Introduction à la partie III

p. 155-156


Texte intégral

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1Pour pallier les critiques précédemment observées, il semble nécessaire de réfléchir à la façon dont on pourrait améliorer l’offre actuellement mise en œuvre en France. Pour cela, un benchmarking a tout d’abord été réalisé, en étudiant des solutions déployées dans d’autres pays pour faire face à des aléas présentant une cinétique proche de celle des crues rapides (séismes, tsunamis, tornades, glissements de terrain, par exemple). Trois questions constituent le fil conducteur du questionnement : est-ce que les outils déployés ailleurs sont aussi peu connectés qu’en France ? Est-ce que le délai d’alerte, qui inclut la durée de l’événement déclencheur, le délai de prévisibilité des aléas et la période de temps avant d’observer les premiers dégâts, est une variable déterminante dans le choix des solutions mobilisables ? Et comment considérer l’indétermination spatiale et temporelle des crues rapides ?

2Différentes solutions ont ensuite été expérimentées, pour dépasser une vision statocentrée et isotropique qui prévaut en France depuis de trop nombreuses décennies. Ce changement de positionnement, libre et sans fard, amène à « remailler le territoire » en prenant en compte d’autres critères (en particulier géographiques), pour optimiser les effets des signaux d’alerte escomptés auprès de la population. D’autres approches ont également été testées ou sont en cours de développement, comme le recours aux réseaux opportunistes pour alerter les habitants en dépit de tout réseau Internet, ou proposer des capteurs automatisés au sein de cours d’eau qui renverraient aussi des signaux aux riverains les plus fortement exposés.

3Certains choix peuvent être discutables (voire inaudibles pour les autorités), comme admettre qu’il sera toujours impossible d’alerter 100 % de la population, ou qu’il faut rationaliser les besoins selon les moyens. Aussi, les résultats présentés ici doivent être perçus comme étant des prémices de recherches, à mener à plus long terme. Quelles que soient les solutions expérimentées, on remarque qu’il est nécessaire de réfléchir en termes de « territoire d’alerte », pour sortir des primats solutionnistes et politiques, et qu’il faut recentrer l’attention sur les individus, qui devront être autonomes et de plus en plus résilients, notamment dans le contexte actuel du changement climatique.

4Dans cette partie, de nature plus réflexive, on cherche aussi à mettre en évidence les principes sur lesquels on pourrait s’appuyer pour une refonte de l’offre actuelle, tout en testant des approches pour savoir si on pourrait alerter, autrement et différemment, la population exposée à un danger imminent ou en cours.


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