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    Plan détaillé Texte intégral Le règne de l’allégorie et de la mythologie Heureux présages ? « L’Enfant de l’État » : vers un désenchantement des naissances princières ? Notes de bas de page Auteur

    Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle)

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Symbolique(s) de la naissance princière dans le système de la cour (XVIIe-XVIIIe siècles)

    Stanis Perez

    p. 125-138

    Texte intégral Le règne de l’allégorie et de la mythologie Heureux présages ? « L’Enfant de l’État » : vers un désenchantement des naissances princières ? Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dire que la cour est un espace symbolique relève de la banalité. On sait depuis fort longtemps que ce théâtre du pouvoir est un lieu saturé de cérémonies, de codes et d’usages instaurant des hiérarchies à la fois verticales et horizontales. C’est aussi, au niveau des représentations, un vaste écran où circulent des signes, des gestes et des postures ayant vocation à diffuser une information, à identifier un individu ou un groupe, voire à fixer la place de telle ou telle personne. L’objectif est éminemment stratégique, surtout si l’on considère que toutes ces marques de supériorité ou d’infériorité sont, en creux, la traduction d’un certain ordre social. Toutefois, celui-ci ne s’est jamais figé une fois pour toutes et les ajustements ont été nombreux pour ne pas dire permanents.

    2Mais qu’en est-il des symboles et comment l’historien peut-il se servir de cet outil intellectuel pour explorer, avec un regard neuf, cette cour souvent fantasmée ou réduite à un échiquier grandeur nature1 ? Il faudrait partir, tout d’abord, de la définition du terme « symbole ». Au XVIIe siècle, on l’identifie au signe de quelque chose, à une image doublée d’une énigme ou au résumé de la doctrine sainte d’un apôtre2. Le symbole délivre un message ou synthétise une pensée, cependant il doit toujours faire l’objet d’une interprétation. On le retrouve sur n’importe quel support en tant qu’ornement, sauf s’il constitue l’image dans son ensemble ce qui le transforme en emblème, comme sur une médaille par exemple. C’est aussi un motif littéraire, une référence conventionnelle, voire une expression d’usage, dont le sens littéral est accessoire par rapport au sens caché. Et puis, surtout, c’est la marque d’un langage laïque qui évite le plus souvent d’empiéter sur la religion et sa propre symbolique.

    3On a choisi d’élargir la définition primitive du signe en songeant au fait, et ce n’est pas contradictoire, que les arts et les lettres, comme la mythologie ou l’astrologie, emploient des symboles censés délivrer des messages plus ou moins codés, destinés à un public averti quoique souvent indéfini. On évitera d’employer le terme-valise de « propagande », un concept bien trop flou pour être opérant dans le cadre d’une approche symbolique3. Or, pour être vraiment symbolique, la représentation doit résister à une simple interprétation de surface, qu’elle soit littérale ou métaphorique, et dépasser le champ des correspondances évidentes et des similitudes obvieuses. Elle peut frapper l’inconscient collectif en activant des effets de pouvoir, moins sur le mode de la légitimation verticale (il faut penser ceci, il faut croire cela) que sur celui de la diffusion d’un discours faisant office de langage politique, social et culturel imposé (ceci, on ne peut le dire que comme cela)4. Au sujet des naissances princières, on croirait avoir fait le tour de la question après recensement des fleurs de lys écloses ou des dauphins peuplant almanachs, jetons et panégyriques. Aussi, même des éléments a priori non symboliques peuvent être porteurs de sens parce que leur présence, leur disposition ou la manière de les employer révèlent ou apportent quelque chose de plus.

    4Les sources utilisées dans cette étude sont directement liées à l’espace curial ou participent à sa représentation. Ces images, ces objets d’art et ces textes de circonstance, racontent des vœux exaucés, parlent de dynasties perpétuées, applaudissent des naissances célébrées dans tout le royaume, mais défendent toujours une certaine idée de la Cour. Celle-ci n’est ni officielle, ni officieuse, parce que les artistes ou les poètes, qu’ils soient pensionnés ou non, profitent de ces occasions pour exister en tant que tels. À côté de la longue durée, les variations sont perceptibles, tout comme les innovations : ces symboles sont mobiles, éphémères ou pérennes. Ils se réinventent, circulent et se métamorphosent à leur rythme.

    Le règne de l’allégorie et de la mythologie

    5Dans l’iconographie royale et donc curiale, par extension, la naissance princière est placée d’emblée dans le registre de l’allégorie et de la mythologie, en un mot dans celui de l’emblème5. En 1601, une médaille célébrant la naissance du futur Louis XIII représente Henri IV sous les traits de Mars et Marie de Médicis sous ceux de Minerve6. Entre les deux divinités qui se donnent la main, l’enfant royal pose son pied sur un dauphin et porte le casque de son père. Dans le ciel, un aigle apporte une couronne avec la devise : PROPAGO IMPERI. Si cette interprétation ne pose aucun problème puisqu’elle entre dans le langage conventionnel des référents monarchiques, il n’en va pas de même, sans doute, pour une autre médaille frappée également en 1601 et conservée aujourd’hui au cabinet des Médailles, à Paris7. On y retrouve un grand dauphin ailé et couronné entourant trois dauphins plus petits, entrelacés en croissants de lune. Le rappel du chiffre d’Henri II, mais aussi de Diane de Poitiers, a de quoi intriguer. On sait par Paolo Giovo que ce souverain en fit son emblème alors qu’il était lui-même Dauphin et que ces quartiers de lune symbolisaient la croissance de son pouvoir8. Mais pourquoi ce choix en 1601 ? Bien des questions se posent alors qu’à l’avers, on aperçoit Thétis plongeant Achille dans le Styx pour le rendre invulnérable, une évidente promesse de longévité.

    6La grande composition de Rubens, La Naissance du dauphin à Fontainebleau, tirée du fameux cycle commandé par Marie de Médicis (1625), entoure la reine parturiente de trois déesses protectrices (la Fortune, la Justice et la Fécondité dont les bras regorgent de fruits… et de petits enfants à naître)9. Le personnage qui tient le nourrisson est peut-être un génie de la Santé identifiable grâce au serpent qui l’entoure et le protège. S’agirait-il d’une allusion à cet éprouvant accouchement dont le travail aurait duré vingt-deux heures10 ? Et donc aux craintes de mettre au monde un enfant mort-né, chétif ou mal formé ?

    7Les artistes travaillant pour la cour, graveurs de médailles, peintres et dessinateurs, reprennent l’association dauphin, corne d’abondance, allégorie de la France ou de la Monarchie… Les exemples abondent à tel point que les mammifères marins se transforment en ornements baroques, comme dans l’estampe où le roi Louis XIII donne le cordon bleu du Saint-Esprit à son fils11. Les « écailles » des dauphins (on sait qu’ils en sont dépourvus !) se perdent dans le bord de cette gravure d’Abraham Bosse. Dans l’almanach de 1662, Le Trosne royal de la France, la naissance du fils de Louis XIV donne lieu à un étonnant diptyque séparant représentation allégorique et représentation aulique : dans la partie supérieure, le nourrisson emmailloté est tenu par la monarchie au beau milieu d’un rassemblement d’allégories et, au premier plan, les dauphins font office de cornes d’abondance12. Or, dans la partie inférieure, le bébé est présenté aux grands par Louis XIV. Ici, l’eau-forte met en évidence le double corps du roi par l’intermédiaire de cet enfant qui est à la fois la progéniture du couple royal et le rejeton sacré de l’État. Le simple geste du souverain qui montre le nouveau-né à des courtisans ébahis, mais indifférenciés, contextualise l’événement : la cour est un espace de visibilité fondé sur le jeu de la proximité et de la distance. La variation de l’une ou de l’autre fixe les rangs, les privilèges ou les disgraces. C’est un point sur lequel on reviendra plus loin.

    8En offrant une synthèse entre les deux images, celle de l’État allégorique et celle de la cour monarchique, la gravure intitulée La Naissance de Monseigneur le Daufin nous amène le siècle d’or reprend l’image d’un prince tenu et présenté par la Royauté, alors que le roi et la reine trônent sous un dais surmonté de deux dauphins13. Les allégories des sciences, des arts et des divertissements curiaux (la chasse, les concerts, les banquets) font office de courtisans et offrent leurs présents au couple fécond. Une pluie de pièces d’or se répand sur eux comme un gage de prospérité et de régénération de l’État. C’est là un aspect essentiel de la symbolique de la naissance : elle est toujours une renaissance et une continuation. Le Dauphin est censé être un double de son père, aussi, dans la Gazette de France de 1661, on peut lire ce compliment appuyé :

    Quel comble de felicitez pour ce grand Prince ! il égale la valeur d’Alexandre, et il a le bonheur qu’il n’avoit pas : se voyant renaistre au Printemps de son âge, dans un Autre soy-mesme (…)14.

    9Comme l’avait remarqué Antoine de Baecque, plusieurs textes dédiés à la naissance des princes reprennent le thème du phénix, cet oiseau mythologique rappelant que la monarchie ne meurt jamais en renaissant de ses cendres15. Ici, l’allusion est liée non pas à la mort incomplète du souverain (Dignitas non moritur), comme Kantorowicz et Giesey l’avaient étudié16, mais à la perpétuation de sa dynastie, dans la droite ligne des légendes entourant « l’oiseau de feu » et de ce que les contemporains pouvaient en connaître à travers Ovide ou les publications érudites de Pierre Belon17. La comparaison tend aussi à célébrer une union réussie, un rajeunissement du roi lui-même et un événement aussi rare que l’apparition de l’animal mythique :

    Mariage que ie puis à bon droict appeller le restaurateur de ceste Couronne, auparavant flotante, puisque Dieu nous en a fait sortir la personne de Monseigneur le Dauphin, (…). O Mariage heureux qui rend son fruict dans les neuf mois, et qui nous apporte dés la première fois le fils fleurdelyzé, le Dauphin désiré, qui n’avoit accoutusmé de paroistre que de siecle en siecle quasi comme un Phoenix !
    O bienheureuse Princesse qui couronne son cher espoux de nouvelles palmes et lauriers, qui le rajeunit et le dépouille de la vieillesse que la guerre luy advoit advancée (…). O Prince tres-heureux ! de voir non pas son image immobile, insensible et muette : mais de se voir oeillader, reblandir, et flatter de son effigie parlante, mouvante et raisonnable18.

    10Ce texte, marqué par le style fleuri d’un juriste éloquent, mêle différentes thématiques qui se répondent mutuellement. La naissance du futur Louis XIII rajeunit un Henri IV fatigué, mais qui peut désormais se regarder lui-même, comme dans un miroir et plus seulement face à une peinture, lorsqu’il porte les yeux sur son fils légitime : le corps du roi est effectivement un lieu de mémoire dynastique19. On retiendra également la formule « effigie parlante, mouvante et raisonnable ». Car, par moment, la symbolique de la naissance reprend et renverse celle du rituel funéraire : peut-on s’en étonner quand on considère que ce début de vie est un symétrique de sa fin ? Et ne pourrait-on déceler des points communs entre le lit funéraire du roi et le petit lit à bascule où l’enfant reçoit son cordon du Saint-Esprit ? Une peinture méconnue, conservée à Majorque, nous montre le petit Louis-Dieudonné encore en maillot sur son lit, surveillé par deux oiseaux difficiles à identifier (perroquets, perruches ?)20. Et l’almanach de 1683, célébrant la naissance du petit-fils de Louis XIV, Louis de France, représente le lit où la Dauphine vient d’accoucher ainsi que celui où le nourrisson reçoit son cordon des mains du marquis de Seignelay21. Les corps s’allongent et se couchent à chaque étape cruciale de l’existence, mais, dans le cadre curial, il s’agit surtout de prendre la pose pour la postérité.

    Heureux présages ?

    11Toute naissance princière est un événement cosmique ou passe pour l’être… Malgré le déclin de l’astrologie curiale à partir de 1660-1670, sur la longue durée, les thèmes astraux et les horoscopes se sont succédé. Là encore, on se situe dans le registre symbolique puisque ces « heureux événements », qualifiés ou non de « miracles » ou de « don du Ciel », sont toujours des signes à interpréter ou renvoient, par ricochet, à d’autres signes annonciateurs. Le numismate Charles Patin imagine ainsi un projet de médaille commémorant la grossesse de Marie-Thérèse en 1660 : dans le contexte de la Pharsale de Lucain, un augure romain sacrifie et lit l’avenir du nouveau-né. Il prend la parole et dit :

    Dans les profonds secrets d’une obscure science,
    Recherchant ceux de l’avenir,
    Les Dieux m’ont découvert ce qui nous doit venir
    De cette nouvelle Alliance,
    J’y remarque un bon-heur qui n’aura pas de fin
    Et sous un heureux Horoscope,
    J’y vois naistre bien-tost un illustre Dauphin,
    Monarque de toute l’Europe22.

    12La mode des horoscopes se concrétise, banalement, par la réalisation du thème astral du nouveau-né. La naissance de Louis XIV intervient à l’équinoxe d’automne et certains auteurs remarquent que plusieurs rois et reines sont nés eux aussi au mois de septembre : Charlemagne, Louis VIII, François Ier, Henri III, Louis XIII et Anne d’Autriche… Mieux, le 5 septembre correspond exactement à la date de naissance de Louis VIII, quatre cent cinquante ans auparavant. Mais encore, explique Hilarion de Coste :

    Le 5. de Septembre seul iour de toute l’année auquel se font les grandes constellations, de l’Aigle et cœur de Lion qui sont de la première grandeur, figures célestes de ces deux animaux victorieux et Roiaux (…)23.

    13Comme une évidence, le surnaturel environne la naissance de Louis-Dieudonné et, en 1701, un auteur se présentant comme François Alary, un « médecin » dont l’existence reste à prouver, prend l’initiative de publier un commentaire des vieilles prophéties du comte de Bombast. Ce dernier, un personnage manifestement fictif, est décrit comme un grand initié allemand, chevalier Rose-Croix et neveu de Théophraste Paracelse. Il serait à l’origine d’un ouvrage intitulé le Trompette françois, publié au tout début du XVIIe siècle et dans lequel il aurait annoncé, trente ans à l’avance, la naissance du Dauphin longtemps désiré par les Français :

    O heureux enfant arraché du Ciel par nos prières, Fils adoptif du Ciel, Agneau donné de Dieu, Splendeur de la France, Gloire du sang de Bourbon, combien de bien t’est préparé ! O Dieu tout puissant conserve ton oingt, ce Dei-datus de la France, car il est très-nécessaire !24

    14Or, la publication originale de pseudo-Bombast, imprimée sous le manteau en 1609 et 1610, ne contient pas ces invocations, mais se contente d’une allusion, un peu rapide, à un « fils adoptif du Ciel ». Un acrostiche latin précise la prophétie :

    Leonum
    Virtutem
    Damnabit
    Orientem
    Vapulabit
    Iuditium
    Consilium
    Vnio
    Sanctorum

    15Ce qui forme, à la verticale, le prénom LVDOVICVS et signifie « Louis domptera la fierté des Lions, battra l’Orient, jugera plusieurs Nations, sera le Conseil et l’union des Fidèles ». Pour Alary, la naissance de Louis-Dieudonné aurait été prédite par Bombast, digne descendant de Nostradamus et, qui plus est, versé dans le savoir alchimique de l’invisible confrérie de la Rose-Croix25. Si l’ouvrage est théoriquement dédié au roi, il ne mentionne ni privilège, ni nom d’imprimeur sérieux et aurait été mis sous presse à Rouen. Il pourrait s’agir d’une publication hollandaise rapidement interdite, non pas en raison de son contenu ésotérique, mais à cause de sa description des ambitions impériales du roi de France26. En somme, parler du miracle de la naissance de Louis XIV ne faisait que reprendre la version officielle, Bombast ou pas, mais décrire le souverain comme un conquérant universel posait un autre problème. L’ouvrage fut interdit et les exemplaires détruits… en partie.

    16Même si l’astrologie décline à la cour autour de 1660-1670, elle ne disparaît pas complètement des esprits27. En 1729, la naissance du Dauphin, fils de Louis XV, réactive les croyances astrologiques puisqu’une comète est aperçue dans le ciel, ce que les très sérieux membres de l’Observatoire interprètent comme le signe d’une complexion robuste28 ! Les poètes ne demandaient pas mieux pour rendre leurs hommages à la cour à l’occasion du repas donné à l’Hôtel de Ville de Paris :

    Mais, quel Aspect dans ce Moment !
    Une heureuse Planète,
    Influë en son Temperament
    Les Forces d’un Athlète ;
    D’un brillant Progrès à nos yeux,
    On la voit qui s’avance,
    Et fait du Dauphin dans les cieux,
    Avec l’Aigle, Alliance29.

    17En province, des constructions éphémères étalent des signes allégoriques, inégalement compris par la foule des curieux et des badauds. À Grenoble, l’intendant fait construire « un Bâtiment magnifique, représentant un Temple orné des Statuës de la Justice, de la Paix, de l’Abondance, de l’Esperance, etc. avec differens Emblêmes et Devises ; ce Bâtiment étoit surmonté d’un Obelisque à 12 faces, sur chacune desquelles étoit représenté un Signe du Zodiaque, avec une Vertu particuliere. Cet Obelisque étoit couronné par des Dauphins entrelassez, qui soutenoient une Fleur de Lys. L’idée de toute cette Architecture étoit de représenter l’Horoscope heureuse (sic) du nouveau Dauphin »30.

    18En 1782, le dénommé Eustache publie son Horoscope de Monseigneur le Dauphin, une imitation de Virgile censée dévoiler le destin hors du commun du premier fils de Louis XVI31. Mais quelques mois avant la naissance de Louis-Joseph de France, cet auteur a été distancé par un anonyme, sans doute proche de la cour, qui signe un texte au contenu beaucoup plus original. Intitulé Songe ou horoscope sur l’accouchement futur de Marie-Antoinette, ce petit livret de dix pages relate un rêve ésotérique où figure un étrange personnage :

    J'apperçus dans le lointain le Destin sortant du chaos, ayant sous ses pieds le globe de la terre ; il étoit enveloppé d'un très grand manteau blanc, parsemé d'étoiles d'or, ayant une longue tunique de même, couverte de caracteres hiéroglyphiques ; il avoit une ceinture qui jettoit des feux éclatans ; sa tête étoit couronnée d'un cercle d'etoiles d'azur, pour marque de sa souveraine puissance. II tenoit d'une main l’urne qui renferme le sort des mortels ; de l'autre, un livre enrichi de pierreries, sur lequel il venoit transmettre à la postérité l'horoscope du jeune prince32.

    19Évidemment, le Destin en question promet de grands succès au prince et l’auteur de préciser que la version manuscrite de son texte a été offerte à Louis XVI qui l’aurait lu en entier. Une affirmation pour le moins invérifiable.

    20Mais les prédictions peuvent aussi se limiter à des commentaires d’un autre type. Chacun connaît l’anecdote des dents remarquées dans la bouche de Louis XIV dès sa naissance et interprétées par certains, dont Hugo Grotius, comme le signe inquiétant d’un énorme appétit de lait et de conquête33. Pour sa part, Richelieu confia à Louis XIII avoir observé en détail le visage de l’enfant et d’y avoir lu le caractère du futur souverain conformément aux méthodes de la physiognomonie classique :

    Je suis ravy que Mr. le Dauphin a les cheveux noirs et que, d’aucuns remarquant qu’il ressemble à votre Majesté, les s[p]ectateurs du monde croyent qu’il a quelque chose de l’inclination, et tout cela signifie qu’il ne sera pas camus34.

    21Plus tard, en avril 1643, lors du baptême du Dauphin à Notre-Dame, l’évêque de Lisieux prit la main du bébé et celui-ci la serra fortement « d’une vigueur et d’une force toute extraordinaire : ce qui fut comme un présage asseuré qu’un iour son bras et sa puissance sera liée à celle des Pasteurs pour la gloire de Dieu, pour le soutien de la vraie Religion et la défense de son Eglise »35. Toute la cour s’en émût et pleura beaucoup…

    22Cette petite herméneutique, à mi-chemin entre enthousiasme parental et surinterprétation politique ou religieuse, est d’une grande banalité. Elle avantage habituellement les garçons par rapport aux filles. Ainsi, à la naissance des deux jumelles de Louis XV, on se contente du Te Deum réglementaire et seul le Mercure galant va jusqu’à dire que l’aînée ressemble au roi, et sa soeur à la reine, parfait résultat de l’alliance entre les deux royaumes36. L’enjeu, on le sait, est très différent d’une naissance masculine et, du coup, les thuriféraires et autres astrologues restent à l’écart, en attendant l’accouchement suivant.

    « L’Enfant de l’État » : vers un désenchantement des naissances princières ?

    23On a bien compris que la symbolique de la naissance princière était inséparable d’une lecture politique. Jusqu’au XVIIe siècle, ce sont les allégories et les allégations astrologiques qui ont le dessus. Mais, à y regarder de près, la naissance du Dauphin, puis de ses propres enfants mâles, complique un peu la situation. Tous ces successeurs potentiels doivent être mis en avant pour montrer que la dynastie se perpétue, mais sans éclipser l’autorité du roi qui demeure le seul maître et, en l’occurrence, le seul thaumaturge37. À l’échelle des représentations, il s’agit de respecter toutes les hiérarchies.

    24On peut prendre le cas de la « photo de famille » peinte par Antoine Dieu, censée immortaliser la présentation à la cour du nouveau duc de Bourgogne, le 6 août 168238. Une rapide analyse géométrique montre que la disposition des personnages est millimétrée. Au centre de la composition, l’enfant est plus proche du roi que de son propre père, comme s’il lui appartenait en priorité. Que Louis XIV soit mis en évidence coule de source - on est censé lui présenter le nourrisson -, mais cette naissance sert avant tout les intérêts de la monarchie. L’espace reconstitué en dit long sur les subtilités spatiales de la cour, faites, on l’a vu, d’effets de proximité et de distance hautement stratégiques. La place du spectateur, un peu en contrebas de la scène représentée, est celle du courtisan à la fois témoin et privilégié par le regard du souverain en même temps qu’il est maintenu à distance (en raison notamment de son rang inférieur, une situation que Louis Marin a très clairement mis en lumière)39. Un dessin de Jean Lepautre représente une scène comparable, mais à propos de la naissance du Dauphin en 1661 : le roi est au centre, il se tient exactement entre les hommes et les femmes, un partage de l’espace et des sexes tout à fait calculé40.

    25Cette image de la cour et des rapports de force qu’elle implique dissimule l’événement familial. Mais elle évolue au cours du siècle et donne lieu à un glissement de sens particulièrement intéressant. Au départ, ces enfants sont donnés par Dieu, ils sont complimentés par le Parnasse, les arts ou les vertus et ils tiennent lieu de récompense pour le couple royal. Or, à partir du règne de Louis XVI, des formules nouvelles font leur apparition, même si les allégories traditionnelles continuent d’être employées ici ou là. Les commandes de la cour ne donnent guère dans l’originalité. En 1730, l’orfèvre Henri-Nicolas Cousinet livre le nécessaire qui sera offert par Louis XV à Marie Leczinska à l’occasion de la naissance de Louis-Ferdinand : ornant le couvercle d’une petite boîte en vermeil, un phénix se régénère dans les flammes d’un bûcher41. En 1781, c’est la manufacture de Sèvres qui envoie à Marie-Antoinette un précieux gobelet couvert dont les anses ont la forme de petits dauphins dorés42. Quant aux courtisans inspirés, ils filent la métaphore et poussent parfois les jeux de mots un peu loin. L’abbé Proyart relate l’épisode d’une pièce en vers volontairement « oubliée » dans l’appartement de Louis XV au moment de la naissance du Dauphin :

    Si le fils du Roi notre Maître,
    Par son crédit faisoit renaître
    En son entier ma pension,
    (Chose dont j’aurois grande envie)
    Je chanterois comme Arion,
    Un Dauphin m’a sauvé la vie43.

    26On ignore le sort de ce courtisan-poète à l’opportunisme déclaré.

    27Pendant ce temps, en dehors de Versailles, on parle désormais du peuple, de la nation et des « citoyens ». Le sous-titre d’une gravure de 1781 montrant le roi en train de donner le cordon bleu à son fils évoque le « désiré de la Nation »44. L’estampe s’accompagne d’un chant « patriotique » où l’on rappelle au souverain que le peuple est déjà son enfant. Image et discours isolés ? Pas si l’on fait la comparaison avec une peinture de François-Guillaume Menageot mêlant allégories classiques et insinuations politiques45. Dans ce tableau, le gouverneur de Paris et le corps de ville (les échevins de la capitale) prennent la place de la famille royale et se positionnent au-dessus des Parisiens célébrant le don céleste d’un Dauphin. Mais le registre allégorique disparaît totalement dans une autre peinture aux accents plus intimistes. La famille royale y est attendrie, rassemblée autour d’un Louis XVI à l’attitude très paternelle46. Seule la présence, dans l’ombre, d’un obélisque symbolisant l’immortalité de la dynastie, rappelle quelques-uns des codes de l’iconographie delphinique.

    28Mais les anciens symboles tendent à s’estomper ou à se faire plus discrets, y compris dans les textes. Le Discours sur la naissance de Monseigneur le Dauphin du doyen Poissonnier est fortement influencé par les Lumières et présente surtout l’événement comme l’occasion d’améliorer le sort des sujets. Les compliments adressés au roi ou à la reine sont minimalistes et s’effacent presque devant une expression aussi forte que celle d’« Enfant de l’État »47. Dans une pièce de concours, Dominique-Joseph Garat parle quant à lui de l’« Enfant de la Nation » pour désigner, à un siècle de distance, le grand Dauphin, fils de Louis XIV48. La même tonalité se retrouve dans les gazettes du temps49 et si l’on met en parallèle la victoire américaine de Yorktown et la date de naissance du Dauphin (le 22 octobre), personne ne songerait sérieusement à faire de l’une la conséquence de l’autre. L’image de la cour est devenue celle d’une vraie famille, l’enfant du Ciel a été remplacé par l’enfant de l’État et, peu à peu, les allégories impersonnelles ont laissé la place à l’exaltation d’une forme d’amour paternel et maternel mieux représenté par le pinceau de Vigée-Lebrun et de ses pairs que par celui de Mignard. Enfin, on ne peut que remarquer l’absence de toute allégorie dans la décoration du coffre de la layette du Dauphin50. Point de dauphins stéréotypés ou d’allégories désincarnées, une thématique champêtre, pastorale et festive a remplacé les emblèmes d’autrefois : on a préféré montrer la joie présumée de tout un peuple réuni autour d’un événement familial et national. On sait ce que le « roman familial » de la Révolution allait donner par la suite51.

     

    29À l’issue de cette ébauche, on peut retenir trois points principaux :

    • la densité et la redondance des symboles allégoriques qui célèbrent la naissance d’un roi ou d’une reine en puissance, gage de survie d’une dynastie par la succession ou le mariage.
    • l’adéquation entre cette symbolique de la naissance et le système de la cour, toujours au bénéfice du roi régnant, de la monarchie, d’un État en perpétuelle régénération.
    • enfin, à partir de 1770, l’évolution d’un vocabulaire iconographique et conceptuel déconnectant davantage le Dauphin et la cour pour mieux le rattacher à la famille royale ou à l’intérêt de cette « Nation » qui s’invite dans le nouveau discours politique.

    30Il va de soi qu’une étude plus fouillée préciserait la chronologie de ces variations, la logique qui les anime, ainsi que les échecs qui les ont caractérisées. Les réjouissances publiques, les fêtes et les almanachs ont fabriqué de toute pièce une joie souvent éphémère. La faible espérance de vie des enfants princiers faisait mentir les horoscopes, les cornes d’abondance et les autres manifestations pompeuses d’une « joie » souvent prématurée. Aussi, il faudrait mettre en regard cette symbolique et les fictions qui entourent les unions princières, comme l’a proposé Abby E. Zanger52.

    31La monarchie a besoin de se perpétuer par des signes et par des individus qui s’insèrent, chacun à leur manière, dans une dramaturgie aussi clinquante que codifiée. Il est aussi question d’un échange qui, en la matière, semble peu évident : théoriquement, le symbole relie les hommes et fait sens, mais dans les sources que nous avons utilisées, le seul dialogue qui apparaît est celui de la cour et des artistes ou des poètes qui créent un événement beaucoup plus qu’ils ne le commentent ou ne le célèbrent. Le corps de la reine demeure à distance, mis entre parenthèses, à peine esquissé dans un lit qui lui sert enfin de trône virtuel. Or, ce lien symbolique s’expose à un risque de court-circuit parce que la cour ne parle qu’à elle-même en faisant mine de s’adresser à la Postérité et à des sujets sans visage. Après tout, qui pouvait dire si le bébé survivrait une année entière ?

    32Le minimalisme relatif des festivités à la cour, comme le retardement du baptême longtemps après l’ondoiement, sont à rapprocher de cette hantise de la mort subite du nourrisson en pleine « campagne de communication » monarchique53. En outre, si les naissances féminines ne passaient pas tout à fait au second plan, loi salique oblige, elles généraient de toute évidence moins de réjouissances. Et dans les oraisons funèbres des Dauphins n’ayant jamais régné (le fils de Louis XIV et celui de Louis XV), se lit encore l’amertume de thuriféraires frustrés. Tout l’arsenal des promesses et des prédictions n’y faisait rien, la mort biologique contrecarrait bien souvent les plans d’un régime à l’immortalité… toute symbolique.

    Notes de bas de page

    1 Réflexion méthodologique fort utile que celle d’Olaf Mörke, « The Symbolism of Rulership » dans M. Gosman, A. MacDonald, A. Vanderjagt (éd.), Princes and Princely Culture, 1450-1650, vol. 1, Leyde, Boston, Brill, 2003, p. 31-50.

    2 La définition la plus complète est celle donnée par Claude-François Ménestrier dans sa Philosophie des images énigmatiques, Lyon, J. Lion, 1694, p. 225 sq.

    3 Paul Veyne a bien montré que, contrairement à l’approche phénoménologique couramment appliquée en histoire de l’art et du pouvoir, certaines œuvres n’avaient pas besoin de spectateurs pour exister : « Propagande expression roi, image idole oracle », L’Homme, 30, 114, 1990, p. 7-26.

    4 À ce titre, la démarche de Kantorowicz est plus convaincante que celle de Panofsky (même si les deux historiens étaient proches) car elle ne s’est jamais bornée à percevoir des coïncidences ou des similitudes entre les formes et les expressions. La véritable force du symbole consiste à établir un rapport de force et non à s’y substituer. Voir Pellegrino Favuzzi, « Simbolo, mito e verita storica. Albert Brackmann contro Ernst Kantorowicz », Archivo di Storia della Cultura, 24, 2011, p. 225-244.

    5 La meilleure synthèse sur le sujet est contenue dans la préface, peu connue, de Louis Marin à l’ouvrage de Roger Paultre, Les Images du livre, emblèmes et devises, Paris, Hermann, 1991.

    6 Médaille de Dupré, 69 mm, HENR. IIII R. CHRIST. MARIA. AVGVSTA, datée 1603 (Mazerolle 639, Jones 16). Un rare exemplaire comportant une bélière, provenant de la collection A. Trampisch, prouve qu’elle pouvait être suspendue autour du cou ; voir le lot 109 de la vente du 30 mars 2012 à l’hôtel Drouot (SVV Binoche et Giquello).

    7 Médaille en or, 35 mm, DEDIT.HOC.PATRIS.INSITA.VIRTVS, 1601 ; FAVST DELPHINI HOC PATRIS INSITA VIRTVS.

    8 Paolo Giovo, Dialogo dell’imprese militari et amorose di Monsignore Giovo, Lyon, G. Rouillio, 1574, p. 30.

    9 Fanny Cosandey, « Représenter une reine de France. Marie de Médicis et le cycle de Rubens au palais du Luxembourg », Clio, Histoire, Femmes et Sociétés, 19, 2004, p. 63-83.

    10 Voir la synthèse de Jean-François Dubost, « Le corps de la reine, objet politique : Marie de Médicis », dans I. Poutrin, M.-K. Schaub (éd.), Femmes et pouvoir, les princesses d’Europe, xve-xviiie s., Paris, Bréal, 2007, p. 235-266. Décrivant le tableau, l’historien Jean-Baptiste Capefigue voyait dans la physionomie de la reine « à la fois la douleur et la joie orgueilleuse de la royale maternité », dans Marie de Médicis, Paris, Amyot, 1861, p. 161.

    11 Abraham Bosse, Le Roy donnant son ordre à Monseigneur le Dauphin, château de Versailles, inv. gravures 1060 ; BNF, Estampes, Réserve QB-201(31) FOL.

    12 BNF, Estampes, Réserve QB-201(171)-FT 5.

    13 Bibliothèque de l’Institut, Estampes, FOLAA66P-T1-p. 74.

    14 Gazette de France, 1661, n° 133, p. 1183-1184.

    15 Antoine de Baecque, Le Corps de l’histoire. Métaphores et politique (1770-1800), Paris, Calmann-Lévy, 1993. Eusèbe de Césarée avait déjà utilisé cette métaphore à l’occasion de la mort de Constantin : l’empereur était censé survivre dans ses enfants. Voir la Vie de Constantin (IV, 72) traduite dans Histoire de l’Eglise, Paris, P. Rocolet, 1675, p. 701.

    16 Ernst Kantorowicz, Les Deux corps du roi. Essai sur la théologie politique au Moyen Âge, rééd., Paris Gallimard, coll. « Quarto », 2000, p. 912-917.

    17 Ovide, Métamorphoses, XV, 7 ; analyse plus détaillée dans Les Hieroglyphes de Ian-Pierre Valerian, I. de Montlyart (trad.), Lyon, P. Frellon, 1615, p. 247. Belon associe le phénix au pélican se saignant pour nourrir ses petits : Les Observations de plusieurs singularitez et choses memorables, Anvers, Ch. Plantin, 1555, p. 246.

    18 Julien Peleus, Les Questions illustres, Paris, N. Buon, 1606 (1608 ?), épître. L’auteur, avocat au Parlement, signe ici un texte de circonstance qui rappelle que l’éloquence ne compte pas pour rien dans la noblesse de robe. C’est également une manière de « faire sa cour » par l’écrit au garde des Sceaux, Brulart de Sillery.

    19 Stanis Perez, « Un lieu de mémoire dynastique ? Le corps du roi à l’époque moderne », Anne Carol (dir.), L’incorporation des ancêtres, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2016, p. 163-176 (à paraître).

    20 Voir le catalogue de l’exposition, Pera Müzesi Yayinlari, Golden Children, 16th-19th Century European Portraits, Istanbul, Pera Müzesi, 2012.

    21 Bibliothèque municipale de Versailles, L’Almanach royal, 1683.

    22 Charles Patin, Introduction à la connoissance des médailles, 2e éd., Paris, J. du Bray, 1667, p. 223.

    23 Ibid., p. 202.

    24 François Alary, Prophétie du comte Bombast, Paris, s.n., 1701 (exemplaire conservé à la British Library : 8630.aa.20). Dans son Manuel du libraire (éd. 1842, I, p. 407b), le bibliophile Brunet signale que la suppression du livre en a fait une rareté. Une autre édition, tout aussi apocryphe, est située invraisemblablement à Rouen, chez Antoine Maurry, imprimeur du Roy, à l’imprimerie du Louvre (exemplaire de la BNF : Lb37-4171). Étude contextuelle de ce genre dans Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France : formation et fortune, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1999, II, p. 639 sq. Sur l’affiliation d’Alary via le personnage de Bombast à la Rose-Croix : Arthur E. Waite, The Brotherhood of the Rosy Cross, New York, University Book, 1961, p. 82.

    25 Si Gabriel Naudé et René Descartes en ont parlé, aucun document probant n’atteste l’existence de cette confrérie secrète : Paul Arnold, Histoire des Rose-Croix et des origines de la franc-maçonnerie, Paris, Mercure de France, 1955 ; Frances A. Yates, La lumière des Rose-Croix, Paris, Retz, 1985, p. 135-148.

    26 Alexandre Y. Haran, Le Lys et le globe, Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux xvie et xviie s., Seyssel, Champ Vallon, 2000.

    27 La chronologie proposée par Hervé Drévillon est exacte : Lire et écrire l’avenir. L’astrologie dans la France du Grand Siècle (1610-1715), Seyssel, Champ Vallon, 1996, 3e partie.

    28 Ce que note Jacques Martineau de Solleyne (Les Transports de joye de Paris, sur la naissance de Monseigneur le Dauphin, 1729, p. 5) n’est pas évoqué par le Mercure galant (septembre 1729, p. 2235-2237).

    29 J. Martineau de Solleyne, loc. cit.

    30 Mercure de France, 1729, p. 2384.

    31 Paris, veuve Ballard et fils, 1782, p. 7.

    32 Cité par le Journal encyclopédique ou universel, janvier 1782, p. 348. Voir les différentes pièces partageant la même cote que le document cité : BNF, Lb39-207. Le personnage ne ressemble guère à ce que l’iconographie représentait habituellement, en l’occurrence les Parques. Voir également le dessin de Pierre Mignard, musée du Louvre, inv. 31049 recto.

    33 Epistolae quotquot reperiri potuerunt (…), Amsterdam, P. et J. Blaeu, 1687, p. 490-491 et 557.

    34 Lettre du 8 septembre 1638 reproduite dans Lettres, instructions et papiers d’État du cardinal de Richelieu, Paris, Imprimerie impériale, 1867, VI, p. 157. Effectivement, un nez camus aurait été un mauvais présage : « Quand le nez est camus, il denote l’homme estre imperieux, vain, mensonger et grandement paillard, tost croyant à autrui » (Œuvres de M. Jean Belot, curé de Mil-Monts, professeur aux sciences divines et célestes, Lyon, Cl. La Rivière, 1649, p. 292).

    35 Hilarion de Coste, Les Eloges de nos Rois et des Enfans de France, Paris, S. Cramoisy, 1643, p. 219.

    36 Mercure galant, septembre 1727, p. 2126.

    37 René de Cerisiers, Discours sur le sacre, Paris, P. Le Petit, 1654, p. 21. Le dauphin n’a pas le pouvoir de guérir les écrouelles, son sacre et une vie pieuse lui octroieront seulement ce privilège.

    38 Huile sur toile, 343 x 543 cm, château de Versailles, 1710, MV 2094.

    39 Louis Marin, Politiques de la représentation, Paris, Kimé, 2005, p. 82 sq.

    40 Plume et encre brune, 17 x 22 cm, BNF, Estampes, EST-Réserve VE-26(P).

    41 Musée du Louvre, Objets d’art, OA9598.

    42 Décor de Nicolas Bulidon, voir la vente du 3 décembre 2002 à l’hôtel Drouot (SVV Piasa). Très proche de celui conservé au château de Versailles et décrit par l’expert Christian Baulez dans la Revue du Louvre et des Musées de France (1992, 5-6, « Acquisitions »).

    43 Abbé Proyart, Vie du Dauphin, père de Louis XVI, 4e éd., Lyon, P. Bruyset-Ponthus, 1781, p. 6-7.

    44 BNF, Estampes, Réserve QB-201 (113)-FOL.

    45 Huile sur toile, 98 x 130 cm, château de Versailles, 1783, MV 6766. Esquisse pour un tableau commandé par les échevins et détruit à la Révolution.

    46 Les membres de la famille royale de France, huile sur toile, 96 x 128 cm, château de Versailles, 1782, MV 8949. Pascale Mormiche, « Éducation princière ou éducation publique pour le dauphin, fils de Louis XVI ? », François Cadilhon, Michel Combet, Marguerite Figeac-Monthus (dir.), Construire l’éducation de l’Ancien Régime à nos jours, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009, p. 25-42.

    47 Pierre-Isaac Poissonnier, Discours sur la naissance de Monseigneur le Dauphin, Paris, Ph.-D. Pierres, 1782, p. 5.

    48 Dominique-Joseph Garat, Eloge de Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, Paris, Demonville, 1782, p. 39.

    49 Journal politique, ou Gazette des gazettes, 1782, p. 40-41.

    50 Coffre conservé au château de Versailles, soie et taffetas, 1781, V 6171.

    51 Lynn Hunt, Le Roman familial de la Révolution française [1992], trad. fr., Paris, Albin Michel, 1995.

    52 Abby E. Zanger, Scenes from the Marriage of Louis XIV. Nuptial Fictions and the Making of French Absolutism, Stanford, Stanford University Press, 1997. Compte rendu de Dinah Ribard dans Annales, Histoire, sciences sociales, 55 (5), 2000, p. 1133-1135. On peut utilement étendre la réflexion sur le sujet grâce à R. Schulte (éd.), The Body of the Queen: Gender and Rule in the Courtly World, New York, Berghahn Books, 2006.

    53 On relira à profit les pages que Peter Burke a consacrées à l’image de Charles Quint, elles contiennent un point historiographique de premier plan : « L’image de Charles Quint : construction et interprétations », dans H. Soly (éd.), Charles Quint, 1500-1558, trad. fr., Arles, Actes Sud, 2000, p. 393 sq. Il est à noter que le titre original de l’article cité est « Presenting and Re-presenting Charles V ».

    Auteur

    • Stanis Perez

      Université Paris 13-Sorbonne Paris Cité

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    1 Réflexion méthodologique fort utile que celle d’Olaf Mörke, « The Symbolism of Rulership » dans M. Gosman, A. MacDonald, A. Vanderjagt (éd.), Princes and Princely Culture, 1450-1650, vol. 1, Leyde, Boston, Brill, 2003, p. 31-50.

    2 La définition la plus complète est celle donnée par Claude-François Ménestrier dans sa Philosophie des images énigmatiques, Lyon, J. Lion, 1694, p. 225 sq.

    3 Paul Veyne a bien montré que, contrairement à l’approche phénoménologique couramment appliquée en histoire de l’art et du pouvoir, certaines œuvres n’avaient pas besoin de spectateurs pour exister : « Propagande expression roi, image idole oracle », L’Homme, 30, 114, 1990, p. 7-26.

    4 À ce titre, la démarche de Kantorowicz est plus convaincante que celle de Panofsky (même si les deux historiens étaient proches) car elle ne s’est jamais bornée à percevoir des coïncidences ou des similitudes entre les formes et les expressions. La véritable force du symbole consiste à établir un rapport de force et non à s’y substituer. Voir Pellegrino Favuzzi, « Simbolo, mito e verita storica. Albert Brackmann contro Ernst Kantorowicz », Archivo di Storia della Cultura, 24, 2011, p. 225-244.

    5 La meilleure synthèse sur le sujet est contenue dans la préface, peu connue, de Louis Marin à l’ouvrage de Roger Paultre, Les Images du livre, emblèmes et devises, Paris, Hermann, 1991.

    6 Médaille de Dupré, 69 mm, HENR. IIII R. CHRIST. MARIA. AVGVSTA, datée 1603 (Mazerolle 639, Jones 16). Un rare exemplaire comportant une bélière, provenant de la collection A. Trampisch, prouve qu’elle pouvait être suspendue autour du cou ; voir le lot 109 de la vente du 30 mars 2012 à l’hôtel Drouot (SVV Binoche et Giquello).

    7 Médaille en or, 35 mm, DEDIT.HOC.PATRIS.INSITA.VIRTVS, 1601 ; FAVST DELPHINI HOC PATRIS INSITA VIRTVS.

    8 Paolo Giovo, Dialogo dell’imprese militari et amorose di Monsignore Giovo, Lyon, G. Rouillio, 1574, p. 30.

    9 Fanny Cosandey, « Représenter une reine de France. Marie de Médicis et le cycle de Rubens au palais du Luxembourg », Clio, Histoire, Femmes et Sociétés, 19, 2004, p. 63-83.

    10 Voir la synthèse de Jean-François Dubost, « Le corps de la reine, objet politique : Marie de Médicis », dans I. Poutrin, M.-K. Schaub (éd.), Femmes et pouvoir, les princesses d’Europe, xve-xviiie s., Paris, Bréal, 2007, p. 235-266. Décrivant le tableau, l’historien Jean-Baptiste Capefigue voyait dans la physionomie de la reine « à la fois la douleur et la joie orgueilleuse de la royale maternité », dans Marie de Médicis, Paris, Amyot, 1861, p. 161.

    11 Abraham Bosse, Le Roy donnant son ordre à Monseigneur le Dauphin, château de Versailles, inv. gravures 1060 ; BNF, Estampes, Réserve QB-201(31) FOL.

    12 BNF, Estampes, Réserve QB-201(171)-FT 5.

    13 Bibliothèque de l’Institut, Estampes, FOLAA66P-T1-p. 74.

    14 Gazette de France, 1661, n° 133, p. 1183-1184.

    15 Antoine de Baecque, Le Corps de l’histoire. Métaphores et politique (1770-1800), Paris, Calmann-Lévy, 1993. Eusèbe de Césarée avait déjà utilisé cette métaphore à l’occasion de la mort de Constantin : l’empereur était censé survivre dans ses enfants. Voir la Vie de Constantin (IV, 72) traduite dans Histoire de l’Eglise, Paris, P. Rocolet, 1675, p. 701.

    16 Ernst Kantorowicz, Les Deux corps du roi. Essai sur la théologie politique au Moyen Âge, rééd., Paris Gallimard, coll. « Quarto », 2000, p. 912-917.

    17 Ovide, Métamorphoses, XV, 7 ; analyse plus détaillée dans Les Hieroglyphes de Ian-Pierre Valerian, I. de Montlyart (trad.), Lyon, P. Frellon, 1615, p. 247. Belon associe le phénix au pélican se saignant pour nourrir ses petits : Les Observations de plusieurs singularitez et choses memorables, Anvers, Ch. Plantin, 1555, p. 246.

    18 Julien Peleus, Les Questions illustres, Paris, N. Buon, 1606 (1608 ?), épître. L’auteur, avocat au Parlement, signe ici un texte de circonstance qui rappelle que l’éloquence ne compte pas pour rien dans la noblesse de robe. C’est également une manière de « faire sa cour » par l’écrit au garde des Sceaux, Brulart de Sillery.

    19 Stanis Perez, « Un lieu de mémoire dynastique ? Le corps du roi à l’époque moderne », Anne Carol (dir.), L’incorporation des ancêtres, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2016, p. 163-176 (à paraître).

    20 Voir le catalogue de l’exposition, Pera Müzesi Yayinlari, Golden Children, 16th-19th Century European Portraits, Istanbul, Pera Müzesi, 2012.

    21 Bibliothèque municipale de Versailles, L’Almanach royal, 1683.

    22 Charles Patin, Introduction à la connoissance des médailles, 2e éd., Paris, J. du Bray, 1667, p. 223.

    23 Ibid., p. 202.

    24 François Alary, Prophétie du comte Bombast, Paris, s.n., 1701 (exemplaire conservé à la British Library : 8630.aa.20). Dans son Manuel du libraire (éd. 1842, I, p. 407b), le bibliophile Brunet signale que la suppression du livre en a fait une rareté. Une autre édition, tout aussi apocryphe, est située invraisemblablement à Rouen, chez Antoine Maurry, imprimeur du Roy, à l’imprimerie du Louvre (exemplaire de la BNF : Lb37-4171). Étude contextuelle de ce genre dans Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France : formation et fortune, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1999, II, p. 639 sq. Sur l’affiliation d’Alary via le personnage de Bombast à la Rose-Croix : Arthur E. Waite, The Brotherhood of the Rosy Cross, New York, University Book, 1961, p. 82.

    25 Si Gabriel Naudé et René Descartes en ont parlé, aucun document probant n’atteste l’existence de cette confrérie secrète : Paul Arnold, Histoire des Rose-Croix et des origines de la franc-maçonnerie, Paris, Mercure de France, 1955 ; Frances A. Yates, La lumière des Rose-Croix, Paris, Retz, 1985, p. 135-148.

    26 Alexandre Y. Haran, Le Lys et le globe, Messianisme dynastique et rêve impérial en France aux xvie et xviie s., Seyssel, Champ Vallon, 2000.

    27 La chronologie proposée par Hervé Drévillon est exacte : Lire et écrire l’avenir. L’astrologie dans la France du Grand Siècle (1610-1715), Seyssel, Champ Vallon, 1996, 3e partie.

    28 Ce que note Jacques Martineau de Solleyne (Les Transports de joye de Paris, sur la naissance de Monseigneur le Dauphin, 1729, p. 5) n’est pas évoqué par le Mercure galant (septembre 1729, p. 2235-2237).

    29 J. Martineau de Solleyne, loc. cit.

    30 Mercure de France, 1729, p. 2384.

    31 Paris, veuve Ballard et fils, 1782, p. 7.

    32 Cité par le Journal encyclopédique ou universel, janvier 1782, p. 348. Voir les différentes pièces partageant la même cote que le document cité : BNF, Lb39-207. Le personnage ne ressemble guère à ce que l’iconographie représentait habituellement, en l’occurrence les Parques. Voir également le dessin de Pierre Mignard, musée du Louvre, inv. 31049 recto.

    33 Epistolae quotquot reperiri potuerunt (…), Amsterdam, P. et J. Blaeu, 1687, p. 490-491 et 557.

    34 Lettre du 8 septembre 1638 reproduite dans Lettres, instructions et papiers d’État du cardinal de Richelieu, Paris, Imprimerie impériale, 1867, VI, p. 157. Effectivement, un nez camus aurait été un mauvais présage : « Quand le nez est camus, il denote l’homme estre imperieux, vain, mensonger et grandement paillard, tost croyant à autrui » (Œuvres de M. Jean Belot, curé de Mil-Monts, professeur aux sciences divines et célestes, Lyon, Cl. La Rivière, 1649, p. 292).

    35 Hilarion de Coste, Les Eloges de nos Rois et des Enfans de France, Paris, S. Cramoisy, 1643, p. 219.

    36 Mercure galant, septembre 1727, p. 2126.

    37 René de Cerisiers, Discours sur le sacre, Paris, P. Le Petit, 1654, p. 21. Le dauphin n’a pas le pouvoir de guérir les écrouelles, son sacre et une vie pieuse lui octroieront seulement ce privilège.

    38 Huile sur toile, 343 x 543 cm, château de Versailles, 1710, MV 2094.

    39 Louis Marin, Politiques de la représentation, Paris, Kimé, 2005, p. 82 sq.

    40 Plume et encre brune, 17 x 22 cm, BNF, Estampes, EST-Réserve VE-26(P).

    41 Musée du Louvre, Objets d’art, OA9598.

    42 Décor de Nicolas Bulidon, voir la vente du 3 décembre 2002 à l’hôtel Drouot (SVV Piasa). Très proche de celui conservé au château de Versailles et décrit par l’expert Christian Baulez dans la Revue du Louvre et des Musées de France (1992, 5-6, « Acquisitions »).

    43 Abbé Proyart, Vie du Dauphin, père de Louis XVI, 4e éd., Lyon, P. Bruyset-Ponthus, 1781, p. 6-7.

    44 BNF, Estampes, Réserve QB-201 (113)-FOL.

    45 Huile sur toile, 98 x 130 cm, château de Versailles, 1783, MV 6766. Esquisse pour un tableau commandé par les échevins et détruit à la Révolution.

    46 Les membres de la famille royale de France, huile sur toile, 96 x 128 cm, château de Versailles, 1782, MV 8949. Pascale Mormiche, « Éducation princière ou éducation publique pour le dauphin, fils de Louis XVI ? », François Cadilhon, Michel Combet, Marguerite Figeac-Monthus (dir.), Construire l’éducation de l’Ancien Régime à nos jours, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009, p. 25-42.

    47 Pierre-Isaac Poissonnier, Discours sur la naissance de Monseigneur le Dauphin, Paris, Ph.-D. Pierres, 1782, p. 5.

    48 Dominique-Joseph Garat, Eloge de Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, Paris, Demonville, 1782, p. 39.

    49 Journal politique, ou Gazette des gazettes, 1782, p. 40-41.

    50 Coffre conservé au château de Versailles, soie et taffetas, 1781, V 6171.

    51 Lynn Hunt, Le Roman familial de la Révolution française [1992], trad. fr., Paris, Albin Michel, 1995.

    52 Abby E. Zanger, Scenes from the Marriage of Louis XIV. Nuptial Fictions and the Making of French Absolutism, Stanford, Stanford University Press, 1997. Compte rendu de Dinah Ribard dans Annales, Histoire, sciences sociales, 55 (5), 2000, p. 1133-1135. On peut utilement étendre la réflexion sur le sujet grâce à R. Schulte (éd.), The Body of the Queen: Gender and Rule in the Courtly World, New York, Berghahn Books, 2006.

    53 On relira à profit les pages que Peter Burke a consacrées à l’image de Charles Quint, elles contiennent un point historiographique de premier plan : « L’image de Charles Quint : construction et interprétations », dans H. Soly (éd.), Charles Quint, 1500-1558, trad. fr., Arles, Actes Sud, 2000, p. 393 sq. Il est à noter que le titre original de l’article cité est « Presenting and Re-presenting Charles V ».

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    Ce livre est cité par

    • Berthiaud, Emmanuelle. (2020) La santé maternelle et infantile (Europe, XVI e -XIX e  siècles) : état des lieux historiographique et bibliographique. Annales de démographie historique, n° 139. DOI: 10.3917/adh.139.0027
    • Sussman, Sarah. (2017) Recent Books and Dissertations on French History. French Historical Studies, 40. DOI: 10.1215/00161071-3946540

    Ce chapitre est cité par

    • (2018) Le Corps du roi. DOI: 10.3917/perri.perez.2018.01.0437

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    Perez, S. (2016). Symbolique(s) de la naissance princière dans le système de la cour (XVIIe-XVIIIe siècles). In P. Mormiche & S. Perez (éds.), Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.10761
    Perez, Stanis. « Symbolique(s) de la naissance princière dans le système de la cour (XVIIe-XVIIIe siècles) ». In Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle), édité par Pascale Mormiche et Stanis Perez. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.10761.
    Perez, Stanis. « Symbolique(s) de la naissance princière dans le système de la cour (XVIIe-XVIIIe siècles) ». Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle), édité par Pascale Mormiche et Stanis Perez, Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.10761.

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    Mormiche, P., & Perez, S. (éds.). (2016). Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.10729
    Mormiche, Pascale, et Stanis Perez, éd. Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle). Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2016. doi:10.4000/books.septentrion.10729.
    Mormiche, Pascale, et Stanis Perez, éditeurs. Naissance et petite enfance à la cour de France (Moyen-Âge - xixe siècle). Presses universitaires du Septentrion, 2016, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.10729.
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