’importance du lieu et de l’espace, et enfin l’insertion de ce courant dans le champ des sciences sociales. Pour cela, je propose de penser l’histoire du temps présent des animaux dans le cadre d’une histoire de la gouvernementalité.

    Laïka et la question des sources

    6Quiconque souhaite raconter l’histoire de Laïka doit tout d’abord définir les sources sur lesquelles s’appuyer : par exemple la photo de Laïka évoquée précédemment, ou d’autres sources photographiques, vidéo ou audio de la mission ? Ce sont les seuls documents historiques qui nous montrent Laïka. Ou peut-être les protocoles des expérimentations qui furent menées sur elle, c’est-à-dire comment a-t-elle supporté l’étroitesse de son carcan métallique, le vacarme, les vibrations et la chaleur ? L’une des rares informations divulguées par les Soviétiques au grand public fut la cadence accélérée de son cœur lors du lancement de la fusée : des battements sept fois supérieurs à la normale. Le corps même de Laïka est dans ce cas une source qui nous permet de raconter son histoire. Enfin, nous sommes en possession de documents liés à la couverture médiatique de sa mission, les communiqués officiels, les articles de presse, les récits autobiographiques des contemporains de l’événement qui ont contribué ou vécu le lancement de Spoutnik 2.

    7Il est commun de penser que le problème principal des HAS réside dans l’absence de sources transmises par les animaux14. En effet, ces derniers n’écrivent pas de livres, ne rédigent pas de notes, ne prennent pas de photos et ne tournent pas de films. Cette difficulté ne doit en effet pas être sous-estimée, au même titre que les défis qu’elle induit : comment en effet étudier la vision qu’auraient les animaux de la relation humain-animal si leurs voix restent muettes ? Nous pourrions contrer cet argument en notant que les animaux laissent derrière eux des matérialités dont un historien pourrait extraire des sources en les questionnant. Pensons ici encore aux corps des animaux, et ce qu’ils deviennent quand ils meurent, les informations que nous en puisons mais aussi les produits que nous en recueillons – la fourrure, le cuir, des cornes ou de la viande. Réfléchissons aux blessures que peuvent infliger les animaux aux hommes, et qui pourraient être exploitées en tant que sources. Une chose est sûre : l’animal ne peut être conçu sans son corps.15 Une histoire des animaux ne peut se construire qu’à travers leurs corps, leurs mouvements, leurs pratiques, de même que les recherches sur les relations entre l’homme et l’animal ne peuvent se faire sans se consacrer en premier lieu à ces mêmes corps.

    Une histoire des animaux est-elle possible ?

    8Bien entendu, la principale difficulté des HAS ne disparaît pas pour autant : une asymétrie fondamentale persiste entre les traces laissées par les humains ou par les animaux. Certains historiens en ont conclu l’impossibilité pure et simple d’écrire l’histoire de ces derniers. Erica Fudge soutient dans son article influent « A Left Handed Blow », publié alors que le courant des HAS gagne en importance, qu’il « ne constitue pas une histoire des animaux ; une telle chose est impossible. Il s’agit plutôt d’une histoire des attitudes humaines vis-à-vis des animaux »16. Parler d’une histoire de la modernité animale, comme le font Pascal Eitler et Maren Möhring, est en effet anachronique17. Les animaux connaîtraient-ils une « modernité » ? Laïka se doutait-elle que sa mort contribuerait à la « modernité » soviétique ? Il nous est certes possible d’étudier les liens que l’homme entretient avec le corps animal, sa manière de les percevoir et de les interpréter, les discours et les pratiques avec lesquels il les a intégrés ou rejetés de sa communauté. Cependant, l’animal ne nous lègue pas de documents qui éclaireraient sa façon de percevoir l’homme. Les HAS se cantonnent alors à étudier la fonction jouée par le corps animal dans la création de communautés humaines, ni plus, mais ni moins non plus.

    9Se limiter soi-même est selon moi productif et permet la concentration sur le faisable, l’essentiel. Si les HAS se constituent en un projet ambitieux et réfléchi, conscient de ses limites, elles pourraient alors utiliser ces dernières à leur avantage. Une histoire des animaux sans lien avec celle des hommes n’est pas seulement impossible en raison du manque de sources permettant de comprendre la vie sociale animale au-delà des notions, concepts et catégories avec lesquels nous définissons notre propre société. Le problème persiste, car même si les animaux nous laissent des traces comme par exemple leurs corps, que nous pouvons ériger en sources, nous ne nous confrontons à ces dernières qu’à travers nos catégories humaines. Une histoire du temps présent des animaux n’est pas envisageable en dehors de celles-ci.

    10Tant que les HAS se limitent à étudier le rôle que jouent les animaux dans leurs relations à l’homme, elles contribuent à cartographier le cosmos du social. Il ne s’agit bien entendu pas d’une histoire totale, d’une « histoire holistique », dans le sens le plus englobant et complet d’une histoire du vivant18. Plus largement, les HAS ont pour but d’améliorer la compréhension du rôle joué par le corps animal, comme « cet autre », pour l’autodéfinition de l’homme ou comme l’exprime Erica Fudge : « nous en apprenons plus sur l’homme en comprenant ce qu’il estime ne pas être : un animal »19. Une compréhension et une historicisation de la condition humaine qui fonctionnerait donc sur des principes d’exclusion. Dans ce sens, l’« homme » serait ce qui n’est pas « animal », ce qui serait doté d’autres attributs et fonctions. La catégorie d’« homme » restant au même titre que l’« animal » une construction dont la variabilité doit être étudiée20.

    L’histoire des animaux comme une histoire de la domination

    11De quelle manière parler alors du lien entre l’homme et l’animal ? S’il s’agit de cartographier le cosmos du social, il devient évident que l’histoire de Laïka est l’histoire d’une appropriation du corps animal par l’homme. Elle doit être racontée comme une histoire de la disciplinarisation et de la soumission21. Laïka fut capturée dans les rues moscovites, dressée, privée de sa liberté et soumise à un régime d’apparente rationalité. Les scientifiques soviétiques l’utilisèrent pour des expériences, lui implantèrent des outils de contrôle et déplacèrent sa carotide à l’extérieur de son corps. Il n’est pas connu si elle a donné son accord pour tout cela, ni si elle aurait préféré ne pas être envoyée en orbite autour de la terre. D’un point de méthodologique, l’histoire de Laïka participe d’un questionnement plus large, à savoir comment des individus ou des sociétés ont exercé une domination sur les corps d’autrui. Elle fait donc partie intégrante d’une histoire de l’étatisme et de la gouvernementalité dans son sens le plus large22. Il s’agit d’une histoire des gouvernementalités comme ingérences matérielles sur les corps, d’une historicisation des blessures et des actes de violence physique – la transformation de Laïka d’un chien errant vers un « chien de l’espace » notamment – qui replace le corps animal dans une réalité spécifique et le transforme définitivement23. Dans ce contexte, Laïka doit-elle être considérée seulement comme un objet soumis à des actions humaines ou les traces qu’elle a laissées dans l’histoire justifient-elles de la considérer comme un sujet ? Fut-elle l’élément passif dans une histoire de la domination ou n’a-t-elle pas aussi donné des impulsions à la recherche spatiale soviétique ? La question est au cœur des HAS car elle touche à la manière dont nous conceptualisons les animaux24. Donna Haraway et Bruno Latour souhaitent par exemple abandonner définitivement la différenciation dichotomique entre sujet et objet qui établirait implicitement l’animal comme objet et l’homme comme sujet. Haraway propose de ne pas se concentrer tant sur celui qui agit ou subit l’action, mais de présenter la relation entre l’animal et l’homme dans ses aspects relatifs et changeants.

    12Latour introduit dans ce contexte le concept de réseau dans le débat, pour démontrer que l’animal peut habiter des rôles actifs au même titre que l’homme et préfère établir une distinction plus large entre êtres humains et non-humains. Alors qu’Haraway souligne les capacités d’action des animaux au sein de structures relationnelles, Latour élargit ce questionnement aux objets. Selon lui, ils seraient des acteurs capables d’impulser les réseaux ou au contraire de les faire dévier de les intentions premières par leur résistance25.

    13Sans vouloir entrer davantage dans ce débat, qui préoccupe au-delà de Haraway et Latour un grand nombre de chercheurs en sciences sociales et humaines, il me semble évident que Laïka participe au moins à trois réseaux : celui des scientifiques et de leur savoir-faire technique, de la fusée Spoutnik et de son corps lui-même. Ces trois réseaux collaborent étroitement et sont intimement liés les uns aux autres. Peut-être pourrions-nous y ajouter également les conditions de vie sur terre ainsi qu’en orbite. On estime généralement que les niveaux interagissent au sein d’un réseau, rendant alors parfois difficile de déterminer précisément qui aurait donné l’impulsion décisive à l’action. Le corps animal de Laïka, au même titre que l’objet « fusée », a rendu possible et structuré le développement de la mission. Sans son corps, son opiniâtreté et sa résistance, sans les limites déterminées par l’avancée des techniques, son histoire ne peut être comprise. Lue au travers du prisme de l’étatisme et de l’appropriation du corps, la dichotomie entre émetteur et récepteur, entre dominant et dominé se révèle peu utile. Beaucoup d’arguments plaident en faveur d’éviter dans le cas de Laïka de parler de sujet et d’objet, mais d’un complexe réseau dans lequel le vivant et le non-vivant coexistent et interagissent.

    Laïka dans le temps et l’espace

    14D’après nos connaissances, les animaux ne connaissent pas de temps ou d’espace. Tout du moins, aucune source dont nous disposons ne permet de penser que les animaux ressentent le concept d’avant ou d’après, ou qu’ils possèdent une compréhension de la dimensionnalité de l’espace. Dans ce cadre, devons-nous quand même construire l’histoire de Laïka au travers des catégories de « temps » et « d’espace » ? A-t-elle vécu le temps passé dans le laboratoire avec les scientifiques soviétiques comme un temps long ou court ? Avait-elle conscience de la différence spatiale entre sa vie dans les rues moscovites et l’espace exigu du laboratoire ? A-t-elle seulement remarqué qu’elle quittait la terre dans la fusée Spoutnik ? Comment a-t-elle ressenti l’apesanteur ? Ces questions, étroitement liées au problème de la conscience animale, ne trouvent pas de réponses ici. Il paraît cependant important que même si Laïka avait eu une notion du « temps » et de l’« espace », elle n’aurait pu ni la formuler ni nous la communiquer. Ce qui nous renvoie donc au problème des sources.

    15Le « temps » et l’« espace » sont à la fois les principes fondamentaux qui structurent le monde de l’homme et les axes autour desquels nous organisons le récit historique26. Voilà qui est remarquable : lorsqu’il s’agit de nos catégories fondamentales, les animaux restent muets. Certains trouveront cela frustrant ou décourageant, d’autres y verront l’impossibilité pure et simple d’une histoire des animaux. Selon moi, le fait que les catégories temporelles et spatiales ne jouent a priori un rôle pour les animaux que dans la mesure où les hommes les utilisent pour faire leurs récits, montre une nouvelle fois toute la relativité à laquelle est soumise notre monde. Nous ne pouvons attendre des animaux qu’ils s’intègrent dans ce monde et ces catégories. Le « temps » et l’« espace » sont des concepts créés par l’homme. Ils sont aussi historiques que les concepts de « vie », d’« homme » ou d’« animal », et en tant qu’historiens, nous devons étudier leurs évolutions. Des concepts temporels comme « siècle », « décennie » ou « année » ne représentent rien pour les animaux. Laïka ne savait pas qu’elle fut choisie pour jouer un rôle de premier plan dans la Guerre froide, elle ne pouvait se douter de son importante pour les enjeux nationaux de l’URSS. Elle n’avait même aucune idée du « communisme » et ne pouvait comprendre la « dangerosité de l’impérialisme occidental ». Cependant, nous écrivons son histoire selon ces catégories et nous le devons, car eux seuls font sens pour nous. Les animaux n’ont pas de temps, mais ils sont dans notre temporalité. Et nous ne pouvons nous imaginer qu’il en soit autrement.

