• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16479 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16479 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires du Septentrion
  • ›
  • War Studies
  • ›
  • Militaires en résistances en France et e...
  • ›
  • Troisième partie. Sorties de guerre, par...
  • ›
  • Le devenir des officiers Français libres...
  • Presses universitaires du Septentrion
  • Presses universitaires du Septentrion
    Presses universitaires du Septentrion
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Une petite armée de cadres À la tête de l’armée française Du militaire au politique Conclusion Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le devenir des officiers Français libres après la guerre

    Jean-François Muracciole

    p. 183-198

    Résumé

    La France libre, qui rassembla autour de 60 000 combattants, put s’appuyer sur un petit noyau d’environ 6 300 officiers. Par leurs origines sociales, leurs études ou leurs affectations, ils ne se distinguent pas fondamentalement de l’ensemble des officiers français de l’entre-deux-guerres. En revanche, l’engagement dans la France libre modifie radicalement le cours de leurs destins. Durant la guerre, ils connaissent des montées en grade nettement supérieures à celles de la Première Guerre mondiale, mais qu’ils payent au prix fort par des pertes très élevées. Après 1945, la plupart font de très belles carrières et, au tournant des années 1970, une poignée d’entre eux parvient aux plus hautes fonctions civiles et militaires. Rarement en France, un groupe aussi restreint d’officiers aura exercé une telle influence sur les destinées du pays.

    Texte intégral Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le devenir des officiers Free French après 1945 s’inscrit dans le champ d’études plus général des sorties de guerre qui est aujourd’hui au cœur des réflexions des war studies1. Pourtant, ce texte se présente davantage sous la forme d’un bilan d’étape que d’une synthèse définitive. La raison en est simple : non seulement l’histoire de la France libre accuse un net retard sur celle de la Résistance intérieure (même si ce retard, depuis une quinzaine d’années, tend à se combler2), mais les officiers Français libres, si l’on fait exception d’une belle moisson de biographies, le plus souvent limitées aux « grands chefs », nous sont encore très mal connus. Après avoir travaillé sur les Français libres pendant la guerre3, j’ai entrepris l’étude de leurs destins après le conflit4. Ce travail de longue haleine, loin d’être achevé, se heurte à diverses difficultés, parmi lesquelles le nombre d’individus à étudier (plus de 30 000) ou la nature même de l’objet : il n’est pas aisé de reconstituer les trajectoires d’après-guerre ou les réseaux professionnels, politiques, associatifs, etc. dans lesquels les Français libres se sont insérés et croisés.

    2Dans ce tableau en construction, les officiers présentent toutefois un double avantage : ils sont relativement peu nombreux (environ 6 300 sur la durée de la guerre dont 5 750 survivants en 1945) et, dans la mesure où la grande majorité d’entre eux est demeurée fidèle au métier des armes après la guerre, leurs itinéraires sont relativement aisés à reconstituer à partir des archives ou des témoignages. La reconstitution des itinéraires de Français libres offre d’ailleurs un bel exemple de la diversité des sources que mobilise la recherche prosopographique dans le domaine militaire. Les dossiers individuels constituent bien sûr la première de ces sources d’autant que les FFL sont une armée régulière et que l’on s’intéresse ici aux officiers, c’est-à-dire aux combattants pour lesquels les sources sont toujours les mieux documentées. Toutefois, si elle est aisée5, cette recherche présente aussi rapidement des limites, du moins pour la perspective sociologique qui est la nôtre. En effet, le dossier individuel dit tout de la carrière militaire de l’officier français libre (unités, campagnes, blessures, montée en grade, etc). Mais il est le plus souvent muet sur la profession de cet officier avant et, plus encore, après la guerre. Et que dire de son niveau scolaire, de ses origines sociales, de sa vie familiale, de ses opinions politiques, etc. ? L’historien doit alors redevenir enquêteur et faire flèche de tout bois. Les actes d’état civil sont utiles sur le plan familial ; les notices nécrologiques des bulletins ou revues des associations d’anciens Français libres (par exemple, La Caravane pour la 2e DB) ou de la Revue de France libre sont très précieuses ; mais la source la plus riche, quand elle est disponible, demeure le témoignage des Français libres eux-mêmes, de leurs veuves et de leurs descendants.

    Une petite armée de cadres

    3On entend par « Français libres » les volontaires qui ont souscrit un engagement dans les rangs des Forces françaises libres (FFL) entre le 18 juin 1940 et le 31 juillet 1943, date de la fusion entre les FFL et l’armée d’Afrique.

    4Ainsi définis, les Français libres furent au nombre d’environ 70 000 parmi lesquels 63 000 combattants se répartissant entre 32 000 citoyens français, un peu moins de 3 000 étrangers représentant plus de trente nationalités et environ 30 000 soldats coloniaux. Nous avons fait le choix d’écarter ces derniers de l’étude. La première raison est toute pratique : le nombre d’officiers FFL d’origine « indigène » est très faible, à peine 1,3 % de l’ensemble des officiers FFL. Une autre raison, plus profonde, touche à l’identité même des combattants colonisés. Par définition, tous les combattants des Forces françaises libres sont des volontaires qui ont librement signé un acte d’engagement « pour la durée de la guerre plus trois mois ». En réalité, et sans prétendre sonder les cœurs, il convient de distinguer la nature et les motivations de l’engagement d’un marin breton ou d’un lycéen parisien de celles d’un tirailleur de l’Oubangui. Les 16 000 soldats coloniaux qui rallient la France libre en AEF, en août 1940, étaient pour la plupart des soldats professionnels dès avant la guerre6. Si André Martel leur prête des sentiments hostiles au « racisme nazi7 », ce qui est possible, mais très difficile à établir en l’absence de lettres, carnets, mémoires, etc., force est de constater que ces soldats suivent le ralliement de leurs chefs européens sans que d’ailleurs, dans la majorité des cas, cet engagement soit sanctionné par la signature d’un acte8. Le ralliement à la France libre n’a pas effacé d’un coup de baguette magique la pesanteur des comportements coloniaux. La nature bien davantage professionnelle que politique ou patriotique de ces engagements est d’ailleurs confirmée a contrario par le fait qu’en AEF, hormis ces soldats, pratiquement aucun indigène civil ne s’engage dans les FFL et que les ralliements de soldats coloniaux en provenance de l’AOF vichyste sont rarissimes.

    5Parmi ces 35 000 Français libres non coloniaux (citoyens français et étrangers non colonisés), on dénombre environ 6 300 officiers en comptant à la fois ceux qui étaient déjà officiers avant la guerre (30 % de l’effectif) et ceux qui le sont devenus9. Le taux d’encadrement des FFL est donc relativement élevé (un officier pour 10 non-officiers). À titre de comparaison, ce ratio était, au sein de l’armée française, de 1 pour 21 en 1920, de 1 pour 17 en 1930 et de 1 pour 20 en 193910. Sans parler « d’armée mexicaine », les FFL apparaissent avant tout comme une petite armée de cadres. Sur ces 6 300 officiers, j’ai pu reconstituer, plus ou moins complètement, 676 carrières (avant/pendant/après la guerre), soit 10,7 % de la population, ce qui donne à cet échantillon une assise relativement solide et fiable11. 75 % de ces officiers servent dans l’armée de terre, le quart restant se répartissant entre les Forces navales françaises libres (FNFL ; 12 %), les Forces aériennes françaises libres (FAFL ; 8 %), les forces spéciales, les forces de souveraineté ou les agents du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA), les services secrets de la France libre.

    6Rappeler les principaux aspects de la sociologie de ces officiers permet de mieux comprendre leurs itinéraires après la guerre. Les officiers accentuent le caractère élitiste déjà observé chez l’ensemble des Français libres. Ainsi, les Français libres issus de milieux populaires (fils de paysans et d’ouvriers) ne représentent qu’un gros quart de l’effectif, alors que ces deux catégories englobaient les deux tiers des Français en 1936. À l’inverse, la très mince couche des catégories supérieures (patrons de l’industrie, cadres supérieurs, officiers, hauts-fonctionnaires, rentiers, artistes), qui ne réunissait que 1 % des Français, offre le tiers des volontaires Free French. Ces proportions très surprenantes interrogent sur le caractère par essence « populaire » de la Résistance (topos communiste de l’après-guerre) et conduisent à aborder également avec prudence le topos gaulliste symétrique de la « faillite des élites »12. 70 % des officiers FFL proviennent de milieux que l’INSEE rangerait aujourd’hui dans les « catégories supérieures et professions libérales », catégories qui ne rassemblaient, répétons-le, qu’un peu moins de 1 % des Français en 1936. Élitisme social, mais aussi culturel. Le niveau d’étude des officiers Français libres est très élevé : 85 % ont atteint un niveau au moins égal à celui du baccalauréat, c’est-à-dire qu’ils présentent un visage presque inversé de celui de la société française de 1939 qui ne comptait que 7 % de bacheliers au sein d’une classe d’âge.

    7Il est délicat d’engager des comparaisons avec l’ensemble de l’armée française de la première moitié du XXe siècle. Divers indices, comme les travaux de Raoul Girardet13, autorisent toutefois à penser que le corps des officiers ne commence réellement à se démocratiser que dans le courant des Trente Glorieuses, à mesure que l’enseignement secondaire se démocratise lui-même. Une récente étude portant sur les saint-cyriens à l’époque de la guerre d’Indochine révèle que les deux tiers d’entre eux provenaient de couches sociales supérieures et que 30 % étaient fils d’officiers ou de sous-officiers, des proportions que l’on retrouve sensiblement chez les FFL14. Sous réserve d’inventaire, on se bornera à conclure que le corps des officiers FFL est légèrement plus élitiste que l’ensemble des officiers français du milieu XXe siècle, mais sans pour autant trancher radicalement avec lui. La véritable originalité des FFL en la matière réside dans l’invraisemblable élitisme de la troupe (colonisés exceptés), qui constitue presque une « armée de bacheliers ».

    8Observons encore la très forte proportion d’élèves ou d’anciens élèves des grandes écoles (32 % des officiers, soit presque le tiers de l’effectif) et particulièrement des grandes écoles militaires : 24 % des officiers FFL sont d’anciens élèves de Saint-Cyr, de Polytechnique, de Navale, de l’École de l’Air, des écoles de santé militaire ou de leurs classes préparatoires. Si l’on intègre les officiers FFL passés par les écoles de sous-officiers et ensuite montés en grade au sein des FFL, on frôle les 40 %. Le poids tout particulier de Saint-Cyr mérite d’être souligné : un peu plus de 11 % des officiers FFL sont saint-cyriens, l’exemple venant du général de Gaulle lui-même et de pratiquement tous les grands chefs FFL à la notable exception du général Kœnig. On peut encore le dire autrement : la minuscule armée de la France libre compta dans ses rangs environ 150 saint-cyriens, soit une demi-promotion du temps de paix, ce qui est considérable pour un corps aussi réduit. À bien des égards, les FFL ressemblent beaucoup plus à la petite Reichswehr élitiste du traité de Versailles façonnée par le général von Seeckt qu’à l’armée de masse de 14/18.

    9Les pertes (blessés et morts) des FFL n’ont rien de régulier et distinguent très nettement deux périodes. La phase « africaine » de la guerre (1940-1943) se caractérise par des pertes très faibles15. Seuls font exception quelques affrontements violents, mais relativement isolés, comme la campagne de Syrie, en juin 1941, ou la sortie de Bir Hakeim, un an plus tard. À l’inverse, à partir de la campagne d’Italie et, plus encore, en France en 1944, dans le cadre d’une guerre moderne à l’européenne, on retrouve les taux de pertes de 14/18. Les combats qui s’étalent d’avril 1944 (Italie) à mai 1945 (Authion) coûtent à la 1re DFL plus de 2 400 hommes, soit 67,5 % de l’ensemble des morts qu’elle déplore de toute la guerre. La 2e DB n’est guère plus épargnée : de son débarquement en Normandie (août 1944) à la prise de Berschtesgaden (le 7 mai 1945), Leclerc déplore, sur 16 000 hommes, 1 687 tués (dont 108 officiers) et 3 300 blessés, soit des taux de décès de 14,2 % et de blessure de 28 %.

    10Les pertes des officiers FFL répondent à ce schéma général et sont très lourdes. 8,8 % des officiers FFL (soit environ 550) sont morts au combat (contre 6,5 % des hommes de rang)16 et plus d’un sur trois (34,2 %) a été blessé. Au total, 43 % des officiers FFL (soit 2 700 hommes) sont morts ou ont été blessés. Une analyse plus fine montre que, comme lors de la Grande Guerre et comme dans toutes les armées modernes, ce sont les officiers subalternes qui payent le plus lourd tribut. Cela signifie qu’au sein des FFL, le renouvellement des officiers s’opère en puisant dans un stock de sous-officiers ou de jeunes engagés aux origines tout aussi élitistes. Ainsi, les Cadets de la France libre ont des origines sociales à peine moins élitistes que celles des officiers. La ventilation du corps des officiers FFL est donc très singulière : à la différence de ce qui s’était produit lors de la Grande Guerre (où les hécatombes d’officiers subalternes avaient conduit à la promotion de jeunes sous-officiers issus des classes moyennes ou parfois de milieux populaires), l’élite sociale se renouvelle dans l’élite sociale.

    11Si l’on affine encore l’analyse, on découvre que les ascendances militaires sont nettement affirmées : 20 % des pères d’officiers Français libres étaient eux-mêmes officiers et le total monte à 25 % si l’on intègre tous les pères militaires, quel que soit le grade. Le plus célèbre de ces officiers « fils de » est Pierre Billotte, qui termine la guerre au grade de général de brigade et qui était le fils du général d’armée Gaston Billotte, mort au combat en 1940 alors qu’il commandait le 1er groupe d’armées. L’hypothèse de la prégnance d’un milieu militaire est encore confirmée par le statut avant la guerre des futurs officiers Français libres. En effet, 30 % d’entre eux étaient déjà officiers avant l’engagement dans la France libre. Plus généralement, 41 % avaient souscrit un engagement militaire sous une forme ou sous une autre. Notons encore que la grande majorité des officiers Français libres se sont engagés dès 1940 (61 % d’entre eux contre à peine 8 % en 1942 et 15 % en 1943) et à un âge relativement élevé (31 ans) alors que la moyenne s’établit à 23 ans pour l’ensemble des Français libres.

    12Les oscillations des engagements des officiers FFL (comme de l’ensemble des Français libres) répondent à des critères plus politiques que militaires. En premier lieu, chaque ralliement de territoire colonial à la France libre apporte son lot de nouveaux volontaires. Après la vague fondatrice de 1940, c’est le cas du Levant en juin 1941, puis de la Réunion, de Madagascar et de Djibouti en 1942, enfin, de l’Afrique du Nord en 1943, mais, cette fois, sur un mode beaucoup plus complexe, en concurrence frontale avec le giraudisme. Il faut, en outre, considérer l’évolution générale du régime de Vichy. On retrouve ici les « pulsations » décrites par l’historiographie : une longue phase pétainiste/attentiste qui ne favorise pas les ralliements à la Résistance et qui dure au moins jusqu’à la fin de 1942, puis les coups de boutoir du service du travail obligatoire (STO) et de l’intensification de la répression allemande qui les encouragent. Dans le cas spécifique des officiers, il faut ajouter à ces facteurs la dissolution de l’armée d’armistice, en décembre 1942, qui place des milliers d’officiers devant un choix décisif tout en les déliant du serment de fidélité personnelle au Maréchal. La guerre influe aussi, bien sûr, mais sur un mode mineur. On retrouve l’influence de la « bissectrice de la guerre » (Henri Michel) qui voit le retournement de la situation militaire, sur l’ensemble des fronts, à la fin de 1942. D’une façon générale, les engagements dans la France libre connaissent un grand creux du ralliement du Levant (juin 1941) à la fin de 1942 : pas plus d’une centaine de volontaires par mois en moyenne (tous grades confondus), c’est-à-dire moins, sur la même période, qu’en faveur de la très morne armée d’armistice de Vichy17.

    13En définitive, tout est réuni pour favoriser les montées en grade au sein de la France libre : étroitesse initiale du corps des officiers, fortes pertes liées à la guerre (surtout à partir de 1944) et brillant vivier de sous-officiers, voire de soldats au haut niveau d’étude susceptibles de combler les vides. Le tableau ci-dessous18 résume la montée en grade de 133 officiers subalternes. On notera toutefois à quel point ces ascensions sont très chèrement payées.

    Grade à l’engagementGrade à la fin de la guerrePertes
    lieutenantcapitainecommandantcolonelgénéralblessésdécédés
    lieutenant : 7810 (12,8 %)42 (53,8 %)21 (26,9 %)5 (6,4 %)24 (30,8 %)17 (21,8 %)
    capitaine : 5517 (30,9 %)18 (32,7 %)15 (27,2 %)5 (9 %)9 (16,3 %)14 (25,4 %)

    14La France libre disposa donc, dès le départ, d’un solide noyau d’officiers, souvent issus de milieux militaires et imprégnés de cette culture. En outre, étant donné la très faible mortalité des premières années de la guerre, ce noyau demeure stable jusqu’en 1944, quand commencent les grandes hécatombes, et il peut imprégner, sur la durée, la culture militaire des Français libres. On touche ici à l’un des grands paradoxes de la France libre. Cette armée de rebelles prétendait rejeter radicalement le modèle d’armée de 1940 et promouvoir une sorte de révolution culturelle militaire. En 1943, elle affichait son anticonformisme face à l’armée d’Afrique giraudiste. Ainsi, en mai 1943, lors du défilé de la victoire à Tunis, la 1re DFL, gardienne s’il en est des valeurs Free French, refuse de s’insérer dans les rangs de l’armée d’Afrique et défile fièrement parmi ses frères d’arme de la VIIIe armée britannique, ce qui choque profondément l’état-major d’Alger. Quelque temps plus tard, alors qu’ils commencent à être entièrement rééquipés de matériels américains, les mêmes hommes de la DFL refusent d’abandonner le casque plat anglais au bénéfice du casque américain. Mais pour autant, cette petite armée était encadrée, d’un point de vue sociologique, par la plus traditionnelle des castes militaires. On pourrait même pousser le paradoxe encore plus loin et affirmer que les officiers de l’armée de 14/18, en raison de l’immense renouvellement des cadres provoqué par les hécatombes d’officiers subalternes, provenaient de milieux sociaux et culturels beaucoup plus diversifiés. Le général Leclerc, pur produit de la vieille caste militaire aristocratique, saint-cyrien, breveté, maurrassien de stricte obédience, résume dans sa personne ce paradoxe. D’autres officiers généraux comme Larminat ou d’Argenlieu répondent également à ce schéma.

    À la tête de l’armée française

    15Après la guerre, les destinées des officiers Français libres sont particulièrement brillantes et se caractérisent par une spectaculaire occupation des postes de commandement de l’armée française des années 1960-1970.

    16Première constatation : la guerre confirme le choix du métier des armes, 80 % des officiers FFL poursuivent une carrière militaire. Pour les 20 % qui retournent à la vie civile, la guerre n’aura été qu’une parenthèse. Parmi ces derniers on trouve une belle brochette de compagnons de la Libération : Roger Barberot (même s’il reprend le combat le temps de la guerre d’Algérie), Jacques Soufflet, Stanislas Mangin, André Gravier ou Pierre Sonneville. Le choix massif de la continuation du métier des armes singularise fortement les officiers des autres Français libres. En effet, 72 % des combattants des FFL ont renoncé à toute activité militaire après la guerre. Mieux encore : 86 % des Français libres qui étaient civils avant la guerre le sont redevenus. Autrement dit, si l’on raisonne sur l’ensemble de leurs volontaires, les FFL ne conduisent pas à des formes de professionnalisation militaire. Si la guerre n’a donc pas suscité de vocations militaires chez l’ensemble des Français libres, elle les a largement confirmées chez les officiers. La barrière entre les deux groupes est bien celle de l’épaulette.

    17Second constat : dans l’ordre militaire, les promotions sont remarquables et les carrières brillantes. Outre les deux maréchaux (Leclerc et Kœnig), on dénombre une centaine d’officiers généraux (83 généraux et 22 amiraux) et environ 300 colonels ou capitaines de vaisseau. L’étude plus précise des carrières militaires après la guerre confirme pleinement la réalité de la montée en grade. J’ai pu reconstituer les carrières complètes de 168 officiers FFL qui terminent la guerre à des grades inférieurs à celui de colonel : 85 lieutenants, 54 capitaines et 29 commandants (ou leurs équivalents dans la marine). Les promotions sont largement supérieures à la normale : plus de la moitié des lieutenants de 1945 finissent colonels ou généraux et 54 de ces 168 officiers (32 % de l’effectif) prennent leur retraite dans les grades d’officiers généraux. À l’inverse, à peine 4,7 % n’ont connu aucun avancement après la guerre. Encore convient-il de préciser que, dans ces derniers cas, il s’agit d’officiers qui n’ont pu monter en grade pour des raisons matérielles : qu’ils soient morts en service dans les années qui suivent immédiatement la fin du conflit mondial ou qu’ils aient rapidement renoncé au métier des armes. De toute évidence, l’appartenance aux FFL n’a pas été cette brisure dans les carrières maintes fois déplorées dans les témoignages, et selon lesquels les Français libres seraient toujours passés les derniers aussi bien dans l’attribution des gratifications matérielles (emplois, reprise des études, logement, etc.) que dans l’économie morale de la reconnaissance : derrière les prisonniers de 1940 (envers lesquels ces baroudeurs qui sortent de cinq ans de guerre éprouvent un évident mépris), derrière les résistants de l’intérieur (qui recueillent également des avis très négatifs, souvent assimilés à des « soldats d’opérette » ou à des « pistoleros de village »), derrière les communistes (à qui les meilleures places sont réservées et qui s’infiltrent partout, selon les officiers ex-FFL), derrière les embusqués de Vichy. Ainsi, Jean Billaud, né en 1922, FAFL, rallié en juillet 1943 après une évasion par l’Espagne, témoigne-t-il de cette rancœur : « Fin 1945, nous autres FAFL étions très mal perçus au ministère [de l’Air]. Les postes étaient occupés par des FFI ou des anciens prisonniers. Avec mes deux palmes et une étoile de vermeil, je faisais partie des personnes qui gênaient, car beaucoup avaient subi sans se révolter et ils étaient très heureux de nous voir partir pour l’armée […] J’ai quitté la France avec ma famille en 1947, écœuré par l’après-guerre et les faux résistants19. »

    18D’une façon plus générale, à la charnière des années 1960 et 1970, les anciens officiers FFL, qui atteignent à ce moment le sommet de leur carrière, président aux destinées de l’armée, en occupant la grande majorité des plus hauts postes. La situation des années 1965-1975 est plus qu’éloquente. Michel Fourquet est chef d’état-major des armées (1968-1971). Dans l’armée de terre, c’est un véritable raz de marée Free French : Alain de Boissieu, le gendre du général de Gaulle, est chef d’état-major de l’armée de terre (1971-1975), Jacques Massu commande les Forces françaises en Allemagne (1966-1969), Adolphe Vézinet (1964-1966), puis Jean Simon (1966-1968) et enfin André Lalande (1969-1973) sont gouverneurs militaires de Lyon ; Pierre Langlois est gouverneur militaire de Metz (1973-1975) alors qu’André Lavergne commande les Forces du Sud de l’océan Indien (1967-1969). Quant à Marcel Orsini, il dirige le service de santé des armées (1970-1973). Il en va de même pour les grandes inspections, véritable chasse gardée des anciens FFL au début des années 1970 : Inspection générale de l’armée de Terre (Louis Dio, 1965-1969, puis Jean Simon, 1969-1971), Inspection de l’Arme blindée/cavalerie (Paul Ododo, 1974-1977), Inspection des Troupes de marine (Robert Quilichini, 1970-1972). La domination s’étend jusqu’aux écoles : Jean Simon commande Saint-Cyr (1962-1965) et Guillebon (qui a commandé Polytechnique à la fin des années 1950) prend la tête de l’IHEDN (1966-1969). C’est d’ailleurs un autre ancien de la 2e DB, Georges Buis, qui lui succède jusqu’en 1972.

    19Certes, dans la marine20 et dans l’armée de l’Air, les réussites sont moins éclatantes, sans doute en raison de l’extrême modestie des forces navales et aériennes des FFL. Peut-être aussi, dans le cas de la marine, en raison de fortes tensions internes et de la domination dans l’arme, jusqu’au milieu des années 1970, d’anciens officiers issus de la marine de Vichy et demeurés très hostiles aux Français libres. Malgré tout, les réussites ne sont pas négligeables : Georges Cabanier (1960-1968), puis André Patou (1968-1970) sont chefs d’état-major de la Marine, tandis que Pierre Iehlé, (1971-1975), puis Philippe de Gaulle (1980-1982) commandent l’Inspection générale de la Marine. Pour l’armée de l’Air, rappelons l’éclatante réussite de Michel Fourquet, promu au poste de chef d’état-major des armées (CEMA), et de Jean-Louis Garot, un ancien du groupe Lorraine, à la tête de l’Inspection générale des Armements nucléaires (1969-1971).

    20Même si de fortes nuances existent (Marine, Air), la domination des anciens Free French à la tête de l’institution militaire est éclatante : en 1970-1971, ces derniers cumulent les postes de chef d’état-major des armées (Fourquet), de chef d’état-major de l’armée de terre (Boissieu) et de chef d’état-major de la marine (Patou). Difficile de faire mieux si l’on songe au tout petit milieu que constituaient les officiers FFL. Il serait ici pertinent d’engager une étude similaire avec les anciens officiers sans parcours FFL de la Première armée du général de Lattre de Tassigny où se retrouvent nombre d’anciens officiers de l’armée de Vichy en Afrique du Nord, et plus encore avec les anciens officiers de l’armée de l’armistice qui n’ont pas rejoint la Résistance : sous réserve d’inventaire, il est hautement vraisemblable qu’elle révélerait des montées en grade beaucoup moins brillantes et surtout une moindre domination des postes clés.

    Du militaire au politique

    21L’influence des officiers Français libres est loin de se limiter au domaine militaire. L’état de la recherche ne permet, à cette heure, de tirer des conclusions relativement solides qu’en ce qui concerne la vie politique. De 1955 à 1975, la domination des Français libres est impressionnante et il y a peu d’exemples, dans l’histoire de la France contemporaine, de la conquête d’une telle influence politique par un groupe originel aussi restreint, à l’exception peut-être des anciens élèves de l’École nationale d’administration (ÉNA) ou de l’École Polytechnique.

    22Les anciens officiers Français libres fournissent, après la guerre, pas moins d’un chef de l’État (Charles de Gaulle), trois chefs du gouvernement (Pierre Mendès France, Jacques Chaban-Delmas, Pierre Messmer21) et une quinzaine de ministres, pratiquement un gouvernement au complet. Citons, et la liste n’est pas exhaustive : Maurice Bayrou (BM 2), Pierre Billotte (2e DB), Pierre de Chevigné (1er BIM), Édouard Corniglion-Molinier (commandant du groupe Lorraine), Christian Fouchet (FAFL), Robert Galley (501e RCC), Hubert Germain (13e DBLE), Yves Guéna (RMSM), Pierre Guillaumat (BCRA), Pierre Kœnig (13e DBLE), Michel Maurice-Bokanowski (1er RFM), Yvon Morandat (1er BIA), André Moynet (groupe Normandie-Niemen), Gaston Palewski (Forces françaises libres de l’Est africain), Pierre Pasquini (1re DFL), Alain Savary (FNFL), Jacques Soufflet (groupes Alsace et Lorraine).

    23Au Parlement, il en va de même et on dénombre, de 1945 à nos jours, une soixantaine de parlementaires Français libres parmi lesquels 37 anciens officiers. Il est même arrivé que deux anciens Français libres s’opposent lors de scrutins comme cela survient dans le Nord, en novembre 1958, quand Maurice Schumann (MRP) l’emporte sur l’UNR Paul Theetten, un ancien officier de la 1re DFL et député du Nord de 1946 à 1951.

    24L’exemple le plus évident de l’investissement de la chose publique par les officiers FFL est fourni par le ministère des Armées ou de la Défense nationale. Le phénomène commence dans les années 1950, sous la IVe République, lorsque l’hôtel de Brienne est successivement occupé par Pierre Kœnig (juin-août 1954, puis février-octobre 1955), Pierre Billotte (octobre 1955-février 1956), Jacques Chaban-Delmas (novembre 1957-mai 1958), Pierre de Chevigné (mai-juin 1958) et Charles de Gaulle lui-même (juin 1958-janvier 1959 en cumulant cette fonction avec celle de président du Conseil). Et encore, j’exclus de la liste d’autres éminents Français libres qui avaient rempli des fonctions politiques et non combattantes durant la guerre comme René Pleven (octobre 1948-juillet 1950, puis mars 1952-juillet 1953) ou Louis Jacquinot (ministre de la Marine en 1947)22. Au total, de 1946 à 1958, des Français libres ont occupé ce ministère régalien par excellence quatre années pleines, le tiers de l’existence de la IVe République. Si l’on isole les années 1954-1958, qui voient se nouer le drame algérien, des anciens officiers FFL dirigent durant deux années pleines le ministère des Armées. Et que dire, durant ces années, de l’influence d’hommes comme Jacques Soustelle ou Pierre Messmer qui accèdent aux plus hautes fonctions Outremer ?

    25Bien sûr, ce tableau appelle des nuances. Le gaullisme de certains ralliés tardifs de l’époque du CFLN, à l’instar d’Henri Queuille, Louis Jacquinot, ou plus encore de Jean Monnet et René Massigli, ne fut jamais inconditionnel. De même, d’éminents Français libres comme Pierre Mendès France et Alain Savary demeurèrent d’irréductibles opposants. Enfin, certains gaullistes de la première heure furent amenés à prendre leurs distances avec le Général sur certaines questions essentielles de l’après-guerre telles que la forme des institutions ou encore la construction européenne, à l’image de René Pleven, Pierre de Chevigné et même de Pierre Kœnig. De Gaulle manifesta d’ailleurs, sous la Ve République, une certaine rancœur à l’encontre de ceux de ses compagnons qui avaient frayé avec la IVe République et qu’il refusa d’associer désormais au pouvoir. Il est caractéristique d’observer que la longue carrière ministérielle de René Pleven connaît une éclipse entre mai 1958 (il est ministre des Affaires étrangères dans l’éphémère cabinet Pflimlin) et juin 1969 (Pompidou le récompense de son soutien lors de la présidentielle en en faisant son garde des Sceaux jusqu’en 1973). Il est non moins significatif d’observer que Kœnig fut élevé à la dignité de maréchal de France par François Mitterrand en 198423. Pierre de Chevigné, si présent dans les allées du pouvoir sous la IVe République, doit se contenter de la présidence du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques (1964-1976). Quant à Jacques Soustelle, on sait que la brouille entre ce dernier et de Gaulle remonte à avant la guerre d’Algérie et qu’elle est liée, dès 1952, à la candidature de l’ancien patron des services secrets du Comité français de libération nationale (CFLN) au poste de président du Conseil. Le seul gaulliste qui semble avoir échappé à la rancune du Général est Jacques Chaban-Delmas, trois fois ministre sous la IVe République et, en particulier, ministre d’État dans le gouvernement Mollet (février 1956-juin 1957) et ministre de la Défense nationale et des forces armées dans le gouvernement Gaillard (novembre 1957-mai 1958). Et encore ne sera-t-il jamais ministre sous de Gaulle : il présidera l’Assemblée nationale de 1958 à 1969, poste essentiellement honorifique sous la nouvelle République. Malgré ces nuances, la forte présence d’anciens Français libres relativise sensiblement l’image très répandue d’une exclusion du pouvoir radicale et absolue des gaullistes sous la IVe République.

    26Sous la Ve République, la domination devient écrasante : Pierre Guillaumat (janvier 1959-février 1960), puis Pierre Messmer (février 1960-juin 1969) sous la présidence de Charles de Gaulle, Michel Debré (juin 1969-mars 1973) et Robert Galley (avril 1973-mai 1974) sous la présidence de Georges Pompidou, enfin, Jacques Soufflet (mai 1974-janvier 1975) et de nouveau Robert Galley (décembre 1980-mai 1981) sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, assurent aux Français libres, tous anciens officiers FFL à l’exception de Michel Debré, une occupation quasi-continue du ministère des Armées (ou de la Défense nationale) durant les vingt-trois premières années de la Ve République. Avant 1981, les deux seuls ministres des Armées ou de la Défense non issus des rangs Français libres sont Yvon Bourges (janvier 1975-octobre 1980) et Joël Le Theule (octobre 1980/décembre 1980) sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Ici plus qu’ailleurs, le 10 mai 1981 marque un tournant irréversible : après cette date, plus aucun Français libre n’occupera cette fonction.

    27Les ministères techniques, à la lisière du scientifique et du militaire, qui foisonnent dans les années 1960 alors que sont lancées la force nucléaire et la politique spatiale, sont tout autant l’apanage de Français libres, presque toujours des anciens officiers. Ainsi le ministère du Sahara et des Affaires atomiques est occupé par Jacques Soustelle (1958-1960), puis par Pierre Guillaumat (1960-1962), avec le titre de ministre de l’Énergie atomique et de la Recherche, puis par Gaston Palewski (1962-1965) en tant que ministre d’État chargé de la Recherche scientifique et des questions atomiques et spatiales. Après le bref intermède d’Alain Peyrefitte, deux autres Français libres se succèdent à la tête de ce ministère, Maurice Schumann (avril 1967-mai 1968), puis Robert Galley (juillet 1968-juin 1969).

    28Sous réserve d’inventaire et de travaux plus approfondis, des réussites aussi éclatantes de ces anciens Français libres sont présentes dans la haute fonction publique et l’industrie, en particulier dans les domaines de l’armement, du pétrole et du nucléaire.

    Conclusion

    29Un tel investissement des plus hautes sphères de l’État, et singulièrement de celles qui touchent le plus étroitement à la souveraineté, nourrit une série d’interrogations auxquelles il est difficile de répondre de façon définitive dans l’état actuel de la recherche historique. Aussi, en guise de conclusion, s’efforcera-t-on de présenter ces interrogations.

    30En premier lieu, précisons que la grande majorité des Français libres retournèrent à des activités modestes après la guerre. S’ils connurent dans l’ensemble une ascension sociale, il est impossible de déterminer si celle-ci fut liée à leur engagement dans la France libre et à leur appartenance, après la guerre, à de multiples réseaux d’influence ou de sociabilité gaullistes ou, tout simplement, à l’expansion économique des Trente Glorieuses. Qu’un Français né vers 1920 ait connu une ascension sociale par rapport à son père est, somme toute, très banal.

    31Si on centre l’analyse sur les élites Free French, l’interrogation peut être formulée autrement. L’occupation par d’anciens Français libres de postes de commandement dans la France des années 1955-1975 est-elle liée à leur engagement dans la France libre ou, plus simplement, à leur niveau d’étude et à leurs origines sociales ? Autrement dit, peut-on imaginer que, France libre ou pas, l’élite des Français libres, issue des couches sociales supérieures et dotées du meilleur capital culturel, aurait vraisemblablement connu un destin très proche ? En outre, que ces carrières connaissent leur point culminant vers 1970 n’a rien de surprenant : ces hommes arrivent naturellement, vers 50 ans, au sommet des responsabilités. Autrement dit, les facteurs historiques (la guerre, l’improbable victoire sur Vichy, l’échec gaulliste sous la IVe République, l’éclatante revanche de 1958) s’effaceraient-ils devant les données structurelles de la société et de la démographie ? On peut même se demander si l’engagement dans la France libre, par la rupture des études qu’il impliquait et la difficulté qu’il y avait à les reprendre en sortie de guerre, n’a pas freiné certaines ascensions. Allons plus loin : pour trancher la question du politique et du sociologique, il faudrait, à niveau social/culturel initial identique, comparer les destins des officiers FFL à ceux de leurs homologues de la Ire Armée, des officiers de l’armée de Vichy sans engagement résistant et des cadres militaires de la Résistance intérieure. Qui gagne ? Qui perd ? Les destinées sont-elles finalement comparables ? Ces questions fondamentales, faute de monumentales recherches (combien de grandes thèses ici en perspective !), n’ont, pour l’heure, pas de réponse.

    32Enfin, sur le plan politique, reste la question la plus complexe : est-ce le retour aux affaires du général de Gaulle, en 1958, qui, par l’occupation des leviers de l’État, favorise les carrières de ses anciens grognards (schéma très classique et maintes fois observé) ou, à l’inverse, est-ce le dense réseau des « compagnons », déjà au sommet de l’État et de certaines sphères économiques à la fin de la IVe République, qui favorise le retour du Général ? Même si les deux termes de l’alternative ne sont pas exclusifs, ils déterminent une des clés de compréhension des ressorts profonds de la République gaullienne.

    Bibliographie

    Des DOI sont automatiquement ajoutés aux références bibliographiques par Bilbo, l’outil d’annotation bibliographique d’OpenEdition. Ces références bibliographiques peuvent être téléchargées dans les formats APA, Chicago et MLA.

    Format

    Muracciole. (2009). Les Français libres. Tallandier. https://doi.org/10.14375/np.9782847345964
    Muracciole. Les Français Libres. []. Tallandier, 2009. doi:10.14375/np.9782847345964.
    Muracciole. Les Français Libres. [], Tallandier, 2009. Crossref, https://doi.org/10.14375/np.9782847345964.

    Cette bibliographie a été enrichie de toutes les références bibliographiques automatiquement générées par Bilbo en utilisant Crossref.

    BROCHE François et MURACCIOLE Jean-François (dir.), Dictionnaire de la France libre, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010.

    MURACCIOLE Jean-François, Les Français libres. L’autre Résistance, Paris, Tallandier, 2009.

    10.14375/NP.9782847345964 :

    PIKETTY Guillaume et MURACCIOLE Jean-François (dir.), Encyclopédie de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2015.

    Notes de bas de page

    1 Un aperçu de ces problématiques dans : Frank Biess et Robert G. Moeller (dir.), Histories of the Aftermath. The Legacies of the Second World War in Europe, New York/Oxford, Berghahn Books, 2010 ; Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Paris, Tallandier, 2009 ; Jean-François Muracciole et Guillaume Piketty (dir.), Encyclopédie de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010 ; Christophe Prochasson, 14-18 : Retours d’expériences, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2008.

    2 Avec un décalage d’une dizaine d’années sur son homologue de la Résistance intérieure, l’historiographie de la France libre a connu un spectaculaire renouveau depuis la fin du XXe siècle dans le sillage du « grand œuvre » de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre : de l’appel du 18 juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996 (rééd. Folio Histoire, 2012). Plus récemment, on peut citer (liste non exhaustive) : Sébastien Albertelli, Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Paris, Perrin, 2009 ; François Broche et Jean-François Muracciole (dir.), Dictionnaire de la France libre, Paris, Robert-Laffont, 2010 ; Eric T. Jennings, La France libre fut africaine, Paris, Perrin, 2014 ; Aurélie Luneau, Radio Londres. 1940-1944, Paris, Perrin, 2010 (2005) ; Jean-François Muracciole, Les Français libres. L’autre Résistance, Paris, Tallandier, 2009. Et une première tentative de synthèse dans : Patrick Harismendy et Erwan Le Gall (dir.), Pour une histoire de la France libre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

    3 J.-F. Muracciole, op. cit.

    4 L’historiographie a commencé à frayer la question pour ce qui concerne les résistants de l’intérieur : François Audiger, Bernard Lachaise et, Sébastien Laurent, Les Gaullistes : hommes et réseaux, Paris, Le Nouveau Monde, 2013 ; Eric Chiarada, L’entourage du Général de Gaulle, juin 1958-avril 1969, Paris, Publibook, 2011 ; Institut Charles de Gaulle, L’Entourage et de Gaulle, Actes de colloque, Paris, Plon, 1979 ; Roger Faligot et Rémi Kauffer, Les Résistants. De la guerre de l’ombre aux allées du pouvoir, 1989 ; Bernard Lachaise (dir.), Résistance et politique sous la IVe République, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2004 ; Olivier Wieviorka, Nous entrerons dans la carrière. De la Résistance à l’exercice du pouvoir, Paris, Seuil, 1994.

    5 Bureau « Résistance » du SHD de Vincennes.

    6 Sur cette question, voir Anthony Clayton, Histoire de l’armée française en Afrique, 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994 et E. Jennings, op. cit.

    7 André Martel, Histoire militaire de la France (sous la direction d’André Corvisier), t. 4, De 1914 nos jours, Paris, PUF, 1994.

    8 Au terme du dépouillement exhaustif des fiches d’engagement conservées par le SHD, Henri Ecochard n’a retrouvé qu’un peu plus de 11 000 fiches de soldats coloniaux, ce qui ne représente que le tiers du nombre total de ces soldats au sein des FFL. Voir Jean-François Muracciole, « Ecochard (liste) », dans F. Broche et J.-F. Muracciole (dir.), op. cit.

    9 Henri Ecochard dénombre 5 174 officiers FFL dans son recensement général des cartes d’engagement en faveur des FFL.

    10 Henry Dutailly, « Les illusions de la victoire, 1918-1930 » et « Une puissance militaire illusoire, 1930-1939 », dans Guy Pedroncini (dir.), Histoire militaire de la France, vol. 3, De 1871 à 1940, Paris, PUF, 1992.

    11 Sur ces questions méthodologiques, voir J.-F. Muracciole, op. cit.

    12 La sociologie générale des Français libres est en total décalage par rapport à celle de la société française, révélée par le recensement de 1936. Voir ibid.

    13 Raoul Girardet, La Société militaire de 1815 à nos jours, Paris, Plon, 1953.

    14 Manatéa Taiarui, Saint-Cyr et les saint-cyriens à l’époque de la guerre d’Indochine (1946-1954), Mémoire de master 2 (sous la direction de Jean-François Muracciole), Université Paul-Valéry Montpellier 3, 2019.

    15 A. Martel, op. cit.

    16 Pourcentages calculés à partir du recensement d’H. Ecochard en isolant une population de 5 174 officiers.

    17 Même si, pour certains, l’engagement dans l’armée d’armistice est conçu, grâce aux affectations Outremer, comme un moyen de rejoindre ensuite les FFL. 12 % des Français libres ont au préalable souscrit un engagement dans l’armée de Vichy.

    18 J.-F. Muracciole, op. cit. Rappelons les équivalences de grade dans la marine : lieutenant/enseigne de vaisseau ; capitaine/lieutenant de vaisseau ; commandant (ou chef de bataillon)/capitaine de corvette ; lieutenant-colonel/capitaine de frégate ; colonel/capitaine de vaisseau.

    19 Témoignage de Jean Billaud.

    20 Patrick Boureille, « L’âge de l’amiral ou la difficile gestion des officiers généraux dans la Marine au début de la Cinquième République (1960-1966) », Revue d’histoire maritime, n° 12, 2010, p. 291-309.

    21 Voir la récente biographie que lui a consacrée Frédéric Turpin, Pierre Messmer. Le dernier gaulliste, Paris, Perrin, 2020.

    22 Et en excluant également des personnalités qui s’étaient ralliées à de Gaulle au temps du CFLN comme André Le Troquer (ministre des Armées de décembre 1946 à janvier 1947), René Mayer (juillet-septembre 1948), Jules Moch (juillet 1950-août 1951), Maurice Bourgès-Maunoury (février 1956-juin 1957).

    23 Le fait que Kœnig (décédé en 1970) ait été vivant sous la présidence de Gaulle n’est pas rédhibitoire : Alphonse Juin devint maréchal de son vivant en 1952.

    Auteur

    • Jean-François Muracciole

      Université Paul-Valéry de Montpellier

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Militaires en résistances en France et en Europe

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Claire Miot, Guillaume Piketty et Thomas Vaisset (dir.)

    2020

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Le poids des infrastructures militaires 1871-1914

    Nord-Pas-de-Calais

    Philippe Diest

    2019

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Guerres et paix civiles de l’Antiquité à nos jours

    Les sociétés face à elles-mêmes

    Olivia Carpi (dir.)

    2018

    Argumenter en guerre

    Argumenter en guerre

    Discours de guerre, sur la guerre et dans la guerre de l'Antiquité à nos jours

    Emmanuelle Cronier et Benjamin Deruelle (éd.)

    2019

    Les logiques de transformation des armées

    Les logiques de transformation des armées

    Emmanuel Cardona Gil et Sébastien Jakubowski (dir.)

    2020

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    L’Europe d’une guerre à l’autre : 1914-1945

    Alice-Catherine Carls et Stephen D. Carls (dir.) Alice-Catherine Carls (trad.)

    2020

    Reconstruction(s) 1918-…

    Reconstruction(s) 1918-…

    Les Ardennes après l’occupation allemande

    Nicolas Charles et Stéphane Tison (dir.)

    2022

    Femmes en guerre

    Femmes en guerre

    De l’époque médiévale à nos jours

    Nicolas Handfield, Julie Le Gac et Chloé Poitras-Raymond (dir.)

    2022

    Les Survivants

    Les Survivants

    Les anciens combattants belges dans l’entre-deux-guerres

    Martin Schoups et Antoon Vrints Lucas Bernaerts (trad.)

    2022

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    Cessez-le-feu, cesser les combats ?

    De l’époque moderne à nos jours

    Claire Miot, Thomas Vaisset et Paul Vo-Ha (dir.)

    2022

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    Les marqueurs mémoriels de la guerre et de l’armée

    La construction d’un espace du souvenir dans l’Est de la France

    Laurent Jalabert et Jean-Noël Grandhomme (dir.)

    2019

    Marcher au pas et trébucher

    Marcher au pas et trébucher

    Masculinités allemandes à l’épreuve du nazisme et de la guerre

    Patrick Farges et Elissa Mailänder (dir.)

    2022

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires du Septentrion
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1 Un aperçu de ces problématiques dans : Frank Biess et Robert G. Moeller (dir.), Histories of the Aftermath. The Legacies of the Second World War in Europe, New York/Oxford, Berghahn Books, 2010 ; Bruno Cabanes et Guillaume Piketty (dir.), Retour à l’intime au sortir de la guerre, Paris, Tallandier, 2009 ; Jean-François Muracciole et Guillaume Piketty (dir.), Encyclopédie de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2010 ; Christophe Prochasson, 14-18 : Retours d’expériences, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2008.

    2 Avec un décalage d’une dizaine d’années sur son homologue de la Résistance intérieure, l’historiographie de la France libre a connu un spectaculaire renouveau depuis la fin du XXe siècle dans le sillage du « grand œuvre » de Jean-Louis Crémieux-Brilhac, La France Libre : de l’appel du 18 juin à la Libération, Paris, Gallimard, 1996 (rééd. Folio Histoire, 2012). Plus récemment, on peut citer (liste non exhaustive) : Sébastien Albertelli, Les services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Paris, Perrin, 2009 ; François Broche et Jean-François Muracciole (dir.), Dictionnaire de la France libre, Paris, Robert-Laffont, 2010 ; Eric T. Jennings, La France libre fut africaine, Paris, Perrin, 2014 ; Aurélie Luneau, Radio Londres. 1940-1944, Paris, Perrin, 2010 (2005) ; Jean-François Muracciole, Les Français libres. L’autre Résistance, Paris, Tallandier, 2009. Et une première tentative de synthèse dans : Patrick Harismendy et Erwan Le Gall (dir.), Pour une histoire de la France libre, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

    3 J.-F. Muracciole, op. cit.

    4 L’historiographie a commencé à frayer la question pour ce qui concerne les résistants de l’intérieur : François Audiger, Bernard Lachaise et, Sébastien Laurent, Les Gaullistes : hommes et réseaux, Paris, Le Nouveau Monde, 2013 ; Eric Chiarada, L’entourage du Général de Gaulle, juin 1958-avril 1969, Paris, Publibook, 2011 ; Institut Charles de Gaulle, L’Entourage et de Gaulle, Actes de colloque, Paris, Plon, 1979 ; Roger Faligot et Rémi Kauffer, Les Résistants. De la guerre de l’ombre aux allées du pouvoir, 1989 ; Bernard Lachaise (dir.), Résistance et politique sous la IVe République, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2004 ; Olivier Wieviorka, Nous entrerons dans la carrière. De la Résistance à l’exercice du pouvoir, Paris, Seuil, 1994.

    5 Bureau « Résistance » du SHD de Vincennes.

    6 Sur cette question, voir Anthony Clayton, Histoire de l’armée française en Afrique, 1830-1962, Paris, Albin Michel, 1994 et E. Jennings, op. cit.

    7 André Martel, Histoire militaire de la France (sous la direction d’André Corvisier), t. 4, De 1914 nos jours, Paris, PUF, 1994.

    8 Au terme du dépouillement exhaustif des fiches d’engagement conservées par le SHD, Henri Ecochard n’a retrouvé qu’un peu plus de 11 000 fiches de soldats coloniaux, ce qui ne représente que le tiers du nombre total de ces soldats au sein des FFL. Voir Jean-François Muracciole, « Ecochard (liste) », dans F. Broche et J.-F. Muracciole (dir.), op. cit.

    9 Henri Ecochard dénombre 5 174 officiers FFL dans son recensement général des cartes d’engagement en faveur des FFL.

    10 Henry Dutailly, « Les illusions de la victoire, 1918-1930 » et « Une puissance militaire illusoire, 1930-1939 », dans Guy Pedroncini (dir.), Histoire militaire de la France, vol. 3, De 1871 à 1940, Paris, PUF, 1992.

    11 Sur ces questions méthodologiques, voir J.-F. Muracciole, op. cit.

    12 La sociologie générale des Français libres est en total décalage par rapport à celle de la société française, révélée par le recensement de 1936. Voir ibid.

    13 Raoul Girardet, La Société militaire de 1815 à nos jours, Paris, Plon, 1953.

    14 Manatéa Taiarui, Saint-Cyr et les saint-cyriens à l’époque de la guerre d’Indochine (1946-1954), Mémoire de master 2 (sous la direction de Jean-François Muracciole), Université Paul-Valéry Montpellier 3, 2019.

    15 A. Martel, op. cit.

    16 Pourcentages calculés à partir du recensement d’H. Ecochard en isolant une population de 5 174 officiers.

    17 Même si, pour certains, l’engagement dans l’armée d’armistice est conçu, grâce aux affectations Outremer, comme un moyen de rejoindre ensuite les FFL. 12 % des Français libres ont au préalable souscrit un engagement dans l’armée de Vichy.

    18 J.-F. Muracciole, op. cit. Rappelons les équivalences de grade dans la marine : lieutenant/enseigne de vaisseau ; capitaine/lieutenant de vaisseau ; commandant (ou chef de bataillon)/capitaine de corvette ; lieutenant-colonel/capitaine de frégate ; colonel/capitaine de vaisseau.

    19 Témoignage de Jean Billaud.

    20 Patrick Boureille, « L’âge de l’amiral ou la difficile gestion des officiers généraux dans la Marine au début de la Cinquième République (1960-1966) », Revue d’histoire maritime, n° 12, 2010, p. 291-309.

    21 Voir la récente biographie que lui a consacrée Frédéric Turpin, Pierre Messmer. Le dernier gaulliste, Paris, Perrin, 2020.

    22 Et en excluant également des personnalités qui s’étaient ralliées à de Gaulle au temps du CFLN comme André Le Troquer (ministre des Armées de décembre 1946 à janvier 1947), René Mayer (juillet-septembre 1948), Jules Moch (juillet 1950-août 1951), Maurice Bourgès-Maunoury (février 1956-juin 1957).

    23 Le fait que Kœnig (décédé en 1970) ait été vivant sous la présidence de Gaulle n’est pas rédhibitoire : Alphonse Juin devint maréchal de son vivant en 1952.

    Militaires en résistances en France et en Europe

    X Facebook Email

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Militaires en résistances en France et en Europe

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Muracciole, J.-F. (2020). Le devenir des officiers Français libres après la guerre. In C. Miot, G. Piketty, & T. Vaisset (éds.), Militaires en résistances en France et en Europe. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.105830
    Muracciole, Jean-François. « Le devenir des officiers Français libres après la guerre ». In Militaires en résistances en France et en Europe, édité par Claire Miot, Guillaume Piketty, et Thomas Vaisset. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2020. doi:10.4000/books.septentrion.105830.
    Muracciole, Jean-François. « Le devenir des officiers Français libres après la guerre ». Militaires en résistances en France et en Europe, édité par Claire Miot et al., Presses universitaires du Septentrion, 2020, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.105830.

    Référence numérique du livre

    Format

    Miot, C., Piketty, G., & Vaisset, T. (éds.). (2020). Militaires en résistances en France et en Europe. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion. https://doi.org/10.4000/books.septentrion.105670
    Miot, Claire, Guillaume Piketty, et Thomas Vaisset, éd. Militaires en résistances en France et en Europe. Villeneuve d’Ascq: Presses universitaires du Septentrion, 2020. doi:10.4000/books.septentrion.105670.
    Miot, Claire, et al., éditeurs. Militaires en résistances en France et en Europe. Presses universitaires du Septentrion, 2020, https://doi.org/10.4000/books.septentrion.105670.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires du Septentrion

    Presses universitaires du Septentrion

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Facebook
    • LinkedIn
    • Instagram
    • X
    • Bluesky
    • Flux RSS

    URL : http://www.septentrion.com

    Email : contact@septentrion.com

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement