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    Plan détaillé Texte intégral Les conditions préalables pour l’agriculture d’une alimentation suffisante dans le contexte d’une guerre longue et d’une politique d’intervention de l’État La politique de régulation du secteur agricole pendant la Première Guerre mondiale Évolution de la production agricole et du ravitaillement alimentaire Conséquences et effets secondaires de la politique agraire et alimentaire pendant la guerre Les groupes d’intérêts économiques et la politique agraire Notes de bas de page Auteur

    Une victoire impossible ?

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    Table des matières

    Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ?

    Uwe Müller

    Traduit par Hervé Joly

    p. 163-180

    Texte intégral Les conditions préalables pour l’agriculture d’une alimentation suffisante dans le contexte d’une guerre longue et d’une politique d’intervention de l’État La politique de régulation du secteur agricole pendant la Première Guerre mondiale Évolution de la production agricole et du ravitaillement alimentaire Conséquences et effets secondaires de la politique agraire et alimentaire pendant la guerre Les groupes d’intérêts économiques et la politique agraire Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1À l’heure du centenaire, les recherches historiques sur la Première Guerre mondiale ont connu une croissance spectaculaire1. L’histoire économique en général et l’histoire agraire en particulier n’ont toutefois pas occupé jusqu’à maintenant une place importante en la matière2. Cela apparaît à première vue paradoxal, dans la mesure où l’issue du conflit a, à l’évidence, été fortement affectée par des facteurs économiques3. Sur ce point, quelques arguments plaident en faveur d’une importance stratégique plus grande du pain et des pommes de terre que de l’acier et de l’or4.

    2Quelques semaines après la bataille de la Marne en septembre 1914, d’importants acteurs de l’époque sont déjà conscients que la stratégie allemande de la guerre-éclair a échoué et que, sur le front occidental, commence une longue guerre de positions conduisant à une consommation de matériel de guerre d’une ampleur jamais imaginée auparavant et nécessitant des interventions totalement inédites dans l’économie5. Les facteurs économiques gagnent dans la stratégie de guerre en importance au sein des deux coalitions. Dans ce domaine, il existe dès le début du conflit une nette supériorité du côté de l’Entente. Cela vaut pour la taille de la population, pour la puissance économique exprimée en produit intérieur brut ainsi que pour l’accès à la fois aux matières premières stratégiques et aux produits alimentaires6. Au cours du conflit, les rapports de force évoluent encore, en particulier avec l’entrée en guerre des États-Unis, en faveur de l’Entente. L’accès à d’importantes matières premières est, du fait du blocus britannique, surtout avec son extension à des pays neutres, considérablement compliqué pour le Reich. L’industrie, d’armement en particulier, mais aussi l’agriculture en sont affectées. Le facteur principal est l’arrêt des importations de salpêtres du Chili dont dépend la production minérale d’engrais azotés7.

    3Du point de vue rétrospectif d’un historien, les facteurs économiques penchent en faveur du caractère inéluctable de la défaite des puissances centrales et de la victoire de l’Entente. Se pose aussi la question de l’efficacité des interventions de l’État dans les circuits économiques pendant la guerre. Ses interventions doivent assurer une mobilisation aussi optimale que possible des ressources nécessaires à la fois pour la conduite de la guerre et pour la stabilisation des sociétés. En Allemagne, l’État intervient dans l’économie dès le début du conflit, d’une manière qui affecte fortement l’agriculture, des pénuries apparaissant très vite dans l’approvisionnement alimentaire8. Cela ne signifie pas pour autant que ses interventions reposent sur un concept clair ou qu’elles sont particulièrement efficaces. Elles ne réussissent en tout cas pas à empêcher un recul dramatique de la production agricole et une dégradation significative de la situation alimentaire.

    4C’est pourquoi de nombreux témoins de l’époque ainsi qu’une grande majorité des historiens portent un regard très critique sur la politique aussi bien agraire qu’alimentaire9. Les interventions de l’État sont vues comme « des réactions aux exigences de l’instant » ou « une réglementation croissante du libre-échange des marchandises venant seulement en réaction aux pénuries ou à l’inflation et marquée dès l’origine par des faiblesses manifestes »10. Il n’existe toutefois que de vagues11 ou contradictoires réponses à la question de savoir si le fort recul de la production agricole allemande était inévitable du fait de la perte de ressources essentielles ou s’il était le résultat d’interventions étatiques inadaptées.

    5De nombreux historiens tendent plus ou moins explicitement à considérer que « le chemin vers la catastrophe alimentaire était […] tout tracé dans l’hypothèse d’une guerre longue12 ». Ils argumentent par l’impossibilité d’une autarcie alimentaire, la faiblesse des ressources et le blocus allié. S’y ajoute le fait qu’il n’existait, jusqu’au déclenchement de la guerre en pratique aucune préparation de l’économie à une telle situation13.

    6Au contraire, la plupart des analystes des années 1920 prétendent que le système des prix maximaux et de la régulation quantitative est responsable d’une production agricole très inférieure à ses capacités : l’« économie dirigée incomplète et souvent non planifiée » entraînerait, au moins à partir de 1917, une forte chute de la rentabilité14. Pendant la guerre, des experts agraires critiquaient déjà la négligence des cultures sarclées et les incitations insuffisantes pour la réalisation des objectifs de vente15. Ces affirmations doivent toutefois être considérées avec un certain scepticisme : le contexte politico-idéologique, ainsi que les propres intérêts des auteurs concernés peuvent influencer leurs positions16. Cela correspond souvent dans les années 1920 à la critique rétrospective d’un soi-disant « socialisme de guerre ».

    7Certains historiens actuels considèrent toutefois que le système d’intervention hyperbureaucratique et inefficace qui n’apportait « à l’encontre des intérêts des paysans, des revendications des militaires et de l’industrie d’armement, ainsi que de l’attractivité croissante du marché noir, aucune répartition quelque peu juste des denrées alimentaires disponibles » n’était qu’une « impasse de l’économie dirigée étatique17 ». À partir de cette appréciation se pose bien sûr la question de savoir quelle politique agraire et alimentaire aurait produit de meilleurs résultats. Hans Ulrich Wehler, par exemple, ne voit pas de problème dans « l’économie dirigée », mais dans les interventions de l’État trop tardives et inconséquentes. « De manière générale, le ravitaillement alimentaire étatique a échoué dans sa tentative d’approvisionner la classe ouvrière urbaine et les familles d’une manière relativement adaptée et régulière, faute d’oser dompter véritablement l’égoïsme de l’agriculture, ce qui aurait aussi impliqué de combattre efficacement le marché noir18 ».

    8Dans cette contribution, plusieurs causes de l’échec de la politique agraire et alimentaire allemande sont analysées, pour pouvoir mieux appréhender les marges de manœuvre effectives. Pour cela, il faut d’abord évoquer, pour la période antérieure à 1914, les expériences de politique agraire ainsi que la situation structurelle de l’agriculture allemande en matière d’approvisionnement de l’armée et de la population dans la perspective d’une guerre longue. Les principaux domaines d’intervention de l’économie de guerre dans l’agriculture sont ensuite identifiés. Suit une présentation – très courte pour des raisons de place – de l’évolution de la production agraire et l’approvisionnement alimentaire. Plusieurs mesures sont alors évaluées dans leur efficacité et leur impact éventuellement involontaire. Un développement particulier est consacré au rôle des groupements d’intérêts économiques, essentiel aussi bien dans la conception de la politique agraire que dans la réaction des paysans aux mesures étatiques. On termine par une synthèse des résultats et par l’évocation de quelques nécessités de la recherche.

    Les conditions préalables pour l’agriculture d’une alimentation suffisante dans le contexte d’une guerre longue et d’une politique d’intervention de l’État

    9La politique agraire est confrontée à d’autres conditions qu’une politique industrielle axée sur l’approvisionnement en matières premières et la croissance de la production militaire. D’une part, le contexte apparaît plutôt favorable à une politique d’intervention dans le domaine agricole : depuis plusieurs décennies, le Reich allemand a mené une politique commerciale de protectionnisme agraire (1879) renforcée, après une phase de droits de douane modérés dans les années 1890, par le tarif Bülow de 1903. L’argument de l’autarcie céréalière en cas de guerre a joué un rôle important dans le « changement réglementaire » de 1879 comme dans le débat sur l’État industriel/agraire du tournant du siècle19. L’orientation après 1900 vers une politique commerciale protectionniste traduit d’ailleurs le poids politique important des agrariens, alors que des parts importantes de l’industrie allemande plutôt tournées vers l’exportation penchent à cette époque pour l’abolition des barrières douanières ; si ces agrariens ne sont pas parvenus à imposer leur orientation, ils ont réussi sur de nombreux marchés extérieurs20. Malgré, ou plutôt grâce au protectionnisme agraire, l’agriculture allemande a connu entre 1880 et 1910 une croissance exceptionnelle de son rendement à l’hectare et fait partie des plus productives en Europe21. Le Reich marqué par une croissance démographique dynamique et une ascension comme plus grande puissance industrielle européenne compte aussi parmi les plus grands exportateurs de sucre de betteraves et de seigle – ce qui repose aussi sur des subventions, par exemple à travers le système des certificats d’importation de céréales22.

    10Si l’on cherche à associer le niveau atteint avant-guerre au recul de la production et à la politique agraire menée pendant le conflit, le problème ne vient pas du fait que l’Allemagne aurait eu en 1914 un secteur agricole attardé et hypertrophié23. Au contraire, l’augmentation considérable des rendements dans les décennies précédentes a entretenu l’illusion que l’agriculture pourrait aussi, dans le contexte d’une guerre, nourrir suffisamment la population24. On a ainsi oublié que le pays, malgré une agriculture relativement performante, ne pourrait pas atteindre une véritable autarcie en matière d’approvisionnement alimentaire. S’il produit des excédents pour le sucre de betteraves et le seigle, et s’il assure sa propre consommation en pommes de terre et en viande de cochon, le Reich doit importer environ 20 % de ses denrées alimentaires. Plus encore, la production de plein champ comme l’élevage de bétail dépendent fortement de l’importation de matières premières pour la production d’engrais minéraux (salpêtre, azote) et de fourrage (orge en particulier)25. Enfin, il faut prendre en considération le fait que les domaines à l’Est de l’Elbe, mais aussi les producteurs de betteraves d’Allemagne centrale ont besoin d’une main-d’œuvre étrangère26.

    11Malgré la productivité élevée – à l’échelle européenne – de l’agriculture allemande, le facteur travail y joue un rôle nettement plus important que dans l’industrie à intensité capitalistique beaucoup plus forte27. L’agriculture souffre donc bien plus de la perte de main-d’œuvre du fait de la mobilisation. En dépit de l’emploi accru de femmes, de jeunes gens des villes, de prisonniers de guerre ou de travailleurs étrangers forcés, les ressources disponibles baissent d’environ 30 %. Le problème provient d’une baisse des effectifs, mais aussi d’une perte des compétences et expériences nécessaires à la direction des exploitations28. La pénurie de main-d’œuvre se révèle comme le principal facteur faisant de l’agriculture « l’un des perdants de l’économie de guerre29 ».

    12Bien que la nécessité d’une autosuffisance agricole dans un contexte de guerre ait été un important argument des partisans du protectionnisme agraire et que les spécialistes aient été conscients de l’impossibilité d’atteindre une autarcie alimentaire, aucune mesure significative n’est prise jusque tard dans l’année 1914 pour accumuler des stocks de denrées alimentaires. Différents « experts » déclarent certes que des mesures économiques préparatoires à la guerre devraient être adoptées pour garantir un approvisionnement alimentaire suffisant. La constitution proposée de réserves de céréales échoue cependant du fait de l’influence des gros propriétaires terriens orientaux qui rejettent des restrictions, voire des interdictions d’exportations, ainsi que du refus du secrétaire au Trésor du Reich Hermann Kühn encore au début juillet 1914 de mettre à disposition des moyens financiers pour l’achat de céréales. Ce n’est que dans les premiers jours du mois d’août que le Reich acquiert auprès des Pays-Bas et de la Belgique une quantité relativement importante de céréales panifiables à emmagasiner30.

    13Au déclenchement du conflit, il dispose donc d’une expérience en matière d’interventionnisme agraire dans laquelle la politique douanière occupe une place centrale. La Prusse en particulier mais aussi d’autres États fédérés soutiennent leur secteur agricole par la promotion des coopératives, du crédit agraire et de la formation dédiée31. Les spécialistes sont déjà avant 1914 bien conscients qu’une guerre pourrait poser des problèmes d’approvisionnement alimentaire. Dans ce contexte, la manière dont l’État intervient dans l’agriculture pendant le conflit apparaît – en comparaison avec l’approvisionnement en matières premières – au moins à première vue étonnamment improvisé et peu coordonné.

    La politique de régulation du secteur agricole pendant la Première Guerre mondiale

    14La politique étatique dans le secteur agricole pendant la Première Guerre mondiale est en général présentée de manière chronologique dans la littérature spécialisée32. Cela a l’avantage de mettre en évidence à quel point des interventions au départ ponctuelles sur le marché agricole suscitent des réactions des producteurs, voire des consommateurs, qui amènent l’État à réagir par de nouvelles interventions de plus grande portée. Il en est ainsi du cas classique d’une spirale d’interventions dans la politique des prix, décrite pour la première fois par Ludwig von Mises à la fin des années 192033. Pour évaluer la politique agraire allemande – également d’une manière comparative avec d’autres pays belligérants –, il est au moins aussi important d’établir un répertoire systématique des domaines et instruments d’intervention étatique.

    15Les premières interventions concernent un domaine dans lequel le Reich agit depuis des décennies, la politique commerciale extérieure. Dès le mois d’août 1914, les principes jusqu’alors en vigueur sont renversés, toutes les taxes d’importation étant abolies et des interdictions d’exportations introduites34. En même temps, des efforts sont entrepris pour mettre en place un monopole de l’organisation des importations de denrées alimentaires, ainsi que d’importantes matières fourragères et premières. Cela s’inscrit dans une pratique de plus en plus répandue des communautés de communes d’acquérir et de gérer des stocks de céréales. L’État et les municipalités cherchent également à contrôler la distribution de produits en pénurie35.

    16Le « tournant et la pierre angulaire de l’administration des denrées alimentaires » reposent toutefois sur l’introduction de certains prix plafond pour le consommateur final36. À travers cette fixation, il s’agit, d’une part, de contribuer à la préservation d’un « front intérieur », en limitant l’insatisfaction des consommateurs urbains, les prix devant, d’autre part, être assez élevés pour inciter les paysans à produire et limiter la consommation de denrées en pénurie. Ce grand écart n’est visiblement que rarement réussi. La fixation de prix maximaux amène plutôt à ce que les produits concernés ne soient plus disponibles, ou alors seulement sur le marché noir. Les autorités réagissent à la pénurie croissante des denrées par le rationnement de la consommation avec la distribution de cartes alimentaires et par la dilution des produits avec l’introduction de matières de remplacement. C’est ainsi qu’apparaissent les premières interventions directes dans la production, dont font également partie des interdictions d’alimentation et des abattages obligatoires37.

    17De manière générale, la politique alimentaire se concentre pendant la guerre sur la régulation de la distribution. Dans ce cadre, l’accent est mis, à côté de la réglementation des prix maximaux, sur des mesures restrictives qui génèrent souvent d’importants coûts de transaction (rationnement), voire des réactions onéreuses des producteurs et consommateurs (marché noir)38. Par ailleurs, les initiatives d’incitations positives en matière de politique agraire structurelle pratiquées avant 1914, reposant sur la distribution de crédits, le soutien aux coopératives ou la formation agricole, passent à l’arrière-plan.

    Évolution de la production agricole et du ravitaillement alimentaire

    18La production des principales denrées alimentaires végétales (céréales, pommes de terre) chute pendant la guerre de 30 à 45 %. Cet effondrement massif est provoqué à la fois par une diminution des surfaces cultivées de 10 à 15 % et par une baisse de la productivité, qui se traduit par une réduction de 20 à 30 % des rendements à l’hectare. La culture de plein champ souffre surtout du manque de main-d’œuvre et de bétail de trait, ainsi que de l’approvisionnement insuffisant en engrais organique et minéral. Le cheptel, en particulier de cochons, ainsi que le poids d’abattage moyen des animaux régressent fortement39.

    19Ce recul unique dans l’histoire allemande moderne de la production agricole40 détruit le marché libre de l’alimentation. Selon les estimations, plus de 30 % des denrées sont commercialisées en 1917-1918 sur le marché noir et entre 500 000 et 800 000 personnes meurent de maladies liées à la sous-alimentation41. L’État échoue donc sur plusieurs tableaux. Il ne parvient ni à garantir l’approvisionnement, ni à imposer sa réglementation, ni à empêcher l’accroissement des inégalités sociales42.

    Conséquences et effets secondaires de la politique agraire et alimentaire pendant la guerre

    20Cette politique non planifiée de mesures ad hoc et cette spirale interventionniste conduisent à la formation d’une polycratie, c’est-à-dire à une coexistence non coordonnée de différentes institutions de régulation étatiques ou sous influence de l’État43. Ces institutions pèsent sur les prix plus que sur la production, ce qui est critiqué à l’époque par certains hommes politiques et agrariens44. Cette politique a toutefois au moins deux avantages du point de vue du gouvernement. Des fixations de prix maximaux peuvent, par rapport à des interventions dans la production, être assez facilement introduites, rapidement mises en œuvre et aisément contrôlées. Elles manifestent également, auprès des consommateurs toujours plus insatisfaits du « front intérieur », une volonté d’action immédiate. L’efficacité attendue et promise n’est toutefois souvent pas atteinte et ces interventions provoquent sur le marché des réactions qui génèrent elles-mêmes de nouveaux problèmes.

    21Les effets de la première ordonnance fixant des prix maximaux à l’échelle du Reich, adoptée en octobre 1914 par le Bundesrat pour les céréales panifiables en réaction aux achats de précaution, qui ont conduit, après la bataille de la Marne et au renforcement du blocus britannique, à des hausses de prix, constituent un exemple classique en la matière45. Cette ordonnance amène les paysans à considérer la vente des céréales au prix fixé comme moins attractive que leur usage comme aliment pour le bétail, les cours de la viande ne subissant aucune réglementation. Les autorités réagissent d’abord par une interdiction – facilement contournable – d’un détournement animal des céréales panifiables. Cette mesure vise particulièrement l’élevage porcin. L’Allemagne était pour la viande de porc, malgré la forte croissance de la consommation, autosuffisante avant la guerre. En raison de la diminution des importations d’aliments pour le bétail, les autorités cherchent en décembre 1914 à appréhender les stocks disponibles. Par peur de se les voir confisquer, les paysans indiquent souvent des quantités inférieures à celles détenues en réalité. Cela suscite en retour chez les autorités et les « experts » agraires des craintes d’un détournement des céréales ou des pommes de terre nécessaires à l’alimentation humaine pour les porcs. Le Bundesrat ordonne donc le 25 janvier 1915 une réduction du cheptel de porc, ainsi qu’une obligation pour les communes de constituer des stocks de viande, ce qui entraîne au printemps l’abattage de quelques cinq millions de bêtes. L’insuffisance des capacités de stockage provoque la perte d’une grande partie de la viande46.

    22Cette action souvent présentée comme le « meurtre des cochons » ne constitue pas seulement une mesure particulièrement drastique parmi l’ensemble des mesures ad hoc caractéristiques, prises en réaction à des pénuries et des hausses de prix spécifiques. Elle révèle aussi les logiques contradictoires des différents acteurs et la faible adéquation aux objectifs des dispositions adoptées. Les stocks de céréales n’augmentent pas pour autant, alors que les pommes de terre se trouvent un temps en surplus. Par ailleurs, les prix de la viande s’effondrent en raison de l’excédent temporaire, avant de remonter une fois cheptel décimé, ce qui amène l’introduction de prix maximaux également pour la viande de porc. Cette mesure n’est toutefois prise qu’après une grande partie de la viande a déjà été écoulée sur le marché noir. En outre, l’introduction de prix maximaux pour le porc entraîne une augmentation de la demande de viande de bœuf pour laquelle il n’existe pas encore de régulation tarifaire. Chaque restriction du marché libre provoque une nouvelle augmentation des prix sur celui-ci47.

    23Les conséquences désastreuses que les intérêts et les logiques contradictoires des acteurs, ainsi que le manque d’informations peuvent avoir ne se manifestent pas que dans le cas du « meurtre des cochons ». Les paysans de la Frise orientale réagissent ainsi de manière purement rationnelle à l’interdiction de l’utilisation des céréales comme aliment pour le bétail, en ne réduisant pas leur cheptel, qui représente leur principal actif, mais en étendant les pâturages48. À l’encontre complet des objectifs de l’intervention de l’État, la production végétale ne sert plus directement à la nourriture humaine, mais à la préservation de l’élevage. Cela ne constitue pas une utilisation optimale des surfaces pour l’alimentation, mais cette option est apparue à ces exploitants beaucoup moins risquée qu’une reconversion vers une culture intensive, pour laquelle il leur aurait par ailleurs, avec la réduction du cheptel, manqué la fumure nécessaire.

    24Les interventions dans la production de sucre de betteraves ont les mêmes conséquences désastreuses. La décision prise en 1914 de limiter la transformation de sucre largement destiné auparavant à l’exportation et de consacrer les terres ainsi libérées à d’autres cultures apparaît au départ rationnelle. Mais les surfaces cultivées sont d’emblée réduites d’un tiers, alors que les rendements à l’hectare des cultures sarclées très intensives en main-d’œuvre diminuent également. En même temps, la consommation de sucre augmente comme substitut à d’autres denrées alimentaires en pénurie, ce qui ne permet plus dès 1915 de couvrir les besoins. Des tentatives de réaugmenter la production échouent du fait de la pénurie véritablement dramatique de main-d’œuvre, ainsi que, en 1917-1918, de la congestion des transports et du manque de charbon. L’interdiction adoptée en 1915 de l’usage fourrager des betteraves, la création en 1916 de l’office du sucre du Reich ainsi que les livraisons restées inférieures aux attentes en provenance de l’Ukraine occupée ne compensent pas la pénurie d’une denrée jusqu’alors largement excédentaire en Allemagne49. Il ne s’agit pas ici seulement d’une configuration malheureuse dans la situation particulière de la guerre d’où peut résulter un effet négatif lorsque tous les acteurs agissent de manière rationnelle ; cela correspond aussi à la prise de décisions qui provoquent des « erreurs évitables ».

    25Les réactions paysannes à la régulation tarifaire telles que l’extension du marché noir ou de la production de denrées encore non soumises à une réglementation sont bien sûr connues des autorités étatiques. Elles ont souvent été fortement critiquées dans la presse50. La pression de l’opinion publique amène aussi de nombreux hommes politiques à vouloir transformer radicalement la situation de l’agriculture dans le système de l’économie de guerre. Dans leur propre logique, cela conduit à des tentatives de régulation encore plus intensive et systématique, sous la forme d’une centralisation institutionnelle.

    26La création de l’Office de l’alimentation de guerre (Kriegsernährungsamt) en mai 1916 constitue un premier résultat de ces efforts. Cet office n’est toutefois pas en mesure d’appréhender l’ensemble des produits agricoles et d’assurer la régulation de leur distribution51. Après le programme Hindenburg (août 1916) et la loi sur le service auxiliaire patriotique (décembre 1916), l’agriculture est certes considérée comme un secteur « stratégique »52. Mais l’industrie d’armement continue d’attirer des travailleurs agricoles par des salaires plus élevés et d’utiliser de manière exclusive les réserves d’azote par ailleurs déclinantes53.

    27Il existe donc de nombreux indices selon lesquels la régulation de l’agriculture dans le cadre de l’économie de guerre n’a pas pu atteindre ses objectifs en raison d’un contexte défavorable, mais aussi de toute une série de décisions, si ce n’est erronées, du moins pas optimales. Cela met en question les processus de décision et également l’influence des groupes d’intérêts économiques sur la politique agraire pendant le conflit.

    Les groupes d’intérêts économiques et la politique agraire

    28Les sociétés et autorités de guerre sont largement dirigées – en l’absence de fonctionnaires d’État à la formation adaptée – par des représentants du monde économique. D’un point de vue de politique économique, il est particulièrement intéressant de se demander sur quelles éventuelles réflexions conceptuelles reposent la juxtaposition de mesures spécifiques et la mise en place de structures polyarchiques et quelle influence des groupes d’intérêts économiques particuliers peuvent avoir.

    29L’organisation agrarienne la plus influente est la Fédération des agriculteurs (Bund der Landwirte). Elle est dirigée par des représentants des gros propriétaires terriens à l’Est de l’Elbe, mais elle dispose dans les autres régions d’Allemagne d’une importante base paysanne54. La direction de la fédération et les responsables des chambres d’agriculture comptent juste avant la guerre ainsi que dans les premières années du conflit parmi les partisans, voire parmi les initiateurs des mesures d’interventions étatiques telles que les interdictions d’exportation, les stockages obligatoires, la loi sur les prix maximaux des céréales panifiables, l’organisation de la distribution alimentaire à travers un « état-major économique »55. Cela semble contredire la volonté avérée de nombreux agriculteurs de profiter de l’effondrement des importations de denrées alimentaires pour augmenter leurs propres prix de vente, ce qu’un marché libre aurait permis au mieux. La Fédération des agriculteurs a toutefois, dès sa création, plaidé dans les débats sur la politique douanière en faveur d’une politique autarcique et d’un monopole étatique du commerce extérieur56. Par ailleurs, on attend visiblement d’une économie dirigée une vente assurée de sa propre production à des prix acceptables. Le fait que les rapports sur la quantité de denrées alimentaires à répartir émanent des autorités communales et que les agrariens ont une forte influence au sein des autorités centrales des Länder dans les régions agricoles (en particulier à l’Est de l’Elbe) a un impact important en la matière57.

    30Au fil de la guerre, le mécontentement des paysans à l’égard de politique agraire de l’État s’accroît toutefois58. Des profits ne sont souvent réalisés qu’immédiatement après la fixation de prix maximaux relativement élevés. Les grands moulins et le négoce tendent à s’adjuger souvent des bénéfices, alors que l’opinion publique rend les agriculteurs responsables de la hausse des prix et de la pénurie. Des hommes politiques comme le chancelier du Reich Bethmann Hollweg y contribuent en répétant régulièrement que les problèmes proviennent moins du blocus que de « commerçants irresponsables et de spéculateurs égoïstes » et du marché noir59. Cette politisation du conflit tend à l’aggraver et à susciter des décisions qui reposent moins sur la logique de l’économie de guerre que sur un combat activiste contre la soi-disant usure. D’un autre côté, nombreux sont bien sûr les agriculteurs à essayer de conserver des stocks, de mettre le minimum possible de leur production à disposition de la gestion étatique ou communale, pour au contraire maximiser leur propre conservation et les réserves ainsi que les profits supplémentaires sur le marché noir.

    31La Fédération des agriculteurs passe ainsi au fil du conflit d’un statut d’initiateur des interventions étatiques à celui de critique de l’« économie dirigée par l’État » et du « socialisme de guerre ». Elle fait obstacle aux efforts de l’Office de l’alimentation de guerre d’établir un équilibre des intérêts entre les producteurs et les consommateurs60. Cette évolution au moins dans la position officielle des agrariens à l’égard des interventions étatiques ne repose pas seulement sur une meilleure prise en compte des intérêts collectifs par rapport à un sens du « sacrifice » national. L’insatisfaction à l’égard de la politique agraire repose aussi sur son manque de fonctionnalité : les agrariens disposent certes, avec la Fédération des agriculteurs, d’un groupe d’intérêts très bien organisé, mais, pas plus que l’État ou les communes, de structures permettant de mettre en œuvre une gestion étatique du secteur agricole. On a là une différence majeure avec de nombreuses branches industrielles rassemblant un nombre plus réduit d’entreprises, qui ont accumulé des expériences de cartels et de syndicats et qui – à la différence des agrariens – renforcent dans les années 1917-1918 leur influence sur l’économie de guerre61. Au-delà de la résistance passive de nombreux paysans, cette faiblesse organisationnelle contribue aux nombreuses inconséquences et à la polyarchie proliférante dans la politique agraire. Pour couronner le tout, la pression politique des consommateurs souffrant des pénuries et des hausses de prix déclenche parfois un activisme, comme dans le cas du « meurtre du cochon ».

    •

    32Il ne fait aucun doute que, en particulier, le manque de main-d’œuvre et l’effondrement des importations de produits essentiels pour l’agriculture (engrais, fourrage) ont entraîné un recul de la production et de la productivité. L’effondrement factuel des importations est provoqué par l’entrée en guerre d’anciens partenaires commerciaux, les mesures britanniques de blocus toujours plus efficaces, mais aussi par les propres déficits nationaux, comme la congestion des transports, et surtout la capacité déclinante de l’économie allemande à offrir à des partenaires commerciaux potentiels dans les pays neutres voisins des devises, ou du moins des matières d’échange (au départ surtout du charbon) à des livraisons de produits alimentaires. Le recul de la productivité du sol et du travail résulte du recours à une main-d’œuvre non formée ou peu motivée, d’un manque de fertilisants, mais aussi d’un renoncement presque total aux investissements. Les exploitations agricoles réalisent parfois des profits à court terme grâce aux hausses de prix ou au marché noir, mais elles subissent en même temps des pertes de substance considérables.

    33Il faudrait toutefois regarder de plus près si ces exploitations agricoles comptent véritablement parmi les « perdants de l’économie de guerre »62. Dans le même sens, il faudrait aussi réexaminer la portée et les effets de la politique agraire et alimentaire pendant la guerre. On manque, d’une part, d’un nombre suffisant d’études sur la rentabilité des exploitations pendant la Première Guerre mondiale et, d’autre part, d’une analyse plus précise des changements de l’organisation économique en général et d’une reconstitution du fonctionnement et de la portée de gestion étatique et de la politique tarifaire en particulier63. Enfin, on aurait besoin d’études comparées de l’évolution de l’agriculture et de la politique agraire dans d’autres pays européens pendant la période64.

    Notes de bas de page

    1 Voir, notamment, Heather Jones, « As the centenary approaches: the regeneration of First World War historiography », Historical Journal, 56, 2013, p. 857-878 ; Stig Förster, « Hundert Jahre danach. Neue Literatur zum Ersten Weltkrieg », Neue Politische Literatur, 60, 2015, p. 5-25 ; Ulrich Wyrwa, « Zum Hundertsten nichts Neues (2 Teile) », Zeitschrift für Geschichtswissenschaft, 62, 2014, p. 921-940 et 64, 2016, p. 683-702.

    2 Jochen Streb, Tamás Vonyó, « Historical Economics of Wars in the 20th Century », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 2014/2, p. 9.

    3 Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, vol. 4, Vom Beginn des Ersten Weltkrieges bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914-1949, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung,2009, p. 3-7.

    4 Avner Offer, The First World War. An Agrarian Interpretation, Oxford, Oxford University Press, 1989, p. 1, 23.

    5 Fritz Klein et al., Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 1. Vorbereitung, Entfesselung und Verlauf des Krieges bis Ende 1914, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2004 (1re éd. 1971), p. 316-320 ; Albrecht Ritschl, « The pity of peace. Germany’s economy at war, 1914-1918 and beyond », in Stephen Broadberry, Mark Harrison (dir.), The Economics of World War I, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 41.

    6 Hans-Peter Ullmann, « Kriegswirtschaft », in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.), Enzyklopädie Erster Weltkrieg, Paderborn, Schöningh, 2003, p. 220-221 ; Jörn Leonhard, Die Büchse der Pandora: Geschichte des Ersten Weltkriegs, Munich, Beck, 2014, p. 214-215, 785.

    7 Gerd Hardach, Der Erster Weltkrieg 1914-1918, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag, 1973, p. 19-43 ; Sönke Neitzel, « Seeblockade », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 1002-1004 ; Leonhard, Büchse der Pandora, op. cit., p. 215-217.

    8 Friedrich-Wilhelm Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte im 19. Jahrhundert (= Handbuch der Wirtschafts- und Sozialgeschichte Deutschlands, vol. 2), Paderborn, Schöningh, 1996, p. 106 ; Barry Supple, « War Economies », in Jay Winter (dir.), The Cambridge History of the First World War, vol. 2, Cambridge, Cambridge University Press, 2014, p. 307.

    9 Seul Ritschl, The pity of peace, op. cit., p. 57, défend la thèse que l’approvisionnement de l’Allemagne en denrées alimentaires a mieux fonctionné que ce que laissait présager le début de la guerre et le blocus.

    10 Arnulf Huegel, Kriegsernährungswirtschaft Deutschlands während des Ersten und Zweiten Weltkrieges im Vergleich, Constance, Hartung-Gorre-Verlag, 2003, p. 104 ; Martin Schumacher, Land und Politik. eine Untersuchung über politische Parteien und agrarische Interessen 1914-1923, Düsseldorf, Droste, 1978, p. 37.

    11 Pour un exemple caractéristique d’affirmation floue, voir Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 117, qui conclut « que des conditions de production transformées, mais aussi de mauvaises décisions ont affecté de manière croissante la production agricole ». Offer (The First World War, op. cit., p. 2, 61-68) juge également pour sa part que l’État a réagi trop tard face au problème alimentaire, mais il considère que la crise était inévitable en raison du blocus.

    12 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 84.

    13 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 57. Lothar Burchardt, Friedenswirtschaft und Kriegsvorsorge. Deutschlands wirtschaftliche Rüstungsbestrebungen vor 1914, Boppard am Rhein, Boldt, 1968, p. 155-161.

    14 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 39. Voir August Skalweit, Die deutsche Kriegsernährungswirtschaft, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1927 ; Friedrich Aereboe, Der Einfluß des Krieges auf die landwirtschaftliche Produktion in Deutschland, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1927, p. 99-107.

    15 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 39.

    16 Aereboe (Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. XIII) admet même que parmi les analystes pendant la guerre, et même encore après, « on ne pouvait compter sur une impartialité inconditionnelle ».

    17 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 227-228. Dans le même sens, Oliver Janz, 14 – Der Große Krieg, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2013, p. 234.

    18 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58-64, citation p. 63.

    19 Manfred Günther Plachetka, Die Getreide-Autarkiepolitik Bismarcks und seiner Nachfolger im Reichskanzleramt (Darstellung und Auswirkungen insbesondere während des Ersten Weltkrieges), thèse de l’université de Bonn, 1969 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 118) considère que l’objectif d’autarcie en matière de céréales comme un « argument de circonstance » de la part des agrariens, dans la mesure où une politique douanière seule ne la garantit pas si « des conditions structurelles déterminantes pour la production à partir de ressources nationales » ne sont pas assurées.

    20 Cornelius Torp, Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft und Politik, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2005, p. 147-177 et 211-292.

    21 Rudolf Berthold, « Zur Entwicklung der deutschen Agrarproduktion und der Ernährungswirtschaft zwischen 1907 und 1925 », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 1974/IV, p. 89-90 ; Oliver Grant, « „Few better farmers in Europe”? Productivity, Change, and Modernization in East-Elbian Agriculture 1870-1913 », in Geoff Eley, James Retallack (dir.), Wilhelminism and Its Legacies. German Modernities and the Meaning of Reform, 1890-1930, New York, Berghahn, 2003, p. 51-59 ; Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 31-41 ; Gunter Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, vol. 3, Die Moderne (1880-2010). Cologne, Böhlau, 2016, p. 150-151.

    22 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 13-15 ; Martin Steinkühler, Agrar- oder Industriestaat: Die Auseinandersetzungen um die Getreidehandels- und Zollpolitik des Deutschen Reiches 1879-1914, Francfort sur le Main, Peter Lang, 1992, p. 64-84.

    23 Sur ce point, Ritschl (The pity of peace, op. cit., p. 45) se trompe.

    24 Offer, The First World War, op. cit., p. 45.

    25 Ibid., p. 63 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 103-104, 118.

    26 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 16-26. Voir aussi Ulrich Herbert, Geschichte der Ausländerpolitik in Deutschland. Saisonarbeiter, Zwangsarbeiter, Gastarbeiter, Flüchtlinge, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2003, p. 14-26.

    27 Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, op. cit., p. 70-74, 121-124.

    28 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 32-40 ; Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 34-35 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 62-63 ; Jochen Oltmer, Bäuerliche Ökonomie und Arbeitskräftepolitik im Ersten Weltkrieg. Beschäftigungsstruktur, Arbeitsverhältnisse und Rekrutierung von Ersatzarbeitskräften in der Landwirtschaft des Emslandes 1914-1918, Sögel, Emsländische Landschaft, 1995, p. 32-33, 103-155, 433.

    29 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 225.

    30 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 47-72, 80-85 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 54-59 ; Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, op. cit., p. 98-101 ; Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 33-34 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58-59.

    31 Uwe Müller, « Der deutsche Agrarismus in der Zeit des Kaiserreiches vor dem Hintergrund ostmitteleuropäischer Agrarbewegungen », in Eduard Kubů, Torsten Lorenz, Uwe Müller, Jiří Šouša (dir.), Agrarismus und Agrareliten in Ostmitteleuropa, Berlin, Berliner Wissenschafts-Verlag, 2013, p. 448-457 ; Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, p. 142-143.

    32 Voir, par exemple, Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 103-131.

    33 Ludwig von Mises, Kritik des Interventionismus. Untersuchungen zur Wirtschaftspolitik und Wirtschaftsideologie der Gegenwart, Iéna, 1976 (1re éd. 1929), p. 9-15.

    34 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 221.

    35 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 59-60 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 373 et 377.

    36 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 108. Voir aussi la contribution d’André Steiner dans ce volume.

    37 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 47-65 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 26-31 ; Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, op. cit., p. 328-329 ; Hartmut Berghoff, « Rationierung », in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.), Enzyklopädie Erster Weltkrieg, Paderborn, Schöningh, 2003, p. 787-789.

    38 Offer, The First World War, op. cit., p. 57-58, 64. Voir aussi Martin H. Geyer, « Schwarzmarkt (zeitgenössisch Schleichhandel) », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 1001-1002.

    39 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 84-99 ; Berthold, Zur Entwicklung der deutschen Agrarproduktion, op. cit., p. 89-103 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 112-113 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58.

    40 Cet effondrement dramatique ainsi que ces conséquences sur l’approvisionnement alimentaire ne sont tout juste comparables qu’avec la famine des années 1840, qui, à la différence de la Première Guerre mondiale, n’a toutefois eu qu’un impact régional. Voir Hans H. Bass, Hungerkrisen in Preußen während der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts, St. Katharinen, Scipta Mercaturae-Verlag, 1991.

    41 Offer, The First World War, op. cit., p. 31-38, 45-61 ; Oltmer, Bäuerliche Ökonomie, op. cit., p. 1 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 131 ; Gustavo Corni, « Hunger », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 566 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 378.

    42 Jürgen Kocka, Klassengesellschaft im Krieg. Deutsche Sozialgeschichte 1914-1918, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1973, p. 40-49 ; Roger Chickering, Imperial Germany and the Great War, 1914-1918, Cambridge, Cambridge University Press, 2e éd, 2004, p. 138-144 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 61 ; Leonhard, Büchse der Pandora, op. cit., p. 517-519.

    43 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 63 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 370. Voir Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 178-179, sur la juxtaposition des sociétés de guerre, la plupart exploitées en SARL, et des offices du Reich (Reichsstellen), qui fonctionnent comme des administrations ; également Momme Rohlack, Kriegsgesellschaften (1914-1918). Arten, Rechtsformen und Funktionen in der Kriegswirtschaft des Ersten Weltkrieges, Francfort/Main, Peter Lang, 2011, p. 99-136, sur l’office du Reich des céréales. S’y ajoutent les services d’approvisionnement de l’armée et les activités communales. Willibald Gutsche et al., Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 2. Januar 1915 bis Oktober 1917, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2004 (rééd. de 1970), p. 388, a montré qu’il existait en 1917 125 institutions actives dans le domaine de l’alimentation de guerre. Voir aussi Gustavo Corni, « Ernährung », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 461-462 ; Wolfgang J. Mommsen, « Deutschland », in ibid., p. 23-24.

    44 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 51, 62-69 et 72-74 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 64.

    45 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 106-108 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 106.

    46 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 48-52 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 107-110 ; Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 104. Les estimations sur nombre de cochons dont l’abattage a été imposé varient entre 2 et 9 millions.

    47 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 37-38 ; Offer, First World War, op. cit., p. 26 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 378-379.

    48 Oltmer, Bäuerliche Ökonomie, op. cit., p. 127-155.

    49 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 30-32 ; Hardach, Der Erster Weltkrieg, op. cit., p. 124.

    50 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 37 et 40 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 519.

    51 Voir Corni, « Ernährung », art. cit., p. 461-462 ; Gutsche, Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 2, p. 387-388 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 62-63. Schumacher (Land und Politik, op. cit., p. 45-48) explique l’échec de l’Office par la résistance bien organisée du ministère prussien de l’Agriculture, des agrariens, des syndicats et des états fédérés. Reinhold Zilch (« Kriegsernährungsamt », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 639) souligne au contraire une effectivité accrue de la gestion par l’Office du ravitaillement de guerre, qui n’était toutefois pas en mesure « dans l’ensemble et dans la durée de compenser la pénurie ».

    52 Gunther Mai, « Hilfsdienstgesetz », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 553-554.

    53 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 5, 198-200 ; Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 226-227.

    54 De manière générale, sur ce point, voir Hans-Jürgen Puhle, Agrarische Interessenpolitik und preußischer Konservativismus im wilhelminischen Reich 1893-1914. Ein Beitrag zur Analyse des Nationalismus in Deutschland am Beispiel des Bundes der Landwirte und der Deutsch-Konservativen Partei, Bonn, Verlag Neue Gesellschaft, 2e éd., 1975 ; Müller, Der deutsche Agrarismus, op. cit., p. 438-448.

    55 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 35-37.

    56 Jens Flemming, Landwirtschaftliche Interessen und Demokratie. Ländliche Gesellschaft, Agrarverbände und Staat, Bonn, Verlag Neue Gesellschaft, 1978, p. 29-38.

    57 Patrick Wagner, Bauern, Junker und Beamte. Lokale Herrschaft und Partizipation im Ostelbien des 19. Jahrhunderts, Göttingen, Wallstein, 2005, p. 449-567 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 60-61.

    58 Otto von Kiesenwetter, Fünfundzwanzig Jahre wirtschaftspolitischen Kampfes. Geschichtliche Darstellung des Bundes der Landwirte, Berlin, Bund der Landwirte, 1918, p. 173-203.

    59 Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 519.

    60 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 52-69 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 62-64.

    61 Ibid., p. 52-57, 74-76.

    62 Janz, 14 – Der Große Krieg, op. cit., p. 234.

    63 Voir Antje Strahl, Das Großherzogtum Mecklenburg-Schwerin im Ersten Weltkrieg. Von der Friedens- zur Kriegswirtschaft, Cologne, Böhlau, 2015, p. 54-167.

    64 Voir, pour une première approche, Dieter Baudis, « Deutschland und Großbritannien in der Zeit des ersten Weltkrieges. Statistische Ergänzungen zur vergleichenden Betrachtung der wirtschaftlichen und sozialen Entwicklung », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 1981/IV, p. 212-215 ; Offer, The First World War, op. cit. ; Corni, « Ernährung », art. cit., p. 461-464.

    Auteurs

    • Hervé Joly (trad.)

      Hervé Joly est directeur de recherche CNRS en histoire contemporaine au laboratoire Triangle (Université de Lyon). Il travaille sur les élites françaises et allemandes, sur les entreprises et les entrepreneurs, notamment pendant les deux guerres mondiales. Dernière publication : À Polytechnique. X 1901. Enquête sur une promotion de polytechniciens de la Belle Époque aux Trente Glorieuses, Paris, Flammarion, 2021.

    • Uwe Müller

      Uwe Müller est chercheur au Leibniz-Institut für Geschichte und Kultur des östlichen Europa à Leipzig. Ses thèmes privilégiés de recherche relèvent de l’histoire économique des XIXe et XXe siècles, en particulier sur la place de l’économie de l’Europe de l’Est dans le processus de globalisation, ainsi que l’histoire des transports et l’histoire agraire. Publication récente sur les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale, en codirection avec Yaman Kouli, « Die ökonomischen Folgen der Westverschiebung Polens nach dem Zweiten Weltkrieg », numéro spécial de Jahrbücher für die Geschichte Osteuropas, vol. 68, n° 1, 2020.

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    Chapitre 10. Les planifications d’une paix victorieuse dans l’Allemagne de 1918

    Carsten Burhop Hervé Joly (trad.)

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    1 Voir, notamment, Heather Jones, « As the centenary approaches: the regeneration of First World War historiography », Historical Journal, 56, 2013, p. 857-878 ; Stig Förster, « Hundert Jahre danach. Neue Literatur zum Ersten Weltkrieg », Neue Politische Literatur, 60, 2015, p. 5-25 ; Ulrich Wyrwa, « Zum Hundertsten nichts Neues (2 Teile) », Zeitschrift für Geschichtswissenschaft, 62, 2014, p. 921-940 et 64, 2016, p. 683-702.

    2 Jochen Streb, Tamás Vonyó, « Historical Economics of Wars in the 20th Century », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 2014/2, p. 9.

    3 Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, vol. 4, Vom Beginn des Ersten Weltkrieges bis zur Gründung der beiden deutschen Staaten 1914-1949, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung,2009, p. 3-7.

    4 Avner Offer, The First World War. An Agrarian Interpretation, Oxford, Oxford University Press, 1989, p. 1, 23.

    5 Fritz Klein et al., Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 1. Vorbereitung, Entfesselung und Verlauf des Krieges bis Ende 1914, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2004 (1re éd. 1971), p. 316-320 ; Albrecht Ritschl, « The pity of peace. Germany’s economy at war, 1914-1918 and beyond », in Stephen Broadberry, Mark Harrison (dir.), The Economics of World War I, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, p. 41.

    6 Hans-Peter Ullmann, « Kriegswirtschaft », in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.), Enzyklopädie Erster Weltkrieg, Paderborn, Schöningh, 2003, p. 220-221 ; Jörn Leonhard, Die Büchse der Pandora: Geschichte des Ersten Weltkriegs, Munich, Beck, 2014, p. 214-215, 785.

    7 Gerd Hardach, Der Erster Weltkrieg 1914-1918, Munich, Deutscher Taschenbuchverlag, 1973, p. 19-43 ; Sönke Neitzel, « Seeblockade », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 1002-1004 ; Leonhard, Büchse der Pandora, op. cit., p. 215-217.

    8 Friedrich-Wilhelm Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte im 19. Jahrhundert (= Handbuch der Wirtschafts- und Sozialgeschichte Deutschlands, vol. 2), Paderborn, Schöningh, 1996, p. 106 ; Barry Supple, « War Economies », in Jay Winter (dir.), The Cambridge History of the First World War, vol. 2, Cambridge, Cambridge University Press, 2014, p. 307.

    9 Seul Ritschl, The pity of peace, op. cit., p. 57, défend la thèse que l’approvisionnement de l’Allemagne en denrées alimentaires a mieux fonctionné que ce que laissait présager le début de la guerre et le blocus.

    10 Arnulf Huegel, Kriegsernährungswirtschaft Deutschlands während des Ersten und Zweiten Weltkrieges im Vergleich, Constance, Hartung-Gorre-Verlag, 2003, p. 104 ; Martin Schumacher, Land und Politik. eine Untersuchung über politische Parteien und agrarische Interessen 1914-1923, Düsseldorf, Droste, 1978, p. 37.

    11 Pour un exemple caractéristique d’affirmation floue, voir Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 117, qui conclut « que des conditions de production transformées, mais aussi de mauvaises décisions ont affecté de manière croissante la production agricole ». Offer (The First World War, op. cit., p. 2, 61-68) juge également pour sa part que l’État a réagi trop tard face au problème alimentaire, mais il considère que la crise était inévitable en raison du blocus.

    12 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 84.

    13 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 57. Lothar Burchardt, Friedenswirtschaft und Kriegsvorsorge. Deutschlands wirtschaftliche Rüstungsbestrebungen vor 1914, Boppard am Rhein, Boldt, 1968, p. 155-161.

    14 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 39. Voir August Skalweit, Die deutsche Kriegsernährungswirtschaft, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1927 ; Friedrich Aereboe, Der Einfluß des Krieges auf die landwirtschaftliche Produktion in Deutschland, Stuttgart, Deutsche Verlags-Anstalt, 1927, p. 99-107.

    15 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 39.

    16 Aereboe (Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. XIII) admet même que parmi les analystes pendant la guerre, et même encore après, « on ne pouvait compter sur une impartialité inconditionnelle ».

    17 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 227-228. Dans le même sens, Oliver Janz, 14 – Der Große Krieg, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2013, p. 234.

    18 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58-64, citation p. 63.

    19 Manfred Günther Plachetka, Die Getreide-Autarkiepolitik Bismarcks und seiner Nachfolger im Reichskanzleramt (Darstellung und Auswirkungen insbesondere während des Ersten Weltkrieges), thèse de l’université de Bonn, 1969 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 118) considère que l’objectif d’autarcie en matière de céréales comme un « argument de circonstance » de la part des agrariens, dans la mesure où une politique douanière seule ne la garantit pas si « des conditions structurelles déterminantes pour la production à partir de ressources nationales » ne sont pas assurées.

    20 Cornelius Torp, Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft und Politik, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2005, p. 147-177 et 211-292.

    21 Rudolf Berthold, « Zur Entwicklung der deutschen Agrarproduktion und der Ernährungswirtschaft zwischen 1907 und 1925 », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 1974/IV, p. 89-90 ; Oliver Grant, « „Few better farmers in Europe”? Productivity, Change, and Modernization in East-Elbian Agriculture 1870-1913 », in Geoff Eley, James Retallack (dir.), Wilhelminism and Its Legacies. German Modernities and the Meaning of Reform, 1890-1930, New York, Berghahn, 2003, p. 51-59 ; Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 31-41 ; Gunter Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, vol. 3, Die Moderne (1880-2010). Cologne, Böhlau, 2016, p. 150-151.

    22 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 13-15 ; Martin Steinkühler, Agrar- oder Industriestaat: Die Auseinandersetzungen um die Getreidehandels- und Zollpolitik des Deutschen Reiches 1879-1914, Francfort sur le Main, Peter Lang, 1992, p. 64-84.

    23 Sur ce point, Ritschl (The pity of peace, op. cit., p. 45) se trompe.

    24 Offer, The First World War, op. cit., p. 45.

    25 Ibid., p. 63 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 103-104, 118.

    26 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 16-26. Voir aussi Ulrich Herbert, Geschichte der Ausländerpolitik in Deutschland. Saisonarbeiter, Zwangsarbeiter, Gastarbeiter, Flüchtlinge, Bonn, Bundeszentrale für politische Bildung, 2003, p. 14-26.

    27 Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, op. cit., p. 70-74, 121-124.

    28 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 32-40 ; Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 34-35 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 62-63 ; Jochen Oltmer, Bäuerliche Ökonomie und Arbeitskräftepolitik im Ersten Weltkrieg. Beschäftigungsstruktur, Arbeitsverhältnisse und Rekrutierung von Ersatzarbeitskräften in der Landwirtschaft des Emslandes 1914-1918, Sögel, Emsländische Landschaft, 1995, p. 32-33, 103-155, 433.

    29 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 225.

    30 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 47-72, 80-85 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 54-59 ; Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, op. cit., p. 98-101 ; Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 33-34 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58-59.

    31 Uwe Müller, « Der deutsche Agrarismus in der Zeit des Kaiserreiches vor dem Hintergrund ostmitteleuropäischer Agrarbewegungen », in Eduard Kubů, Torsten Lorenz, Uwe Müller, Jiří Šouša (dir.), Agrarismus und Agrareliten in Ostmitteleuropa, Berlin, Berliner Wissenschafts-Verlag, 2013, p. 448-457 ; Mahlerwein, Grundzüge der Agrargeschichte, p. 142-143.

    32 Voir, par exemple, Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 103-131.

    33 Ludwig von Mises, Kritik des Interventionismus. Untersuchungen zur Wirtschaftspolitik und Wirtschaftsideologie der Gegenwart, Iéna, 1976 (1re éd. 1929), p. 9-15.

    34 Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 221.

    35 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 59-60 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 373 et 377.

    36 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 108. Voir aussi la contribution d’André Steiner dans ce volume.

    37 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 47-65 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 26-31 ; Klein, Deutschland im Ersten Weltkrieg, op. cit., p. 328-329 ; Hartmut Berghoff, « Rationierung », in Gerhard Hirschfeld, Gerd Krumeich, Irina Renz (dir.), Enzyklopädie Erster Weltkrieg, Paderborn, Schöningh, 2003, p. 787-789.

    38 Offer, The First World War, op. cit., p. 57-58, 64. Voir aussi Martin H. Geyer, « Schwarzmarkt (zeitgenössisch Schleichhandel) », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 1001-1002.

    39 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 84-99 ; Berthold, Zur Entwicklung der deutschen Agrarproduktion, op. cit., p. 89-103 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 112-113 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 58.

    40 Cet effondrement dramatique ainsi que ces conséquences sur l’approvisionnement alimentaire ne sont tout juste comparables qu’avec la famine des années 1840, qui, à la différence de la Première Guerre mondiale, n’a toutefois eu qu’un impact régional. Voir Hans H. Bass, Hungerkrisen in Preußen während der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts, St. Katharinen, Scipta Mercaturae-Verlag, 1991.

    41 Offer, The First World War, op. cit., p. 31-38, 45-61 ; Oltmer, Bäuerliche Ökonomie, op. cit., p. 1 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 131 ; Gustavo Corni, « Hunger », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 566 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 378.

    42 Jürgen Kocka, Klassengesellschaft im Krieg. Deutsche Sozialgeschichte 1914-1918, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1973, p. 40-49 ; Roger Chickering, Imperial Germany and the Great War, 1914-1918, Cambridge, Cambridge University Press, 2e éd, 2004, p. 138-144 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 61 ; Leonhard, Büchse der Pandora, op. cit., p. 517-519.

    43 Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 63 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 370. Voir Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 178-179, sur la juxtaposition des sociétés de guerre, la plupart exploitées en SARL, et des offices du Reich (Reichsstellen), qui fonctionnent comme des administrations ; également Momme Rohlack, Kriegsgesellschaften (1914-1918). Arten, Rechtsformen und Funktionen in der Kriegswirtschaft des Ersten Weltkrieges, Francfort/Main, Peter Lang, 2011, p. 99-136, sur l’office du Reich des céréales. S’y ajoutent les services d’approvisionnement de l’armée et les activités communales. Willibald Gutsche et al., Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 2. Januar 1915 bis Oktober 1917, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2004 (rééd. de 1970), p. 388, a montré qu’il existait en 1917 125 institutions actives dans le domaine de l’alimentation de guerre. Voir aussi Gustavo Corni, « Ernährung », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 461-462 ; Wolfgang J. Mommsen, « Deutschland », in ibid., p. 23-24.

    44 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 51, 62-69 et 72-74 ; Offer, The First World War, op. cit., p. 64.

    45 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 106-108 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 106.

    46 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 48-52 ; Henning, Deutsche Wirtschafts- und Sozialgeschichte, op. cit., p. 107-110 ; Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 104. Les estimations sur nombre de cochons dont l’abattage a été imposé varient entre 2 et 9 millions.

    47 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 37-38 ; Offer, First World War, op. cit., p. 26 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 378-379.

    48 Oltmer, Bäuerliche Ökonomie, op. cit., p. 127-155.

    49 Aereboe, Der Einfluss des Krieges, op. cit., p. 30-32 ; Hardach, Der Erster Weltkrieg, op. cit., p. 124.

    50 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 37 et 40 ; Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 519.

    51 Voir Corni, « Ernährung », art. cit., p. 461-462 ; Gutsche, Deutschland im Ersten Weltkrieg, vol. 2, p. 387-388 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 62-63. Schumacher (Land und Politik, op. cit., p. 45-48) explique l’échec de l’Office par la résistance bien organisée du ministère prussien de l’Agriculture, des agrariens, des syndicats et des états fédérés. Reinhold Zilch (« Kriegsernährungsamt », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 639) souligne au contraire une effectivité accrue de la gestion par l’Office du ravitaillement de guerre, qui n’était toutefois pas en mesure « dans l’ensemble et dans la durée de compenser la pénurie ».

    52 Gunther Mai, « Hilfsdienstgesetz », in Enzyklopädie Erster Weltkrieg, op. cit., p. 553-554.

    53 Huegel, Kriegsernährungswirtschaft, op. cit., p. 5, 198-200 ; Ullmann, Kriegswirtschaft, op. cit., p. 226-227.

    54 De manière générale, sur ce point, voir Hans-Jürgen Puhle, Agrarische Interessenpolitik und preußischer Konservativismus im wilhelminischen Reich 1893-1914. Ein Beitrag zur Analyse des Nationalismus in Deutschland am Beispiel des Bundes der Landwirte und der Deutsch-Konservativen Partei, Bonn, Verlag Neue Gesellschaft, 2e éd., 1975 ; Müller, Der deutsche Agrarismus, op. cit., p. 438-448.

    55 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 35-37.

    56 Jens Flemming, Landwirtschaftliche Interessen und Demokratie. Ländliche Gesellschaft, Agrarverbände und Staat, Bonn, Verlag Neue Gesellschaft, 1978, p. 29-38.

    57 Patrick Wagner, Bauern, Junker und Beamte. Lokale Herrschaft und Partizipation im Ostelbien des 19. Jahrhunderts, Göttingen, Wallstein, 2005, p. 449-567 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 60-61.

    58 Otto von Kiesenwetter, Fünfundzwanzig Jahre wirtschaftspolitischen Kampfes. Geschichtliche Darstellung des Bundes der Landwirte, Berlin, Bund der Landwirte, 1918, p. 173-203.

    59 Leonhard, Die Büchse der Pandora, op. cit., p. 519.

    60 Schumacher, Land und Politik, op. cit., p. 52-69 ; Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, op. cit., p. 62-64.

    61 Ibid., p. 52-57, 74-76.

    62 Janz, 14 – Der Große Krieg, op. cit., p. 234.

    63 Voir Antje Strahl, Das Großherzogtum Mecklenburg-Schwerin im Ersten Weltkrieg. Von der Friedens- zur Kriegswirtschaft, Cologne, Böhlau, 2015, p. 54-167.

    64 Voir, pour une première approche, Dieter Baudis, « Deutschland und Großbritannien in der Zeit des ersten Weltkrieges. Statistische Ergänzungen zur vergleichenden Betrachtung der wirtschaftlichen und sozialen Entwicklung », Jahrbuch für Wirtschaftsgeschichte, 1981/IV, p. 212-215 ; Offer, The First World War, op. cit. ; Corni, « Ernährung », art. cit., p. 461-464.

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    Müller, U. (2021). Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ?. In M. Boldorf & H. Joly (éds.), & H. Joly (trad.), Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107645
    Müller, Uwe. « Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ? ». In Une victoire impossible ?, édité par Marcel Boldorf et Hervé Joly, traduit par Hervé Joly. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2021. doi:10.4000/books.septentrion.107645.
    Müller, Uwe. « Chapitre 8. L’effondrement de l’agriculture : un échec politique ou une conséquence inévitable du conflit ? ». Une victoire impossible ?, édité par Marcel Boldorf et Hervé Joly, traduit par Hervé Joly, Presses universitaires du Septentrion, 2021, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107645.

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    Boldorf, M., & Joly, H. (éds.). (2021). Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107470
    Boldorf, Marcel, et Hervé Joly, éd. Une victoire impossible ?. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2021. doi:10.4000/books.septentrion.107470.
    Boldorf, Marcel, et Hervé Joly, éditeurs. Une victoire impossible ?. Presses universitaires du Septentrion, 2021, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.107470.
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