    Laïka dans le monde scientifique

    16Que Laïka soit morte au service de la recherche spatiale soviétique fut et reste encore la source d’une grande indignation. Notre empathie pour les animaux, qui est aussi à l’origine de la création d’organisations de défense des animaux, nous dicte de leur éviter toute souffrance. Des pages entières furent écrites au sujet de Laïka et des autres animaux utilisés comme cobayes afin que l’humanité puisse assouvir son désir de « progrès », et qui en sont morts. Les premiers travaux issus des HAS défendaient largement ce point de vue. Plus encore, il s’agissait de fournir aux mouvements de défense des animaux un quotient scientifique et objectif pour l’immuniser contre la critique. Beaucoup d’historiens et d’historiennes ont étudié le rapport entre l’homme et l’animal et la relation entre les êtres humains et « non-humains » sans se questionner sur leurs opinions, pour contribuer à aplanir les hiérarchies établies et aider l’animal à atteindre le statut de sujet. Même s’ils niaient alors poursuivre un agenda personnel ou cacher derrière leurs certitudes méthodologico-théoriques une mission politique, il est aujourd’hui important d’historiciser les HAS elles-mêmes.

    17Que l’on dénonce le destin de Laïka ou que l’on estime que sa mort fut déterminante pour le succès du premier vol spatial soviétique habité, cette question touche à des convictions personnelles ou politiques. Le chercheur en sciences sociales doit se focaliser sur ce que de tels propos révèlent sur une société, sur ce qui est dicible dans une communauté. Les historiens et historiennes eux-mêmes n’ont pas à prendre position sur la question. Une histoire du temps présent des animaux, malgré les envolées théoriques qu’a connues la discipline, ne doit pas oublier le lien qui la relie aux sciences sociales27. Si elle veut réussir à historiciser les concepts d’« animal », d’« homme », de « vie », de « temps » et d’« espace », elle ne doit pas reculer devant le défi d’historiciser également les sciences sociales et leur évolution. Il s’agirait alors de contextualiser d’un point de vue politique et sociétal les prémisses théoriques qui ont servi de toile de fond à la construction des HAS, nées dans le contexte historique propice du développement d’une histoire des « subalternes ».

    18Comment mettre cela en pratique ? Revenons à Laïka et son histoire. Parler d’elle implique d’utiliser les réactions choquées de certains contemporains comme sources pour étudier les formes et les objets des discours dans une société donnée. Il ne s’agit pas de pointer des différences éventuelles entre l’Union soviétique et le monde occidental, un point de vue selon moi trivial, mais de considérer la fin des années 1950 comme une époque marquée par une transformation manifeste des relations entre les hommes et les animaux. L’interprétation contemporaine de la mort de Laïka comme « victime » suggère un changement dans le lien émotionnel qu’entretient l’homme avec l’animal28. Somme toute, l’habitude de donner des noms « humains » aux animaux est une nouveauté du XIXe siècle. Elle sous-entend une intensification de cette relation qui va s’épanouir plus largement encore au XXe siècle29. Les débuts des HAS sont liés à cette évolution et peut-être même directement à l’histoire de Laïka : leur développement dans les années 1970 parallèlement à celui des mouvements de défense des animaux pourrait signifier que Laïka elle aussi a pu contribuer à l’essor de ce champ des sciences sociales. Ces questions restent importantes et attendent encore des réponses.

    19Pour finir, les supposées avancées scientifiques liées aux expériences menées sur Laïka dans ce laboratoire moscovite ne furent possibles que par des postulats, des méthodes quantitatives, des systèmes de classification et de notation fermement ancrés dans le monde soviétique de la fin des années 1950. Ce que cela signifie pour l’histoire de Laïka nécessiterait aussi d’être précisé. Dans ce but, il est nécessaire de comprendre que tout ce que nous savons de Laïka en tant qu’historiens et historiennes est le fruit d’un contexte et de conditions particulières. À ce titre, tout doit être historicisé, de la catégorie « animal » jusqu’aux paramètres selon lesquels le corps animal fut mis à contribution et évalué. Même les résultats des tests scientifiques qui furent conduits, présumés objectifs, sont alors à historiciser. Ce point de vue impose de grandes exigences à l’histoire du temps présent des animaux, mais rejoint en ce sens le travail de tout historien conscient qu’il ne peut s’approprier des catégories du passé et simplement les faire siennes.

    Conclusion

    20Une histoire du temps présent des animaux doit être consciente de l’impossibilité d’approcher son objet sans une compréhension constructiviste de la réalité. Elle s’intéresse au corps animal dans sa matérialité et cherche, par ses questionnements, à le « faire parler ». Il coule de source que les concepts d’« animal », d’« homme », de « vie », de « temps » et d’« espace » ont eux-mêmes une histoire. Leurs significations changeantes doivent être étudiées dans leur variabilité. Cette histoire doit avoir conscience que tous les concepts qu’elle utilise ont été pensés par l’homme, et ne peuvent pas être simplement appliqués aux animaux. Selon moi, si ces concepts sont liés à une histoire de la gouvernementalité et de l’appropriation des corps, cette contrainte peut même s’avérer positive. Questionner la manière dont l’animal, par la résistance qu’il oppose à l’homme, aide ce dernier à structurer son monde – voilà par exemple une perspective fascinante née de cette réflexion. L’histoire de Laïka pourrait alors être ressembler à ceci : un être non-humain, emprisonné par l’homme, discipliné et intégré dans le monde conceptuel humain. Les hommes lui donnent un nom, font avec elle des choses qu’elle n’aurait jamais faites d’elle-même et ils expérimentent avec son corps pour évaluer ses capacités de résistance physique. Ils l’identifient comme une femelle et l’affublent donc d’un nom féminin, pour finalement en faire un objet au service d’une expérience visant à dépasser une catégorie fondamentale de leurs représentations : l’espace. Le point principal de cette histoire me semble être le suivant : l’être, que les hommes selon leurs catégories humaines ont défini comme « non-humain » et choisi d’appeler « animal », leur est utile pour mesurer leur propre monde, tester leurs limites et, finalement, tout simplement comprendre ce qu’est l’homme.

    Notes de bas de page

    1 Laika a fait l’objet de nombreuses recherches et publications, dont la suivante : Amy Nelson, « Laikas Vermächtnis. Die sowjetischen Raumschiffhunde », dans Dorothee Brantz et Christof Mauch (dir.), Tierische Geschichte. Die Beziehung von Mensch und Tier in der Kultur der Moderne, Paderborn, Ferdinand Schöningh Verlag, 2009, p. 103-122.

    2 A. Nelson, op. cit., p. 106.

    3 Youri Gagarine fut le premier homme envoyé dans l’espace en 1961, voir à ce propos : Andrew L. Jenks, The cosmonaut who couldn’t stop smiling: The life and legend of Yuri Gagarin, DeKalb, Northern Illinois University Press, 2012.

    4 John Berger, « Why look at Animals? », dans John Berger (dir.), About Looking, New York, Pantheon Books, 1980, p. 1-28.

    5 Mieke Roscher, « Human-Animal Studies », Version: 1.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 25.1.2012, URL: http://docupedia.de/zg/Human-Animal_Studies?oldid=84625 [26.11.2014].

    6 Une introduction : Gabriele Metzler, « Zeitgeschichte: Begriff – Disziplin – Problem », Version: 1.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 7.4.2014, URL: http://docupedia.de/zg/Zeitgeschichte?oldid=97455 [26.11.2014].

    7 Kenneth J. Shapiro, « Editor’s Introduction to Society & Animals », Society & Animals 1, N°1, 1993, p. 1-4; Arnold Arluke, « Associate Editor’s Introduction. Bringing Animals into Social Scientific Research », Society & Animals 1, n°1, 1993, p. 5-7.

    8 Parmi les travaux pionniers : Harriet Ritvo, The Animal Estate. The English and other Creatures in the Victorian Age, Cambridge, Harvard University Press, 1987 et Richard D. Ryder, Animal Revolution: Changing Attitudes towards Speciesism, Oxford, Bloomsbury Academic,1989.

    9 Voir les notes de bas de page de l’article de Mieke Roescher, « Human-Animal-Studies », op. cit., notes 32-42.

    10 Pascal Eitler, « The « origin » of emotions: Sensitive humans, sensitive animals » dans Ute Frevert et al. (dir.), Emotional lexicons: Continuity and change in the vocabulary of feeling 1700-2000, Oxford, Oxford University Press, 2014, p. 91-114.

    11 Harriet Ritvo, « On the Animal Turn », Daedalus, n° 4, 2007, p. 118-122.

    12 Par exemple Susan Pearson et Mary Weismantel, « Gibt es das Tier ? Sozialtheoretische Reflexionen » dans Dorothee Brantz et Christof Mauch (dir.), « Tierische Geschichte ». Die Beziehung von Mensch und Tier in der Kultur der Moderne, Paderborn, Ferdinand Schöningh Verlag, 2010, p. 379-399.

    13 Pascal Eitler, « Einführung: Gewaltverhältnisse – eine körpergeschichtliche Perspektive », Body Politics: Zeitschrift für Körpergeschichte, n°1, 2013, p. 163-183.

    14 Aline Steinbrecher, « „In der Geschichte ist viel zu wenig von Tieren die Rede“ (Elias Canetti) – Die Geschichtswissenschaft und ihre Auseinandersetzung mit den Tieren », dans Carola Otterstedt et Michael Rosenberger (éd.), Gefährten – Konkurrenten – Verwandte: Die Mensch-Tier-Beziehung im wissenschaftlichen Diskurs, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2009, p. 264-286.

    15 L’idée ouvre la voie à des comparaisons intéressantes avec l’histoire du corps. Voir à ce propos, P. Eitler, Gewaltverhältnisse, op. cit.

    16 Erika Fudge, « A Left-Handed Blow: Writing the History of Animals », dans Nigel Rothfels (éd.), Representing Animals, Bloomington et Indianapolis, Indiana University Press, 2002, p. 3-18, ici p. 6.

    17 Pascal Eitler et Maren Möhring, « Eine Tiergeschichte der Moderne: Theoretische Perspektiven », in: Traverse – Zeitschrift für Geschichte, n° 3, 2008, p. 91-105.

    18 Également E. Fudge, op. cit, p. 9.

    19 Ibid.

    20 Jobst Paul, Das « Tier »-Konstrukt als Grundprinzip in Ausgrenzungsdiskursen. Eine diskursanalytische Studie, Thèse publiée en ligne, Duisburg, Université de Duisbourg 2003. http://duepublico.uni-duisburg-essen.de/servlets/DocumentServlet?id=5509

    21 Voir à ce propos Michel Foucault, Der Wille zum Wissen. Sexualität und Wahrheit 1, Francfort/M. ,Suhrkamp, , 1998.

    22 À ce sujet : Thomas Lemke, Eine Kritik der politischen Vernunft. Foucaults Analyse der modernen Gouvernementalität, Hambourg, Argument, 2011.

    23 P. Eitler, Gewaltverhältnisse, op. cit.

    24 André Krebber et Mieke Roscher (dir.), « Tiere und Geschichtsschreibung », WerkstattGeschichte, n°56, 2011.

    25 Donna Haraway, The Companion Species Manifesto: Dogs, People, and Significant Otherness, Chicago, Chicago University Press, 2003; Bruno Latour, Das Parlament der Dinge. Für eine politische Ökologie, Francfort/M., Suhrkamp, 2009 ; Bruno Latour, Nous n’avons jamais été modernes. Essai d’anthropologie symétrique, Paris, Éditions La Découverte, 1991 / l’article analytique de P. Eitler et M. Möhring, « Eine Tiergeschichte der Moderne: Theoretische Perspektiven », op. cit.

    26 En terme d’introduction voir : Rüdiger Graf, « Zeit und Zeitkonzeptionen in der Zeitgeschichte », Version: 2.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 22.10.2012, URL:

    http://docupedia.de/zg/Zeit_und_Zeitkonzeptionen_Version_2.0_R.C3.BCdiger_Graf?oldid=92888 [26.11.2014].  
    Il est intéressant de noter que les animaux ne sont pas mentionnés dans ce travail.

    27 Kim Priemel et Rüdiger Graf, « Zeitgeschichte in der Welt der Sozialwissenschaften. Legitimität und Originalität einer Disziplin », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte. 59, n°4, 2011, p. 479-495.

    28 A. Nelson, op. cit, p. 115.

    29 Voir également Pascal Eitler, « Tierliebe und Menschenführung. Eine genealogische Perspektive auf das 19. und 20. Jahrhundert », Tierstudien 2, n°3, 2013, p. 40-50.

    Auteurs

    • Jan Hansen

      Chargé de recherches rattaché à la chaire d’histoire de l’Europe occidentale et des relations transatlantiques de l’Université Humboldt de Berlin

    • Claire Trojan (trad.)
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Laika a fait l’objet de nombreuses recherches et publications, dont la suivante : Amy Nelson, « Laikas Vermächtnis. Die sowjetischen Raumschiffhunde », dans Dorothee Brantz et Christof Mauch (dir.), Tierische Geschichte. Die Beziehung von Mensch und Tier in der Kultur der Moderne, Paderborn, Ferdinand Schöningh Verlag, 2009, p. 103-122.

    2 A. Nelson, op. cit., p. 106.

    3 Youri Gagarine fut le premier homme envoyé dans l’espace en 1961, voir à ce propos : Andrew L. Jenks, The cosmonaut who couldn’t stop smiling: The life and legend of Yuri Gagarin, DeKalb, Northern Illinois University Press, 2012.

    4 John Berger, « Why look at Animals? », dans John Berger (dir.), About Looking, New York, Pantheon Books, 1980, p. 1-28.

    5 Mieke Roscher, « Human-Animal Studies », Version: 1.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 25.1.2012, URL: http://docupedia.de/zg/Human-Animal_Studies?oldid=84625 [26.11.2014].

    6 Une introduction : Gabriele Metzler, « Zeitgeschichte: Begriff – Disziplin – Problem », Version: 1.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 7.4.2014, URL: http://docupedia.de/zg/Zeitgeschichte?oldid=97455 [26.11.2014].

    7 Kenneth J. Shapiro, « Editor’s Introduction to Society & Animals », Society & Animals 1, N°1, 1993, p. 1-4; Arnold Arluke, « Associate Editor’s Introduction. Bringing Animals into Social Scientific Research », Society & Animals 1, n°1, 1993, p. 5-7.

    8 Parmi les travaux pionniers : Harriet Ritvo, The Animal Estate. The English and other Creatures in the Victorian Age, Cambridge, Harvard University Press, 1987 et Richard D. Ryder, Animal Revolution: Changing Attitudes towards Speciesism, Oxford, Bloomsbury Academic,1989.

    9 Voir les notes de bas de page de l’article de Mieke Roescher, « Human-Animal-Studies », op. cit., notes 32-42.

    10 Pascal Eitler, « The « origin » of emotions: Sensitive humans, sensitive animals » dans Ute Frevert et al. (dir.), Emotional lexicons: Continuity and change in the vocabulary of feeling 1700-2000, Oxford, Oxford University Press, 2014, p. 91-114.

    11 Harriet Ritvo, « On the Animal Turn », Daedalus, n° 4, 2007, p. 118-122.

    12 Par exemple Susan Pearson et Mary Weismantel, « Gibt es das Tier ? Sozialtheoretische Reflexionen » dans Dorothee Brantz et Christof Mauch (dir.), « Tierische Geschichte ». Die Beziehung von Mensch und Tier in der Kultur der Moderne, Paderborn, Ferdinand Schöningh Verlag, 2010, p. 379-399.

    13 Pascal Eitler, « Einführung: Gewaltverhältnisse – eine körpergeschichtliche Perspektive », Body Politics: Zeitschrift für Körpergeschichte, n°1, 2013, p. 163-183.

    14 Aline Steinbrecher, « „In der Geschichte ist viel zu wenig von Tieren die Rede“ (Elias Canetti) – Die Geschichtswissenschaft und ihre Auseinandersetzung mit den Tieren », dans Carola Otterstedt et Michael Rosenberger (éd.), Gefährten – Konkurrenten – Verwandte: Die Mensch-Tier-Beziehung im wissenschaftlichen Diskurs, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2009, p. 264-286.

    15 L’idée ouvre la voie à des comparaisons intéressantes avec l’histoire du corps. Voir à ce propos, P. Eitler, Gewaltverhältnisse, op. cit.

    16 Erika Fudge, « A Left-Handed Blow: Writing the History of Animals », dans Nigel Rothfels (éd.), Representing Animals, Bloomington et Indianapolis, Indiana University Press, 2002, p. 3-18, ici p. 6.

    17 Pascal Eitler et Maren Möhring, « Eine Tiergeschichte der Moderne: Theoretische Perspektiven », in: Traverse – Zeitschrift für Geschichte, n° 3, 2008, p. 91-105.

    18 Également E. Fudge, op. cit, p. 9.

    19 Ibid.

    20 Jobst Paul, Das « Tier »-Konstrukt als Grundprinzip in Ausgrenzungsdiskursen. Eine diskursanalytische Studie, Thèse publiée en ligne, Duisburg, Université de Duisbourg 2003. http://duepublico.uni-duisburg-essen.de/servlets/DocumentServlet?id=5509

    21 Voir à ce propos Michel Foucault, Der Wille zum Wissen. Sexualität und Wahrheit 1, Francfort/M. ,Suhrkamp, , 1998.

    22 À ce sujet : Thomas Lemke, Eine Kritik der politischen Vernunft. Foucaults Analyse der modernen Gouvernementalität, Hambourg, Argument, 2011.

    23 P. Eitler, Gewaltverhältnisse, op. cit.

    24 André Krebber et Mieke Roscher (dir.), « Tiere und Geschichtsschreibung », WerkstattGeschichte, n°56, 2011.

    25 Donna Haraway, The Companion Species Manifesto: Dogs, People, and Significant Otherness, Chicago, Chicago University Press, 2003; Bruno Latour, Das Parlament der Dinge. Für eine politische Ökologie, Francfort/M., Suhrkamp, 2009 ; Bruno Latour, Nous n’avons jamais été modernes. Essai d’anthropologie symétrique, Paris, Éditions La Découverte, 1991 / l’article analytique de P. Eitler et M. Möhring, « Eine Tiergeschichte der Moderne: Theoretische Perspektiven », op. cit.

    26 En terme d’introduction voir : Rüdiger Graf, « Zeit und Zeitkonzeptionen in der Zeitgeschichte », Version: 2.0, Docupedia-Zeitgeschichte, 22.10.2012, URL:

    http://docupedia.de/zg/Zeit_und_Zeitkonzeptionen_Version_2.0_R.C3.BCdiger_Graf?oldid=92888 [26.11.2014].  
    Il est intéressant de noter que les animaux ne sont pas mentionnés dans ce travail.

    27 Kim Priemel et Rüdiger Graf, « Zeitgeschichte in der Welt der Sozialwissenschaften. Legitimität und Originalität einer Disziplin », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte. 59, n°4, 2011, p. 479-495.

    28 A. Nelson, op. cit, p. 115.

    29 Voir également Pascal Eitler, « Tierliebe und Menschenführung. Eine genealogische Perspektive auf das 19. und 20. Jahrhundert », Tierstudien 2, n°3, 2013, p. 40-50.

    Penser et pratiquer l’histoire du temps présent

    X Facebook Email

    Penser et pratiquer l’histoire du temps présent

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Penser et pratiquer l’histoire du temps présent

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Hansen, J. (2016). Laïka – ou comment écrire l’histoire des animaux ?. In E. Droit, H. Miard-Delacroix, & F. Reichherzer (éds.), & C. Trojan (trad.), Penser et pratiquer l’histoire du temps présent. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11437
    Hansen, Jan. « Laïka – ou comment écrire l’histoire des animaux ? ». In Penser et pratiquer l’histoire du temps présent, édité par Emmanuel Droit, Hélène Miard-Delacroix, et Frank Reichherzer, traduit par Claire Trojan. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.11437.
    Hansen, Jan. « Laïka – ou comment écrire l’histoire des animaux ? ». Penser et pratiquer l’histoire du temps présent, édité par Emmanuel Droit et al., traduit par Claire Trojan, Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11437.

    Référence numérique du livre

    Format

    Droit, E., Miard-Delacroix, H., & Reichherzer, F. (éds.). (2016). Penser et pratiquer l’histoire du temps présent. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11414
    Droit, Emmanuel, Hélène Miard-Delacroix, et Frank Reichherzer, éd. Penser et pratiquer l’histoire du temps présent. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.11414.
    Droit, Emmanuel, et al., éditeurs. Penser et pratiquer l’histoire du temps présent. Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11414.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement