• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16446 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16446 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • Histoire et civilisations
  • ›
  • Une victoire impossible ?
  • ›
  • Chapitre 10. Les planifications d’une pa...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral La France dans la planification d’une paix victorieuse Perspectives Notes de bas de page Auteur

    Une victoire impossible ?

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre 10. Les planifications d’une paix victorieuse dans l’Allemagne de 1918

    Carsten Burhop

    Traduit par Hervé Joly

    p. 209-220

    Texte intégral La France dans la planification d’une paix victorieuse Perspectives Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1« Pas de Hitler sans Versailles » – Mark Spoerer et Max Hantke ont introduit en 2010 avec cette hypothèse sommaire leur étude contrefactuelle dans laquelle ils se demandaient si un autre traité de paix aurait pu améliorer la situation fiscale de l’Allemagne dans les années 1920 à un point tel qu’une politique expansionniste aurait été possible pendant la crise économique mondiale1. Les auteurs arrivent au résultat que, si la suppression des réparations imposées par le traité de Versailles aurait allégé les finances publiques, celle des restrictions en matière de politique militaire également imposées aurait eu un effet contraire. Il n’est pas possible de déterminer clairement quel effet l’aurait emporté sur l’autre2. Cela confirme l’idée répandue que le chemin de Versailles à Hitler n’était pas si inéluctable3.

    2Cette contribution repose également sur une démarche contrefactuelle : à quoi aurait ressemblé une paix allemande victorieuse, un traité imaginaire de Potsdam ? Quelles exigences aurait-il comportées en matière de politique économique ? À l’encontre de nombreuses études de l’historiographie contrefactuelle dominée par les sciences sociales, je n’argumente pas sur la base d’un modèle, mais à partir de sources. Je m’appuie en effet sur ce que disent les archives du « service de guerre pour la préparation des aspects économiques des négociations de paix (bureau spécial Helfferich) » sur la paix occidentale4.

    3Bien sûr, les objectifs que l’Allemagne s’est donné dans le Première Guerre mondiale ont été beaucoup et longtemps discutés depuis que l’historien Fritz Fischer les a présentés comme une « offensive pour la puissance mondiale ». Ces objectifs étaient en particulier exprimés dans le « programme de septembre » du chancelier Bethmann-Hollweg5. Ce programme comportait une importante dimension économique, notamment :

    • la cession des gisements de minerai de fer de Longwy-Briey ;
    • une indemnité de guerre d’un montant si élevé que la France n’aurait pas pu consacrer pendant dix-huit à vingt ans des moyens importants à son armement ;
    • un traité commercial qui ouvrirait le marché français aux entreprises allemandes tout en excluant les exportations anglaises et françaises ;
    • une union douanière en Europe centrale qui rassemblerait la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, l’Autriche-Hongrie, la Pologne, l’Italie, la Suède et la Norvège6.

    4On peut cependant se demander si les objectifs seraient restés les mêmes en 1918, dans un contexte militaire, diplomatique et politique très différent. La littérature disponible ne permet pas pour l’instant de répondre à cette question. Il y a eu certes dans les années 1960-1970 une discussion très intense autour des finalités de la guerre, mais celle-ci se focalisait sur la nature des objectifs initiaux en 1914, ainsi que sur les efforts diplomatiques ultérieurs pour obtenir un règlement de paix7. Ensuite, ce qui s’est effectivement passé, en particulier la paix de Brest-Litovsk et le traité de Versailles, a été largement étudié par l’historiographie8. Celle-ci fournit des présentations détaillées des négociations avec la Russie, des consultations austro-allemandes, des divers efforts internationaux pour un règlement de paix en 1917 et des réactions au programme en quatorze points de Wilson. Ces discussions se concentrent toutefois au niveau diplomatique, les aspects économiques étant à peine abordés. Il semble d’ailleurs y avoir eu une relative constance en ce qui concerne les objectifs économiques de la guerre9.

    La France dans la planification d’une paix victorieuse

    5Après la signature du traité de paix de Brest-Litovsk le 3 mars 1918, les objectifs relatifs aux puissances occidentales sont arrivés plus directement dans le collimateur du bureau spécial Helfferich, même si les négociations qui se poursuivent avec la Russie, la Roumanie, la Bulgarie, l’Ukraine et la Finlande continuent de l’occuper à titre principal10. Les questions économiques fondamentales à résoudre dans une paix occidentale sont évoquées dans le détail aussi bien dans une étude de la Reichsbank au sujet de la situation de la balance des paiements allemande après la guerre que dans le « mémoire sur les exigences économiques à faire valoir dans l’intérêt militaire au cours des négociations de paix11 » rédigé en mars 1918 par le ministère de la Guerre. La première présente un tableau dramatique de la situation après la guerre et en déduit que la capacité de paiement de l’Allemagne ne pourrait être assurée que par d’importantes réparations de l’Entente, selon une vision reprise par l’Office du Reich à l’économie. Pour que l’économie allemande continue à fonctionner, il faudrait une compensation des frais de guerre de l’ordre de 10 à 20 milliards de marks, qui serait pour l’essentiel à fournir sous la forme de matières premières indispensables12.

