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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral I. Les sœurs jumelles de la pensée II. Le terrain miné du récit utopique III. Les anarchistes et leurs utopies Notes de bas de page Auteur

    Cinémas libertaires

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Anarchie et utopie. Quelques réflexions hérétiques

    Ronald Creagh

    p. 163-170

    Texte intégral I. Les sœurs jumelles de la pensée 1. La pensée bidimensionnelle 2. Le bien-être de la routine 3. Et pourtant elles existent ! II. Le terrain miné du récit utopique 1. Utopie et mouvement social 2. Les traitements de l’utopie III. Les anarchistes et leurs utopies Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1On n’entre pas comme on veut en utopie et en anarchie. Car l’utopie n’est pas un royaume. Et l’anarchie n’est pas un moulin à vent.

    2Avant l’embarquement, on examinera l’état de nos jumelles, je veux dire de nos méthodes de réflexion ; nous pourrons alors avancer sur le terrain miné des récits utopiques ; enfin, l’anarchisme et l’anarchie nous aiderons à sortir du récit pour déboucher sur l’inattendu de la vie.

    I. Les sœurs jumelles de la pensée

    3Imaginez-vous sur le pont d’un navire, embarqué pour un très long voyage. Aucune escale avant plusieurs jours. Vous scrutez l’horizon pour deviner un coin de terre, une île, un port. Rien. Le bateau avance, remuant la mer. L’horizon ne recule pas : il garde toujours la même distance.1

    4En effet, vous n’avez guère de hauteur par rapport à l’eau. En revanche, si vous escaladez une montagne, vous verrez le paysage s’élargir au fur et à mesure. Parce que vous entrez dans une troisième dimension, la hauteur.

    1. La pensée bidimensionnelle

    5Depuis des siècles, notre manière de penser est structurée pour ne saisir que deux dimensions ; et cela s’accommode très bien avec notre développement biologique et mental, qui repose sur l’acquisition d’habitudes. Les religions monothéistes se réfèrent à la Bible, qui commence avec la fameuse histoire d’Ève et d’Adam : il y a le défendu et le permis. Même les esprits indépendants ou les collectifs contestataires raisonnent de la même manière. Les grands mouvements altermondialistes avaient pour slogan : « un autre monde est possible. » S’ils étaient sortis de la pensée dualiste, ils auraient crié plutôt : « Des millions d’autres mondes sont possibles ».

    2. Le bien-être de la routine

    6Les premières fois qu’un bébé prend en main des objets, il les jette, les renverse, ne sait pas les tenir. Son comportement est désordonné. Peu à peu, il apprend à réduire les mouvements inutiles, il se contrôle. Bien tenir son verre devient une habitude. Il en est de même pour un grand nombre de comportements. L’entraînement dans une activité supprime progressivement les comportements erratiques et crée des routines. C’est une question de survie : nous sommes des êtres autorégulés, parce que nous nous créons des habitudes. Nous finissons par les justifier et les défendre.2 La pensée conservatrice est un phénomène élémentaire. Nous sommes tous des conservateurs.

    3. Et pourtant elles existent !

    7L’anarchie et l’utopie ont ceci de commun qu’elles sortent de la polarité pour atteindre une troisième dimension. L’utopie ne dit pas : « Un autre monde est possible ». Ce serait persister dans la pensée dichotomique. Elle dit : « Un nombre infini d’autres mondes est possible ».

    8L’anarchie ne dit pas : « dictature ou démocratie. » Elle ouvre un troisième champ pour la discussion, par exemple avec la question : « quelle est la condition ouvrière dans votre société ? »

    9C’est pour cette raison que nos sociétés acceptent mal l’utopie ou l’anarchie et s’efforcent de les dénaturer. En 1835 déjà, Alfred de Musset écrivait : « depuis que la terre tourne, jamais utopie n’a servi de rien, ni fait aucun mal, que l’on sache, pas plus Thomas Morus que Platon, Owen et autres, que Dieu tienne en joie ».3

    II. Le terrain miné du récit utopique

    10Notre époque perçoit surtout les utopies sous la forme de récits, qui apparaissent surtout durant les périodes de fermentation sociale.

    1. Utopie et mouvement social

    11Prenons par exemple les deux derniers siècles aux États-Unis. L’année 1886 fut marquée par un grand mouvement national de grèves pour réclamer la journée de travail de huit heures. Le mécontentement ouvrier, notamment parmi les immigrants, s’était déjà manifesté depuis quelques années, en particulier à Chicago. La crise atteignit son paroxysme dans cette ville avec l’explosion d’une bombe. Des anarchistes furent même condamnés à mort, sans preuves, alors que certains d’entre eux ne se trouvaient même pas sur les lieux de l’attentat. Au cours des dix années qui suivirent, on recensa plus d’une centaine de récits utopiques.4

    12La période qui suivit fut relativement stérile. De fait, le mouvement ouvrier était plus virulent qu’en Europe, mais il réclamait sa part du gâteau capitaliste, sans chercher à « changer le système ». Les courants libertaires avaient décliné ; le discours marxiste prévalait dans la gauche américaine et traitait l’utopie par le mépris.

    13Il fallut attendre jusqu’à la seconde moitié du vingtième siècle pour que le flux d’utopies reparte de plus belle. Peter Fitting en précise la nature : « Le retour de l’écriture utopique, qui prit place en premier lieu à l’intérieur des frontières du genre de la science-fiction, est l’une des manifestations de l’effondrement du consensus politique aux États-Unis dans les années 19605 ». Puis apparut la vague de répression organisée par les médias. Les courants conservateurs se lancèrent dans le discours anti-utopique et dans les dystopies.

    2. Les traitements de l’utopie

    14Nos sociétés, dominées par une pensée conservatrice, dressent une batterie de stratagèmes contre l’utopie : la récupération, la condamnation, la clôture.

    15Dans les périodes de faible contestation, le mot « utopie » semble moins dangereux, il est même récupérable. On l’absorbe, on en fait l’éloge, mais après en avoir défiguré le sens. L’utopie devient synonyme d’idéal, de réussite inespérée. Certains films l’utilisent même dans le titre : Anou Banou les filles de l’utopie (1983) d’Edna Politi (l’utopie est Israël) ; Marche et rêve : Les Homards de l’utopie (2001) de Paul Carpita (qui renvoie à la réussite commerciale) ; Seven Days in Utopia de Matthew Dean Russell (2011) (l’utopie béate du bonheur retrouvé dans la religion). La liste est longue.

    16Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, dans les années 1950, les États-Unis vécurent quelque temps dans un consensus fortement conservateur, qui ne commencera à être remis en cause qu’avec la Beat Generation. Certains s’essayèrent à imaginer des sociétés sans État. Ainsi, la version américaine du dernier film interprété ensemble par Stan Laurel et Oliver Hardy, Laurel and Hardy in Utopia (1951) présentait avec sympathie une utopie de la fraternité dans un pays sans État, sans impôts, sans lois et sans taxis. Mais leur expérience dans une île déserte ne dure guère, car la découverte de l’uranium va amener la foule, les hommes d’affaire et les gangsters. Ces derniers chercheront à pendre les malheureux héros. La conclusion du film donne à penser que l’utopie est bien sympathique, mais qu’elle ne peut fonctionner dans une société « normale6. »

    17À la fin des années 1960, le néo-libéralisme contre-attaque. Il sort par exemple le film d’Yves Cantraine (1979), Histoires d’une utopie à vendre. L’utopie dont il s’agit est la Cité administrative de l’État à Bruxelles, symbole de l’État-Providence.

    18Les médias introduisent sur la scène politique des intellectuels, « les nouveaux philosophes »7. Les uns accusent l’utopie de prétendre que peut exister la société parfaite ; les autres la considèrent comme un mythe dégradé en objectif, en but à atteindre8. L’utopie devient goulag9. On reste dans les limites d’une pensée duelle : perfection ou catastrophe. Il s’agit donc d’exclure l’utopie du champ de la Realpolitik, et ce point de vue conservateur voire réactionnaire influence les milieux les plus divers. Les socialistes « réalistes » (et donc anti-utopistes) adoptent souvent la même problématique et se contentent de retourner l’argument de leurs adversaires. Ils déclarent à leur tour que le néo-libéralisme est une utopie dangereuse, sans pour autant remettre en cause le capitalisme.

    19Les milieux de la réflexion et de la recherche sont aussi concernés, y compris ceux du cinéma. Un critique américain demandait pourquoi ni les théoriciens de l’utopie ni les spécialistes du cinéma ne s’intéressaient au genre « utopie », alors qu’ils font grand cas de la dystopie.10 Lors de ses rares occurrences, l’utopie se voit souvent confondue avec la science-fiction. Le Thesaurus cinéma de la Cinémathèque française ne comporte pas le mot « utopie » parmi les régimes politiques mais place celui-ci sous la catégorie « ‘idéologie politique’ (thème) » et ajoute : « Employé pour : gauchisme » ( !) ; « socialisme » est placé dans la même catégorie, tandis que « libéralisme » relève de la « théorie » dans sa branche « sciences humaines, » et la sous-branche « Relation cinéma/politique>.11 D’emblée, un tel classement idéologique suggère au chercheur une orientation politique.

    20Une autre manière de déjouer l’effet utopique consiste à lui assigner un domaine précis, hors du champ politique (croit-on). Une première solution consiste à n’accepter d’utopie que dans les temps antiques et révolus. Ainsi, les religions monothéistes imaginent un paradis terrestre au seuil de l’histoire humaine ; et de nombreuses versions de celui-ci apparaissent ensuite dans les milieux chrétiens. C’est aussi la perspective des films sur le Far-West, décrivant une Amérique qui n’a jamais existé, ou ceux qui traitent de la recherche de l’Atlantide, continent perdu d’une époque aussi lointaine que mythique12. Bien entendu, certains de ces films peuvent être de belles réussites sur le plan esthétique. Slow Action de Ben Rivers (2010), film post-apocalyptique, fait dire à Haria, seul résident d’une île désertée du Japon, que l’utopie est « nulle part. On peut l’approcher, jamais l’atteindre. L’utopie ne peut pas être dans le futur, elle ne peut être connue dans le présent. L’utopie est le passé. Pas le passé comme un âge d’or, mais le passé en tant que ruines de ses propres blessures13 ». L’utopie se réduit alors à la nostalgie.

    21Beaucoup d’écrivains et de cinéastes ont détourné la censure en proposant des modèles alternatifs de systèmes politiques. Le chercheur sérieux doit examiner les pratiques narratives, leur rôle dans la société de l’époque14. Il doit se demander si le narrateur entendait vraiment présenter un monde idéal, mais aussi s’il croyait réellement à ce qu’il écrivait : il a pu simplement voulu embellir son histoire, mieux convaincre son public par une propagande indirecte. Or, toutes les utopies ne sont pas forcément des modèles de perfection, comme par exemple dans les News from Nowhere (1890) de William Morris 15 ou les romans de science-fiction d’Ursula K. Le Guin. Il en est de même dans certains films, tel Slow Action cherchant à créer un monde propre au film, dont on ignore s’il est réel.

    22La recherche doit ensuite découvrir quelle fut la réception du récit par les différents publics, au cours de l’histoire, leurs manières d’interpréter, de reformuler les questions ouvertes par une œuvre. Tous ces actes sont animés par l’inconscient politique, au sens large de ce terme, et ceux-ci peuvent aussi produire des résultats historiquement ou sociologiquement fort différents. Car l’utopie se prend parfois à la lettre. Tel fut le cas, par exemple, de Looking Backward (1888) d’Edward Bellamy, qui donna naissance à des clubs nationalistes. De même, l’utopie du psychologue B. F. Skinner, Walden Two (1948), se trouve à l’origine d’un processus qui engendra la communauté de Twin Oaks, laquelle devint en quelque sorte tout son contraire16. L’utopie ne réside pas seulement dans les mots et l’imaginaire : elle entre dans la vie et s’est concrétisée à de nombreuses reprises dans l’histoire. Lorsqu’en 1856 Etienne Cabet écrivit son utopie Allons en Icarie : deux ouvriers isérois aux États-Unis, de nombreux lecteurs s’adressèrent à lui pour réaliser ce rêve. De fait, ce livre suscita la plus grande émigration française spontanée vers les États-Unis qui se soit jamais réalisée. Les ouvriers furent des centaines à en rêver, et beaucoup partirent vers ce monde nouveau. Leurs expériences firent de leurs nouvelles communautés des laboratoires de l’utopie. Réciproquement, la création de nouveaux types de collectifs, de nouvelles formes de vécu, peut aussi être utopique comme l’a bien montré en son temps Henri Desroche17. L’utopie n’est pas seulement une représentation, elle est une énergie, une production, elle peut devenir aussi une praxis spécifique.

    III. Les anarchistes et leurs utopies

    23L’anarchisme est un mouvement historique né en Europe dans les années 1870, au sein de l’Association Internationale des Travailleurs. Il a connu de nombreux avatars, s’est répandu dans divers pays, a adopté des formes extrêmement variées. Les points communs en sont le refus de toute forme de domination et d’exploitation, que ce soit celle d’un État, d’un patron, d’un groupe financier, ou de quelque minorité, caste, religion ou d’individus possédant une caractéristique donnée, par exemple la domination des hommes sur les femmes ou encore celle des vieux sur les jeunes. C’est la raison pour laquelle n’entre pas dans cette définition le « libertarianisme » parce que ce courant accepte la domination par l’argent, ou même par des polices privées.

    24Le mouvement anarchiste s’est intéressé aux utopies dès ses débuts. On trouve ainsi une recherche d’utopies libertaires chez des personnes aussi différentes que l’historien Max Nettlau, la militante Louisa Berneri, l’individualiste Armand, et l’on rencontre encore aujourd’hui de nombreux débats sur la question, car les avis sont fort divers. Parmi les penseurs actuels de l’utopie libertaire, on peut citer Miguel Abensour, Eduardo Colombo, John Clark et bien d’autres18.

    25L’anarchie est un phénomène beaucoup plus ancien et général. Comme le formule Élisée Reclus, de tout temps il y eut des anarchistes, des gens qui refusaient de dominer et d’être dominés. Des théoriciens aussi, comme Lao-Tseu en Chine, Otanès, l’Iranien cité par Hérodote, William Godwin en Angleterre ou Pierre-Joseph Proudhon en France. Cette anarchie a été définie par Élisée Reclus comme « l’ordre moins le pouvoir. » Mais ce même géographe a aussi parlé de la relation humaine avec l’univers et dit à ce sujet des choses étonnantes : « l’homme est la nature prenant conscience d’elle-même.19 » Cette unité infiniment complexe de l’homme et de la nature ouvre un nombre infini de perspectives. Entre autres, on peut s’interroger sur celle-ci : serait-ce dans la nature elle-même qu’on trouverait l’utopie ? Si l’humanité, pour sa survie, a besoin d’être conservatrice, son évolution montre qu’elle n’a pourtant jamais été figée. Le cousin du singe ne s’est pas contenté de vivre de ses habitudes : sinon, il n’aurait pas inventé le feu. Comme l’écrit Miguel Abensour, l’homme est un animal utopique.20

    26Pour beaucoup d’anarchistes, l’utopie est une subversion, une aventure de l’inédit21. Elle touche à tout : non seulement aux visions sociales, aux tabous, mais aux expérience, aux êtres, aux formes de sensibilité. Dans le monde du cinéma, elle peut même entrer dans la pratique du spectacle, comme c’est le cas du guerilla theater : on assiste clandestinement à un film projeté gratuitement, sans participer à cet acte commercial qui est de payer sa place. 22 

    27Si l’on reprend la réflexion d’Élisée Reclus pour la combiner avec les théories contemporaines du chaos et de la complexité, on peut aller plus loin. Le chaos est une anarchie de l’univers : il inclut des déterminismes, qui aboutissent à des phénomènes d’auto-organisation, comme les astres, la Terre et ses habitants. Ces équilibres instables aboutissent aussi à l’émergence du nouveau. Il suffit de se demander comment un univers qui, par définition, n’a aucune conscience ni personnalité, a pu inventer ce corps merveilleux qu’on appelle un œil, sur lequel repose toute l’industrie du cinéma. Ceci peut être catastrophique, ou au contraire engendrer une configuration plus complexe, comme ce fut le cas pour l’émergence de la pensée. Ne pourrait-on pas considérer que de telles émergences sont l’utopie du cosmos ?

    28Lorsque l’humanité en est le témoin, elle nommera « utopie » ou « dystopie » cette arrivée de l’inattendu. Peut-être certains réaliseront-ils que, dans leur vie aussi, l’inattendu peut être utopique. On peut même imaginer que, lorsque les peuples acceptent de redécouvrir leur temps d’adolescence, avec ses incertitudes et ses libertés, ils entrent alors dans la magie du renouveau. Au cinéma, l’utopie est en effet l’esprit adolescent. Il remet tout en cause, il est ouvert à tout, il incarne la fraîcheur de la vie, du cosmos.

    Notes de bas de page

    1 Mes remerciements à Francesca, Isabelle Felici et René Fugler pour leurs commentaires. Je suis seul responsable des erreurs éventuelles.

    2 La recherche de l’innovation technique relève aussi du même phénomène, car elle est engendrée par la course au profit, devenue une habitude, ou plutôt une maladie obsessionnelle.

    3 Alfred de Musset, « Lettres de Dupuis et Cotonet » (1836-1837), Revue des Deux Mondes, 1836. Thomas Morus (Thomas More), auteur de L’Utopie (1516) ; Platon, auteur de La République (312 av. J.-C.) ; Robert Owen, fondateur du chartisme et d’une communauté « utopique » aux États-Unis, New Harmony (dans l’État d’Indiana), qui inspira beaucoup d’autres dans les années 1820 et 1830.

    4 Jean Pfaelzer, « American Utopian Fiction 1888-1896 : The Political Origins of Form », in The Minnesota Review, special issue on « Marxism and Utopia », no. 6 (Spring, 1976), p. 114.

    5 Peter Fitting, « The Concept of Utopia in the Work of Fredric Jameson », Utopian Studies, Vol. 9, No. 2 (1998), pp. 8-17. Citation p. 8.

    6 Scénario de John D. Klorer, I. Kloucowsky, Monte Collins, Frederick Kohner, Piero Tellini et Rene Wheeler à partir d’une histoire de Léo Joannon. Ce scénariste (1904, Aix-en-Provence – 28 mars 1969 Neuilly sur Seine) a produit de nombreux films avec de grands acteurs (L’Emigrante, Le Défroqué, L’Assassin est dans l’annuaire, etc.) La version française du film de Laurel et Hardy est intitulée Escapade ou Atoll K. Le film américain est la propriété de Exploitation Productions Inc., Philadelphia. Parmi les acteurs, il faut aussi mentionner Suzy Delair. On peut consulter CineFiles, University of California, Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive (exhibitor manual, 1954).

    7 Par exemple André Glucksmann, Les maîtres penseurs, Paris, Grasset, 1979.

    8 Jean-Jacques Wunenburger, L’utopie ou la crise de l’imaginaire, Paris, Jean-Pierre Delarge, 1979.

    9 Cf. la critique qu’en fait Miguel Abensour, Le Procès des maîtres rêveurs, Arles, Sulliver, 2000.

    10 Robert Shelton, « The Utopian Film Genre : Putting Shadows on the Silver Screen », Utopian Studies, Vol. 4, No. 2, 1993.

    11 < http://cineressources.bifi.fr/thesaurus/> (consulté le 26/02/2012, vérifié le 1er novembre 2014).

    12 Voir par exemple L’Atlandide, versions de Jacques Feyder (1921) ou Georg Wilhelm Pabst (1932).

    13 Cité in Nicole Armour, « Alone Together, » Film Comment, (2011) # 6. (Traduit par RC).

    14 Fredric Jameson, « Of Islands and Trenches : Naturalization and the Production of Utopian Discourse, Utopiques : Jeux d’Espaces by Louis Marin [Review] », Diacritics, Vol. 7, No. 2 (Summer, 1977), pp. 2-21

    15 Miguel Abensour, "William Morris, utopie libertaire et novation technique," in L’Imaginaire Subversif. Interrogations sur l’utopie, Lyon, Ed. Noir et Atelier de Création Libertaire, 1982.

    16 B.F. Skinner, Walden 2 : Communauté expérimentale (1948), tr. André Gonthier-Werren, Paris, Éditions In Press, 2005.

    17 Henri Desroche, La Société festive : du fouriérisme écrit aux fouriérismes pratiqués, Paris, Le Seuil, 1975.

    18 Cf. L’imaginaire subversif, op. cit., 1982 ; John P. Clark, The Impossible Community : Realizing Communitarian Anarchism, London, Bloomsbury Academic, 2013.

    19 Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, Paris, Librairie universelle, 1905-1908.

    20 Miguel Abensour, L’homme est un animal utopique, Arles, les Éditions de la Nuit, 2010.

    21 À ne pas confondre avec le progrès : par exemple, le film muet était un langage universel, qui pouvait toucher les peuples de toutes langues et même les sourds.

    22 Les guerilla drive-in ont été inaugurés en 2002, à Santa Cruz en Californie, puis ont été repris ailleurs. Ce sont des projections de films dans un lieu qui n’est signalé que peu de temps à l’avance. Il suffit d’un terrain vague, d’un ordinateur portable et d’un projecteur numérique, et tout le monde assiste en y venant à pied ou en voiture (surtout quand il fait froid).

    Auteur

    • Ronald Creagh

      Université Paul Valéry Montpellier 3

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    1 Mes remerciements à Francesca, Isabelle Felici et René Fugler pour leurs commentaires. Je suis seul responsable des erreurs éventuelles.

    2 La recherche de l’innovation technique relève aussi du même phénomène, car elle est engendrée par la course au profit, devenue une habitude, ou plutôt une maladie obsessionnelle.

    3 Alfred de Musset, « Lettres de Dupuis et Cotonet » (1836-1837), Revue des Deux Mondes, 1836. Thomas Morus (Thomas More), auteur de L’Utopie (1516) ; Platon, auteur de La République (312 av. J.-C.) ; Robert Owen, fondateur du chartisme et d’une communauté « utopique » aux États-Unis, New Harmony (dans l’État d’Indiana), qui inspira beaucoup d’autres dans les années 1820 et 1830.

    4 Jean Pfaelzer, « American Utopian Fiction 1888-1896 : The Political Origins of Form », in The Minnesota Review, special issue on « Marxism and Utopia », no. 6 (Spring, 1976), p. 114.

    5 Peter Fitting, « The Concept of Utopia in the Work of Fredric Jameson », Utopian Studies, Vol. 9, No. 2 (1998), pp. 8-17. Citation p. 8.

    6 Scénario de John D. Klorer, I. Kloucowsky, Monte Collins, Frederick Kohner, Piero Tellini et Rene Wheeler à partir d’une histoire de Léo Joannon. Ce scénariste (1904, Aix-en-Provence – 28 mars 1969 Neuilly sur Seine) a produit de nombreux films avec de grands acteurs (L’Emigrante, Le Défroqué, L’Assassin est dans l’annuaire, etc.) La version française du film de Laurel et Hardy est intitulée Escapade ou Atoll K. Le film américain est la propriété de Exploitation Productions Inc., Philadelphia. Parmi les acteurs, il faut aussi mentionner Suzy Delair. On peut consulter CineFiles, University of California, Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive (exhibitor manual, 1954).

    7 Par exemple André Glucksmann, Les maîtres penseurs, Paris, Grasset, 1979.

    8 Jean-Jacques Wunenburger, L’utopie ou la crise de l’imaginaire, Paris, Jean-Pierre Delarge, 1979.

    9 Cf. la critique qu’en fait Miguel Abensour, Le Procès des maîtres rêveurs, Arles, Sulliver, 2000.

    10 Robert Shelton, « The Utopian Film Genre : Putting Shadows on the Silver Screen », Utopian Studies, Vol. 4, No. 2, 1993.

    11 < http://cineressources.bifi.fr/thesaurus/> (consulté le 26/02/2012, vérifié le 1er novembre 2014).

    12 Voir par exemple L’Atlandide, versions de Jacques Feyder (1921) ou Georg Wilhelm Pabst (1932).

    13 Cité in Nicole Armour, « Alone Together, » Film Comment, (2011) # 6. (Traduit par RC).

    14 Fredric Jameson, « Of Islands and Trenches : Naturalization and the Production of Utopian Discourse, Utopiques : Jeux d’Espaces by Louis Marin [Review] », Diacritics, Vol. 7, No. 2 (Summer, 1977), pp. 2-21

    15 Miguel Abensour, "William Morris, utopie libertaire et novation technique," in L’Imaginaire Subversif. Interrogations sur l’utopie, Lyon, Ed. Noir et Atelier de Création Libertaire, 1982.

    16 B.F. Skinner, Walden 2 : Communauté expérimentale (1948), tr. André Gonthier-Werren, Paris, Éditions In Press, 2005.

    17 Henri Desroche, La Société festive : du fouriérisme écrit aux fouriérismes pratiqués, Paris, Le Seuil, 1975.

    18 Cf. L’imaginaire subversif, op. cit., 1982 ; John P. Clark, The Impossible Community : Realizing Communitarian Anarchism, London, Bloomsbury Academic, 2013.

    19 Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, Paris, Librairie universelle, 1905-1908.

    20 Miguel Abensour, L’homme est un animal utopique, Arles, les Éditions de la Nuit, 2010.

    21 À ne pas confondre avec le progrès : par exemple, le film muet était un langage universel, qui pouvait toucher les peuples de toutes langues et même les sourds.

    22 Les guerilla drive-in ont été inaugurés en 2002, à Santa Cruz en Californie, puis ont été repris ailleurs. Ce sont des projections de films dans un lieu qui n’est signalé que peu de temps à l’avance. Il suffit d’un terrain vague, d’un ordinateur portable et d’un projecteur numérique, et tout le monde assiste en y venant à pied ou en voiture (surtout quand il fait froid).

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    Creagh, R. (2015). Anarchie et utopie. Quelques réflexions hérétiques. In N. Brenez & I. Marinone (éds.), Cinémas libertaires. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11112
    Creagh, Ronald. « Anarchie et utopie. Quelques réflexions hérétiques ». In Cinémas libertaires, édité par Nicole Brenez et Isabelle Marinone. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2015. doi:10.4000/books.septentrion.11112.
    Creagh, Ronald. « Anarchie et utopie. Quelques réflexions hérétiques ». Cinémas libertaires, édité par Nicole Brenez et Isabelle Marinone, Presses universitaires du Septentrion, 2015, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11112.

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    Brenez, N., & Marinone, I. (éds.). (2015). Cinémas libertaires. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11051
    Brenez, Nicole, et Isabelle Marinone, éd. Cinémas libertaires. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2015. doi:10.4000/books.septentrion.11051.
    Brenez, Nicole, et Isabelle Marinone, éditeurs. Cinémas libertaires. Presses universitaires du Septentrion, 2015, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.11051.
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