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    Presses universitaires du Septentrion
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    Plan détaillé Texte intégral Le corps professoralLa question des Assurances Sociales1929-1939 : Les études. Les examens à NancyL’érosionLes hôpitaux et dispensaires de 1929 à 1939Hôpital et dispensaire Saint-PhilibertLa Cité HospitalièreLes écolesLes Journées MédicalesAction missionnaire — Ad Lucem1939 Notes de bas de page

    Histoire de la Faculté libre de médecine et de pharmacie de Lille, de 1876 à 2003

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre XII. 1929-1939 : nouvelles menaces

    p. 255-272

    Texte intégral Le corps professoralLa question des Assurances Sociales1929-1939 : Les études. Les examens à NancyL’érosionLes hôpitaux et dispensaires de 1929 à 1939Hôpital et dispensaire Saint-PhilibertLa Cité HospitalièreLes écolesLes Journées MédicalesAction missionnaire — Ad Lucem1939 Notes de bas de page

    Texte intégral

    1La crise économique de 1929, qui s’étend à tous les pays occidentaux, entraînant chômage et précarité, ouvre la décennie suivante où s’annoncent de lourdes menaces. En France, elle est à l’origine de la prise de pouvoir par la gauche du Front populaire1. Auparavant, la mise en place des Assurances Sociales avait modifié profondément la relation médecin-malade tant en clientèle privée que dans les établissements hospitaliers et les dispensaires.

    2Sur le plan régional, le projet d’une Cité hospitalière annonce une concurrence redoutable pour les hôpitaux de la Faculté libre. Sous peine de disparaître, celle-ci doit faire des choix décisifs par la création de nouvelles structures. Elle doit aussi s’affranchir de la tutelle voire de l’hostilité de certains membres de la faculté d’État en envoyant ses étudiants passer leurs examens à Nancy.

    Le corps professoral

    3En 1928, ce n’est pas de gaîté de cœur que L. Thilliez a accepté d’être prorogé dans les fonctions de doyen. Dès juillet 1929, il demande à en être relevé : Le programme que je m’étais tracé est réalisé, écrit-il un peu plus tard, je n’ai plus de raison de rester à mon poste. Mais les autorités supérieures veulent son maintien : Mgr Achille Liénart, nouvel évêque de Lille et chancelier de l’Université en remplacement de Mgr Quilliet, me supplie de rester en fonction. Je lui ai promis pour un an sans lui cacher les raisons qui rendent ce poste intenable : il le comprend, mais me demande de faire le sacrifice. L’an prochain, ce sera la même chose… Autant désigner C… tout de suite, puisque sans doute il aura la majorité à la faculté.

    4Les mêmes dissensions persistent au sein de la Faculté. Selon le doyen, la séance du Conseil de faculté du 9 juillet 1930 a été houleuse, ce qui n’apparaît d’ailleurs pas dans le compte rendu officiel : il s’agissait sans doute de la question de la titularisation dans la chaire d’obstétrique (en remplacement du Pr Voituriez) de Maurice Favreau qui, face à l’animosité de ses collègues […] menace de s’en aller s’il n’est pas titularisé2. En dépit du rapport défavorable de la commission d’avancement, présidée par le doyen, le Conseil de faculté vote la titularisation de M. Favreau : il sera nommé par le Conseil supérieur de l’Université. Contrairement à la nomination d’Antoine Delattre acquise à l’unanimité, le cas de M. Paget prête aussi à discussion. À la même séance, est confirmée la décision exigeant la possession de l’agrégation d’État ou de la Faculté libre pour obtenir le titre de professeur suppléant. Cette décision satisfait les étudiants qui, dans une motion de l’ACEM datée de juin 1930 remercie les autorités universitaires de l’institution des concours pour la nomination des professeurs de la faculté libre de médecine. En fait, et voulant sans doute garder la haute main sur les nominations, le Conseil supérieur considère cette décision comme un simple règlement.

    5Le décanat de L. Thilliez prend fin en 19313. Émile Camelot est élu doyen ; Henry Billet lui succédera en 1934, puis Carlos Lepoutre en 1937. Le plus grand mérite de L. Thilliez a été certainement la mise en place d’un corps professoral qui, en 1929, comprend pour la médecine 19 titulaires, un adjoint (Cappe de Baillon en histologie), deux suppléants (dont M. Favreau bientôt titularisé) et deux maîtres de conférences. En section de pharmacie où le Pr Carrez est assesseur inamovible4, on compte cinq titulaires et un suppléant. Ce corps professoral est de qualité et quelques-uns de ses membres sont éminents. À la même date, le recteur peut écrire : Nous avons pu reconquérir l’estime de toutes les classes de la Région et de toutes les facultés de France et de l’étranger.

    La question des Assurances Sociales

    6La loi sur les Assurances Sociales date du 5 avril 1928. Non sans difficultés, elle va s’imposer progressivement et modifier profondément le fonctionnement et l’esprit même des établissements de santé : de la charité qui s’adressait exclusivement aux indigents et aux économiquement faibles5, on va évoluer vers l’assistance à une proportion plus large de la population de condition modeste certes, mais désormais solvable. On a compris qu’avec la création des maisons de santé et d’une maternité au recrutement élargi, la Faculté a quelque peu anticipé ces transformations.

    7Sans entrer dans les détails, on peut rappeler que, se substituant aux Sociétés de Secours Mutuels et les remplaçant par un monopole d’État, la loi de 1928 n’est pas très différente des ordonnances de 1945 et des lois qui les suivies, créant et généralisant la Sécurité sociale. Les principes en sont les mêmes : couverture des risques maladie, invalidité prématurée, vieillesse, décès et participation aux charges de famille, de maternité et de chômage involontaire, affiliation soumise à des conditions de ressources, financement par des cotisations ouvrières et patronales d’un montant équivalent.

    8Cette loi n’est pas discutée dans son principe que l’on dit élevé et qui doit réunir les suffrages de tous. Mais, votée à la hâte en fin de législature, elle est vivement critiquée dans son application, en particulier par les patrons et les médecins. Ainsi, P. Valdelièvre, secrétaire du syndicat de la Métallurgie de Lille, la considère comme une catastrophe nationale. L’industriel A. Michelin écrit : Dans les conditions actuellement envisagées, patrons et ouvriers doivent souffrir également de la substitution de l’État à l’initiative privée. Le « risque maladie » notamment ouvrira la porte à tous les abus, à toutes les malversations et l’on commence à parler de la fièvre de Noël chez les affiliés de caisse !

    9Les médecins quant à eux redoutent l’emprise totale sur le libre exercice de la médecine. Dans une conférence prononcée aux Journées médicales de 1929, A. Besson, professeur de médecine légale à la Faculté, expose les griefs du corps médical :

    1. La loi des Assurances sociales est une loi sûrement funeste pour le corps médical : ses répercussions seront profondes, définitives même sur certains points, dans l’exercice de la profession. Cette loi sera un facteur certain de « dévalorisation médicale » ouvrant toute grande la porte du fonctionnarisme dans un nouveau monopole d’État.

    2. Le corps médical doit lutter de toutes ses forces, de toute la puissance de son nombre et de son autorité, pour exiger, par tous les moyens, la reconnaissance légale dans la Loi de ses prérogatives et de ses droits. Une discipline absolue est indispensable. Un échec aurait, pour le Corps Médical, des conséquences « mortelles » par l’avènement d’un étatisme qui ruinerait, progressivement mais sûrement, les forces vives de notre profession médicale et porterait la plus grave atteinte à sa conscience, à sa liberté et à son honneur…6

    10F. Guermonprez, ardent polémiste, ne renonce pas à ses outrances. Il écrit notamment : L’Ami du Peuple7 montre en quoi la loi est fallacieuse et inhumaine. Les Chambres de Commerce sont contre, la Fédération des Syndicats Patronaux de la région parisienne aussi, etc. Il est impossible de laisser accréditer l’erreur qui attribue à cette législation une inspiration chrétienne : c’est le contraire ! Et de citer plusieurs faits qui montrent comment elle est applaudie par les loges maçonniques, le parti SFIO (congrès du 12 juin 1929), le parti radical-socialiste (congrès de Reims 1929), le syndicat national des instituteurs (affilié à la CGT), lequel entend occuper les secrétariats de mairie pour pouvoir agir vis-à-vis de la population des villages selon les directives maçonniques […] Il n’y a plus de doute possible : la loi des Assurances Sociales n’est pas d’inspiration chrétienne. Bien que dissimulée, son origine est maçonnique8.

    11À son tour, la Confédération des syndicats médicaux déclare ne pas accepter cette loi qui menace l’indépendance médicale et, tout en rappelant les droits fondamentaux du médecin (libre choix, respect du secret professionnel, liberté de prescription, honoraires libres), elle demande à ses adhérents de ne souscrire ni contrat collectif, ni contrat individuel.

    12Cependant, la loi se met lentement en place à coups d’amendements, de projets rectificatifs et de textes additionnels (lois du 5 août 1929, du 3 avril 1930, etc.). À la séance solennelle de rentrée de novembre 1931, Mgr Lesne en analyse les dangers et les remèdes : L’application de la loi des Assurances sociales pourrait réduire les ressources cliniques nécessaires à notre enseignement si une adaptation appropriée des services n’apportait le correctif nécessaire. Il était à prévoir, par exemple, que le nombre des consultants dans les dispensaires gratuits diminuerait légèrement à partir du jour où les malades indigents pourraient faire payer par les Caisses d’Assurances sociales la plus forte part des honoraires dus aux médecins qu’ils auraient librement choisis. Mgr Lesne expose alors les moyens de retenir les consultants : la réputation des maîtres, le bon accueil fait aux malades, l’aménagement des horaires, la coordination des services, la disposition heureuse des salles de consultation, l’utilisation d’un appareillage complet et moderne. Il termine cette analyse pertinente par ces conseils : Ne pas laisser passer l’heure, […] prendre garde que les courants nouveaux qui s’établissent ne se détournent pas de nos chemins9.

    13L’influence de la loi sur la fréquentation des dispensaires et des services reste difficile à apprécier. Certes, elle n’est pas immédiatement perceptible ; le doyen Camelot déclare en 1933 : Il faudra plusieurs années pour pouvoir apprécier exactement l’influence exercée sur nos services par le fonctionnement des Assurances Sociales10. Cependant, dès 1930, certains responsables, dont le recteur Mgr Lesne, pensent avec raison que, dans l’impossibilité reconnue de faire subsister des services qui recueilleraient gratuitement des malades indigents, la loi pourrait favoriser la création d’établissements dont la gestion serait financièrement rentable. À la charité pure et simple, devenue irréalisable, vont progressivement se substituer l’assistance et la solidarité.

    1929-1939 : Les études. Les examens à Nancy

    14En 1929, le nombre d’étudiants est de 143, un effectif comparable à celui d’avant-guerre : 25 élèves de 1re année, une dizaine d’étrangers et 37 étudiants en pharmacie (dont le nombre a augmenté plus rapidement encore : ils étaient 10 en 1920)11. Au seuil de cette décennie, le doyen É. Camelot entrevoit l’avenir avec sérénité : à la rentrée de 1931, il évoque un calme propice au travail régulier et efficace.

    15Depuis le règlement de 1920, les étudiants peuvent passer leurs examens dans la faculté officielle de leur choix : en 1929, désirant échapper à l’ostracisme lillois, la plupart des étudiants envisagent cette solution. En mars, le doyen L. Thilliez et H. Billet se rendent à Nancy ; ils sont reçus par le recteur nancéien qui se montre très heureux de faire passer les examens à nos étudiants, à l’instar du doyen et du Conseil de la faculté. Aussitôt, 53 étudiants font le voyage à Nancy12. Ce sont d’abord les étudiants des premières années qui font ce choix, mais dès l’année suivante, le passage des examens à Nancy sera la règle. En 1928-29, douze thèses ont été soutenues à Lille ; en 1930-31, huit sont présentées à Lille et huit à Nancy.

    16Pour l’année 1931-32, le nombre d’étudiants atteint le chiffre record de 164, dont 41 en pharmacie. Les examens à Nancy donnent d’abord des résultats satisfaisants, en dépit des obstacles que nous crée le monopole, corrigé seulement par l’équité personnelle des examinateurs. Les dispensaires et services hospitaliers fonctionnent mieux. Le corps professoral se renouvelle surtout par promotion interne. Ainsi, en 1930, une agrégation d’anatomie intronise Georges Vincent. En 1931, M. Paget, après sa thèse de pharmacopat supérieur, passe l’agrégation de chimie biologique. En 1934, ce sont celles d’Henri D’Hour et Jules Dereux en médecine, de G. Desbonnets en chirurgie. En 1937, l’agrégation d’otorhinolaryngologie de G. Didier assure le remplacement du Pr L. Reverchon qui vient de disparaître. En 1939, Adolphe Bernard et Alphonse David sont titularisés, le premier en pathologie générale, le second en thérapeutique.

    Effectif des étudiants 1914-1945

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    Tableau 2 : effectif des étudiants 1914-1945

    17Dès sa prise de fonction de doyen, en novembre 1934, le Pr H. Billet, grand organisateur, propose la création de quatre commissions permanentes pour améliorer la marche de la Faculté : enseignement en faculté (une réforme est en cours), fonctionnement des laboratoires, enseignement clinique, concours. Les responsables de ces commissions sont nommés en décembre. Des commissions secondaires gèrent les Journées médicales ou la question des assurances sociales. Ces commissions préparent des règlements de première importance. Ainsi, en avril 1937, pour organiser la promotion interne, le Conseil de faculté revient de nouveau sur le statut des professeurs : un professeur ne peut être titularisé que s’il est proposé pour une chaire qui existe déjà. Une chaire ne peut être créée que si son enseignement est nécessaire ou très avantageux, qu’il s’agisse d’un enseignement clinique dans un service organisé ou d’un enseignement théorique et pratique en faculté. Un professeur suppléant doit être agrégé et un agrégé ne peut être nommé suppléant qu’à la condition de donner un enseignement équivalent à celui d’un professeur en titre. Enfin, le titre de docteur en médecine ou de pharmacien suffit pour être promu maître de conférences.

    18Parmi le corps professoral, des anciens disparaissent : parmi les pionniers de la première heure, c’est en 1932 F. Guermonprez, l’un des treize professeurs de 1877, après cinquante ans d’une inlassable activité au service de la science, des malades, de la patrie et de la religion, puis, en 1933, A. Lemière, le défenseur acharné des intérêts moraux et matériels de la profession médicale […] Il nous laisse un modèle de très haut esprit scientifique, l’exemple du dévouement le plus désintéressé et de la dignité professionnelle la plus élevée13. En 1935, Ch. Rogie l’anatomiste, Dujardin l’ophtalmologiste et le R.P. Loiselet décèdent à leur tour. En 1937, E. Baltus disparaît lui aussi après 49 ans d’enseignement, il avait pris sa retraite en 1925. C’était le dernier représentant de ceux qui fondèrent notre faculté de médecine, […] physiologiste distingué, médecin éminent, professeur à l’enseignement clair et précis, deux fois doyen. La même année, le Pr Carrez, assesseur du doyen pour la section de pharmacie décède en novembre et enfin, en 1938, J. Voituriez qui a fait toute sa carrière à la Faculté, ancien professeur d’obstétrique, en retraite depuis 1929, meurt dans sa 80e année. En mai 1939, H. Lavrand, ORL et professeur d’hygiène et de pathologie interne disparaît, ainsi qu’un interne de l’hôpital Saint-Philibert nommé Hubert Pernes.

    L’érosion

    19Cependant, au fil des années 30, les choses se gâtent et pour les étudiants d’abord : dès 1931, alors que les examens se passent en presque totalité devant la faculté de Nancy, le doyen É. Camelot constate que des insuccès trop nombreux et peu habituels sont le fait d’une vague de sévérité qui a déferlé cette année sur tous les candidats. En 1933, il estime que cette sévérité accrue trouve sa cause dans l’encombrement des facultés et la menace de pléthore médicale, car la crise économique a détourné les jeunes gens des carrières industrielles ou commerciales et ils se sont tournés vers les carrières libérales14.

    20Cette sévérité est en quelque sorte officialisée par le décret du 26 février 1933 qui prévoit, pour les 1er et 2e examens de fin d’année, des épreuves écrites portant sur toutes les matières enseignées dans l’année. Dès la session de juillet 1933, la sanction est sévère. En 1re année, 30 % seulement des étudiants sont reçus, la moitié des échecs sont réparés en octobre et deux le seront encore au cours d’une session extraordinaire en mars ; cinq doublent leur année. En 2e année, l’épreuve écrite a été supprimée à cette session à la suite de l’agitation et même de la grève [des étudiants] organisée à Paris et dans quelques facultés de province. Une deuxième épreuve orale est prévue, mais la sévérité des juges n’a pas été supprimée !15 En 3e année, les deux tiers des étudiants ont été reçus en juillet, mais, en 4e année, on compte 43 % d’échecs à la même session, tous réparés il est vrai en octobre. Cette sévérité n’épargne d’ailleurs pas les étudiants étrangers, au nombre d’une dizaine (belges, canadiens, mexicains, javanais, un japonais, un Colombien, un Libanais) qui préparent le diplôme de l’Université catholique, reconnu dans leur pays : en 1re année, on compte un seul reçu sur six.

    21En 1934, alors que le PCB remplace le PCN, la vague de sévérité se confirme davantage16. En 1936, la durée des études de médecine est portée à six ans après le PCB. Dans ces conditions, après le chiffre record de 1930, le nombre d’étudiants baisse sensiblement. De 123 étudiants en médecine en 1931-32, il diminue à 103 en 1935-36 et à 78 en 1938-39. Les défections en cours d’études sont nombreuses, mais tout aussi inquiétante est la diminution des inscriptions en 1re année : 30 étudiants en 1931-32, mais seulement 15 en 1938-39.

    22Le doyen H. Billet constate cette érosion avec amertume : Le nombre de nos étudiants ne répond ni à l’élévation du but que s’étaient proposé les fondateurs de cette Faculté unique en France, ni à la haute valeur scientifique et morale du Corps Professoral qui se dévoue sans restriction à sa tâche17. Deux ans plus tard, il en appelle aux parents : Croyez-vous servir l’avenir de vos enfants en choisissant pour eux des solutions de facilité ? Pourquoi rester sourds aux appels de nos évêques ? Faites de vos fils des médecins instruits, n’attendant le succès que de leur mérite, indifférents à la faveur, aimant l’effort qui, seul, peut donner des résultats solides et durables.

    23La baisse du nombre d’étudiants affecte d’ailleurs tous les secteurs de l’Université et n’épargne pas les Écoles. Dans ses rapports successifs au Conseil supérieur, Mgr Lesne y voit les effets de la dénatalité due à la guerre, de la crise économique, mais aussi, comme le doyen Billet, du fléchissement du loyalisme chrétien des familles. Les maisons de famille voient diminuer le nombre de leurs pensionnaires : en 1936-37, ils sont 27 à Saint-Louis, 34 à Saint-Michel (qui est d’ailleurs en mauvais état) et Albert le Grand est fermé depuis quatre ans.

    24La situation s’améliore quelque peu en 1937-38 : La série des années maigres s’achève, constate Mgr Lesne, mais tel n’est pas le cas en médecine où la difficulté et la longueur des études, les résultats des examens qu’il faut passer à Nancy sont aussi la cause de cette baisse des effectifs : en pharmacie au contraire où le pourcentage habituel de réussite est de 90 à 100 %18, le nombre des étudiants est de 52 en 1937-38, alors qu’il était de dix en 1927-28, ce qui nécessite un agrandissement des locaux qui leur sont alloués19.

    25À la veille de la guerre, Mgr Lesne adresse à Mgr Liénart un rapport sur l’état de la Faculté de médecine et de pharmacie. Tiré à 100 exemplaires, il est adressé aux archevêques et évêques de France. Il conclut : Une Faculté aussi largement équipée (le tout représente une dépense annuelle de plus de 3 millions) et qui est seule à porter et à mériter le nom de Faculté catholique, devrait pouvoir faire un choix sévère parmi des légions d’étudiants qui se présenteraient à ses portes et former une élite incomparable de médecins et de pharmaciens répandus ensuite par toute la France.

    26Elle pourrait faire très bien, mieux que dans beaucoup de facultés surpeuplées, l’éducation de 2 à 300 étudiants en Médecine et une centaine d’étudiants en Pharmacie. Elle en a la moitié à peine. Même avec de si faibles contingents, elle fait un très bon travail, tant par la formation technique et morale de ses étudiants que par l’émulation qu’elle suscite et l’exemple qu’elle donne. Dieu veuille que cet appel soit entendu et non seulement du Nord qui lui-même ne lui donne pas assez de ses fils, mais que de toute la France, viennent nombreux les meilleurs jeunes catholiques à la seule Faculté de Médecine et de Pharmacie20.

    Les hôpitaux et dispensaires de 1929 à 1939

    27En 1929, le dispensaire Saint-Raphaël assure des consultations d’ophtalmologie (Pr Thilliez) et de gynécologie (Pr Voituriez, puis Pr Favreau) : elles sont les plus fréquentées avec plus de 7 500 consultants en ophtalmologie et plus de 1 000 en gynécologie. Les autres consultations de maladies chirurgicales (Pr Courty), maladies internes (Pr Langeron) et maladies nerveuses (Pr Le Grand) sont beaucoup moins fréquentées. Il existe depuis 1922 une consultation de mécanothérapie assurée par le Pr Guermonprez. L’Institut médico-mécanique qu’il avait créé en 1906 dans l’ancien Carmel de la rue Nationale avait été endommagé pendant la guerre. À défaut d’un nouvel établissement dont il aurait souhaité la création, il obtient enfin un local de consultation à Saint-Raphaël, malgré l’opposition de l’ancien doyen Delassus, et grâce à l’appui du recteur et de l’archevêque de Cambrai. Il y pratiquera la rééducation jusqu’à sa retraite, avec l’aide du Dr J. Billaux, un de ses fidèles élèves.

    Maison de santé Saint-Raphaël. Chambre de malade

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    28Le dispensaire Saint-Camille reçoit surtout des consultants d’otorhinolaryngologie (Pr Reverchon) et de dermatologie (Pr Danel). Les consultations d’urologie (Pr Lepoutre) et de gastro-entérologie (Pr Bernard) sont moins fréquentées.

    29Au fil des années 30, le recrutement des établissements hospitaliers, à l’exception des maternités, diminue sensiblement et, dit le doyen Billet en 1934, il n’est pas douteux que cette diminution, déjà notée l’an dernier, ne soit la conséquence de la loi des Assurances sociales21. Cette année-là, les deux principaux dispensaires sont regroupés à Saint-Philibert dans le nouvel établissement décrit ci-dessous. Ne restent à Saint-Raphaël que les consultations de gynécologie-obstétrique du Pr Favreau. En deux ans, le nombre total de consultations a diminué de 16 310 à 11 704, soit — 28 %. Et, après une embellie en 1935, Saint-Philibert reçoit moins de 10 000 consultants en 1938-39. Certes, la Maternité Sainte-Anne assure encore plus de 500 accouchements, mais la Maternité de la Sainte-Famille, complètement rénovée en 1929-30 avec la transformation des dortoirs en chambres d’un à trois lits et l’ouverture de consultations prénatales et de consultations de nourrissons, en compte près du double (921 en 1936).

    Dispensaire Saint-Camille. Salle d’opération

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    30Fin 1933, à l’ouverture de la polyclinique Saint-Philibert, un règlement des dispensaires est élaboré : il rappelle que les dispensaires sont ouverts aux malades indigents ou économiquement faibles, assurés ou non. Les consultations sont gratuites, sous réserve du recouvrement des prestations des assurés par les Caisses d’assurances sociales, du droit minimum requis à la première consultation et du prix des plaques de radiologie si le malade n’est pas assuré. L’hospitalisation du malade est possible dans la section hôpital de la polyclinique Saint-Philibert ou à la Charité. Quant aux malades dits d’entente directe, ils seront reçus dans d’autres salles ou en chambres particulières. Ces dispositions, similaires à celles qui ont mené à la création de la maternité Sainte-Anne et Sainte-Monique, instaurent bien une médecine à deux vitesses.

    31Assez vite d’ailleurs, dès qu’ils élargissent l’éventail de leur recrutement, les dispensaires font l’objet de critiques : ils sont soupçonnés de détourner les malades des cabinets des médecins et de faire à ces derniers une concurrence déloyale. Le doyen Billet s’en défend et proclame que les dispensaires de la Faculté libre sont réservés aux seuls indigents ou aux économiquement faibles : Tous nos collègues, parfaitement pénétrés des sentiments de solidarité confraternelle, dirigent leurs dispensaires avec le plus grand désintéressement […] Les services, les laboratoires, les hôpitaux et les dispensaires de la Faculté libre de médecine ne fonctionnent qu’en vertu des seules ressources qui leur sont fournies par la générosité des catholiques des provinces du Nord, […] les libéralités officielles leur sont systématiquement et délibérément refusées et elles ne sont en aucune façon responsables des lourds impôts qui accablent de plus en plus lourdement les contribuables22.

    32Les hôpitaux n’échappent pas à cette récession. L’hôpital de la Charité (aile droite) voit diminuer le nombre d’hospitalisations, tant en médecine qu’en chirurgie, de 1 737 en 1931 à 1 482 en 1934, soit -14,7 %. À Saint-Antoine, la diminution des consultations est considérable : elles passent de 9 505 en 1932 à 6 287 en 1934 (-34 %), puis restent à peu près stables jusqu’à la veille de la guerre. Par contre, le nombre des hospitalisations augmente de façon importante : il passe de 550 par an en 1932 à 825 en 1936 (+ 50 % en quatre ans) avec un chiffre de 20 135 journées d’hospitalisation et une durée moyenne de séjour encore importante de 24 jours.

    33Cette désaffection pour les consultations de Saint-Antoine ne peut s’expliquer que partiellement par les conditions socio-économiques : diminution du paupérisme, remboursement des actes pratiqués par les médecins libéraux ; elle contraste avec l’augmentation des entrées qui, elle, est certainement due à la fréquence et à la gravité des maladies infectieuses infantiles régnant alors, rougeole, scarlatine et diphtérie, mais aussi à l’aménagement de deux nouvelles salles au premier étage, prévues depuis la fondation, permettant de doubler les lits disponibles, ou, selon les termes de Mgr Lesne, d’accueillir un plus grand nombre d’élus dans le paradis des enfants malades…

    34Ainsi, dans ce contexte de récession générale, la création d’un nouvel hôpital pourrait paraître hasardeuse.

    35Quelles sont alors les ressources financières de l’Université ? En février 1934, le recteur Mgr Lesne, présentant au Conseil supérieur les comptes de l’année 1932-33, déclare : Les dispensaires (c’est-à-dire les dispensaires et les maisons de santé, car, à eux seuls, les dispensaires ne sont d’aucun rapport) sont en pleine prospérité […] (ils représentent une) œuvre magnifique de charité chrétienne et (une) ressource très importante pour nos finances.

    36Dans le détail, Saint-Raphaël et Sainte-Anne ont un excédent d’exploitation de 228 000 F (132 000 € 2002) et Saint-Camille de 281 000 F (près de 163 000 €) alors que le budget de Saint-Antoine est équilibré. Bien que le recteur estime que la faculté de médecine et de pharmacie a les exigences du tonneau des Danaïdes, on y verse toujours et jamais il n’est plein, cet apport permet de limiter le déficit de l’Université, voire de lui assurer l’équilibre financier, alors que se réduit le produit des quêtes et des souscriptions (respectivement - 24 % et - 12 %).

    37Certes, le maintien de cet équilibre exige de strictes économies. En 1936, le recteur constate que le traitement des professeurs est inchangé depuis dix ans : L’échelon des traitements ne correspond plus à la situation déjà fort modeste qui était faite à nos professeurs avant les évènements de ces derniers temps.

    38Au cours des années suivantes, l’excédent des recettes reste de l’ordre de 4 à 500 000 F, ce qui représente environ 7,5 % du budget de l’Université. Même Saint-Antoine apporte son obole (3 000 F en 1935-36, 10 000 F en 1936- 37).

    39En 1937-38, après les vaches maigres et à la veille de la guerre, le budget de l’Université est de nouveau équilibré : au total, l’exploitation des maisons de santé s’est avérée rentable.

    Hôpital et dispensaire Saint-Philibert

    40Ouverts depuis 56 ans rue de la Bassée et 46 ans rue du Port, les dispensaires de la Faculté ont vieilli. Les médecins, dit le doyen É.Camelot, y exerçaient dans des conditions de confort et de décence, d’hygiène et d’asepsie, d’instrumentation que ceux-ci étaient fort loin de réaliser […] Locaux exigus, matériel insuffisant, c’était vraiment la grande pitié de nos dispensaires ! Un seul fait suffirait à le démontrer : une même salle abritait les services de consultations de quatre grandes cliniques spéciales ! Que des maîtres dévoués aient pu y instruire de nombreux étudiants, y soigner des milliers de malades, y pratiquer des examens les plus délicats, y faire de multiples opérations, cela tient du prodige, mais les prodiges ne durent pas indéfiniment !23

    41Une autre carence grave, en dehors de quelques chambres particulières, est l’impossibilité pratiquement totale de l’hospitalisation, cependant nécessaire pour l’utilisation de certains procédés d’exploration, et surtout pour le traitement de nombreuses catégories de malades. On en est arrivé à ce paradoxe : malgré les demandes réitérées et toujours refusées par l’Administration des Hospices, les services de médecine et de chirurgie de la Charité ne disposent pas du moyen de recrutement normal qu’est la consultation externe et les consultations, toujours peu fréquentées, de médecine et de chirurgie générales des dispensaires ne peuvent pallier cette carence24. A contrario, les dispensaires ne disposent pas des moyens d’hospitalisation indispensables au médecin, à l’étudiant, au patient même, pour suivre l’évolution de la maladie, en voir appliquer le traitement, en apprécier les résultats.

    42Mgr Lesne analyse ces faits avec pertinence25 : l’essentiel des cliniques de la Faculté n’est constitué que des deux services de l’aile droite de la Charité. Les dispensaires […] ne permettent qu’un enseignement imparfait avec des ressources infiniment inférieures à celles que l’hôpital Saint-Sauveur fournit aux cliniques spéciales de l’État […] Le régime des Assurances qui, sous une forme ou une autre, va s’établir rendrait au contraire plus facile la gestion de vastes polycliniques qui d’une part abriteraient des malades assurés et d’autre part recevraient dans des chambres particulières plus ou moins luxueuses des malades de condition aisée. On peut tenir pour certain que bien géré et grâce aux deux catégories de malades l’établissement ferait ses frais. En somme, avec les malades de condition aisée, on envisage une médecine à trois vitesses26…

    43Certes, après 50 ans, la Faculté ne peut plus se contenter d’un simple rudiment. Répondant au vœu initial de C. Feron-Vrau d’une polyclinique consacrée aux maladies spéciales, le projet a mis longtemps à mûrir. Il a été, dit Mgr Lesne, passé au crible de critiques parfaitement fondées, de craintes très légitimes, tenu en suspens plusieurs fois et pendant de longs mois, repris pour être soumis à des suppléments d’enquête. Des amis éclairés et profondément dévoués, sans vouloir lui faire échec, l’estimaient disproportionné à nos moyens, bien qu’il ne le fût pas à nos besoins. Le projet a pris corps sous l’impulsion du doyen L. Thilliez qui en a établi le principe et élaboré les plans. Son successeur É. Camelot a veillé à son exécution et à sa mise au point. Le maître d’œuvre est le cabinet d’architectes J. et A. Barbotin. L’hôpital Saint-Philibert va s’adosser à la Maison Saint-Camille : c’est un symbole éloquent de voir associer les prénoms des deux promoteurs et bienfaiteurs de l’œuvre. Rue Denfert-Rochereau (aujourd’hui rue Jean-Baptiste de la Salle), le premier coup de pioche est donné en avril 1932. Le 28 juillet suivant, la première pierre angulaire est bénie par le nonce apostolique Mgr Maglione. Seize mois plus tard, le 16 novembre 1933, la polyclinique est inaugurée solennellement par S.E. le Cardinal Liénart, l’archevêque de Cambrai et l’évêque d’Arras. L’hôpital lui-même est ouvert quelques mois plus tard, le 8 mars 1934, après l’achèvement des salles d’opération. En juillet, l’hôpital compte 70 lits. En novembre, le service de radiologie est terminé.

    44Lorsqu’on pénètre par la porte de la rue Denfert-Rochereau, un hall d’accueil permet d’orienter au rez-de-chaussée les malades vers les services de spécialités, O.R.L, dermatologie et urologie, ainsi que vers les salles de consultations ou le service de radiologie. Au premier étage du bâtiment longeant la rue, se trouve le service d’ophtalmologie, vaste et bien équipé ; le premier étage du bâtiment principal est en communication avec l’étage correspondant de la Maison Saint-Camille, dont il constitue un prolongement : ce sont là des chambres de clinique, claires et confortables et d’autres locaux comprenant salle de pansement, office, salle de bains, salle d’attente pour les visiteurs. Aux 2e et 3e étages, se trouvent des salles communes de plusieurs lits, constituant l’hôpital proprement dit, mais là aussi règnent la clarté, l’élégance et le plus grand confort. Au dernier étage, aisément accessibles par l’ascenseur et précédés de quelques chambres réservées aux urgences, se trouvent les deux blocs opératoires. Le premier comporte trois salles d’opération aseptiques, deux salles de préparation, une salle de stérilisation sur deux étages et un vestiaire avec douche. Le second est un bloc destiné aux interventions septiques avec une salle d’opération et, là aussi, une salle spéciale de stérilisation. Des conduits de descente permettent d’évacuer le linge dans des bacs de désinfection disposés au sous-sol, près de la buanderie. Enfin, un service central de stérilisation de l’eau à l’usage de tous les services et distinct de celui du bloc opératoire se trouve également au 4e étage. Il assure la distribution d’eau stérile dans tous les services du rez-de-chaussée et dans les salles de pansement de chaque étage.

    L’hôpital Saint-Philibert

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    Au fond et à gauche, l’ancienne Maison Saint-Camille

    45Un souci de confort et d’asepsie a particulièrement guidé cette réalisation : tous les murs des installations chirurgicales sont couverts de carreaux de céramique de différentes couleurs, ainsi que les salles d’examen et de traitement, ce qui en rend d’ailleurs l’aspect un peu sévère. Souci de silence aussi, car dans toutes les chambres et les couloirs, le sol est recouvert d’un épais linoléum.

    46Le grand avantage du nouvel ensemble Saint-Philibert est le groupement, le rassemblement de toutes les spécialités, de toutes les techniques, de tous les traitements, en faisant une sorte de centrale27. Chaque spécialité a son domaine, son quartier spécial comprenant salle d’attente, salle d’examen, salle d’intervention, salle d’appareils. En dehors des consultations prénatales et de gynécologie, et des consultations de nourrissons qui restent à Saint-Raphaël, toutes les autres consultations, y compris celle de l’Asile des Cinq Plaies, se retrouvent à Saint-Philibert : médecine générale (Pr Langeron, Pr Rieux, Dr Dereux, ce dernier restant médecin de l’Asile des Cinq Plaies), chirurgie générale (Pr Courty), maladies nerveuses (Pr Le Grand), maladies de l’estomac (Pr Bernard), des voies respiratoires (Pr D’Hour), ophtalmologie (Pr Thilliez), ORL (Pr Reverchon, puis Pr Didier), stomatologie (M. Fertin), dermatologie (Pr Danel), urologie (Pr Lepoutre), radiologie (Dr Monnier).

    47Selon les termes de Mgr Lesne, la distinction entre Saint-Camille et Saint-Philibert est très nette. Saint-Philibert est un hôpital régi par la règle de tous les hôpitaux : le malade pauvre entre sous un régime forfaitaire. Les frais d’hospitalisation doivent être pris en charge par une caisse d’assurance, ou à défaut un organisme de bienfaisance, ou un particulier en couvrant le strict prix de revient […] La charge d’une hospitalité gratuite n’est plus possible. Les malades de Saint-Philibert ne doivent rien apporter, mais aussi ne rien coûter à l’administration, qui voudrait bien pratiquer la charité, mais qui doit faire vivre d’abord l’immense organisme universitaire.

    48Mgr Lesne s’en explique encore en d’autres termes, dans son rapport daté du 25 juillet 1934 : Nous n’acceptons à l’hôpital que les malades incapables de pratiquer vis-à-vis du médecin ou du chirurgien l’entente directe et de se faire soigner en maison de santé. La clientèle se réduit beaucoup du fait que nous ne pouvons l’accepter gratuitement et ne recevons que des malades dont une caisse ou un bienfaiteur assure les frais d’hospitalisation. Les notoirement indigents à la charge de l’État et des départements nous échappent toujours, la loi de 1893 (les) réservant aux hôpitaux publics.

    49Au contraire de l’hôpital Saint-Philibert, Saint-Camille est une maison de santé où les malades comme les opérés, pensionnaires suivant des tarifs divers, ont tous le libre choix de leur médecin ou chirurgien. Les malades, qui ne seraient pas à leur place dans un hôpital […] s’adresseront non pas aux services hospitaliers de Saint-Philibert, mais à nos maisons de santé Saint-Camille et Saint-Raphaël. À noter que Saint-Raphaël reçoit encore uniquement des femmes relevant d’affections chirurgicales, mais Saint-Camille peut recevoir des femmes malades. Très élargi par l’annexion d’une grande partie du 1er étage de Saint-Philibert en échange de quelques locaux du rez-de-chaussée, la maison Saint-Camille peut recevoir des malades plus nombreux, la plupart en chambres particulières.

    50Ainsi, la page est maintenant définitivement tournée et la charité, devenue d’un poids insoutenable, a laissé la place à l’assistance. Des critiques se sont alors élevées : Nombre de médecins mal renseignés ont pu craindre que le caractère charitable de nos institutions d’enseignement s’est modifié, déclare le doyen Camelot, qui, devant l’émoi du corps médical, se lance alors dans une longue digression quelque peu embarrassée. Mais, ce n’est ni le lieu, ni le moment de relever les commentaires, souvent injustes, qu’a soulevés l’édification de notre nouvel établissement, dit-il et il conclut en rassurant les anciens dont les intérêts professionnels seront respectés […] Qu’ils voient uniquement, dans nos organisations nouvelles, une source de richesses scientifiques et morales que [notre faculté] utilisera pour former de nombreux médecins qui leur ressemblent et qu’ils nous soutiennent de leur collaboration28.

    Pavillon Saint-Luc

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    51Dès 1934, le fonctionnement de l’hôpital et du dispensaire est satisfaisant : le nombre de consultations, qui fléchissait depuis deux ans, se relève pour atteindre 13 653 dont 30 % en ophtalmologie, 19 % en ORL et 16 % en dermatologie ; on compte, en 1934-35, plus de 5 300 journées d’hospitalisation, 11 435 l’année suivante, 14 253 en 1938-39 dont 40 % en chirurgie, 20 % en médecine, 11 % en urologie. Notons que les Sœurs Augustines de Cambrai, ne pouvant assumer cette nouvelle charge, quittent alors Saint-Philibert, laissant la place aux Sœurs du Très Saint Sauveur de Niederbronn. Elles restent présentes à la Charité, à Sainte-Anne et à Saint-Raphaël.

    52En 1935 est ouvert un pavillon d’isolement pour tuberculeux et contagieux appelé pavillon Saint-Luc. Comprenant dix-sept lits, toujours occupés, il a reçu 600 malades jusqu’en avril 1936.

    La Cité Hospitalière

    53Alors que l’hôpital Saint-Philibert est inauguré, un autre hôpital, consacré aux maladies respiratoires et plus particulièrement à la tuberculose, s’est ouvert au sud de la ville : c’est l’hôpital Calmette édifié en 1932 sur les plans de l’architecte Deregnaucourt. Depuis 1931, un vaste programme d’aménagement du front sud de la ville, sur les territoires du faubourg de Béthune et de Lille Sud a vu le jour sous l’impulsion des maires Gustave Delory et Roger Salengro. Suivant l’idée du Pr Oscar Lambret, vice-président de la Commission des Hospices, il prévoit l’implantation d’un vaste complexe hospitalier à la fois hôpital moderne, faculté de médecine et centre de recherche régional. Là aussi, on tend à la concentration de toutes les ressources médicales et à l’interpénétration de la faculté et de l’hôpital.

    54Les carences graves de Saint-Sauveur (qui rassemble en 1935 neuf services de médecine et de chirurgie pour adultes et enfants, des services de dermato-vénérologie, urologie, gastro-entérologie et ophtalmologie) et de l’Hôpital Général dont le rôle est surtout social, l’insuffisance de la Charité dont l’aile droite est décidément indélogeable, motivent cette grande entreprise qui ne sera achevée que 25 ans plus tard.

    55Ce n’est pas sans inquiétude que les membres de la Faculté libre tournent leurs regards vers le sud où les travaux commencent en 193429. Dès 1930, le recteur Lesne écrit : Les grands projets annoncés par la commission et la ville de Lille ne promettent évidemment pas un sort meilleur à la Faculté libre et peuvent lui en faire un pire ! Dans un autre document, il note une autre raison d’inquiétude : Quand la Cité Hospitalière fonctionnera, les secteurs géographiques seront supprimés.

    56À la Faculté cependant, certains se bercent encore de l’illusion qu’une place leur sera faite au sein de ce nouvel établissement : on lit dans la correspondance du doyen Thilliez qu’il mène des tractations à titre purement personnel, à l’insu même du recteur, que je voudrais mettre en face du fait accompli30, et, sous la plume du recteur, on nous assure aimablement la jouissance de 200 lits en échange de ceux que nous possédons à la Charité31. À la même date, une lettre du Pr Langeron détaille les lits à prévoir pour la clinique médicale dans les services de la Cité hospitalière : 80 lits au minimum avec beaucoup de chroniques (50 hommes et 30 femmes), des lits de spécialités rattachés à la clinique médicale, des chambres particulières à un ou deux lits, ainsi que des laboratoires de biochimie, bactériologie, ECG, radiologie, etc. spéciaux à notre Faculté.

    57Cette illusion va durer longtemps : en 1943, répondant à l’allocution du Pr Oscar Lambret, lors de la cérémonie organisée en son honneur, É. Camelot déclare : L’idéal, s’il est réalisable, le sera sans doute dans la Cité hospitalière qu’un administrateur aux vues hardies, doublé d’un technicien expérimenté, a conçue et déjà presque réalisée. En nous montrant vos projets, cher Collègue, vous nous avez promis que nos cliniques y auraient une place digne d’elles. Par le service qu’elles ont rendu dans notre vieil hôpital, elles l’ont bien mérité32. La Faculté libre connaîtra cependant un répit dû aux grèves de 1936, puis à la guerre. Pour l’instant, les commentaires ont un ton acerbe, comparant le gigantisme de la future Cité et la modeste réalisation de Saint-Philibert. Ainsi, É. Camelot écrit : Notre conseil d’administration ne pouvait, pour bâtir sa petite cité hospitalière, puiser des centaines de millions dans la caisse des contribuables qui, pour certains, semble inépuisable. Les propos sont les mêmes dans la bouche d’H. Billet saluant l’inauguration de Saint-Philibert à l’heure où va sortir de terre la Cité Universitaire (sic), qui doit donner asile à la faculté officielle de médecine et à ses différents services. Mais tandis que cette dernière s’élèvera à grand fracas et aux frais des contribuables, la maison Saint-Philibert – comme d’ailleurs toutes les autres fondations de l’Université Catholique – s’est construite dans le silence et avec les seules ressources que lui apportait la générosité des catholiques des trois provinces ecclésiastiques de la région du Nord. Quelle reconnaissance ne doit-on pas à ces bienfaiteurs qui, malgré la crise terrible qui a si cruellement atteint ce pays, malgré l’accroissement incessant des impôts, etc.

    58Quoi qu’il en soit, avec l’édification de Saint-Philibert, la Faculté libre a encore franchi un pas. Quand, un jour, cet édifice deviendra à son tour obsolète et devra être remplacé, il sera à la source de nouveaux progrès.

    Les écoles

    59En 1931 est ouverte à l’École d’infirmières une nouvelle section de « visiteuse d’hygiène sociale à l’enfance et à la tuberculose » ; cette spécialisation créée en 1923 vise surtout à lutter contre le fléau social qu’est alors la tuberculose. Ces infirmières âgées de 20 à 35 ans sont appelées à un rôle d’éducation et de prévention, soit dans les centres d’instruction et de dépistage tels que les consultations de nourrissons, soit à domicile au contact des familles ouvrières qui ont tout à apprendre en matière d’hygiène et de prophylaxie, soit dans les dispensaires antituberculeux.

    60La création de cette section ne va pas sans difficultés : ainsi, lorsque le Dr A. David, alors directeur médical de l’école, demande au préfet l’autorisation pour les élèves d’effectuer leur stage obligatoire au dispensaire antituberculeux Louise de Marillac tenu par la Croix Rouge, le Comité départemental de préservation de la tuberculose33, le 19 mai 1932, donne un avis défavorable en déclarant que ce dispensaire n’est pas adapté : seul le dispensaire Émile Roux pourrait accueillir ces stages, mais il est réservé aux élèves de l’École de la Ligue : une décision peut-être justifiée, si ce n’est que le Dr David, qui a assisté à la séance, en décrit l’atmosphère violemment hostile envers la Catho et son École…

    61Malgré les embûches, le succès est immédiat : en 1935, 26 infirmières sur 26 sont reçues dont huit avec la mention Bien et dix visiteuses de l’enfance sur dix. Dans chaque catégorie, les trois premières appartiennent à l’école de la rue du Port. En 1939, cette section prend la forme d’une école de Service Social et les visiteuses de l’enfance prennent le nom d’assistantes sociales. La durée des études est de deux ans et demi ; la première année est commune avec les élèves infirmières. L’école prépare au diplôme d’État d’assistantes sociales. En 1937, elle en aura formé plus de 300 ; son effectif est alors de 143 élèves. Dirigée par Mlle Charrondière, l’école a toujours voulu garder son indépendance vis-à-vis de la Faculté de médecine.

    62En 1939, l’école d’infirmières s’agrandit par l’achat d’une maison au 84 de la rue du Port. La même année, est fondée l’Association de l’école d’infirmières de la Faculté libre de Lille et de ses hôpitaux, conférant à l’école sa personnalité morale et juridique, ainsi que son autonomie de fonctionnement.

    63À la maternité de la Sainte-Famille, l’école de sages-femmes a végété entre 1919 et 1932, en raison de la déficience tant de l’enseignement que de l’installation matérielle. Ces maux conjurés, elle a repris son essor34. Sous la direction de M. Favreau, son effectif passe de six élèves en 1932 à quatorze en 1934. Le pourcentage de succès aux examens atteint habituellement 100 % à Lille, puis à Nancy à partir de 1931. Cette école, qui fête son cinquantenaire en 1932, aura alors formé plus de 200 sages-femmes.

    Les Journées Médicales

    64En 1933, on prend l’heureuse initiative de faire coïncider les Journées médicales avec la fête de saint Luc ; nombreux sont alors les anciens qui se retrouvent à cette occasion. La collaboration des laboratoires pharmaceutiques est importante et appréciée et leurs stands sont très visités.

    65À la longue, on s’aperçoit cependant de l’inconvénient de disperser les participants dans divers établissements, même si on les regroupe autour d’un banquet parfois qualifié de somptueux. Aussi, après quelques années, on prend l’habitude d’inviter des membres de la faculté elle-même et des personnalités marquantes d’autres facultés à présenter une conférence magistrale. L’un des premiers, en 1934, est le professeur Thierry de Martel, maître de la neurochirurgie française, qui traite des méningiomes. Les années suivantes, sont accueillis d’autres patrons prestigieux comme les Prs L. Ombredanne en 1938 ou É. Sergent en 1939. En 1935, la participation de nombreux médecins belges, notamment de l’Université catholique de Louvain, fait adopter le nouveau nom de Journées Médicales franco-belges.

    Action missionnaire — Ad Lucem

    66Grâce à l’action du Père Loiselet (et après la disparition de la concurrence parisienne de la Société de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien), les sessions d’enseignement aux missionnaires se poursuivent avec succès : en 1934, la huitième session réunit 20 religieux et 14 religieuses dont 6 étrangers. En 1932, sept étudiants de la Faculté s’offrent comme laïcs missionnaires et vont exercer en Afrique et en Asie.

    67Dans la même ligne missionnaire, il faut citer la participation de la Faculté à la fondation d’Ad Lucem par le docteur Louis-Paul Aujoulat, ancien de la Faculté et futur ministre35.

    1939

    68À la veille de la seconde guerre mondiale, la situation de la Faculté libre de médecine est donc contrastée. L’année 1938-39 voit encore la soutenance de 19 thèses (dont 18 à Nancy), mais la diminution du nombre d’étudiants est préoccupante, sauf en pharmacie où les résultats et le recrutement restent très satisfaisants (50 étudiants et 12 reçus sur 14 aux examens terminaux). L’activité des dispensaires a nettement fléchi, mais celle des hôpitaux et maternités se maintient et, pour certains, s’accroît encore. Le rayonnement de la Faculté s’est maintenu sur le plan national et international. Les étudiants étrangers sont nombreux : de 1937 à 1939, plusieurs d’entre eux reçoivent le diplôme de maîtrise de la Faculté libre de médecine : deux Canadiens, un Cubain, un Colombien, un Mexicain, deux Javanais36.

    69Une initiative intéressante voit le jour : l’échange d’internes. En 1939, un de nos internes part pour Prague et on reçoit pendant plusieurs mois, avec satisfaction, son homologue tchèque. Ce sera avant longtemps le seul échange international…

    70Les périls montent et beaucoup en sont conscients : au lendemain des accords de Munich, Mgr Lesne écrit : Les accords qui nous ont épargné la guerre renferment pour nous une humiliation : nous sommes loin d’y avoir fait figure d’un vainqueur et peut-être avons-nous sacrifié une part d’obligations solennellement contractées, une part des droits d’un autre peuple37.

    Notes de bas de page

    1 On ne sera pas étonné de l’opposition des dirigeants de l’Université à l’expérience redoutable que fait le pays tout entier. Rapport du recteur Mgr Lesne au Conseil d’administration le 9 juil. 1936.

    2 Correspondance entre L. Thilliez et Mgr Chollet. Arch. I.C.L., dossier P5C1.

    3 L. Thilliez, retraité en 1939, est décédé en 1942.

    4 Le Pr Carrez a exercé les fonctions d’assesseur pour la pharmacie pendant 32 ans et les gardera même après arrêt de son enseignement. Décède en nov. 1937, il est remplacé par le Pr Raquet.

    5 Avant la loi sur les Assurances Sociales, existaient deux grands organismes d’aide médicale : l’assistance médicale gratuite (dont les bénéficiaires n’avaient pas accès aux établissements de la Faculté libre) et la mutualité, une médecine sociale dont affirme É. Camelot, les médecins faisaient les frais.

    6 A. Besson : Les Assurances sociales. J Sci Méd Lille, 1929, n° 27, pp. 5-17 et n° 28, pp. 25-37.

    7 L’Ami du Peuple (qui n’a rien à voir avec le journal de Marat) était une publication nationaliste et antisémite des années 30.

    8 Pr F. Guermonprez Les Assurances Sociales fallacieuses et inhumaines : Le Semeur de l’Ile de France, avril 1931, repris dans le Bulletin de la Société Médicale de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien, 39, n° 1, janv. 1933, pp 26-28. Voir aussi du même auteur : Études médicales autour de la loi relative aux Assurances Sociales. Paris, Legrand, 1928 et Recherches sur la vicissitude de la liberté en médecine depuis Louis XV. Ibid.

    9 Séance solennelle de rentrée de l’Université catholique. Rapport de Mgr le Recteur du 5 nov. 1931. J Sci Méd Lille, 1931, n° 49, pp. 443-448.

    10 Rapport de M. le Pr É. Camelot. J Sci Méd Lille, 1933, n° 53, pp. 609-615.

    11 En 1929, l’annuaire de la faculté contient 541 noms de médecins, 123 noms de pharmaciens.

    12 Rapport de M. le Pr L. Thilliez. J Sci Méd Lille, 1929, n° 49, pp. 450-456.

    13 Rapport de M. le Pr É. Camelot. J Sci Méd Lille, 1933, n° 53, pp. 609-615.

    14 Ibid.

    15 Ibid.

    16 Rapport de M. le doyen H. Billet. J Sci Méd Lille, 1934, n° 47, pp. 521-528.

    17 Ibid.. J Sci Méd Lille, 1934, n° 47, pp. 541-551.

    18 Rapport de l’assesseur du doyen pour la pharmacie. J Sci Méd Lille, 1937, n° 48, pp. 512-514.

    19 À l’intention des étudiants en pharmacie, le laboratoire de matière médicale et de micrographie est agrandi : c’est maintenant une grande salle au 1er étage de l’aile droite, bien éclairée des deux côtés, où on a remis les belles armoires gothiques placées autrefois par le Pr Guermonprez. Bull. Fac. Cath., 24e a, 1933, n° 1, p. 12.

    20 Lettre de Mgr É. Lesne à Mgr Liénart du 4 fév. 1939. Arch. Dioc. Lille.

    21 Rapport de M. le doyen H. Billet pour l’année 1933-34, loc. cit.

    22 Rapport du doyen H. Billet pour l’année 1934-1935, loc. cit. Notons qu’avec l’application de la loi sur les Assurances sociales, ces propos sont devenus inexacts.

    23 Discours du doyen É. Camelot à l’inauguration de l’hôpital Saint-Philibert le 16 nov. 1933. Les Facultés Catholiques de Lille, 24e a, 1933, n° 3, pp. 71-78.

    24 En 1934-35, Saint-Philibert n’a reçu que 281 consultants de chirurgie générale (Pr Courty) et 176 consultants de médecine générale (Pr Langeron).

    25 Mgr Lesne. Note intitulée Projet d’un groupe de cliniques favorisant l’enseignement des sciences médicales à l’Université catholique. 25 janv. 1930.

    26 À une polyclinique proche de la Faculté et gérée sous sa seule direction, on avait songé, écrit Mgr Lesne, à ajouter une grande polyclinique à une distance à peu près égale des trois villes de Lille, Roubaix, Tourcoing, mais, à la réflexion, une polyclinique établie à proximité de Roubaix et Tourcoing, fondée et administrée par le groupe d’industriels de ces villes semblait préférable : ce projet n’a jamais vu le jour.

    27 Mgr Lesne : Discours à l’inauguration, etc., loc. cit.

    28 Discours du doyen É. Camelot à l’inauguration de l’hôpital Saint-Philibert le 16 nov. 1933, loc.cit.

    29 Après l’avant-projet, très novateur, mais refusé de l’américain P. Nelson, les architectes en sont Walter, Cassan et Madeline.

    30 Correspondance L. Thilliez. Arch. I.C.L., dossier P5C1

    31 Le recteur remarque cependant : Si on accepte ces lits, on éloignera nos élèves qui tous les jours auront à faire la comparaison entre nos deux facultés et par suite nous quitteront rapidement. Rapport du recteur au Conseil supérieur du 11 sept. 1930.

    32 G. Desbonnets. Allocution lors de la remise de la plaquette des Hospices et de la médaille d’honneur de la ville de Lille à M. le Professeur Camelot. Cérémonie du 21 fév. 1942, loc. cit.

    33 Émanation du Comité national de défense contre la tuberculose qui a remplacé la Fondation Rockefeller en 1919.

    34 Rapport de Mgr Lesne pour l’année 1934-35, loc. cit.

    35 Cf. chapitre XXIII : Une faculté catholique de médecine : qu’est-ce à dire ?

    36 Au début de la guerre, un Japonais et un Colombien passent encore leur thèse ; un Chinois et un Libanais poursuivent leurs études.

    37 Mgr Lesne : Allocution prononcée à la messe du Saint-Esprit. Les Facultés catholiques de Lille, 29 e a., 1938, n° 2, pp. 30-34.

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    1 On ne sera pas étonné de l’opposition des dirigeants de l’Université à l’expérience redoutable que fait le pays tout entier. Rapport du recteur Mgr Lesne au Conseil d’administration le 9 juil. 1936.

    2 Correspondance entre L. Thilliez et Mgr Chollet. Arch. I.C.L., dossier P5C1.

    3 L. Thilliez, retraité en 1939, est décédé en 1942.

    4 Le Pr Carrez a exercé les fonctions d’assesseur pour la pharmacie pendant 32 ans et les gardera même après arrêt de son enseignement. Décède en nov. 1937, il est remplacé par le Pr Raquet.

    5 Avant la loi sur les Assurances Sociales, existaient deux grands organismes d’aide médicale : l’assistance médicale gratuite (dont les bénéficiaires n’avaient pas accès aux établissements de la Faculté libre) et la mutualité, une médecine sociale dont affirme É. Camelot, les médecins faisaient les frais.

    6 A. Besson : Les Assurances sociales. J Sci Méd Lille, 1929, n° 27, pp. 5-17 et n° 28, pp. 25-37.

    7 L’Ami du Peuple (qui n’a rien à voir avec le journal de Marat) était une publication nationaliste et antisémite des années 30.

    8 Pr F. Guermonprez Les Assurances Sociales fallacieuses et inhumaines : Le Semeur de l’Ile de France, avril 1931, repris dans le Bulletin de la Société Médicale de Saint-Luc, Saint-Côme et Saint-Damien, 39, n° 1, janv. 1933, pp 26-28. Voir aussi du même auteur : Études médicales autour de la loi relative aux Assurances Sociales. Paris, Legrand, 1928 et Recherches sur la vicissitude de la liberté en médecine depuis Louis XV. Ibid.

    9 Séance solennelle de rentrée de l’Université catholique. Rapport de Mgr le Recteur du 5 nov. 1931. J Sci Méd Lille, 1931, n° 49, pp. 443-448.

    10 Rapport de M. le Pr É. Camelot. J Sci Méd Lille, 1933, n° 53, pp. 609-615.

    11 En 1929, l’annuaire de la faculté contient 541 noms de médecins, 123 noms de pharmaciens.

    12 Rapport de M. le Pr L. Thilliez. J Sci Méd Lille, 1929, n° 49, pp. 450-456.

    13 Rapport de M. le Pr É. Camelot. J Sci Méd Lille, 1933, n° 53, pp. 609-615.

    14 Ibid.

    15 Ibid.

    16 Rapport de M. le doyen H. Billet. J Sci Méd Lille, 1934, n° 47, pp. 521-528.

    17 Ibid.. J Sci Méd Lille, 1934, n° 47, pp. 541-551.

    18 Rapport de l’assesseur du doyen pour la pharmacie. J Sci Méd Lille, 1937, n° 48, pp. 512-514.

    19 À l’intention des étudiants en pharmacie, le laboratoire de matière médicale et de micrographie est agrandi : c’est maintenant une grande salle au 1er étage de l’aile droite, bien éclairée des deux côtés, où on a remis les belles armoires gothiques placées autrefois par le Pr Guermonprez. Bull. Fac. Cath., 24e a, 1933, n° 1, p. 12.

    20 Lettre de Mgr É. Lesne à Mgr Liénart du 4 fév. 1939. Arch. Dioc. Lille.

    21 Rapport de M. le doyen H. Billet pour l’année 1933-34, loc. cit.

    22 Rapport du doyen H. Billet pour l’année 1934-1935, loc. cit. Notons qu’avec l’application de la loi sur les Assurances sociales, ces propos sont devenus inexacts.

    23 Discours du doyen É. Camelot à l’inauguration de l’hôpital Saint-Philibert le 16 nov. 1933. Les Facultés Catholiques de Lille, 24e a, 1933, n° 3, pp. 71-78.

    24 En 1934-35, Saint-Philibert n’a reçu que 281 consultants de chirurgie générale (Pr Courty) et 176 consultants de médecine générale (Pr Langeron).

    25 Mgr Lesne. Note intitulée Projet d’un groupe de cliniques favorisant l’enseignement des sciences médicales à l’Université catholique. 25 janv. 1930.

    26 À une polyclinique proche de la Faculté et gérée sous sa seule direction, on avait songé, écrit Mgr Lesne, à ajouter une grande polyclinique à une distance à peu près égale des trois villes de Lille, Roubaix, Tourcoing, mais, à la réflexion, une polyclinique établie à proximité de Roubaix et Tourcoing, fondée et administrée par le groupe d’industriels de ces villes semblait préférable : ce projet n’a jamais vu le jour.

    27 Mgr Lesne : Discours à l’inauguration, etc., loc. cit.

    28 Discours du doyen É. Camelot à l’inauguration de l’hôpital Saint-Philibert le 16 nov. 1933, loc.cit.

    29 Après l’avant-projet, très novateur, mais refusé de l’américain P. Nelson, les architectes en sont Walter, Cassan et Madeline.

    30 Correspondance L. Thilliez. Arch. I.C.L., dossier P5C1

    31 Le recteur remarque cependant : Si on accepte ces lits, on éloignera nos élèves qui tous les jours auront à faire la comparaison entre nos deux facultés et par suite nous quitteront rapidement. Rapport du recteur au Conseil supérieur du 11 sept. 1930.

    32 G. Desbonnets. Allocution lors de la remise de la plaquette des Hospices et de la médaille d’honneur de la ville de Lille à M. le Professeur Camelot. Cérémonie du 21 fév. 1942, loc. cit.

    33 Émanation du Comité national de défense contre la tuberculose qui a remplacé la Fondation Rockefeller en 1919.

    34 Rapport de Mgr Lesne pour l’année 1934-35, loc. cit.

    35 Cf. chapitre XXIII : Une faculté catholique de médecine : qu’est-ce à dire ?

    36 Au début de la guerre, un Japonais et un Colombien passent encore leur thèse ; un Chinois et un Libanais poursuivent leurs études.

    37 Mgr Lesne : Allocution prononcée à la messe du Saint-Esprit. Les Facultés catholiques de Lille, 29 e a., 1938, n° 2, pp. 30-34.

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