    6La Reichsbank part de l’idée que l’Allemagne présenterait une balance commerciale déficitaire au cours de la première année de paix, comme l’année précédant la guerre. En 1913, les exportations allemandes s’élevaient (en monnaie courante) à 10 097 millions de marks, les importations à 10 770 millions, ce qui générait un déficit de 673 millions. Mais pour les produits alimentaires, les boissons, le tabac, ainsi que pour les matières premières, le déficit atteignait environ 5,8 milliards de marks. En revanche, la balance des paiements était en 1913 excédentaire de 604 millions, du fait surtout d’exportations nettes de services et de revenus des facteurs de production de l’étranger. La Reichsbank en déduit que l’on ne pourrait pas compenser à court terme le déficit commercial par des revenus des actifs étrangers, ceux-ci ayant été saisis. Elle montre également dans quelle ampleur des nationaux ont subi du fait de la guerre des pertes d’actifs : au 1er mars 1918, ils font état de dommages de 4,26 milliards de marks auprès du commissariat du Reich pour la déclaration des actes de violence. Particulièrement touchés sont les actifs allemands en Russie (1,37 milliard de marks), en Grande-Bretagne (1,37) et en France (1,01). Ces dommages devraient être compensés dans le cadre des accords de paix avec les puissances occidentales13. Il faudrait également compter avec les exigences d’indemnisation des pays occupés, en particulier de la Belgique. La Reichsbank s’attend à ce que ce pays demande après la guerre un remboursement de 200 millions de marks pour les biens réquisitionnés, de 1 323 millions de marks pour les marchandises en vrac consommées et de 900 millions pour les machines démontées et expédiées. S’y ajouterait la restitution de ses contributions de guerre, qui s’élèvent à 1 498 millions de marks et augmentent de 48 millions chaque mois. La Belgique demanderait en tout quelque 4 milliards de marks.14 La Reichsbank préconise de prendre en compte ces revendications dans les négociations de paix, même si elle les rejette par principe. D’après elle, elles ne sont pas justifiées dans la mesure où le gouvernement belge s’est de son propre chef joint à la coalition alliée. Le pays a, par son entrée en guerre, cherché à écarter la prédominance politique et économique de l’Allemagne et doit donc en assumer les conséquences15.

    7Alors que la Reichsbank voit surtout l’aspect monétaire du problème, le mémoire du ministère de la Guerre se concentre sur le point de vue de l’économie réelle. Le haut état-major comme le ministère considèrent que l’économie allemande devrait après la guerre être reconstruite aussi vite que possible, parce qu’un éventuel nouveau conflit reposerait encore plus sur l’efficacité de la technique et de l’industrie16. Dans la mesure où l’Allemagne aurait besoin d’importer des matières premières importantes qui ne pourraient être payées que si des moyens de paiements suffisants sont obtenus par l’exportation de produits finis, il lui faudrait par des accords commerciaux s’assurer que les deux côtés de la balance commerciale seraient équilibrés. En outre, il serait particulièrement important de liquider les importations dans l’immédiat après-guerre par le biais des sociétés de guerre (Kriegsgesellschaften) existantes17. Le contingentement des tonnages de bateaux serait à utiliser comme instrument de régulation des importations18. Le ministère souligne particulièrement que l’importation de denrées alimentaires, de matières premières industrielles et d’engrais devrait être sécurisée, soit par le contrôle de sites de production, soit par des achats sur les marchés mondiaux. Dans la mesure où la première solution serait refusée, le traité de paix devrait garantir qu’aucun pays ennemi n’imposerait des interdictions d’exportation vers l’Allemagne et également que des obstacles indirects – à travers par exemple les tarifs de chemins de fer ou de fret maritime – seraient exclus19. Outre des dispositions empêchant notamment la discrimination des activités économiques allemandes à l’étranger, il faudrait absolument prévoir dans le traité de paix des obligations de livraison de denrées de première nécessité. Au printemps 1918, le ministère n’est toutefois plus très sûr d’obtenir de telles obligations dans un traité de paix20.

    8Comme la Reichsbank, le ministère reconnaît que les devises pour le paiement des matières premières de première nécessité ne seraient pas disponibles, ce qui nécessiterait de prévoir dans le traité de paix l’octroi d’un crédit pour des livraisons pendant un an, dans la mesure où celles-ci ne seraient pas fournies gratuitement à l’Allemagne comme indemnités de guerre. Ce crédit devrait en premier lieu être organisé dans un cadre privé. Le Reich n’aurait la possibilité d’intervenir que par défaut21.

    9Dans le contexte de ces études – et dans celui de l’échec un jour plus tôt de l’offensive allemande du printemps –, des entretiens ont lieu le 6 avril 1918 au sujet des conditions de paix22. Les représentants du ministère du Reich des Affaires étrangères comme de celui de la Justice soulignent que les questions juridiques adaptées ont déjà été pour l’essentiel travaillées. Les premiers indiquent également que des études sur la future politique douanière et monétaire à l’égard de la Belgique sont déjà menées. En outre, un projet de traité commercial est établi pour les négociations avec la France et les préparatifs pour un nouveau avec la Grande-Bretagne commencent. Enfin, le ministère de l’Économie précise que des enquêtes approfondies sur les besoins en matières premières après la fin de la guerre seraient effectuées, même s’il n’y a pas de vision claire sur la nature et l’origine des livraisons23. Après la réunion, les résultats sont rassemblés dans une « Esquisse de programme des préparatifs pour les négociations de paix avec les puissances occidentales dans le domaine de la guerre économique »24.

    10Peu après, des plans détaillés de l’approvisionnement en matières premières après le conflit sont préparés, avec une répartition entre quatre groupes (textiles ; métaux et minerais ; denrées coloniales ; graines et fruits oléagineux, corps gras, huiles, résines, copals) et en 54 sous-groupes. Pour le jute sont ainsi prévues des importations nettes de 154 241 tonnes qui devraient être assurées par un contrat d’achat de deux ans avec la Grande-Bretagne pour des livraisons mensuelles de 15 000 tonnes en provenance de l’Inde. La plupart des engagements de fourniture concerneraient l’Angleterre et ses colonies, mais les États-Unis et la France devraient aussi avoir des obligations25.

    11Le lendemain de la première session relative aux traités de paix occidentaux, le ministère des Affaires étrangères lance des invitations pour une discussion au sujet du « Projet de dispositions d’un traité de paix avec la France relatives aux relations commerciales » pour le 16 avril 191826. La base matérielle de ces discussions est le projet de contrat commercial déjà établi le 31 décembre 1916, qui repose pour l’essentiel sur un accès libre au marché et un principe de la nation la plus favorisée réciproque pour les deux pays et leurs colonies. Seules les clauses spéciales prévues entre l’Allemagne et l’Autriche devraient être exclues de ce principe27. À la suite de la discussion, les Affaires étrangères demandent à tous les ministères participants de prendre position et de proposer des dispositions contractuelles28. Cette sollicitation connaît un important écho : le ministère de l’Agriculture exige une interdiction des taxes à l’exportation pour les scories Thomas29 et le phosphate français, dans la mesure où il s’agit de produits intermédiaires indispensables à la fabrication d’engrais. Par ailleurs, un droit de préemption pour un million de tonnes de phosphate brut doit être conclu au prix du marché avec les colonies françaises. Avant la guerre, l’Allemagne a importé 900 000 tonnes de phosphate naturel. Les exportations des colonies françaises s’élevant alors à 2 567 000 tonnes, la couverture des besoins allemands paraît ne pas poser de problème30.

    12Le secrétaire d’État au ministère de l’Économie von Stein fait remarquer que la simple adoption de la clause de la nation favorisée ne suffirait pas, mais qu’il faudrait exiger de la France la complète assimilation des étrangers aux nationaux pour toutes les questions économiques. En outre, il faudrait obtenir qu’aucune taxe douanière française ne soit plus élevée que les tarifs en vigueur au 1er août 1914. Enfin, le ministère souhaite une diminution forfaitaire des droits de douane français d’importation de 30 %, ainsi que l’exclusion des interdictions d’exportation pour un certain nombre de produits31. Mais le ministre prussien de l’Industrie et du Commerce von Sydow refuse la baisse des tarifs douaniers pour certains produits : l’alignement sur les intérêts français serait considéré comme une contrainte indigne et cela servirait de prétexte pour faire d’autres difficultés à la vente de produits allemands en France. Au lieu d’être encouragée, la reprise de relations commerciales pacifiques durables serait rendue plus difficile32.

    13Le projet de contrat commercial suivant de juin 1918 comporte une clause relative à la fin de la guerre commerciale et à l’assimilation complète des étrangers aux nationaux pour les questions économiques33. L’interdiction de taxes d’exportation ainsi que la réduction des taxes d’importation de 30 % pour la France ont disparu. Le ministère des Affaires étrangères suit toutefois la proposition du ministère de l’Agriculture et intègre l’obligation de fourniture de phosphate et l’exemption douanière pour les exportations de scories Thomas depuis la France34.

    14Le dernier projet de traité commercial est présenté par les Affaires étrangères début octobre 1918, donc peu après que Ludendorff a demandé un cessez-le-feu immédiat. La fin de la guerre économique et le principe de la nation favorisée continuent d’être exigés. Par rapport aux deux versions précédentes, il y a cependant deux modifications essentielles. D’une part, les dispositions douanières particulières avec l’Autriche ont disparu, le projet d’une union douanière entre les deux pays ayant été abandonné ; d’autre part, des interdictions d’importation, d’exportation et de transit pendant une période transitoire de deux ans après la conclusion de la paix sont autorisées. En outre, l’exigence de livraison de phosphate est présentée, en raison de la défaite militaire, comme une opération de compensation par rapport aux livraisons de charbon et de potasse de l’Allemagne35. Von Stein pousse également à ce que la réglementation de la protection du travail et des assurances sociales soit abordée à temps dans les traités de paix avec la France et les autres pays. L’adoption de telles clauses sociales, qui ne pourraient par rapport à la puissance française n’être respectées que dans les grandes lignes, va dans l’intérêt de l’Allemagne, pour qu’elle ne soit pas placée par rapport à d’autres pays dans une situation encore plus défavorable36.

    Perspectives

    15À côté des exigences à l’égard de la France, des concessions supplémentaires sont attendues de la Belgique, occupée depuis le début de la guerre par l’Allemagne37. Dans un rapport du 7 septembre 1917, Helfferich – à cette époque encore vice-chancelier du gouvernement Michaelis –, constate qu’un traité de paix avec ce pays implique le rétablissement de son intégrité territoriale et de la souveraineté de l’État38. Pour cela, il ne faut pas renoncer à prendre des précautions particulières pour garantir les intérêts allemands. La Belgique se retrouverait dans une dépendance politique, militaire et économique complète à l’égard des puissances ennemies, même si sa neutralité formelle serait reconnue officiellement par toutes les parties dans le traité de paix. Celui-ci doit donc éviter cette situation, même si la nécessité de parvenir à une paix prochaine exige que la Belgique soit restaurée comme État souverain dans ses anciennes frontières39.

    16Helfferich propose plus précisément une partition de la Belgique en deux États largement indépendants de la Flandres et de la Wallonie, sous une maison royale commune, une neutralité du pays garantie internationalement et fixée par traité, une union douanière et monétaire avec l’Allemagne, le passage des chemins de fer nationaux sous administration allemande, un libre accès au réseau fluvial ainsi qu’au port d’Anvers, la reconnaissance des droits de propriété acquis par les entreprises allemandes pendant l’occupation et la remise des mines de charbon publiques comme indemnités de guerre40. La nécessité comme la forme de l’union douanière et monétaire sont précisées ensuite dans des documents préparatoires et des projets de traités41.

    17Par rapport à la France et à la Belgique, la planification des relations économiques de l’après-guerre avec la Grande-Bretagne est commencée plus tardivement et de manière moins intensive. Pour Helfferich, l’Angleterre est l’adversaire principal de l’Allemagne. Il déclare ainsi le 16 mars 1918 dans un discours devant la Fédération du négoce d’importation : « le Britannique est si rectiligne dans sa pensée politique, qu’il ne voit que ses objectifs ; il se considère comme le sens de l’histoire du monde et il considère les autres nations comme des instruments subalternes qui sont redevables à l’Angleterre qu’elle les utilise à ses fins et ensuite les jettent42 ». Pour l’essentiel, la planification s’est alignée sur les traités prévus avec la France43. En particulier, le texte envisage la clause de la nation la plus favorisée pour l’Allemagne et toutes les colonies, y compris les droits de douane préférentiels prévus dans l’union douanière germano-autrichienne. Par ailleurs, le traité prévoit pour une série de produits des exportations vers l’Allemagne exemptées de charges et de douane44, ainsi que l’assimilation complète des ressortissants étrangers pour les questions économiques aux nationaux, de même pour les entreprises.

    •

    18Tous les projets de traités montrent bien que le pouvoir politique envisage encore à l’été 1918 une victoire de l’Allemagne, qui permettrait d’imposer les conditions de la paix. Au printemps, dans le contexte du traité de Brest-Litovsk et des succès initiaux de l’offensive allemande, commencent à Berlin les planifications concrètes pour les aspects économiques des négociations de paix avec les puissances occidentales. Dès le départ, il apparaît clairement que d’importantes concessions au profit de l’Allemagne devraient figurer dans le traité de paix pour assurer un équilibre après la guerre de la balance des paiements comme de la balance commerciale. Des études élaborées de la Reichsbank et du ministère de la Guerre montrent de manière convaincante cette nécessité pour la politique économique allemande. Sous l’influence de ces études, une enquête approfondie est menée par les ministères, autorités militaires et fédérations industrielles au sujet des revendications pour la guerre économique. Il apparaît que les représentants du gouvernement comme de l’état-major envisagent d’importantes exigences à l’égard de l’Entente : le paiement de réparations jusqu’à 20 milliards de marks, des livraisons de matières premières à prix et conditions fixes, un marché ouvert aux exportations allemandes, le transfert de certains territoires, le renoncement à la guerre économique et le rétablissement moral. En revanche, les points de vue défendus par les industriels sont hétérogènes. D’un côté, l’industrie lourde s’associe, sous la conduite de Hugo Stinnes, aux exigences des autorités civiles et militaires. De l’autre, les représentants de presque toutes les autres branches, et surtout Carl Duisberg pour la chimie, refusent tout traitement approfondi des questions économiques à la table de paix. La grande majorité des représentants de l’industrie ne présentent pas de revendications ambitieuses ; ils veulent simplement rétablir après la guerre l’ordre mondial libéral dominant, ce qui permettrait à l’Allemagne de retrouver rapidement son poids économique dans le monde.

    Notes de bas de page

    1 Max Hantke, Mark Spoerer, « The imposed gift of Versailles: the fiscal effects of restricting the size of Germany’s armed forces, 1924-29 », Economic History Review, 63, 2010, p. 849-864.

    2 Ibid., p. 860.

    3 Eberhard Kolb, Der Frieden von Versailles, Munich, Beck, 2005, p. 107.

    4 Ici ont été exploités les fonds que Fritz Fischer a négligés, dans la mesure où il n’a exploité que les fonds relatifs aux accords de paix à l’Est. Voir Fritz Fischer, Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/18, Düsseldorf, Droste Verlag, 1961, p. 632 et suiv., 661-662, 672-673, 685 et suiv., 711 et suiv., 753 et suiv. L’historiographie ultérieure n’a pas non plus exploité les fonds du bureau spécial Karl Helfferich au sujet des objectifs pour la conclusion de la paix à l’Ouest.

    5 La discussion qui suit repose sur Fischer, Griff, op. cit., p. 107 et suiv. Une synthèse qui reste très pertinente en matière d’histoire économique est celle de Gerd Hardach, Der Erste Weltkrieg, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag, 1973, p. 241-252. Des études d’histoire économique plus récentes n’abordent pas la question des objectifs de guerre de manière aussi détaillée. Voir Albrecht Ritschl, « The pity of peace: Germany’s economy at war, 1914-1918 and beyond », in Stephen Broadberry, Mark Harrison (dir.), The Economics of World War I, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 41-76. Sur les objectifs économiques de guerre de l’Entente existe une littérature très importante ; voir, par exemple, Hajime Akitomi, « The British Trade Policy Plan during the First World War: a Modified “Imperialism of Free Trade”? », Journal of European Economic History, 35, 2006, p. 617-643.

    6 Fischer, Griff, op. cit., p. 111-112.

    7 Wolfgang J. Mommsen, Die Urkatastrophe Deutschlands. Der Erste Weltkrieg 1914-1918, Stuttgart, Klett-Cotta, 2002 ; Roger Chickering, Das Deutsche Reich und der Erste Weltkrieg, Munich, Beck, 2002, présentent l’état de la recherche. Voici les études et recueils de sources classiques sur le sujet, en faisant remarquer qu’elles ne comportent aucune contribution spécifique sur les objectifs économiques : Klaus Schwabe, Deutsche Revolution und Wilson-Frieden. Die amerikanische und deutsche Friedensstrategie zwischen Ideologie und Machtpolitik 1918/19, Düsseldorf, Droste Verlag, 1971 ; Wolfgang Steglich, Die Friedenspolitik der Mittelmächte, vol. 1, Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, 1964 ; Wolfgang Steglich (éd.), Die Friedensversuche der kriegführenden Mächte im Sommer und Herbst 1917. Quellenkritische Untersuchungen, Akten und Vernehmungsprotokolle, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1984 ; Klaus Schwabe (éd.), Quellen zum Friedensschluß von Versailles, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1997.

    8 La paix de Brest-Litowsk est traitée, entre autres, par Fischer, Griff, op. cit., chap. 18 ; Fritz Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 3, November 1917 bis November 1918, Berlin, Akademie-Verlag, 1970, chap. 3 et 5. Sur le traité de Versailles, il faut renvoyer seulement à Kolb, Versailles, op. cit.

    9 Steglich, Die Friedensversuche…, op. cit., p. 377-378 ; du même, Die Friedenspolitik der Mittelmächte…, op. cit., p. 71.

    10 Voir, à ce sujet, les procès-verbaux des sessions correspondantes dans Archives fédérales allemandes, Berlin (BArch), R 704/38.

    11 BArch, R 704/29, « Die deutsche Zahlungsbilanzsituation nach dem Kriege », transmis à Helfferich, 20 mars 1918 ; BArch, R 704/2., « Denkschrift über die bei den Friedensverhandlungen im militärischen Interesse zu stellenden wirtschaftlichen Forderungen ».

    12 BArch, R 704/29, fol. 11.

    13 BArch, R 704/29, fol. 46-48.

    14 BArch, R 704/29, fol. 25-26.

    15 BArch, R 704/29, fol. 34.

    16 BArch, R 704/2, fol. 16.

    17 BArch, R 704/2, fol. 16.

    18 BArch, R 704/2, fol. 17-18.

    19 BArch, R 704/2, fol. 19.

    20 BArch R 704/2, fol. 19.

    21 BArch, R 704/2, fol. 20.

    22 BArch, R 704/38, fol. 72, « Feststellung des Standes der wirtschaftspolitischen Vorarbeiten für den Friedensschluß mit den Westmächten und gegebenenfalls Aufstellung eines Arbeitsplans für ihre weitere Behandlung ».

    23 BArch, R 704/38, fol. 72-73.

    24 BArch, R 704/25, fol. 6-9.

    25 BArch, R 704/2, fol. 153-157, « Übersicht über die Vorkehrungen, die zur Sicherung des Bezugs von Rohstoffen in den Friedensverträgen zu treffen sind », avril 1918 ; BArch, R 704/15, fol. 10-11.

    26 BArch, R 704/115, fol. 9.

    27 BArch, R 704/115, fol. 10-14.

    28 BArch, R 704/115, fol. 28, lettre du ministère des Affaires étrangères au Bureau spécial Helfferich, 21 avril 1918.

    29 Scories de déphosphoration dans la fabrication de l’acier (NdT).

    30 BArch, R 704/115, fol. 18, lettre du ministère de l’Agriculture, des Domaines et des Forêts au Bureau spécial, 20 avril 1918 ; BArch R 704/116, fol. 29.

    31 BArch, R 704/115, fol. 25-27, lettre, 2 mai 1918.

    32 BArch, R 704/115, fol. 33-34, lettre, 10 mai 1918.

    33 BArch, R 704/115, fol. 43-47, lettre du ministère de la Guerre à Helfferich, 13 juin 1918.

    34 BArch, R 704/115, fol. 49-53, projet de traité, 14 juin 1918.

    35 BArch, R 704/115, fol. 50.

    36 BArch, R 704/116, fol. 123, 125.

    37 Une bonne synthèse sur le rôle de la Belgique dans l’économie de guerre allemande est fournie par Jens Thiel, Meschenbassin Belgien – Anwerbung, Deportation und Zwangsarbeit im Ersten Weltkrieg, Essen, Klartext, 2007.

    38 BArch, R 704/96, fol. 1-7.

    39 BArch, R 704/96, fol. 2. Cette déclaration confirme la vision de Williamson, Helfferich, op. cit., p. 256-258, selon laquelle les positions de Helfferich étaient plus extrêmes que celles de Bethmann-Hollweg. Au cours de la réunion du gouvernement prussien le 4 septembre 1917, Helfferich avait exposé les quatre objectifs principaux de l’Allemagne vis-à-vis de la Belgique : le contrôle du réseau de transport du pays, le paiement d’une indemnité de guerre et l’intégration forcée dans une union monétaire et douanière. Fischer, Griff, op. cit., p. 332-333, p. 796-797 explique que Helfferich a conservé ses objectifs jusqu’au printemps 1918.

    40 BArch, R 704/96, fol. 2-7.

    41 BArch, R 704/99, fol. 2-8.

    42 Karl Helfferich, England und Wir, Berlin, Georg Stilke, 1918, p. 4.

    43 BArch, R 704/106, fol. 21-28.

    44 Pour les harengs, poissons, fours en porcelaine, le charbon, la fonte, l’étain, la laine vierge et travaillée, les fils de coton et de lin.

    Auteurs

    • Hervé Joly (trad.)

      Hervé Joly est directeur de recherche CNRS en histoire contemporaine au laboratoire Triangle (Université de Lyon). Il travaille sur les élites françaises et allemandes, sur les entreprises et les entrepreneurs, notamment pendant les deux guerres mondiales. Dernière publication : À Polytechnique. X 1901. Enquête sur une promotion de polytechniciens de la Belle Époque aux Trente Glorieuses, Paris, Flammarion, 2021.

    • Carsten Burhop

      Carsten Burhop est professeur en histoire constitutionnelle, sociale et économique à la Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität de Bonn. Ses recherches portent sur l’histoire économique, financière et commerciale de l’Allemagne et de la Grande Bretagne aux XIXe et XXe siècles. Récemment, il a copublié Merck : From Pharmacy to Global Corporation 1668-2018, Munich, Beck, 2018.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Les entrepreneurs du coton

    Les entrepreneurs du coton

    Innovation et développement économique (France du Nord, 1700-1830)

    Mohamed Kasdi

    2014

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Enkhuizen au xviiie siècle

    Le déclin d'une ville maritime hollandaise

    Thierry Allain

    2015

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    Les loteries royales dans l’Europe des Lumières

    1680-1815

    Marie-Laure Legay

    2014

    Santé et travail à la mine

    Santé et travail à la mine

    xixe-xxie siècle

    Judith Rainhorn (dir.)

    2014

    La fabrique de l’urbanisme

    La fabrique de l’urbanisme

    Les cités-jardins, entre France et Allemagne 1900-1924

    Elsa Vonau

    2014

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Banque et identité commerciale. La Société générale (1864-2014)

    Hubert Bonin

    2014

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les Houillères entre l’État, le marché et la société

    Les territoires de la résilience (xviiie - xxie siècles)

    Sylvie Aprile, Matthieu de Oliveira, Béatrice Touchelay et al. (dir.)

    2015

    Les Écoles dans la guerre

    Les Écoles dans la guerre

    Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles)

    Jean-François Condette (dir.)

    2014

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Bertha von Suttner 1843-1914

    Amazone de la paix

    Marie-Claire Hoock-Demarle

    2014

    La guerre de 1940

    La guerre de 1940

    Se battre, subir, se souvenir

    Stefan Martens et Steffen Prauser (dir.)

    2014

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    Histoire de Boulogne-sur-Mer

    ville d’art et d’histoire

    Alain Lottin (dir.)

    2014

    Europe de papier

    Europe de papier

    Projets européens au xixe siècle

    Sylvie Aprile, Cristina Cassina, Philippe Darriulat et al. (dir.)

    2015

    Voir plus de chapitres

    Chapitre 2. L’industrie houillère

    2A. L’approvisionnement en charbon et la politique d’intervention de l’État

    Dieter Ziegler Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 2. L’industrie houillère

    2B. Un cartel dans la guerre : le syndicat du charbon de la Ruhr

    Eva Maria Roelevink Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 4. La politique métallurgique : le cas du cuivre, matière première stratégique

    Jonas Scherner Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 5. La construction automobile et aéronautique

    Lutz Budrass Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 6. La logique fatale de la guerre moderne et du capitalisme : l’exemple de la chimie

    Werner Plumpe Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 7. L’emploi industriel : un marché du travail sous pression ?

    Stephanie Tilly Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ?

    Uwe Müller Hervé Joly (trad.)

    Voir plus de chapitres
    1 / 7

    Chapitre 2. L’industrie houillère

    2A. L’approvisionnement en charbon et la politique d’intervention de l’État

    Dieter Ziegler Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 2. L’industrie houillère

    2B. Un cartel dans la guerre : le syndicat du charbon de la Ruhr

    Eva Maria Roelevink Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 4. La politique métallurgique : le cas du cuivre, matière première stratégique

    Jonas Scherner Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 5. La construction automobile et aéronautique

    Lutz Budrass Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 6. La logique fatale de la guerre moderne et du capitalisme : l’exemple de la chimie

    Werner Plumpe Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 7. L’emploi industriel : un marché du travail sous pression ?

    Stephanie Tilly Hervé Joly (trad.)

    Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ?

    Uwe Müller Hervé Joly (trad.)

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Max Hantke, Mark Spoerer, « The imposed gift of Versailles: the fiscal effects of restricting the size of Germany’s armed forces, 1924-29 », Economic History Review, 63, 2010, p. 849-864.

    2 Ibid., p. 860.

    3 Eberhard Kolb, Der Frieden von Versailles, Munich, Beck, 2005, p. 107.

    4 Ici ont été exploités les fonds que Fritz Fischer a négligés, dans la mesure où il n’a exploité que les fonds relatifs aux accords de paix à l’Est. Voir Fritz Fischer, Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/18, Düsseldorf, Droste Verlag, 1961, p. 632 et suiv., 661-662, 672-673, 685 et suiv., 711 et suiv., 753 et suiv. L’historiographie ultérieure n’a pas non plus exploité les fonds du bureau spécial Karl Helfferich au sujet des objectifs pour la conclusion de la paix à l’Ouest.

    5 La discussion qui suit repose sur Fischer, Griff, op. cit., p. 107 et suiv. Une synthèse qui reste très pertinente en matière d’histoire économique est celle de Gerd Hardach, Der Erste Weltkrieg, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag, 1973, p. 241-252. Des études d’histoire économique plus récentes n’abordent pas la question des objectifs de guerre de manière aussi détaillée. Voir Albrecht Ritschl, « The pity of peace: Germany’s economy at war, 1914-1918 and beyond », in Stephen Broadberry, Mark Harrison (dir.), The Economics of World War I, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 41-76. Sur les objectifs économiques de guerre de l’Entente existe une littérature très importante ; voir, par exemple, Hajime Akitomi, « The British Trade Policy Plan during the First World War: a Modified “Imperialism of Free Trade”? », Journal of European Economic History, 35, 2006, p. 617-643.

    6 Fischer, Griff, op. cit., p. 111-112.

    7 Wolfgang J. Mommsen, Die Urkatastrophe Deutschlands. Der Erste Weltkrieg 1914-1918, Stuttgart, Klett-Cotta, 2002 ; Roger Chickering, Das Deutsche Reich und der Erste Weltkrieg, Munich, Beck, 2002, présentent l’état de la recherche. Voici les études et recueils de sources classiques sur le sujet, en faisant remarquer qu’elles ne comportent aucune contribution spécifique sur les objectifs économiques : Klaus Schwabe, Deutsche Revolution und Wilson-Frieden. Die amerikanische und deutsche Friedensstrategie zwischen Ideologie und Machtpolitik 1918/19, Düsseldorf, Droste Verlag, 1971 ; Wolfgang Steglich, Die Friedenspolitik der Mittelmächte, vol. 1, Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, 1964 ; Wolfgang Steglich (éd.), Die Friedensversuche der kriegführenden Mächte im Sommer und Herbst 1917. Quellenkritische Untersuchungen, Akten und Vernehmungsprotokolle, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 1984 ; Klaus Schwabe (éd.), Quellen zum Friedensschluß von Versailles, Darmstadt, Wissenschaftliche Buchgesellschaft, 1997.

    8 La paix de Brest-Litowsk est traitée, entre autres, par Fischer, Griff, op. cit., chap. 18 ; Fritz Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 3, November 1917 bis November 1918, Berlin, Akademie-Verlag, 1970, chap. 3 et 5. Sur le traité de Versailles, il faut renvoyer seulement à Kolb, Versailles, op. cit.

    9 Steglich, Die Friedensversuche…, op. cit., p. 377-378 ; du même, Die Friedenspolitik der Mittelmächte…, op. cit., p. 71.

    10 Voir, à ce sujet, les procès-verbaux des sessions correspondantes dans Archives fédérales allemandes, Berlin (BArch), R 704/38.

    11 BArch, R 704/29, « Die deutsche Zahlungsbilanzsituation nach dem Kriege », transmis à Helfferich, 20 mars 1918 ; BArch, R 704/2., « Denkschrift über die bei den Friedensverhandlungen im militärischen Interesse zu stellenden wirtschaftlichen Forderungen ».

    12 BArch, R 704/29, fol. 11.

    13 BArch, R 704/29, fol. 46-48.

    14 BArch, R 704/29, fol. 25-26.

    15 BArch, R 704/29, fol. 34.

    16 BArch, R 704/2, fol. 16.

    17 BArch, R 704/2, fol. 16.

    18 BArch, R 704/2, fol. 17-18.

    19 BArch, R 704/2, fol. 19.

    20 BArch R 704/2, fol. 19.

    21 BArch, R 704/2, fol. 20.

    22 BArch, R 704/38, fol. 72, « Feststellung des Standes der wirtschaftspolitischen Vorarbeiten für den Friedensschluß mit den Westmächten und gegebenenfalls Aufstellung eines Arbeitsplans für ihre weitere Behandlung ».

    23 BArch, R 704/38, fol. 72-73.

    24 BArch, R 704/25, fol. 6-9.

    25 BArch, R 704/2, fol. 153-157, « Übersicht über die Vorkehrungen, die zur Sicherung des Bezugs von Rohstoffen in den Friedensverträgen zu treffen sind », avril 1918 ; BArch, R 704/15, fol. 10-11.

    26 BArch, R 704/115, fol. 9.

    27 BArch, R 704/115, fol. 10-14.

    28 BArch, R 704/115, fol. 28, lettre du ministère des Affaires étrangères au Bureau spécial Helfferich, 21 avril 1918.

    29 Scories de déphosphoration dans la fabrication de l’acier (NdT).

    30 BArch, R 704/115, fol. 18, lettre du ministère de l’Agriculture, des Domaines et des Forêts au Bureau spécial, 20 avril 1918 ; BArch R 704/116, fol. 29.

    31 BArch, R 704/115, fol. 25-27, lettre, 2 mai 1918.

    32 BArch, R 704/115, fol. 33-34, lettre, 10 mai 1918.

    33 BArch, R 704/115, fol. 43-47, lettre du ministère de la Guerre à Helfferich, 13 juin 1918.

    34 BArch, R 704/115, fol. 49-53, projet de traité, 14 juin 1918.

    35 BArch, R 704/115, fol. 50.

    36 BArch, R 704/116, fol. 123, 125.

    37 Une bonne synthèse sur le rôle de la Belgique dans l’économie de guerre allemande est fournie par Jens Thiel, Meschenbassin Belgien – Anwerbung, Deportation und Zwangsarbeit im Ersten Weltkrieg, Essen, Klartext, 2007.

    38 BArch, R 704/96, fol. 1-7.

    39 BArch, R 704/96, fol. 2. Cette déclaration confirme la vision de Williamson, Helfferich, op. cit., p. 256-258, selon laquelle les positions de Helfferich étaient plus extrêmes que celles de Bethmann-Hollweg. Au cours de la réunion du gouvernement prussien le 4 septembre 1917, Helfferich avait exposé les quatre objectifs principaux de l’Allemagne vis-à-vis de la Belgique : le contrôle du réseau de transport du pays, le paiement d’une indemnité de guerre et l’intégration forcée dans une union monétaire et douanière. Fischer, Griff, op. cit., p. 332-333, p. 796-797 explique que Helfferich a conservé ses objectifs jusqu’au printemps 1918.

    40 BArch, R 704/96, fol. 2-7.

    41 BArch, R 704/99, fol. 2-8.

    42 Karl Helfferich, England und Wir, Berlin, Georg Stilke, 1918, p. 4.

    43 BArch, R 704/106, fol. 21-28.

    44 Pour les harengs, poissons, fours en porcelaine, le charbon, la fonte, l’étain, la laine vierge et travaillée, les fils de coton et de lin.

    Une victoire impossible ?

    X Facebook Email

    Une victoire impossible ?

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Une victoire impossible ?

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Burhop, C. (2021). Chapitre 10. Les planifications d’une paix victorieuse dans l’Allemagne de 1918. In M. Boldorf & H. Joly (éds.), & H. Joly (trad.), Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107675
    Burhop, Carsten. « Chapitre 10. Les planifications d’une paix victorieuse dans l’Allemagne de 1918 ». In Une victoire impossible ?, édité par Marcel Boldorf et Hervé Joly, traduit par Hervé Joly. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2021. doi:10.4000/books.septentrion.107675.
    Burhop, Carsten. « Chapitre 10. Les planifications d’une paix victorieuse dans l’Allemagne de 1918 ». Une victoire impossible ?, édité par Marcel Boldorf et Hervé Joly, traduit par Hervé Joly, Presses universitaires du Septentrion, 2021, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107675.

    Référence numérique du livre

    Format

    Boldorf, M., & Joly, H. (éds.). (2021). Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107470
    Boldorf, Marcel, et Hervé Joly, éd. Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2021. doi:10.4000/books.septentrion.107470.
    Boldorf, Marcel, et Hervé Joly, éditeurs. Une victoire impossible ?. Presses universitaires du Septentrion, 2021, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107470.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement